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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 06:44

cp ukrLes juges du Tribunal administratif de Kiev refusent en bloc de traiter l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine

 

Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Huit mois que le nouveau gouvernement ukrainien illégitime a lancé une procédure d'interdiction du Parti communiste d'Ukraine. Tous les moyens étaient permis. Cette fois, les juges du TA de Kiev ont décidé de ne pas céder au chantage de l'exécutif.

 

Le Parti communiste d'Ukraine subit depuis près d'un anune offensive sans précédent visant à le détruire comme seule force d'opposition nationale, dévouée à la défense des travailleurs d'Ukraine, sans distinction aucune ni allégeance à quelque clan dirigeant, oligarque, puissance étrangère.

 

Un an de chasse contre le Parti communiste : tous les coups sont permis

 

Les projets de loi visant à interdire le Parti communiste et son idéologie ont été portés en 2014 par des députés populistes d'extrême-droite comme Oleg Liachko, ils ont trouvé un relais chez le Ministre de la Justice Pavlo Petrenko qui a porté l'affaire devant le Tribunal administratif de Kiev.

 

Entre-temps, pendant l'été, la faction parlementaire du KPU – qui était après 2012 un parti majeur, la principale force d'opposition populaire, avec près de 14 % des voix et 32 députés – était dissoute. Dans l'hostilité la plus totale, avec des millions d'électeurs empêchés de voter dans l'est du pays, il a tout de même obtenu près de 4 % des voix en octobre 2014. Pas suffisant pour rester au Parlement.

 

Les charges alléguées contre le Parti communiste se centrent sur « l'atteinte à la souveraineté et l'intégrité territoriale », autrement dit un soutien direct à la rébellion séparatiste dans l'est du pays. Une charge qui permet au gouvernement d'y joindre l'intention de renverser le gouvernement par la force, l'atteinte aux libertés fondamentales et incitation à la haine raciale.

 

Depuis des mois, la police ukrainienne, le Ministère de la Justice ainsi que les services de renseignement mènent une enquête, aux méthodes douteuses, tentant de monter un dossier à charge pour l'interdiction du KPU.

 

Tous les moyens ont été utilisés, y compris l'enlèvement de militants et cadres communistes soumis à des interrogatoires musclés. Jusqu'à présent, le Tribunal administratif (TA) de Kiev a jugé qu'aucune preuve tangible n'avait été apportée, reportant à plusieurs reprises l'audition du cas.

 

Des pressions intolérables de l'exécutif : les juges se dessaisissent

 

Le 24 décembre 2014, la Cour d'appel de Kiev avait néanmoins enjoint le TA de Kiev de reconsidérer l'affaire, qui devait être relancée, après les travaux préparatoires, au cours du mois de février.

 

Ce 18 février 2015, coup de théâtre, les 10 juges du Tribunal administratif de Kiev décident en bloc de ne pas traiter la procédure portant sur l'interdiction du KPU, s'appuyant sur les pressions et méthodes intolérables dont ils ont été victimes de la part de l'exécutif.

 

Cette décision collégiale a été prise après la révélation que la maison du juge qui devait présider le cas, Valeri Kouzmenko, a été perquisitionnée par la police, son ordinateur saisi, contenant le matériel de travail sur l'affaire de l'interdiction du Parti communiste.

 

Selon Kouzmenko, il s'agit d'une tentative désespérée de faire pression sur le Tribunal et d'intimider les juges. Pour le gouvernement ukrainien, il s'agissait d'une mesure qui s'imposait alors que les juges étaient soupçonnés d' « abus de pouvoir » et de « faux ».

 

Pour le Ministère de la Justice, les juges sont de mèche avec les communistes !

 

La réaction du Ministre de la Justice, Pavlo Petrenko, qui avait lancé en juin 2014 la procédure d'interdiction contre le Parti communiste, ne s'est pas faite attendre.

 

Outre le fait que l'affaire pourrait être portée devant un autre Tribunal administratif, il a annoncé le lancement d'une procédure visant à imposer des mesures disciplinaires contre les 10 juges du TA qui pourraient conduire à leur radiation.

 

Selon le Ministre, les juges du TA de Kiev ne sont pas neutres et font le jeu du Parti communiste :

 

« Toutes les preuves ajoutées au dossier nous laissent croire que derrière le refus des juges de traiter l'affaire, et a vu de la composition du Tribunal administratif de Kiev, il y a un élément : ce tribunal, hélas, fait le jeu ou est sous l'emprise du Parti communiste d'Ukraine ».

 

La résistance continue pour défendre les droits démocratiques et sociaux

 

Il ne fait aucun doute que ce nouveau rebondissement jette un discrédit total sur la légalité de la procédure d'interdiction du Parti communiste, confirment les dénonciations par le KPU de l'emploi de méthodes illégales, de la fabrication de preuves pour appuyer des accusations sans fondement.

 

Pourtant, la réaction du pouvoir montre qu'il n'est pas prêt à reculer, quitte à brûler les ponts avec ce qu'il pourrait rester d'Etat de droit en Ukraine. Le gouvernement est prêt à lancer une épuration de l'appareil d'Etat, jusque dans sa branche judiciaire.

 

Dans cette lutte, la seule force nationale de masse qui refuse la main-mise des oligarques sur le pays, les plans d'austérité imposés par le FMI et la logique d'intégration européenne, les ingérences des grandes puissances capitalistes, les discriminations contre des millions d'Ukrainiens : c'est le Parti communiste.

 

C'est pourquoi il subit depuis un an cette vague de répression inédite, chaque militant endure intimidations verbales, violences physiques, poursuites devant les tribunaux, arrestations sans fondement. Et pourtant, il résiste, et ce dernier rebondissement judiciaire prouve encore une fois que la justice et la vérité sont de son côté. Solidarité avec nos camarades !

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 06:24

iasteniouk.jpgRévisionnisme historique pour le Premier ministre ukrainien : « L'URSS a envahi l'Ukraine et l'Allemagne en 1945 »



Communiqué de Petro Simonenko, secrétaire-général du Parti communiste ukrainien



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



« La déclaration cynique faite par le Premier ministre ukrainien, Arseni Iasteniouk, lors de sa visite en Allemagne est une insulte à des générations d'Ukrainiens qui, pendant la Grande guerre patriotique ont forgé, au front comme à l'arrière, la victoire sur le nazisme et l'hitlérisme.



La déclaration de Iasteniouk, livrée pour le 70 ème anniversaire de la Grande victoire est un coup de poignard dans le dos sournois à tous ceux qui dont donné leur vie pour libérer les peuples d'Europe des Nazis, libérer les prisonniers des camps de concentration.



C'est une insulte aux anciens combattants d'Ukraine, qui sont encore en vie et à qui le régime ôte les dernières miettes de leur pension, les réduisant à la pauvreté », a déclaré le responsable du Parti communiste d'Ukraine (KPU), Petro Simonenko.



Rappelons que sur ARD, une grande chaîne de télévision allemande, Iasteniouk a déclaré qu'il se souvient très bien de l'invasion soviétique de l'Ukraine et de l'Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale. Et qu'il s'agit d'éviter que cela se reproduise maintenant.



Pour Petro Simonenko, il est clair que Iasteniouk a bel et bien falsifié ce que fut la Grande guerre patriotique et la Seconde Guerre mondiale, transformant la libération de l'Europe du nazisme en « agression russe » contre l'Allemagne nazie.



« Si une telle déclaration avait été faite par un citoyen lambda, elle aurait été considérée comme une preuve d'ignorance et de la bêtise la plus élémentaire.



Mais dans la bouche de l'un des plus hauts responsables de l'Etat ukrainien, qui est le Premier ministre Iasteniouk – face à tous ces gens qui, avec les peuples frères de toutes les républiques d'URSS, ont apporté une contribution décisive à la victoire de la coalition anti-hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale – cela doit être considéré comme une vile provocation, s'inscrivant dans l'escalade de la tension sur le continent européen, la plongée de l'Europe dans une nouvelle guerre mondiale », a déclaré le chef du KPU.



Petro Simonenko a également souligné que de telles déclarations de hauts responsables du régime au pouvoir en Ukraine, s'inscrit clairement dans la politique mise en œuvre par les cercles dirigeants nord-américains pour l'Europe, y compris l'Ukraine et la Russie.



« Dans ces conditions de grave crise systémique globale, l'Europe pacifique et forte, l'Europe qui a des liens économiques et politiques étroits avec la Russie – pour les Etats-unis, il faut en finir avec cette Europe-là », a déclaré le chef du KPU.



En outre, Petro Simonenko estime que la déclaration d'Iasteniouk est la meilleure façon de montrer son vrai visage politique : celle d'un partisan du fascisme.



« Si Iasteniouk n'est pas immédiatement condamné, cela signifierait que le fascisme est devenu officiellement l'idéologie d’État du régime au pouvoir », affirme le chef du Parti communiste.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 11:31

_80019050_kievmarchepa.jpgMarche aux flambeaux fasciste à Kiev pour le Nouvel an : 5 000 manifestants celebrent le collaborateur ukrainien Bandera

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

L'Europe nouvelle est en marche à Kiev. Elle défile dans des marches aux flambeaux, célèbre les héros de la collaboration avec le nazisme, exacerbe le nationalisme tout en prêtant allégence à une Europe capitaliste qui détruit le cadre national qui rend possible la résistance à ce nouvel ordre barbare. L'Ukraine constitue une maquette effrayante de l'Europe nouvelle.

 

Selon les organisateurs, ils étaient 5 000. Pour la police, entre 2 et 3 000. Les images de la fête du Nouvel an à Kiev sont loin de la légèreté du reste du monde. Point de confettis, de lunettes, de voeux aussitôt oubliés, mais de bien pesants portraits, drapeaux, torches, slogans.

 

Une insoutenable pesanteur pour fêter le 106 ème anniversaire de Stepan Bandera, dont le portrait est brandi par les manifestants, éclairé par les torches qui donnent à la scène un effrayant parallèle avec d'autres temps et lieux de l'histoire.

 

L'Ukraine aux Ukrainiens, Bandera, reviens ! : l'Europe nouvelle en marche

 

Considéré par les nationalistes comme un héros national, l'anti-communisme de Bandera couplé à sa russophobie et son anti-sémitisme dans son nationalisme intégral l'a conduit à collaborer avec les Nazis en 1941, et à organiser des pogroms de vaste ampleur à la tête de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

 

Ce 1er janvier, les drapeaux bleus et jaunes (ceux de l'Ukraine, avant de l'OUN, maintenant arborés par le parti fasciste Svoboda) cotoient les bannières rouge et noir (celle de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne de Bandera après 1941, aujourd'hui de la formation néo-nazie Secteur droit).

 

big.JPGLes slogans ne souffrent guère d'ambiguité sur la teneur de la marche : "l'Ukraine aux Ukrainiens", "Bandera reviens, et remets de l'ordre dans tout cela!", ainsi que le désormais habituel : "Gloire à l'Ukraine, gloire aux héros!".

 

Le slogan, qui avait celui de Bandera et qui a été repris par les indignés à crânes rasés de Maidan.

 

"Nous allons gagner cette juste guerre. Dieu est avec nous" (Porochenko)

 

Le leader de Svoboda, Oleg Tyanhybok ne s'y est pas trompé. Avant le défilé, il confiait à la presse ukrainienne que "le gouvernement actuel est venu au pouvoir avec les slogans de Bandera, il doit maintenant suivre ses idées".

 

Tyanhybok a aussi réclamé que Bandera soit rétabli dans le titre de "héros national ukrainien". Un titre que lui avait octroyé Iouchtchenko en 2010 et qui avait été retiré par Ianoukovitch en 2013, quelques semaines avant qu'íl soit renversé.

 

0--18166900_303-00.jpgLa marche aux flambeaux avait comme un parfum de procession, les slogans reflétaient un esprit de croisade.

 

Ce ne sont pas seulement les "Gloire à la nation, mort à l'ennemi!" entendus dans le cortège, mais aussi les récurrents appels à lutter contre Moscou, souvent rapproché dans la rhétorique de Svoboda au judéo-moscovisme.

 

Même le président-roi du chocolat Porochenko, lors de son message du Nouvel an a lancé un appel mystique : "Nous allons bien gagner cette guerre patriotique car elle est juste, pour nous. La vérité est de nôtre côté. Dieu est avec nous".

 

Gott mit uns. Ce genre de proclamations a de quoi faire frémir ce qui garde une conscience historique. La Russie s'est empressée de dénoncer le défilé, alors qu'un journaliste russe s'est fait agressé par les manifestants à Kiev.

 

"Quelque chose de pourri en Ukraine, en Europe" pour le président tchèque

 

Ainsi, l'envoyé russe pour les droits de l'Homme au Ministère des Affaires étrangères Konstantin Dolgov : "Les marches aux flambeaux en Ukraine démontrent quón continue à avancer sur la voie nazie ! Et c'est au coeur de l'Europe civilisée".

 

Compte tenu de ses intérêts géopolitiques, c'est de bonne guerre. Cela n'empêche pas la Russie de soutenir des forces d'extrême droite dans certains pays d'Europe.

 

Même le président tchèque, Milos Zeman, a exprimé ses doutes sur ce qui se passe en Ukraine, en des termes forts. Pour lui, la marche aux flambeaux de Kiev lui rappelle l'Allemagne d'Hitler. Et pour lui il y a quelque chose de "pourri" dans le fait que ni l'Ukraine ni l'UE ne la condamne.

 

"Il y a quelque de chose de pourri en Ukraine", confiait-il à la radio F1 : "J'ai vu cette vidéo de la manifestation à Kiev, et les manifestants brandissaient des portraits de Stepan Bandera. Cela m'a rappelé Reinhard Heydrich".

 

Heydrich était un des architectes de l'Holocauste et Gouverneur du Reich pour les territoires correspondant à l'actuelle République tchèque.

 

"La parade même était organisée à la manière des marches aux flambeaux nazies, avec les participants qui criaient : 'Morts aux Polonais, aux Juifs et aux communistes sans pitié", a développé Zeman.

 

Le président tchèque concluait en soulignant qu'il y avait quelque chose de pourri dans le fait que l'Union européenne ne condamne pas ces actions : "N'oubliez pas que Bandera est considéré comme un héros national en Ukraine, son image flotte à Maidan, sa statue se trouve à Lvov. En réalité, c'était un assassin de masse".

 

L'anti-communisme, vecteur privilégié pour la réhabilitation des collabos

 

Un même scepticisme se retrouvait dans les mots des responsables du Centre Simon Wiesentahl (CSW). Pour le directeur du Bureau de Jérusalem, Ephraim Zuroff :

 

"Les responsables de l'Holocauste sont les dernières personnes sur terre qui méritent d'être glorifiées, peu importe leurs vertus nationalistes. Ce phénomène, si courant dans l'Europe de l'est post-communiste, en particulier en Ukraine et dans les pays baltes, montre clairement que ces pays ne remplissent pas pleinement les obligations d'une véritable démocratie."

 

Le Centre Simon Wiesentahl développe l'analyse en dénoncant une marche qui est un bon exemple de trois phénomènes séparés :

 

"la dissimulation ou la minimisation du rôle des collaborateurs nazis locaux dans les crimes de l'Holocauste ; la promotion d'une équivalence entre crimes nazis et crimes communistes ; et glorification des combattants de la liberté anti-communistes (les nouveaux héros de ces pays), qui étaient des collaborateurs locaux, participant aux crimes de la Shoah".

 

L'anti-sémitisme viscéral de ces formations d'extrême-droite ne les empêche pas de trouver comme un de leurs principaux soutiens financiers le millardaire israélo-ukrainien Igor Kolomoiksy – qui se revendique comme juif dans l'espace public –, bailleur de Secteur droit comme des formations para-militaires néo-nazies en Ukraine orientale.

 

Tel-Aviv a même mis en place une "ligne ouverte" avec ces formations pour dialoguer avec les forces d'extrême droite et désamorcer leur anti-sémitisme, ou mieux, le distinguer de l'anti-sionisme.

 

Cela a visiblement plutôt marché. Lors de l'offensive israélienne sur Gaza, l'organisation néo-nazie Secteur droit a organisé des rassemblements en solidarité avec ... l'Etat israélien. Anti-sémitisme et pro-sionisme peuvent décidément aller de pair.

 

Il y a quelque chose de pourri en Ukraine. Il y a surtout quelque chose de pourri en Europe. Les mots du président tchèque résonnent comme un avertissement lucide au vu de la dérive droitière, chaque jour plus manifeste en Ukraine.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 06:13

BsqN5jOCEAA2LTS_thumb_169_1406126191_1406126126_800_450_c1.pngLa Lituanie entre dans l'Euro : les Lituaniens désapprouvent la décision de leur gouvernement

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Qui a confiance aujourd'hui en l'euro, en l'Union européenne ? Même les pays auxquels a été vendu le rêve européen n'y croient plus. Les pays baltes entrent dans l'Euro contre la volonté de leur population. Après la Lettonie en 2014, la Lituanie en 2015.

 

Ce 1er janvier 2015, la Lituanie est le 19ème pays à entrer dans l'euro. L'heure n'est plus à l'euphorie européenne mais au désenchantement de l'Europe. Les derniers sondages européens montrent que l'adhésion à l'euro ne cessent de reculer dans toute la zone euro.

 

Même la Lituanie n'y échappe pas. Selon un sondage réalisé conjointement par l'organisme de sondage américain Gallup et son partenaire local Baltijos Tyrimai (« Enquêtes baltes »), 49 % des Lituaniens désapprouvent l'entrée dans l'Euro alors que seuls 26 % l'approuvent.

 

Dans le détail, seuls 5 % des Lituaniens approuvent complètement la décision d'adopter l'euro et 21 % « tendent à l'approuver ». 25 % sont en total désaccord avec ce choix et 24 % « tendent à être en désaccord ». Enfin, 22 % ne semblent ni approuver ni désapprouver la décision.

 

Une majorité se dessine aussi dans la condamnation de la décision du gouvernement de ne pas organiser de référendum sur la question : 57 % pensent que le gouvernement a eu tort de ne pas en organiser un, alors que 32 % pensent que c'était la bonne décision.

 

Enfin, les chiffres sont encore plus tranchés quand on demande les Lituaniens si ils ont confiance dans les bénéfices de la transition de la monnaie nationale (litas) à l'euro. 64 % ne sont pas confiants (dont 27 % « pas du tout confiants »), 4 % sont très confiants, 23 % « plutôt confiants ».

 

L'analyse sociologique des résultats concernant le « Non » à l'entrée dans l'euro révèlent que le « Non » est majoritaire chez le tiers des ménages les plus pauvres qui vit avec moins de 400 € par mois : c'est le cas de 63 % de ses ménages tandis qu'ils ne sont que 14 % à l'approuver.

 

Rappelons qu'en Lituanie, le salaire moyen est à peu près à 500 € par mois et que le salaire minimum est fixé à 290 € par mois.

 

Le désenchantement domine depuis que les « Tigres baltiques » se sont révélés des tigres de papier, l'entrée dans l'Europe et le mirage de l'adhésion à l'euro un prétexte à l'adoption de mesures d'austérité parmi les plus drastiques du continent.

 

Saignée par une perte démographique de 700 000 habitants depuis la chute de l'URSS (1/5 ème de sa population!), minée par la gangrène de la fraude fiscale et du marché parallèle, la Lituanie reste un paradis fiscal légal pour les entreprises avec un taux d'impôt sur les sociétés de 15 %. C'est le double en France.

 

Dans le même temps, après la récession record de 15 % en 2009, c'est aux Lituaniens qu'on a demandé de faire des sacrifices : baisse des salaires des fonctionnaires (entre 5 et 50 %), dégraissage des effectifs de la fonction publique (jusqu'à 20 % dans certains ministères), une baisse des pensions de 5 à 10 % ainsi qu'une baisse moyenne des salaires de 20 % dans le secteur privé.

 

Bienvenue aux Lituaniens sans illusions dans l'Euro, ce second cercle de l'enfer européen. Ils ont déjà abandonné toute espérance à leur entrée dans le premier. A eux de trouver la force de se joindre à la lutte de leurs frères européens pour sortir de cette machine infernale.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 06:56

a-Ukraine-Communist-Party-flags.jpgProjet de loi en Ukraine sur l'interdiction de l'idéologie communiste : le Parti communiste d'Ukraine en danger !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Blitzkrieg au Parlement ukrainien. Alors que vient d'être voté un budget d'austérité draconien, que les projets de loi se multiplient pour faciliter l'adhésion à l'OTAN, déréguler le marché intérieur, le dernier en date propose l'interdiction de l’idéologie communiste, donc du KPU.

 

Le Parti communiste d'Ukraine (KPU) lance un nouvel appel à la solidarité internationale. Ce n'est pas un cri au loup prématuré. Depuis un an, les nouvelles autorités de Kiev ne cessent de vouloir briser la résistance du KPU par tous les moyens.

 

Cette fois, le Parlement ukrainien va étudier un projet de loi visant à criminaliser l'idéologie communiste, à interdire le Parti communiste. Un projet qui a toutes les chances d'être adopté au vu du rapport de forces actuel et de l'hégémonie parlementaire des forces anti-communistes.

 

Combats de rue, violence d’État, tribunaux, urnes truquées : le KPU résiste

 

Elles ont usé des combats de rue, où les milices néo-nazies de Secteur Droit, du leader populiste Liachko ont dépassé les fascistes de Svoboda dans les méthodes : tabassage de militants du Parti, maisons de responsables saccagées, statues de Lénine déboulonnées, la liste est longue.

 

Ce climat de terreur de rue a été couvert par une violence institutionnalisée. Dans un contexte de guerre civile, les enlèvements de responsables locaux du parti se sont multipliés à l'est – avec collaboration des services secrets –, accompagnées d'interrogatoires musclées, incluant intimidations et tortures, pour faire avouer des relations avec les séparatistes.

 

Il a même essayé l'éradication par voie judiciaire. Le député populiste d'extrême-droite Oleg Liachko avait fait passer un projet de loi pour l'interdiction du Parti communiste. Il n'avait obtenu que la dissolution du groupe parlementaire du KPU qui comptait 32 élus.

 

En juillet 2014, une offensive a été lancée par le Ministère de la Justice pour faire interdire le KPU, devant le Tribunal administratif de Kiev, sur présomption de collusion entre le KPU et les séparatistes pro-russes. Aucune preuve tangible n'avait été apportée, l'enquête avait été fermée.

 

Toutefois, ce 24 décembre, la Cour d'appel de Kiev a décidé de rouvrir l'affaire, six jours après le dépôt d'un projet de loi sur l'interdiction du KPU au Parlement.

 

Un cadre qui a accompagné la tentative d'élimination politique du KPU. Ce parti qui rassemblait 2,5 millions d'électeurs (13 %) en 2012 a l'écorce rude, un ancrage résistant dans la société. Malgré l'impossibilité de voter pour des millions d'Ukrainiens à l'est, dans les bastions communistes, le KPU a maintenu son existence, avec 4 % des voix et 600 000 voix.

 

En finir avec le Parti communiste : le projet de loi du parti au pouvoir

 

Il a toutefois perdu toute représentation parlementaire. Le président « roi du chocolat » Porochenko n'a pas manqué de se féliciter de l' « arrêt de mort politique du Parti communiste ».

 

En dépit de cette offensive sur tous les fronts, le KPU est toujours bien vivant. Il s'agit maintenant d'en terminer légalement avec le Parti communiste, avec tout ce qu'il représente dans la société, d'héritage de l'ère soviétique comme de réalité d'opposition aux politiques anti-populaires.

 

Un projet de loi vient d'être déposé à la Rada (Parlement ukrainien) ce 18 décembre par trois députés du parti du Premier Ministre, le banquier pro-américain Iasteniouk, le « Front populaire », un projet soutenu par trois députés, MM. Tourchinov, Pachinski et Sioumar.

 

« Sur l'interdiction et la diffusion de l'idéologie communiste en Ukraine »

 

Un projet de loi « sur l'interdiction de la diffusion de l'idéologie communiste en Ukraine », dans la droite ligne des législations qui interdisent les symboles communistes en République tchèque, Pologne, ainsi que les partis communistes en Hongrie, Lettonie, Lituanie.

 

Selon son article 1, le projet de loi définit l' idéologie communiste « comme un système de concepts, d'idées, d'opinions reposant sur la lutte de classe, la dictature d'une classe sur les autres, la création d'un État totalitaire, la violation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, le déni des droits des peuples à l'autodétermination, la non-reconnaissance du droit à la propriété privée des moyens de production, l'établissement d'un système à parti unique, le renversement violent d'un système étatique ».

 

Sa promotion comprend y compris sa « diffusion dans les médias », la « production ou diffusion de produits contenant les symboles », qui sont : « les emblèmes, drapeaux de l'URSS, ou tout autre insigne qui porte les faucilles et marteaux ; les noms de rues, entreprises, institutions et organisations portant les noms des leaders communistes, le nom de l'URSS ».

 

Selon son article 2 : « la promotion de l'idéologie communiste en Ukraine est interdite », tout comme la « promotion de partis politiques entités idéologiques qui utilisent les termes Communisme, Marxisme, Léninisme, Stalinisme ».

 

Selon l'article 3, « la production ou distribution de produits avec les symboles communistes, y compris des souvenirs, est interdite en Ukraine ».

 

Six mois pour la dissolution du PC, cinq ans de prison pour tout communiste

 

Enfin, l'article 4 prévoit que les « personnes violant la Loi seront criminellement responsables ».

 

La promotion de l'idéologie communiste serait passible, selon la révision du Code criminel d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.

 

Enfin, toute entité politique portant un nom communiste devrait « cesser toute opération, en se dissolvant dans les six mois suivant l'adoption de cette loi ». De même, les rues portant des noms faisant référence à l'idéologie communiste seraient renommées dans les six mois.

 

Si on ajoute les voix des députés du parti du Président Porochenko (« Bloc Porochenko »), ceux du parti du Premier ministre Iasteniouk (« Front populaire ») et ceux du Parti radical du populiste Liachko, on obtient 236 élus prêts à voter ce projet de loi, une majorité de l'Assemblée.

 

De quoi faire passer ce projet anti-démocratique, même sans les voix du groupe de Liachko. Le secrétaire-général du Parti communiste d'Ukraine (KPU), Petro Simonenko, a déjà qualifié cet acte de « tentative d'éliminer le seul adversaire politique du régime : le Parti communiste ».

 

Il appelle désormais les Partis communistes, les forces de progrès en Europe à élever la voix pour s'élever à la mise en place d'un régime aux traits de plus en plus bellicistes, autoritaires et anti-populaires, couverts par une Union européenne, des Etats-unis complaisants.

 

Il est temps pour nous, communistes français, de commencer l'année 2015 par un appel à la solidarité avec nos camarades ukrainiens : non à la criminalisation du communisme en Ukraine, non à la fascisation de l'Europe !

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