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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 05:43

_74487894_saltireeu_gettytwo.jpgLa déclaration du Parti communiste écossais sur le référendum portant sur l'indépendance de l'Ecosse



Communiqué de Tommy Morrison, secrétaire écossais du Parti communiste de Grande-Bretagne



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le référendum sur l'indépendance écossaise approche. Les sondages sont très serrés. Si il y a un vote « Oui », l’Écosse fera sécession en moins de deux ans, en mars 2016. Les députés écossais quitteront alors Westminster. Et si un gouvernement travailliste est élu en 2015, il devrait tomber : sur 59 députés écossais, un seul est conservateur, 44 sont travaillistes.



Les communistes d’Écosse ne soutiennent pas l'indépendance en ces termes. Depuis les années 1930, la revendication des communistes a été celle du fédéralisme progressiste, une revendication soutenue également dans les années 1970 par la STUC (Congrès des syndicats écossais) et le mouvement ouvrier écossais.



Qu'est-ce que signifie « progressiste » ? C'est un fédéralisme qui ne soit pas simplement un arrangement constitutionnel mais un instrument qui facilitera la lutte pour le changement social progressiste dans toutes les nations de Grande-Bretagne – qui permette une redistribution sociale des richesses et du pouvoir.



Sous un fédéralisme progressiste, le gouvernement fédéral au niveau britannique contrôlerait la politique économique générale et serait constitutionnellement contraint à redistribuer les revenus géographiquement en proportion des besoins sociaux.



Les Parlements en Écosse, au Pays de Galles, et, si ils soutenus localement, dans les régions d'Angleterre, auront le pouvoir de reprendre possession publique de services essentiels, d'intervenir industriellement pour soutenir l'emploi et augmenter le contrôle de la classe ouvrière sur les ressources de leur pays.



C'était la vision de l'Assemblée écossaise de 1972 : pour un « parlement ouvrier » - dont les actions aideront à relayer les luttes ailleurs, à unir et non à diviser.



L'indépendance que propose le « Livre blanc » du gouvernement SNP (Parti national écossais) est très différente et, nous communistes le pensons, un piège pour les travailleurs. Cela affaiblira, et non renforcera, leur position contre le grand capital et les banques.



La recette du « Livre blanc » pour la croissance économique est de baisser l'Impôt sur les sociétés. Il cherche à offrir une stabilité pour que le secteur financier important en Écosse reste dans la zone Livre et à garantir le droits du grand capital étranger, qui détient plus de 80 % de l'industrie manufacturière écossaise, en recherchant l'adhésion à l'UE.



Sans une banque centrale ou sa propre monnaie, le budget écossais serait toujours fixé par Westminster – et une Westminster gouverné par les Conservateurs (Tories). L'austérité continuera. Et elle sera orchestrée par l'Union européenne.



Le Traité de Stabilité de 2012 de l'UE, que l’Écosse devra incorporer dans sa Constitution, spécifique que les déficits annuels ne doivent pas excéder 0,5 % et, si la dette à long-terme ou la dette nationale excède 60 % du PIB, il convient de la rabaisser de 5 % par an. La dette de l’Écosse est actuellement estimée à 85 % du PIB.



Ainsi une indépendance dirigée par le SNP aggraverait l'austérité. La propriété publique ou les subventions publiques pour l'industrie, vous pouvez oublier. Ce n'est pas permis par les règles de l'UE.



De façon surprenante, certaines parties de la gauche se sont engagées dans la campagne pour le « Oui » : le Parti socialiste écossais, le Parti des travailleurs socialistes, Solidarité, le Groupe socialiste international, le Parti socialiste en Écosse et même certains éléments du Parti travailliste font désormais partie de la Coalition radicale indépendante.



Il y a deux raisons. Premièrement, le SNP a très intelligemment pris l'engagement d'une Convention constitutionnelle qui devrait se tenir immédiatement après les premières élections au Parlement écossais en 2016. Elle aura la liberté d'analyser toutes les options constitutionnelles pour une Écosse indépendante. Comme le disent les partisans radicaux de l'Indépendance : « tout sera ouvert ».



Sauf que cela ne sera pas le cas. Les propositions du SNP notent que la composition de la Convention devra refléter la volonté démocratique du peuple écossais exprimée dans l'élection précédente. La Gauche radicale sera bien heureuse de gagner 5 %. Dans les conditions actuelles, elle aurait moins de 2 %.



Et ce sera alors trop tard de toute façon. L'adhésion à l'UE, l'OTAN et la zone Sterling sera négociée, selon le SNP, dans les quinze mois précédant la Convention constitutionnelle. Et sur la question de l'UE, la plus importante, la Coalition radicale indépendante est elle-même profondément divisée.



Mais il y a une seconde, probablement plus importante, raison à ce soutien de la gauche. C'est la conduite de la campagne pour le « Non ». La Campagne « mieux ensemble » est une coalition du Parti travailliste, des libéraux-démocrates et des conservateurs, elle est donc incapable de proposer une perspective qui ne peut pas séduire la gauche.



Pire, elle insinue l'adoption de menaces qui viseraient à saboter l'indépendance : menaçant le retrait de contrats de défense et refusant, même si ce sont pour de bonnes raisons économiques, l'adhésion de l’Écosse à la zone Livre.



Les voix de gauche dans le camp du « Non » sont limitées à la Campagne « travailler ensemble », soutenues par un certain nombre de syndicats et au « Livre rouge » et au groupes « le Socialisme d'abord » que les communistes soutiennent.



Ces campagnes ne disposent que de ressources financières limitées et sont ignorées par les médias de masse. Le Sunday Herald, propriété de la multi-nationale américaine Newsquest/Gannet, a déjà déclaré son soutien à l'indépendance. La presse de Murdoch qui a soutenu le SNP en 2012 pourrait bien faire de même.



Voilà pourquoi les syndicalistes et la gauche de toute la Grande-Bretagne doivent prendre conscience de la réalité de la situation en Écosse. Il y a un danger sérieux qu'en l'espace de quelques mois le mouvement ouvrier britannique soit grandement affaibli et que l'Angleterre et le Pays de Galles (et indirectement l’Écosse) soit condamné pour longtemps à un gouvernement conservateur.



La gauche trotskiste prétend que l'indépendance portera un coup à l'impérialisme. Hélas, l'inverse sera le cas. L'an dernier, le vote historique contre l'action militaire anglo-américaine envers la Syrie aurait été autre sans les députés écossais.



Les millionnaires écossais et les gestionnaires de fonds de pension qui abreuvent de fonds le SNP ne le feraient pas si leurs soutiens financiers à la City de Londres voient leurs intérêts menacés. L’arrimage du SNP à la zone livre, l'UE et l'OTAN le garantit.



Qu'est-ce qui peut inverser la situation ? Seule une campagne forte de la Gauche pour un changement constitutionnel qui favorise la justice sociale. De façon plus importante, nous avons besoin de revendiquer une démocratie économique – permettant aux travailleurs d'exercer un contrôle sur le capital.



Et, pour avoir une crédibilité en Écosse, ces revendications auront besoin du soutien des syndicats et de la gauche au niveau de la Grande-Bretagne et intégrer les questions plus larges des changements constitutionnels progressistes à ce niveau.



Non moins important, le mouvement a besoin d'affronter la réalité anti-ouvrière de l'UE. Que ce soit l’Écosse ou la Grande-Bretagne, l'adhésion à l'UE empêche toute avancée vers la démocratie économique – un sujet toujours esquivé par ceux qui adoptent une position pro-indépendance.



Plus important, il y a la question de la confiance dans l'actualité d'une ligne de classe. Ce sont les luttes unies des années 1970, des dockers de Londres, des chantiers navals écossais, des ingénieurs et des mineurs de Birmingham, qui ont donné ensuite de la crédibilité aux revendications de changement constitutionnel progressiste.



 

Pour reprendre les mots de James Connolly, la cause de l'Ecosse et la cause de la classe ouvrière ne peuvent être séparées.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 06:48

private-prison.jpgPrivatisation des services pénitentiaires de probation en Grande-Bretagne : pourquoi 99 % des agents s'y opposent

 

En 2006, le gouvernement travailliste de Tony Blair ouvre les « services de probation » – le contrôle et la surveillance des prisonniers placés en « liberté conditionnelle », souvent assortie de travaux d'intérêt général – aux appétits du secteur privé.

 

En 2013, le gouvernement conservateur de David Cameron décide de livrer les contrats des agences régionales publiques à l'industrie privée, d'un montant de 450 millions de £, avec 200 000 prisonniers à la clé, dans un plan de privatisation des « services de probation et d'insertion ».

 

En 2014, les agents de la Justice font un bilan alarmant d'un an de logique de privatisation.

 

Éclairant pour nous au moment où la polémique a enflé cet été autour de la privatisation des services de probation en France dans le cadre de la « réforme pénale » de Mme Taubira.

 

Intro et traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Editorial du Morning Star, quotidien communiste britannique

 

Les nouvelles du jour nous indiquent que 99 % des travailleurs des services de probation s'opposent aux plans de privatisation, cela devrait être un signal d'alarme pour notre Secrétaire à la Justice Chris Grayling.

 

Dans le passé, un taux de désapprobation de 99% aurait incité plus d'un ministre à faire machine arrière sur des réformes impopulaires.

 

Hélas, la Coalition conservateur-démocrate, comme son prédécesseur travailliste auparavant, s'enorgueillit de traiter les opinions des travailleurs qui connaissent le terrain avec dédain.

 

Les politiciens affirment toujours devant les caméras qu'ils écoutent les gens.

 

Mais de la santé à l'éducation, des prisons aux pompiers, c'est devenu une question de principe pour les ministres de déclarer la guerre aux personnels qui garantissent en fait les services en question.

 

Les ministres plastronnent, ils croient naïvement qu'ils sont « durs » et touchent à des privilèges, quand ils ignorent les conseils des enseignants pour les écoles, les conseils des docteurs pour le NHS (Service national de santé), les conseils des pompiers pour la lutte contre les feux, et maintenant ceux des agents de probation sur comment réinsérer les délinquants.

 

Rien n'est plus éloigné de la réalité.

 

La coalition ignore les conseils des travailleurs qui connaissent le terrain car la qualité du service public est quelque chose qui les laisse indifférent.

 

Donc quand on apprend que les conditions dans les services de probation sont désormais si mauvaises que plus de la moitié des agents cherchent activement un autre emploi, cela ne risque pas de faire réfléchir M.Grayling, tout comme l'ancien secrétaire à l'Education Michael Gove se fiche que 40 % des enseignants quittent la profession dans les cinq ans.

 

La raison pour laquelle les agents de probation sont si démoralisés n'est pas difficile à trouver.

 

En juin, les agences locales de probation publiques ont été abolies.

 

Le personnel a été divisé entre un Service national de probation, destiné à traiter les délinquants les plus sérieux, et 21 « compagnies de réinsertion de quartier », vouées à être vendues au privé.

 

Dans les deux cas, la pression sur eux a augmenté – 74 % des officiers disent que leur charge de travail a augmenté depuis ces changements.

 

Et le secrétaire-général du syndicat des services publics UNISON met en garde : « brader la moitié des services de probation au secteur privé, ce serait un désastre ».

 

Les agents de probation jouent un rôle vital, comme gardiens de notre sécurité.

 

La réinsertion des prisonniers, et l'évaluation du fait de savoir si les délinquants sont prêts à être libérés touche tout le monde.

 

« Ouvrir le marché à tout un ensemble de nouveaux prestataires à la réinsertion », comme le claironne le Ministre de la Justice, c'est mettre la logique du profit dans le système pénal.

 

Cela ne va pas résoudre les problèmes critiques que rencontre le réseau de prison britannique, où un nombre de prisonniers en plein explosion se combine à des coupes drastiques dans les effectifs, avec des effets fatals.

 

Le rapport sorti aujourd'hui de l'Inspection des prisons sur les conditions épouvantables dans la prison de Wormwood Scrubs, où les effectifs ont été diminués de 35 % en quatre ans tandis que le nombre de prisonniers sous leur charge ne cesse d'augmenter, est un avertissement pour le gouvernement.

 

Mais les privatisateurs ont soif de profit, ils ne vont pas résoudre les problèmes d'effectifs. Les entreprises qui ont pris le contrôle de services auparavant assurés par l’État ont fait leurs preuves quand il s'agit de supprimer des emplois. Ils n'en ont pas créé.

 

Les travailleurs coûtent de l'argent, et l'avidité à court-terme motive les parasites du secteur privé se greffant sur le secteur public. Ils ne sont pas intéressés par le bien-être à long-terme de nos quartiers.

 

Les amendes dérisoires imposées aux entreprises qui abandonnent des contrats dont ils n'ont pas atteint la moitié du terme n'inspire pas confiance sur la capacité de ces entreprises à jouer franc jeu – particulièrement pas quand les patrons de ces entreprises ne sont pas du tout sanctionnés.

 

 

La privatisation a été une catastrophe dans chaque service qu'elle a touché. Dans notre système pénal, c'est franchement dangereux.

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 06:15

2fairfares.pngDeux-tiers des Britanniques pour la re-nationalisation du rail, les manifestations se multiplient contre la hausse des tarifs

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nos commentateurs politiques avisés ont toujours un exemple étranger dans la poche pour nous vanter les mérites d'un ailleurs mythifié. Pour la libéralisation/privatisation du rail, il y a pourtant un précédent désastreux qui a soulevé la colère des usagers : la Grande-Bretagne.

 

Les travailleurs britanniques tirent la sonnette d'alarme. Ce 19 août, ils étaient plusieurs centaines – usagers et le syndicat RMT ensemble – à alimenter 50 piquets dans les gares de l'île pour protester contre la hausse vertigineuse des tarifs des trains de banlieue et des trains inter-cités.

 

La privatisation contre les usagers : + 60 % pour les tarifs vs – 6 % pour les salaires en cinq ans !

 

Le syndicat de classe RMT (Rail Maritime and Transport Union) proteste avant tout contre l'appel d'offres qui livrerait la « Northern line » à des opérateurs privés étrangers, remettant 10 000 cartes au Département du transport à Londres contre ce projet.

 

A Londres, comme à King's Cross, les usagers mais aussi les syndicats étudiants étaient largement présents, protestant contre le fait que la hausse des tarifs « éloigne les étudiants des universités ».

 

Ainsi selon la présidente du syndicat de l'University of Arts of London, Shelly Asquith :

 

« de nombreux étudiants ont besoin des transports publics pour étudier. Nos revenus stagnent, mais les prix du transport ne cessent d'augmenter (…) Quand les entreprises font des profits colossaux, les étudiants ne peuvent plus étudier ».

 

Selon les chiffres du Trade union congress (TUC), les tarifs du train ont augmenté en moyenne de 60 % depuis 2008 sachant que – selon l'Institue for fiscal studies – les salaires réels ont baissé de 6 % dans le même temps.

 

Le désastre de la privatisation : hausse des tarifs, subventions publiques et profits privés !

 

Depuis la privatisation, il y a vingt ans, les usagers britanniques ont pu constater de leurs propres yeux les désastres de la gestion privée.

 

Le TUC l'avait constaté dans le rapport publié l'an dernier : « The great train robbery : les conséquences économiques et politiques de la privatisation du rail ».

 

Nous rappelons ici quelques données brutes, puisque nos libéraux sont aussi bornés que le Mr.Gradgrind de Dickens : ils ne veulent que des faits, des faits, des faits. Les voici, les faits.

 

  1. les trains n'arrivent plus à l'heure : un train sur six circule avec plus de 10 minutes de retard (15 %), contre un sur dix en France (10 %) ;

     

  2. le matériel roulant est de plus en plus vieux : depuis 1996 l'âge moyen du matériel a augmenté, de 16 à 18 ans en 2013. L'investissement dans le renouvellement de matériel a chuté de moitié ;

     

  3. un système très coûteux par rapport au public : selon le rapport McNulty (2011), les coûts du système fragmenté britannique sont 40 % supérieurs à ceux du système nationalisé français ;

     

  4. une ouverture à la concurrence ... dominée par quelques monopoles : le britannique First Group contrôle 7 des 23 opérateurs, et l'Allemand Deutsche Bahn, l'Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !

     

  5. Investissements publics, dette publique, mais profits privés : l'Etat dépense aujourd'hui deux fois plus en subventions (6 milliards par an) que du temps du rail nationalisé, avec une dette de 40 milliards d'euros. Pendant ce temps, les opérateurs privés comme la Deutsche Bahn (1 milliard en 2012 sur le réseau anglais!) réalisent des profits colossaux

     

  6. Les tarifs les plus élevés au mond: les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu'en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l'augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde ;

 

Face à ce système inefficace, coûteux, ce « grand vol » organisé par les dirigeants conservateurs et travaillistes, les Britanniques réclament désormais d'une seule voix la re-nationalisation.

 

Cette majorité de Britanniques qui réclament la re-nationalisation

 

Selon un sondage « YouGov » d'octobre 2013, 66% des personnes interrogées pensent que « les compagnies du rail doivent être toutes publiques », contre 23 % qui préfèrent la gestion par le privé.

 

Un chiffre qui atteint les 79 % chez les électeurs travaillistes, 72 % chez les UKIP, mais qui était aussi majoritaire chez les électeurs libéraux-démocrates (62%) et même conservateurs (52%) !

 

63 % des sondés estiment même qu'ils sont prêts à voter pour le candidat qui leur promettra la re-nationalisation du rail.

 

Ce n'est pas gagné quand le « Labour » ne propose que la mise en place d'une forte entreprise publique du rail capable … d'être compétitive sur les appels d'offre face aux opérateurs privés !

 

L'exemple de l'East Coast Line : un modèle public plus efficace !

 

Face aux libéraux qui dépeignent la « nationalisation » comme irréaliste, ces partisans donnent un exemple qui parle de lui-même : la East Coast Main line.

 

Jusqu'en 2009, la ligne qui relie notamment Londres à l'Ecosse était gérée par l'opérateur privé « National express ».

 

En 2009, le bilan de la privatisation est désastreux, la piètre qualité du service et les tarifs prohibitifs avaient fait fuir les consommateurs, le faible taux de remplissage conduisant à des pertes se chiffrant à plusieurs centaines de millions de £, et finalement au départ de l'opérateur privé.

 

Pour « assurer la continuité du service », l'Etat décide alors contre son gré de récupérer la ligne, gérée par la bien-nommée « Directly operated railways ».

 

Depuis, le contraste est saisissant : la ligne nationalisée est redevenue la plus fréquentée (36 % de plus que la deuxième ligne!), elle bat des records de satisfaction parmi les usagers (91 % en 2013), elle est une source de revenus pour le contribuable (1 milliard de £ depuis 2009, 235 millions cette année).

 

Et enfin elle est l'entreprise la moins coûteuse pour le contribuable britannique selon l'Office for rail regulation, puisqu'elle reçoit sept fois moins de subventions que Virgin sur la West Coast Main Line !

 

Les appels d'offre pour les lignes du Nord et de l'Est : la SNCF acteur numéro 1 de la concurrence britannique

 

Et pourtant, ce bel exemple de réussite de la « nationalisation » du rail risque de faire long feu.

 

Ce pactole attire en fait les convoitises des opérateurs privés bien décidés à privatiser les profits après avoir socialisé les pertes (et les investissements).

 

Ainsi, le gouvernement conservateur prévoit la re-privatisation de la ligne en 2015. L'appel d'offres a déjà reçu trois candidats : les Britanniques StageCoach, First (détenus à 50 % par Keolis-SNCF !) et … la filiale de la SNCF, Keolis bien sûr.

 

Autrement dit, la SNCF met deux billes dans le même panier espérant gagner le jackpot de la re-privatisation de la première ligne de chemin de fer britannique !

 

Et ce n'est pas fini, le gouvernement britannique a décidé de renouveler la concession sur deux entrprises privées opérant dans le Nord du pays : la « Northern Rail » et le « TransPennine Express », assurant des services sur Manchester, Leeds, Liverpool ou encore Newcastle.

 

Là encore, trois candidats, tous étrangers, tous liés à des grands groupes publics européens :

 

le néerlandais Abellio (branche internationale de la NS), l'allemand Arriva (filiale de la Deutsche Bahn) et le franco-britannique Govia (détenu à 65 % par Go-Ahead et à 35 % par l'omniprésent Keolis!).

 

Il n'est hélas plus surprenant de voir la SNCF saborder le chemin de fer français pour mieux aller jouer les rapaces sur les chemins de fer ravagés par la privatisation de nos voisins.

 

 

En tout cas pour nous, l'exemple britannique est toujours parlant : il faut lutter maintenant contre la privatisation de la SNCF, à laquelle emmène la « réforme ferroviaire ». Avant qu'il ne soit trop tard.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 06:11

Flag-Pins-Scotland-Palestine.jpgL’Église d’Écosse soutient le mouvement de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël

 

 

Article du Morning Star, quotidien communiste britannique



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'Eglise d'Ecosse a « recommandé » hier à sa congrégation un document appelant les fidèles à rejoindre le mouvement de boycott, désinvestissements et sanctions contre Israël.



Les dignitaires ecclésiastiques ont donné un nouvel élan à la campagne de solidarité dans une déclaration commune avec l'Archevêque palestinien de Sebastia, Atallah Hanna.



L'Eglise a déclaré que les massacres de palestiniens par les forces israéliennes laisseraient un « héritage fait de douleur, de souffrance, de ressentiment ».



M.Hanna, qui doit s'occuper de près de 180 000 Palestiniens chrétiens dans toute la Cisjordanie et la Bande de Gaza, a dit qu'ils n'étaient « pas optimistes, mais qu'ils gardaient l'espoir ».



« Tant que l'occupation n'arrive pas à son terme, est-ce qu'on peut vraiment faire un progrès vers le début d'une paix durable ? », a-t-il demandé.



Le modérateur de l'Assemblée générale de l'Eglise d'Ecosse, le révérend John Chalmers – la face publique élue de l'Eglise – a dit que la congrégation forte de 400 000 hommes de foi partageait sa « frustration et sa douleur ».



Il a affirmé : « Pour un observateur extérieur, la réponse disproportionnée de l'Etat d'Israel semble laisser un héritage fait de douleur, de souffrance, de ressentiment qui ne crée pas une atmosphère où une résolution pacifique et juste peut être recherchée ».



La déclaration commune a également suggéré un renforcement de la position de l’Église depui sle vote de l'an dernier, insistant sur le fait que l’Église écossaise « ne doit pas soutenir les prétentions d'un peuple, qu'il soit juif ou autre, à un droit exclusif ou même privilégié à posséder un territoire particulier ».



L'Eglise a historiquement évité de rejoindre explicitement le mouvement pour le boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui cherche à forcer un changement de la politique israélienne en jouant sur la corde économique.



Mais une porte-parole a déclaré au Morning Star hier que le document « Kairos-Palestine » - qui appelle les « individus, entreprises, Etats » à rejoindre le mouvement BDS a été « recommandé à l'ensemble de l’Église ».



Le président de la campagne de solidarité écossaise avec la Palestine, Mick Napier, a déclaré que cette annonce devait être officialisée.



« Nous voyons cette rencontre de tous les leaders chrétiens écossais comme un pas supplémentaire dans le mouvement d'opposition aux crimes de guerre israéliens », a-t-il défendu.



 

M.Hanna va désormais continuer son tour d'Ecosse, rencontrant les imams écossais à Edimbourg vendredi, à la Société Ahl-al-Bait, participant à une rencontre publique dimanche à l'Adelaides de Glasgow et revenant à l’Église augustine d'Edimbourg dimanche.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 05:48

405104 rail300Où nous mène la « réforme ferroviaire » ? Retour sur les effets désastreux de la privatisation du rail britannique

 

Le mouvement de grève des cheminots, massivement suivi ce 11 juin, contre la « réforme ferroviaire » suscite une vague de désinformation sur les ondes, dans nos écrans, à la une de nos journaux.

 

Nous republions ici un article originairement publié en juin 2013 sur les conséquences catastrophiques de la privatisation du rail entamée au début des années 1990 en Grande-Bretagne.

 

Eclairant pour comprendre le bien-fondé de la lutte de nos camarades cheminots, les implications ultimes de cette « réforme ferroviaire » qui vise au démantèlement de la SNCF publique.

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

« The great train robbery : les conséquences économiques et politiques de la privatisation du rail » : voilà le titre du rapport réalisé par le Centre de recherche sur le changement socio-culturel de Manchester, commandité par le Congrès des syndicats britanniques (TUC).

 

Le rapport a fait la une de la presse britannique. Il est dans notre intérêt en France, au moment où le gouvernement socialiste prépare une « réforme ferroviaire » qui irait dans le sens de la mise en concurrence, d'apprendre les leçons de la privatisation britannique.

 

Tout d'abord, rappelons que la privatisation du rail avait été préparé dans les années 1980, sous Thatcher, avec l'éclatement de l'unicité du British Rail en entités autonomes par secteurs géographiques (Network SouthEast) ou secteur d'activité (fret).

 

En application de la directive européenne 91/440, la Grande-Bretagne divise en 1993 gestion du réseau confiée à RailTrack, et exploitants mis en concurrence, à l'origine une vingtaine d'entités publiques sectorisées.

 

En 1996, avant les élections législatives, le Parti conservateur privatise l'ensemble des opérateurs, gestionnaires du réseau, fret comme exploitants voyageurs.

 

Reniant ses promesses, le gouvernement de Tony Blair va achever la privatisation de ce qu'il restait à vendre … avant de re-nationaliser le gestionnaire du réseau car c'est un poste structurellement déficitaire et donc non-rentable. Il faut bien socialiser les pertes !

 

Vingt ans après, le bilan de la libéralisation-privatisation du rail est édifiant, un véritable « pillage » des usagers et des fonds publics, siphonnés par une poignée de monopoles privés. Reprenons l'argumentaire des privatiseurs, point par point :

 

 

  1. Les tarifs les plus élevés au monde : l'argument de la « baisse des tarifs » ne tient pas en Grande-Bretagne. Les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu'en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l'augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde : une conséquence de la privatisation ;

 

  1. Des trains qui arrivent de moins en moins à l'heure : les trains qui n'arrivent pas à l'heure, c'est aussi cela l'efficacité du privé. Un train sur six circule avec plus de 10 minutes en Grande-Bretagne (15%), contre un train sur dix en France (10%). La faute est rejetée sur « Network Rail », le gestionnaire du réseau, condamné ainsi à une amende de 90 millions d'euros la semaine dernière ;

     

  2. Un matériel roulant de plus en plus vieux : la modernisation conséquence de la privatisation, rien n'est plus faux. Depuis la privatisation, l'âge moyen du matériel roulant a augmenté, il était de 16 ans en 1996, il est de 18 ans aujourd'hui. L'investissement dans le renouvellement du matériel roulant a chuté de moitié entre 1993 et 2013 ;

     

  3. Un système excessivement coûteux : comme pour la Santé ou l'Education, contrairement aux idées reçues, le rail public coûte excessivement moins cher que le rail privé. Déjà le rapport McNulty publié en 2011 rappelait que les coûts du système fragmenté britannique étaient 40% supérieurs à ceux du système nationalisé français ;

     

  4. L'ouverture à la concurrence … c'est la domination des monopoles étrangers !: dans un secteur où un seul réseau existe, la « libre concurrence » est encore plus qu'ailleurs un leurre. De fait, le système privatisé britannique a conduit rapidement à l'émergence de monopoles nationaux, comme le britannique FirstGroup qui contrôle 7 des 23 « opérateurs privés » et surtout à la main basse des grands monopoles européens : l'Allemand Deutsche Bahn, l'Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !

     

  5. Des investissements publics et une dette publique ! : la privatisation n'a pas conduit à la baisse des investissements publics mais au contraire à leur augmentation : 6 milliards d'euros de subventions par an pour financer les projets d'infrastructures, c'est deux fois plus qu'avant la privatisation. Ces projets d'infrastructures plombent les comptes du « Network Rail », sciemment re-nationalisée en 2001 : le gestionnaire public accumule désormais une dette de 40 milliards d'euros ;

     

  6. Mais des profits privés !: Si les pertes sont socialisées, les profits, eux, sont bien privatisés : en 2012, la seule Deutsche Bahn a réalisé 1 milliard d'euros de profit sur le réseau anglais. Les opérateurs privés bénéficient des investissements publics dans le réseau puisque 90% des profits sont ensuite directement reversés aux actionnaires. En outre, le gestionnaire public du réseau, malgré son endettement, continue à pratiquer des tarifs préférentiels pour l'usage du réseau : les droits de péage ont baissé de moitié depuis dix ans ;

 

La libéralisation puis la privatisation du rail, suivant les directives européennes mais en fonction d'un choix délibéré du grand capital britannique : un désastre patent pour les usagers, les contribuables et les travailleurs mais une opportunité pour les monopoles.

 

Un désastre qui a coûté la vie à plusieurs centaines d'usagers et de travailleurs britanniques, il suffit de se rappeler de la catastrophe de Landgrove-Broke qui a coûté la vie à 31 usagers et blessé 500 autres : les opérateurs privés ne voulaient pas à l'époque investir dans des dispositifs de sécurité.

 

Le désastre est tel que certaines fractions du capital britannique commencent désormais à reconsidérer l' (in-)efficacité d'un système ferroviaire privatisé : le Parti travailliste se déchire désormais sur la re-nationalisation potentielle du rail.

 

Dans le même temps, les syndicats du rail défendent ardemment la nationalisation du rail. Certains liés aux calculs d'une fraction du camp travailliste. D'autres, comme le syndicat de classe RMT, dans une perspective véritable de refondation d'un service public national.

 

Pour nous français, ces débats nous ramènent un siècle en arrière, avant la nationalisation de la SNCF : la défense du monopole public est plus que jamais une nécessité !

 

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
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