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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 05:48

La crise du capital et le rôle des communistes

 

Editorial sous la direction de Fosco Giannini, Guido Oldrini, Manuela Palermi, Bruno Steri. *


Pour d
eux numéros spéciaux de Marxismo Oggi, élaborés en collaboration avec l'Ernesto, Essere Comunisti, La Rinascita della Sinistra et des intellectuels issus d'autres espaces et d'autres courants de pensée.


19 mai 2009


 

Traduit par AC pour Solidarité-Internationale-PCF (Sous-titres ajoutés par le traducteur)


 

Que les directeurs signataires de cet éditorial aient décidés de contribuer à une publication commune, élaborant un numéro spécial de Marxismo Oggi sur la crise, n'est pas si surprenant que ça. En fait, l'urgence posée par la conjoncture actuelle, dramatique, nous pousse à engager une réflexion commune sur la dynamique et la nature d'un bouleversement économique et social, mais aussi institutionnel et environnemental que tous nous avons défini comme structurel, c'est-à-dire inséré dans le fonctionnement contradictoire et profondément inégal du mode de production capitaliste. Un tel jugement prend sa source dans la conviction que, sans l'apport des outils conceptuels offert par le cadre d'analyse marxien, nous ne pourrions rien comprendre à la logique qui se cache derrière ces faits, et nous en serions fatalement réduits à prendre acte superficiellement de leur succession.

 

Renouer avec le cadre d'analyse marxiste

 

Du reste, nous ne sommes pas les seuls à le dire: la puissance cognitive d'un tel cadre conceptuel – aujourd'hui encore plus qu'hier – est largement reconnue, même par ceux qui se situent de l'autre côté du conflit de classe. Des quotidiens qui font autorité s'interrogent, soucieux, sur la solidité des fondements de l'ordre social actuel et, comme l'a fait récemment le quotidien londonien « The Times », lancent des sondages où ils demandent à leurs lecteurs bien-pensants: peut-être Marx avait-il raison? Et même ceux dont, en Occident, dépendent le sort de millions (milliards) de personnes ne cessent de rappeler, pour eux-mêmes et pour les autres, qu'avec cette crise – et avec les mesures adoptées pour essayer d'en limiter les effets pervers – on voyage en « terra incognita ». Il ne s'agit pas tant de la prétendue nouveauté de ce qui est leur apparu soudainement, mais plutôt de l'inconsistence des principes auxquels ils se sont, pendant des décennies, religieusement pliés: du dogme de l'infaillibilité du marché à sa « main invisible » en passant par les « esprits animaux » du capitalisme. Les certitudes néo-libérales ont soudainement fondu et maintenant on avance à tâtons; l'arrogance et le sarcasme réservés à ceux qui ont essayé pendant ces décennies d'arrêter ou de ralentir la course folle de la locomotive capitaliste ont cédé le pas à la confusion, à l'inquiétude (évidemment minimisée à travers milles annonces officielles rassurantes et phrases de cironstance) sur la viabilté du système. Nous ne pouvons pas être surs – disent-ils – de l'efficacité de ce que nous allons mettre en place face à cette situation exceptionnelle, mais nous n'avons pas d'autre voie: voilà, en gros, à quelle condition misérable en a été réduite ce qu'on appelle la pensée unique, celle qui encore hier était une idéologie dominante et incontestée.

 

Analyse d'une défaite historique, sans reniement ni concessions

 

Bien entendu, tout cela n'enlève rien au fait que nous avons été – et continuons à être – les enfants d'une défaite historique. Il faudra examiner les raisons internes qui ont conduit les dirigeants issus de l'implosion du « socialisme réel » en Europe et en URSS à devenir du jour au lendemain des rois du pétrole au service d'une nouvelle « bourgeoisie compradore » rampante; et, à leurs côtés, des universitaires rennomés ex-marxistes à adopter tout à coup les préceptes de la libre concurrence prêchés par le MIT (Massachussets Institute of Technology). Le recul et l'implosion brutale de la majorité des « sociétés de transition » en Europe exigent de nous une analyse détaillée qui enfonce profondément le bistouri de la recherche dans ce laboratoire historique qu'a été le vingtième siècle. Personne parmi nous toutefois – c'est un trait distinctif qui nous a réuni alors et qui reste essentiel dans notre démarche actuelle – ne s'est joint au choeur de ceux qui louaient le capitalisme triomphant. Regarder en face la défaite et ses causes ne signifiait pas pour nous la liquidation sommaire d'un patrimoine d'idées, de valeurs, d'instruments d'analyse et de lutte pour une transformation profonde de l'ordre des choses existant et la construction d'un vivre ensemble socialement équitable, soutenable sur le plan environnemental, inspiré des critères de la démocratie substantielle. Cette possibilité d'un changement historique en vue d'un réel progrès des conditions de vie sociales est ce que l'on caractérise par le nom et les symboles du « communisme ». Et c'est, justement, ce que la réalité actuelle du capitalisme nie, de manière toujours plus violente. Ils avaient donc tort, tous ceux qui ont baissé la tête, se sont pliés à l'idéologie dominante de la soi-disant « fin de l'histoire » et ont donc retourné leurs vestes tant au niveau théorique que politique. Et ils avaient également tort tous ceux, à gauche, qui ont couru après d'improbables innovations, et se sont laissés séduire par les vieux mythes hyper-technologiques (le développement infini d'une « nouvelle économie ») ou (alors que se diffusait dans toute la planète le travail salarié!) du paradigme de la « fin du travail ». Nous avions par contre raison: si il était nécessaire de le prouver, la crise actuelle et les ravages sociaux qu'elle entraîne ne fait que le confirmer. Et ce sont ces jeunes à Seattle et à Gênes qui avaient raison, sourds aux sirènes de la mondialisation capitaliste, et qui trouvaient leur voie dans l'engagement éthique et politique, refusant de croire que ce monde-ci est l'unique (si ce n'est le meilleur) monde possible.

 

Les origines de la crise se trouvent dans l'économie réelle

 

Comme nous l'avons déjà dit, nous partagons tous la même clé d'analyse de la crise actuelle. En soi, l'élément spéculatif – qui d'ailleurs a connu une augmentation exponentielle à travers des produits et dispositifs financiers parfaitement légaux et ont même été encouragés par la déreglementation tant au plan national que supra-national – a seulement fait exploser les contradictions déjà présentes dans ce qu'on appelle l'économie réelle. Le poids pris par les engagements financiers, qui dans les trois dernières décennies a caractérisé toujours plus les investissements réalisés par les grandes entreprises multinationales, est à mettre en relation avec la baisse de la productivité des investissements productifs: la « financiarisation » de l'économie, loin d'être l'excroissance pathologique d'un système qui en soi est sain, a été de manière exemplaire dictée par la recherche convulsive du profit maximal. Une telle tendance est allée de pair avec une attaque sans précédent sur les revenus du travail. Précarisation, délocalisations de secteurs intensifs en travail dans des pays aux coûts du travail plus faibles, gains de productivité détournés presque exclusivement pour augmenter les rentes et les profits et qui ont élargi démesurément le fossé qui sépare leur niveau de celui des salaires et des retraites. Ce n'est pas une nouveauté: l'instrument principal utilisé pour augmenter le taux de profit a toujours été d'intensifier l'extorsion de plus-value. Ainsi, un véritable tsunami a submergé le monde du travail: toutes les enquêtes statistiques montrent, que depuis les années 80, les inégalités dans le partage de la valeur ajoutée se sont creusées de manière dramatique. Tout en haut, tutoyant les étoiles, on retrouve les revenus d'une minorité, au fond du trou, les salaires et les pensions. Evidemment, il s'agit d'une tendance générale qui se manifeste différemment selon les pays: en ce qui concerne les inégalités, l'Italie se retrouve parmi ceux qui tentent de battre des tristes records d'inégalité. Voilà la base réelle de la crise, qui débouche sur une crise capitaliste de sur-production.

 

Pointer les responsabilités politiques

 

De telles inégalités sociales découle la croissance exponentielle de l'endettement privé; sur un tel endettement s'est élevé un château de carte (dont les titres liés aux subprimes en sont emblèmatiques) qui s'est fatalement écroulé. La tâche prioritaire des communistes et, en général, de la gauche anti-capitaliste est celui de continuer obstinément à élucider les vraies causes de la crise, montrant clairement du doigt les responsabilités: pas seulement de ceux qui ont spéculés sur les actifs toxiques, infectant le circuit financier entier, mais – plus fondamentalement – en dénonçant les responsabilités politiques de tous ceux qui ont chanté pendant des années les louanges d'un système économique qui est désormais en faillite, en plus d'être fondamentalement injuste. Les mêmes qui aujourd'hui, sans que personne ne les ait intronisé, s'élèvent au rang de sauveurs de la patrie, affectant, d'un côté, des ressources considérables pour sauver les banques (et les banquiers) et, d'un autre, préconisant des mesures d'urgence inefficaces.

 

Privatisation des bénéfices et socialisation des pertes

 

Au moment où tout le monde redécouvre les vertus de l'intervention publique – ce qui les pousse même à évoquer des notions qui jusqu'à hier restaient imprononçables, comme celle de « nationalisation » - se pose pour nous une tâche essentielle d'éclaircissement de nos concepts et de nos positions politiques. Aujourd'hui plus que jamais – par rapport aux mesures anti-crises exceptionnelles prises par la communité internationale et les gouvernements nationaux – on peut utiliser la fameuse expression de « privatisation des bénéfices et de socialisation des pertes ». A ce sujet, le plan conçu par le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Tim Geithner, et, directement relié à celui-ci, l'issue du G20 en sont symptomatiques.

 

Qui va payer la crise? Les contribuables et les travailleurs

 

Avec l'objectif d'enlever des comptes des banques états-uniennes le poids énorme des actifs « toxiques », de rendre au marché inter-bancaire son efficacité et, surtout, de rétablir les flux de crédit essentiels au fonctionnement de toute la machine économique, le plan Geithner a finalement clarifié la principale interrogation qui était restée jusque-là sans réponse: qui va payer? Qui va être appelé à la rescousse pour supporter tout le poids de cette énième opération de sauvetage des banques, au coût exhorbitant? La réponse est très simple: comme d'habitude, les contribuables, et en particulier les travailleurs salariés. A l'intérieur des entreprises gérées selon un partenariat public/privé chargées de l'achat des actifs, ce sera avec de l'argent public, en effet, que sera financé l'essentiel du montant à verser aux banquiers (en échange des actifs toxiques), avec des prêts accordés aux agents privés à des taux super-préférentiels. En définitive, les banquiers seront contents, ils y gagnent une considérable bouffée d'oxygène; les agents privés peuvent aussi être contents, eux qui se voient associés à une opération qui, quelque soit le cours futur du marché des actions, auront tout à gagner et rien à perdre. Et on réserve le pire pour les contribuables. Ce n'est pas un hasard si Wall Street, une fois qu'ont été annoncées les grandes lignes du plan, est reparti à la hausse.

 

Ne rien attendre de l'UE, ce n'est pas la solution, c'est une partie du problème

 

Même son de cloche du côté de la fameuse réunion du G20. Ici aussi, de grandes déclarations de principe et quelques ajustements inévitables, comme sur les paradis fiscaux: à propos desquels, cependant, on ne parle pas de fermeture et on prépare une « liste noire » sans que l'on définisse clairement les sanctions. Au delà, on affecte encore une fois une montagne de ressources à un organisme international – le FMI – qui conserve un leadership, des lignes programmatiques et une gestion politique inchangés (les mêmes qui ont si lourdement contribué à nous conduire au désastre actuel). Dans un tel contexte, l'Union Européenne ne se distingue pas fondamentalement des responsabilités imputables au modèle anglo-saxon, et elle n'arrive même pas – dans des circonstances aussi exceptionnelles – à affirmer un modèle social et politique autre que celui qui est mis en place de manière structurelle comme base de l'Union Européenne par les groupes capitalistes qui la dominent. Entre temps, l'aggravation de la crise remet justement en cause sa solidité structurelle, écartant la convergence des politiques économiques étatiques et approfondissant le fossé qui séparait déjà le noyeau fort économiquement de sa périphérie: d'un côté les Pays de Première Division (exportateurs de capital), de l'autre les Pays toujours plus maintenus en Deuxième Division (exportateurs de main d'oeuvre).

 

Des droites dangereuses...

 

En plein coeur d'une conjoncture très compliquée, notre Pays a à règler ses comptes avec une double épreuve: pas seulement la crise, mais également le gouvernement des droites. Droites dangereuses, qui ont complètement abandonné ce qui leur restait de libéralisme pour endosser le costume d'un populisme réactionnaire, corporatiste et raciste. Elles ont su aussi interpréter et retourner à leur avantage la crise de la mondialisation capitaliste, offrant des débouchés idéologiques réactionnaires au ressentiment et à la colère sociale, encourageant et organisant les pires pulsions qui couvent depuis toujours dans le coeur de notre Pays. A partir de l'agressive rhétorique berlusconienne, ils ont cimenté un bloc social, reconstitué un sens commun de droite, réinventé une histoire nationale faite sur mesure pour un « anti-communisme » plus grossier et viscéral, essayant de consolider sur de telles bases symboliques une identité politique. L'épilogue d'un tel processus est justement le lancement du parti qui a pris le nom de Peuple de la Liberté.

 

Une fausse gauche capitularde... qui a trahi l'héritage du PCI

 

Ca fait mal de le dire, mais une telle opération n'a été aussi possible parce que, pendant que les droites reconstruisaient leur identité réactionnaire, dans l'autre camp, de ce qui fut un temps la gauche, y compris une bonne partie de la gauche ex-communiste, démontait morceau par morceau la sienne. Si d'un côté on galvanisait les troupes, c'était rendu possible aussi parce que, de l'autre côté, on faisait tout pour entretenir le doute et la démoralisation de ses troupes. La parenthèse masochiste de Veltroni (et pas seulement la sienne: on pense aussi à celle de tous ceux qui ont été d'importants dirigeants de Rifondazione Comunista et du PdCI) a été en ce sens exemplaire. Tout cela démontre, entre autres, combien ce vieux vice qu'est le « transformisme » [vieille pratique politique italienne que l'on peut assimiler sommairement au retournement de veste, au changement de camp d'un leader politique voire d'un parti politique – souvent de la gauche vers la droite - NdT] est persistent: à partir de 1989 et au-delà, cela a marqué le parcours des héritiers indignes de ce qui fut le plus grand parti communiste d'Occident.

 

Un processus de légitimation du post-fascisme italien

 

Tout cela permet de se rendre compte de la fragilité actuelle du tissu politique italien. Que Fini [leader du parti néo-fasciste Alleanza Nazionale qui a récemment exprimé ses doutes sur les mesures anti-immigrés prises par le gouvernement Berlusconi] ait l'air d'être une voie dissidente de tel projet gouvernemental intégriste, ou que ce soit à Tremonti [ministre de l'Economie de Berlusconi] de poser des questions sur l'indépendance apparente de la Confindustria [le Medef Italien], ce sont des faits qui, loins d'être rassurants, ne font qu'accroître notre inquiétude sur l'état de santé de notre débat démocratique. Le nouveau parti berlusconien, sur le point de devenir le lieu totalisant du cadre politique, arrivant à incorporer même ce qui apparaît comme voix dissidente au choeur principal. En réalité, comme l'a récemment noté « The Guardian » a propos de la naissance du PdL, avec ce dernier s'achève le processus de légitimation du post-fascisme italien, dans un assemblage réactionnaire qui pourrait être le prélude à la conquête de la Présidence de la République et au dépassement de la Constitution née de la Résistence.

 

La raison d'être des communistes: défense des classes populaires et de la démocratie

 

Voilà pourquoi, dans une situation aussi délicate, la présence des communistes est vitale: vitale pour la défense des intérêts des classes populaires et, comme toujours dans notre pays, vitale pour la démocratie. Voilà pourquoi, en général, il n'y a pas de gauche anti-capitaliste et de lutte sans son noyau propulseur et stratégique communiste, organisé en parti. Et, en particulier, les communistes et les forces qui se reconnaissent dans un projet social anticapitaliste sont nécessaires pour proposer et assurer une protection du travail et de l'environnement, dans le contexte de la crise dévastatrice actuelle. La présence d'une liste anticommuniste et anticapitaliste aux prochaines élections européennes constitue en soi un projet politique essentiel qui peut permettre de ramener une opinion déboussolée à la réalité de la lutte et de ses propres intérêts de classe, la détournant des brumes des mythes réactionnaires, de l'anomie désenchantée de l'abstentionnisme, du refuge illusoire du « vote utile ». Il ne s'agit donc pas d'une simple alliance électoraliste lancée à la va-vite pour dépasser le barrage honteusement introduit dans la dernière ligne droite grâce à une alliance bi-partisane: laissons aux autres de tels bricolages sans avenir.

 

Nous, communistes, avons des choses importantes à dire et à proposer, et personne ne les dira à notre place

 

Ceux qui se reconnaissent dans cette liste se réfèrent à un cadre d'analyse convergent, et à l'interprétation qui en découle sur ce qui se passe autour de nous; ils mènent la même bataille que nous au niveau continental, distinguant bien au Parlement Européen ceux qui sont vraiment des compagnons de route de ceux qui ne le sont pas; ils refusent d'affronter une crise qui est en même temps économique, sociale et environnementale avec des mesures qui visent à sauver l'establishment et à sanctionner quelques « têtes d'affiche », en attendant que tout revienne à la normale. En ce sens, derrière le nom et les symboles de la liste communiste et anticapitaliste il y a tout le concret d'un projet politique, d'une unité d'action qui ne soit pas seulement électorale. Elle a été lancée dans la conviction que nous avons des choses essentielles à dire et à proposer (et que, en notre absence, personne d'autre n'est en mesure ou a la volonté de les dire et de les proposer): des choses telles qu'une véritable et conséquente redistribution du revenu (en allant prélever les ressources là où elles se trouvent); ou, encore des interventions structurelles qui attaquent sur des points essentiels les équilibres de pouvoir dans la société capitaliste, mettant en avant les rapports de force entre les classes (comme par exemple la constitution d'un pôle public du crédit, soustrait au contrôle du capital financier, pour encourager un développement qui soit au service de l'homme et de la femme, qui crée de bons emplois et soit respectueux de l'environnement: ou une politique étrangère qui ne soit pas subordonnée à l'axe euro-atlantique). Pour accomplir de tels objectifs, il faut s'attaquer aux intérêts des puissants. Nous savons que nous ne pourrons pas le réaliser seuls; mais nous savons aussi que cela ne pourraît être réalisé sans nous. Sans la détermination et la convergence unitaire des communistes, à l'intérieur et à l'extérieur des frontières nationales.

 

Un processus complexe qui doit s'appuyer sur ses deux jambes: reconstruction de l'organisation et recherche théorique marxiste

 

D'autre part, le processus de réunification des communistes et des forces anticapitalistes de notre pays ne se réduit certainement pas à cette échéance électoale. C'est un processus complexe et important, et qui a besoin de s'appuyer sur ses deux jambes. En premier lieu, la reconstruction d'un lieu et d'un enracinement social forts, et la relance du travail de masse, d'une intitiative politique de masse dans les territoires et sur les lieux de travail, dont les communistes sont les défenseurs et le point de référence organisé. En second lieu, le début d'un sérieux travail culturel, de recherche et d'élaboration, destiné à réfléchir sur l'histoire du communisme historique du vingtième siècle et à donner corps à une identité et à un projet communiste pour le vingt-et-unième siècle, en reconstruisant une critique moderne de l'économie politique et en réfléchissant de manière systématique et avec une rigueur scientifique au grand thème de la transition au socialisme, dans ses tentatives historiques et dans ses réalisations possibles dans l'avenir. Ce travail ne peut pas non plus être détaché d'une activité de formation renovée, qui ne reproduise pas simplement les vieilles écoles du parti, mais se redonne comme objectif de donner aux camarades les instruments d'analyses nécessaires à la lutte dans laquelles ils sont parties prenantes; et au problème plus global de la communication, plus que jamais crucial pour gagner la bataille des hégmonies dans le type de société dans laquelle nous vivons. Avec ce numéro spécial de « Marxismo Oggi », nous entendons donc apporter aussi notre contribution en ce sens.


 

* Fosco Giannini est directeur de l’Ernesto, Guido Oldrini est directeur de Marxismo Oggi, Manuela Palermi dirige La Rinascita della Sinistra et Bruno Steri est directeur d' Essere comunisti.


Traduit depuis l'italien, depuis le site de l'Ernesto: http://www.lernesto.it/

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Réflexions
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 03:45

Darwinisme: contexte historique et marxisme


Par André Lévy, pour O Militante


Traduction AC pour Solidarité-Internationale-PCF


Au XIXème siècle, en Grande-Bretagne, se déroule une lutte de classe intense à deux niveaux: entre le vieux régime féodal, allié à l'église anglicane conservatrice, et la classe capitaliste ascendante; et entre cette classe d'exploiteurs et la classe prolétarienne, exploitée et opprimée.


Marx décrit au début du Capital la spoliation du paysan, obligé à se déplacer vers les centres urbains et à rejoindre les rangs d'une nouvelle classe sociale, le prolétariat, dont l'unique ressource pour survivre est de vendre sa force de travail. Les hommes politiques opposés à une augmentation de l'aide sociale versée par l'Etat aux pauvres ont trouvé leurs arguments dans les travaux comme ceux de Thomas Robert Malthus, qui entre 1798 et 1826, a publié plusieurs versions de son traité Un Essai sur le Principe de Population. Dans cette oeuvre, il postulait que la population humaine augmentait à un taux plus grand que la croissance de la production alimentaire, ce qui était à l'origine inévitablement, selon Malthus, de la pauvreté observée. Il serait donc contre-nature que l'Etat aide financièrement les pauvres. En soutenant la survie des plus pauvres, l'Etat ne fait que prolonger les conditions de la concurrence pour des ressources limitées, qui ne peuvent satisfaire les besoins de l'ensemble de la population.


Un des premiers mouvements de réaction aux transformations en cours, de la part des exclus du pouvoir, fut le mouvement chartiste, ainsi désigné parce qu'il avait comme plate-forme politique la Charte du Peuple, qui revendiquait une extension des droits démocratiques. Fondée en 1837, elle est devenue dans les années 1840 un mouvement politique de la classe ouvrière, qui est à l'origine du premier parti de cette classe: l'Association Nationale Chartiste. Ses actions politiques se sont concentrées autour de trois pétitions présentées au Parlement, en 1838, 1842, et 1848, chacune réunissant plusieurs millions de signatures, et accompagnées de manifestations de masse, de grèves, et même de plusieurs soulèvements armés. L'Etat a réagi durement, arrêtant nombre de ses leaders, certains d'entre eux étant condamnés à mort, et d'autres déportés en Australie. Le 10 avril 1848, c'est-à-dire pendant l'insurrection de Paris, le mouvement Chartiste se préparait à présenter de nouveau une pétition et à réunir plus de 150 000 chartistes à Kennington Common. Le gouvernement a pris la menace au sérieux, envoyé la famille royale à l'Ile de Wight, recruté 85 000 policiers en quelques semaines, mobilisé 7 000 soldats et arrêté à l'avance plusieurs leaders, tentant par tous les moyens que ne se répètent pas à Londres les occupations de bâtiments qui se sont déroulées à Paris. Finalement, la journée a été pactifique, la pétition fut livrée, et, comme les précédentes, rejetée. Le mouvement chartiste, dans une large mesure, a perdu de sa vigueur à partir de ce moment-là. Mais il a contribué à la formation d'une culture politique qui a pu donner naissance à d'autres forces politiques; et en 1918, tous les points de la Charte du Peuple, à l'exception des élections annuelles, ont été mis en place.



Charles Darwin et l'Origine des Espèces



C'est dans ce contexte de lutte de classes intense que, le 12 février 1809, est né Charles Robert Darwin. Sa famille était relativement aisée, ce qui a permis à Darwin de se consacrer durant sa jeunesse à ces deux plaisirs favoris: la chasse et le collectionisme. Son père était tellement inquiet de l'indécision du fils vis-à-vis de son orientation professionnelle qu'il l'a envoyé, à ses 16 ans, à l'Université d'Edimbourg et ensuite à Cambridge, pour y obtenir la formation requise pour suivre une carrière écclesiastique. A Cambride, Darwin a noué des amitiés avec certains professeurs qui l'ont fortement influencé, en particulier le botaniste John Henslow et le géologue Adam Sedgwick.



A la fin de ses études, Darwin a reçu une proposition pour faire un voyage à bord du HMS Beagle. Le voyage avait pour objectif de dessiner la cartographie hydrograpghique de l'Amérique du Sud, une mission de la plus haute importante pour l'Empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais ». Le voyage a duré presque six ans, et a constitué l'expérience la plus marquante de la vie de Darwin. Tout au long de ce voyage autour du monde, Darwin a recueilli d'innombrables observations ainsi que des spécimens de la faune et de la flore vivante, fossiles, géologiques. Dans son carnet de voyage, nous trouvons aussi des observations sur les populations humaines, comme des commentaires révoltés sur la manière dont les esclaves étaient traités au Brésil, et sur les conditions d'extrême misère et de famine dans lesquelles vivaient les habitants de la Terre de Feu, au sud de l'Argentine.



Les centaines de spécimens vivants et fossiles que Darwin a recueilli ont été envoyés au Musée Britannique. Certaines de ces trouvailles étaient d'une forme tellement surprenante que Darwin est devenu célèbre en tant que naturaliste, pendant son voyage même. Le temps passé à bord a été consacré à des conversations et des discussions, parfois animées, avec Fitzroy, et à la lecture. Une des lectures qui l'a le plus marqué a été les Principes de la Géologie de Charles Lyell, où est mise en avant l'idée de la transformation graduelle des formations géologiques, des modifications accumulées pendant une longue période de temps, selon des processus que nous pouvons observer à une petite échelle dans la situation actuelle (uniformitarisme). Darwin recueillait, donc, non seulement des spécimens, mais aussi des notes et des idées venant de la littérature, exploitant parfois juste quelques fragments qui l'ont inspiré. Ce fut le cas pour sa lecture fortuite de l'oeuvre de Malthus, dès son retour en Angleterre.



Darwin était déjà convaincu que les espèces avaient évolué, et il avait rassemblé des preuves qui étayaient sa thèse, mais conscient du choc que causerait ses idées dans l'opinion, il était réticent à les publier. Il voulait aussi compléter les preuves qu'il avait avec un mécanisme explicatif de l'évolution des espèces. Une partie de l'inspiration pour trouver ce mécanisme provient de Malthus, en particulier de sa description d'un environnement où, les ressources étant limitées, tous les individus ne seraient pas capables de survivre. Allié à son expérience personnelle de la modification et la génération de nouvelles variétés de pigeons, de moutons, etc., Darwin a postulé l'existence d'un mécanisme analogue à la sélection artificielle de variétés, qui soit capable d'expliquer l'adaptation des organismes à l'exécution d'une fonction particulière. Expliquant sommairement le mécanisme de la sélection naturelle: au sein d'une population en perpétuelle évolution, les individus avec les caractéristiques qui favorisent leur survie et leur reproduction seront responsables de la procréation de la majorité des individus de la génération suivante. Si ces caractéristiques étaient héréditaires (bien que Darwin méconnaissait les mécanismes régissant l'hérédité, il en connaissait ses principes), les enfants de la génération suivante seraient différents de leurs parents et seraient bien mieux adaptés aux conditions du milieu. Si cette sélection entre indivdus se poursuivait pendant plusieurs générations, la population serait progressivement modifiée et mieux adaptée à son milieu. Muni de ce mécanisme, Darwin avait déjà un faisceau de théories capable d'expliquer l'origine de la diversité et de l'adaptation organique.



Darwin n'a pas été le premier à formuler des idées évolutives, mais il a apporté sans aucun doute un plus grand nombre de preuves et un mécanisme explicatif viable. En 1844, il avait déjà écrit un long essai contenant ses idées et ses arguments. Mais, en tant que membre de la bourgeoisie, Darwin ne voulait entrer en conflit ni avec la noblesse, ni avec l'Eglise ni même avec les travailleurs de son domaine et de sa paroisse (qui pourrait voir dans son oeuvre une extension politique du malthusianisme – bien que, pour que ce soit bien clair, Darwin s'est à peine inspiré de l'oeuvre de Malthus, tout en ne partageant pas ses positions politiques).



C'est seulement en 1856, et sous la pression de Lyell, que Darwin s'est mis à l'écriture de son manuscrit sur l'évolution. Mais son éventuelle publication a été précipitée par la réception d'une lettre d'un jeune naturaliste, Alfred Russel Wallace, dans laquelle il développait des idées très similaires à celles de Darwin sur l'évolution et la sélection naturelle (curieusement aussi inspiré par la lecture de Malthus). Lyell et Hooker ont suggéré la lecture à la fois des oeuvres de Wallace et de Darwin, après que Darwin a publié son oeuvre Sur l'Origine des Espèces. Elle eut un impact énorme dans la communauté scientifique et dans l'opinion publique en général, et a été reçue avec une certaine résistance par les secteurs les plus conservateurs de la communauté scientifique et de l'église anglicane. Darwin se maintenait toujours à l'écart du débat d'idées direct, préférant communiquer par correspondance, et laissant la défense de ses idées entre les mains d'autres, comme Hooker et Thomas Henry Huxley, qui a hérité du surnom de « bouledogue de Darwin ».



Darwinisme et marxisme



Avec l'Origine des Espèces, l'idée d'évolution a trouvé un terrain social fertile et est devenu un sujet fréquent de débat, d'échanges d'opinions et de commentaires, sans pour autant que son usage reste fidèle aux thèses avancées par Darwin. Elle a été utilisée comme une arme par les couches sociales qui luttaient pour ou contre le statu quo: elle a été tout autant saluée par les intellectuels révolutionnaires qu'exploitée par les éléments de la bourgeoisie pour légitimer le capitalisme. Engels et Marx ont salué la contribution scientifique de Darwin, mais ils considéraient que ses idées ne s'appliquaient pas à l'évolution sociale de l'Homme. Lors des funérailles de Marx en 1883, Engels a déclaré que « de la même manière que Darwin a découvert la loi de l'évolution de la nature organique, Marx a découvert la loi de l'évolution de l'histoire humaine. »



Dans l'Origine des Espèces, Darwin a évité sciemment de développer la question de l'évolution de notre espèce, et c'est seulement en 1871, quand les idées d'évolution, y compris celle de l'Homme, ont été plus largement acceptées, que Darwin a publié de manière plutôt confidentielle, La filiation de l'Homme, où il traite de la question de l'évolution sociale humaine. C'est Spencer qui a amené dans le débat public cette question en s'appropriant les idées darwiniennes et en les appliquant à l'évolution sociale de l'Homme, en les combinant avec des idées téléologiques de progrès (ce qui est quelque peu une interprétation erronée des idées de Darwin même), défendant que la concurrence entre êtres humains était une condition naturelle et nécessaire du progrès social (darwinisme social). Les lois de l'histoire sociale humaine n'étaient pas un sujet qui rentrait dans les objectifs scientifiques de Darwin. Ce fut par le biais de Spencer et d'autres que les idées de Darwin ont été associées à la justification du capitalisme, dans une logique fallacieuse d'extrapolation de certaines des lois responsables de l'évolution organique pour défendre l'idée que la concurrence capitaliste reflète les lois de la nature.



Cette réappropriation a été tellement efficace que le terme darwinisme est passé dans le langage courant comme un équivalent des idées réductrices de « survie des plus aptes », expression créée par Spencer, et de « concurrence dans la lutte pour la survie ». Mais Darwin n'a pas attribué un rôle central à la concurrence – surtout utilisée dans un contexte économique – comme moteur de l'évolution, mais seulement comme une des forces capables d'encourager la sélection. Darwin a considéré d'autres interactions, y compris celle de la coopération. En 1902, l'anarchiste Pierre Kropotkine, cherchait à contrer cette déformation dans un texte sur l'importance de la coopération comme facteur évolutif. C'est seulement au milieu du XXème Siècle que la biologie évolutive a développé une théorie pour l'explication du fonctionnement des sociétés animales.



Anton Pannekoek, astronome et marxiste, dans une oeuvre datant de 1909 et intitulée Marxisme et Darwinisme a démontré comment l'utilisation du darwinisme pour justifier la concurrence capitaliste est contradictoire: « Les socialistes ont prouvé que contrairement à ce qui se passe dans le monde animal, la lutte concurrentielle entre hommes ne favorise pas les meilleurs et les plus aptes, mais détruit bon nombre des plus forts et des plus fragiles à cause de leur pauvreté [due à la non-possession de capital et des moyens de production], alors que les riches, même les faibles et les malades, survivent. (…) c'est la possession de l'argent qui détermine qui survit. »



Mais parmi les marxistes, s'est établi une division dans l'explication de l'évolution de l'Homme: entre son évolution biologique, expliquée par le darwinisme, et l'évolution de ses relations sociales, expliquée par le marxisme. Ils font l'hypothèse que l'être humain n'a ni cessé d'évoluer biologiquement, ni abandonné certaines caractéristiques et comportements sociaux des phases pré-historiques. Le comportement social humain est conditionné par une interaction complexe et dialectique entre la transformation des relations sociales et matérielles, et son évolution biologique. L'importance de chacun de ces processus modifie plus ou moins le comportement humain, mais nous ne devons pas adopter le point de vue, par exemple, qu'en transformant les relations économiques dans la société on modifierait facilement les comportements humains, qui peuvent être conditionnés par des facteurs biologiques. Mais en modifiant les conditions sociales (ou environnementales), on modifie également les forces qui régissent l'évolution biologique, ce qui peut aboutir sur des modifications du comportement social.



L'Homme possède des aptitudes naturelles autant pour la coopération que pour la compétition et la violence. Les conditions sociales ont un impact sur la plus ou moins grande expression de chacune de ces tendances, mais la biologie prédit qu'il y a toujours des individus qui cherchent à « échapper » aux pactes sociaux de coopération. En tant que marxistes, nous devons prendre en compte les avancées scientifiques dans le domaine de la psychologie humaine. Par exemple, dans quelle mesure les facteurs biologiques conditionnent la tendance chez les êtres humains à s'organiser socialement de manière hiérarchique est une question toujours en suspens et laissée à l'étude scientifique, dont les marxistes ne peuvent se tenir à l'écart.



Prendre en considération ces études, ne signifie pas accepter les formes réactionnaires et conservatrices du déterminisme génétique, par exemple dans l'idée que notre comportement social serait seulement déterminé par les gènes et donc ne pourrait pas être modifié. La vision qui réduit le comportement social aux gènes est nécessairement incomplète. Il y a évidemment une grande composante environnementale dans la détermination du comportement humain. Nous ne devons ni tomber dans une forme extrême d'un déterminisme inflexible, ni tout à l'opposé, dans l'idée que l'enfant naît dans un contexte de table rase. Il y a certainement des différences génétiques entres les êtres humains, responsables des différences en terme de potentiel physique et intellectuel. Mais ce sont ensuite les conditions environnementales, et plus particulièrement les conditions sociales, qui permettent le développement plus ou moins grand de ce potentiel. Ce sont les relations sociales qui conditionnent quelles facettes naturelles chez l'Homme seront actualisées.



O Militante, revue théorique du PCP, numéro 300 Mai/Juin: http://omilitante.pcp.pt/

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 06:37

La duperie des vérités évidentes

 


Par Aurélio Santos, membre du Comité Central du PCP


 

Traduit par AC pour Solidarité-Internationale-PCF


 

Il y a toujours eu des pauvres, et il y en aura toujours. S'il n'y avait pas de patron, nous n'aurions pas de gagne-pain. Les entreprises sont les seules à créer de la richesse.

 

Il y en a qui défendent, encore aujourd'hui, des vérités comme celles-ci, tellement évidentes, qu'elles ne nécessitent pas de démonstrations, se justifiant par elles-mêmes. L'idée est rassurante, puisque elle dispense du travail de la pensée. Mais d'un autre côté, si l'on ne pouvait mettre en doute de telles vérités, nous courrions le risque, encore aujourd'hui de croire que c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre.

 

Les vérités évidentes sont fréquemment une duperie qui, en tant qu'outil de propagande, est utilisé pour par ceux qui veulent imposer une idée. Facile à assimiler, ces vérités deviennent chez les plus crédules des faits indiscutables pour lesquels toute démonstration est naturellement inutile.

 

Elles sont là, ces vérités, pour offrir la certitude absolue de l'inéluctabilité du capitalisme, qui connaît une crise dont la responsabilité est à attribuer à une poignée de spéculateurs malhonnêtes et non au système lui-même. Parce qu'elles rejettent un capitalisme sauvage et irresponsable.

 

Et elles en appellent maintenant à un capitalisme à visage humain, sans écarts ni excès, qui mettrait en place un marché sain, avec plus de régulation et de contrôle, sans actifs toxiques, un capitalisme où les patrons respecteraient des principes moraux, finalement un capitalisme nouveau, qui prenne en considération le bien commun, empli de solidarité et d'humanisme.

 

Et la crise? Ils prétendent que l'on pourra seulement y mettre fin par la convergence de tous les efforts, si on sait se montrer coopératifs et confiants alors nous pourrons la surmonter, et ainsi porter assistance solidairement aux plus défavorisés.

 

Cette analyse psychologique de la crise laisse à penser que la crise du capitalisme n'a quasiment pas de racines et de conséquences économiques et sociales. Et elle est aussi fréquemment utilisée pour entretenir le vide idéologique et politique.

 

Cela fait penser au conseil d'une respectable dame anglaise au moment du départ de son jeu fils pour l'Inde en quête de fortune: « Bonne chance, mon fils! Deviens riche! Gagne de l'argent – honnêtement, si c'est possible ».

 

Numéro 1851 d'Avante, du 21 mai 2009: http://www.avante.pt/

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 17:41

La section genevoise ne se joindra pas à l’appel pour un nouveau parti


Numéro d'Avril 2009 de l'Encre Rouge

Répercuté par Vive le PCF


 

Ayant discuté le texte de l’«Appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse», ainsi que le contenu des forums de Facebook qui y sont associés, le Comité directeur de la section genevoise a estimé à l’unanimité que le PST n’a aucune raison de s’y associer, mais doit au contraire catégoriquement rejeter ce projet, qui n’est qu’un énième avatar de l’idée de fusion pour la fusion de tout ce qu’il peut y avoir à la gauche du PS, option rejetée démocratiquement et à une très large majorité par le dernier Congrès national du PST.

 


Le texte de l’appel, de même que les discussions sur Facebook, ne possèdent pas d’autre contenu politique qu’un vide idéologique. La seule perspective qu’offre l’appel est de faire un nouveau parti unifié, avec pour seule idée «politique» qu’il soit de gauche «alternative». Or ce terme d’«alternatif» est vide de sens. D’ailleurs les discussions sur Facebook en sont caricaturalement révélatrices: le seul vrai sujet débattu dans le forum «idéologie» est quel contenu donner à ce concept d’«alternatif», contenu qui demeure insaisissable. La section genevoise considère que la seule raison à cela, c’est précisément la vacuité politique du projet, le futur nouveau parti n’étant prévu ni pour défendre une classe, ni pour défendre une idéologie, ce qui est la raison d’être de tout parti. Le seul sens réel que possède le mot alternatif dans ce contexte est une alternative électorale au PS, tout simplement. Une certaine démagogie autour de l’unité masque mal l’ambition personnelle de quelques leaders qui rêvent d’un parti le plus large possible pour se faire élire sur ses listes.


Or le PST possède précisément ce qui manque au futur nouveau parti «alternatif»: il a une histoire, une idéologie et de réels objectifs politiques. Nous sommes un Parti marxiste et communiste, le Parti qui défend les classes que le capitalisme opprime. Certes aujourd’hui le PST est affaibli mais en quoi la dilution dans une vague nébuleuse réformiste l’aiderait-elle?


Pouvons-nous renoncer à notre culture communiste, à nos structures constituées par des décennies de lutte, à nos objectifs révolutionnaires pour nous fondre dans un mouvement hétéroclites dont les discussions portent sur comment se donner une image différente des socio-écolo-libéraux? Si nous n’avons pas à nous poser la question sur ce qui nous rend différents du PS, c’est précisément parce que nous avons une ligne politique émancipatrice en lieu et place d’une logique parlementariste. Jamais un vrai projet d’émancipation des peuples ne naît de vagues discussions sur les questions d’image et d’alternative. Alternative par rapport à quoi? Au PS, à la dénommée extrême-gauche, au PST? Une alternative au capitalisme?


Est-ce à dire un parti défendant la marche vers le socialisme? Le nouveau parti ne saurait être que social-démocrate de gauche vue l’absence de propositions politiques concrètes et la composition de ses dirigeants, dont beaucoup sont issus du PS et tiennent le communisme pour une vieillerie bonne à envoyer au musée, de même que par ses références au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui n’est rien de plus qu’une scission du PS français, lui-même virant au social-libéralisme.


La section genevoise considère que la seule réponse opportune que le PST peut donner à cet appel est de renforcer le Parti, ainsi que de lui donner un nouveau programme communiste cohérant et appliqué avec constance, afin de faire de notre Parti la force révolutionnaire que la Suisse et les peuples ont tant besoin. La section genevoise ne peut que s’étonner face à la démarche de certains camarades de la section vaudoise, dont quelques-uns occupent des postes dans la direction cantonale du POP, au Comité central, voire même au Comité directeur du PST.


Non seulement leur démarche est liquidatrice, anti-parti et anticommuniste puisque la dissolution du PST équivaudrait à un arrêt de mort du communisme en Suisse, mais elle est aussi anti-statutaire et antidémocratique.


En signant, voire en lançant, un appel qui est la copie conforme de la résolution liquidatrice que le XIXe congrès a démocratiquement rejeté à une très large majorité, ils ont amplement prouvé qu’ils n’ont aucune considération pour le Parti dont ils sont membres et sa démocratie interne, ni aucun respect pour notre base qui est attachée au PST mais dont l’avis ne les intéresse pas. Par ailleurs, leur vote n’est pas pris en compte, ce d’autant plus que la dissolution du PST ne peut être acceptée que par ses membres «par le vote favorable de trois quarts des délégué-e-s présent-es au Congrès de dissolution, suite à une Conférence nationale convoquée spécialement sur ce thème.» Ces camarades ont fait preuve du mépris le plus sincère pour nos instances et notre base par leur double discours, par leur hypocrisie. En effet, plusieurs d’entre eux ont dit aux membres des instances du PST qu’ils restaient attachés au Parti et que s’ils voulaient l’unité, ils n’avaient nullement en vue un nouveau parti remplaçant le PST, option à laquelle ils seraient opposés. Or ces mêmes camarades discutent parallèlement sur les forums de Facebook du nom pour le futur nouveau parti, qu’ils sont tous d’avis d’appeler «la Gauche», sans nous en dire mot naturellement. Pourquoi ces camarades font-ils cela?


Veulent-ils entraîner le maximum de membres du PST dans la nouvelle «alternative» par la tromperie? Ne supportent-ils plus d’être membres d’un Parti communiste? La section genevoise considère de telles manœuvres liquidatrices et anti-démocratiques, de même que les doubles discours, comme inadmissibles et estime que les camarades qui participent à la création d’un nouveau parti ont le choix soit de suivre les statuts du PST, organisation à but idéal, soit de démissionner s’ils considèrent que ces buts ne leur conviennent plus. Ceci concerne également le Conseiller national Joseph Zisyadis, porte-parole du nouveau parti, mais silencieux quant à sa position au sein du PST puisqu’il se dit «en vacances du Parti». La section genevoise n’accepte pas cette qualification non-statutaire, et demande que soit éclairci une fois pour toute si Joseph Zisyadis a encore à cœur les buts idéaux du PST, tels que définis dans ses statuts ou pas. Contrairement à certains camarades, le comité directeur de la section genevoise respecte la démocratie interne et les statuts du PST. Le comité directeur genevois plaide donc pour que lors du prochain Comité central soit formellement débattu l’«appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse», rappelle aux camarades leurs devoirs en tant que membre des instances du PST «d'agir en pleine responsabilité pour la mise en œuvre des décisions adoptées et la réalisation du programme» du parti, et si le but idéal n’est plus en accord avec leur vision d’un parti politique, de prendre leur responsabilité et la décision qui s’impose de rejoindre une autre organisation plus apte à répondre à leurs aspirations. En tout état de cause, le PST ne peut être utilisé comme un instrument purement électoraliste qui doit être jeté une fois que les suffrages ne suffisent plus à accéder aux parlements bourgeois, doit-on rappeler encore un de ses buts stipulé dans l’art.1 «Dans ses réflexions comme dans
ses actions, il s'appuie sur les analyses développées par Marx et d'autres théoriciennes et théoriciens du mouvement révolutionnaire». Dans cet esprit, le PST doit reconstruire sa base en menant les luttes décisives du 21ème siècle dans tous les espaces où les travailleurs, les intellectuels, les exclus se battent pour plus de justice sociale.


Parti du Travail de Genève

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 06:05

Commentaire du Bureau de Presse du KKE sur la Social-Démocratie

« Le mot d'ordre « socialisme ou barbarie » est vraiment nécessaire et toujours d'actualité; toutefois, les directions social-démocrates sont du côté de la barbarie. »

Traduction MA pour Solidarité-Internationale-PCF

 Une conférence internationale a eu lieu à la Salle de Concert d'Athènes, ce 12 mai, sur le thème: « La Social-démocratie et les défis de l'avenir. Quel sera le modèle progressiste pour l'Europe de demain? ». Le discours d'ouverture a été prononcé par G.Papandreou, leader du PASOK, et président de l'Internationale Socialiste, qui a utilisé le mot d'ordre « Socialisme ou Barbarie ». Le Bureau de Presse a rendu la déclaration suivante sur le mot d'ordre avancé par G.Papandreou.

 

Le mot d'ordre « socialisme ou barbarie », que G.Papandreou a répété une fois de plus, est vidé de son sens quand il est utilisé par les représentants de la social-démocratie et finit par sonner aussi faux que les leaders qui l'utilisent.

 

Parmi les participants à la conférence, on retrouvait D'Alema qui a bombardé la Yougoslavie quand il était premier ministre de l'Italie, au côté du Français Jospin, pendant que le PASOK au gouvernement, au même moment, livrait notre pays à l'OTAN pour démanteler la Yougoslavie. En ce qui concerne les autres membres de l'Internationale Socialiste, cela fait longtemps qu'ils ont dressé leurs guillotines contre les droits du peuple, aux côtés des forces néo-libérales. C'est le cas effectivement en Allemagne où ils gouvernent ensemble.

 

Le mot d'ordre « socialisme ou barbarie » est vraiment nécessaire et toujours d'actualité; toutefois, les directions social-démocrates sont du côté de la barbarie. Ils forment un « sinistre front » opposé aux travailleurs et solidement uni aux monopoles, à l'UE et aux partis Chrétiens-Démocrates

 

Athènes 12 mai 2009

 

Traduit de l'anglais depuis: http://www.solidnet.org/

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