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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 05:27

Communist Party of Ukraine logoNouvel appel à solidarité du PC d'Ukraine : le gouvernement pro-européen prêt à interdire un parti de 120 000 militants

 

Appel à la solidarité du Parti communiste d'Ukraine


 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Chers camarades !

 

Le gouvernement ukrainien actuel mène une politique qui crée des conditions rendant impossible l'existence du Parti communiste d'Ukraine, poussant à l'interdiction de son activité.


 

Nous vous informons que les services secrets ukrainiens collectent activement du matériel sur l'activité du Parti communiste, falsifient des documents du KPU, créent des bases de données de militants, avec l'aide d'extrémistes manipulés qui détruisent les immeubles et propriétés, empêchent toute campagne auprès des électeurs, tout en organisant des attaques physiques et des pressions morales contre les membres du parlement ukrainien et responsables de comités régionaux du parti.


 

Aujourd'hui, tout le monde sait que le Ministère de la Justice d'Ukraine attend les contributions des services secrets, et va demander à la Cour suprême d'Ukraine l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.


 

Des hauts responsables ukrainiens sont responsables de ces activités. Parmi eux, le Chef du Conseil de défense et de sécurité nationales et du Andrei Parubiy, le responsable des services de sécurité d'Ukraine Valentin Nalyvaychenko, le président du parlement Alexander Turchinov etc.


 

On en vient désormais à un traitement extrêmement dur réservé à tous les communistes ukrainiens, qui sont la seule force politique qui a toujours défendu une politique dans les intérêts des gens du peuple.


 

Le parti communiste d'Ukraine représente désormais une véritable menace pour le gouvernement actuel, au vu de son intégrité et de son unité. Le Parti communiste d'Ukraine représente un lien pour des millions de gens mécontents des actions des autorités et leurs alliés : les forces ultra-radicales.


 

En usant de la violence contre la force politique d'opposition, le gouvernement actuel persiste dans sa politique anti-populaire, anti-étatique et diviseuse, celle du « deux poids, deux mesures », sous le couvert de la lutte pour des valeurs « européennes » qu'il contredit dans sa pratique, transformant l'Ukraine en un pays doté d'un gouvernement fasciste.


 

En nous accusant d'être des forces déloyales et en nous demandant de renoncer à nos croyances, le gouvernement d'Ukraine prouve qu'en Ukraine il n'existe plus de démocratie, de liberté d'expression, d’État de droit.


 

Cependant, la conséquence c'est que le peuple d'Ukraine ne peut pas atteindre son idéal de paix et de tranquillité. En attisant les haines et la xénophobie, le gouvernement ukrainien actuel ne fait qu'alimenter le conflit social en Ukraine et créer les conditions d'une guerre civile.


 

Nous en appelons à vous, chers camarades, pour que vous exprimiez votre solidarité avec les 120 000 communistes ukrainiens, formiez un front uni pour condamner les actions cohérentes des autorités ukrainiennes visant à interdire le Parti communiste d'Ukraine.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 06:15

petrosimonenkoSur les sécessions à l'Est de l'Ukraine, les communistes restent les seuls à défendre l'unité du pays au Parlement

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Que de confusion sur les événements dans l'est de l'Ukraine, avec des « républiques populaires » auto-proclamées du côté de Donetsk … mais aussi une floraison de drapeaux russes, le spectre du rattachement qui montre qu'il s'agit encore d'un jeu entre grande puissance, un partage du gâteau, une division de l'Ukraine qui ne profiteront en aucun cas aux peuples.



Pour comprendre, lisons la position du Parti communiste d'Ukraine (KPU), troisième force du pays, la seule réellement engagée du côté de l'unité nationale, du côté des travailleurs d'Ukraine.



Encore une fois, avec courage, constance, fidélité à ses engagements, le KPU réaffirme sa position sans hésiter dans cette intervention au Parlement du 8 avril à accuser les ir-responsables nationalistes de cette situation, dénoncer avec ironie leur plan qui ressemble à s'y méprendre à celui des grandes puissances, et d'abord celui de la Russie. A lire.



Intervention au Parlement ukrainien, le 8 avril, de Petro Simonenko – député et secrétaire-général du Parti communiste d'Ukraine :



Chers collègues, chers citoyens d'Ukraine,



je tiens à exprimer ici la position de notre parti par rapport à l'évolution de la situation à l'Est de l'Ukraine, elle est très grave, elle menace l'intégrité territoriale de notre pays.



L'escalade des tensions ne fera qu'exacerber ces contradictions, et il faut passer des crises d'hystérie au bon sens rationnel dans l'évaluation des événements qui se produisent à l'est de l'Ukraine. Et surtout répondre à la question : qu'auraient pu faire les autorités ukrainiennes pour empêcher ce qui se produit à l'est ?



Nous allons commencer par l'analyse des revendication des citoyens, de ces résidents ukrainiens vivant à Donetsk, Luhansk, ainsi que dans d'autres régions, qui sont sortis dans la rue et qui demandent que leurs droits soient respectés.



Ils demandent depuis longtemps déjà, dès les premières années de l'indépendance ukrainienne, à ce que l'Etat prenne une position de défense de la langue russe, que la pratique des référendums locaux s'impose pour protéger leurs droits et leur façon de concevoir leur culture, leur histoire, leur évolution.



Et bien sûr ce qui est à l'ordre du jour aujourd'hui : la fédéralisation de l'Ukraine.



Quel retour du côté du gouvernement ukrainien ? Il ne veut pas les entendre, les ignore. Et cela commence par ailleurs par les mots que l'on plaque sur l'interprétation autorisée des événements dans le Donbass, on les accuse maintenant du crime de séparatisme.



Vous savez, j'ai envie de faire monmea culpa et de m'excuser auprès de vous. J'ai toujours affirmé qu'on avait affaire à des nationalistes pro-occidentaux et pro-américaine, défendant leurs intérêts. Mais je me trompais.



Messieurs, vous semblez oublier qui a commencé à occuper les bâtiments officiels, et quand ? Qui s'était emparé des commissariats, des dépôts d'armes, répandant dans tout le pays des milliers d'armes dans les mains de ceux qui ont créé de véritables bandes armées dans tout le pays ?



Vous voudriez que je vous donne un exemple de scénario probable ?



Ainsi, il s'avère que ce que vous avez facilité, ce n'est pas le scénario américain mais bien celui de la Fédération de Russie : détruire l'indépendance de l'Ukraine, la diviser puis la piller.



Vous nous avez bien montré cela. Les citoyens savent aujourd'hui ce qu'il en est vraiment, car vous ne cessiez de vous dire menacés par les forces de sécurité, des hommes armées, c'est eux que vous lancez désormais contre ceux qui veulent défendre pacifiquement leurs droits.



Vous agissez ainsi dans le but d'intimider les gens, vous arrêtez la population, vous avez déchaîné une guerre contre l'opposition, contre ceux qui pensent différemment.

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 05:47

KPRF_Lokot.jpgUn candidat communiste remporte la mairie de Novossibirsk, la troisième ville de Russie !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les communistes ont le vent en poupe en Russie. Après leur spectaculaire percée lors des élections législatives de 2011, c'est désormais la troisième ville du pays, Novossibirsk, qui est tombée entre leurs mains ce lundi.



A côté de Moscou, St-Petersbourg, Novossibirsk n'est pas la ville la plus connue du public français. On connaît mieux en France Volgograd, alias Stalingrad. Les deux – souvent rivales quand il s'agit de qualifier la troisième ville du pays – ont désormais un point commun : un maire communiste.



Pour Volgograd/Stalingrad, c'était un événement en 2007, avec l'élection du communisteRoman Grebennikov. Ce week-end, c'est au tour de Nikolai Lokot, candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), de prendre la tête de la mairie de Novossibirsk.



Lokot a battu le candidat du parti gouvernemental Vladimir Znatkovavec une marge de 15 000 voix, 44 % des voix pour le candidat communiste contre 40 % pour le candidat prenant la relève du maire sortant, sous la bannière de « Russie unie ».



L'élection municipale de Novossibirsk a été une des plus disputées de l'histoire du pays, avec 30 promesses de candidature, dont 11 portées jusqu'au bout. Plusieurs candidats se sont retirés préférant former une opposition unie derrière le candidat communiste, pour faire barrage à la machine Russie unie.



Car Novossibirsk, avec son 1,5 million d'habitants, sa tradition de grande cité industrielle, n'est pas seulement la capitale de la Sibérie mais aussi – tout du moins en termes démographiques – la troisième ville du pays. Un symbole.



Un symbole aussi car Novossibirsk était devenu l'illustration de la corruptionqui gangrène la Russie, nombre de personnalités liées au gouverneur Vassili Iourchenko et à l'ancien maire Vladimir Gorodetsky avaient déjà été trempées dans des histoires d'abus de pouvoir et de corruption.



En janvier, Gorodestky a été nommé par le président Poutine vice-gouverneur de la région de Novossibirsk, le poussant à abandonner son poste de maire de la cité sibérienne, précipitant les élections anticipées du 6 avril.



Le 18 mars dernier, Iourtchenko, détesté par ses concitoyens, est limogé sur décret présidentiel pour « perte de confiance » … et Gorodetsky le remplace. Un tour de passe-passe en coulisse, une manœuvre autoritaire typique du régime poutinien.



Ce 6 avril, les électeurs ont sanctionné le parti gouvernemental, récompensé le travail d'opposition opiniâtre mené par le Parti communiste.



La victoire du candidat communiste, malgré le poids de l'appareil officiel, n'est pas une surprise.En 2011, lors des législatives, les communistes y avaient obtenu un de leurs meilleurs scores, plus de 30 %, battant le Parti « Russie unie » de Poutine dans tous les districts de la ville



On peut rappeler qu'en décembre 2011, le Parti communiste s'est installé comme deuxième force du pays, passant de 11,7 % et 57 sièges en 2007 à 19,16 % et 92 sièges en 2011, doublant le nombre de voix obtenues.



Plus que jamais, l'opposition en Russie au pouvoir des oligarques, c'est les communistes qui la portent ! Vive Novossibirsk la rouge !

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 05:51

rwegazprom.jpgL'Ukraine fournie bientôt en gaz par le monopole énergétique allemand RWE … tout juste racheté par un oligarque russe !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le peuple ukrainien otage du jeu entre grandes puissances, des intérêts des monopoles européens ou russes. Les nouvelles révélées dans la presse allemande montre encore et toujours les intérêts allemands et européens derrière la déstabilisation de l'Ukraine.

 

Qui va emporter l'Ukraine ? La lutte est encore féroce, l'issue incertaine entre puissances impérialistes, monopoles (multi-)nationaux. Ce qui est sûr, c'est qui va payer la facture.

 

Le FMI, et l'Union européenne, ont déjà fait passer en force la hausse de 50 % des tarifs du gaz, son idée fixe depuis une dizaine d'années.

 

La Russie via son monopole national « Gazprom » va profiter de la crise, de la dépendance ukrainienne, pour alourdir la facture de près de 80 %, en supprimant les réductions préférentielles accordées à l'Ukraine : le tarif aux 1 000 m3 passerait de 268 $ à 480 $.

 

Pour le capital allemand, main basse sur l'Ukraine !

 

L'Allemagne – à l'origine de la déstabilisation de l'Ukraine, avec la Pologne – rêve de profiter de la crise pour étendre son « espace vital » économique à l'est, planifier une nouvelle « Mitteleuropa » sous domination allemande, déjà partiellement réalisée dans l'Union européenne.

 

Ce sont de vieilles marottes géopolitiques allemandes. En ces temps de commémoration de la Première Guerre mondiale, on sait, depuis les travaux de Franz Fischer, que c'était un des objectifs de la politique de guerre du capital allemand en 1914.

 

Même après la guerre, pendant la guerre civile russe, les dirigeants allemands ont favorisé la création d'un Etat ukrainien fantoche pour affaiblir l'URSS naissante et élargir leur sphère d'influenceen Europe de l'Est. Les nazis n'ont rien fait d'autre dans la Seconde guerre mondiale.

 

Ces ambitions sont déjà une réalité en Ukraine où l'Allemagne est le premier investisseur et second importateur dans le pays. On retrouve 400 entreprises dans le pays dont Siemens, Leoni, Bayer, Rhenus Logistics, Meffert, BASF, Helm, HeidelbergCement.

 

Parmi les projets du grand capital allemand pour l'Ukraine, le premier concerne le « marché agricole » libéralisé par Ianoukovitch en 2011, dans un pays qui est le grenier de l'Europe de l'est : 20 groupes allemands de l'agro-alimentaire ont déjà manifesté leur volonté d'y investir.

 

Deuxième projet, celui du « marché de l'énergie » qu'Ianoukovitch, encore et toujours, a ouvert à la concurrence et harmonisé par rapport à la législation européenne, en séparant réseau et opérateurs.

 

Les monopoles allemands prêts à vendre aux Ukrainiens … du gaz russe !

 

Ainsi, en 2013, le gouvernement ukrainien désormais renversé avait négocié un plan de rénovation du gazoduc « Soyouz » qui reste encore le principal moyen d'acheminement du gaz russe vers une Europe de l'est extrêmement dépendante.

 

Ce plan de rénovation impliquait trois monopoles allemands : le grand groupe industriel Siemens, le spécialiste des réseaux pétrochimiques, PetroStaal, enfin pour financer le projet, la Deutsche Bank. On parlait alors d'un projet d'investissement à hauteur de 5 à 7 milliards de $.

 

Dans le même temps, le conglomérat allemand de l'énergie RWE avait en 2012 signé un « accord-cadre » avec le monopole ukrainien « Naftogaz » pour fournir une source d'énergie alternative à celles russes, issues des gisements de Norvège et des Pays-Bas.

 

C'est cet accord signé sous le gouvernement Ianoukovitch que vient de réveiller RWE, initialement spécialisée dans l'électricité. Selon der Spiegel(11 mars),les dirigeants de RWE sont prêts à devancer les conditions de l'accord de 2012 prévoyant des livraisons de gaz à l'horizon 2015.

 

Ils seraient prêts à expédier dès maintenant des livraisons massives de gaz, à hauteur de 10 milliards de m3 par an, là où l'Ukraine importe actuellement 27 milliards de m3 russes.

 

Les Allemands de RWE sont même prêts à revendre à l'Ukraine du gaz … russe, celui acheminé depuis la mer Baltique va le gazoduc « North Stream » bien que les Russes aient tenté d'empêcher de telles re-livraisons vers les pays clients d'Europe de l'est.

 

Comme le rappelle un dirigeant haut placé de RWE : « une fois que le gaz a été livré à une infrastructure de stockage, impossible de savoir d'où il provient ». L'occasion pour les monopoles allemands de dégager une marge de profit substantielle sur le simple commerce du gaz !

 

RWE, un monopole allemand … racheté par un oligarque russe !

 

L'ironie de l'histoire, c'est que la presse allemande (dans Deutsche Welle) révélait ce 17 mars que la branche « pétrole et gaz » de RWE, la firme DEA, vient d'être cédée à des capitaux étrangers.

 

La partie « gaz » de RWE serait livrée au fonds d'investissement LetterOne, basé au Luxembourg, appartenant à … l'oligarque russe Mikhail Fridman.

 

Mikhail Fridman est la deuxième fortune de Russie, 47 ème fortune du monde. Il contrôle le plus grand groupe financier de Russie, tout en ayant fait initialement fortune dans l'industrie du gaz.

 

Le groupe d'investissement russe a promis d'éponger la dette du groupe et de racheter ses unités d'exploration et de production pour la somme de 7 milliards de $. DEA emploie 1 400 personnes et dispose de 190 droits d'exploitation en Europe, Afrique du nord et au Moyen-orient.

 

L'affaire a fait grincer des dents en ces temps de « nationalisme européen ». Mais le PDG de RWE, Peter Terium, s'est montré très confiant : « Nous avons informé assez tôt le gouvernement de la transaction, et il n'y avait pas de signes qui laissent croire qu'il s'y opposera ».

 

Les konzern allemands et les oligarques russes n'ont aucun mal à trouver un terrain d'entente quand il s'agit de faire exploser le plafond de leurs profits, et tant que les peuples – abreuvés de nationalisme imbécile – seront là pour payer le prix de fort de leurs ententes transnationales.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 07:26

ukraineue.jpgCadeau d'entrée dans le « bloc européen » pour le peuple ukrainien : une hausse des tarifs du gaz de 50 % !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Dans quoi les intérêts égoïstes de l'UE et des États-Unis vont-ils plonger l'Ukraine ? Ce 27 mars, le FMI a annoncé son « plan d'aide » à l'Ukraine, sa première mesure : l'augmentation de 50 % des tarifs du gaz.

 

Le nouveau premier ministre ukrainien, le banquier Iasteniouk l'avait dit ouvertement :

 

« Les caisses sont vides, on fera tout pour éviter la faillite. Si on peut avoir un soutien financier du FMI, des Etats-unis, on le fera. Je suis prêt à être le premier ministre le plus impopulaire de l'histoire de mon pays ».

 

L'annonce du plan du FMI de 15 milliards de $ – préliminaire aux prêts accordés par l'UE et les Etats-unis, pour la même somme – montre le vrai visage des « indignés de Maidan ». La baisse du pouvoir d'achat sera terrible dans un pays où le salaire moyen est de 270 $ par mois.



D'abord, parce que le gouvernement a décidé de proclamer le gel des salaires et des retraites pour les fonctionnaires, et le salaire minimum qui s'élève à 85 $. Dans un pays où l'inflation devrait tourner entre 12 et 14 % en 2014, c'est autant de pouvoir d'achat en moins.



Ensuite,une hausse de presque toutes les taxes : taxes sur les voitures consommatrices d'énergie (celles des pauvres!) ; augmentation de l'impôt sur le revenu ; taxes sur les retraites ; enfin taxes sur le tabac ( + 30 %) et sur l'alcool ( + 40 %) qui toucheront les familles les plus vulnérables.



Enfin, la hausse des tarifs du gaz de 50 % par la suppression des subventions qui permettent aujourd'hui à des millions d'Ukrainiens de pouvoir se chauffer, se nourrir, qui leur permettent de ne pas sombrer dans la pauvreté.



Ianoukovitch avait refusé d'augmenter les tarifs : la raison du « coup d'Etat » ?



Pourquoi Viktor Ianoukovitch qui avait été loué pour sa position pro-européenne, ses dispositions envers les projets du FMI – à tel point que les européens l'ont soutenu en 2010 … face à Timochenko, appuyé soudain par les Russes – a-t-il soudain été voué aux gémonies ?



C'est que Ianoukovitch, politicien corrompu mais conscient des rapports de force, avait refusé cette mesure qui aurait tout simplement menacé sa position à la tête de l'Etat.



Ainsi, en 2011, Ianoukovitch annonçait son intention d'augmenter les tarifs du gaz en échange déjà d'un prêt du FMI de 15 milliards de $. Il acceptait alors l'intégralité du plan de réformes libérales.



Par la suite, face à l'impopularité d'une telle mesure, Ianoukovitch a reculé. En mars 2012, il qualifiait « l'exigence du FMI d'augmenter les prix de 50 % d'inacceptable. Nous ne sommes pas d'accord, et nous ne le serons jamais ».



Enfin après la nouvelle pression réalisée par le FMI en août 2013 pour l'octroi d'un nouveau plan, Ianoukovitch persistait, creusant son tombeau politique : « Les exigences du FMI, l'augmentation des tarifs du gaz pour les ménages ne seront pas acceptées. On ne laissera jamais passer une telle mesure qui aura un impact si négatif pour les Ukrainiens ».



Cela n'empêchait pas le président de réclamer un plan d'aide du FMI, en septembre 2013, il confiait : « On négocie avec le FMI depuis quatre ans, on est confiant pour arriver à un accord … on a rempli toutes les conditions, sauf une : l'augmentation des tarifs pour les ménages. Or, ce n'est pas possible ».



Ianoukovitch, enfant modèle du FMI ? Et pourtant, oui ...



Car on ne peut reprocher à Ianoukovitch son zèle dans l'application des réformes libérales du FMI. Ce sont ces réformes qui ont aussi été à l'origine des déstabilisations, du mécontentement populaire, du manque de soutien des classes populaires à ce gouvernement corrompu mais élu.



En effet, il ne faut pas oublier que, depuis 2010, Ianoukovitch s'était considérablement rapproché de l'Union européenne, jusqu'à envisager la signature de l'Accord d'association ( = de libre-échange) avec l'UE, et du FMI.



Ianoukovitch avait adopté en 2010 un plan de réformes structurelles pour la période 2010/2014 sous le nom « Société prospère, économie compétitive, Etat efficace ». Tout un programme. Voici la liste des mesures qui n'ont pas satisfaites (!) le FMI. Les dieux de la finance ont toujours plus soif.



Première mesure : « réforme fiscale » avec une baisse de l'impôt sur les société de 25 à 21 % entre 2010 et 2012, il devait être réduit à 16 % en 2014. Dans le même temps, les taxes sur les PME, les taxes à la consommation et l'impôt sur le revenu devaient être relevés.



Deuxième mesure : la « réforme des retraites » qui prévoyait l'alignement de l'âge de départ de retraite des femmes sur celui des hommes, passant de 55 à 60 ans, et surtout le relèvement de 10 ans du nombre d'annuités de cotisations (de 20 à 30 ans pour les hommes, de 25 à 35 pour les femmes).



Troisième mesure : la « réforme de la santé » passant par l'autonomie des centres de santé, hôpitaux, par une « rationalisation » de l'offre hospitalière, l'introduction de la logique du chiffre. Ultimement, cette mesure devait permettre l'introduction de « prestataires de service » privés dans la santé, le début de la privatisation du secteur.



Quatrième mesure : une « réforme de l'énergie » qui prévoyait la libéralisation du secteur, contrôlé dans le gaz par Naftogaz. En accord avec les dispositions européennes, Ianoukovitch avait accepté de séparer Naftogaz d'une entité chargée du réseau (Ukrtranshaz) et une autre de l'extraction (Ukrgazvydobuvannya).



Ianoukovitch avait fait rentrer l'Ukraine en 2012 dans la « Communauté énergétique » avec l'UE - ce qui nécessitait la fin du monopole public dans l'énergie, l'introduction de la concurrence – il a mis fin la même année au monopole de Naftogaz sur les importations de gaz ukrainien.



C'est sous Ianukovitch qu'ont été signés des contrats juteux pour les multi-nationales : Chevron pour extraire du gaz à l'ouest du pays, l'anglo-hollandais Shell pour l'extraction de gaz de schiste, enfin l'américain Exxon pour le gaz de la Mer noire.



On pourrait également rajouter les intérêts allemands naissants. Profitant du changement de régime, RWE propose désormais de fournir du gaz (importé des Pays-Bas et de Norvège) à l'Ukraine. En 2013, les entreprises allemandes Siemens, FerroStahl et Deutsche Bank avaient formé un consortium pour rénover le gazoduc ukrainien « Soyouz ».



La libéralisation totale du secteur énergétique ukrainien, entamé par Ianoukovitch, sans doute achevé par le gouvernement actuel, devrait permettre aux géants de l'industrie gazo-pétrolière de faire main basse sur le gaz ukrainien.



Cinquième mesure : la « réforme du travail », ce fut un des rares échecs de Ianoukovitch. La réforme du Code du travail proposé en 2012, toute conçue dans les intérêts du patronat, n'a pas pu être adoptée, laissant le pays avec un code protecteur … hérité du code soviétique de 1971 !



Sixième mesure : la « réforme agraire », deuxième gros morceau avec la réforme énergétique. Le projet de loi de 2011 a permis de légaliser les acquisitions de terres faites par les grands fermiers après 1991 (les 20 plus gros propriétaires détiennent l'équivalent de la Belgique!).



Un projet de loi qui permettait surtout d'acheter et de vendre librement une des terres les plus fertiles d'Europe, source de convoitises pour les géants de l'industrie agro-alimentaire française ou allemande, tout comme les adeptes extra-européens du « land grabbing ».



Alors, Iankouvitch avait-il raison de se présenter comme un « élève modèle du pays », qui avait accompli « toutes les réformes sauf une » ?



Assurément, comme Kaddafi, Assad et d'autres qui ont pensé pouvoir monnayer leur position de pouvoir en échange de la soumission aux diktats du FMI, de l'appauvrissement de leur peuple, le retour de bâton est immédiat : les plans du FMI comme instrument pour déstabiliser le pays et favoriser le changement du régime.



On pourrait dresser une autre comparaison, toutes choses égales par ailleurs. Celle avec l'Italie. Berlusconi était l'incarnation du capitalisme italien au pouvoir – quoique divisant la classe dominante italienne – mais incapable de mener à bien les « réformes structurelles ».



Le FMI, l'UE, en lien avec des fractions dominantes de la classe bourgeoise italienne, l'ont éjecté, remplacé par leur Iasteniouk – Mario Monti – qui a commencé le travail, aujourd'hui achevé par le Tony Blair italien (qui sera-t-il en Ukraine?), M.Matteo Renzi.



En tout cas, pour le peuple ukrainien, avec de telles mesures, le pays qui vient en tête c'est la Grèce, réduite en quatre ans à l'état d'un pays du tiers-monde : « Bienvenue dans l'Union européenne » !

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