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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 06:21

medvedev-demission.jpgL'analyse du Parti communiste (KPRF) sur la crise en Russie


« La crise nécessite des mesures extraordinaires »


Déclaration du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

 

Traduction LM pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende : affiche du KPRF pour expliquer pourquoi le gouvernement russe doit démissionner

 

Avoir suivi les recettes libérales de nos amis, les conseillers occidentaux, a conduit le pays à une crise systémique.

 

Aucune réforme parmi celle menée dans l'industrie, l'agriculture, l'énergie, le social, la science, l'éducation, les forces armées, la justice n'ont conduit à des améliorations. Bien au contraire, les réformes libérales ont tout détruit.

 

L'économie du pays, la vie de nos concitoyens sont de plus en plus subordonnés aux intérêts des multinationales.

 

Le renforcement de la position de la Fédération de Russie sur la scène internationale est en contradiction avec l'orientation suivie en Russie, qui conduit à une perte d'indépendance et de souveraineté nationale, à la consolidation de notre statut de fournisseur de matières premières dans le système productif mondial.

 

60 % des recettes budgétaires proviennent du pétrole et du gaz. En outre, si le pays vend chaque année à l'étranger des matières premières pour près de 20 milliards de roubles, le budget de l’État ne voit la couleur que du tiers de cette somme. Le reste est capté par les oligarques russes et leurs amis étrangers.

 

La poursuite de la politique économique actuelle va inexorablement saper le développement de notre industrie, contribuer à étrangler nos petites et moyennes entreprises.

 

La Russie perd ses travailleurs qualifiés. Un demi-million de scientifiques, d'experts sont déjà partis à l'étranger.

 

Dans le même temps, le groupe « Russie unie » à la Douma a adopté une loi « sur l'éducation » qui va continuer à détruire l'école classique russe, elle qui a donné des fruits inestimables à la science.

 

La loi sur la réforme de l'Académie de sciences de Russie détruira la système actuel de la science académique, elle livrera les bâtiments prestigieux à des bureaucrates voyous. Ce coup menace de pertes irréparables pour le pays.

 

Le pays est embourbé dans la dette. Cette année, la dette extérieure a été creusée, 15 % de plus, à 730 milliards de $. C'est nettement plus que les réserves internationales de la Russie, qui ont diminué à 420 milliards de $. Dont 118 milliards de $ de titres du Trésor américain.

 

La poursuite de ces politiques financières peut conduire la Russie à un défaut avec toutes ses conséquences. L'effondrement du taux de change va inévitablement conduire à une augmentation des prix, si on n'adopte pas rapidement des mesures de stabilisation des prix.

 

Le gouvernement russe est incapable d'arrêter l'exportation des capitaux. Cette année, les sorties de capitaux s'élèvent à 130 milliards de $.

 

La politique monétaire libérale des Gaidar, Koudrino est toujours dominante en Russie, elle est devenue le pivot de la destruction du potentiel économique du pays. L'impuissance de la Banque centrale, son incapacité à s'adapter aux conditions difficiles de la situation internationale ont conduit à l'effondrement du système monétaire, une nette dépréciation du rouble.

 

La situation a empiré suite à la décision du Conseil d'administration de la Banque centrale de relever ses taux directeurs à 17 %. Cette mesure signifie un sacrifice pour l'économie réelle, les PME du pays.

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste est très préoccupé, il craint que 2015 ne soit une année de pillage de masse de la population russe. Les conditions de vie de dizaines de millions de personnes sont aujourd'hui proches de la pauvreté absolue.

 

Le salaire minimum est de 12 700 roubles, si on y ajoute l'impact des lois nouvellement adoptées, c'est 15 600 roubles. Dans le même temps, le minimum de subsistance est fixé à 8 192 roubles, 6 717 pour les retraités, soit trois fois moins que la consommation minimale

 

D'après les statistiques, 52 % de la population ont des revenus inférieurs de 15 000 roubles par mois (300 €), donc sont en-dessous du minimum vital. C'est la moitié du pays !

 

Le prix des médicaments et de l'alimentation ne cessent d'augmenter. L'inflation du coût des produits alimentaires s'élève à 12 %. Avec la flambée du dollar, tous les produits importés vont assurément voir leur prix augmenter. La masse salariale globale risque d'être réduite en 2015 de 442 milliards de $.

 

L'expérience nous montre clairement l'échec de cette politique économique et sociale libérale en Russie. Cette politique plonge chaque jour passant l'économie, les finances russes vers la catastrophe. Cette situation appelle des mesures drastiques urgentes. En premier lieu :

 

1 – Le Président de la Russie doit tenir des consultations avec les principaux partis politiques afin de former un gouvernement de rassemblement national. Le gouvernement libéral a épuisé toutes ses possibilités et a conduit le pays dans une impasse. La période difficile actuelle rend nécessaire la formation d'un gouvernement de coalition ouvert à toutes les capacités, à tous les partis et citoyens non inscrits de Russie ;

 

2 – Reconnaître que la direction de la Banque de Russie ne peut assumer ses responsabilités, et ses missions de financement de l'économie ;

 

3 – Prendre les mesures les plus sévères pour lutter contre la spéculation sur le marché financier et le marché interbancaire de devises ;

 

4 – Fixer un taux de refinancement de la Banque centrale, qui promeuve le développement de la production nationale et la réponse à la question sociale ;

 

5 – Imposer le devoir pour les exportateurs de matières premières de déposer au moins 50 % de leurs recettes en devises à la Banque centrale ;

 

6 – Mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à freiner les transferts internationaux de devises depuis la Russie ;

 

7 – Fixer une interdiction aux entreprises publiques d'être cotées sur le marché des devises ;

 

8 – Exiger de la Banque centrale qu'elle introduise des prêts aux banques commerciales avec un contrôle sur leur utilisation dans l'économie réelle, avec des comptes à rendre à la Douma ;

 

9 – Lutter contre l'inflation en stimulant la production nationale, en lien avec une planification gouvernementale pour le développement industriel ;

 

10 – Acter un moratoire sur l'augmentation des tarifs pour les produits issus des monopoles naturels, en mettant l'accès sur le contrôle des prix dans l'énergie et l'agriculture ;

 

11 – Établir d'urgence un contrôle sur les prix des biens essentiels inclus dans la liste du minimum de subsistance ;

 

Le Présidium du Comité central du Parti communiste déclare que la sortie de la crise pour la Russie est impossible dans un renforcement du rôle de l’État dans la régulation de l'économie, l'intervention dans la société.

 

Sans nationalisation du système bancaire, de l'énergie, des chemins de fer, il sera très difficile d'empêcher l'effondrement de l'économie.

 

Dans le cas contraire, les prédateurs, les spéculateurs continueront à parasiter le potentiel du pays, détruisant les secteurs de base de l'économie par le travail de plusieurs générations de Russes.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 07:08

W1941DeathtoNaziBeastbyKokorekin.jpgCondamnation à l'ONU de la résurgence du nazisme – USA et Ukraine votent contre, France et UE s'abstiennent !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

C'est le genre de résolutions qu'on vote traditionnellement à l'unanimité. Pas en 2014. La résolution condamnant la résurgence du néo-nazisme a été votée par l'immense majorité du pays. Pourtant, trois l'ont refusé, une cinquantaine se sont abstenus.

 

La Russie a réussi son coup. Dans sa logique de puissance, elle voulait jouer des contradictions de l'ordre nouveau Ukrainien ainsi que de ses patrons nord-américains et ouest-européens. Leurs contradictions se sont manifestées dans une position de fond scandaleusement mise à jour.

 

Une résolution critique du néo-nazisme, du racisme et de l'intolérance

 

La délégation de la Fédération de Russie a proposé ce 21 novembre une résolution, à l'Assemblée générale de l'ONU appelant :

 

« à la lutte contre la glorification du nazisme, du néo-nazisme et des autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes modernes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui leur est associée ».

 

Dans sa forme intégrale, le document exprimait des inquiétudes sur la montée des crimes raciaux dans le monde, l'influence des partis d'extrême-droite avançant des idées de haine raciale.

 

Il appelait à l'adoption universelle de la Convention internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

 

Enfin, il critiquait toutes les tentatives de faire passer les collaborateurs des Nazis pour des combattants de mouvement de résistance nationale, tout en dénonçant toute tentative de négation des crimes de guerre nazis, y compris l'Holocauste ayant touché les Juifs.

 

115 pour, 55 abstentions dont la France, 3 contre : Ukraine, Canada, USA !

 

115 Etats ont voté pour la résolution russe, issus pour l'essentiel des continents latino-américain, africain et asiatique, à l'exception européenne notable de la Serbie.

 

55 Etats se sont hypocritement abstenus. Ils sont pour la majorité d'entre eux des pays européens, dont l'intégralité des pays de l'Union européenne.

 

3 Etats ont osé refuser de voter cette condamnation de la « glorification du nazisme, de la résurgence des formes de néo-nazisme, de racisme et de xénophobie ». Ce sont les États-Unis, le Canada et l'Ukraine.

 

Une position logique pour l'Ukraine. Le nouveau gouvernement putschiste favorise l'organisation de diverses formations d'extrême-droite, de milices néo-nazis à des partis nationalistes-libéraux, qui tentent de réhabiliter des héros nationalistes, comme Stepan Bandera, collaborateur avec les nazis pendant la dernière guerre, figure anti-communiste, anti-sémite et anti-russe.

 

Dans le même temps, le Parti communiste – troisième force du pays en 2012, avec 14 % des voix – est en procédure d'interdiction, persécuté, ses membres arrêtés et torturés, son groupe parlementaire dissous, son idéologie criminalisée.

 

Les groupes para-militaires qui mènent le combat en Ukraine de l'est ressortent les insignes du III ème Reich, les slogans des troupes de Bandera ou encore lancent des appels à la mobilisation des réseaux néo-nazis de toute l'Europe.

 

Pour l'Ukraine, ce sont les crimes du communisme qu'il faut dénoncer !

 

C'est donc sans surprise que l'Ukraine a refusé la motion russe, y voyant – à juste titre – une condamnation du nouveau régime installé depuis mars.

 

Il est frappant de voir s'y associer sans vergogne les États-Unis, le Canada. Deux pays qui ont tout du moins le courage qui manque aux pays européens, dont la France, qui s'abstiennent sur une question où on ne peut pas ne pas choisir son camp.

 

Quelle justification a donné l'Ukraine à son vote ?Qu'il n'y ait pas une condamnation similaire des crimes du communisme, maquillé sous le nom de stalinisme, car l'Ukraine a beaucoup souffert des deux, selon le représentant de Kiev à l'ONU :

 

« Tant que le stalinisme et le néo-stalinisme (sic) ne seront pas condamnés aussi fermement que le nazisme, le néo-nazisme, et d'autres formes de haine, alors l'Ukraine ne pourra pas soutenir le document », a déclaré le diplomate ukrainien.

 

nazism-ukraine.jpgUne justification cohérente avec la persécution du Parti communiste ukrainien. Hypocrite quand les milices néo-nazis paradent dans les rues d'Ukraine.

 

Dans toute l'Europe de l'est, les anciens collaborateurs ou volontaires de la Waffen-SS sont de plus en plus réhabilités selon les cas, comme Horthy en Hongrie, ou même célébrés en héros, comme dans les pays Baltes.

 

Dans le même temps, le communiste est déclaré illégal en Lituanie, Lettonie, Hongrie désormais, les symboles communistes sont interdits en Pologne, les partis communistes sont sous une menace d'interdiction en Ukraine, Moldavie et ailleurs.

 

 

Pas de quoi nourrir d'illusions non plus sur la politique russe, prête à surfer sur une mythologie néo-impériale, puisant tant à la Russie des Tsars qu'à l'URSS réduite à une Grande-Russie qu'elle n'était pas.

 

Un gouvernement russe prêt à entretenir des relations cordiales avec des formations d'extrême-droite, comme le Front national, sans s'engager toutefois dans un soutien direct, mais en plaçant quelques billes en vue d'un hypothétique séisme politique en France ou ailleurs.

 

Le double discours, la duplicité n'est pas le propre des pays occidentaux, des États-Unis, de la France. C'est le propre des rivalités inter-impérialistes, que l'adversaire nous révèle toute l'hypocrisie de notre propre impérialisme. On aurait tort de ne pas en profiter.

 

 

En dépit de toutes ses arrières-pensées géopolitiques, ce vote a le mérite de clarifier les lignes. De dévoiler toute l'hypocrisie des États-Unis, de l'Union européenne dans leur soutien à une Ukraine, de plus en plus miroir d'une Europe dans une dérive inquiétante.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 06:57

c1bb4f_ssi_8288_novyi-razmer.jpgEn Russie, 50 000 militants, sympathisants communistes dans la rue pour le 97 ème anniversaire de la Révolution d'Octobre

 

Article MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr

 

7 novembre 2014, 97 ème anniversaire de la Révolution d'Octobre. Bravant la pluie, la neige ou un froid glacial, des dizaines de milliers de Russes ont célébré la Grande révolution, sans abanadonner l'espoir d'en refaire une nouvelle, dans une crise qui n'épargne pas la Russie.

 

Près de 100 ans avant cette révolution qui a ébranlé le monde, le message de Lénine reste vivant pour des millions de Russes. Ce 7 novembre, ils étaient entre 40 et 50 000 Russes à défier un temps excécrable pour porter le flambeau, un public de militants communistes, sympathisants.

 

Le travail minutieux de compte-rendu du KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie) permet d'avoir une image assez fidèle de la mobilisation, quoiqu'elle pourraît être légèrement sous-estimée, les chiffres reflétant tantôt des chiffres régionaux, tantôt des chiffres limitées à une ville.

 

De Rostov à St-Petersbourg, de plus en plus de jeunes têtes dans les cortèges

 

En tout cas, certaines villes de province ont mobilisé massivement : 1 000 à Samara, Riazan, Toula, Kirov, 1 500 à Tomsk, 2 000 à St-Peteimage20061819 5eb47829a22a1f743a7017ba299f745crsbourg (Léningrad), 4 000 dans la région de Rostov et 5 000 dans celle de Koursk.

 

Les cortèges étaient plus petits mais combatifs dans les autres villes : 250 à Novogorod, Maikop, Ivanovo, Iaroslav, Mourmansk, Pskov, Ourenbourg, Tioumène, Astrakhan ou en Kalmoukie. Ils étaient 500 en Amour, à Loulianovsk, Kaliningrad, Sotchi, en Chouvatchkie, à Iekaterinbourg, Krasnodar, Tambov et Simferopol.

 

Le cortège le plus important se trouvait naturellement à Moscou, sous la pluie, où la circulation a été perturbée dans l'après-midi par la tenue de la manifestation. Si les autorités annoncent entre 5 et 8 000 manifestants, le chiffre correspond au moins au double, entre 15 et 20 000 manifestants.

 

En dépit de l'inégale ampleur des cortèges, le rituel était partout analogue : des cortèges groupés autour des drapeaux rouges ornés de la faucille et marteau, l'image de Lénine toujours omniprésente, les banderoles avec des mots d'ordre en l'honneur de la Révolution d'Octobre.

 

Cette année, quelques changements, déjà sensibles l'an dernier.Moins d'idolatrie à partir des icônes de Lénine et Staline, moins de nostalgie, plus de têtes jeunes dans les cortèges, plus de mots d'ordre politiques actuels et combatifs.

 

L'actualité de la Révolution dans un pays à la dérive

 

Trois questions ont été relayées dans presque tous les discours commémoratifs, inscrits dans la réalité locale.

 

Un, l'actualité de la Révolution d'Octobre, dans un pays ravagé par vingt-cinq ans de capitalisme du désastre, les privatisations, la casse de l'appareil productif, le démantèlement de l'Etat social.

 

La Russie actuelle atteint péniblement le niveau de production de la Russie soviétique de 1991, le niveau de vie moyen est plus faible qu'à l'époque soviétique, l'insécurité galopante, l'espérance de vie toujours anormalement basse alors qu'au moins 2 millions de Soviétiques sont morts, directement en raison de la transition au capitalisme.

 

Deux, la solidarité avec le peuple ukrainien face aux ingérences étrangères. Partout, la montée du fascisme en Ukraine, les menées des impérialismes américains et européens ont été condamnés.

 

La solidarité avec le peuple ukrainien a été exprimée systématiquement, ressentie plus nettement dans les villes méridionales, occidentales, à la frontière ukrainienne. Parfois, des messages de solidarité avec les rebelles pro-russes ont été explicitement prononcés, des drapeaux évoquant les insignes des Républiques séparatistes

 

Trois, une dénonciation de la politique anti-sociale du gouvernement Poutine. Dans les régions, les villes industrielles, les communautés prospères à l'ère soviétique, meurent.

 

Le gouvernement central asphyxie les régions, les municipalités en leur retirant les fonds nécessaires à leur fonctionnement autonome. Les budgets d'éducation, de santé, de l'aide sociale sont coupés, ce qui aboutit à des baisses de salaire, des fermetures de services publics.

 

Ziouganov : le gouvernement détruit l'industrie, l'éducation, la culture

 

A Moscou, dans son discours de clôture, Guennadi Ziouganov, secrétaire du KPRF, a rappelé les prouesses économiques de la Révolution d'Octobre, le développement éclair du pays sous Lénine avec l'électrification, la NEP, puis une industrialisation qui sous Staline en 10 ans a rattrapé un retard de 100 ans sur le reste de l'Europe.

 

L'Union soviétique, selon Ziouganov, a résisté à la plus grande armée d'invasion de l'histoire. Russes, Ukrainiens, Juifs, Tatars, Moldaves ont transcendé leurs différences derrière le Parti communiste, pour remporter la victoire face au fascisme.

 

L'URSS a représenté jusqu'à 20 % de la production mondiale, aujourd'hui la Russie pèse moins de 3 %, là où Etats-unis et Union européenne concentrent 60 % du PIB.

 

Ziouganov a valorisé l'existence des BRICS, les liens avec la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du sud. Il a soutenu les initiatives du gouvernement russe en politique étrangère, quand elles vont dans ce sens.

 

Le chef des communistes russes a dénoncé les fausses promesses des liquidateurs de l'URSS. L'OTAN devait rester à distance, elle est aux portes de la Russie. Kiev est désormais captif des néo-nazis, des nostalgiques de Bandera.

 

On avait promis à la Russie qu'elle deviendrait la Suisse et la Suède. Eltsine a trahi son pays, désormais elle s'approche plus de la Colombie et du Bandgladesh.

 

Guennadi Ziouganov a critiqué la politique intérieure de Poutine, qui paupérise les Russes, plonge le pays dans le sous-développement, la dépendance envers l'Europe.

 

Tout pays développé doit avoir une industrie puissante. La Russie détruit la sienne. Il faudrait investir dans l'éducation, la recherche. Or, son budget sera réduit de moitié dans les trois prochaines années. Même constat dramatique dans la santé.

 

Le secrétaire du KPRF se présente comme partie prenante de l'opposition constructive, tout en étant convaincu que le gouvernement ne saura faire face à la crise, bien que de l'argent il y en ait : chez le oligarques, chez les investisseurs américains et européens.

 

Il conclut en disant que le pays a besoin d'un nouveau cap, une nouvelle politique économique, une politique sociale volontariste. Celle inspirée par la Grande Révolution de Lénine qui a fait la Russie forte, un socialisme fait de justice, d'amitié entre les peuples, pour les ouvriers et paysans, enseignants et médecins, scientifiques et gens du peuple.

 

Ziouganov concluait, comme nous aimerons conclure : Vive le socialisme ! Vive la Révolution d'Octobre ! Vive les travailleurs – ouvriers de toutes les victoires, toutes les réalisations. Félicitations, camarades !

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 07:01

Ukraine-and-EuropeElections en Ukraine : droite néo-libérale hégémonique, milices fascistes dans la rue, condominium américano-européen en coulisses. Les communistes en résistance

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La première élection dans une Ukraine réellement indépendante ? Tout le contraire, les quatre partis majeurs des élections – dans un pays en guerre civile – sont liés à des intérêts étrangers. Les communistes, seule force indépendante, sont en résistance.


Les élections du 26 octobre en Ukraine ont été saluées par les médias occidentaux. Dans un pays en pleine guerre civile, où les milices fascisantes font la loi dans la rue, où le Parti communiste – 3 ème force du pays en 2012 – est persécuté. Drôle de tableau.


Quel crédit apporter à une élection où trois millions d’électeurs de l’est de l’Ukraine – bastion du Parti communiste et de l’ex-Parti des régions – n’ont pu aller voter à cause du conflit actuel ?


Il faut dire qu’en un an, l’Ukraine est passé d’un gouvernement « neutre » - traversé par de lourdes contradictions internes comme internationales avec un Parti communiste fort – à un gouvernement qui fait allégeance sans réserves aux puissances américaines et européennes, tout en défendant plus que jamais les intérêts des oligarques.


Les partis nouveaux ont poussé comme des champignons. Mais ce sont toujours les mêmes têtes, toujours les mêmes oligarques, banquiers, politiciens corrompus qui pillent l’Ukraine depuis 20 ans.


Faisons un bref tableau, indiquons les puissances sociales, les intérêts étrangers derrière le scrutin, sachant que les grands oligarques du pays – les Rinat Akhmetov, Igor Kolomoiski, voire Petro Porochenko – ont mis leurs billes dans les deux premières forces en priorité, arrosant indirectement les autres, comme le fait Kolomoiski avec les milices fascistes.


1er : le parti du banquier pro-américain Iasteniouk et des ex-néo-nazis !


En première place, le « Front populaire » (22 %) pro-américain, mené par le banquier Arseni Iasteniouk, connu pour être l’agent privilégié des Etats-unis en Ukraine (il dirige notamment « Open Ukraine », un think tank lié à l’OTAN, au State department).


Ancien ministre de l’Economie, des Affaires étrangères, il a mené les négociations pour l’entrée de l’Ukraine dans l’OMC, accepté les plans d’austérité proposés par le FMI, a été le plus farouche défenseur de l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne.


A ses côtés, plusieurs hauts responsables de l’appareil d’Etat connus pour leur position répressive face aux rebelles de l’Est, agressive face à la Russie : le ministre de l’Intérieur et businessman véreux Arsen Avakov (qui a autorisé les groupes para-militaires fascistes) ou l’ex-chef des services secrets et homme d’affaires Alexandre Tourchinov.


On retrouve aussi une proportion élevée de cadres d’organisations néo-nazies, recyclées dans le nationalisme gouvernemental pro-européen : Andriy Parubiy était le fondateur du Parti social-nationaliste (néo-nazi), Tatiana Tchernovol une militante historique d’un autre groupe néo-nazi : UNA-UNSO (Rassemblement national/Auto-défense ukrainenne).


Ce parti composé d’hommes d’affaires véreux, liés aux intérêts américains, mais cultivant des liens forts avec les organisations fascistes, est fort dans l’Ouest. Il tient un discours nationaliste belliqueux anti-russe (contre les « terroristes »), néo-libéral, avec une posture européiste, tout en appelant à un « Plan Marshall pour l’Ukraine ».


2ème : les pro-européens derrière le « roi du chocolat » Porochenko et le boxeur préféré de Merkel, M.Klitschko !


En seconde place, l’européen « bloc Porochenko » (21 %). Il est mené par le roi du chocolat Petro Porochenko, connu comme un oligarque corrompu, prêt à vendre son pays tantôt à la Russie, tantôt à l’Union européenne, quand ce n’est pas aux Etats-unis. Porochenko a pu s’allier avec Kouchma puis avec Timochenko, avec Ianoukovitch puis Klitschko.


Les leaders de ce parti font partie de l’aile-droite européiste, libérale de l’ex-Parti socialiste ukrainien – créé pour faire la peau au Parti communiste – ce fut le cas, outre Porochenko, de Yuri Loutsenko, proche aussi des puissances européennes, surtout de l’Allemagne.


La figure du mouvement est le boxeur Vitali Klitschko, président d’UDAR (Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme). Comme on le sait, il est lié organiquement à l’Allemagne. La CDU a même financé sa formation, Merkel a soutenu son ascension.


Ce bloc se présente comme social-libéral, modéré. Il est sans nul doute le plus européiste de tous, et n’est pas moins belliciste que les autres formations.


3 ème : les nationalistes chrétiens de l’Ouest liés à la Pologne


En troisième place, un OVNI, le parti nationaliste, revendiquant son identité chrétienne, Samopomich (« auto-suffisance »), sous influence polonaise, avec 11 %, qui a siphonné les voix de Svoboda à l’ouest, à la frontière polonaise.


Cette force est liée à la Pologne– son nom est tirée de sociétés financières existant avant 1914 en Galicie – menée par le maire de Lvov Andrei Sadovi, une figure du patronat local, intégrée aux projets de coopération économique, culturel entre la Pologne et l’Ukraine.


Les leaders du mouvement sont dans une optique fascisante plus ou moins claire. Igor Sobolev, un des organisateurs d’Euromaidan, est le président de la Commission anti-communiste de « lustration » (décidant des purges dans l’appareil d’Etat).


La tête de liste, Anna Hopko, est la protégée de Sadovi. En contact avec les milieux d’affaires américains, elle est correspondante locale du Forum économique mondial de Davos.


Le numéro 2 sur la liste est le charmant Semen Semenchenko. Chef de guerre dans l’est ukrainien, fondateur du « bataillon Donbass », une des milices para-militaires qui adopte les insignes néo-nazies pour nettoyer l’Ukraine des forces pro-russes.


4 ème : « le Bloc d’opposition de sa Majesté », ou les oligarques pro-russes


En quatrième place, les ex-pro russes du Bloc d’opposition (9 %), débris du Parti des régions de Ianoukovitch. Tout sauf un mouvement populaire, puisqu’on y retrouve un nombre record d’oligarques (de seconde zone), de millionnaires sur les listes.


Ainsi, la tête de liste Iouri Boiko était l’ancien Ministre de l’énergie mais aussi PDG d’une entreprise pétrolière. Le numéro 2 Alexander Vilkoul était, lui, PDG d’un groupe métallurgique et proche de l’homme le plus riche du pays, Rinat Akhmetov.


Parmi le top 10, on a aussi : l’homme d’affaires Mikhail Dobkine, proche du maire de Kharkov Guennadi Kernès (businessman pro-russe), Vadim Rabinovitch, oligarque médiatique, président du Parlement juif ukrainien créé par Kolomoiski.


Dans les personnages moins centraux, on note Nestor Choufritch, ancien manager d’entreprises américano-ukrainiennes et germano-ukrainiennes, la jeune ambitieuse Natalia Korolevska qui a fait fortune dans l’industrie du charbon, ou Tatiana Bakhteva, PDG du regroupement des cliniques de la région d’Odessa.


Encore très présent dans l’est ukrainien, cette faction est là pour maintenir les intérêts à l’est des oligarques trempés dans les affaires avec la Russie, mais prêts à collaborer dans l’opposition avec l’UE, les USA en jouant « l’opposition de sa Majesté ».


Dans ce marasme, l’ancienne égérie de la « Révolution orange », Ioulia Timochenko (5 %) a quasi disparu. Elle a pourtant été la mère de tous ces politiciens véreux. Elle a été discréditée dans les milieux de pouvoir américains et européens pour deux raisons :


Sa corruption avérée ainsi que son caractère incontrôlable – qui a pu la rapprocher en 2010 de la Russie – ont fait fuir les occidentaux qui lui ont même préféré de 2010 à 2014 un certain Viktor Ianoukovitch, qui a livré tous les contrats aux monopoles occidentaux en 2013 et était à deux doigts de signer l’Accord d’association UE-Ukraine fin 2013 !


Où sont les forces fascistes actuellement ? Dans la rue, dans la société !


Le fascisme a-t-il été pleinement éliminé en Ukraine, ou mieux recyclé, phagocyté dans les partis dominants où les liens sont poreux avec les formations ouvertement d’extrême-droite ?


Ce n’est pas si simple, le fascisme reste fort dans la société : le parti néo-nazi Secteur droit a été marginalisé mais existe (2 %), le parti fasciste Svoboda a été écarté du Parlement de justesse (4,8 %).

 

Et d’autres formations s’installent sans accéder au Parlement, avec un message nationaliste belliqueux et pro-européen : c’est Position citoyenne (3 %) et Ukraine forte (3 %).


Toutefois, il y aura un parti qualifié de « populiste », mais faisant parfois apparaître Svoboda et ses méthodes comme des modérés : c’est le Parti radical d’Oleg Liachko qui réalise 7,5 %.


Ami de l’oligarque Igor Kolomoiski, Liachko s’est fait connaître en tabassant les députés communistes au Parlement, en faisant dissoudre le groupe parlementaire communiste au Parlement et en terrorisant, les armes à la main, des insultes dans la bouche, les agents de l’Etat, les élus dans l’est de l’Ukraine, les forçant à abdiquer leur pouvoir légitime.


Même Svoboda n’avait pas osé. Mais Liachko était toujours accompagné des milices néo-nazies, où on retrouve des militants de Secteur droit. Le parti de Liachko est peut-être le nouveau visage du fascisme en Ukraine.


En tout, cela fait 15 % pour des partis à l’identité nationaliste-extrême, aux méthodes fascistes. Mais c’est sous-estimer le poids des petits partis aux tendances fascisantes, ou des figures de l’extrême-droite locale recyclés chez Iasteniouk ou le nouveau parti pro-polonais.


C’est sous-estimer aussi le poids des idées nationalistes extrémistes, réhabilitant le passé collaborationniste des Bandera et autres, distillant le venin de l’anti-communisme, l’anti-sémitisme, la russophobie, le poids des groupes armés dans le pays.


Et le Parti communiste dans tout cela ? Une entrée en résistance


Son combat a été héroïque dans les mois précédents, pour maintenir ce Parti qui est le seul à se battre pour une Ukraine forte, réellement indépendante, au service du peuple et non des oligarques.


Ce programme avait attiré 14 % des voix en 2012, 3 millions d’électeurs, en faisant le 3 ème parti du pays.


Sa faction parlementaire dissoute, un procès d’interdiction à son encontre, le Parti était présenté comme déjà inexistant dans les médias, les sondages, ses militants persécutés à l’Ouest, coupés par la rébellion de leurs bases historiques à l’Est et en Crimée.


Dans ces conditions exécrables, le Parti communiste (KPU) a fait 4 %, mobilisé 600 000 électeurs. C’est loin d’être ridicule. Avant sa renaissance en 2012, grâce à ses positions conséquentes, le KPU avait fait 3,6 % en 2006, 3,5 % en 2010.


Cette fois, il a été victime d’une loi électorale scélérate visant à le priver de représentation, et posant à 5 % le seuil de barrage électoral. En 2006, avec 3,6 % des voix, il obtenait 21 députés. En 2014, avec 3,8 %, il n’obtient rien.


Les partis dominants – et en premier lieu les soi-disant modérés du « Bloc Porochenko » – ont jubilé face à l’éviction du Parlement du Parti communiste. C’est bien la preuve que seuls les communistes représentent une menace à l’ordre nouveau établi en Ukraine.


De toute façon, le secrétaire du Parti communiste d’Ukraine a déjà fait savoir qu’il considérait ces « élections comme ni démocratiques, ni légitimes ».

 

Un pays brisé par les rivalités entre impérialismes rivaux

 

Le peuple ukrainien ne pourra compter que sur ses propres forces. Non sur les calculs des puissances impérialistes. Les Etats-unis, l’Union européenne vont utiliser leurs pantins locaux pour faire avancer leur politique de destruction de l’économie ukrainienne, de rapine de ses matières premières, son potentiel agricole, sa main d’œuvre pas chère.


La Russie – qui a vite fait de reconnaître la légitimité de ces élections pourtant absolument illégitimes – défendra ses propres intérêts, sans doute en s’assurant de facto une influence, voire un chaos contrôlé à l’Est, et le contrôle de facto de la Crimée, stratégique.


Grenier à blé, trésor par son sous-sol, l'Ukraine attire logiquement les convoitises des monopoles européens, russes en quête de profits faciles, de matières premières abondantes.

 

Avant la crise, le premier partenaire commercial de l'Ukraine était la Russie dont elle est dépendante avec 25 % de ses exportations et 36 % de ses importations. L'Union européenne l'égale quasi exactement, avec 27 % de ses exportations et 35 % de ses importations, l'Allemagne étant le deuxième pays pour les importations, le septième pour les exportations.

 

Par contre, l'Allemagne est de fait le premier investisseur (hors Chypre) en Ukraine avec 16 % des IDE. L'Ukraine est très largement sous dépendance capitalistique européenne (66 % des IDE, six des premiers investisseurs sur huit) plutôt que russe (7 % des IDE).

 

Les élections à l’est de l’Ukraine ne sont pas plus ou moins démocratiques et légitimes que celles à l’ouest. Elles visent à donner un blanc-seing à des groupes séparatistes pro-russes, étroitement liés aux services de renseignement, à l’appareil d’Etat poutinien, et prêt à récupérer une mythologie moins pro-soviétique que néo-impériale.

 

Une seule formation politique défend les travailleurs ukrainiens, l’unité de l’Ukraine hors de toute ingérence extérieure : le Parti communiste d’Ukraine. Fort de ses 100 000 militants, même persécuté, il peut mener la résistance à cet « ordre nouveau » forgé dans la guerre, la misère et la soumission à des potentats étrangers.

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Russie et ex-URSS
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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 06:24

Pyotr-Simonenko-copie-1Législatives en Ukraine

 

« Ces élections ne sont ni démocratiques, ni légitimes »

 

            Les médias français qui manifestaient un profond mépris, une indifférence royale pour les communistes ukrainiens, le troisième parti du pays, ayant rassemblé 3 millions d'électeurs en 2012 (14 % des voix) sont prêts à se réveiller pour souligner leur éviction du Parlement.


            Rien évidemment sur la chasse aux communistes menée depuis six mois, la dissolution du groupe parlementaire du troisième parti du pays, le procès visant à l'interdiction du Parti communiste, l'absence du Parti communiste parfois jusque dans les sondages ou listes officielles (!).


            Si, avec une fraude massive, une telle répression, la puissance dans la rue des milices fascisantes, l'impossibilité de fait pour les bastions du mouvement communiste (Crimée, Donbass) de s'exprimer électoralement, si avec tous ces éléments, les communistes parviennent à conserver des dizaines de milliers de voix et quelques pour-cents, ce sera une victoire.


            Nous ne pouvons en tout cas que souscrire à l'analyse du secrétaire-général du PC Ukrainien (KPU), Petro Simonenko :

 

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

« Quel que soit le résultat du vote, le Parti communiste ne reconnaît pas ces élections comme démocratiques et légitimes », a déclaré le responsable du Parti communiste ukrainien Petro Simonenko, lors d'une réunion avec une délégation de députés européens, hier à Kiev.

 

S'adressant aux députés, répondant à leurs interrogations, Petro Simonenko a fait remarquer qu'au vu du déroulement de la campagne électorale, des conditions dans lesquelles elle s'est opérée, le futur parlement sera illégitime et ne reflètera pas la véritable diversité des opinions et des attentes de nos concitoyens.

 

« La politique criminelle du nouveau gouvernement ukrainien, qui a conduit à la perte de la Crimée, et à la guerre dans le Donbass, a complètement déformé la représentation électorale. En outre, une partie importante des résidents de l'Ukraine, de Crimée ont été privés de toute possibilité de prendre part au scrutin et d'exprimer leur volonté, ce qui fait que des millions d'électeurs sont contraints de voter par les armes, et ce n'est pas une métaphore », a déclaré le chef du Parti communiste.

 

Petro Simonenko a également rappelé aux députés que pendant la campagne électorale, le pouvoir s'est appuyé sur des groupes armés d'extrême-droite, néo-nazis, qu'il a brutalement persécuté ceux qui exprimaient un point de vue différent que celui officiel sur l'avenir du pays.


 « Tout était permis : chantage, menaces de violences physiques, enlèvements, torture. Les autorités nationalistes, liées à des oligarques cyniques, ont particulièrement harcelé les militants du Parti communiste. Nos candidats, responsables, militants ont été attaqués à plusieurs reprises, y compris avec la participation d'agences policières censées garantir l'ordre et transformées de plus en plus en une sorte de police politique, plus si loin des méthodes de la Gestapo », a ajouté Petro Simonenko.


Le secrétaire du Parti communiste d'Ukraine affirme également que, dès le départ, l'objectif de ce gouvernement est de détruire le Parti communiste.


« C'est compréhensible, seul le Parti communiste est dans l'opposition idéologique et politique au régime en place. Ce n'est pas un hasard si, à la demande des dirigeants de Maidan, nos bureaux ont été pris d'assaut et incendiés. Ce n'est pas un hasard si une loi anti-constitutionnelle a été votée qui dissout notre groupe parlementaire et prive ainsi les trois millions de citoyens qui ont voté pour nous en 2012 de leur représentation au Parlement. Ce n'est pas un hasard si sur la base d'accusations fallacieuses, a commencé un procès politique visant à interdire le Parti comuuniste. Certains avocats européens évoquent un 'tribunal de l'Inquisition' pour qualifier l'autorité chargée du procès », souligne le leader communiste ukrainien.


Par ailleurs, il existe des preuves assez sérieuses que le régime, peu sûr de sa victoire, prépare une fraude massive. A cette fin, plus de 10 millions de bulletins supplémentaires ont été imprimés, une façon éhontée et manifeste de manipuler, d'instrumentaliser le nombre réel d'électeurs, une fraude électorale aux  « âmes mortes » [NdT : selon une nouvelle de Gogol, pour les Ukrainiens, c'est une référence au fait de "faire voter les morts" comme on dirait en France]. Dans tout le pays, s'est formé un « réseau parallèle », avec un serveur de transfert de données ajustant les résultats du vote en faveur de la junte.


« Ainsi - a conclu Petro Simonenko face aux députés - il temps d'enlever les lunettes qui font voir à certains la réalité en rose, et reconnaître que ces élections anticipées en Ukraine qui ont lieu ce 26 octobre 2014 ne peuvent pas être reconnues comme démocratiques, ni légitimes : ce furent les élections les plus sales et corrompues de l'histoire de l'Ukraine  ». 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Russie et ex-URSS
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