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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 10:06
La fédération syndicale des transports britanniques - RMT - appelle ses membres à voter pour la fin de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne

Traduction MlN pour “Solidarité international PCF – Vive le PCF”, texte du 13 mai 2016

 

Direction du RMT – Circulaire n° NP/140/16/MC, A tous les unions de région et de branche, Vendredi 13 mai 2016, Référendum sur l’appartenance à l’Union européenne

 

Chers collègues,

 

Comme vous devez le savoir, la campagne du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne a maintenant débuté.

La position du RMT à ce sujet a été décidée par les adhérents et leurs délégués à l’Assemblée générale annuelle de 2015. Notre syndicat fait campagne en faveur du vote pour la sortie. La résolution adoptée à la réunion annuelle était ainsi rédigée :

« REFERENDUM SUR L’UNION EUROPENNE

Notre Assemblée générale annuelle prend acte que le résultat des élections générales du 7 mai au Royaume-Uni conduit à l’organisation d’ici la fin 2017 d’un référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne.

Nous prenons acte que David Cameron a déclaré que son gouvernement avait l’intention de renégocier les termes de l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’UE en vue de lever des restrictions pesant sur le monde des affaires et de protéger des intérêts spécifiques des banques et des institutions financières basées à la City de Londres, avant de prôner le vote « oui » au maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE.

Nous constatons que le gouvernement conservateur sera soutenu dans sa tentative de maintenir l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’UE du patronat par la direction du Parti travailliste au Parlement, les libéraux-démocrates, le parti vert et les partis nationalistes écossais et gallois. Cette coalition pro-UE sera rejointe dans son appel à voter « oui » par la Confédération de l’industrie britannique, l’Institut des dirigeants d’entreprise, les TUC [Trade-Union-Congress : centrale syndicale] et la plupart des milliardaires patrons de presse.

L’assemblée générale annuelle du RMT de 2010 à Aberdeen avait adopté un appel en faveur de la tenue d’un référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne et pris la décision de faire campagne pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE en cas de référendum. La position du RMT est ainsi de faire campagne pour un « non » progressiste à l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’UE.

La dernière assemblée générale annuelle a mandaté le secrétariat général et le conseil exécutif pour qu’ils travaillent à une alliance de syndicats, de militants socialistes et démocrates appelant à voter « non » au référendum à venir sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE en vue de s’assurer que les arguments en faveur des droits des travailleurs et da la propriété publique, hors de la camisole thatchérienne de l’UE, soient exposés aux électeurs britanniques.

Le RMT s’est officiellement inscrit auprès de la Commission électorale comme faisant campagne pour la sortie de l’UE. Le syndicat a été en conséquence affilié aux « syndicalistes contre l’Union européenne » (http://tuaeu.co.uk). Il soutiendra et participera aux initiatives du TAUE. Le syndicat fournira des intervenants aux regroupements socialistes et progressistes contre l’UE. Le syndicat fait aussi campagne publiquement avec d’autres syndicats, des socialistes, des syndicalistes qui partagent nos positions.

En outre, le RMT mettra en avant six points clés en direction de ses membres de tous les secteurs du transport, via RMT NEWS, à travers ses organisations de branche, ses représentants syndicaux et sur les réseaux sociaux syndicaux. Des copies des points ci-dessous seront prochainement à la disposition des conseils de branche et de région sous forme de tracts et d’affiches.

  1. Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les travailleurs du rail. Les nouvelles politiques ferroviaires européennes sont conçues pour accélérer la privatisation et l’éclatement du rail. Cela signifiera aussi de nouvelles attaques contre les emplois et les conditions de travail. Les directives européennes rendront impossible le retour de l’ensemble des chemins de fer sous propriété publique.
  2. Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les marins et les travailleurs « offshore ». L’UE a imposé le nivellement par le bas et le dumping social conduisant à décimer les marins du Royaume-Uni. Le même processus se produit maintenant dans le secteur « offshore ». Les directives européennes exigent également de soumettre à appels d’offres nos services publics de ferrys.
  3. Quitter l’UE pour mettre fin aux attaques contre les droits des travailleurs. L’UE en faveur des travailleurs : c’est un mythe. En fait, l’UE développe un nouveau cadre politique pour remettre en cause les droits syndicaux, les négociations collectives, les protections des emplois et les salaires. Ce processus est en train d’être encore renforcé dans les pays qui ont reçu une « aide » de l’UE.
  4. Quitter l’UE pour mettre fin à l’austérité. Si vous rejoignez une union, vous attendez de ses membres de se protéger mutuellement en temps de troubles. L’Union européenne a fait le contraire. Elle a utilisé la crise économique pour imposer aux Etats-membres l’austérité et les privatisations. Au lieu de protéger les emplois et les investissements, l’austérité version UE guide l’austérité version Royaume-Uni.
  5. Quitter l’UE pour arrêter l’attaque contre notre Service national de santé. L’accord de partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP), qui est en train d’être négocié entre l’UE et les Etats-Unis, va faire le jeu des grandes firmes aux dépens des protections et organisations gouvernementales dont notre Service national de santé ! Les règlementations environnementales, le droit du travail, la sécurité alimentaire, les lois relatives à la protection des données personnelles et bien d’autres seront subordonnés au droit des grandes compagnies à réaliser des profits encore plus élevés.
  6. Quitter l’UE pour soutenir la démocratie. Une large majorité des lois qui affectent nos vies sont maintenant élaborées dans l’UE et non plus au Royaume-Uni. Nous n’avons pas notre mot à dire sur ces lois. C’est ce que feu Tony Benn [représentant de l’aile gauche du Parti travailliste, décédé en 2014] disait en 1991…

« Nous discutons de savoir si le peuple britannique va être autorisé à élire ceux qui font les lois sous lesquelles il est gouverné. Le débat n’a rien à voir avec celui de savoir si nous obtiendrions plus de congé de maternité de Madame Papandreou (commissaire européenne) que de Madame Thatcher ».

 

Je serais reconnaissant si vous pouviez faire connaître cette circulaire à tous les membres des branches syndicales et je vous tiendrai informés des développements et des initiatives pendant cette campagne.

Si vous avez des questions à propos de la campagne du syndicat, n’hésitez pas à me contacter.

Bien à vous,

Mick Cash, secrétaire général

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 09:40
Des travailleurs irlandais appellent à voter pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE

Article de James Tweedie, publié dans le Morning Star du 18 juin 2016, traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »

 

"Le vote pour la sortie serait un « signal de solidarité » en direction des exploités"

 

Des syndicalistes et des communistes irlandais ont appelé les travailleurs à défier l’Establishment et à voter pour la sortie de l’UE la semaine prochaine.

L’ancien dirigeant du Comité d’Irlande du Nord du Congrès irlandais des syndicats (NIC-Ictu), Joe Browers, s’est trouvé en tête-à-tête avec le secrétaire général adjoint du Congrès irlandais des syndicats (Ictu), Peter Bunting, dans un débat organisé par le Conseil syndical de Craigavon, le soir du jeudi 16 juin.

M. Browers a critiqué le soutien de l’Ictu et du syndicat britannique TUC à la campagne pour le maintien dans l’UE.

Il a pointé la contradiction avec les résolutions du congrès du TUC de 2015 qui condamnaient les plans d’austérité imposés par Bruxelles à l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Italie, ainsi que « la situation faite aux réfugiés fuyant l’oppression et la guerre aux frontières sud de l’Europe ».

« Le choix de ne pas totalement expliquer la position syndicale existante contribue à laisser un vide qui est en train d’être rempli par les voix xénophobes les plus stridentes », a ajouté M. Browers.

M. Bunting a concédé que l’Ictu ne soutient pas entièrement l’UE, mais il a caractérisé le débat comme un affrontement pour le leadership entre le premier ministre britannique James Cameron et le leader conservateur de la campagne pour la sortie de l’UE, Boris Johnson, affirmant que celui-ci serait pire que celui-là.

Dans le même temps, le Parti communiste d'Irlande (CPI) a dénoncé, à l’avance, le premier ministre du parti « Fine Gael », Enda Kenny, le leader du Parti travailliste irlandais, Brendan Howlin, et plusieurs de ses députés, en route vers la Grande-Bretagne pour convaincre les résidents de nationalité irlandaise de voter pour le maintien dans l’UE.
Le secrétaire général du Parti communiste d’Irlande, Eugene McCartan, a déclaré que leur intervention dans les affaires britanniques "à la demande du gouvernement Cameron" démontrait "leur relation de servilité à l'UE et au monde des affaires."
M. McCartan a déclaré que les citoyens irlandais, à qui M. Kenny et M. Howlin faisaient appel, "ont été chassés de leur pays précisément par les politiques imposées par l'UE et mises en application par la troïka des partis irlandais « Fine Gael », Parti travailliste et « Fianna Fail »."
"Cela a abouti à l'austérité sauvage, à des coupes claires dans les services publics, à une aggravation de la crise du logement, avec la menace de privatisation de l'eau et à transformer notre peuple en esclave permanent de la dette" a-t-il ajouté.
M. McCartan a exhorté les Irlandais de Grande-Bretagne à "ignorer ces gens-là comme ils vous ont ignorés", affirmant qu’un vote pour la sortie de l’UE était « un acte de solidarité avec les travailleurs de toute l'Europe."

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 09:12
Référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE : « Période cruciale pour les travaillistes » par Robert Griffiths, secrétaire général du PC de Grande Bretagne (qui fait campagne pour la sortie)

Traduction de l’article du Morning Star par JDG pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », paru le 22 Mai 2016. Notes en bas d’article sur le CPB et le Morning Star.

 

Le secrétaire général du Parti communiste de Grande-Bretagne (CPB), Robert Griffiths, analyse les récentes élections en Grande Bretagne et la campagne pour le référendum sur la sortie de l’UE, dans le journal le Morning Star.

 

A son 53e Congrès, qui s’est tenu en 2014, le Parti communiste de Grande-Bretagne CPB a estimé que les deux années à venir, 2015 et 2016, allaient probablement décidé de la place du Parti travailliste dans le mouvement ouvrier.

Pendant l’ère d’Ed Miliband, de 2010 à 2015, précédé à la tête du Parti travailliste par Gordon Brown, et remplacé par Jeremy Corbyn, actuel opposant travailliste au premier ministre James Cameron, le Parti travailliste est retourné à des positions plus social-démocrates, mais ni suffisamment rapidement, ni de manière suffisamment lisible pour répondre aux attentes du moment. La mobilisation, le combat et l’initiative ont été laissés aux syndicats, aux mouvements de défense des droits individuels, du droit au logement, de la paix, et à « l’Assemblée Populaire » [regroupement d’Assemblées Populaires disséminées sur le territoire de Grande Bretagne, groupes non-rattachés à des partis].

Ces différents mouvements n’ont pas pu empêcher la victoire du Parti conservateur aux élections nationales de mai dernier, mais leurs actions ont fourni le socle de la nette victoire de Jeremy Corbyn aux élections internes à la direction du Parti travailliste.

Depuis lors, la lutte des classes politique en Grande-Bretagne s’est intensifiée sur deux fronts majeurs, liés entre eux ; à l’extérieur, contre les politiques de droite poursuivies par le gouvernement Cameron; en interne, contre le néolibéralisme au sein même du Parti Travailliste.

Corbyn a été attaqué férocement et incessamment sur ces deux fronts par ceux qui s’opposent à l’idée même que le Parti travailliste puisse être dirigé par un socialiste qui se réclame de l’aile gauche et de politiques anti-impérialistes.

Avec ses partisans, il a été accusé de maintenir les femmes en retrait dans le parti, de protéger des pédophiles, d’entretenir des amitiés avec des terroristes et des antisémites, et de menacer la sécurité même du pays.

L’équilibre des forces au sein du groupe parlementaire travailliste a impliqué que la nouvelle direction du Parti fasse des compromis, comme laisser la liberté de vote sur les bombardements en Syrie, alors qu’aucune liberté d’expression n’est laissée aux membres du cabinet fantôme [haute direction du parti] sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne.

Le conflit interne sur des questions cruciales, comme celle du renouvellement des armes nucléaires et du missile Trident doit toujours être tranché.

Cependant, il y a eu aussi des avancées significatives : le déplacement du Labour vers une position anti-austérité, tirée par Corbyn et le John McDonnell, « chancelier fantôme » [ministre virtuel de l’économie dans le cabinet fantôme], a contribué à forcer le Parti conservateur à faire machine arrière sur certains crédits d’impôts, la diminution des pensions d’invalidité, et sur les Academy School [écoles privées non-lucratives subventionnées].

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on prédise que Corbyn va échouer sur une nouvelle question et être renversé en interne.

En particulier, il est présenté comme un oiseau de mauvais augure électoral, surtout qu’il s’agit d’électeurs de la classe ouvrière dans les secteurs traditionnellement travaillistes.

Cependant, non seulement le Labour a conservé son siège au Parlement à la partielle d’Oldham West & Royton en décembre dernier, mais son résultat est passé de 59% à 62%. Dans les deux élections partielles non-reportées, qui se sont tenues le 5 mai, le Labour l’a emporté dans l’Ogmore en restant à 53%, et a progressé de 6 % dans la circonscription de Sheffield Brightside & Hillsborough, avec 63% des voix.

Aux élections locales du même jour, le Labour avait à défendre 1344 sièges issus de son bon score de 2012. La perte nette a seulement été de 18 sièges, alors que les Conservateurs en ont perdu le double arrivant derrière en nombre de suffrages exprimés. Le Labour a repris la municipalité de Londres aux conservateurs et celle de Bristol au maire indépendant sortant, tout en conservant Salford et Liverpool.

Aux élections à l’Assemblée nationale galloise, le Labour n’a perdu qu’un siège après avoir eu à appliquer quatre ans de coupes budgétaires votées par les Conservateurs. Cependant, dans les circonscriptions, son résultat est tombé de 42% à 35%.

Les médias qui avaient relayé avec délectation l’exclusion supposée de Corbyn de la campagne travailliste au Pays de Galles, ne peuvent pas maintenant lui imputer ce déclin relatif.

En revanche, le timide manifeste du Parti travailliste gallois n’a contribué en rien à contrer le portrait malhonnête que l’UKIP [parti populiste nationaliste] a peint de lui-même comme l’alternative politique en faveur des ouvriers.

Seul parmi les partis en campagne dans tout le Pays de Galles, le Parti communiste a fortement milité pour la nationalisation de la sidérurgie, de l’énergie et des transports, pour un plan de relance économique pour le Pays de Galles, ainsi que pour une redistribution radicale des richesses au sein de la Grande-Bretagne fédérale. Mis à part nos propres spots électoraux, nous avons été presque totalement tenus à l’écart des grands médias, bien que notre nombre de voix soit resté constant, autour de 2500.

En Ecosse également, les candidats communistes ont fait campagne sur une base de classe dans une solution fédérale à la question nationale en Grande-Bretagne.

Une fédération, entre entités égales, combinée avec une redistribution des richesses, pourrait être la seule base pour faire prévaloir les intérêts de la classe ouvrière et une unité progressiste. Le refus du Parti Travailliste d’adopter cette orientation a été une raison majeure de l’échec de Kezia Dugdale [leader du Parti Travailliste écossais] à surmonter l’héritage désastreux de ses prédécesseurs blairistes.

La poursuite de l’effondrement du Parti travailliste écossais, donné à 23% contre 32% dans les sondages aux élections écossaises [19% à l’arrivée] est pour le parti un énorme obstacle pour remporter les prochaines élections générales au niveau du Royaume-Uni.

On a beaucoup parlé des progressions de l’UKIP en Angleterre et au Pays de Galles (en réalité bien plus au Pays de Galles). Les partisans de Nigel Farage tirent parti sans aucun doute du caractère réactionnaire qui prédomine dans le débat sur l’Europe jusqu’à présent.

Ils prospèrent sur la focalisation des médias sur l’immigration et le terrorisme islamiste.

L’UKIP récupère également de nombreuses voix de la classe ouvrière parce que le Parti Travailliste refuse de s’opposer à l’UE et à ses traités fondateurs, qui exposent les travailleurs et leurs communautés directement au capitalisme monopoliste et à son « marché libre ».

Les règles de l’UE autorisent les entreprises à délocaliser le capital et les emplois n’importe où en Europe et dans le monde, sans freins ni obstacles. Les subventions en faveur de la sidérurgie et des autres industries stratégiques sont interdites, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Aucune mesure ne peut être prise contre les importations depuis le reste de l’UE.

En choisissant cette position pro-UE, le Parti Travailliste passe à coté d’une opportunité historique de prouver qu’il défend les intérêts de la classe ouvrière.

De fait, plusieurs leaders syndicaux ou travaillistes cherchent tellement à soutenir l’UE qu’ils vont jusqu’à dénigrer les conquêtes passées du mouvement travailliste. Dans leur soutien à la cause de l’UE, ils semblent attribuer à l’UE pratiquement toutes les anciennes réformes progressistes du travail.

C’est comme si toutes les luttes dans les entreprises et les campagnes de masse pour la reconnaissance des syndicats, les droits aux négociations collectives, le droit de grève, l’égalité des salaires hommes-femmes, un salaire minimum national et de meilleurs droits à la sécurité sociale, n’avaient jamais existé.

Est-ce que ce ne sont pas des gouvernements travaillistes qui ont fait voter « l’Employment Protection Act » [1975, loi sur les droits des travailleurs] le « Health and Safety at Work Act » [1974, loi sur la préservation de la santé et la sécurité au travail], le « National Minimum Wage Act » [1998, première loi définissant un salaire minimum], le Trade Union Act [1974, loi renforçant les droits syndicaux] et bien d’autres lois? A l’inverse, les traités de l’UE interdisent explicitement toute action européenne pour un renforcement de la reconnaissance syndicale, du droit de grève, ou pour un salaire minimum légal.

Plus encore, un silence extraordinaire s’est abattu sur une série de jugements de la Cour de Justice Européenne pénalisant les travailleurs et les syndicats.

Une nouvelle fois, c’est comme si n’avaient jamais existé les jugements de la Cour européenne condamnant les actions pour l’industrie, les législations régionales ou nationales pour l’égalité de traitement des travailleurs immigrés ou « détachés ». Les syndicats britanniques (TUC : Trade Union Congress) et européens, avaient plein de reproches à leur faire, … avant que la campagne du référendum commence.

Les communistes britanniques doivent rejeter la vision erronée et défaitiste suivant laquelle l’appartenance à l’UE constituerait une quelconque protection contre l’érosion des droits des travailleurs et des syndicats. L’UE n’a jamais levé le petit doigt pour protéger les travailleurs contre les lois antisyndicales, parce que sa priorité de l’UE est de favoriser le monde des affaires, l’austérité et les privatisations sur tout le continent.

Quel que soit le résultat du référendum à venir, les travailleurs et leurs syndicats, qu’ils soient de Grande-Bretagne ou des autres pays, devront continuer à compter sur leurs seules forces et leur solidarité.

D’ici là, le Parti communiste place tous ses efforts dans le « Lexit » - la campagne de gauche pour la sortie de l’UE [Left-Exit] - avec tous les socialistes et les syndicalistes qui comprennent la nécessité de s’unir dans un mouvement de gauche, anti-impérialiste opposé à l’UE.

Partager une position politique avec des nationalistes du parti conservateur ou du parti UKIP, qui condamnent les immigrés, soutiennent l’OTAN, et qui ne veulent pas remettre en cause la « Forteresse Europe » ou le caractère capitaliste monopoliste de l’UE, prête à illusion et confusion.

Pour notre part, nous insistons sur l’égalité des droits de tous les travailleurs, quelles que soient leurs nationalités. Nous nous prononçons pour la solidarité internationale contre l’UE, et pour la souveraineté populaire, contre elle, ici en Grande Bretagne.

La première priorité des communistes, des socialistes et des syndicalistes, devrait être d’infliger le 23 juin une défaite populaire au premier ministre James Cameron, à George Osborne [Chancelier de l’Echiquier, Ministre de l’Economie], à la CBI [Confederation of British Industry, l’équivalent du MEDEF], à l’IoD [Institute of Directors regroupant 34500 patrons], au FMI, au Pentagone et à l’OTAN.

Cela éclaircirait la voie à la chute du pouvoir conservateur, divisé, et à l’élection anticipée d’un gouvernement travailliste, libre d’appliquer une politique de gauche progressiste.

 

Cet article est basé sur un rapport récent du bureau politique du Parti Communiste.

 

 

Notes du traducteur :

 

Le CPB, Communist Party of Britain, se refonda sur une base marxiste-léniniste après la dissolution en 1988 du CPGB, Parti Communiste de Grande Bretagne, dont les membres choisirent principalement une ligne sociale-démocrate en adhérant au Parti Travailliste. Le nombre d’adhérents du CPB est d’environ un millier en 2016. Son principal slogan est « La voie britannique vers le Socialisme ». La référence idéologique choisie lors de la reconstruction fût celle de la fondation du CPGB en 1920, c’est-à-dire une ligne politique résolument de lutte des classes marxiste-léniniste.

 

Le Morning Star : Ce journal n’est plus depuis longtemps le journal du CPB. Le Morning Star a une ligne de « gauche de la gauche », souvent écologiste, altermondialiste, frondeuse selon l’expression française, et soutient en règle général les candidats travaillistes aux élections. Cependant dans les cas où le CPB présente des candidats, le Morning Star choisit alors de les soutenir.

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 14:49
Nouvelle journée de grève massive des employés du métro de Londres.

Brève, Solidarité internationale PCF, 7 août 2015 (d’après articles de presse et communiqués syndicaux)

Le métro de Londres a été une nouvelle fois paralysé mercredi 6 août au soir et jeudi par une grève des personnels, massivement suivie, à l’appel de leurs 4 organisations syndicales.

Dans notre article avant la première journée de grève le 9 juillet (en lien), nous indiquions les revendications principales des agents. Ils refusent que l’extension de la circulation des métros toute la nuit le weekend, programmée par la municipalité et la société « London Underground, se traduise par une remise en cause des conditions de travail, de sécurité, par une mise en danger de leur santé et une déstabilisation de leur vie privée, également par une dégradation du service public et de la sûreté des installations. Pour eux, cela nécessite d’abord des emplois, des aménagements de poste et de carrière, bien au-delà des quelques primes forfaitaires promises par la direction à certaines catégories pour mieux essayer de diviser le mouvement.

London Underground et la municipalité de Londres sont en échec. La mobilisation du 6 août a été aussi massive et rassemblée que celle du 9 juillet. Son impact, malgré tous les efforts patronaux pour renforcer les moyens de transports de substitution en surface (y compris en allant chercher de vieux bus rouges à impériale remisés depuis des lustres), a été équivalent, si ce n’est la moindre influence due à la période de vacances. Pour les syndicats, le mouvement s’affirme « solide comme du roc ».

Les syndicats ciblent le principal responsable, le maire conservateur de Londres, Boris Johnson. Le syndicat RMT, notamment, lui demande instamment de venir négocier directement avec les représentants des agents, de répondre personnellement aux questions posées, par exemple sur la sécurité des passagers et sur la vie de famille des salariés.

Malgré la grève du 6 août, Boris Johnson exclut toujours catégoriquement de se confronter aux revendications. Il doit en avoir peur. Mais il a dû concéder que la mise en place du service de nuit le week-end serait probablement reportée après la date prévue d’ouverture le 12 septembre.

De nouvelles journées d’action sont envisagées.

Les parallèles avec les velléités de la Mairie de Paris d’étendre le trafic de nuit des transports en commun ou les lois du gouvernement français banalisant le travail de nuit et le travail du dimanche ne sont évidemment pas fortuits.

Notre solidarité, notamment celle de nos camarades des transports, avec les agents du métro londonien n’en est que plus importante.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 16:16
Vers une grève massive des personnels du métro londonien contre les conditions du transport de nuit

Vers une grève massive des personnels du métro londonien contre les conditions du transport de nuit

MlN pour Solidarité internationale PCF, 7 juillet 2015

Ceux qui aiment Wimbledon iront à pied ou en voiture. Une grève du métro londonien, à l’appel de 4 organisations syndicales dont le syndicat de lutte RMT et le syndicat corporatiste des conducteur, Aslef, est démarrera le 8 juillet au soir. Elle s’annonce d’une ampleur inédite depuis 10 ans. 20.000 agents se sont portés grévistes. Le réseau devrait être complètement paralysé.

La lutte londonienne porte sur les conditions du prolongement de la circulation des lignes toute la nuit le week-end à partir de septembre. Il pose de nombreux problèmes d’organisation, notamment pour l’entretien des voies, pour la sûreté, pour la sécurité. Il menace la santé, les conditions de travail et les conditions de vie des personnels.

Les agents londoniens n’entendent pas être les victimes de la nouvelle organisation. La société « London Underground », branche métro de « Transport of London » a conclu les négociations par un ultimatum. Ses dernières concessions – une prime forfaitaire de 2000 livres (2800 euros) aux seuls conducteurs et une augmentation de 2% cette année – sont jugées « diviseuses et inacceptables » par le secrétaire général du RMT, Nick Cash, qui dénonce également le manque d’embauche d’agents dans les stations, notamment les plus difficiles.

Le mouvement pourrait faire jonction avec d’autres grèves annoncées ce week-end dans les chemins de fer, à l’appel du RMT, dans les compagnies privées « First Great Western » et « Southern Rail ». Le gouvernement conservateur de David Cameron promet de restreindre encore le droit de grève…

La proposition d’étendre à la nuit la circulation des métros, en commençant par le week-end est régulièrement émise également à Paris, notamment par Anne Hidalgo. Présentée comme une liberté supplémentaire de déplacement, l’extension la nuit des métros correspond surtout à la volonté patronale de banaliser le travail de nuit, comme le travail du dimanche.

La lutte londonienne ne peut que nous en intéresser qu’encore davantage.

Pour adresser des messages de soutien au syndicat RMT du métro de Londres : http://www.rmtlondoncalling.org.uk/

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