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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 06:09

ukraine.jpgEn pleine guerre civile, les monopoles russes, européens et américains se partagent le gaz ukrainien !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». Pendant que les combats font rage en Ukraine de l'est, que les populations civiles sont prises en otage, les grands monopoles énergétiques se partagent le gâteau juteux de l'Ukraine.

 

L'Ukraine fait tourner la tête des grands monopoles européens, russes et américains. « Grenier à blé de l'ex-URSS », un sous-sol regorgeant de minerais, une main d’œuvre qualifiée et peu chère, des mers décelant des hydrocarbures : on comprend mieux le bras de fer en Ukraine.

 

Le gâteau ukrainien, l'avenir du gaz européen (et mondial)

 

Si on s'arrête sur une ressource capitale, le gaz, il semble que l'Ukraine se place loin derrière les grands producteurs, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, comme quatrième producteur européen.

 

C'est oublier deux choses : que ces pays sont loin de disposer de réserves illimitées, ils sont déjà au bord de l'épuisement pour les Britanniques. Or, l'Ukraine disposerait de deux atouts, des gisements off-shore au large de la Crimée, deux immenses champs de gaz de schiste.

 

Les estimations varient largement, selon certaines, l'Ukraine disposerait de 5,5 trillions de m 3 de réserves, ce qui en ferait la 7 ème réserve mondiale, la 1 ère européenne. Selon les plus prudentes, avec 1,2 trillions de m3, elle serait toutefois encore la 3 ème réserve européenne.

 

Cela illustre la poussée de l'UE, du FMI pour une « réforme énergétique » pour ouvrir le marché aux majors européennes et américaines, soucieuses de se tailler la part du lion.

 

En dépit de cette production importante, l'Ukraine reste dépendante à 80 % des importations – pour moitié de Gazprom – en raison d'une forte consommation dopée par son industrie, pénalisée par les gaspillages. L'Ukraine est le 5 ème consommateur européen, le 13 ème mondial.

 

Ce qui explique l'enjeu pour les monopoles russes et accessoirement européens de l'approvisionnement en gaz du riche marché ukrainien, ainsi que la problématique poussée par l'UE dans son « Accord d'association » d'une hausse des tarifs particulièrement bas sur ce marché.

 

Enfin, le troisième enjeu, c'est le transport des hydrocarbures russes vers l'Europe centrale et orientale, les pays ayant adhéré à l'UE. L'Union européenne importe 45 % du gaz importé à l'échelle mondiale.

 

En Europe, la Slovaquie, la République tchèque, la Hongrie, l'Autriche, la Finlande, la Roumanie, les pays baltes, la Bulgarie, la Serbie et la Grèce sont dépendants entre 70 et 100 % du gaz russe. L'Allemagne dépend à 40 % du gaz russe, la Pologne à 60 %, la France et l'Italie de l'ordre de 25 %.

 

Si diverses sources d'approvisionnement ont été ouvertes récemment entre la Russie et l'Allemagne, par le « North Stream » en mer du Nord, l'Ukraine avec son réseau de gazoducs « Soyouz » reste la principale porte d'entrée du gaz russe en Europe.

 

Toute cessation de livraison entre Russie et Ukraine menaçant d'avoir des répercussions critiques pour une dizaine d’États européens.

 

Avant la crise, la main basse occidentale sur le gaz de schiste ukrainien … grâce à Mr.Ianoukovitch !

 

Depuis le début de l'année 2014, Viktor Ianoukovitch était devenu un affreux dictateur (pourtant élu démocratiquement !), un politicien corrompu, vendu aux Russes.

 

Pourtant, entre 2010 et 2014, Ianoukovitch était salué pour son « pragmatisme » dans la presse économique, accueilli chaleureusement par les chancelleries occidentales. Pourquoi tant d'éloges ?

 

Ianoukovitch a réalisé les « réformes structurelles » du FMI associées au « plan d'ajustement » de 15 milliards de $ adopté en 2014 : réforme/privatisation des retraites et de la santé ; casse du code du travail ; baisse de l'impôt sur les sociétés ; réforme agraire favorable aux gros agriculteurs.

 

Il a surtout accompli le gros morceau attendu par les majors occidentales : la « réforme de l'énergie » qui prépare la libéralisation et privatisation du secteur en divisant la Naftogaz, suivant les dispositions européennes, en une entité chargée du réseau (Ukrtranshaz) et une autre de l'extraction (Ukrgazvydobuvannya).

 

Ianoukovitch a fait rentrer l'Ukraine en 2012 dans la « Communauté énergétique » avec l'UE - ce qui nécessitait la fin du monopole public dans l'énergie, l'introduction de la concurrence – il a mis fin la même année au monopole de Naftogaz sur les importations de gaz ukrainien.

 

Sous Ianoukovitch, les contrats ont plu avec les grands groupes occidentaux, dans tous les secteurs juteux :

 

le pétrole et le gaz off-shore en Mer noire, où Exxon avait dégoté au nez du Russe Lukoil un contrat en 2012 dans un consortium avec Shell. En octobre 2013, c'était au tour de l'italien ENI (avec une participation d'EDF) d'avoir accès, pour 4 milliards de $, à une zone off-shore de 1 400 km 2 en Crimée occidentale ;

 

le gaz de schiste, avec les deux grandes réserves connues. Celle d'Ukraine occidentale concédée à l'américain Chevron en novembre 2013 pour 10 milliards de $. Et celle d'Ukraine orientale octroyée par contre à l'anglo-hollandais Shell.

 

Enfin, le réseau de transport, avec les négociations lancées en 2013 par le pouvoir ukrainien avec Siemens, Deutsche Bank et Ferrostaal pour rénover l'ensemble des gazoducs ukrainiens, un projet estimé à 7 milliards de $.

 

En une année, le président honni Ianoukovitch avait accordé plus de 50 milliards de $ de contrats aux grands groupes occidentaux, bradant son sous-sol, ses mers, sa souveraineté.

 

Pourtant, Ianoukovitch a eu un tort : refuser d'augmenter les tarifs de gaz comme il l'avait promis. Il s'est attiré les foudres du FMI puis celle de l'UE qui exigeait des concessions similaires dans son « Accord d'association » qu'il a finalement refusé de signer.

 

La Russie et l'annexion de la Crimée : le pactole des champs de pétrole et de gaz off-shore

 

La suite, on la connaît. Du côté russe, il n'était pas question – d'un point de vue également géo-stratégique – de lâcher l'Ukraine, principal débouché pour son gaz vers l'Europe.

 

La politique russe est extrêmement dépendante de ses revenus en gaz et pétrole – 60 % des recettes budgétaires –, tout comme elle est façonnée par les intérêts de ses trois géants, le monopole du gaz Gazprom (numéro 1 du gaz mondial) et les grands groupes pétroliers, le public Rosneft et le privé Lukoil.

 

Pour le gouvernement russe, les approvisionnements en gaz de Gazprom vers l'Ukraine était un atout pour gagner en influence politique, s'allier avec les oligarques locaux du secteur (comme l' « oligarque sanglant », Dimitri Firtach), obtenir des concessions de l'Ukraine, dont les bases militaires en Crimée.

 

Après le coup de force occidental à Kiev, la Russie via Gazprom a d'abord proposé à l'Ukraine un « plan d'aide » alternatif à celui du FMI avec des tarifs préférentiels puis, devant le refus, exigé de rehausser les tarifs au prix du marché, ce qui aurait supposé une hausse de 80 %.

 

Le bras de fer continue, même si l'Ukraine – dont les réserves s'épuisent dangereusement – tenterait désormais d'obtenir de Gazprom un accord de la dernière chance, pour les 18 prochains mois.

 

Mais les monopoles russes n'ont pas perdu le nord, ils ont même récupéré le sud.

 

En effet, l'annexion de la Crimée n'est pas qu'un simple retour en arrière historique par rapport au cadeau à l'Ukraine de Khrouchtchev en 1954, une décision géo-stratégique ou une adhésion aux vœux de la population locale.

 

La Crimée, officiellement, n'aurait que 150 milliards de m 3 de gaz et 45 milliards de pétrole à offrir. C'est sans compter sans les gisements off-shore de gaz et de pétrole qui pourraient s'élever à 3 trillions de m 3. Soit des réserves trois fois supérieures à celles du reste de l'Ukraine !

 

En mars 2014, c'est le rattachement de la Crimée à la Russie. Dès le 14 mars, Reuters relaie les propos du vice premier-ministre de Crimée Rustam Temirgaliev, proposant de nationaliser l'entreprise de gaz Chornomornaftohaz :

 

« Après la nationalisation de l'entreprise, nous prendrons clairement la décision – si un grand investisseur, du type Gazprom apparaît – de conduire à sa privatisation ».

 

Cela a le mérite d'être clair, nationaliser pour privatiser et brader l'entreprise locale au numéro 1 mondial Gazprom, un beau cadeau avec les champs de la Mer noire en prime.

 

Le réseau de transport ukrainien privatisé : le retour des monopoles européens

 

Et pour les entreprises occidentales, le temps est-il à la soupe à la grimace ?

 

Apparemment pour celles qui avaient parié sur les gisements off-shore en Mer Noire. Mais les apparences pourraient se révéler trompeuses. Le géant russe Gazprom, tout comme Lukoil et Rosneft, manque de certaines technologies cruciales pour l'exploitation off-shore.

 

Ce qui explique qu'elle pourrait s'associer à la major américaine Exxon – comme c'est le cas en Arctique – pour explorer les fonds sous-marins de la Mer Noire.

 

Pour le gaz de schiste, Chevron continue son exploration à l'ouest, tandis que Shell n'a pas abandonné son projet mais vient ce 20 août de le suspendre à cause des combats dans la région de Donetsk.

 

C'est pour le réseau de transport qu'il y a bel et bien du nouveau.

 

Ce 14 août, le nouveau gouvernement a entériné l'ouverture aux investisseurs étrangers du réseau de gazoducs du pays, autrefois monopole du groupe gazier public Naftogaz, qui contrôlait le plus grand réseau au monde, avec 40 000 km de gazoducs.

 

Un réseau vieillissant, donc contraint à de lourds investissements, estimés par le gouvernement ukrainien à 5 milliards de $ (mais plutôt 16 milliards pour les experts russes).

 

Un appel d'offres vient d'être lancé avec trois concurrents. On ne sait si l'allemand Siemens est toujours sur le coup, c'est le cas en tout cas de l'américain Chevron qui a manifesté son intérêt dans le cadre d'un partenariat avec l'entreprise publique ukrainienne.

 

Un autre marché potentiellement intéressant vient même de voir le jour : celui de la vente à l'Ukraine du gaz européen … voire de la revente de gaz russe.

 

Ainsi, l'allemand RWE avait déjà proposé en 2012 un « accord-cadre » avec Naftogaz pour fournir une source énergétique alternative à celle russe, à partir du gaz norvégien et néerlandais.

 

En mars dernier, der Spiegel révélait que RWE prévoyait d'envoyer 10 milliards de m 3 vers l'Ukraine dès 2015 – soit le tiers de ce que l'Ukraine importe de Russie – du gaz russe acheminé via le gazoduc « North Stream ».

 

Plus récemment, et de façon plus anecdotique, GDF a également proposé fin juillet à l'Ukraine de la fournir en gaz, là encore du gaz norvégien ou russe tout simplement, les deux principales sources de gaz pour le monopole français.

 

Vers une escalade du conflit ? Ces sanctions qui déchirent les grandes puissances européennes

 

Il est difficile d'estimer si le conflit en Ukraine va s'intensifier ou non, si elle va trouver une résolution dans un partage (provisoire) du butin, un marchandage qui rappellerait étrangement les crises d'il y a un siècle, en Perse, dans les Balkans ou au Maroc.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'aucun bloc n'est prêt à lâcher des territoires vitaux pour ces monopoles : la Crimée pour la Russie, l'Ukraine de l'ouest (surtout avec ses terres, sa réserve de main d'oeuvre) pour les monopoles occidentaux.

 

L'Ukraine de l'est, au très riche potentiel agricole et industriel, reste la pomme de discorde, soumise aux influences réciproques.

 

Dans cette « guerre économique » froide, la question de l'augmentation des sanctions contre le capital russe divise les grands groupes européens et américains, au vu de l'inter-dépendance relative entre les diverses économies.

 

Un fait à rappeler, presque comique : « RWE », ce konzern allemand qui propose à l'Ukraine de résister à la Russie en lui vendant en sous-main du gaz russe, vient de voir sa branche « énergie » (DEA) rachetée par un fonds d'investissement appartenant à Mikhail Fridman, oligarque russe proche de Poutine, deuxième fortune du pays.

 

A l'annonce de sanctions plus dures touchant la Russie dans le secteur bancaire et pétrolier, plusieurs grandes firmes ont exprimé leur désapprobation.

 

C'est le cas de certains groupes français notamment comme Peugeot et Renault dans l'automobile, BNP et la Société générale pour les banques ou encore Total dans l'énergie.

 

Il suffit de rappeler que Total détient 18 % du groupe gazier Novatek, qu'il espère extraire en Russie plus de 400 000 barils par jour d'ici 2020, en partenariat avec Yamal.

 

Même si l'époque des emprunts russe est révolue, la Société générale, elle, contrôle à 90 % la deuxième banque du pays, la Rosbank, tandis que la France est le premier investisseur dans le secteur financier russe.

 

Ce n'est pas le seul cas de prise importante de participation dans des groupes industriels russes : Renault (dans Avtovaz), Alstom (dans Energomash et Transmasholding), Schneider (dans Samara Electroshield) ont fait de même.

 

On pourrait évoquer le cas de l'anglais BP qui détient 20 % du groupe pétrolier Rosneft et qui s'est exprimé clairement contre l'adoption de sanctions envers le secteur pétrolier russe.

 

Enfin, entre Allemagne et Russie, il y a autant rivalité qu'interdépendance. L'Allemagne dépend à 40 % du gaz russe, elle reste le premier importateur mondial, tandis que la Russie est le premier exportateur mondial.

 

On sait que l'ancien chancelier Gerhard Schroder est un des architectes du projet « North Stream » négocié avec Gazprom sous son mandat, dont il est encore au conseil d'administration.

 

Le patronat allemand a d'abord exprimé une position opposée aux sanctions touchant la Russie, avant de soutenir le 30 juillet la nouvelle vague de sanctions de l'UE, par la voix du président de la BDI (Fédération de l'Industrie allemande), Ulrich Grillo, affirmant que :

 

« Celles-ci ne peuvent être exclues comme moyen de pression sur le gouvernement russe (…) les entreprises allemandes vont être durement touchées mais c’est l’heure de faire de la politique, pas des affaires. »

 

 

La lecture du conflit en Ukraine est plus que jamais – derrière l'intense voile de propagande – celle d'un conflit entre impérialismes, dénoncé par le PC ukrainien, dont le peuple ukrainien est la première victime. Un conflit qui sent de plus en plus le gaz.

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 05:49

Pyotr Simonenko« Les communistes dérangent la classe dirigeante en Ukraine »



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les autorités de Kiev tentent d'interdire le Parti communiste d'Ukraine. Le procès commence aujourd'hui. Entretien avec Petro Simonenko (réalisé par Robert Allertz pour Junge welt, quotidien communiste)



Petro Simonenko est le premier secrétaire du Parti communiste d'Ukraine (KPU) et président du groupe parlementaire du KPU.



Jeudi dernier a commencé au tribunal administratif du district de Kiev un procès visant à l'interdiction du parti et de ses symboles. Le KPU a été dissous en août 1991 comme partie intégrante du PCUS déjà une fois dans la loi, puis en 1993 un nouveau parti a été fondé. Pourquoi votre parti, qui est désormais la plus ancienne organisation politique du pays, serait interdit ?



Nous dérangeons, pour des raisons politiques. On dérangeait la classe dirigeante, déjà sous Victor Ianoukovitch, on dérange encore sous Petro Porochenko. Ainsi, il faut en finir avec nous.



Mais votre parti a coopéré avec le Parti des Régions de M.Ianoukovitch dans un gouvernement qui a perduré de 2010 à 2014 ?



C'est vrai. Nous étions d'accord avec le Parti des région sur certains points, c'est pourquoi nous avions soutenu les projets de loi qui étaient conformes à notre programme électoral. Mais nous avons refusé toutes les initiatives anti-sociales de Ianoukovitch et de son parti, comme la réforme du système de santé ou celle des retraites. Par contre, ces contre-réformes, elles étaient soutenues par l'opposition, devenue putschiste en février et qui est désormais au pouvoir. Maintenant, le Parti des régions collabore activement avec le président Porochenko. Nous n'avons plus rien en commun avec eux.



Quelles sont les raisons invoquées pour l'interdiction du parti ?



Le reproche qui nous est adressé, en général, c'est que le Parti est entre les mains d'ennemis de l'Ukraine, qu'il soutient les séparatistes, qu'il est un « agent de Poutine ». Nous, nous continuons à avancer notre proposition – que nous avions déjà suggéré sous Ianoukovitch –, celle d'un référendum pan-ukrainien, pour décider de ce que sera notre politique étrangère. Ce référendum ne serait alors ni celui du président, ni celui de l'opposition. Notre initiative a été bloquée par la justice.



Quelles preuves mettent-ils en avant pour justifier l'interdiction ?



L'acte d'accusation comprend 18 pages, plus 129 pages d'annexes rendus publics avec des journaux, tracts, vidéos, etc. Ils doivent prouver que le KPU a violé l'article 5 de la loi sur les partis d'Ukraine. On parle de violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.



Donc, de séparatisme ?



Tout à fait. Les soi-disant preuves de cette affirmation soulevée par le ministre de la Justice sont douteuses, ridicules même, elles reposent sur des messages – enfin des reproductions – et des citations déformés. Il y a même des « rebelles » ou des « terroristes » qui sont cités comme témoins et qui affirment avoir été recrutés comme « représentants du KPU ».



Pour le parti ?



Non, pour la lutte armée contre Kiev. Bien sûr que c'est absurde. La ligne du parti a toujours été de prévenir les conflits armés. Nous avançons et défendons des solutions pacifiques, appelons à des cessez-le-feu et à des négociations. Ce qui nous est reproché est de la pure propagande de guerre.



On dit que nous voulions, c'est quand même fou de nous le reprocher, faciliter le renforcement des séparatistes soutenus par Moscou.



Il doit y avoir des attaques non seulement contre les installations du parti mais contre ses représentants ?



C'est cela. Les attaques ont commencé dans l'ouest de l'Ukraine, suivant le mouvement de Maidan, et elles n'ont cessé de monter en puissance. Il y a eu des infractions de domiciles de reponsables du parti, certains ont été enlevés, on les a forcés à abjurer et se retirer.



Les députés fascistes de Svoboda sont tombés sur moi au Parlement et m'ont tabassé. Cela a été le cas pour moi, mais aussi pour d'autres camarades. Les membres du KPU – démocratiquement élus – ne sont plus au Parlement, victimes de la terreur.



Quelles en sont les conséquences ?



Dans ce climat d'anti-communisme, d'anarchie et de violence, le travail parlementaire n'est plus possible. Neuf députés ont quitté le groupe parlementaire, nous sommes encore 23.



Où sont les neuf autres députés ?

Ils sont passés du côté de la famille de l'oligarque Sergei Kourtchenko, du groupe « Pour la paix et la stabilité ». Il a 27 ans, c'est un des hommes les plus riches du pays, à l'Ouest, il est considéré comme le Rockfeller ukrainien. Sous Ianoukovitch, il a engrangé des milliards en transactions pétrolières et gazières. Il achète des entreprises comme il achète les députés. Le parti traverse une période très difficile, compliquée, et la publicité qu'on nous fait est loin d'être positive.

Néanmoins il existe une solidarité internationale avec le soutien venant de bords différents, enfin surtout des partis communistes qui ont gardé leur principes. Gabi Zimmer, au nom du Groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) au Parlement européen, a adressé une lettre au président Porochenko pour dénoncer le procès intenté à notre égard comme illégitime.

 



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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 05:20

Communist Party of Ukraine logoUn responsable du Parti communiste d'Ukraine assassiné : terreur, répression, avant l'interdiction du Parti



Brève, EDT&DN pour vivelepcfrepris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



On apprend dans un communiqué de presse du Parti communiste d’Ukraine le fait suivant :



Le corps mutilé de Vyacheslav Mikhalovitch Kovshun a été retrouvé mardi 22 juillet gisant dans une mare de sang, avec des marques de blessures au thorax et aux jambes et de blessures par balle. Il a été torturé à mort.



Il se trouvait à un barrage de l’armée ukrainienne près du village de Luzkhi dans l’est du pays.



Vyacheslav Kovshun était responsable de l’organisation du Parti communiste d’Ukraine dans la localité de Glinki et conseiller de la communauté de communes de Kumachovskiy.



Il avait reçu plusieurs menaces anticommunistes à son domicile qu’il n’a pas voulu prendre au sérieux.



Les organisations locales et nationale du CPU ont rendu hommage à leur camarade, âgé de 58 ans, adressé leurs condoléances à sa famille. Elles exigent l’application de la Loi et le lancement de poursuites pénales contre les assassins, ce qui n’a pas encore eu lieu.



On apprend également dans des dépêches de presse internationales que le processus d’interdiction du Parti communiste d’Ukraine s’accélère.

 

Ce même 22 juillet, selon la radio gouvernementale, la « Rada », chambre des députés, a adopté un changement rétroactif du règlement intérieur destiné à dissoudre le groupe communiste. Le PCdU avait obtenu 13% des voix aux élections de 2012.



Les intimidations et agressions physiques des responsables communistes se multiplient, au sein même de l’Assemblée, venant notamment du Parti néonazi Svoboda, composante du nouveau pouvoir ukrainien.



La dissolution du groupe communiste devrait devenir effective jeudi 23 juillet. Le « président » de la chambre, Turtchinov, s’est réjoui « d’accomplir cette tâche historique » et a déclaré : « il ne reste plus que quelques heures à supporter ce groupe ».



En même temps, les lois sont modifiées pour donner un semblant de légalité à l’interdiction totale du Parti communiste d’Ukraine. Il sera probablement interdit pour « activités anti-ukrainiennes » et soutien aux séparatistes de l’est du pays.



Le prétexte est inventé. Il se trouve que le PCdU a toujours défendu l’unité du pays et une évolution fédéraliste.



Les causes profondes sont à trouver ailleurs, dans le rejet absolu par le nouveau régime de la seule force d’opposition nationale sérieuse et représentative, de la seule force politique qui :



-          Condamne le choix de l’action militaire dans l’est du pays.



-          Dénonce et combat aussi l’aggravation de la politique de casse sociale et le plan de privatisations, d’ampleur inédite, décidés par le pouvoir.



-      Continue à dénoncer l’accord économique avec l’Union européenne et à exiger l’organisation d’un référendum sur son adoption.



-          S’oppose résolument au fascisme, a demandé la condamnation des fauteurs du massacre d’Odessa.



Les partis fascistes, qui disposent de toute latitude d’action et de l’impunité, développent une hystérie anticommuniste dans un climat de haine et d’intimidation tout azimut, pour mieux servir cette politique.



Ce qui se passe dans l’ensemble de l’Ukraine est d’une extrême gravité. Communistes français nous adressons notre soutien total et l’expression de notre solidarité à nos camarades ukrainiens. Leur secrétaire général, Petro Symonenko était en visite en juin dernier en France pour expliquer la situation et ses inquiétudes à la direction du PCF.



Aucune tolérance n’est possible devant l’avènement d’une dictature et l’arrivée au pouvoir de groupes fascistes. Les faits sont d’autant plus établis qu’ils sont revendiqués par leurs auteurs.



Aussi, nous appelons les communistes, et par-delà tous les antifascistes et les démocrates, à demander au ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius et au Président de la République, François Hollande,



-          d’émettre une protestation internationale solennelle devant les crimes anticommunistes en Ukraine et la présence fasciste dans le gouvernement de ce pays



-          d’envisager des sanctions politiques et économiques à l’encontre du régime ukrainien



-          d’exclure de mettre à l’ordre du jour du Parlement en France la ratification de l’accord UE/Ukraine, signé, en Ukraine, par des représentants illégitimes.



Cette exigence peut et doit être déclinée localement, par exemple dans les municipalités.



Le fascisme ne passera pas !

 

 

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 06:01

Emblem of the Ukrainian SSR.svgDéclaration de 18 partis communistes et ouvriers sur la situation en Ukraine

 

Traduction ML pour vivelepcf repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A l’occasion de la réunion du groupe de travail des partis communistes et ouvriers, tenue à Chypre, les 21 et 22 juin, a été adopté cette déclaration commune.



-          Les partis signataires dénoncent l’intention déclarée des autorités ukrainiennes d’interdire le Parti communiste d’Ukraine. Ils dénoncent la terreur déchaînée contre les communistes et les autres forces démocratiques dans le pays, l’incendie du siège du Parti communiste et la tentative de saisir ses biens. Ils déplorent les actions des organisations fascistes et d’extrême droite qui rêvent de la renaissance du fascisme.



  • Ils dénoncent la politique d’intervention impérialiste dans le pays perpétrée par les États-Unis et l’UE dans le contexte de la guerre non déclarée en vue du contrôle de l’énergie et des voies d’approvisionnement. Elle a causé et cause des souffrances humaines et place la région en danger de guerre. Le droit international a été violé de diverses manières, en premier lieu par les milieux impérialistes qui prétendent hypocritement être ses gardiens.

     

  • Ils appellent les peuples de la région et le mouvement de la paix à être vigilants devant la forte concentration de troupes dans la région et devant les agissements de l’OTAN, qui profite de la situation pour renforcer sa présence militaire autour de la mer Baltique et dans d’autres régions.

     

  • Ils exigent la fin immédiate des opérations militaires menées par le gouvernement ukrainien dans les régions du sud-est de l’Ukraine, un cessez-le-feu rapide, pour rendre possible la mise en œuvre d’un accord de paix garantissant les droits des personnes dans leur intégralité.

     

  • Ils condamnent les crimes et les massacres commis contre les personnes et les organisations qui résistent aux actions fascistes et à la répression illégale.

     

  • Ils affirment leur solidarité avec les forces communistes et toutes les forces démocratiques d’Ukraine et invitent les forces éprises de paix à résister à l’intervention impérialiste et au fascisme qui relève la tête dans le pays.

     

  • Ils soutiennent le droit du peuple à l’autodétermination

     

Signataires:



1 – Parti communiste belge (Wallonie-Bruxelles)

2 – Parti communiste du Brésil

3 – Parti communiste de Grande-Bretagne

4 – AKEL Chypre

5 – Parti communiste de Bohême et de Moravie

6 – Parti communiste de Grèce

7 – Parti communiste de l'Inde

8 – Parti Tudeh d'Iran

9 – Parti des communistes italiens

10 – Parti communiste libanais

11 – Parti du peuple palestinien

12 – Parti communiste portugais

13 – Parti communiste de la Fédération de Russie

14 – Parti communiste des travailleurs russes

15 – Parti communiste syrien

16 – Le Parti communiste sud-africain

17 – Parti communiste soudanais

18 – Parti communiste d’Ukraine

 

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 06:23

ukraine-ue.jpgUne « mission de sécurité » de l'Union européenne en Ukraine pour aider la police locale à mater les rebelles : c'est décidé !


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'Union européenne « au-dessus de la mêlée » dans le choc des puissances en Ukraine ? Qui peut bien y croire en dépit de la propagande anti-russe après le krach de l'avion malaisien. L'occasion de revenir sur une information peu commentée : l'envoi envisagé de forces de police européennes pour soutenir le gouvernement illégitime de Kiev.



Vous verrez les images terribles de l'avion de Malaysia Airlines, les corps sans vie, dans un climat de chaos et de guerre civile, sous le poids des commentaires vous livrant déjà le coupable parfait, les ordres pour la guerre à venir. Mais il est des informations cruciales que vous aurez du mal à vous procurer.



A commencer par ces documents du Conseil de l'Union européenne et du Service européen pour l'action extérieure, filtrée à la fin du mois de juin par l'ONG britannique « Statewatch », et brièvement référencée par le site « Euractiv ».



Le constat biaisé de l'UE : hostilité anti-russe, peur de l'instabilité sociale, besoin de réformes structurelles (du FMI)



L'Union européenne n'entend pas rester les bras croisés dans la crise ukrainienne.



En un combat douteux, face à des séparatistes pro-russes guère identifiables, une Russie jalouse de ses intérêts, un président élu démocratiquement chassé, un gouvernement putschiste mené par le « roi du chocolat », rempli d'éléments fascistes, néo-nazis, anti-sémites, va-t-en guerre.



L'UE a choisi son camp : le Conseil de l'Union européenne du 18 juin a acté la décision d'envoyer au plus vite – selon des modalités et des temporalités encore à décider avec Kiev – une force de sécurité et de police en soutien du gouvernement actuel, dans le cadre de la PESC (Politique étrangère de sécurité commune), pour la « réforme du secteur de sécurité ».



Le document du Conseil de l'Union européenne dresse un tableau manichéen de la crise.



D'un côté, des « ingérences continues de la Russie » ainsi que l' « annexion illégale de la Crimée » après le « départ de Yanoukvitch suite à des manifestations populaires » ont conduit au chaos et à l' « émergence de combattants pro-russes qui ont pris le contrôle de territoires près de Luhansk et Donetsk, s'attaquant aux forces de police locales, ayant recours systématiquement à la violence ».



De l'autre, un « nouveau gouvernement ayant manifesté une attitude plus ouverte envers la société » (sic), décidé à réaliser les « réformes nécessaires sur l'Etat de droit, la gouvernance économique, les droits de l'Homme ». Entendez, l'accord de libre-échange avec l'UE, les réformes structurelles du FMI.



L'attitude criminelle de la Russie, le poids de l'ancien régime sont jugés de façon unilatérale responsables du piètre niveau d'organisation, du moral faible et du haut niveau de corruption de la police ukrainienne, reconnue par le document de l'UE.



Ce que craint l'Union européenne, c'est un affaiblissement critique du gouvernement putschiste, avec la perte de contrôle déjà effective d'une partie de l'appareil de sécurité, une défiance de plus en plus grande de la population, une incapacité à mettre en œuvre les réformes structurelles.



Pour le Conseil de l'UE, il y a un risque à moyen-terme de « désillusion, de protestation et de troubles sociaux majeurs ».



L'envoi de formateurs/conseillers de l'UE pour aider la police locale



C'est dans ce contexte, et sur une requête du Ministère des Affaires étrangères ukrainien datée du 20 mars 2014 où le dignitaire ukrainien appelle de ses vœux la mise en place d'une mission de la PESC de l'UE pour contribuer à la désesclade de la situation sur place, en « raison de l'attitude désastreuse de la Russie ».



Dans ce document officiel, l'UE rappelle que les programmes d'aide ne manquent pas : projet de soutien à la réforme du secteur de justice (9 millions d'€), partenariat entre forces de police (5 millions d'€, mené par la Pologne), programme général de coopération est-européen (30 millions d'€, en 2015), programme pour la gestion des frontières (66 millions d'€), etc.



Dans ce dispositif, un nouveau pas serait franchi avec une coopération directe dans le secteur des forces de sécurité dans un pays en guerre civile, et l'envoi de forces sur place.



La « mission civile de la PESC » serait centrée sur la « réforme radicale du secteur de la sécurité », avec l'encadrement de la création de la Garde nationale. Elle serait initiée par l'envoi de 40 « conseillers stratégiques » à Kiev, complétés par des équipes de formation de personnel.



Par la suite, la mise en place de bureaux régionaux à Kharkov, Odessa et Lvov est envisagée.



Le rôle des consultants et formateurs de l'UE devrait être d'épauler (mais comment?) les forces de police ukrainienne au niveau central, régional, puis local, conseiller et former pour mater la rébellion et faciliter la mise en œuvre des réformes, jusqu'à ce que le gouvernement ait repris le dessus.



Une coordination avec l'OTAN, comme au Kosovo : un modèle ?



Le document du Conseil de l'Union européenne évoque explicitement la « coordination étroite » avec les conseillers militaire envoyés en parallèle par l'OTAN, de quoi encore plus démasquer les arguments éculés de la « défense de la paix et de la sécurité » en Ukraine.



Dans le billet consacré à cette nouvelle dans Euractiv – portail accompagnant les décisions de l'UE avec un faible esprit critique –, l'envoi de cette mission civile est présenté comme un pendant de l'action menée il y a une dizaine d'années au Kosovo.



Quinze ans après, le Kosovo est l’État le plus pauvre d'Europe ; une zone de non-droit accaparée par des mafias sordides, plaque-tournante en Europe du trafic d'armes, de drogue et d'organes ; sans oublier la prolifération des combattants islamistes soutenus par l'UE ; dans un pays sous protectorat européen (avec un drapeau inspiré de l'UE, le Mark puis l'Euro comme monnaie !).



Un modèle excitant à n'en pas douter quand on nous présentait le combat des « indignés de Maidan » comme celui pour les droits de l'Homme, la démocratie, la souveraineté, la prospérité !



 

Démasquons la propagande médiatique d'où qu'elle vienne … mais d'abord dans notre propre camp. L'Union européenne n'est pas engagée à défendre la paix, l'unité, la démocratie en Ukraine, elle attise le feu pour défendre ses propres intérêts économiques et politiques.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Russie et ex-URSS
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