Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 05:51

A4poster2014.jpgUnion européenne – votons « non » sur des positions de gauche ici



Editorial du Morning Star, quotidien communiste britannique



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Une vague d'apathie balayera la Grande-Bretagne demain, alors que moins d'un électeur sur trois envisage de voter aux élections européennes.



C'est compréhensible, presque louable.



La plupart des gens sentent que ce « parlement » itinérant est un simulacre, la vitrine pseudo-démocratique d'une Union européenne qui est fondamentalement anti-démocratique et contre le monde du travail.



Il n'a pas le pouvoir de proposer des lois ou de nouveaux impôts, et on peut laisser traîner ses amendements jusqu'à leur faire perdre toute effectivité. Le seul véritable pouvoir de ce salon de thé – forcer la démission de la Commission européenne – est une option « nucléaire » qui pousse l'UE au statu quo institutionnel, avec des députés encouragés à rester dans leur bonne planque.



Le véritable pouvoir dans l'UE se trouve entre les mains des ministres des Etats-membres au Conseil européen, des commissaires non-élus et d'une Banque centrale européenne (BCE) qui n'a de comptes à rendre à personne, comme la mal-nommée Cour européenne de justice.



Avec le député européen moyen en Grande-Bretagne prétendant représenter plus de 750 000 personnes, la démocratie élective à cette échelle est trop grand pour qu'un lien organique, sensé existe entre les électeurs et les élus.



Ce schéma institutionnel n'est en rien un hasard.



Il a été dessiné pour s'assurer que la philosophie économique néo-libérale de l'UE et ses traités fondamentaux et ses institutions ne peuvent être cassées par la volonté démocratique des peuples d'Europe.



Les monopoles capitalistes d'Europe doivent être libres de faire circuler le capital, le travail, les biens et les services sur tout le continent afin de maximiser leurs profits.



Avec à sa tête la baronne Ashton, haut-représentant de l'UE au Affaires étrangères qui est arrivée à cette position sans avoir laissé la moindre trace dans le passé, sans avoir été élu par quiconque à quelque poste que ce soit, l'UE s'efforce d'imposer sa doctrine néo-libérale au reste du monde.



C'est elle qui a rejoint les fauteurs de guerre américains en attisant les manifestants à Kiev afin de renverser le gouvernement élu de l'Ukraine, sachant que les éléments nationalistes et fascistes mèneraient la charge.



Et la réaction des principaux partis britanniques à une UE qui s'affiche si clairement pour l'austérité, les privatisations et un tournant militariste à l'est, s'intégrant au « basculement » stratégique américain en Asie ? Silence.



Rien sur les souffrances infligées à des millions de travailleurs, leurs familles venant d'Espagne, du Portugal à la Grèce et Chypre.



Rien sur les jugements de la Cour de justice européenne dans les affaires Viking, Ruffert, Laval et Luxembourg qui sapent les droits des travailleurs, les droits syndicaux dans tous les États-membres.



Rien sur la militarisation de l'UE, alors que ses structures militaires collaborent toujours plus étroitement avec celles des Etats-unis et de l'OTAN.



Au contraire, tout ce que nous avons du côté des Travaillistes, des Libéraux-démocrates, de Plaid Cymru (les nationalistes gallois), du SNP (les nationalistes écossais), c'est une tonne de sornettes européistes qui semblent tout droit sortis d'un bureau bruxellois.



Les Tories (conservateurs) ont été plus ambigus car, tout comme l'UKIP, ils défendent le néo-libéralisme mais veulent protéger les boursicoteurs, les spéculateurs de la City de Londres de toute régulation européenne.



Cela ne laisse qu'un choix progressiste aux électeurs dans les circonscriptions d'Ecosse, Pays de Galles, Londres, au Yorkshire, au Nord-ouest, dans les Midlands de l'ouest et de l'est en Angleterre demain si ils veulent voter contre le militarisme, l'austérité et les privatisations de l'UE.



Un vote pour « No2EU – Yes to Workers rights » * est un vote de gauche contre l'UE, le grand capital et la droite.



Dans les autres circonscriptions, chaque voix qui compte contre les Tories, les Libéraux-démocrates, l'UKIP et les fascistes sera importante.



* No 2 EU – Yes to Workers rights (Non à l'Union européenne – Oui aux droits des travailleurs) est une coalition composée de leaders syndicalistes, d'activistes associatifs, de militants politiques de gauche. Les communistes participent à cette formation qui propose une critique radicale de l'Union européenne du capital, sur des positions de gauche, de classe

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
commenter cet article
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 06:00

farage-cigar.jpgNon, le parti euro-sceptique UKIP n'est pas plus l'ami des travailleurs britanniques ... que l'Europe du capital !

 

Article du Morning Star, quotidien communiste britannique

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les progressistes sont consternés, à juste titre, par le message incendiaire anti-immigrants placardé sur les panneaux d'affichage de toute la Grande-Bretagne par le UK Independance Party (UKIP).

 

Mais le Parti travailliste et les syndicats devraient tenir compte de l'avertissement du responsable de la coalition No2EU – Yes to Workers rights [NdT : coalition « Non à l'Union européenne – oui aux droits des travailleurs » menée par les communistes, syndicalistes, forces de gauche hostiles à l'UE du capital]Brian Denny pour qui l'UKIP continuera à prospérer tant que la gauche refusera d'admettre la colère populaire contre cette Union européenne anti-démocratique.

 

La posture odieuse de Nigel Farage est celle de prétendre s'adresser aux gens d'en bas et non aux nantis, à l'élite métropolitaine qui s'en tire si bien malgré la crise économique dans laquelle a sombré le pays il y a six ans de cela.

 

Ces prétentions sont des mensonges.

 

Avant de prendre le parti de l'UKIP, M.Farage était un boursicoteur de la Citytout comme ces spéculateurs foireux qui ont provoqué le krach financier de 2008.

 

En tant que député européen, il s'est gracieusement servi pour lui-même en allant à la gamelle des fonds jamais remis en question du Parlement européen, se vantant en 2009 d'avoir récolté 2 millions de £ de la sorte.

 

Comme tant d'autres membres du Parti conservateur, auquel il appartenait auparavant, il a du mal à comprendre que l'argent public n'est pas son bien personnel.

 

Et loin d'être un parti « anti-establishment » comme il aime à se présenter, l'UKIP partage pleinement l'idéologie néo-libérale de l'establishment de Westminster.

 

Les travailleurs qui ont perdu leurs emplois à cause de l'offensive virulente du gouvernement contre le secteur public doivent savoir que Farage défend des coupes encore plus importantes dans les dépenses publiques que les Conservateurs et les Libéraux-démocrates.

 

L'UKIP prétend s'inquiéter des menaces pesant sur les services publics – et il appelle pourtant à des coupes massives dans les dépenses du NHS (Système national de santé) et propose d'aller plus loin dans la sous-traitance des services de santé à des prestataires privés assoiffés de profits.

 

Les exonérations fiscales du Ministre de Finances George Osborne sur les plus riches ne vont pas assez loin pour Farage, qui veut un seul taux d'imposition sur le revenu pour tous, l'abolition de toutes les taxes sur l'héritage et l'abaissement du taux d'imposition sur les sociétés.

 

Même ses prétentions à défendre la souveraineté nationale sont suspectes – comme « No2EU » le souligne, son parti a soutenu la législation européenne forçant les Etats-membres de l'UE à privatiser et fragmenter leurs systèmes ferroviaires.

 

Oh, et cette année, il a aussi appelé à diminuer le montant des retraites.

 

L'UKIP est clairement un parti patronal.

 

Mais une bonne partie du mouvement ouvrier doit encore se réveiller sur le fait que l'Union européenne est aussi une institution patronale.

 

Ses organes les plus puissants, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, ne sont élus par personne et ont été utilisés pour faire passer une politique thatchériennede destruction d'emplois, de privatisation des services publics et démolition des droits des travailleurs.

 

En échange du « renflouement » de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, elle a exigé d'énormes coupes dans les dépenses et contraint à la suspension des conventions collectives.

 

Elle s'est alignée sur la politique étrangère agressive des Etats-unis et a récemment joué un rôle capital dans la facilitation du renversement d'un gouvernement corrompu mais élu en Ukraine par un fatras de fanatiques du capitalisme, de fascistes en armes et de zélotes nationalistes homophobes.

 

Les sondages successifs montrent queles travailleurs britanniques ne soutiennent pas du tout l'UE.

 

Ce n'est pas, comme le discours paternalistes du « new Labour » et des Libéraux-démocrates le suggère, car ils n'ont pas bien compris ce qu'elle était.

 

Ce n'est pas non plus parce que les travailleurs britanniques avec leur vénérable tradition de solidarité internationale avec les opprimés, sont une bande de xénophobes.

 

Les travailleurs ont une méfiance pleinement justifiée envers cet empire néo-libéralqui débite son dogme capitaliste-libéral et dont les leaders n'ont même pas été élus.

 

Le Parti travailliste devrait partager leurs préoccupations. D'ici qu'il le fasse, « No2EU » existe pour proposer une alternative progressiste, socialiste.

 

Contrairement à l'UKIP, cette organisation de la classe ouvrière ne reçoit pas de financement de millionnaires qui l'aident à diffuser son message. Il a au contraire besoin de notre soutien pour porter ce message.

 

Car nous avons bien besoin de reprendre le contrôle de notre pays. Non pas des mains des étrangers dénoncés par l'UKIP, mais de cette classe capitaliste parasitaire et de ses institutions à Westminster et à Bruxelles.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
commenter cet article
30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 05:39

EU_flag-0011.jpgPour les cheminots écossais, pas d'avenir pour une Ecosse indépendante dans une Union européenne des patrons



Article de Phil McGarry, cadre syndicaliste écossais du RMT (Syndicat des cheminots britanniques)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le « livre blanc » du gouvernement écossais publié le 26 novembre suggère que les intérêts de l’Écosse seraient les mieux garantis par le maintien dans l'Union européenne, et que les négociations commenceraient immédiatement après un vote « Oui » et seraient achevés par la date proposé pour l'indépendance : mars 2016.



Arrêtons-nous un moment, et rappelons-nous que le gouvernement de John Major a privatisé la British Rail sur le modèle de la directive européenne 91/440/EC.



Son gouvernement a introduit les Réglementations sur les chemins de fer de 1992 qui a lancé le processus de privatisation sous la section 2 de l'Acte sur les Communautés européennes de 1972, afin de se mettre en conformité avec la directive européenne 91/440/EC.



Ce fut le premier schéma de privatisation dans l'Europe, et l'acte de 1972 consiste en quatre axes majeurs :



(a) – autonomie opérationnelle pour les opérateurs des chemins de fer, tels que les compagnies prêtant le matériel ou celles assurant les opérations de transport ;

(b) – séparation de l'infrastructure des opérations ;

(c) – accès ouvert aux investissements internationaux ;

(d) – introduction de péages pour assurer une base financière viable aux opérateurs ;



Ces critères ont ouvert la voie à sa Stratégie de libéralisation du rail au sein de tous les Etats-membres, en usant comme instrument les réglementations et directives de l'UE.



Pour agir dans cette voie, la Commission européenne devait aller plus loin, ce qu'elle fit avec les trois paquets ferroviaires en 2001, 2004 et 2007.



En mai 2008, la Commission européenne a lancé de sérieuses mises en garde aux gouvernements élus afin de mettre un terme aux aides publiques « dissimulées » aux chemins de fer, confirmant que les objectifs à long-terme de la Commission sont de transférer des ressources d'un chemin de fer public à un secteur du rail guidé par le profit, œuvrant pour le fret et le transport d'hommes d'affaires.



L'agenda de libéralisation du rail de la commission en 2010 vise à empêcher les Etats-membres de se servir des services de fret profitables pour subventionner les services de passagers déficitaires.



Nous apprenons désormais que la commission propose de nous rejouer le coup du 1 er paquet ferroviaire, appelé maintenant 4 ème paquet ferroviaire, pour déstructurer tout le secteur public, les chemins de fer contrôlés par l’État et d'utiliser le marché et les réglementations de l'UE sur la concurrence pour créer un transport international sous la coupe des grandes entreprises, des monopoles logistiques afin de créer un « marché unifié du chemin de fer européen » qui serait exploité par le secteur financier dans leur course aux « profits à tout prix ».



Le 4 ème paquet ferroviaire spécifie que tous les services devront être soumis à des appels d'offre concurrentiels obligatoires, s'accompagnant de la libéralisation de tous les services de passagers ferroviaires intérieurs.



Non content de cela, l'UE et les États-Unis sont actuellement en train de négocier un traité pour ouvrir tous les secteurs, y compris à la santé, à la « concurrence ».



Le Partenariat trans-atlantique pour le commerce et l'investissement actuellement en négociation pose une sérieuse menace à tous les services publics, en particulier la santé et l'éducation.



Ce projet ouvrira en réalité tous les services publics à la concurrence et ce sera la même chose pour le bâtiment, les transports et la collecte des déchets.



Ce traité secret s'appuie sur les droits des investisseurs, non sur les standards du service public, et donne aux entreprises le droit de poursuivre les gouvernements qui restreindraient l'accès à toute forme de prestation de service potentiellement marchandisable.



Sa clause sur le règlement des querelles entre investisseurs et États permettrait aux avocats d'imposer des amendes draconiennes permettant de compenser les pertes potentielles de l'entreprise sur le marché, lui permettant également de passer outre toutes les procédures démocratiques, au niveau national.



La levée de boucliers contre cela a contraint la commission européenne à annoncer « une consultation publique de 90 jours à la lumière de ces représentations erronées ».



En fait, la commission va juste revenir avec un nouveau texte disant la même chose en utilisant des mots différents. On se rappelle de l' « Europe sociale » promise par le commissaire européen Jacques Delors il y a 25 ans au Congrès du Trade Union Congress, à Bournemouth.



Ici, en Écosse, notre gouvernement continue de nous dire qu'il n'y a pas d'autre alternative si ce n'est d'obéir à la politique de l'UE, en cela il s'est déjà soumis à l'idée de diviser le réseau ferré écossais en services « de jour » avec une franchise séparée pour les « services de nuit », et de les soumettre à appel d'offres – cinq entreprises se sont engouffrées dans ce contrat lucratif.



De la même façon, il a séparé et privatisé le secteur du ferry, livrant le contrat à Serco pour gérer les services Northlink.



Un document de consultation ultérieur, dans le cadre de l' « analyse des ferry » propose de fragmenter les routes et de les vendre selon les réglementations sur la concurrence de l'UE.



Nous, au RMT, croyons que la privatisation ouvrira la porte à l'exploitation de travailleurs étrangers.



Actuellement, des compagnies maritimes utilisent des failles légales pour exploiter des travailleurs étrangers moins chers sur des navires britanniques.



Ces questions nous préoccupent grandement, tout comme la situation en Grèce, Espagne, Italie, Irlande et désormais Chypre. Des mesures d'austérité sont imposées à ces pays.



La privatisation généralisée, le haut niveau de chômage, les attaques contre les droits à la retraite des travailleurs, la réduction du salaire minimum – quand il existe – le gel des salaires du public, la suppression des conventions collectives, et les contrats zéro heure, tout cela au nom de la « FLEXSECURITE ».



Ces mesures vont dans le sens des arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), l'affaire Viking sur la liberté d'installation, et l'arrêt Laval sur la libre circulation des services.



La CJUE est un tribunal patronal qui garantit la mise en œuvre de directives européennes pour libéraliser et privatiser nos services publics.



Elle remet en cause les accords, les salaires, retraites et contrats de travail qui rentrent en contradiction avec les « quatre libertés de circulation » de l'UE – travail, capital, biens et services.



Les dernières informations laissent présager que le gouvernement grec imagine une « nouvelle législation » qui reviendra sur la capacité des syndicats à s'organiser et rendra plus difficile la possibilité de faire grève.



Premièrement, il y aura une réduction des détachements syndicaux dans le service public.



Deuxièmement, les règles sur les actions de grève seront durcies. A l'avenir, les grèves ne seront légales que si elles sont soutenues par une majorité de syndicalistes qui ont été appelés à l'action, alors que les syndicats devront poser un pré-avis précoce sur leurs intentions.



Troisièmement, les patrons auront à nouveau le droit de mettre les travailleurs en « lock out » en cas de luttes sociales.



Enfin, le gouvernement prévoit de revoir le financement des syndicats qui, en Grèce, comprend une partie importante de soutiens de la part de l'Etat, avec un système de cotisations obligatoires qui font partie du système de sécurité sociale.



Tout cela nous semble bien familier, et cela aura un impact majeur.



Ces exigences sont celles imposées par l'UE en échange des « plans de renflouement » orchestrés par la Troika : la BCE, le FMI et la Commission européenne.



Ces États-membres, au sein de la zone euro, avaient reçu l'injonction en des termes ne souffrant d'aucune équivoque qu' « ils ont besoin de contrôler les dépenses en s'assurant que leurs déficits annuels n'excéderont pas 0,3 % du PIB d'ici 2013 ».



Si c'est le cas, ils seront placés au sein du programme sur le dépassement du déficit et seront pénalisés en conséquence.



Les travailleurs à travers tout le continent on rejeté ces propositions. Des grèves générales répétées ont eu lieu au Portugal, en Grèce, en Espagne et en Irlande.



Les partis communistes et de gauche – d'Espagne, de France, du Portugal, de Chypre, d'Italie, d'Allemagne et de Grande-Bretagne – ont tous signé une déclaration affirmant que « la crise de l'Union européenne montre que l'UE n'est pas réformable et est, dans le fond, une structure néo-libérale et militariste ».



Au Portugal, en Grèce, en Italie et à Chypre, ces partis appellent à un retrait de la zone euro comme prélude à un démantèlement de l'Union européenne, et c'est pourquoi le RMT est fier de soutenir et parrainer notre mouvement « No2EU (Non à l'Union européenne) : oui aux candidats des droits des travailleurs pour les élections européennes du 22 mai ». Notre manifeste est simple et juste :



Oui aux droits des travailleurs

Sortie de l'UE sur la base de politiques socialistes.

Maintien de l'UE hors de la zone euro

Non à l'austérité d'où qu'elle vienne, de Bruxelles ou de Londres

Rejet des traités et des directives de l'UE qui remettent en cause la démocratie et encouragent le dumping social et la privatisation

Non aux accords commerciaux de l'UE, comme le Traité trans-atlantique avec les Etats-unis

Abandon des règlements de l'UE empêchant les Etats-membres de contrôler leurs politiques économiques

Développer une industrie, une agriculture et une pêche durables en Grande-Bretagne

Repousser les arrêts de l'UE contraires au monde du travail

Non au racisme et au fascisme, et oui à la solidarité internationale et aux travailleurs

Non à la militarisation de l'UE et à une armée européenne

Restaurer les pouvoirs démocratiques des Etats-membres de l'UE



Finalement, 4,1 millions d’Écossais pourront voter le 18 septembre, et nous aurons notre mot à dire sur notre sort futur.



Cependant, notre avenir réside-t-il dans l'Europe ou non ? Pouvons-nous vraiment avoir notre mot à dire sur notre propre sort ?



Les réponses à ces questions incombent à notre gouvernement en Écosse.



La motion 93 de mon syndicat au congrès cherche à obtenir du soutien pour un référendum sur l'Europe, si l’Écosse venait à voter pour l'indépendance.



Un référendum ultérieur sur l'Europe doit être vivement considéré pendant la période de transition. Laissons les Écossais avoir un mot à dire sur notre avenir, qu'il soit dans ou hors de l'Europe.



L'avenir est entre nos mains, et nous devons demander aux Écossais de tirer leurs propres conclusions raisonnables.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
commenter cet article
2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 06:00

notoeurail.jpgLes prix des billets de train ont triplé en Grande-Bretagne depuis la privatisation du rail, en 1994

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Pour combattre idéologiquement la « réforme ferroviaire » en France – qui ouvre la voie à la libéralisation-privatisation du rail – il est nécessaire de faire le bilan de la privatisation du rail dans un pays voisin, comparable : la Grande-Bretagne, pionnier du processus il y a 20 ans.

 

Combien ça coûte, une privatisation ? Le syndicat des transports britannique TSSA livre l'addition, salée en ce 1 er avril. Hélas, la blague est mauvaise : en moyenne les tarifs des lignes entre Londres et les grandes villes de province ont triplé depuis 1994.

 

1994, c'est la date de la privatisation du « British Rail », la SNCF britannique. « British Rail » est éclaté d'une part en 25 opérateurs privatisés (correspondant aux lignes de train), d'autre part en un gestionnaire d'infrastructures (« Railtrack ») lui-même privatisé en 1996.

 

Une privatisation inscrite dans le processus d'intégration européenne, et le respect de la directive 91/440 qui réclame la séparation du gestionnaire du réseau et des opérateurs, livrant les services de transport à la concurrence privée.

 

Les groupes privés nés de la privatisation des bus …

à l'assaut du rail britannique privatisé en 1994 !

 

Chacune des lignes urbaines, infra-régionales et inter-cités a été concédé à une multitude d'acteurs privés vite regroupés en monopoles britanniques – souvent issus de privatisations antérieures –, concurrencés par les grands monopoles européens, français, hollandais ou allemands.

 

Aujourd'hui, sur les cinq principales lignes, la East Coast main line (Londres-Edimbourg), Great Western main line (Londres-Cardiff), la Midland main line (Londres-Leeds) appartiennent à des groupes britanniques, respectivement « National express », « First Group » et « Stagecoach group ».

 

Ces trois entreprises se sont enrichies grâce à la privatisation des bus dans les années 1980. Privatiser un secteur (ici les bus), en créant une fausse concurrence, pour ensuite ouvrir les autres secteurs (là, le rail) à la concurrence privée, telle a été la stratégie poursuivie en Grande-Bretagne.

 

Les deux autres lignes sont entre les mains de monopoles multi-nationaux, c'est le cas de la « Great Eastern main line » (Londres-Norwich) qui appartient à la société des chemins de fer hollandaise (« Nederlandse spoorwagen ») et surtout le joyau de la « West Coast main line » (reliant Londres à Manchester, Liverpool, Glasgow) concédé à Virgin de Richard Branson.

 

Entre 141 et 245 % de hausse des tarifs

 

Le bilan se passe de commentaires, les prix ont augmenté entre 141 % et 245 % sur les dix principales lignes nationales entre 1994 et 2014, dépassant largement le taux d'inflation global (officiel) de 78 %.

 

Les records vont aux lignes gérées par « Virgin » : l'aller-retour libre (« anytime return ») entre Londres et Manchester s'élève à 321 £ (390 €!) en 2014 contre 93 £ (112 €) en 1994 ( + 245 %), le même trajet entre Londres et Liverpool revient à 300 £ contre 91 £ il y a 20 ans.

 

La liste est longue : aller à Bristol coûte désormais 193 £ (contre 56 £ en 1994, + 245 %), à Cardiff 213 £ (+ 209 %), Birmingham 164 £ (+ 204 %), Nottingham 160 £ (+ 182 %), Glasgow 352 £ (+ 179 %), Leeds 249 £ (+ 179 %), Newcastle 301 £ (+ 151 %), Edimbourg 304 £ (+ 141 %).

 

Les propos du secrétaire-général du syndicat des transports TSSA sonnent juste : « Cela prouve ce que chaque passager subit dans sa chair : l'industrie du chemin de privé privé nous spolie depuis vingt ans ».

 

Les tarifs du rail britannique sont désormais les plus chers d'Europe, ils sont en moyenne deux fois plus élevés qu'en France.

 

Tarifs prohibitifs, sécurité en berne, trains en retard, subventions publiques exorbitantes : l'enfer de la privatisation !

 

Le rapport publié par le Congrès des syndicats britanniques (TUC) en juin dernier : « The great train robbery » (le « grand hold-up du rail ») allait contre toutes les idées reçues, tout l'argumentaire fallacieux des privatiseurs il y a 20 ans :

 

Les investissements sont déficients du côté des investisseurs privés, le matériel roulant est de plus en plus vieux. Inquiétant quand on se souvient la vague d'accidents qui avait endeuillé le rail britannique au début des années 2000, au plus fort de la privatisation du secteur

 

Ce système fragmenté et anarchique est très coûteux (40 % de plus que le système français), c'est aussi un gouffre en subventions publiques (deux fois plus d'argent consacré aux projets d'infrastructures fructifiés par le privé).

 

On pourrait enfin ajouter que les trains sont de plus en plus en retard, un train sur six circule avec plus de 10 minutes de retard en Grande-Bretagne contre un sur dix en France : comme quoi Tchatcher n'a « pas fait arriver les trains à l'heure » !

 

La privatisation a surtout permis la domination de monopoles britanniques ou internationaux, souvent branche internationale des anciens ou actuels monopoles publics nationaux : « Nederlandse spoorwagen » hollandaise, « Deutsche bahn » allemande et SNCF française.

 

pendant ce temps la SNCF investit des milliards en Angleterre !

 

Pour la SNCF, c'est sa branche Keolis qui s'est occupé de se tailler une partie de plus en plus importante du réseau, la conquête de « parts de marché » ayant commencé en 2007, essentiellement par la mise en place de « joint ventures » (entreprises co-gérées par plusieurs maisons mères), notamment dans « Govia » avec le groupe britannique « Go-Ahead ».

 

Ainsi, Keolis s'occupe en partenariat de quatre ligne de trains : le Transpennine express (reliant les villes du nord), le London Midland (entre Londres et Birmingham), le Southern et le Southeastern faisant la liaison entre Londres et le sud de l'Angleterre.

 

En tout, la SNCF via Keolis contrôle désormais 4 500 km de réseau en Grande-Bretagne, 920 trains, 7 500 employés, pour un trafic annuel de 420 millions de passagers.

 

Et Keolis ne compte pas s'arrêter là. Il est en concurrence avec « Virgin » et « Stagecoach » pour récupérer une des cinq lignes majeures du pays : la « East coast main line » qui mène de Londres à Edimbourg, un contrat d'un milliard d'euros par an qui commence en 2015 … pour un réseau comparable au réseau Corail inter-cités français !

 

Qui peut encore prétendre après que les caisses sont vides à la SNCF et qu'il manque d'argent pour entretenir le réseau, garantir des prix accessibles et assurer aux salariés des conditions de travail décentes quand une filiale de la SNCF investit des milliards à l'étranger ?

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
commenter cet article
27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 06:29

let-teacher-learn.jpgLes enseignants britanniques massivement en grève contre une « réforme de l'école » qui achève la privatisation du secteur

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Trente ans après la grève des mineurs, la Grande-Bretagne vit encore au rythme des grèves : on se souvient des grèves étudiantes massives de 2011, aujourd'hui ce sont les postiers, cheminots, agents de métro et enseignants qui sont en lutte. Contre les privatisations, pour défendre leurs conditions de travail.

 

Ce mercredi 26 mars, plusieurs dizaines de milliers d'enseignants britanniques ont arrêté le travail, plusieurs milliers d'écoles primaires et d'établissements secondaires ont fermé leurs portes, paralysant la majorité des écoles du pays.

 

Ainsi, à titre d'exemple à Leeds 140 écoles ont fermé leurs portes soit la quasi-totalité des établissements de la ville, 70 à Liverpool, 70 également à Brighton, 96 à Oxford, 73 à Bolton, 51 à Hackney dans l'est de Londres. Au Pays de Galles, la moitié des écoles sont restées closes.

 

« Il faut faire tomber le Mur de Berlin entre écoles privées et publiques »

(le Ministre de l'Education Gove)

 

Cette grève convoquée par le premier syndicat enseignant, le NUT (National education of teachers) qui représente 350 000 enseignants, est une réponse à la « réforme » proposée par le ministre de l'Education conservateur Michael Gove.

 

Comme le souligne la secrétaire du NUT, Christine Blower : « Il fallait partir en grève. Nous sommes inquiets pour nos salaires, nos conditions de travail et surtout par le fait que nos écoles deviennent des usines à examen. », questionnant la privatisation des écoles britanniques.

 

Les slogans se sont concentrés sur la personne du ministre de l'Education, fervent défenseur des écoles privées : « Gove out » (Gove, dégage!), « Let teachers teach, let children learn, make gove listen » (Laissons les enseignants enseigner, les élèves apprendre, faisons nous entendre de Gove).

 

En effet, le Ministre Gove a précisé le 3 février dernier dans une école autonome, la « London Academy of Excellence » son projet, « faire tomber le Mur de Berlin entre écoles privées et écoles publiques », soit rapprocher les écoles publiques du mode de gestion des écoles privées.

 

Cela fait deux ans que Gove multiplie les déclarations de soutien aux « écoles privées », dénigre les piètres résultats de l' école publique prenant appui sur les fameux tests PISA.

 

L'an dernier, un mémo secret de M.Gove révélait son intention de libéraliser totalement le secteur des « académies », « écoles libres », jusqu'ici autonomes, semi-privées pour en faire des entités totalement privées, pouvant générer des profits.

 

Son projet signifie plus d'autonomie pour les écoles (y compris financière) avec son cortège de sélection, frais d'inscription et ségrégation ; et pour les enseignants allonger le temps de travail et ajuster le salaire à la « performance ». Travailler plus pour gagner moins.

 

Une attaque sans précédent contre le statut des professeurs :

travailler (10 %) plus pour gagner (10 %) moins !

 

Il ne fait pas bon être professeur en Grande-Bretagne en ces temps de crise. Les budgets d'austérité « axe and tax » (des coupes et des impôts) du ministre de l'économie Osborne n'ont pas épargné les enseignants, en dépit des déclarations publiques.

 

Entre 2011 et 2014, les enseignants ont été soumis au gel des salaires. Une baisse de salaire réel quand l'inflation se situe officiellement à 3 % en moyenne annuelle depuis 2011. La perte officielle de pouvoir d'achat, sur les trois ans, pour les enseignants dépasse les 10 %.

 

Payés moins, les enseignants britanniques travaillent de plus en plus, leur « charge de travail » atteint des proportions insoutenables si on y insère la préparation de cours, les tâches para-scolaires.

 

Les enseignants de primaire travaillent, en 2013, 59 h par semaine, les enseignants du secondaire 55 h en moyenne, hors vacances scolaires (entre 48 et 50 h annualisés).

 

En 2010, les chiffres étaient en primaire et en secondaire étaient de 50 h par semaine, soit une hausse de 10 à 20 % du temps du travail … pour un salaire diminué de 10 %.

 

En moyenne, certes, les enseignants passent un peu plus de 20 h en classe, mais 19 h pour préparer et corriger les copies, 7h pour gérer les contacts avec les enfants/parents, 4 h de gestion de groupe, 4 h de questions administratives, 3 h de formation professionnelle et d'étude.

 

Sans surprise, ces conditions inhumaines conduisent à ce que 40 % des enseignants anglais abandonnent le métier dans les cinq premières années, nombre de vieux enseignants l'abandonnent ultérieurement. La Grande-Bretagne présente le corps enseignant le plus jeune et le plus troublé psychologiquement (les fameux « burnouts ») de toute l'Union européenne.

 

Et le projet du gouvernement, c'est d'aller plus loin, plus loin dans la casse de la profession au nom de sa « flexibilisation », le ministre Gove appelant à s'aligner sur les écoles privées qui font travailler leurs élèves et enseignants de 8 à 10 h par jour.

 

Concrètement, le ministre a appelé à supprimer les mesures comprises dans le « statut » protégeant les enseignants :

 

temps de travail limité à 195 jours de travail par an, 1 265 h en classe, 10 % du temps de travail réservé au PPA (« Planification, préparation des cours, évaluation), pas de remplacement de collèges absents sans raison impérieuse, pas de tâches administratives routinières, pause du midi.

 

Ainsi, pour le Ministre, il faut supprimer toutes ces barrières car elles empêchent les « enseignants de montrer leur professionnalisme », sont « trop restrictives » et que leur interprétation « est source de préoccupation » (sic).

 

En effet, le gouvernement va simplifier les choses.

 

Un : il faudra travailler plus. L'âge de départ à la retraite, déjà reculé de 60 à 65 ans, sera maintenant repoussé jusqu'à 68 ans.

 

Etre enseignant en Angleterre à 68 ans, avec 60 h par semaine, c'est possible ? Le but est bien sûr de réduire les pensions, décourager les enseignants d'aller au bout de leur carrière couteuse pour l'Etat.

 

Deux : on sera payé moins, ou plutôt avec une « rémunération variable » : c'est la « rémunération à la performance » (PRP), déjà testé depuis la rentrée, qui permet aux chefs d'établissement de faire miroiter des hausses de salaire ou des primes conditionnés aux résultats.

 

Ce système permet de légitimer le gel des salaires et de l'avancement pour tous si ce n'est les baisses de salaire, la hausse du temps de travail (y compris para-scolaire) et même les licenciements des professeurs supposés incompétents. Actuellement, 75 % des enseignants s'opposent à ce système.

 

Trois : la remise en cause de la qualification des enseignants. En effet, le gouvernement cherche à imposer le remplacement des professeurs absents par d'autres professeurs de la même discipline ou non, au nom de la « polyvalence ».

 

Le recrutement par les chefs d'établissement de professeurs sans les qualifications adéquates se généralise pour les postes de remplacement. Il est désormais autorisé pour les personnels titulaires depuis l'an dernier dans les « Academies », ces écoles autonomes semi-publiques.

 

Le gouvernement a fait une vaste campagne dite « Enseigne d'abord » (Teach first), recrutant en CDD 1 500 jeunes diplômés, souvent boursiers, de haut niveau pour enseigner dans des zones difficiles.

 

Une expérience charitable mais qui légitime la précarisation des personnels, l'absence de formation et de qualification (puisque ces diplômés ne voient l'école que comme une parenthèse dans leur carrière dans le privé).

 

Dans le même temps, l'an dernier, 47 500 professeurs ont quitté l'enseignement, et un tiers des places au « School direct », le programme de formation pour les jeunes enseignants, n'ont pas été remplies, preuve de la désaffection pour le métier.

 

Quatre : plus d'autonomie pour les établissements, les chefs d'établissement devenant des « managers » décidant des temps de travail, du montant des salaires et primes, de l'organisation des tâches confiées au personnel enseignant.

 

Après l'autonomie, achever la privatisation des écoles

 

Car c'est là le cœur du projet du gouvernement conservateur : en finir avec l'éducation publique, aligner les conditions de travail sur celles du secteur privé en plein essor depuis les années 2000.

 

En effet, la Grande-Bretagne connaît le développement des « free schools » et « academies », ces établissements largement financés par l’État mais pouvant lever des fonds privés, à la gestion autonome, du personnel aux finances en passant par les conceptions pédagogiques.

 

Ces établissements sont nés en 2000 sous le nom d' « academies » créés par le gouvernement travailliste de Tony Blair, sous couvert de « préoccupations de gauche ».

 

Il s'agissait d'écoles autonomes, aux pratiques pédagogiques innovantes, aux moyens renforcés par des « sponsors » privés, pour lutter contre l'échec scolaire dans les quartiers en difficulté sociale.

 

A l'origine, elles devaient être 50 ou 60 écoles pilotes. Elles étaient déjà 200 en 2010.

 

Le « Academies act » de 2010, prévu par le gouvernement conservateur – avec la création de « free schools » et la possibilité pour les écoles publiques d'intégrer ce schéma – a permis leur explosion.

 

Ces « free schools » sont caractérisés par une plus grande liberté laissée à l'initiative privée, tant dans le financement par les sponsors que par la décision même d'en créer une, hors de tout contrôle des collectivités locales.

 

De 2010 à 2014 : de 200 écoles autonomes semi-privées à … 3 750 !

 

Aujourd'hui, en 2014, on compte 3 450 « academies » (15 fois plus qu'en 2010!) et 300 « free schools » recevant de généreuses subventions de l'Etat.

 

Cela fait tout de même près de 15 % des établissements scolaires en Grande-Bretagne, pour un phénomène encore inexistant il y a 10 ans.

 

A l'origine, elles devaient permettre aux enseignants, parents, associations de prendre le pouvoir dans leurs écoles, de décider de leur gestion, reprenant le thème de l'« auto-gestion » gauchiste, ou de l' « empowerment » propre aux mouvements alternatifs anglo-saxons ?

 

Dans les faits, c'est le « sponsor » privé qui décide dans la grande majorité des cas des cursus, programmes, recrutement d'élèves et de profs, contrôlant le CA (le « Trust board of directors ») et nommant le principal (« senior management team »). Money talks.

 

Dans l'immense majorité des établissements, on retrouve soit la prédominance d'un sponsor « religieux » ou « communautaire » qui impose souvent une sélection discriminante, des programmes rétrogrades, soit celle d'un sponsor « entrepreneurial », motivé par la recherche du profit, puisque le sponsor peut légalement exiger un retour sur investissement de 10 %.

 

A l'origine, ces « academies » devaient limiter les coûts de l'éducation pour l'Etat.

 

Or, l'Etat a dû verser cette année 2 milliards d'€ pour financer le développement de ces écoles, contre 700 millions de € prévus initialement. Le coût de création d'une « free school » a doublé par rapport aux estimations premières.

 

Dans le même temps, l'argent consacré aux écoles a chuté de 20 %, par la réduction des subventions aux collectivités locales qui assurent une partie importante du financement des écoles.

 

Alors que le ministre de l'Education loue les « free schools », les « academies » pour leur excellence académique, le résultat est beaucoup plus mitigé.

 

Pratiquant la sélection (sociale et académique) pour les meilleures d'entre elles, donc logiquement porté vers l'excellence indépendamment de la qualité des structures, la plupart d'entre elles sont plus des machines à faire du profit, à gaspiller l'argent public, avec une qualité d'enseignement médiocre.

 

Par ailleurs, la « liberté de choix » de l'établissement par les parents a abouti de fait à un choix des élèves et des parents par les chefs d'établissement.

 

Ainsi, la première étude sérieuse réalisée par le professeur Stephen Gorard, de l'université de Durham, révèle que ce système des « Académies » renforce la ségrégation entre riches et pauvres :

 

« La ségrégation par la pauvreté est la plus forte dans les régions où il y a le moins d'écoles classiques, et la plus faible dans les régions où il y a peu d'écoles autonomes, sélectives, de fondations, de collèges technologiques autonomes ou d'académies ».

 

« Si vous voulez moins de ségrégation, alors n'ayez pas différents types d'écoles » conclut-il.

 

Ainsi, en 2006, les « académies pilote » de l'autonomie se révélaient, pour moitié d'entre elles, parmi les pires établissements d'Angleterre pour les résultats au GCSE, l'équivalent du brevet des collèges.

 

Désormais, le ministre de l’Éducation, tout en continuant à financer le développement des « écoles autonomes », cherche à élargir ce modèle à toutes les écoles publiques, encouragées à adopter ce statut de « free school », « academy » ou « foundation school ».

 

Dans le même temps, il amplifie la privatisation des services dans les « academies », « free schools » financés majoritairement par l'Etat : un plan de privatisation de tous les services non-enseignants dans 80 établissements a récemment été dévoilé, un contrat d'un montant de 550 millions d'euros. Un marché plus que juteux.

 

Le modèle de privatisation des écoles anglaises peut nous être instructif, d'abord (1) créer (grâce aux socialistes!) des « poissons pilotes » de l'autonomie avec quelques établissements innovants, auto-gérés.

 

Puis (2) créer un vaste secteur privé – mais financé par l'Etat – d' « écoles autonomes » qui font concurrence au secteur public en sélectionnant les meilleurs élèves, en collectant des fonds privés substantiels, en bénéficiant de fonds publics abondants.

 

Enfin (3), déclarer le secteur public en faillite, et justifier son passage au régime privé : sélection à l'entrée, flexibilisation du temps de travail et des rémunérations, déqualification du personnel, course aux résultats et baisse de la qualité de la formation.

 

Que ce soit avec le dispositif « Eclair » lancé par la droite, aujourd'hui avec les « REP » proposés par Peillon, l'idée d'instaurer des « établissements pilote » de l'autonomie est toujours dans les cartons : restons vigilants, apprenons des expériences étrangères.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
commenter cet article