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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 07:46

5493829129 7bcce21f17Interview d’Alfred Rubiks, secrétaire-général du Parti socialiste de Lettonie (PSL), sur le combat des communistes Lettons et leurs succès en terre hostile

 

Interview à la Pravda, organe du PC russe, à partir de la traduction originelle de Mauro Gemma pour l’Ernesto

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Alfred Rubiks a été secrétaire du Parti communiste en Lettonie soviétique. Pour s’être opposé au renversement du gouvernement soviétique par les forces nationalistes qui ont pris le pouvoir dans la république balte en 1991, il a été condamné à huit ans de prison. Entre temps, le Parti communiste était mis hors-la-loi et ses militants étaient contraints de changer son nom en « Parti socialiste de Lettonie » (PSL), pour pouvoir continuer légalement leurs activités. En 1999, à sa sortie de prison, le camarade Rubiks était élu président du PSL. Actuellement, il est député européen, et fait partie du groupe GUE/NGL.

 


 

Dans une période relativement brève, le Parti socialiste de Lettonie (PSL) a remporté de grands succès. Quel est son secret ?

 


Je suis heureux de pouvoir répondre aux questions du journal « La Pravda ». Je vous félicite d’avoir conservé le nom du journal léniniste.


Le Parti socialiste de Lettonie a été créé, avec ma participation active, le 15 janvier 1994, alors que me trouvais dans les geôles de la Lettonie bourgeoise, ayant été condamné à huit ans de prison pour avoir défendu le Pouvoir soviétique dans la république. Le Parti socialiste est né des dépouilles du Parti communiste de Lettonie, interdit en 1991. Le PSL est resté un parti marxiste (comme cela est inscrit dans ses Statut et programme), un parti internationaliste, un parti des travailleurs.


Je ne peux pas affirmer que le Parti socialiste fait des adhésions en masse. Les gens ont peur car la diffusion des idées communistes dans la république est assimilée à celle du fascisme et est interdite par la loi. En outre, le dirigeant historique du PSL a quand même été incarcéré en raison de son activité politique. Mais le programme de notre Parti, ses idées et ses objectifs sont compris, et ils sont au plus près des problèmes que connaît notre peuple. En cela, c’est évident, réside le « secret ».


Toutefois, cela ne suffirait pas si le Parti n’avait adopté une ligne tactique correcte, s’il était resté replié sur lui-même et avait agi de manière dogmatique, et non de façon créative. Cela fait plusieurs années que nous sommes dans la coalition de partis politiques de centre-gauche « Centre de la concorde », qui nous a donné plus de forces et d’opportunités. Un succès commune de la coalition est représenté par nos succès électoraux. Par exemple, aux dernières élections législatives, le « Centre de la concorde », auquel participaient cinq partis, a obtenu 29 sièges (dont 4 pour le PSL) sur les 100 que compte le Parlement.

 


Diffuse est l’impression que la Lettonie, en tant que membre de l’Union européenne, s’est transformée en périphérie de l’Europe. Dans quelle mesure cette impression correspond-elle à la réalité ?

 


Hélas, cela n’est pas qu’une impression, mais c’est la réalité. En presque vingt ans de pseudo-indépendance de la Lettonie, celle-ci de  république développée de l’Union soviétique, où elle occupait les premières places dans nombre d’indicateurs macro et micro économiques, s’est transformée en un pays arriéré de l’Union européenne, où en ce qui concerne les mêmes indicateurs elle est passée des premières aux dernières places. En 2009, la Lettonie s’est trouvée en conditions d’insolvabilité et a été forcée de solliciter des crédits au FMI et aux Etats de l’Union européenne, dont le montant s’élève à un tiers du PIB du pays. Le crédit a été obtenu à des conditions onéreuses, qui ne permettent pas à la Lettonie de les utiliser pour le développement de l’économie réelle. Le discours ne portait que sur les dépenses fondamentales, le sauvetage des banques et le colmatage des trous dans le budget.


En 2012, nous serons contraints de commencer à rembourser le crédit, mais il n’existe pas de plans pour savoir comment faire. Jusqu’à présent, le pays a été en mesure, à des coûts très élevés, de payer les intérêts sur les prêts. Le volume du PNB continue de diminuer, et on ne parvient même pas à rattraper le niveau de la production industrielle et le développement de l’agriculture de l’époque soviétique. Les gens, déçus par ce qui se passe et ne voyant aucune perspective d’amélioration de leur vie en Lettonie, quittent le pays pour aller travailler à l’étranger. Or, on va bientôt réaliser le recensement de la population et je crois que les résultats seront tristes : la population pourrait descendre sous la barre des deux millions de personnes, contre 2,63 millions lors de la dernière enquête. Pour faire une comparaison : lors des années de la Grande guerre patriotique, les pertes Lettones s’élevèrent à 400 000. Une image forte…



Il est de notoriété publique qu’existe en Lettonie une catégorie particulière de la population, qualifiée de « non-citoyens ». Quelle est la position de votre parti à ce sujet ?



Les non-citoyens n’existent pas qu’en Lettonie mais aussi en Estonie ainsi que dans d’autres pays. Mais leur nombre – 350 000 – par rapport à la population totale et en valeur absolue n’est comparable à celui d’aucun autre pays.


La position de notre parti reste inchangée et est formulée dans le Programme du PSL: les personnes, qui avaient la citoyenneté commune de l’URSS et de la Lettonie (comme cela était inscrit dans la Constitution de l’URSS et de la Lettonie soviétique) et qui vivaient en Lettonie le 21 juin 1991, au moment de l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi fondamentale, aurait dû être considérées citoyennes de la République lettone, s’ils l’avaient voulu, sans aucune procédure de naturalisation.


Les « non-citoyens » en Lettonie et en Estonie ont fait leur apparition grâce à l’ancien président de la Fédération de Russie Boris Eltsine. Même les États-Unis ne sont pas empressés de reconnaître cette proposition Lettone. Or, l’existence d’une telle population n’est possible qu’avec le consentement tacite et la connivence de l’Union européenne, et de ses organismes, qui tout en enquêtant sur les violations des droits de l’Homme en Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Ouzbékistan et dans d’autres pays, « ne voient pas » ce qui se passe chez eux, au sein de l’Union européenne, par exemple en Lettonie et en Estonie.


Le statut de non-citoyenneté est une restriction des droits de l’Homme, en particulier ceux politiques. Les non-citoyens, à qui est interdit l’accès à certaines professions, n’ont pas le droit de participer aux élections et aux référendums.

 


Dans de nombreux pays d’Europe, nous assistons au lancement de campagnes anti-communistes. Comment cela se matérialise en Lettonie ?

 


Dans notre république, la campagne anti-communiste et anti-soviétique n’a jamais baissé d’intensité. Avant tout, comme je l’ai déjà dit, avec la mise hors-la-loi du Parti communiste, ses membres qui ont continué à militer activement dans le parti après le 13 janvier 1991, n’ont pas le droit de se présenter candidats à l’élection à quelque organisme que ce soit. Le groupe parlementaire du « Centre de la concorde » au parlement letton a présenté à des maintes reprises un projet de loi pour lever cette restriction, mais il a toujours été rejeté par la majorité du gouvernement. A deux reprises, le groupe parlementaire s’est adressé à la Cour constitutionnelle avec comme requête de considérer une telle interdiction comme anti-constitutionnelle et non-conforme aux normes des conventions internationales, signées aussi par la Lettonie, mais la requête n’a pas été prise en considération. En réalité, lors de son dernier verdict la cour a délibéré : une telle interdiction ne peut plus durer. Dans ce même verdit, les juges ont recommandé au Parlement de revenir sur la question dans les plus brefs délais.


C’est justement en appliquant le mot d’ordre  de l’anéantissement de tout ce qui est soviétique et communiste, qu’a été détruite l’économie de la Lettonie (une des plus avancées dans l’URSS !). Ont été liquidées ou frappées durement les grandes entreprises, comme celles, à Riga, des locomotives électriques, des wagons, de l’électro-technique « VEF », « Alfa », « Radiotechnique », l’usine chimique de Daugavpils, des dizaines d’autres lieux de productions, en particulier ceux liés à l’industrie légère, et également les kolkhozes et sovkhozes.


Gagnants symboliques de ce pillage et de la « destruction patriotique », la dizaine de millionnaires que compte la Lettonie d’aujourd’hui. Karl Marx avait raison quand il soutenait que le capital primitif ne peut être qu’issu du vol. La Lettonie en est l’exemple historique vivant. Les experts européens de la finance et les économistes ont pointé il y a déjà dix ans de cela que l’Etat letton avait été pillé. Et on continue sur cette voie.


Par ailleurs, désormais dans la république lettone les autorités veulent revaloriser le fascisme, en comparant le régime d’occupation hitlérienne à la période du régime soviétique en Lettonie. Dans le livre « L’histoire de la Lettonie au XXème siècle », édité en 2005, qui a été couvert d’éloges par la présidente de l’époque Vaire Vike Freiberga, on tente de démontrer que le terrible camp de concentration nazi de Salaspils n’était, textuellement qu’ « une grande prison et un camp de réhabilitation par le travail ».


Les anciens combattants de la « Waffen SS » marquent leurs commémorations par des défilés dans Riga, des rassemblements dans les bois, auxquels participent souvent des hauts dignitaires de la république Lettone et ils reçoivent en outre des subventions étatiques. On est arrivé à un tel point que, parmi les députés, se sont trouvés élus un ancien légionnaire des « Waffen SS » et certains représentants du parti aux positions les plus radicalement nationalistes, anti-soviétiques et anti-russes « Visu Latvijai » (Tout pour la Lettonie). En Lettonie, ils poursuivent l’ancien partisan anti-fasciste soviétique Vasili Makarovic Kononov. De nombreux autres épisodes nous permettent d’affirmer qu’on joue toujours la carte anti-communiste et anti-russe dans le jeu politique et dans la formation de l’opinion publique

 

Cf notre article de fond sur la situation en Lettonie: Législatives en Lettonie: face à un « tigre balte » soumis à la piqûre d'austérité, les communistes moteurs d'une force de rassemblement populaire qui peut gagner

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 14:15

KPRF_logo_color.jpgLe Parti communiste russe continue sa progression électorale avec près de 22% aux élections régionales partielles de mars et est en bonne position pour prendre la région d’Orel

 

Article BL/AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Tous les six mois, les citoyens russes sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants dans diverses Assemblées locales de plusieurs sujets de la Fédération. Ce 13 mars, dix régions étaient en jeu, Petrozavodsk (Carélie), Syktyvar (République des Komis), Stavropol, Vladimir, Kaliningrad, Kemerovo, Orel, Saratov, Khanty-Mansiysk et Perm.

 

Toutes les circonscriptions n’étaient pas soumises au même scrutin. Dans six de ses sujets de la Fédération (Petrozavodsk, Kaliningrad, Kemerovo, Orel, Khanty-Mansiysk, Perm) dominait un scrutin majoritaire uninominal classique tandis que les quatre autres (Syktyvar, Stavropol, Vladimir, Saratov) étaient régis par un système mixte panachant le scrutin majoritaire uninominal avec une proportionnelle par liste.


 

22% pour le Parti communiste face à un pouvoir et une opposition officielle en plein effrittement électoral


 

Le résultat agrégé sur les dix scrutins réalisé par le Parti communiste révèle une dynamique extrêmement positive puisque avec 21,7% des voix, le KPRF s’installe plus que jamais comme la deuxième force politique du pays et la seule alternative au pouvoir autocratique de Russie unie. Il obtient un de ses meilleurs scores sur les derniers scrutins du même type, seulement égalé par le résultat obtenu en mars 2010.

 

Comparativement, l’hégémonie de Russie unie sur la vie politique russe continue de s’effritter en dépit de la fraude habituelle et du contrôle politique exercé sur le scrutin. Dans les quatre scrutins soumis à la proportionnelle, Russie unie passe sous la barre des 50% (49,6% à comparer, toutes choses égales par ailleurs, au 58,7% d’octobre 2010).

 

Du côté des deux autres partis majeurs, Russie juste (parti de centre-gauche créé par le pouvoir pour créer une opposition de façade) avec 10,4% obtient son plus mauvais score des cinq derniers scrutins tandis que le parti d’extrême-droite dit libéral-démocrate connaît une légère remontée avec 13,3% des voix.


 

Le Parti communiste représenté dans les Assemblées de presque tous les sujets garde l’espoir de gagner Orel


 

Le point positif de ce scrutin pour le KPRF est qu’il obtient une représentation aux Assemblées de huit des dix sujets en jeu.

 

Le KPRF serait même en passe de conquérir la majorité au Conseil régional d’Orel, où le Parti communiste a gagné 17 des 38 circonscriptions en obtenant un score moyen remarquable de 37%.

 

Excellent résultat également dans la ville de Vladimir où, avec 29% des voix, le KPRF talonne Russie unie (35%) qui réalise là son plus mauvais score de la journée électorale.

 

Ailleurs, le Parti communiste se rapproche de Russie unie également à Stavropol, avec 24% des voix contre 38% pour le parti du pouvoir. Il réalise un très bon score à Kaliningrad avec 28% des voix et 3 élus, à Petrozavodsk avec 25% des voix et 5 élus et parvient tout de même à obtenir un élu à Perm avec seulement 16,5%.


 

D’excellents résultats minorés par un scrutin injuste et une fraude massive bien qu’inégale


 

Toutefois, le Parti communiste a encore une fois subi les conséquences d’un système électoral injuste qui fait la part belle au scrutin majoritaire et cantonne la proportionnelle, au mieux, à une place subalterne dans le cadre d’un scrutin mixte.

 

Cela explique pourquoi les communistes seront absents de deux assemblées locales où pourtant ils avaient réalisé de bons scores, à Kemerovo (18,4%) et Khanti-Mansiysk (22,2%).

 

Comme le note une de fois le KPRF, la fraude a été massive lors de ce scrutin bien qu’inégalement répartie. En effet, il explique la différence non-négligeable entre le score atteint dans les sujets à scrutin majoritaire (23,2%) et ceux à scrutin mixte (19,9%) par l’incidence de la fraude.

 

En effet, d’après les communistes, le scrutin mixte – avec une bonne dose de proportionnelle – aurait contraint le pouvoir à abuser de la fraude pour s’assurer d’une représentation majoritaire à l’Assemblée, là où dans les scrutins majoritaires uninominaux il suffisait pour « Russie unie » de remporter la première place pour gagner l’élection.

 

Malgré les pratiques bureaucratiques frauduleuses d’un pouvoir autocratique au service d’une poignée d’oligarques, le Parti communiste représente de plus en plus, aux yeux du peuple russe, la seule réelle alternative à la mainmise du capital sur le pays.

 

Vingt ans après la criminelle dissolution de l’URSS provoquée par un Gorbatchev qui achève ses derniers jours dans l’indifférence et le mépris du peuple Russe, le communisme représente pour une part de plus importante du peuple russe l’avenir de la nation !

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 07:36

communist-russia.jpgUne majorité de russes regrettent toujours la fin de l'URSS

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Selon une étude réalisée par le centre sociologique Levada, 55% des citoyens russes regrettent la dissolution de l'URSS. Le pourcentage de deux qui, dans ce pays, estiment la fin du socialisme comme une catastrophe est encore plus significatif quand les personnes interrogées se trouvent dans la tranche d'âge des plus de 60 ans, 83%, mais il est considérablement plus faible parmi les jeunes, 17%.

 

Les données recueillies dans le sondage cité par l'EFEindiquent également que 53% des russes pensent que la dissolution de l'URSS aurait pu être évitée, contre seulement 32% qui pensent exactement le contraire.

 

En outre, plus de la moitié des personnes interrogées défendent un renforcement significatif des relations de la Russie avec les 15 anciennes républiques Soviétiques, s'affirmant même favorables à la reconstitution de l'Union soviétique comme bloc politico-économique.

 

Pour les russes, persistent également des similitudes entre les anciens peuples soviétiques, notamment les russes, les ukrainiens, les biélorusses et les kazakhs.

 

La dissolution de l'URSS avait été annoncée à la télévision, le 25 décembre 1991, par Mikhail Gorbatchev. A l'époque, Gorbatchev était président de l'URSS, fonction créée un an et demi à la suite d'une modification de la Constitution votée au Congrès des députés du peuple.

 

La création de la fonction de président, que Gorbatchev a cumulé avec la présidence du soviet suprême et la fonction de secrétaire-général du Parti, dans une concentration de pouvoirs sans précédent dans l'histoire soviétique en temps de paix, avait été incluse dans une proposition portée au Comité central qui, entre autres, éliminait l'article 6 du texte fondamental, en terminant, dans la pratique, avec le rôle dirigeant du Parti communiste de l'Union soviétique.

 

On se souvient aussi qu'au printemps 1911, le même Gorbatchev avait organisé un référendum sur le maintien de l'URSS. A la consultation avaient participé 80% des électeurs, parmi lesquels 74,4% s'étaient manifesté en faveur du maintien de l'URSS. Six mois plus tard, Gorbatchev signait la dissolution de l'Union aujourd'hui regrettée par la majorité des russes.

 

Article d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais, du 6 janvier

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:48

estonia 1795079cLe peuple Estonien a payé l'adhésion à l'Euro au prix fort



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



En dépit de la crise profonde dans laquelle elle est plongée depuis 2009, la petite République balte d'Estonie adopte la monnaie unique ce 1er janvier 2011. A cette fin, les autorités ont mis en place des mesures draconiennes qui ont réduit à la pauvreté une partie importante de la population.



Prenant prétexte de la crise mondiale, le gouvernement de centre-droite, dirigé par le premier-ministre Andrus Ansip, a imposé le licenciement de milliers de fonctionnaires et une diminution des salaires des travailleurs du secteur public de 10%. Suivant l'exemple du public, le secteur privé est même allé plus loin en parvenant à réduire en moyenne les salaires de 15%.



Les dépenses publiques ont également été réduites de 20%, en partie au prix d'une diminution du montant des retraites et du recul de l'âge de départ à la retraite de 63 à 65 ans. Les couches les plus défavorisées ont même eu à supporter l'augmentation de la TVA de 18 à 20%, tandis que les travailleurs ont perdu le peu de sécurité de l'emploi qui leur restait.



En effet, la réforme du droit du Travail a libéralisé les licenciements, devenus sans obligations et gratuits pour le patronat. Toutefois, il ne faut pas s'imaginer que cela a mené à des créations d'emplois. Au contraire, le chômage a explosé, jusqu'à atteindre les 18% de la population active et, dans les régions russophones, les 25%. Et cela malgré le fait que soit maintenu un salaire minimum de misère qui tourne autour des 245 euros mensuels.



Pour les entreprises, le gouvernement a multiplié les cadeaux, les exonérant dans la pratique du paiement d'impôts sur les bénéfices, puisqu'il leur permet de déduire d'impôts les sommes réinvesties.



Ainsi, le 17ème membre de la zone euro s'enorgueillit de présenter des finances assainies, avec un déficit de seulement 1,7% du PIB et une dette publique de 7,2%, bien que le revers de la médaille soit une économie retombée aux niveaux de 2005 (- 14,1% en 2009) et encore loin d'une véritable reprise.



Voilà pourquoi le sentiment de satisfaction des gouvernants n'est pas partagé par une partie importante de la population, qui voit d'un mauvais œil l'adhésion à la monnaie européenne.



Un sondage publié mi-décembre indique que les près de 1,3 millions d'estoniens sont divisés quant à leur appréciation de l'euro: 49% affirment y être favorables, tandis que 43% le rejettent, craignant de nouvelles augmentations des prix et de plus grandes difficultés pour survivre.



Article d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais, numéro du 30 décembre

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 13:12

moldova commLe Parti communiste de Moldavie (PCM) reste la première force politique du pays, avec 40% des voix, lors des législatives anticipées du 28 novembre



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces élections législatives anticipées du 28 novembre devaient sortir la Moldavie de l'impasse constitutionnelle dans laquelle elle est plongée depuis l'an dernier, sans majorité parlementaire claire ni président légitime. Les résultats du scrutin semblent l'y plonger encore plus profondément.

 

En effet, depuis les dernières législatives de 2009, la Moldavie est dans une véritable impasse constitutionnelle. Le président de la république est élu dans cette ex-république soviétique au scrutin indirect, avec les voix d'au moins les 3/5èmes du Parlement.

 

Or, depuis juillet 2009, le pays est divisé en deux blocs de taille équivalente, sans aucun dialogue possible: d'un côté le Parti communiste de Moldavie, premier parti politique du pays mais avec seulement 48 sièges, et hostile à l'intégration européenne; de l'autre, « l'Alliance pour l'intégration européenne », pro-européenne mais aussi favorable au rattachement avec la Roumanie, composée des Partis libéraux, démocrates, libéraux-démocrates et nationalistes (« Notre Moldavie »), et occupant 53 sièges.

 

Jusqu'ici, aucun des deux blocs n'avait la majorité qualifiée de 61 sièges pour élire leur président.

 

Et le cartel pro-européen avait essuyé un cuisant revers en septembre 2010, dans le cadre du référendum constitutionnel qu'il avait organisé pour entériner l'élection du président au suffrage direct, pensant en profiter pour court-circuiter l'opposition communiste et élire un président pro-européen.

 

La majorité des Moldaves a alors massivement écouté l'appel au boycott lancé par le Parti communiste.Avec la participation de seulement 30% des Moldaves, celui-ci a été déclaré invalide. Et le président libéral Mihai Ghimpu a dû donc dissoudre le Parlement et appeler la tenue de législatives anticipées, ce dimanche 28 novembre.


 

 

Les communistes restent première force politique du pays: « une victoire que beaucoup nous envient », pour le secrétaire-général du PC


 

 

Les sondages prévoyaient la déroute du Parti communiste, qui aurait même dû perdre sa place de première force politique du pays, et le triomphe de l'Alliance pro-européenne qui aurait obtenu largement la majorité qualifiée parlementaire requise.


 

moldova voroninOr, si la situation est tout aussi incertaine quant à la sortie de l'impasse constitutionnelle, une seule chose est sûre: le Parti communiste reste, de loin, la première force politique du pays.Il conserve, par ses seules forces, 42 sièges et obtient près de 40% des voix. Le secrétaire-général Vladimir Voronin pouvait légitimement parler « d'une victoire que bien des partis peuvent nous envier ».


 

Car, en effet, du côté de l'alliance pro-européenne, il y a plus de perdants que de gagnants. Non seulement l'alliance a échoué dans son objectif, celui d'obtenir les 61 sièges nécessaires pour élire un président pro-européen, mais hormis le Parti libéral-démocrate soutenu à coups de propagande médiatique, les deux autres partis-phares de la coalition sont en net recul: le Parti libéral perd 3 sièges et descend sous la barre des 10% tandis que le Parti nationaliste « Notre Moldavie » s'effondre avec 2% des voix et disparaît du Parlement.


 

 

L'échec de la campagne anti-communiste et pro-européenne menée par la « Sainte-alliance » pour l'intégration européenne


 

 

Ces résultats marquent donc l'échec de la stratégie de la « Sainte-alliance », sur ses versants anti-communiste et pro-européen.

 

Sur la ligne anti-communistequi l'a mené jusqu'à menacer d'interdire du Parti communiste en mai dernier, (cf En Moldavie, l'interdiction de la faucille et du marteau comme préalable à l'interdiction d'un des Parti Communistes les plus influents d'Europe) l'Alliance butte sur ce que représente le Parti communiste dans la population, et tant le référendum constitutionnel que le résultat de ces législatives en prouvent la persistence.

 

Sur la ligne pro-européenne, la présentation idyllique d'une Union européenne comme ultime bouée de sauvetage face à l'urgence de la situation sociale et économique du pays a pris du plomb dans l'aile. La piqûre d'austérité et la mise sous tutelle qu'a dû subir le voisin roumain, (cf  Forte mobilisation pour la première journée de grève générale illimitée en Roumanie contre un des plans d'austérité les plus durs de l'UE) membre depuis 2004 de l'Union Européenne, a refroidi les ardeurs de certaines couches de la société moldave.

 

Il ne fait aucun doute que l'offensive anti-communiste et pro-européenne va redoubler dans les prochaines semaines, profitant de la paralysie politique du pays. Qu'elle peut signifier de nouvelles menaces d'interdiction du Parti communiste de Moldavie.

 

Mais avec le soutien populaire massif dont bénéficie le Parti, premier parti du pays, et la solidarité internationale exprimée par les communistes du monde entier, le Parti communiste de Moldavie résistera à ces menaces et se renforcera à l'avenir pour offrir une autre perspective au peuple moldave que celle de l'adhésion à cette machine à broyer les peuples qu'est l'Union Européenne!

 

 

 

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