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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 05:52
La langue, les choses et leurs noms


Par Eduardo Galeano

Traduction MA pour Solidarité-Internationale-PCF

Pendant l'époque victorienne il était interdit d'évoquer les jambes en présence d'une demoiselle. De nos jours, il ne fait pas bon dire certaines choses en présence de l'opinion publique.

Le capitalisme parade sous le nom artistique d'économie de marché.

L'impérialisme s'appelle mondialisation

Les victimes de l'impérialisme s'appellent pays en voie de développement, ce qui revient à renommer les enfants des nains.

L'opportunisme s'appelle pragmatisme;

La trahison s'appelle réalisme;

Les pauvres s'appellent des démunis, ou des nécessiteux, ou des personnes avec peu de ressources; 

L'expulsion des enfants pauvres du système éducatif est connu sous le nom de désertion scolaire;

Le droit pour le patron de licencier sans indemnisation ni justification s'apelle flexibilisation du travail;

La langue officielle reconnaît les droits des femmes parmi les droits des minorités, comme si la moitié masculine de l'humanité était la majorité; au lieu de parler de dictature militaire, on parle d'un processus.

Les tortures sont appelées contraintes illégales ou alors pressions physiques et psychologiques;


Quand les voleurs sont de bonne famille, ce ne sont pas des voleurs, ce sont des cleptomanes;

Le pillage des fonds publics par les politiciens corrompus porte le nom d'enrichissement illicite;

 

On appelle accidents les crimes commis par les chauffards;

 

Au lieu de dire aveugle, on dira déficient visuel;

 

Un noir est un homme de couleur;


Quand on parle d'une maladie longue et douloureuse, on doit lire cancer ou SIDA;

Quand on parle d'affection brève et soudaine, il faut lire infractus;

 

On ne parle plus jamais de mort, mais de disparition physique;

 

Ils ne sont pas morts non plus ceux tués dans le cadre d'opérations militaires: les morts au combat sont des victimes et les civils, qui n'ont rien à voir dans cette histoire et qui pourtant en paie toujours les pots cassés, des dommages collatéraux;

 

En 1995, lors des explosions nucléaires de la France dans le Pacifique Sud, l'ambassadeur français en Nouvelle Zélande a déclaré: « Je n'aime pas le terme bombe. Ce ne sont pas des bombes. Ce sont des feux d'artifices »;

 

Dignité était le nom d'un des camps de concentration de la dictature chilienne et Liberté le plus grand camp de la dictature uruguayenne;

 

On appelle Paix et Justice la troupe de militaires qui, en 1997, a abattu dans le dos quarante-cinq paysans, presque tous des femmes et des enfants, qui priaient dans une église du village de Acteal, au Chiapas.


(Extrait du livre De pernas pro ar, éditeur L&PM – livre traduit en français sous le titre Sens dessus dessous. L'école du monde à l'envers).

Traduction depuis l'extrait en portugais sur le site du Parti Communiste brésilien: http://www.pcb.org.br/

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 04:49

Libertés de classe


De Filipe Diniz


Traduction AC pour Solidarité-Internationale-PCF


Maintenant que – avec le Bloc de Gauche qui lui sert de lièvre et de boîtes à idées pour ses slogans – la nécessité électorale a emmené le PS à s'occuper de cette question (ou, très probablement, à faire semblant de s'en occuper), la législation fiscale suscite encore une fois des hurlements de la part de la droite.

Hurlements qui, au final, sont plus pour la forme qu'autre chose, car le PS connaît lui aussi très bien depuis un moment quels sont les intérêts en jeu sur cette question.

Ils savent, comme nous le savons et comme le camarade Honorio Novo l'a dénoncé à l'Assemblée de la République, que l'off-shore de Madère est resté intouchable pour le PS; que le PS a fait échouer les propositions succesives du PCP qui allaient dans le sens de la transparence et de l'information sur les salaires des PDG des grandes entreprises côtées ou non; que le PS a rejeté les propositions du PCP qui allaient dans le sens du renforcement des sanctions légales en cas de crime économique; que le PS a refusé que les escroqueries et les fraudes bancaires (que les affaires de la BCP et de la BPN ont mises plus que jamais à l'ordre du jour) soient punies par des peines d'emprisonnement comme le PCP le propose; que le PS a rejeté pendant toutes ces années les propositions du PCP qui allaient dans le sens d'une remise en cause du secret bancaire, dans le sens de la modification de la Loi Générale Tributaire qui permettrait l'accès, sous condition, de l'Administration Fiscale aux comptes bancaires.

Ce qui est sûr c'est que, au cas où, les idéologues de la droite ont quand même lancé leur tir de barrage.

Au nom de quoi? Etant donné qu'ils ne peuvent pas dire ce qu'il en est réellement, au nom de la « liberté ». Un d'entre eux, par exemple, a parlé de la menace de la destruction par l'Etat des « libertés les plus fondamentales ».

Et que sont ces libertés fondamentales? Est-ce la liberté d'organisation des travailleurs dans les entreprises, qui aujourd'hui est presque intégralement réprimée et niée? Est-ce la liberté d'exercer ses droits fondamentaux, comme le droit de grève? Est-ce la liberté syndicale? Est-ce la liberté d'opinion, que les grands médias limitent à ce qui plait à leurs patrons, et que Socrates déteste au point de traîner en justice ceux qui le critiquent? Est-ce la liberté de réunion, d'association, de diffusion publique de ses idées, toujours plus réduite pour les travailleurs et les forces démocratiques?

Les libertés pour lesquelles se battent ces seigneurs sont toutes autres: la liberté de s'enrichir par n'importe quel moyen, la liberté de s'approprier la richesse socialement créée, la liberté des classes dominantes d'exercer leur domination en toute impunité.

Libertés de classe, que sont l'oppression des classes (encore et toujours) dominées.

Edition du 23 avril, numéro 1847, d'Avante, hebdomadaire du PCP: http://www.avante.pt/


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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 19:44

« Convertir des aliments en combustible : un idée sinistre »

Le principe des « agrocarburants » est simple : transformer des produits agricoles (blé, colza, maïs, betterave, canne à sucre) en combustibles pour machines notamment de l’éthanol ou un substitut au gazole.

Fidel Castro l’avait dit le premier…


Fin mars 2007, l’ancien président cubain Fidel Castro a publié une réflexion approfondie mettant en garde contre le danger de crise alimentaire mondiale représenté par ces biocarburants.

Naturellement, son intervention fut accueillie par un concert de ricanements de la part des médias dominants, « le Monde » en tête. Les mêmes consacrent maintenant dossiers sur dossiers au sujet, depuis que des spécialistes ont à leur tour tiré la sonnette d’alarme.


L’analyse précise de Fidel Castro mérite toujours l’attention maintenant que le débat est lancé.

Il dénonce « l’idée sinistre de convertir les aliments en combustible élaborée par les dirigeants des puissances capitalistes développées » qui ferait courir à terme un danger de « mort prématurée pour 3 milliards d’êtres humains ».


Fidel montre d’où part la campagne pour les bio-carburants : de l’administration américaine en lien avec les trusts de l’automobile.


Il met en évidence, chiffres à l’appui, les besoins de céréales et en terres correspondant à l’objectif qu’ils se fixent : 132 milliards de litres pour une diminution de 20% de la consommation d’essence aux Etats-Unis d’ici 2017. Cela représente davantage que toute la production US de maïs.


Les calculs de rentabilité des agronomes sont éloquents : pour produire une unité d’énergie, il faut en dépenser 0,8 en engrais, machines, distillation, etc.  Il faudra faire un choix : celui de l’alimentation humaine ou celui des carburants. La surface agricole utile n’est pas extensible. Les pauvres des pays « pauvres » seront les premières victimes.


En outre, Fidel Castro alertait sur les risques d’explosion du prix des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux du fait de l’augmentation colossale de la demande, avec les conséquences que l’on connaît : disette, famine et crise humanitaire.


La crise alimentaire de ces derniers mois, causée en large part par des mouvements spéculatifs, vient donner raison aux inquiétudes formulées par le dirigeant cubain.


Les Etats-Unis et l’Union Européenne, en réaffirmant leur volonté de multiplier les surfaces déjà considérables qu’ils consacrent aux agrocarburants préparent un drame social et humain au niveau planétaire.


Agissons en France contre cette perspective !


Le développement des "bio"carburants n’est pas la solution miracle à l’épuisement programmé des réserves mondiales de pétrole. Il est impératif pour les générations à venir de chercher d’autres issues à l’épuisement des ressources mondiales d’hydrocarbures sous peine de faire face une catastrophe humanitaire mondiale.


La pauvreté et la famine ne sont pas des fatalités mais les conséquences directes d’un système économique inhumain et destructeur qui viole le droit des peuples à l’autosuffisance alimentaire.



En lien, le texte de Fidel Castro
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