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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 16:16
Vers une grève massive des personnels du métro londonien contre les conditions du transport de nuit

Vers une grève massive des personnels du métro londonien contre les conditions du transport de nuit

MlN pour Solidarité internationale PCF, 7 juillet 2015

Ceux qui aiment Wimbledon iront à pied ou en voiture. Une grève du métro londonien, à l’appel de 4 organisations syndicales dont le syndicat de lutte RMT et le syndicat corporatiste des conducteur, Aslef, est démarrera le 8 juillet au soir. Elle s’annonce d’une ampleur inédite depuis 10 ans. 20.000 agents se sont portés grévistes. Le réseau devrait être complètement paralysé.

La lutte londonienne porte sur les conditions du prolongement de la circulation des lignes toute la nuit le week-end à partir de septembre. Il pose de nombreux problèmes d’organisation, notamment pour l’entretien des voies, pour la sûreté, pour la sécurité. Il menace la santé, les conditions de travail et les conditions de vie des personnels.

Les agents londoniens n’entendent pas être les victimes de la nouvelle organisation. La société « London Underground », branche métro de « Transport of London » a conclu les négociations par un ultimatum. Ses dernières concessions – une prime forfaitaire de 2000 livres (2800 euros) aux seuls conducteurs et une augmentation de 2% cette année – sont jugées « diviseuses et inacceptables » par le secrétaire général du RMT, Nick Cash, qui dénonce également le manque d’embauche d’agents dans les stations, notamment les plus difficiles.

Le mouvement pourrait faire jonction avec d’autres grèves annoncées ce week-end dans les chemins de fer, à l’appel du RMT, dans les compagnies privées « First Great Western » et « Southern Rail ». Le gouvernement conservateur de David Cameron promet de restreindre encore le droit de grève…

La proposition d’étendre à la nuit la circulation des métros, en commençant par le week-end est régulièrement émise également à Paris, notamment par Anne Hidalgo. Présentée comme une liberté supplémentaire de déplacement, l’extension la nuit des métros correspond surtout à la volonté patronale de banaliser le travail de nuit, comme le travail du dimanche.

La lutte londonienne ne peut que nous en intéresser qu’encore davantage.

Pour adresser des messages de soutien au syndicat RMT du métro de Londres : http://www.rmtlondoncalling.org.uk/

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 06:39

london-TRANSPORT-S_3162964b.jpgGrève massive et trafic paralysé à Londres : les chauffeurs de bus en colère contre le dumping social des compagnies privées



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Les syndicats britanniques ont réussi leur pari, les bus à l'impériale sont restés au dépôt mardi dernier : une grève qui a uni les chauffeurs pour mettre un terme au dumping social entretenu par les compagnies privés, et des groupes publics étrangers comme la RATP.



Les employeurs privés et l'agence régionale publique gérant les Transports de Londres (TfL) avaient crié victoire avant l'heure : la grève du 13 janvier devait n'être suivie que par une part infime des chauffeurs de bus. Ce fut la plus grande grève dans le secteur depuis les années 1980.



Le premier réseau de bus européen à l'arrêt : 70 % des bus au dépôt



sorry-for-web_3162986a.jpgBravant les intimidations patronales, ce mardi, les syndicalistes d'Unite ont plus que respecté l'appel à la grève : plus de 70 % des services de bus étaient à l'arrêt, dans la plupart des 70 dépôts de Londres, les jaunes n'ont représenté qu'une insignifiante minorité.



De quoi perturber le premier réseau de bus d'Europe en volume, chaque jour 8 800 bus assurent 6,5 millions de trajets.



Indicateur inattendu venant corroborer le succès de la grève, le Réseau londonien pour la qualité de l'air a signalé un niveau de pollution exceptionnellement bas dans la capitale, divisée par deux par exemple sur Oxford Street par rapport à un jour ordinaire (de 350 à 180 µg/m3 par heure).



80 grilles salariales dans le réseau privatisé : 500 € par mois de différence !



La bataille portait sur les inégalités salariales entre les chauffeurs de bus de la capitale. Il existe actuellement 80 grilles salariales différentes, entre les 18 principales compagnies de bus privées opérant dans le réseau privatisé dans les années 1990.



Une privatisation qui prend sa forme la plus crue dans les contrats publics pour la cession de lignes et trajets spécifiques à des opérateurs privés qui engagent une course au moins-disant social, au dumping salarial pour empocher l'argent de la collectivité.



Entre les nouveaux conducteurs, les différences peuvent être considérables, variant de 9,30 £ (12 €) à 12,3 £ (16 €) par heure, 4 € par heure, ce qui représentait une différence à la fin du mois de 500 € en début de carrière et bien plus après.



Le combat pour l'alignement salarial vers le haut



Le syndicat exige une unique convention collective pour le secteur prévoyant l'alignement des conditions de tous les chauffeurs et personnels de bus vers le haut, l'uniformisation de la grille salariale.



Le directeur des bus pour le TfL a affirmé que la hausse des salaires conduirait nécessairement à « une coupe dans les services de bus ou une hausse des tarifs, voire les deux ».



Un raisonnement difficile à tenir quand les compagnies privées – ou filiales de compagnies publiques étrangères – qui opèrent sur le réseau londonien ont réalisé en tout 225 millions d'€ de profits en 2014.



Parmi ces profiteurs, on retrouve la RATP qui gère une des 12 grandes lignes initialement privatisées en 1994 : la « London united » cédée à Transdev puis la RATP qui entre 2012 et 2014 a pris possession de trois autres lignes mineures.



london-bus-strike_3162963c.jpgSelon le responsable régional du syndicat Unite, « les opérateurs de bus privés peuvent très bien affronter la question de l'inégalité salariale. On va les pousser à se mettre tous autour de la table et à commencer à parler d'un accord juste pour les travailleurs des bus londoniens ».



Une grève avait déjà été lancée sur les mêmes revendications le 29 décembre, celle du 13 janvier a montré la détermination à gagner cette bataille décisive, pour leurs conditions de travail et le symbole politique. Mais ce n'est qu'un début.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 07:18

2fairfaresTrès chère privatisation des « TER » britanniques : des tarifs 50 à 300 % plus chers que là où le réseau reste public

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

2015 est une année qui commence bien ... avec la hausse des tarifs, en France comme en Grande-Bretagne. De l'autre côté de la Manche, les militants oour la re-nationalisation du rail étaient sur le parvis des gares pour rappeler les effets désastreux pour le porte-monnaie des usagers de la privatisation actée il y a 20 ans de cela.

 

Ils étaient à King's Cross pour éclairer les Londoniens sur le scandale de la privatisation des trains de banlieue. Les militants de la campagne Action for rail (AfR) menée par le Trade Union Congress (TUC), la confédération syndicale unitaire britannique.

 

Vive la privatisation : + 60 % de hausse des tarifs depuis 2008 !

 

Les syndicalistes du RMT (Syndicat majoritaire chez les cheminots, sur des positions de lutte), ASLEF (Syndicat des conducteurs) et TSSA étaient présents également pour dénoncer l'augmentation de 2,5 % des tarifs au 1er janvier.

 

C'est plus largement sur l'explosion des tarifs du rail depuis la privatisation que les militants syndicats tiraient la sonnette d'alarme : + 60 % en moyenne depuis 2008 seulement.

 

Depuis la privatisation, au début des années 1990, l'augmentation des tarifs a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation des salaires.La Grande-Bretagne dispose désormais des tarifs les plus élevés du monde.

 

Action for Rail(AfR) a offert de nouveaux chiffres qui font mal, une comparaison du tarif des pass mensuels pour des trains de grande banlieue dans les principales métropoles européens, qui démonte l'argument de la privatisation garante de tarifs moins élevés.

 

Des tarifs 50 % plus élevés qu'en France, quatre fois plus qu'en Espagne !

 

En effet, AfR montre qu'un pass mensuelpour le trajet Londres-Brighton (50 km) coûte 500 €, soit 17 % du revenu mensuel moyen d'un ménage britannique.

 

A titre de comparaison, un pass mensuel pour Paris-Compiègne (50 km) coûterait 350 €, soit 12 % du revenu mensuel d'un ménage français. Un tarif 50 % inférieur à celui pratiqué sur le réseau régional londonien.

 

La comparaison est encore plus cruelle avec les autres pays d'Europe de l'ouest : les tarifs d'un Londres-Brighton sont 80 % supérieurs à ceux d'un Cologne-Aix la Chapelle (278 €), 250 % par rapport à un Civitavecchia-Rome (150 €) et 300 % plus élevés qu'un Madrid-Ségovie (125 €) !

 

En proportion du revenu mensuel moyen dans ces pays, si un Londres-Brighton revient à 17 % du revenu mensuel d'un ménage britannique, les trajets correspondants sus-mentionnés reviennent à 9 % d'un revenu mensuel moyen d'un ménage allemand, 6 % pour les ménages italiens et espagnols.

 

On comprend mieux pourquoi l'étude commanditée parle TUC l'an dernier qualifiait la privatisation du rail « de vol généralisé »au profit de grands groupes privés britanniques, ou même de groupes publics étrangers qui contrôlent désormais ¾ des franchises du rail.

 

La SNCF française, la Deutsche Bahn allemande et la NS hollandaise sont en pôle position sur le « marché » du rail britannique.

 

La re-nationalisation permettrait une baisse immédiate de 18 % des tarifs

 

Il n'est plus à prouver que la privatisation du rail a été synonyme en Grande-Bretagne, outre les tarifs prohibitifs, d'atteintes mortelles à la sécurité, de désinvestissement dans le réseau, de retards chroniques, mais aussi de coûts supplémentaires pour le contribuable qui subventionne la dite libéralisation du secteur.

 

Une étude récente conduite par l'association Transport for Quality of Life (TFQL) a révélé que la privatisation induit un coût supplémentaire de 1,3 milliard d'euros par an, en effacement de dettes, dividendes payés aux investisseurs privés et en divers coûts administratifs.

 

Un retour à un monopole public national pourrait, selon TFQL, de baisser immédiatement les tarifs du rail britannique de 18 %.

 

Il n'est pas étonnant que, selon un sondage de YouGov d'octobre 2013, deux-tiers des personnes interrogées pensent que « les compagnies du rail doivent être publiques », contre 23 % qui préfèrent la gestion par le privé.

 

« Les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour des services de plus en plus médiocres » (RMT)

 

Ce vendredi 2 janvier, devant King's Cross, la secrétaire générale du Trade Union Congress, Frances O'Grady, reconnaissait que « le coût pour les passagers de l'échec que constitue cette privatisation ne peut être ignorée. On a maintenant des trains plus lents et des tarifs plus élevés que dans les pays qui ont conservé un rail entre les mains du public ».

 

Mick Cash, secrétaire-général du syndicat RMT hégémonique chez les cheminots sur des positions combatives, allait plus loin: « Le scandale de la grande arnaque des tarifs du rail britannique contnie avec des hausses bien plus élevés que la moyenne des hausses de salaire, et elle touchera ceux qui sont déjà touchés de plein fouet par l'austérité ».

 

« Après deux décennies de privatisation, les Britanniques payent les tarifs les plus élevés d'Europe pour voyager, en échange de piètres services : un matériel usé, des trains en sous-effectif et bondés. Les compagnies privées s'en mettent plein les poches pendant ce temps. Les hausses de tarifs d'aujourd'hui ne font qu'alimenter ce scandale ».

 

« Le RMT déclare qu'il faut diminuer les tarifs et qu'une propriété publique, avec un personnel revenant sous giron public, nous permettrait justement de faire cela ».



Le syndicat RMT vise juste et touche au cœur de ce qu'exigent les Britanniques : oui à la re-nationalisation du rail en Grande-Bretagne, défense du monopole public du rail en France pour ne pas suivre ce désastreux exemple !

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 06:51

_79136853_hi024791248.jpgDe Cambridge à Londres, 10 000 étudiants dans la rue pour exiger une université 100 % gratuite. Stop aux 10 000 € par an !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La révolte est partie de l'université d'élite de Cambridge la semaine dernière, elle a été relayée ce mercredi par une manifestations dans les rues de Londres à laquelle ont participé une dizaine de milliers d'étudiants. Leur combat : une éducation gratuite, publique, pour tous.

 

« Free education – no fees, no cuts, no debt » : soit « une éducation publique – pas de frais, pas de coupes, pas de dette », c'est sous ce mot d'ordre que plus de 10 000 étudiants ont manifesté à Londres ce mercredi.

 

En dix ans, les frais qui passent de 1 000 £ à 9 000 £ par an !

 

La manifestation a été pacifique, en dépit de quelques accrochages en fin de parcours. Les slogans « Taxez les riches, une éducation gratuite » ou « des livres, pas des bombes » ont fleuri sur les banderoles, pancartes des manifestants.

 

On est encore loin des grosses manifestations de 2010, lorsque 50 à 100 000 étudiants ont pu défiler à Londres, encercler Westminster. A l'époque, l'enjeu était majeur : empêcher le passage du plafond des frais de scolarité de 3 000 £ par an (4 000 €) à 9 000 £ (10 500 €), un triplement des frais.

 

La droite conservatrice a fait passer son projet, avec le soutien des libéraux-démocrates qui s'étaient fait passer pour le parti de la jeunesse aux élections de 2010.

 

Depuis, le gouvernement a baissé le budget des universités de 40 %, contraignant les universités à adopter toutes le plafond pour les frais. Au moment où le gouvernement supprimait 25 % du montant global des bourses, passant de 358 à 275 milliards de £ entre 2011 et 2015.

 

Il faut rappeler que c'est la gauche travailliste menée par le libéral Tony Blair, en 1998, qui a autorisé la levée de frais de scolarité, supposés modiques et stables. On est passé de 1 000 £ en 1998 (1 500 €), à 3 000 £ en 2006 puis 9 000 £ en 2010 !

 

« Un système qui ne peut pas durer »

 

Aujourd'hui, tout le monde a conscience que ce système ne fonctionne pas. Un étudiant anglais sort en moyenne avec une dette de 50 000 €, qu'il rembourserait intégralement après l'âge de 50 ans, selon les dernières études.

 

Un rapport, tout juste publié par la Haute commission à l'éducation (HEC, en anglais) dénonce un système en échec : « les frais de 9 000 £ par an représentent le pire des deux mondes, pour les étudiants comme pour les contribuables ».

 

« Les étudiants ont l'impression de payer beaucoup plus pour leur éducation supérieure, mais s'attendent à ce qu'une bonne partie de leur dette soit réglée par le gouvernement », peut-on lire dans le rapport parlementaire publié la veille de la manifestation.

 

« Nous avons créé un système où tout le monde a l'impression de se faire avoir. Ce n'est pas durable ».

 

La dette étudiante s’élèverait actuellement à 46 milliards de £ (55 milliards d'€). Ce qui fait tout de même 2 % du PIB du pays, l'équivalent de 5 % de la dette publique nationale.

 

Elle pourrait approcher les 200 milliards de £ (250 milliards de £) en 2040, soit un sixième de la dette totale.

 

En cas de non-remboursement par les étudiants, l'Etat serait garant, faisant payer la collectivité. On estime en 2013 que près de 5 milliards de £ (7 milliards d'euros) sont déjà à risque, pour 370 000 étudiants, forçant l'Etat à régler la somme. La dette étudiante devient un problème national.

 

Occupy Cambridge ? Une université d'élite en révolte !



10683398_898548413503273_1960010974288652482_o.jpgLa révolte est venue d'où on ne l'attendait pas. Cambridge, une des universités les plus prestigieuses au monde, est aussi une des plus élitistes. Dans un pays où seulement 7 % de la population fait ses études secondaires dans le privé, c'est le cas de 37 % des étudiants de Cambridge.

 

The Guardian avait réalisé une enquête en 2010. Si on compte 37 % d'ouvriers dans la population active britannique, 32 % d'enfants d'ouvriers parmi les étudiants, ces chiffres atteignent des minimums dans quelques universités.

 

Sur 131 universités, la plus élitiste reste Oxford avec 11,2 % de fils d'ouvriers, suivi par Cambridge et 12,6 % d'enfants d'ouvriers. Dans le « Big five » des universités élitistes, on trouve Bristol, Bath et la LSE (London school of economics).

 

Le paradoxe, c'est qu'il est désormais aussi cher d'étudier à Cambridge qu'à Northampton : 9 000 £ par an. La différence se fait dans la sélection à l'entrée, largement déterminée par votre classe sociale, votre établissement d'origine, surtout si vous aviez les moins de payer le secteur privé.

 

Pourtant, la rébellion est partie de Cambridge mercredi dernier. Les étudiants ont défié les forces de l'ordre pour occuper la grande pelouse située devant le siège de l'administration de la vénérable institution.

 

Ils y ont organisé une journée « Free Cambridge », « Free the Education », sortant tables et estrades, avec des conférences en plein air, gratuites, accessibles à tous les étudiants, organisées même par certains professeurs d'universités.

 

Les mots d'ordres des manifestants étaient simples. Que l'on « taxe plus les riches » pour payer une « éducation gratuite pour tous ». Le porte-parole du mouvement « Defend Education » à Cambridge, a dénoncé le fait que l' « éducation devenait un privilège, et plus un droit ».

 

Les autorités ont craint un mouvement de l'ampleur de celui de 2010, lorsque les étudiants de Cambridge ont occupé l'université pendant 11 jours consécutifs. Surtout que Cambridge a la réputation de punir sévèrement les activistes. En 2012, elle avait suspendu un étudiant qui avait empêché le Ministre de l'Education supérieure de l'époque de s'exprimer.

 

Le mouvement étudiant se mobilise en Grande-Bretagne. Ce mercredi, si il n'a pas bénéficié du soutien franc du syndicat étudiant NUS – en dépit du soutien de sa branche écossaise –, la présence d'une dizaine de milliers rese plus qu' encourageante pour la suite du mouvement.

 

En France, il est temps de défendre notre éducation gratuite, publique, universelle avant qu'il ne soit trop tard. La Grande-Bretagne est le miroir peu réjouissant de ce que pourrait devenir l'université de demain.

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 06:11

TUC-Britain-needs-a-pay-rise-march.jpg100 000 manifestants à Londres pour augmenter les salaires ... après avoir perdu 250 € par mois depuis 5 ans !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Moins d'une semaine après la grève inédite des travailleurs de la santé, c'est l'ensemble des travailleurs du secteur public et au-delà qui se sont mobilisés ce samedi. Une revendication : augmenter les salaires, après 5 ans de coupes salariales.

 

Ils étaient près de 100 000 à Londres d'après la secrétaire-générale du Trade Union Congress (TUC) Frances O'Grady, accompagnés par plusieurs milliers de manifestants à Glasgow et Belfast.

 

Augmenter les salaires après avoir perdu 250 € par mois depuis 2008 !

 

Dans les cortèges, une forte représentation de ceux qui ont le plus subi les coupes salariales depuis 2008 : les travailleurs du secteur public, dont une forte délégation d'enseignants, d'infirmiers, de postiers, cheminots mais aussi de pompiers et de sages-femmes.

 

A l'appel des syndicats du public Unite, Unison, du National union of teachers (NUT) ou encore du Royal college of Nurse, la revendication était claire : « Britain needs a pay rise », augmenter les salaires maintenant, après 6 ans de gel salarial, de baisse réelle des salaires.

 

Le Trade Union Congress (TUC) a ainsi démontré que depuis 2008, chaque travailleur britannique a perdu en moyenne 250 € par mois de salaire. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre confirme, évoquant une baisse de 10 % en termes réels.

 

On en est à la septième année d'affilée de baisse des revenus moyens des travailleurs : une première depuis les années 1850, pour la confédération syndicale britannique.

 

« Tous dans le même bateau » ? Baisse des salaires, hausse des profits !

 

Pendant que les salaires réels ont baissé de 10 % depuis 2008, le taux de profit a lui augmenté de 21 % depuis 2009.

 

Symbole significatif, la Royal Bank of Scotland, renflouée en 2008 à hauteur de 55 milliards d'euros, enregistre des profits records en 2014 : 3 milliards d'euros pour les six premiers mois, après 1,7 milliards en 2013. Nationalisée en 2008, elle devrait être privatisée d'ici l'an prochain.

 

Autre symbole frappant, le « Big six », les six grands monopoles de l'énergie (dont EDF) qui se partagent le gâteau du gaz et de l'énergie depuis leur privatisation ont multiplié par 5 leurs profits depuis 2009 pendant que les factures explosent : de 300 millions à 1,5 milliard d'euros.

 

David Cameron prétendait, lors de ses premiers budgets d'austérité que « tout le monde était dans le même bateau » (« We are all in this together »). Une fable, visible aux yeux de tous désormais.

 

Pour les travailleurs, la TVA est passée de 17 à 20 % (un coût de 600 € par famille, par an), 700 000 emplois publics ont été supprimés, le budgets des administrations publiques ont été coupées de 25 %, les salaires ont été gelés donc baissés en réel, enfin diverses allocations ont été réduites.

 

Pour les entreprises, la fête continue puisque l'Impôt sur les sociétés a été diminué de 28 à 24 % en 2010, de nouveau abaissé à 21 % en avril 2014. Il devrait passer à 20 % en 2015. Cela en fait le pays du G-8 le pays plus attractif pour les investisseurs.

 

Et la privatisation annoncée de la Royal Mail (la poste anglaise), la libéralisation accélérée du Service national de santé (NHS) ainsi que la poursuite du bradage du système de chemins de fer privatisé depuis 20 ans sont une source de profits faciles pour le big business britannique.

 

« Ils veulent démanteler tous les acquis gagnés depuis 1945 par les travailleurs »

 

Les leaders trade-unionistes présents à Hyde Park ont renvoyé ce message d'un pays où la lutte de classes n'est pas un discours idéologique mais bien une réalité vécue par tous, et une lutte gagnée par la classe capitaliste.

 

Ainsi, Dave Prentis, secrétaire-général d'Unison, réveille l'histoire des « deux nations », l'une ouvrière miséreuse, l'autre bourgeoise financière opulente, sorti tout droit du XIX ème siècle, des écrits d'Engels ou Dickens :

 

« C'est l'histoire de deux nations – l'une où le champagne coule à flots pour les banquiers et où les payes des PDG explosent, l'autre, celle d'un monde où les nôtres luttent pour un gagne-pain de misère ».

 

Len McCluskey, secrétaire-général d'Unite, ne dit pas autre chose. Pour le leader syndical, les conservateurs veulent « démanteler, détruire tous les acquis gagnés depuis 1945 par les travailleurs », en premier lieu la santé publique livrée aux grandes entreprises privées du secteur.

 

Même la souvent très modérée Frances O'Grady, leader de la Confédération syndicale TUC (Trade Union Congress), a du radicaliser son discours face à la foule réunie à Hyde Park :

 

« Après la plus longue, la plus grande période de baisse de salaires de notre histoire, il est temps de mettre fin à ce blocage des salaires, qui empêche la grande majorité d'avoir sa part de la reprise ».

 

« Une économie qui trouve de l'argent pour financer des baisses d'impôts pour les riches et la cupidité des managers, tandis que le reste subit des baisses de salaire, et des coupes importantes dans les services publics : elle n'est plus supportable pour la majorité », a-t-elle déclaré.

 

Ce que les travailleurs britanniques subissent depuis au moins 2010, c'est ce qui attend les travailleurs français à partir de cette année.

 

La visite d'allégeance de Valls à Londres, avec son « My governement is pro-business » adressé au gouvernement Cameron et à la City qu'il représente n'est pas qu'un symbole, c'est le signal du début du combat en France, les yeux rivés vers l'exemple anglais.

 

 

En six ans de mesures contraires au monde du travail, les salaires réels ont baissé de 10 % en Grande-Bretagne. La riposte est là, même tardive, pas assez forte. A nous d'apprendre du cas britannique pour ne pas laisser faire ce vaste transfert de richesse du travail vers le capital, organiser la riposte maintenant contre le « gouvernement pro-business » de Valls.

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