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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 15:42

nhs publicScandale humanitaire dans les hôpitaux en Grande-Bretagne : la privatisation de la santé et des coupes budgétaires tuent

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les coupes budgétaires, l'introduction des logiques du privé tuent en Grande-Bretagne. Selon une enquête limitée pour l'instant à un dixième des hôpitaux britanniques, près de 20 000 morts seraient imputable ces dix dernières années à cette politique du chiffre.

 

Tout commence par une enquête sur des niveaux anormaux de mortalité à l'hôpital « autonome » de Stafford. Le rapport d'enquête révèle des faits accablants : 1 200 patients sont morts dans cet hôpital entre 2005 et 2008 faute de soins adéquats.

 

Une enquête élargie depuis à 14 autres établissements, soumis au même statut d'établissement autonome (« Foundation trust ») confirme que 20 000 décès auraient pu être évités cette dernière décennie avec une autre logique de gestion que celle de la politique du chiffre.

 

La politique du chiffre, les coupes budgétaires, les logiques managériales privées pointées du doigt

 

Le rapport qui a déclenché le « scandale de Stafford » révèle une réalité sordide : des gestionnaires obsédés par la réduction des coûts, des médecins et chirurgiens contraints à réaliser des opérations à la chaîne, des infirmières débordées contraintes à des arbitrages tragiques entre patients.

 

Les anecdotes sont tristement banales – patients marinant dans leur urine ou contraints de s’hydrater dans des vases usagés – mais des malades agonisant faute de soins, laissés à l'abandon sont un symbole d'une politique centrée sur le « coût » des clients/patients plus que sur le bien-être.

 

Le rapport d'enquête de l'avocat Robert Francis pointe du doigt cette logique managériale privée :

 

« Ces souffrances terribles et inutiles de centaines de personnes laissées à l'abandon par un système qui a ignoré les signaux d'alarme sur la piètre qualité des soins et qui a mis la priorité sur les intérêts privés de leur établissement, sur le contrôle des coûts, plutôt sur les patients et leur sécurité ».

 

Le premier ministre Cameron feint l'indignation au Parlement, tente cyniquement d'en faire une preuve de la faillite d'un système public à réformer et libéraliser.

 

Mais, c'est sa politique de coupes budgétaires, de privatisation rampante, héritière de la politique de casse menée depuis vingt ans qui est à l'origine de ce scandale sanitaire.

 

La conséquence ultime et tragique de vingt années de privatisation rampante

 

L'hôpital de Stafford, comme les quatorze autres sous enquête, sont des « Trusts », des établissements publics autonomes. La plupart sont aussi des « Foundations », des établissements quasi indépendants, semi-publics, fonctionnant selon une logique managériale privée.

 

Le NHS (National Health system) d'après-guerre, financé par l'impôt, public, gratuit et universel a été vidé de l'intérieur par les réformes libérales mises en place depuis le début des années 1990.

 

En 1991, Margaret Thatcher casse l'unicité du système, introduit une concurrence entre établissements, au nom de la libéralisation du « marché intérieur » de la santé, impulsée par l'Acte unique européen.

 

Le budget de la santé est décentralisé vers des unités médicales locales ou régionales en charge de l'achat de l'offre de soins (purchaser), tandis que les hôpitaux transformés en « trust » autonomes sont chargés de proposer une offre de soins (provider) à moindre coût.

 

L'idée de Thatcher était de casser l'universalité du service, d'introduire une logique de concurrence entre établissements et surtout de réduire les coûts : médecins et hôpitaux ayant tous intérêt dans ce schéma à réduire le coût des soins pour être plus « compétitifs ».

 

Arrivé au pouvoir en 1997 avec comme programme de rompre avec cette privatisation, le travailliste Tony Blair va l'approfondir, façonnant le système hospitalier actuel.

 

D'une part, il crée les « Primary care trusts », élargissant la logique de l'autonomie aux centres médicaux locaux regroupant médecins, travailleurs sociaux, pharmaciens, dentistes, chargés de l'achat des soins – sous la surveillance toutefois du Ministre de la Santé.

 

D'autre part, il renforce l'autonomie des hôpitaux avec la création des « Foundations », un label réservé d'abord à quelques établissements puis étendu : ces hôpitaux ont autonomie totale dans la tarification des soins ou des salaires, avec un statut leur permettant de lever des fonds privés.

 

Enfin, avec les partenariats public-privé (Private finance initiative/PFI) lancés en 2001 : le secteur privé finance les investissements dans les hôpitaux à la place du secteur public mais l’État doit en échanger payer des intérêts, indexés sur l'inflation, sur plusieurs décennies.

 

Les PFI sont aujourd'hui critiqués par tous les rapports d'enquête : d'une part comme une forme de dissimulation comptable de la dette, d'autre part comme une cause de l'explosion des dépenses de santé au profit du secteur privé, enfin comme une raison de la dégradation de la qualité des soins.

 

Les 120 PFI conclus dans le secteur ont conduit à la réduction de 30% de l'offre de lits, chaque milliard de £ investi a conduit à la suppression de 5 000 médecins ou infirmiers.

 

Dans le même temps, 60 hôpitaux britanniques sont désormais menacés de faillite, ne pouvant plus payer la facture galopante des PFI, le coût du remboursement des contrats de construction des hôpitaux en PFI s'élevant parfois jusqu'à 20% du budget de fonctionnement des hôpitaux.

 

A noter que dans le même temps, cette politique de délégations de service public au privé a conduit à l'explosion des dépenses de santé : elles représentaient 10% du PIB en 2009 contre 7,3% en 2000.

 

Contrairement à l'idée reçue, un système privatisé est largement plus dépensier et gaspilleur : le pays de l'OCDE aux dépenses de santé les plus fortes reste le système privatisé américain, avec 17,5% du PIB consacré à la santé.

 

Le projet de Cameron : fin du processus de privatisation et coupes dans l'hôpital public

 

Dans ce contexte, le projet de Cameron pour la santé (Health and social care act), qui devait entrer en vigueur en avril 2013, n'est pas le début du processus de libéralisation-privatisation mais plutôt son parachèvement sous prétexte de politique de restrictions budgétaires.

 

Le système de Thatcher et Blair est unifié : l' « achat des soins » est confié aux médecins, le budget de la santé décentralisé quasi totalement à ces unités (Clinical commissioning groups) tandis que les organismes de régulation du Ministère de la Santé (Strategic health autorities) seraient supprimés.

 

De l'autre côté, la privatisation serait institutionnalisée, l'offre de soins étant désormais ouverte à n'importe quel fournisseur de soins (« any qualified provider ») compétitif.

 

La réforme de Cameron a reçu l'opposition virulente de l'Ordre des médecins britanniques (British medical association) rejoint par les infirmières et les sage-femmes (Royal college of nursing and midwives), dénonçant la marchandisation de la santé et une politique de coupes déguisée.

 

Contrairement aux allégations du gouvernement, le secteur de la santé est touché par les coupes budgétaires de 100 milliards de £ prévues en 2010, et conduisant à la réduction en moyenne de 25% des budgets et à la suppression de 500 000 emplois publics.

 

Le gouvernement a fixé comme objectif de réduire de 20 milliards de £ les dépenses dans le secteur de la santé d'ici 2015.

 

La conséquence directe : c'est la fermeture d'une trentaine de services d'urgence, de soins pour enfants, les projets de fusion des hôpitaux menacés de faillite, la suppression de 20% du personnel de santé.

 

L'hypocrisie d'un système à plusieurs vitesses : profits privés et coupes publiques

 

La privatisation de la santé s'est déjà accélérée ces derniers mois.

 

En novembre 2011, pour la première fois une firme privée (Circle Health) récupérait un hôpital public menacé de faillite du NHS pour 1 milliard de £. Les tractations pour la cession de 20 hôpitaux publics en difficulté au groupe privé allemand Helios sont en cours.

 

Si c'est la première fois qu'une firme privée gérera un hôpital dans son intégralité, les services de restauration et de nettoyage sont déjà délégués à des entreprises privés, ainsi que certaines opérations bénignes, comme les opérations à la hanche dont 1/5 ème sont déjà réalisées par le privé.

 

Dans le même temps, 400 services médicaux réalisés hors du milieu hospitalier, des services de centre de santé aux services ambulanciers, étaient confiés en octobre 2012 à des opérateurs privés.

 

L'hypocrisie des réformes libérales de Cameron est révélée par le projet de délocalisation de certains hôpitaux renommés à l'étranger : des investissements massifs dans des hôpitaux de pointe autonomes à Dubai, Singapour, Abu Dhabi, Delhi ou Tripoli pour des patients fortunés.

 

Une expérience déjà concrétisée avec l'hôpital ophtalmologique à Dubai (Moorfields Eye) ou l'Imperial college à Abu Dhabi. Des milliards de coupes au Royaume-Uni pour les plus pauvres, mais des milliards investis outre-mer pour des clients fortunés et des profits financiers.

 

La démagogie de Cameron, fustigeant les abus des immigrés ou les coûts que représentent les personnels de santé, ne trompe plus personne, mais elle ne doit pas oublier la lourde responsabilité des gouvernements précédents, surtout travaillistes dans les années 2000.

 

Elle doit constituer une mise en garde face à la politique des coupes budgétaires, des privatisations rampantes que l'Union européenne et les gouvernements nationaux veulent imposer dans toute l'Europe, et en premier lieu en France.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 07:52

nocuts.jpg150 000 manifestants à Londres contre la politique d'austérité du « gouvernement des riches » mais divisions syndicales autour de l'appel à la grève générale

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

« Non aux coupes », « L'austérité ça suffit » : ce sont les mots d'ordres que l'on pouvait lire sur les pancartes des 150 000 manifestants rassemblés à Londres pour exprimer leur colère envers la politique de rigueur pour les travailleurs et de cadeaux aux plus riches du gouvernement conservateur.

 

Enseignants, infirmières, agents d'entretien, cheminots, dockers et chômeurs ont répondu à l'appel lancé par les syndicats du TUC (Trade union congress) pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité annoncée par le premier ministre conservateur David Cameron : 150 000 à Londres, 10 000 à Glasgow et à Belfast.

 

Au programme de la rentrée, de nouvelles coupes de 12,5 milliards d'euros dans les dépenses publiques visant avant tout les allocations sociales : des allocations logement pour les moins de 25 ans jusqu'aux allocations familiales.

 

Un énième plan d'austérité poursuivant un triple objectif : faire payer la crise par les travailleurs, casser le secteur public et enfin faire de nouveaux cadeaux aux riches et aux entreprises.

 

Le gouvernement garde ainsi le cap du gel du salaire des fonctionnaires britanniques, de la privatisation de la Poste (Royal Mail) et de la Santé (NHS), de la suppression de 800 000 emplois publics d'ici 2015 tandis que dans le même temps le plafond de l'impôt sur les revenus était abaissé de 50 à 45%, et l'impôt sur les sociétés de 26 à 24%.

 

Un gouvernement de classe qui ne cache plus son mépris de classe. Andrew Mitchell en est l'incarnation même. Ce ministre conservateur qui a dû démissionner vendredi sous la pression populaire après avoir traité un policier qui lui faisait une remontrance de « plebs » (prolo).

 

Ce samedi, les travailleurs britanniques ont retourné l'insulte en un appel au rassemblement des « prolos » : « Plebs of all countries, unite » (Prolos de tous les pays, unissez-vous!), pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

 

 

Des travaillistes qui revendiquent une « alter-austérité », leur leader hué à la manifestation

 

Si la manifestation n'a pas atteint les sommets des défilés du printemps 2011, elle a néanmoins permis l'expression d'une colère populaire en manque de perspective. Une colère sur laquelle le Parti travailliste entend bien capitaliser, et qu'il entend bien canaliser.

 

Le leader du Parti travailliste, Ed Miliband, était présent à la manifestation. Son discours a reçu un accueil défiant de la part des manifestants, recevant même les huées de la foule. Car derrière les attaques virulentes contre le gouvernement, c'est un appel à une autre austérité qu'a lancé Miliband

 

En effet, le dirigeant du Labour fait le choix de l'honnêteté plutôt que des promesses en l'air, le choix de l' « austérité juste » : « Je ne promets pas des temps faciles (…) des choix difficiles seront à faire, mais ce seront des choix différents et justes ».

 

Derrière les rodomontades, le leader travailliste apporte en réalité sa caution aux coupes du gouvernement, reprochant juste leur rythme et leur ampleur : « J'ai déjà dit que, quiconque serait au gouvernement, il faudrait des coupes. Mais ce gouvernement coupe trop loin et trop vite, cette austérité-là suicidaire n'est pas une réponse aux problèmes du pays ».

 

Rappelons encore une fois qu'en 2010, le candidat Gordon Brown ne promettait qu'une alter-austérité face au candidat Cameron : 20% de baisse des budgetsau lieu de 25%, 450 000 fonctionnaires en moins au lieu de 800 000, 45 milliards d'économies au lieu des 70 prévus par les conservateurs.

 

Lutte aiguë entre directions réformistes et syndicalistes de classe autour de l'appel à la grève générale



Du côté des dirigeants syndicaux, la direction réformiste du Trade Union Congress (TUC) – liée structurellement au Labour – a encore une fois livré une critique acerbe du « gouvernement des riches », ironisant sur le slogan du « On est tous dans le même bâteau » (We're all in this together) :


 

« la dure réalité, c'est qu'on a des exonérations fiscales (tax cuts) pour les plus riches, et des coupes salariales et dans les acquis sociaux (wage and benefits cuts) pour les pauvres », a ainsi déclaré Brendan Barber, secrétaire du TUC, à la fin du rassemblement.

 

Néanmoins, sa critique reste celle d'un mauvais capitalisme financier qu'il oppose à un bon capitalisme productif qu'il faudrait revivifier, en axant sur une politique de crédit sélectif favorisant les investissements privés.

 

Sur la question de l'intensification de la lutte et d'un appel à la grève générale, Barber s'est montré beaucoup moins virulent sur l'antenne de la BBC :

 

« Certains de mes collègues peuvent bien en parler, mais j'attends pas grand monde appeler à une grève générale ».

 

Ce n'était pas l'avis des manifestants ce samedi où on pouvait trouver parmi les banderoles les plus populaires, le mot d'ordre offensif : « 24 heures de grève générale, maintenant ! ».

 

Des manifestants qui ont réservé une ovation au secrétaire du syndicat des cheminots et des dockers RMT, Bob Crow, proche des communistes lorsque celui-ci a lancé un appel à une grève générale nationale d'une journée.

 

« Les manifestants sont une pierre angulaire vers l'objectif d'une action convergente et vers une grève générale. Voilà pourquoi le RMT dit : défile aujourd'hui, et fais grève demain ! ».

 

Un appel à la grève qui rencontre un certain écho parmi les syndicats les plus combatifs, notamment le Syndicat des enseignants (National union of teachers) et le Syndicat des services publics et commerciaux (PCS), actif surtout dans la fonction publique.

 

En Grande-Bretagne comme ailleurs, la lutte contre l'austérité d'où qu'elle vienne continue. Comme ailleurs, la ligne du dialogue social et de l’aménagement des contre-réformes portée par la CES rencontre l'opposition de ceux qui restent attachés à un syndicalisme combatif, refusant toute compromission avec le consensus libéral dominant, avec la super-austérité dictée par l'UE du Capital !

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 10:00

rip-educ.jpgL'université de classe s'installe au Royaume-uni

Après le triplement des frais d'inscription, la baisse de 25% du montant total des bourses





Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Si l'université britannique n'a jamais été un modèle de démocratisation de l'enseignement supérieur, les dernières mesures prises par le gouvernement conservateur tendent à achever ce qu'il pouvait en rester



En décembre 2010, le gouvernement a ainsi adopté une loi, vivement contestée dans la rue par les étudiants britanniques, cassant ce qu'il restait de démocratique dans l'université britannique :



Tout d'abord, en triplant le plafond des frais d'inscription, passant de 3 000 (4 000 euros) à 9 000 (10 500 euros) livres. Sachant que l'enseignement supérieur, dans le cadre des coupes budgétaires, va voir son budget réduit de 40%, la hausse réelle des frais tout comme l'ouverture au capital privé deviennent inévitables.



Ensuite, en restructurant la carte universitaire, favorisant l'émergence de pôles d'excellence, réservés à une certaine élite et financés partiellement par le privé, et faisant dépérir les petites universités de proximité. Près de 50 des 130 universités britanniques sont déjà sous la menace d'une fermeture prochaine.



Enfin, en réduisant les aides destinés aux étudiants en difficulté sociale.



D'ores et déjà, l'Allocation de poursuite des études (EMA), destinés aux lycéens de 16 à 18 ans de milieu modeste qui désiraient continuer dans le supérieur, a été supprimé en 2011, laissant les près de 70 000 lycéens concernés dans une situation critique.



Une nouvelle étude de l'Office for fair access (Offa) vient de révéler un plan de coupes drastiques dans les bourses destinés aux étudiants issus de milieux populaires, contredisant la thèse officielle du gouvernement, celle d'une hausse générale des frais compensée par des aides renforcées pour les boursiers.



Le National union of students (NUS) a ainsi noté que le montant général des bourses accordées dans l'enseignement supérieur allait chuter de 358 millions de £ en 2011 à 275 millions de £ en 2015. Une perte de 93 millions de £, soit une baisse de 25% du montant général des bourses.



Les syndicats étudiants ont ainsi dénoncé des mesures qui contraignent les étudiants, notamment de milieux modestes mais aussi de plus en plus issus des couches moyennes à s'endetter massivement.



Le Syndicat des professeurs du supérieur (UCU) a estimé que les futurs étudiants devront s'endetter à hauteur de 50 000 £ tout au long de leur scolarité pour pouvoir payer leurs années universitaires.



Les syndicats étudiants comme enseignants ont dénoncé par ailleurs l'hypocrisie du National scholarship programme (NSP), mis en place par ce gouvernement, qui offrirait à une minorité d'étudiants de milieux modestes méritants la possibilité d'être exempté pour une année, et exceptionnellement deux années, de leurs frais d'inscription.



Or ce schéma temporaire d'une part, réservé à une petite minorité d'autre part (jusqu'à 18 000 étudiants chaque année, concevant la bourse non comme un droit mais comme un privilège concédé par l’État, est très loin pour les syndicats de répondre à la crise de l'endettement étudiant et à la nécessité de préserver ce qu'il reste de la démocratisation de l'enseignement supérieur.



Au Royaume-uni comme dans le reste de l'Union européenne, c'est en tout cas le même schéma qui est appliqué, celui prévu par le Processus de Bologne.



Hausse des frais d'inscription, ouverture au privé, réformes des cursus dans les intérêts des grandes entreprises, pôles d'excellence élitistes : la construction d'une université de classe au service du grand capital.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:34

89b00d3ebcf9dc5Élections locales au Pays de Galles

 

Des performances électorales encourageantes pour les candidats communistes qui obtiennent entre 2 et 9% des voix

 

 

Article JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Des élections locales se tenaient au Royaume-Uni le 3 mai dernier, sans que ne soit fondamentalement remis en cause le consensus dominant entre travaillistes, conservateurs et libéraux-démocrates.

 

184 conseils municipaux étaient renvoyés devant les électeurs tandis que trois municipalités voyaient l'élection directe de leur maire: Salford, Liverpool et Londres.

 

Dans l'ensemble, le recul des conservateurs, artisans de l'austérité depuis 2010, est net. Avec 31% des voix et 1 000 conseilleirs, ils reculent de 4 points et perdent 405 conseillers municipaux. Néanmoins les conservateurs ne perdent pas de ville majeure, et conservent surtout le principal enjeu de cette élection, la mairie de Londres.

 

De leur côté, les travaillistes sortent comme les grands gagnants avec 38% des voix et 2 159 conseillers municipaux. Ils raffermissent leur maimise sur les plus grandes villes du pays, essentiellement dans le nord: Birmingham, Liverpool, Leeds, Manchester ou encore Glasgow.

 

Ils s'imposent dans des villes secondaires du pays, notamment du sud: Southampton, Plymouth, Norwich ou la capitale du Pays de Galles Cardiff.

 

C'est justement du Pays de Galles que viennent des résultats encourageants pour les communistes.

 

Cette nation britannique de 3 millions d'habitants, terre noire des mineurs, a toujours été relativement un bastion des communistes, bien implantés dans les syndicats, dans une Grande-Bretagne où les communistes ont toujours été quelque peu marginalisés.

 

Dans cette « région rouge », les conservateurs ne possèdent plus aucune des 22 mairies, les travaillistes s'assurent une majorité claire dans les principales villes galloises : Cardiff, Swansea, Wrexham.

 

Les communistes gallois étaient présent dans huit circonscriptions réparties sur trois villes du pays : la capitale Cardiff, les bastions miniers de Torfean et Merthyr Tydfil.

 

Aussi limitée que soit la présence des communistes, les résultats obtenus sont plus qu'encourageants et montrent une résistance des communistes dans un contexte de bi-polarisation et de pression vers le vote utile qui a laminé la plupart des formations, y compris les verts, les nationalistes gallois et même les libéraux-démocrates.

 

Leur campagne axée sur la défense des services publics, le rejet de l'austérité gouvernementale et la critique de l'Union européenne a été entendue par une partie non-négligeable des travailleurs gallois.

 

Dans le bastion minier de Merthyr Tydfil, les communistes obtiennent leur meilleur résultat. Avec 9% des voix, le secrétaire de l'Union locale syndicale Tommy Roberts a réussi à rassembler malgré la pression du vote utile.

 

Deux candidats communistes, dont un autre à Merthyr Tydfil et un à Torfaen, obtiennent eux 5% des voix et parviennent à devancer les candidats libéraux-démocrates.

 

A Cardiff, les quatre candidats communistes récoltent entre 2 et 3%. Dans une des circonscriptions, à Adamsdown, le communiste Fran Rawlings est même parvenu à battre un des candidats conservateurs.

 

Le secrétaire du Parti communiste gallois Rick Newnham a déclaré que « nous, communistes gallois sommes satisfaits de nosrésultats lors de ces élections ».

 

Il place désormais la nouvelle majorité travailliste devant ses responsabilités :

 

« La question centrale désormais est de savoir si la nouvelle majorité travailliste, qui inclut certains socialistes proclamés, placera comme priorité absolue la protection des emplois et des services publics, y compris en créant plus de logements sociaux et en mettant un terme aux projets de construction d'un incinérateur polluant géant à proximité des quartiers européens », a conclu Newnham.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 07:50

10-child-alamyEffets dramatiques de la crise du capitalisme et de la « super-austérité »

 

Progression alarmante de la sous-nutrition en Grande-Bretagne



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



C'est à Londres, sixième ville la plus riche au monde, que des milliers d'enfants souffrent de sous-nutrition. Et leur nombre a augmenté de façon dramatique, non seulement dans la capitale britannique mais aussi en dehors.



L' « épidémie silencieuse », comme l'appelle le journal The Independent,s'étend à tout le pays et laisse des traces durables chez les victimes :« Chris a dix ans. Lui et son frère s'alimentent si mal qu'ils sont livides et ont des cernes sous les yeux. Ses aînés ont déjà perdu toute leur dentition à cause de leur régime alimentaire dévastateur pour leur santé », rapporte le journal britannique qui rappelle que la seule association Kids companyaide 17 000 enfants à Londres.



Chaque semaine, cette association vient en aide à 70 nouveaux enfants, au lieu d'une trentaine l'an passé.



A Barnsley, dans le nord de l'Angleterre, des organisations de bienfaisance venant en aide aux enfants assistent des familles en leur fournissant des aliments de base comme le lait, le pain et des pâtes. A Bristol, mentionne la même source, un projet d'accompagnement des adolescents est devenu un endroit où on peut avoir accès à un repas de base.



Selon ce qu'explique la fondatrice de Kids Company,Camila Batmanghelidjh, de nombreux enfants appartiennent à des familles d'immigrés, dont les parents n'ont pas de permis de travail ou ne bénéficient pas d'allocations sociales. Mais il y a également des parents qui travaillent et qui « simplement n'ont pas les moyens de nourrir leurs foyers ».



Cette association évoque cinq écoles à Londres où entre 70 et 80% des élèves souffrent d'insécurité alimentaire, soit qu'ils n'aient pas toujours les aliments de base à la maison, soit qu'ils ne savent pas qu'ils auront leur prochain repas.



La propagation de la faim dans le pays, d'autres en témoignent comme Chris Mould, président exécutif de Trussell Trust, organisation liée aux banques alimentaires, qui fournissent des aliments à quelques 120 000 personnes. Mould affirme que ces derniers mois on a assisté à « une énorme augmentation » de la demande et il garantit qu'il y a 36 000 enfants parmi eux qui souffrent de la faim. « Ce que nous avons vu nous indique qu'il y a plusieurs milliers de personnes qui souffrent de la faim dans ce pays, des personnes qui ont à faire des choix difficiles entre l'essence, l'eau, le transport et la nourriture. »



« Cette pression retombe nécessairement sur les mères et sur les enfants ».



Source : Avante, organe du Parti communiste portugais

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