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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 06:29

let-teacher-learn.jpgLes enseignants britanniques massivement en grève contre une « réforme de l'école » qui achève la privatisation du secteur

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Trente ans après la grève des mineurs, la Grande-Bretagne vit encore au rythme des grèves : on se souvient des grèves étudiantes massives de 2011, aujourd'hui ce sont les postiers, cheminots, agents de métro et enseignants qui sont en lutte. Contre les privatisations, pour défendre leurs conditions de travail.

 

Ce mercredi 26 mars, plusieurs dizaines de milliers d'enseignants britanniques ont arrêté le travail, plusieurs milliers d'écoles primaires et d'établissements secondaires ont fermé leurs portes, paralysant la majorité des écoles du pays.

 

Ainsi, à titre d'exemple à Leeds 140 écoles ont fermé leurs portes soit la quasi-totalité des établissements de la ville, 70 à Liverpool, 70 également à Brighton, 96 à Oxford, 73 à Bolton, 51 à Hackney dans l'est de Londres. Au Pays de Galles, la moitié des écoles sont restées closes.

 

« Il faut faire tomber le Mur de Berlin entre écoles privées et publiques »

(le Ministre de l'Education Gove)

 

Cette grève convoquée par le premier syndicat enseignant, le NUT (National education of teachers) qui représente 350 000 enseignants, est une réponse à la « réforme » proposée par le ministre de l'Education conservateur Michael Gove.

 

Comme le souligne la secrétaire du NUT, Christine Blower : « Il fallait partir en grève. Nous sommes inquiets pour nos salaires, nos conditions de travail et surtout par le fait que nos écoles deviennent des usines à examen. », questionnant la privatisation des écoles britanniques.

 

Les slogans se sont concentrés sur la personne du ministre de l'Education, fervent défenseur des écoles privées : « Gove out » (Gove, dégage!), « Let teachers teach, let children learn, make gove listen » (Laissons les enseignants enseigner, les élèves apprendre, faisons nous entendre de Gove).

 

En effet, le Ministre Gove a précisé le 3 février dernier dans une école autonome, la « London Academy of Excellence » son projet, « faire tomber le Mur de Berlin entre écoles privées et écoles publiques », soit rapprocher les écoles publiques du mode de gestion des écoles privées.

 

Cela fait deux ans que Gove multiplie les déclarations de soutien aux « écoles privées », dénigre les piètres résultats de l' école publique prenant appui sur les fameux tests PISA.

 

L'an dernier, un mémo secret de M.Gove révélait son intention de libéraliser totalement le secteur des « académies », « écoles libres », jusqu'ici autonomes, semi-privées pour en faire des entités totalement privées, pouvant générer des profits.

 

Son projet signifie plus d'autonomie pour les écoles (y compris financière) avec son cortège de sélection, frais d'inscription et ségrégation ; et pour les enseignants allonger le temps de travail et ajuster le salaire à la « performance ». Travailler plus pour gagner moins.

 

Une attaque sans précédent contre le statut des professeurs :

travailler (10 %) plus pour gagner (10 %) moins !

 

Il ne fait pas bon être professeur en Grande-Bretagne en ces temps de crise. Les budgets d'austérité « axe and tax » (des coupes et des impôts) du ministre de l'économie Osborne n'ont pas épargné les enseignants, en dépit des déclarations publiques.

 

Entre 2011 et 2014, les enseignants ont été soumis au gel des salaires. Une baisse de salaire réel quand l'inflation se situe officiellement à 3 % en moyenne annuelle depuis 2011. La perte officielle de pouvoir d'achat, sur les trois ans, pour les enseignants dépasse les 10 %.

 

Payés moins, les enseignants britanniques travaillent de plus en plus, leur « charge de travail » atteint des proportions insoutenables si on y insère la préparation de cours, les tâches para-scolaires.

 

Les enseignants de primaire travaillent, en 2013, 59 h par semaine, les enseignants du secondaire 55 h en moyenne, hors vacances scolaires (entre 48 et 50 h annualisés).

 

En 2010, les chiffres étaient en primaire et en secondaire étaient de 50 h par semaine, soit une hausse de 10 à 20 % du temps du travail … pour un salaire diminué de 10 %.

 

En moyenne, certes, les enseignants passent un peu plus de 20 h en classe, mais 19 h pour préparer et corriger les copies, 7h pour gérer les contacts avec les enfants/parents, 4 h de gestion de groupe, 4 h de questions administratives, 3 h de formation professionnelle et d'étude.

 

Sans surprise, ces conditions inhumaines conduisent à ce que 40 % des enseignants anglais abandonnent le métier dans les cinq premières années, nombre de vieux enseignants l'abandonnent ultérieurement. La Grande-Bretagne présente le corps enseignant le plus jeune et le plus troublé psychologiquement (les fameux « burnouts ») de toute l'Union européenne.

 

Et le projet du gouvernement, c'est d'aller plus loin, plus loin dans la casse de la profession au nom de sa « flexibilisation », le ministre Gove appelant à s'aligner sur les écoles privées qui font travailler leurs élèves et enseignants de 8 à 10 h par jour.

 

Concrètement, le ministre a appelé à supprimer les mesures comprises dans le « statut » protégeant les enseignants :

 

temps de travail limité à 195 jours de travail par an, 1 265 h en classe, 10 % du temps de travail réservé au PPA (« Planification, préparation des cours, évaluation), pas de remplacement de collèges absents sans raison impérieuse, pas de tâches administratives routinières, pause du midi.

 

Ainsi, pour le Ministre, il faut supprimer toutes ces barrières car elles empêchent les « enseignants de montrer leur professionnalisme », sont « trop restrictives » et que leur interprétation « est source de préoccupation » (sic).

 

En effet, le gouvernement va simplifier les choses.

 

Un : il faudra travailler plus. L'âge de départ à la retraite, déjà reculé de 60 à 65 ans, sera maintenant repoussé jusqu'à 68 ans.

 

Etre enseignant en Angleterre à 68 ans, avec 60 h par semaine, c'est possible ? Le but est bien sûr de réduire les pensions, décourager les enseignants d'aller au bout de leur carrière couteuse pour l'Etat.

 

Deux : on sera payé moins, ou plutôt avec une « rémunération variable » : c'est la « rémunération à la performance » (PRP), déjà testé depuis la rentrée, qui permet aux chefs d'établissement de faire miroiter des hausses de salaire ou des primes conditionnés aux résultats.

 

Ce système permet de légitimer le gel des salaires et de l'avancement pour tous si ce n'est les baisses de salaire, la hausse du temps de travail (y compris para-scolaire) et même les licenciements des professeurs supposés incompétents. Actuellement, 75 % des enseignants s'opposent à ce système.

 

Trois : la remise en cause de la qualification des enseignants. En effet, le gouvernement cherche à imposer le remplacement des professeurs absents par d'autres professeurs de la même discipline ou non, au nom de la « polyvalence ».

 

Le recrutement par les chefs d'établissement de professeurs sans les qualifications adéquates se généralise pour les postes de remplacement. Il est désormais autorisé pour les personnels titulaires depuis l'an dernier dans les « Academies », ces écoles autonomes semi-publiques.

 

Le gouvernement a fait une vaste campagne dite « Enseigne d'abord » (Teach first), recrutant en CDD 1 500 jeunes diplômés, souvent boursiers, de haut niveau pour enseigner dans des zones difficiles.

 

Une expérience charitable mais qui légitime la précarisation des personnels, l'absence de formation et de qualification (puisque ces diplômés ne voient l'école que comme une parenthèse dans leur carrière dans le privé).

 

Dans le même temps, l'an dernier, 47 500 professeurs ont quitté l'enseignement, et un tiers des places au « School direct », le programme de formation pour les jeunes enseignants, n'ont pas été remplies, preuve de la désaffection pour le métier.

 

Quatre : plus d'autonomie pour les établissements, les chefs d'établissement devenant des « managers » décidant des temps de travail, du montant des salaires et primes, de l'organisation des tâches confiées au personnel enseignant.

 

Après l'autonomie, achever la privatisation des écoles

 

Car c'est là le cœur du projet du gouvernement conservateur : en finir avec l'éducation publique, aligner les conditions de travail sur celles du secteur privé en plein essor depuis les années 2000.

 

En effet, la Grande-Bretagne connaît le développement des « free schools » et « academies », ces établissements largement financés par l’État mais pouvant lever des fonds privés, à la gestion autonome, du personnel aux finances en passant par les conceptions pédagogiques.

 

Ces établissements sont nés en 2000 sous le nom d' « academies » créés par le gouvernement travailliste de Tony Blair, sous couvert de « préoccupations de gauche ».

 

Il s'agissait d'écoles autonomes, aux pratiques pédagogiques innovantes, aux moyens renforcés par des « sponsors » privés, pour lutter contre l'échec scolaire dans les quartiers en difficulté sociale.

 

A l'origine, elles devaient être 50 ou 60 écoles pilotes. Elles étaient déjà 200 en 2010.

 

Le « Academies act » de 2010, prévu par le gouvernement conservateur – avec la création de « free schools » et la possibilité pour les écoles publiques d'intégrer ce schéma – a permis leur explosion.

 

Ces « free schools » sont caractérisés par une plus grande liberté laissée à l'initiative privée, tant dans le financement par les sponsors que par la décision même d'en créer une, hors de tout contrôle des collectivités locales.

 

De 2010 à 2014 : de 200 écoles autonomes semi-privées à … 3 750 !

 

Aujourd'hui, en 2014, on compte 3 450 « academies » (15 fois plus qu'en 2010!) et 300 « free schools » recevant de généreuses subventions de l'Etat.

 

Cela fait tout de même près de 15 % des établissements scolaires en Grande-Bretagne, pour un phénomène encore inexistant il y a 10 ans.

 

A l'origine, elles devaient permettre aux enseignants, parents, associations de prendre le pouvoir dans leurs écoles, de décider de leur gestion, reprenant le thème de l'« auto-gestion » gauchiste, ou de l' « empowerment » propre aux mouvements alternatifs anglo-saxons ?

 

Dans les faits, c'est le « sponsor » privé qui décide dans la grande majorité des cas des cursus, programmes, recrutement d'élèves et de profs, contrôlant le CA (le « Trust board of directors ») et nommant le principal (« senior management team »). Money talks.

 

Dans l'immense majorité des établissements, on retrouve soit la prédominance d'un sponsor « religieux » ou « communautaire » qui impose souvent une sélection discriminante, des programmes rétrogrades, soit celle d'un sponsor « entrepreneurial », motivé par la recherche du profit, puisque le sponsor peut légalement exiger un retour sur investissement de 10 %.

 

A l'origine, ces « academies » devaient limiter les coûts de l'éducation pour l'Etat.

 

Or, l'Etat a dû verser cette année 2 milliards d'€ pour financer le développement de ces écoles, contre 700 millions de € prévus initialement. Le coût de création d'une « free school » a doublé par rapport aux estimations premières.

 

Dans le même temps, l'argent consacré aux écoles a chuté de 20 %, par la réduction des subventions aux collectivités locales qui assurent une partie importante du financement des écoles.

 

Alors que le ministre de l'Education loue les « free schools », les « academies » pour leur excellence académique, le résultat est beaucoup plus mitigé.

 

Pratiquant la sélection (sociale et académique) pour les meilleures d'entre elles, donc logiquement porté vers l'excellence indépendamment de la qualité des structures, la plupart d'entre elles sont plus des machines à faire du profit, à gaspiller l'argent public, avec une qualité d'enseignement médiocre.

 

Par ailleurs, la « liberté de choix » de l'établissement par les parents a abouti de fait à un choix des élèves et des parents par les chefs d'établissement.

 

Ainsi, la première étude sérieuse réalisée par le professeur Stephen Gorard, de l'université de Durham, révèle que ce système des « Académies » renforce la ségrégation entre riches et pauvres :

 

« La ségrégation par la pauvreté est la plus forte dans les régions où il y a le moins d'écoles classiques, et la plus faible dans les régions où il y a peu d'écoles autonomes, sélectives, de fondations, de collèges technologiques autonomes ou d'académies ».

 

« Si vous voulez moins de ségrégation, alors n'ayez pas différents types d'écoles » conclut-il.

 

Ainsi, en 2006, les « académies pilote » de l'autonomie se révélaient, pour moitié d'entre elles, parmi les pires établissements d'Angleterre pour les résultats au GCSE, l'équivalent du brevet des collèges.

 

Désormais, le ministre de l’Éducation, tout en continuant à financer le développement des « écoles autonomes », cherche à élargir ce modèle à toutes les écoles publiques, encouragées à adopter ce statut de « free school », « academy » ou « foundation school ».

 

Dans le même temps, il amplifie la privatisation des services dans les « academies », « free schools » financés majoritairement par l'Etat : un plan de privatisation de tous les services non-enseignants dans 80 établissements a récemment été dévoilé, un contrat d'un montant de 550 millions d'euros. Un marché plus que juteux.

 

Le modèle de privatisation des écoles anglaises peut nous être instructif, d'abord (1) créer (grâce aux socialistes!) des « poissons pilotes » de l'autonomie avec quelques établissements innovants, auto-gérés.

 

Puis (2) créer un vaste secteur privé – mais financé par l'Etat – d' « écoles autonomes » qui font concurrence au secteur public en sélectionnant les meilleurs élèves, en collectant des fonds privés substantiels, en bénéficiant de fonds publics abondants.

 

Enfin (3), déclarer le secteur public en faillite, et justifier son passage au régime privé : sélection à l'entrée, flexibilisation du temps de travail et des rémunérations, déqualification du personnel, course aux résultats et baisse de la qualité de la formation.

 

Que ce soit avec le dispositif « Eclair » lancé par la droite, aujourd'hui avec les « REP » proposés par Peillon, l'idée d'instaurer des « établissements pilote » de l'autonomie est toujours dans les cartons : restons vigilants, apprenons des expériences étrangères.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 06:31

solidarity-londonSuites de la grève historique du métro de Londres : la fermeture de tous les guichets bloquée, la lutte paye !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Voir l'article sur cette grève historique : Le métro de Londres paralysé par une grève massive contre la suppression de tous les guichets !

 

Nous avions fait compte-rendu de la grève historique des 5 et 6 février qui avait paralysé le métro londonien. La lutte a payé, la Mairie de Londres a dû reculer sur le plan de fermeture de tous les guichets. Rien n'est fini, le syndicat de classe RMT reste sur le qui-vive.

 

Depuis un mois, c'est la « bataille de Londres » entre d'un côté le gouvernement, la Mairie de Londres. De l'autre, les travailleurs du métro menés par le syndicat de classe RMT, soutenus par une majorité de Londoniens.

 

L'enjeu du conflit un plan de suppression de tous les guichets de métro, avec suppression de 953 postes aux guichets, mais aussi à la maintenance, à la sécurité, à l'entretien du réseau. Le Maire de Londres avance une économie de 50 millions de £.

 

La grève du 5 et du 6 février, menée par le RMT, a paralysé 70 % du réseau de métro londonien. Le patronat a crié au préjudice financier, arguant de 50 millions de £ de perte par jour de grève, le Premier ministre Cameron a qualifié la grève de« honteuse ».

 

Le Maire de Londres obligé de reculer sur la fermeture intégrale des guichets !

 

Le syndicat RMT a tenu bon et était prêt à partir pour une seconde grève de 48 h, les 11 et 12 février, s'appuyant sur le soutien à la grève des deux-tiers des Londoniens.

 

Effrayé, le Maire de Londres – sous pression patronale et gouvernementale – a reculé. Lui qui avait annoncé son plan de suppression de postes, de fermeture des guichets de façon unilatérale, a finalement proposé d'ouvrir des négociations, à partir du 12 février.

 

La direction du « Métro de Londres » a accepté « d'ouvrir de profondes négociations avec les syndicats » jusqu'au 4 avril, avec notamment « une discussion sur un plan de révision des fermetures de guichets, site par site, avec proposition qu'une partie des guichets restent ouverts ».

 

Certes, rien n'est gagné, la Mairie de Londres, l'agence de transport régionale (TfL – Transport for London) veulent imposer des coupes drastiques, la fermeture de la plupart des guichets. RMT se bat pour le maintien de tous les postes, tous les guichets.

 

Toutefois, le projet est pour l'instant bloqué, un temps est laissé pour faire monter la mobilisation.

 

Des dernières nouvelles des négociations, les propositions de la direction n'offrirait que des miettes ne satisferaient pas les représentants du RMT qui. cherchent désormais à remobiliser les troupes pour relancer un mouvement de grève en avril.

 

JO de Londres, privatisation, tarifs exorbitants : à qui profite le crime ?

 

C'est la guerre des chiffres depuis le début du mouvement de grève.

 

Alors que le Maire de Londres méprisait les grévistes pour leur « combat rétrograde », arguant que seuls 3 % des usagers utilisaient les guichets – soit tout de même 100 000 personnes par jour.

 

Les derniers chiffres révélés par le site « Full Fact », selon les données de l'agence régionale TfL, montrent que 3 millions de tickets sont vendus chaque mois aux guichets, ce qui serait en fait 20 % des ventes totales.

 

Loin d'être un détail, surtout quand les personnes les plus vulnérables sont concernées.

 

Surtout, le syndicat de classe RMT montre l'hypocrisie du discours sur les « coupes nécessaires », les « licenciements douloureux », pour faire 9 milliards de £ d'économies d'2020 :

 

  • les projets de transport des JO de Londres ont coûté 8,5 milliards de £. De l'argent public dépensé pour des projets superflus, exploités par des opérateurs privés/étrangers (ex : c'est Keolis, filiale de la SNCF, qui gère la nouvelle ligne « Javelin » menant au village olympique!)

 

  • les tarifs des transports urbains sont les plus élevés au monde. Il faut compter 250 € pour un pass zone 1-6 à Londres, contre 115 € à Paris. Les prix au ticket se sont envolés de 120 % depuis dix ans ;

     

  • les privatisations ont été un jackpot pour les entreprises privées. Prenons un exemple, la privatisation du réseau en PPP entre 2003 et 2010, confiés à Bombardier, Siemens ou Alcatel. Finalement le réseau a dû être récupéré par la Mairie, ce qui lui a coûté 310 millions de £, avec une dette héritée de 1,7 milliards de £. Encore aujourd'hui, la maintenance, mais aussi l'intégralité des lignes de tramways et de bus sont confiées au privé, combien cela coûte chaque année à la collectivité ?

 

Quand on sait qu'à l'horizon 2020, la Mairie envisage de licencier et sous-traiter la quasi-totalité du personnel, avecun métro automatique sans conducteur, aucun personnel de soutien dans les stations et une main d’œuvre flexible en « contrat zéro heure », sous-traitée au privé pour la maintenance, il y a de quoi s'inquiéter !

 

 

Solidarité avec nos camarades du RMT – qui a rejoint la Fédération syndicale mondiale (FSM), confédération internationale des syndicats de classe en 2013 – leur combat est le nôtre !

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 06:55

solidarity-london.jpgLe métro de Londres paralysé par une grève massive contre la suppression de tous les guichets !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La grève de 48 heures qui a totalement paralysé le métro de Londres a suscité les foudres du patronat et … de David Cameron qui a condamné la grève à la Chambre des Communes. Un mouvement contre la suppression des guichets bénéficie pourtant du soutien des Londoniens.

 

La grève des 5 et 6 février a surpris le patronat, la mairie de Londres et jusqu'au gouvernement par son ampleur : 70 % du trafic paralysé, des dizaines de stations fermées, pour une grève lancée à l'appel du syndicat de classe des travailleurs des transport, le RMT.

 

Le syndicat des transports RMT en grève contre David Cameron, le maire de Londres, le patronat … mais avec le soutien des Londoniens

 

Le pouvoir a déversé son flot de calomnies anti-grève. Le maire de Londres a qualifié la grève de « totalement injustifiée », le premier ministre à la Chambre des Communes de « honteuse », invectivant le leader du syndicat RMT « Bob Crow qui a tort sur tout et doit arrêter la grève » (!).

 

Le patronat britannique y a rajouté une couche, estimant que les entreprises perdaient 50 millions de £ (70 millions d'€) par jour de grève, publiant une facture virtuelle de 200 millions pour les deux jours de grève, plus la grève prévue pour le 12 et le 13 février

 

Et pourtant ...la population londonienne soutient la grève. Selon un sondage de l'organisme Survation, 65 % des Londoniens trouvent la grève justifiée et sont préoccupés par les plans de coupes dans les services de métro prévues par l'Autorité du « Grand Londres »

 

Supprimer tous les guichets d'ici l'an prochain : cela ne passe pas !

 

Car le « Grand Londres » a décidé de trancher dans le service sous prétexte d'austérité : avec la suppression immédiate de 953 postes de guichetiers, de techniciens de maintenance, de personnel de sécurité … et la suppression de tous les guichets d'ici 2015 !

 

Selon le maire Boris Johnson, cette mesure devrait rapporter 50 millions de £ au prix du service rendu encore à près de 100 000 Londoniens qui utilisent chaque jour les guichets.

 

Quand on pense qu'il s'était fait élire en 2008 sur la promesse de ne pas supprimer les guichets de métro. Aujourd'hui, il répond avec cynisme : « Oui, mais à l'époque il n'y avait même pas le I-Pod. Depuis la technologie évolue, le monde avance, plus personne n'utilise les guichets ! ».

 

Le RMT – ainsi que l'autre syndicat TSSA – n'a pas cédé aux intimidations : 77 % des travailleurs ont voté la grève en janvier. Le syndicat de classe a réussi à empêcher les conducteurs du syndicat réformiste ASLEF (affilié au Parti travailliste) de traverser les piquets de grève.

 

Plus significatif, sa campagne de mobilisation auprès des usagers, des travailleurs des autres secteurs a réussi à sensibiliser l'opinion et à désamorcer la campagne « anti-grève » virulente du pouvoir.

 

La privatisation sous prétexte de « Grand Londres » au banc des accusés : sécurité au rabais, envolée des prix, profits privés et coûts publics

 

L'argumentation du RMT est implacable. Elle pointe dans la « métropolisation », la création du « Grand Londres » en 2000 un outil au service de la politique de privatisation des transports menée depuis les années 1990, avec des conséquences catastrophiques.

 

La privatisation du rail en Grande-Bretagne, ce sont les tarifs les plus élevés au monde (2 x plus chers qu'en France !), des trains qui n'arrivent plus à l'heure, un matériel vieillissant, des accidents meurtriers, des investissements publics lourds pour des profits privés pour les monopoles.

 

A Londres, cela a pris une forme particulière. C'est le « Grand Londres » institué en 2000, dépossédant les communes de l'agglomération de leur pouvoir, récupérant les compétences de transport en premier lieu. Une maquette pour le « Grand Paris » parisien !

 

Ce pouvoir sur les transports s'exerce via un organisme non-élu, dont les directeurs sont nommés par le Maire : Transport for London (TFL) au champ d'action régional, chargé de gérer le réseau de métro, de trains régionaux, de bus et de tramways (« light rail »).

 

C'est ce passage au « Grand Londres », avec la création d'organismes non-responsables qui a permis que l'exploitation des lignes de bus et de tramways soit entièrement privatisée, tout comme les services de maintenance … tandis que le réseau coûteux est géré par le public !

 

C'est ce scandale de la privatisation qu'a voulu dénoncer le RMT pendant cette grève, dans un réquisitoire accablant : sécurité au rabais et mort au tournant, prix qui s'envolent et service dégradé, coût pour la collectivité et profits privés.

 

La sécurité au rabais, c'est la multiplication des accidents depuis les années 2000. Un exemple frappant, le 2 avril 2007 un homme était tué par le Tramway (« Light railway ») des Docklands : percuté par un train sans conducteur, dans une station sans personnel.

 

Histoire en parallèle qui avait fait la une des tabloïds en septembre 2012, un enfant de huit ans avait été sauvé sur la ligne de métro Jubilee, à la station Stanmore par un agent du nettoiement qui s'est précipité sur les voies. Le conducteur les a vus et arrêté le train à temps, évitant le drame.

 

Les prix qui s'envolent, cette année c'est une hausse de 3 % des transports. Depuis 2000, le prix du ticket de bus – le service étant totalement privatisé – zone 1 a été multiplié par 150 % (de 1 £ à 2,5£), celui du ticket journalier de métro zone 1-4 par 120 % (de 2,6 £ à 5,70 £).

 

Grâce à la privatisation, les prix des transports à Londres sont désormais les plus chers d'Europe : comptez 250 € par mois à Londres pour un pass zone 1-6, contre 113 € à Paris ou 97 € à Berlin.

 

Enfin, un coût exorbitant pour des profits privés. Difficile de pouvoir faire la comparaison du sur-coût de l'opération, de la maintenance actuelle du réseau. Mais on peut le faire pour un cas : celui du Partenariat public-privé (PPP) pour la gestion du réseau conclu en 2002.

 

Cette gestion fut une faillite complète. Les opérateurs privés profitèrent de l'appel d'offres public pour empocher le marché juteux, parmi eux : le canadien Bombardier, le français Alcatel, l'allemand Siemens réunis dans des consortiums tels Metronet ou Tuberail.

 

L'autorité régionale des transports promettait 15 milliards de £ d'investissements sur 15 ans … tout en garantissant aux opérateurs privés d'amortir 90 % de leurs coûts, même en cas d'échec, mettant à leur service 7 500 personnels de maintenance, d'équipement.

 

Dans la pratique, les investissements ne dépassèrent pas les 450 millions de £ par an, moitié moins que prévu, et furent en charge à près de 40 % par le secteur public. Les opérateurs privés réalisèrent un profit hebdomadaire estimé à 1 million de £.

 

Devant la faillite du programme, « Transport for London », c'est-à-dire la collectivité publique, a dû récupérer le réseau en 2007, rachetant les lignes pour 310 millions de £ tout en récupérant une dette de 1,7 milliard de £.

 

Et ce pillage public au profit du secteur privé ne fait que commencer, le maire de Londres annonce 9 milliards de £ de coupes d'ici 2021 (200 fois celles prévues en 2014!)

 

Le projet est de faire un métro automatique sans conducteur, aucun personnel de soutien dans les stations et une main d’œuvre flexible en « contrat zéro heure », sous-traitée au privé pour la maintenance !

 

« Euro 2016 », « Grand Paris », « Réforme ferroviaire » : que cela nous serve d'avertissement !

 

Paraît-il que les caisses sont vides à Londres, l'argument sonne creux dans la capitale anglaise qui a dépensé 13 milliards d'argent public pour les JO de 2012 – partagés dans des contrats juteux pour 1 500 entreprises privées.

 

De cette somme, 8 milliards furent consacrés aux transports, à peu près la somme qu'on se propose d'économiser aux Londoniens d'ici 2020 en supprimant des services publics.

 

Pour des investissements peu utiles à la vie des Londoniens, centrés sur les sites olympiques : les nouvelles stations autour de Stratford (le site olympique) ou la ligne de métro rapide « Javelot » reliant la gare à Stratford confiée à un opérateur privé … Keolis, filiale de la SNCF !

 

Ceci constitue un avertissement pour nous Français, franciliens, parisiens à l'heure du « Grand Paris », de la « réforme ferroviaire » ou encore de l' « Euro 2016 » de football :

 

en Grande-Bretagne, ce furent les outils de la privatisation, avec son cortège de catastrophes sécuritaires, d'envol des prix et de dette publique.

 

 

Solidarité en tout cas avec nos camarades du RMT, syndicat de classe combatif, sa lutte à Londres est la nôtre à Paris !

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 07:37

cpbtake-the-power-webHausse de 10 % des tarifs de l'énergie en Grande-Bretagne : nationalisation et rupture avec l'UE, la seule issue pour les communistes



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Comme dans le chemin de fer, la Grande-Bretagne a été le laboratoire de la dite libéralisation, en réalité privatisation du secteur énergétique. Les conséquences : hausse des prix, précarité énergétique, sous-investissement et profits record.



1989 : the Electricity Act, la « libéralisation » du secteur de l'énergie, euphémisme pour caractériser la casse du monopole public de « British Gas » sur l'électricité et le gaz, sa privatisation et l'ouverture à la concurrence des monopoles privés britanniques et surtout européens.



Vingt-cinq ans après, les promesses sont loin. En octobre 2013, « British Gas » vient d'annoncer une nouvelle hausse des tarifs, 10,4 % pour l'électricité, 8,4 % pour le gaz. Soit en moyenne une hausse de 160 € de la facture energétique par ménage.



Depuis 2011, « British Gas » a augmenté ses tarifs de gaz de 50 %, ceux d'électricité de 40%. Ils affecteront plus de 20 millions de clients restés fidèle à l'ancien monopole.



Et la concurrence ? Créée de toute pièce après la privatisation du British Gas, elle se réduit aujourd'hui à six monopoles (le « Big six ») qui contrôlent 99% du marché.



Ce sont les monopoles britanniques SSE et Scottish power privatisés après 1989, et les monopoles européens : les allemands E.ON et RWE, et le français EDF. Contrairement au mythe de la concurrence qui écrase les prix, l'entente entre monopoles conduit à la hausse générale des prix.



Depuis 2011, la hausse moyenne des tarifs de l'énergie est de 21% pour RWE et EDF, 25% pour Scottish power et E.On, 30% pour SSE. L'argument avancé par les compagnies, la hausse du cours des matières premières et du coût des investissements, tombe face aux résultats annoncés.



Encore une hausse de 10% des profits au premier semestre pour British Gas, Scottish Power a multiplié par deux ses profits l'an dernier ( de 450 à 900 millions d'€) tandis qu'EDF, que nous connaissons bien, a quadruplé ses bénéfices entre 2011 et 2013, de 1 à 4 milliards d'euros.



Si on prend l'exemple de Centrica, propriétaire de British Gas, 61% de leurs profits sont reversés en dividendes pour les actionnaires. Ses « investissements » consistent dans le rachat d'infrastructures, de blocs d'exploitation à l'étranger.



Dernières opérations en date, le rachat (en partenariat avec le Qatar) pour 1 milliard de $ des actifs de Suncor dans l'ouest du Canada, après celui du principal opérateur dans l'Est américain, Hess pour 800 millions de $. Enfin l'acquisition auprès de Total de ses infrastructures et de son porte-feuille en Mer du nord pour 300 millions de $.



En une année, 2 milliards de $ en investissements à l'étranger, dans un pur objectif de rentabilité, plutôt que d'investir dans la rénovation d'un réseau britannique vieillissant.



Pour les Britanniques, les conséquences sont désastreuses. De plus en plus de ménages doivent faire un choix entre se chauffer et manger : 23% des Britanniques selon une enquête de la campagne « Energy bill revolution ».



Entre 2003 et 2013, même si la guerre des chiffres fait rage entre le gouvernement et les associations, on est passé de 2 à 6 millions de ménages en « précarité énergétique » (fuel poverty), ménages consacrant plus de 10 % à leurs factures d'électricité.



D'après l'association « Stop fuel poverty », se basant sur les chiffres des organismes de statistiques gouvernementaux, les hausses actuelles des tarifs pourraient placer d'ici 2016 9 millions de Britanniques sous ce seuil, soit un ménage sur trois.



Pour les communistes britanniques, une solution : la nationalisation … mais en rompant avec l'UE du capital



La hausse des tarifs fait scandale. Les réactions de la droite se drapent dans une morgue de classe. Les dirigeants de British Gas ont conseillé de moins faire tourner le chauffage, David Cameron a ainsi conseillé aux Britanniques de « bien se couvrir » et de « porter des pull-over ».



Le chef de l'opposition travailliste, Ed Miliband, apôtre du « capitalisme moral » a lui promis qu'il « gèlerait les prix de l'énergie » pendant 18 mois s'il était élu. Une promesse modeste qui n'engage que ceux qui y croient, au vu du passé des travaillistes à ce sujet.



Le secrétaire-général du Parti communiste, Robert Griffiths, a naturellement soutenu cette proposition qui soulagerait la situation de millions de ménages britanniques même si pour lui « elle ne naîtra que d'un mouvement de masse contre l'austérité et les privatisations, lié aux syndicats ».



Toutefois, la seule véritable solution acceptable reste « le retour des secteurs de l'énergie et des transports dans le giron de la propriété publique ».



Une « re-nationalisation » qui serait basée sur une « véritable participation des travailleurs dans les entreprises nationalisées, sans méga-bonus pour les dirigeants ni aides pour le secteur privé ».



Si les communistes britanniques soulignent qu'une victoire travailliste, avec une pression maximale du mouvement ouvrier, est une nécessité, ils ne cachent pas leurs scepticisme à l'égard du « Labour » : sur leur illusion d'une gestion « responsable » du capitalisme, leurs ambiguïtés sur les privatisations, et surtout leur adhésion au discours européen.



Ainsi, selon le Parti communiste, « Miliband et compagnie n’adhèrent pas à l'idée de propriété publique ou de restauration pleine et entière de l’État social britannique par peur de froisser la troïka – Commission européenne, BCE et FMI ».



« Comme certains leaders syndicaux dupés, les dirigeants travaillistes rêvent toujours d'une Europe sociale ».



Or, pour Griffiths, les « traités de l'UE entérinent les principes du grand capital, sur l'économie de marché, et renforcent la position d'institutions anti-démocratiques, comme la Commission et la BCE ».



Mettre les nationalisations au cœur d'un projet de transformation sociale, poser la question de la rupture avec l'UE pour alimenter un mouvement de masse dans lequel « un Parti communiste fort et influent aidera justement à mener la lutte sur tous les fronts contre l'austérité, les privatisations, l'UE et la poussée vers une nouvelle guerre impérialiste ».

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 04:57

wipeoutzero.JPGUn million de britanniques avec des contrats « zéro heure » : le règne de la précarité

 



Article repris d'Avante, organe du Parti communiste portugais



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les contrats « zéro heure » qui n'offrent aucune garantie au travailleur, sont devenus une pratique courante au Royaume-uni, révèle une étude récente d'un institut britannique.



Dans certains entreprises du Royaume-uni, les contrats « zéro heure » représentent l'immense majorité des contrats de travail. C'est le cas de la chaîne McDonalds, où 90% des travailleurs (précisément 82 000 personnes) se trouvent dans ces conditions, c'est-à-dire qu'elles peuvent travailler 70 heures comme aucune, étant rémunérées en conséquence.



Le patron ne leur donne aucune garantie, mais exige d'eux une disponibilité totale, en fonction de ses besoins.



Ainsi, la multi-nationale du hamburger peut s'offrir le luxe, avec seulement 1 200 travailleurs effectifs de servir quotidiennement 2,5 millions de repas sur les terres de sa Majesté.



Sports Directest une autre chaîne commerciale fort célèbre qui tient 20 000 travailleurs avec des contrats « zéro heures », soit, 90% de sa main d’œuvre. Le même modèle se trouve appliqué dans le boutiques Bootsou Subway.



Comme l'explique un reportage du journal espagnol Publico, il n'est pas rare qu'un travailleur soit convoqué le matin au travail puis renvoyé chez lui si le nombre de clients se révèle plus faible que prévu.



La question est devenue d'une actualité brûlante après que le CIPD (Chartered Institute of Personnel and Development), un institut spécialisé en ressources humaines, a publié, le 5 septembre, un rapport précisant que les travailleurs se trouvant dans ces conditions sont quatre fois plus nombreux que ce que les chiffres officiels indiquent.



Ainsi, alors que les statistiques britanniques tablent sur l'existence de 250 000 « contrats zéro », l'étude du CIPD estiment que les chiffres réels tourneraient autour d'un million de personnes.



Un cas de sur-exploitation



A son tour, le CIPD qui s'est basé sur une enquête auprès de mille employeurs, montre que le recours à cette forme de précarité absolue est devenu commun à de nombreux secteurs d'activité.



Les résultats révèlent que 19 % des employeurs interrogés emploient au moins une personne dans ces conditions.



Dans le secteur dit du volontariat, ce pourcentage monte à 34 %, dans le secteur public il est de 24 % et dans le secteur privé en général, il se maintient à 17 %.



Dans l’hôtellerie, la restauration et le divertissement, 48 % des employeurs admettent recourir aux « contrats zéro », dans l'éducation, 25 %, et dans la santé 27%.



Il est quand même significatif que 25% des entreprises avec plus de 250 travailleurs utilisent ce type de contrats, quand ce chiffre n'atteint que 11% dans les petites entreprises.



La majorité des employeurs (54%) qui reconnaissent utiliser ce type de contrats, affirment qu'ils représentent un peu plus de 10% du total des travailleurs, le pourcentage moyen étant de 16%.



Sur la base de ces réponses, le CIPD estime qu'entre 3 et 4% des employeurs interrogés ont des contrats « zéro heures », ce qui équivaut à un million de travailleurs sur tout le Royaume-uni.



Par ailleurs, les informations fournies par 148 travailleurs avec ce type de contrats montrent que 14 % des patrons n'offrent souvent pas le nombre d'heures suffisants pour répondre à leurs besoins vitaux.



D'autre part, 38% des travailleurs considèrent qu'ils ont un emploi à temps plein, travaillant plus de 30 heures par semaine.



La vérité, c'est que ces contrats « zéro heures » sont loin de correspondre à des profils d'étudiants ou de gens qui désirent travailler que quelques heures dans la semaine, la raison pour laquelle ils ont été créés.



 

Selon le syndicat Unison, la grande majorité de ces travailleurs sont assujettis à ces contrats, sans en tirer le moindre avantage, comme le droit aux vacances, à une couverture maladie, une assurance-santé ou une indemnisation en cas de licenciement, tout simplement parce qu'ils n'ont pas d'autre choix.

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