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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 06:37

walking-breadline.jpgSuper-austérité et retour des soupes populaires en Grande-Bretagne : le nombre de demandeurs triple en un an



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Septième pays le plus riche du monde, la Grande-Bretagne ne cesse de voir progresser des formes archaïques de pauvreté : après la pauvreté énergétique, au tour de la pauvreté alimentaire de refaire surface, sous les effets dramatiques des politiques d'austérité.



13 millions de pauvres en Grande-Bretagne dont 4 millions souffrant de « pauvreté alimentaire », ne pouvant se nourrir à leur faim, ou se doter d'une alimentation équilibrée, selon le Food ethics council.



Si un secteur ne connaît pas la crise en Grande-Bretagne, c'est celui des banques alimentaires et soupes populaires. Trussell Trust, la première banque alimentaire du pays, ouvre deux à trois nouveaux locaux par semaine, 150 depuis l'an dernier.



L'association compte 350 000 bénéficiaires depuis le début de l'année scolaire, trois fois plus que l'an dernier, tandis qu'en 2011 elle ne venait en aide qu'à 60 000 déshérités.



Selon l'association OXFAM, ce chiffre ne prend pas en compte les églises, charités, organisations informelles, associations de quartier. Le nombre total de bénéficiaires des banques alimentaires s’élèverait plutôt à 500 000 personnes.



Comment en est-on arrivé là à une telle misère dans la septième économie du monde ?



La cause immédiate, c'est la politique d'austérité du gouvernement conservateur stigmatisant les travailleurs privés d'emploi ainsi que les bénéficiaires de la Sécurité sociale.



Depuis le début de l'année, le gouvernement a lancé la guerre contre les bénéficiaires des aides publiques, la liste des mauvais coups est longue. Exemple, la « bedroom tax » qui ampute jusqu'à 25% l'allocation logement de ceux qui habitent un logement prétendument trop grand.



Parmi les nouvelles mesures passées au printemps, un « benefits cap », plafond monétaire destiné à limiter le cumul des aides ou encore le recul d'une semaine avant d'accorder les premières aides aux travailleurs privés d'emploi.



A terme, le gouvernement prévoit un « Universal credit », une sorte d'allocation universelle destinée à remplacer toutes les aides sociales actuellement délivrées, une façon pernicieuse de remettre à plat le système pour accorder une allocation minimale dite universelle de misère.



La politique de sanctions et de radiations est déjà massive. 85 000 demandeurs d'emploi ont subi des sanctions pour le seul mois de janvier 2013. 55% des nouveaux demandeurs des « banques alimentaires » viennent en raison de changement dans le versement de leurs allocations sociales.



Cause plus profonde, la baisse des salaires et du pouvoir d'achat. Ces demandeurs de biens alimentaires sont en majorité des « poor workers », travailleurs pauvres au salaire insuffisant pour vivre. Deux-tiers des enfants en pauvreté alimentaire ont au moins un parent qui travaille.



Les trois-quart des britanniques ont connu une baisse de salaire réelle sur les deux dernières années. Les travailleurs de la fonction publique connaissent gels de salaire et dégraissage d'effectifs, tandis que ceux du secteur privé ont connu une baisse nominale de 15% des salaires.



Des effets sont encore plus dramatiques pour les « poor workers » qui subissent la « prime à la pauvreté » (poverty premium) : pour eux, les prix de l'énergie, de la nourriture mais aussi les tarifs d'assurance et les taux d'intérêt sont plus élevés.



En moyenne, les pauvres paient 1 600 € de plus qu'une famille aisée pour les biens fondamentaux, subissant la double peine de leur précarité économique et existentielle.



En moyenne, les prix des biens alimentaires, selon OXFAM, ont augmenté de 30% en cinq ans, c'est trois fois l'augmentation du salaire minium. En avril dernier, le gouvernement a même proposé de geler ou … de baisser le salaire minimum !



Enfin, la politique de prix exercée par les grands monopoles, et avec elle les libéralisations et privatisations de ces dernières décennies. Car la baisse dramatique du pouvoir d'achat des ménages britanniques, c'est aussi la conséquence de l'explosion de la facture énergétique.



Privatisée en 1986, British Gas est toujours le premier fournisseur de gaz et d'électricité en Grande-Bretagne. Depuis huit ans, les tarifs ont doublé, le prix du gaz et de l'électricité a augmenté de 30% en deux ans. Encore 6% en novembre dernier … à l'annonce d'une hausse de profits de 13% !



Et la concurrence ? La libéralisation a permis des géants européens comme le français EDF, les allemands RWE et E.on d'investir le marché, aux côtés de Scottish power et SSE. Le « Big six » contrôle maintenant 99% de la fourniture d'énergie du pays.



Chaque hausse de British Gas est suivie par une hausse correspondante des autres monopoles, maintenant les prix au plus haut.EDF a augmenté ses tarifs de 25% en deux ans, tout comme Scottish power, RWE de 23%, E.On de 21%.



Résultat dramatique, en 2009, 5,5 millions de personnes se trouvaient en précarité énergétique en Grande-Bretagne, c'est-à-dire des personnes qui dépensent plus de 10% de leur budget pour leurs factures énergétiques.

 

 

Se chauffer ou se nourrir redevient une alternative en Grande-Bretagne.



Les faits tragiques notés dans le rapport d'OXFAM (« Walking the breadline : the scandal of food poverty in 21 st century ») nous ramènent au capitalisme de la misère de l'ère victorienne ou à la Grande dépression des années 30.



Des mères qui se privent de repas pour nourrir leurs enfants, des enseignants qui donnent à manger à des élèves affamés, la queue pour les soupes populaires, la situation suscite une légitime indignation contre la politique d'austérité.



Toutefois l' « austérité » n'est pas pour tous, c'est une politique en faveur du capital contre l'ensemble des travailleurs. Les profits continuent d'exploser tandis que le gouvernement continue de baisser l'impôt sur le revenu des plus riches ainsi que l'impôt sur les sociétés.



Voilà la véritable origine du « scandale alimentaire en Grande-Bretagne ! »

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 06:15

post-office-strike-376521815-3007763.jpgSeptième grève des postiers britanniques en trois mois contre les fermetures des bureaux de poste et la privatisation de la Royal Mail



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce samedi 29 juin, les employés des bureaux de poste (Post offices) ont lancé un mouvement de grève contre un plan de fermeture d'un cinquième des « Crown offices », les bijoux des bureaux de poste britanniques. Un plan qui s'insère dans la privatisation de la Royal Mail.

Il s'agit du septième mouvement de grève chez les postiers britanniques depuis Pâques. Le mouvement entamé par les employés des « Crown offices », les plus prestigieux « Post offices » de Grande-Bretagne, marque le ras-le-bol général des employés de la Royal Mail.



Les « Crown offices » représentent la partie la plus rentable des « Post offices » britanniques : seulement 3% des bureaux mais 20% des clients et surtout 40% des transactions financières. Situés dans les centre-villes, ils représentent un patrimoine immobilier juteux.



Pour la direction de la Royal Mail, dans le cadre du plan de privatisation général de l'entreprise, c'est le premier « joyau de la Couronne » à dilapider.



Cela commence par la restructuration des « Crown offices » : la fermeture de 70 des 370 bureaux, avec à la clé 1 500 suppressions de postes.



Face à ce plan social de grande ampleur, consécutif à un gel des salaires pendant deux années, les 4 000 employés des « Crown offices » ont voté à 88% une journée de grève nationale.



Pour le Syndicat des travailleurs de la communication (CWU), l'indignation vient de la comparaison avec les profits réalisés par le groupe « Post office », 61 millions de £ depuis septembre, ainsi que les bonus partagés par les patrons du groupe :



« Quand on apprend que les patrons des Post office se sont partagés 15 millions de £ de bonus, leurs plans de fermeture de bureaux, de suppressions de poste et leur refus d'accorder des hausses de salaire aux employés des bureaux de poste est incroyable.



« Les employés des bureaux de poste, les clients et les riverains continueront à se battre pour leur bureau de poste local, qu'ils estiment au plus haut point. Le soutien est toujours énorme. Les patrons ne pourront pas garder encore longtemps leur tête dans le sable. »



Contre la privatisation de la Royal Mail



Ce plan de fermeture des bureaux de poste s'intègre plus largement dans le plan de privatisation des Postes britanniques. Un plan dessiné par la « Loi sur les services postaux » de 2011, confirmé en avril 2013 par le Ministre du Commerce, Michael Fallon.



Selon le projet gouvernemental,l'ouverture du capital de la Royal Mail conduira à la vente de jusqu'à 90% des actifs de l'entreprise publique, la direction proposant en échange de réserver les 10% restants aux salariés.



Mais la proposition de laisser 1 500 £ d'actions à chaque employé n'a pas convaincu les 112 000 postiers britanniques qui ont refusé, lors d'un scrutin interne organisé par le syndicat, à 96% le plan gouvernemental.



Le projet de privatisation de la Royal Mail est le plus important depuis la privatisation des chemins de fer (British Railways) dans les années 1990. Le schéma d' « actionnariat salarié » dépassant largement celui déjà proposé en 1986 au moment de la privatisation du British Gas.



Dans les années 1980, Margaret Thatcher, qui avait pourtant privatisé le gaz, les télécoms, les transports aériens n'avait pas osé privatiser la Poste : « Je ne suis pas prête à privatiser la tête de notre Reine », disait-elle alors.



Le projet de privatisation de la Poste britannique, largement rejeté par les salariés et la population britannique, s'inscrit dans un vaste processus de socialisation des pertes et de privatisation des profits.



En effet, le gros problème de la Royal Mail restant le caractère déficitaire de son système de retraite, le gouvernement conservateur avait décidé l'an dernier de nationaliser le système de retraite pour éponger le déficit du système de retraite de l'entreprise publique.



Incohérent, un gouvernement conservateur qui nationalise le système de retraites des postiers et privatise ensuite l'ensemble des services postaux ?



Aucunement. L’État a repris possession de l'ensemble des actifs du Fonds de pension (dont le patrimoine immobilier), d'une valeur de 26 milliards de £, faisant temporairement baisser le montant de la dette publique.



Dans le même temps, dans un système structurellement déficitaire, il promet de payer les futures retraites des 450 000 anciens postiers, alors que le passif du système s'élève actuellement à 37 milliards de £, soit une différence de 9 milliards de £ payée désormais par le contribuable, tout en laissant ouverte la possibilité ultérieure de casser le système de retraites.



Enfin, libéré du fardeau de son système de retraites déficitaire désormais nationalisé, la Royal Mail est prête à l'ouverture à la concurrence et surtout à la privatisation de son capital, et surtout de ses profits.



 

Le précédent catastrophique de la privatisation du chemin de fer dans les années 1990 constitue un avertissement pour les postiers comme pour le personnel de la santé en Grande-Bretagne : la lutte contre la privatisation est une nécessité économique, sociale, politique et humaine tout simplement.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 06:57

405104 rail300Les effets désastreux de la privatisation du rail britannique épinglés dans un rapport commandé par les syndicats

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« The great train robbery : les conséquences économiques et politiques de la privatisation du rail » : voilà le titre du rapport réalisé par le Centre de recherche sur le changement socio-culturel de Manchester, commandité par le Congrès des syndicats britanniques (TUC).

 

Le rapport a fait la une de la presse britannique. Il est dans notre intérêt en France, au moment où le gouvernement socialiste prépare une « réforme ferroviaire » qui irait dans le sens de la mise en concurrence, d'apprendre les leçons de la privatisation britannique.

 

Tout d'abord, rappelons que la privatisation du rail avait été préparé dans les années 1980, sous Thatcher, avec l'éclatement de l'unicité du British Rail en entités autonomes par secteurs géographiques (Network SouthEast) ou secteur d'activité (fret).

 

En application de la directive européenne 91/440, la Grande-Bretagne divise en 1993 gestion du réseau confiée à RailTrack, et exploitants mis en concurrence, à l'origine une vingtaine d'entités publiques sectorisées.

 

En 1996, avant les élections législatives, le Parti conservateur privatise l'ensemble des opérateurs, gestionnaires du réseau, fret comme exploitants voyageurs.

 

Reniant ses promesses, le gouvernement de Tony Blair va achever la privatisation de ce qu'il restait à vendre … avant de re-nationaliser le gestionnaire du réseau car c'est un poste structurellement déficitaire et donc non-rentable. Il faut bien socialiser les pertes !

 

Vingt ans après, le bilan de la libéralisation-privatisation du rail est édifiant, un véritable « pillage » des usagers et des fonds publics, siphonnés par une poignée de monopoles privés. Reprenons l'argumentaire des privatiseurs, point par point :

 

 

  1. Les tarifs les plus élevés au monde : l'argument de la « baisse des tarifs » ne tient pas en Grande-Bretagne. Les tarifs du rail sont désormais, en moyenne, deux fois plus élevés qu'en France, dans le secteur nationalisé. Depuis 1996, l'augmentation des tarifs du train a été trois fois supérieure à celle de l'augmentation moyenne des salaires. La Grande-Bretagne dispose des tarifs les plus élevés du monde : une conséquence de la privatisation ;

 

  1. Des trains qui arrivent de moins en moins à l'heure : les trains qui n'arrivent pas à l'heure, c'est aussi cela l'efficacité du privé. Un train sur six circule avec plus de 10 minutes en Grande-Bretagne (15%), contre un train sur dix en France (10%). La faute est rejetée sur « Network Rail », le gestionnaire du réseau, condamné ainsi à une amende de 90 millions d'euros la semaine dernière ;

     

  2. Un matériel roulant de plus en plus vieux : la modernisation conséquence de la privatisation, rien n'est plus faux. Depuis la privatisation, l'âge moyen du matériel roulant a augmenté, il était de 16 ans en 1996, il est de 18 ans aujourd'hui. L'investissement dans le renouvellement du matériel roulant a chuté de moitié entre 1993 et 2013 ;

     

  3. Un système excessivement coûteux : comme pour la Santé ou l'Education, contrairement aux idées reçues, le rail public coûte excessivement moins cher que le rail privé. Déjà le rapport McNulty publié en 2011 rappelait que les coûts du système fragmenté britannique étaient 40% supérieurs à ceux du système nationalisé français ;

     

  4. L'ouverture à la concurrence … c'est la domination des monopoles étrangers !: dans un secteur où un seul réseau existe, la « libre concurrence » est encore plus qu'ailleurs un leurre. De fait, le système privatisé britannique a conduit rapidement à l'émergence de monopoles nationaux, comme le britannique FirstGroup qui contrôle 7 des 23 « opérateurs privés » et surtout à la main basse des grands monopoles européens : l'Allemand Deutsche Bahn, l'Hollandais NS et enfin la SNCF (via Keolis) ont pris possession de 11 des 23 opérateurs du chemin de fer britannique. Quatre entreprises contrôlent donc 80% du rail britannique !

     

  5. Des investissements publics et une dette publique ! : la privatisation n'a pas conduit à la baisse des investissements publics mais au contraire à leur augmentation : 6 milliards d'euros de subventions par an pour financer les projets d'infrastructures, c'est deux fois plus qu'avant la privatisation. Ces projets d'infrastructures plombent les comptes du « Network Rail », sciemment re-nationalisée en 2001 : le gestionnaire public accumule désormais une dette de 40 milliards d'euros ;

     

  6. Mais des profits privés !: Si les pertes sont socialisées, les profits, eux, sont bien privatisés : en 2012, la seule Deutsche Bahn a réalisé 1 milliard d'euros de profit sur le réseau anglais. Les opérateurs privés bénéficient des investissements publics dans le réseau puisque 90% des profits sont ensuite directement reversés aux actionnaires. En outre, le gestionnaire public du réseau, malgré son endettement, continue à pratiquer des tarifs préférentiels pour l'usage du réseau : les droits de péage ont baissé de moitié depuis dix ans ;

 

La libéralisation puis la privatisation du rail, suivant les directives européennes mais en fonction d'un choix délibéré du grand capital britannique : un désastre patent pour les usagers, les contribuables et les travailleurs mais une opportunité pour les monopoles.

 

Un désastre qui a coûté la vie à plusieurs centaines d'usagers et de travailleurs britanniques, il suffit de se rappeler de la catastrophe de Landgrove-Broke qui a coûté la vie à 31 usagers et blessé 500 autres : les opérateurs privés ne voulaient pas à l'époque investir dans des dispositifs de sécurité.

 

Le désastre est tel que certaines fractions du capital britannique commencent désormais à reconsidérer l' (in-)efficacité d'un système ferroviaire privatisé : le Parti travailliste se déchire désormais sur la re-nationalisation potentielle du rail.

 

Dans le même temps, les syndicats du rail défendent ardemment la nationalisation du rail. Certains liés aux calculs d'une fraction du camp travailliste. D'autres, comme le syndicat de classe RMT, dans une perspective véritable de refondation d'un service public national.

 

Pour nous français, ces débats nous ramènent un siècle en arrière, avant la nationalisation de la SNCF : la défense du monopole public est plus que jamais une nécessité !

 

 

 

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:18

Logo_royal_bank_of_scotland.jpgLa privatisation de la Bank of Scotland envisagée après les premiers profits depuis la « nationalisation » de 2008



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Au cœur de la crise financière de 2008, la « nationalisation » de la Royal Bank of Scotland avait constitué un passage obligé pour le gouvernement britannique contraint de renflouer un secteur bancaire privé au bord de la faillite.



En 2008, trois des cinq principales banques britanniques, moteurs de la City, sont « nationalisées » : Northern Rock, la Llyods et la Bank of Scotland. Un paradoxe (apparent) au pays des privatisations intégrales, de la libéralisation à tout crin commandées par la City.



La Bank of Scotland a engrangé pendant des décennies des centaines de milliards de profits, de connivence avec l’État britannique, finançant des investissements qui ont détruit l'industrie britannique et pillé les richesses des anciens pays colonisés.



Elle a bâti à court-terme sa richesse sur la spoliation de ses clients, souvent les moins dotés en ressources financières : ventes forcées d'assurance aux clients, manipulation des taux d'intérêts à des fins spéculatives, produits toxiques refilés y compris à des collectivités territoriales françaises.



Socialisation des pertes …



En 2008, l'éclatement de la bulle financière, le réveil des contradictions du système conduisent aux premières pertes, colossales, de l'histoire du groupe : 30 milliards d'euros de pertes. La valeur de l'action du groupe dégringole, la banque est au bord de la faillite.



Sur impulsion du gouvernement conservateur, l’État britannique « nationalise » alors le groupe : une injection de 55 milliards d'euros pour une prise de contrôle à 82% du capital. L’État achète alors à bon prix les actions du groupe en perdition : 5 £ par action, contre 3 £ aujourd'hui.



Pendant trois ans, c'est l’État qui prend en charge les pertes massives du groupe. En 2009, les pertes s'élèvent à 4 milliards, 2 milliards d'euros en 2010 et encore 2 milliards en 2011.



plans sociaux massifs mais bonus pour les traders



Le passage à la gestion publique fut l'opportunité non seulement d'un vaste mouvement de centralisation des capitaux mais aussi d'une restructuration du groupe, conduisant au plus important plan social de son histoire.



En trois ans, 35 000 emplois sont supprimés à la Royal Bank of Scotland, alors que le secteur bancaire britannique a supprimé dans son ensemble 190 000 postes.



Pourtant, dans le même temps, la rémunération des traders et des cadres dirigeants n'a pas fléchi. La part des rémunérations dans les revenus a même augmenté, tandis que la valeur des bonus dans la seule banque d'investissement s'est élevée à 1 milliard d'euros en 2010.



Le PDG de la RBS, Stephen Hester, bénéficiait depuis la « nationalisation » de 2008, d'un bonus annuel de 1 milliard d'euros auquel il a renoncé, sous pression de l'opinion publique, ne gardant que son modeste salaire de … 17 millions d'euros annuels.



Et bientôt privatisation des bénéfices ?



Mais l'avenir s'annonce prometteur pour le géant bancaire britannique. Après la phase des pertes (socialisées), vient la promesse des profits (à privatiser).



Sommé de venir à la rescousse du secteur bancaire en perdition, l’État est désormais encouragé à laisser la banque entre les mains d'actionnaires privés. En effet, la RBS vient d'annoncer ses premiers profits depuis 2008 : près d'1 milliard de profits bruts pour le premier trimestre 2012.



Les déclarations se multiplient. Sir Philip Hampton, président de la RBS, a déclaré que la banque publique aurait « totalement récupéré » d'ici la mi-2014, et serait alors prête à revenir dans le giron du secteur privé.



Le PDG de la Bank of Scotland, Stephen Hester a lui déclaré avec un enthousiasme que : « la privatisation serait quelque chose de formidable à la fois psychologiquement et aussi parce que cela dégagerait l'argent du contribuables pour d'autres missions.



La mission de nettoyage financier est quasiment rempli ».



Les déclarations du PDG du groupe sont un comble de cynisme. Le « nettoyage financier » ne sont rien de moins que les pertes essuyées par l'Etat, et désormais il encourage l'Etat à aller renflouer d'autres banques ou industries, et laisser les profits au privé !



A noter qu'avec le cours de l'action actuel, l’État essuierait une perte nette de 20 milliards d'euros sur son renflouement de 2008.



Le cas de la Royal Bank of Scotland, ainsi que des autres banques renflouées par l'Etat en Grande-Bretagne constitue un avertissement face au dévoiement du mot d'ordre de nationalisation, pourtant mesure qui s'impose comme une évidence dans la crise actuelle du capitalisme.



La nationalisation ne peut être une « mesure temporaire » visant à renflouer les banques, à socialiser les pertes. Il faut des nationalisations définitives, démocratiques, au service des besoins du peuple et non des profits passés et futurs des industriels et des banquiers.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 11:29

redwedgermtLe syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'Union européenne



Introduction/Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La colère monte en Grande-Bretagne face à la politique menée par l'UE du capital, payée d'abord par la classe ouvrière et les couches populaires. Mais la bourgeoisie britannique tente de canaliser la colère populaire vers les impasses politiques de la « droite euro-sceptique ».



Les médias britanniques mettent en avant la droite conservatrice traditionnelle, membres du Parti conservateur ou dirigeants du parti d'extrême-droite « UKIP », relayant avant tout la position de la bourgeoisie financière de la City, partagée entre ligne pro-européenne et ligne euro-critique.



Le Syndicat des cheminots britanniques (RMT), connu pour ses positions critiques envers l'Union européenne du capital et syndicat de masse et de classe, a appelé à ne pas laisser ce thème à l'extrême-droite et à lui donner un contenu de classe.



bob-crow.jpgVoici le contenu de la déclaration du secrétaire-général du RMT Bob Crow :



« La position du syndicat RMT est claire, non seulement il doit y avoir pour nous un référendum sur la sortie de l'Union européenne mais nous appelons sans équivoque à la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE.



Dans toute l'Europe, et en particulier en Espagne et en Grèce qui sont dans l’œil du cyclone, c'est la classe ouvrière qui souffre le plus. Du démantèlement de la démocratie, d'une UE et d'une banque centrale qui exigent des coupes dans les emplois, les salaires et les retraites ainsi que la privatisation intégrale du patrimoine public.



Le RMT ne restera pas les bras croisés et ne permettra pas que le débat reste dominé par l'UKIP et la droite du Parti conservateur. Des ministres comme Michael Gove soulèvent désormais la question du retrait par pur opportunisme politique. Ils se fichent éperdument du taux de chômage des jeunes en Europe, la seule préoccupation des ces euro-sceptiques du lendemain, c'est de sauver leur carrière politique et leur peau.



Le RMT continuera la campagne pour un retrait de l'UE, sur des positions de gauche, de classe, qui mettent les emplois, les conditions de vie, la démocratie au premier plan. La vérité, c'est que vous ne pouvez pas être pro-UE et anti-austérité lorsque toute la structure du projet européen est dominée par les intérêts des banquiers et du grand capital, les forces motrices derrière les mesures d'austérité imposées dans tout le continent. »

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