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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 06:38

6988478-ukraine-ioulia-timochenko-aux-manifestants-vous-ete.jpgExterminer les Russes d'Ukraine à coup de bombes nucléaires ?

 

 

 

 

 

 

C'est la proposition de l'égérie de l'Occident Ioulia Timochenko !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Plus on avance, moins « nos amis d'Ukraine » sont fréquentables : « fascistes responsables au gouvernement » et « indignés néo-nazis à crâne rasée », banquiers emmenant dans leurs valises le FMI et l'UE ainsi que bureaucrates corrompus de toujours. Ioulia Timochenko incarne bien ce magma nauséabond.

 

La nouvelle a pour l'instant peu filtrée dans la presse française : un enregistrement d'une discussion amicale entre la leader pro-européenne I.Timochenko et un ex-député pro-russe, allié de Ianoukovitch, révèle des propos orduriers, bellicistes et xénophobes de l'égérie de l'Occident.

 

Venant de sources russes, l'enregistrement pourrait sembler suspect – il ne fait guère de doutes que les services secrets russes ont bien fait leur travail – pourtant Timochenko a reconnu l'authenticité de l'enregistrement.

 

Timochenko qui copine avec un député du parti de Ianoukovitch !

 

Dans cette écoute de quelques minutes, on retrouve Ioulia Timochenko et Nestor Shufrych. La première pro-européenne, opposante historique à l'ex-président Ianoukovitch et au Parti des régions, le second … ancien député du Parti des régions, protégé des présidents Koutchma et Ianoukovitch !

 

Deux opposants irréductibles ? Pas du tout, tous deux se retrouvent unis dans leur défense du « régime des oligarques », leur position anti-russe et pro-occidentale, leur défense de la politique de privatisations dont ils furent des architectes historiques.

 

Voir dans les « opposants indignés » de Maidan une alternative au régime oligarchique alors qu'ils sont financés par un autre clan oligarchique, ou voir dans le régime hérité du système Kouchma-Ianoukovitch une alternative à l'intégration européenne et son cap néo-libéral, alors que c'est eux qui l'ont piloté jusque-là, c'est plus qu'une illusion, c'est un mensonge délibéré !

 

« Je veux tirer une balle dans la tête de cet enfoiré de Poutine ! »

 

Revenons à la teneur de la conservation, elle se suffit à elle-même et terrifie quant à la possibilité que Timochenko arrive au pouvoir en Ukraine :

 

Shufrych : « Par rapport à la question de la Crimée, je te le dis, je suis juste choqué. Je parlais aujourd'hui à une de nos connaissances, il était presque en larmes. Je lui demandais : qu'allons-nous faire maintenant ? »

 

Timochenko : « Je suis prêt à prendre une mitrailleuse et à tirer dans la tête de cet enfoiré (de Poutine) ».

 

Shufrych : « Je lui ai dit hier que si un conflit éclatait, moi et mon fils aîné, officiers de réserve, nous prendrions les armes et nous battrions pour notre pays. »

 

Timochenko : « Cela dépasse les frontières. Il est temps de prendre les armes et de tuer ces satanés Russes, et leur leader avec. Je regrette de ne pas être au pouvoir maintenant, il n'y aurait pas de p..... de moyen qu'ils aient la Crimée alors ! »

 

Shufrych : « Je le pense aussi, si tu étais là, cela n'aurait pas eu lieu. Mais de toute façon, on n'a pas le rapport de force. Tu sais, le plus choquant ... »

 

« Je vais tout faire pour qu'il ne reste plus un bout de terre intact en Russie »

 

Timochenko : « J'aurais trouvé un moyen de tuer ces enfoirés. J'espère que je pourrais mobiliser toutes mes relations. Et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour soulever le monde entier, afin qu'il ne reste plus un seul morceau de terre intact en Russie. »

 

Shufrych : « Bien, je suis plus que juste votre allié ici. Aujourd'hui, nous avons eu une rencontre entre dirigeants de parti ce matin, après quoi j'ai parlé à Viktor. Il m'a demandé : 'Que devons-nous faire avec les 8 millions de Russes qui sont en Ukraine ? Ce sont des parias. »

 

« Il faut leur balancer une bombe nucléaire » (aux Russes d'Ukraine)

 

Timochenko : « Il faut les exterminer, leur lancer une bombe nucléaire ».

 

Shufrych : « Je ne vais pas essayer de te raisonner ici, car ce qui s'est passé est proprement inacceptable. Mais il y a une alternative. Certaines de ces actions violent clairement la loi et nous devons prendre des mesures au niveau international. »

 

Timochenko : « On va porter l'affaire devant le Tribunal pénal de la Haye ».

 

Ioulia Timochenko s'est empressée de contester la véracité de cette conversation téléphonique … avant de reconnaître son authenticité, ne contestant que le passage sur la « bombe nucléaire ». Elle a finalement préféré ironiser, en saluant sur son Twitter le FSB pour son travail.

 

Que les services secrets russes soient hors-pair, que la propagande entre impérialistes fonctionne à plein, cela ne fait aucun doute. Cela n'enlève rien aux propos terrifiants tenus par une supposée « responsable » ukrainienne, longtemps présentée comme une « pacifiste », une « modérée ».

 

Une image d'Epinal écornée : oligarque, proche des russes, corrompue

 

On sait aujourd'hui que l'image d'Epinal de Mme Timochenko est très largement fausse.

 

Femme du peuple ? Si Timochenko s'est construite une image de « self made-woman » partie de rien, dans les quartiers populaires de Dniepropetrovsk, elle a fait fortune dans les années 1990 profitant de la Perestroika, la chute de l'URSS puis de la liquidation du patrimoine public soviétique.

 

A la tête de la société gazière Systèmes énergétiques unifiés d'Ukraine (UESU), elle devient à la fin des années 1990 une des premières fortunes du pays, une des oligarques les plus en vue.

 

Elle a fait sa place au soleil dans l'ombre de l'ancien premier ministre ukrainien, ministre de l'Energie oligarque aussi, Pavlo Lazarenko … depuis condamné pour fraudes, blanchiment d'argent et corruption aux Etats-unis.

 

Pro-européenne et anti-russe ?Tout dépend de ses intérêts économiques d'oligarques. Il ne faut pas oublier que la « nationaliste » Timochenko ne parlait même pas ukrainien, mais uniquement russe quand elle est entrée au gouvernement pour la première fois, au début des années 2000.

 

Sa fortune s'est construite sur la base de la négociation des contrats avec Gazprom russe dans les années 1990. En 1999, elle devient ministre de l'Energie du président Koutchma, réputé pro-russe, père politique de Ianoukovitch, connu pour sa pratique de corruption généralisée.

 

Il ne faut pas oublier non plus que si son passage au gouvernement entre 2007 et 2010 a commencé par une grave crise avec la Russie … il s'est fini par un contrat gazier juteux pour la Russie et la classe dirigeante ukrainienne.

 

A tel point que la Russie soutenait en 2010 plutôt Timochenko que Ianoukovitch, alors prêt à se rapprocher de l'Union européenne. Ce qu'il fera effectivement jusqu'à son refus surprise de signer l'Accord d'association en 2013.

 

Femme politique intègre ?Timochenko traîne une collection sulfureuses d'affaires de corruption, de fraudes, d'abus de pouvoir. Si Timochenko crie au complot gouvernemental, aujourd'hui il semble que nombre de ses affaires aient un réel fondement.

 

Ainsi, dès 2001 elle est poursuivie pour avoir créé des faux documents de douane et organisé un trafic de gas avec la Russie pour son entreprise.

 

En 2011, elle est inculpée pour l' « affaire du gaz », un méga-contrat d'approvisionnement en gaz pour l'Ukraine signé avec Gazprom, elle est accusée alors d'avoir signé un accord défavorable à l'Ukraine, de « détournement de fonds » et d' « abus de pouvoir ».

 

Elle a alors été condamné à sept ans de prison, tandis que s'ouvrent de nouveaux procès, dont un pour « fraude fiscale », l'autre pour « complicité d'assassinat » avec son sordide associé Lazarenko.

 

Timochenko n'émeut plus les Ukrainiens dont une bonne partie – y compris ceux pro-européens, y compris ceux qui manifestaient à Maidan – estime qu'elle est trempée dans les affaires de corruption, et que sa condamnation n'était pas injuste.

 

Même les pays occidentaux perdent confiance. L'ancienne protégée de Washington a lassé sous son dernier mandat.

 

Selon Wikileaks, l'ambassade américaine aurait résumé son mandat à la corruption, l'immobilisme politique, le gaspillage économique, évoquant une femme ne « comprenant rien à l'économie ».

 

L'Allemagne et l'Union européenne, longtemps ses premiers soutiens, explorent des alternatives. L'Allemagne parierait désormais plutôt sur l'ancien boxeur Klitschko, sans laisser tomber Timochenko, accueilli dernièrement à Berlin pour assurer son traitement médical.

 

Combien de temps les Timochenko et autres oligarques pantins, tantôt côté russe, tantôt côté européenne, vont-ils encore abuser de la patience du peuple ukrainien ?

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:12

Pyotr-Simonenko-copie-1.jpg« Aujourd'hui, un clan d'oligarques a remplacé à Kiev le clan précédent »

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

A Zaporija, une ville industrielle de l'est de l'Ukraine de 800 000 habitants, le leader des communistes ukrainiens, Petro Simonenko, a tenu une conférence de presse le 11 mars dernier. Il y a rappelé la position du Parti communiste face aux derniers événements de la vie politique du pays et il a expliqué quelle pourrait être une issue à la crise.

 

Petro Simonenko a dit que les événements actuels en Ukraine n'est que le résultat de l'enchaînement de ce qui s'est passé depuis trois mois, avant tout de ce contre quoi les communistes avaient bien mis en garde :

 

Maidan est le produit de la lutte entre le clan « blanc-bleu » (NdT : couleurs du Parti des régions de Ianoukovitch) et celui « orange » pour le trône de président. Cette lutte s'est accompagnée de massacres et d'homicides.

 

Ensuite, Maidanest aussi le produit du refus de prendre en compte la position du Parti communiste, qui avait pourtant été explicitée à la fin de l'année dernière. Celle de la nécessité de décider démocratiquement de toutes les questions fondamentales pour la société par un référendum.

 

Le Parti communiste veut sauver l'Ukraine comme État un et indivisible.

 

Actuellement, les problèmes de l'Ukraine ne se décident pas en Ukraine, ils se discutent et se révoltent au-delà de ses frontières, en Amérique, en Occident et en Russie.

 

Dans le pays sévissent les bandes armées illégales. Ces bandes mettent tout à sac, volent, incendient, occupent les bâtiments des administrations ainsi que des entreprises, privées comme publiques.

 

Tout cela se produit dans l'ensemble du pays. Cette situation est dangereuse pour l'Ukraine.

 

Les forces de police et l'armée sont paralysées. L'Ukraine a connu une féroce censure, même si à Maidanon parle de liberté d'expression et de démocratie. Le Parti communiste, avec ses arguments, ont été bannis des médias. Une campagne farouchement anti-communiste est mise en avant.

 

Aujourd'hui, un clan d'oligarques a pris le pouvoir et remplacé le clan précédent. La prise du pouvoir s'accompagnera une nouvelle fois d'une redistribution du patrimoine public vers les oligarques. Les oligarques dévorent l'Ukraine. En Ukraine, une dictature national-fasciste s'impose, soutenue par le capital oligarchique.

 

Parmi les problèmes pratiques qui doivent être résolus immédiatement au parlement, les communistes proposent :

 

  • annuler la réforme des retraites et de la santé ;

  • introduire un moratoire sur l'augmentation des prix et des tarifs ;

  • introduire une pénalité de 0,5 % pour tout jour de retard de paiement des salaires ;

  • respecter pleinement les dispositions légales de défense des vétérans d'Afghanistan, des victimes de Tchernobyl, des « enfants de la guerre » (NdT : la génération de ceux nés pendant la Seconde guerre mondiale et les années suivantes) et des autres groupes socialement vulnérables ;

  • enfin la restitution à l'Ukraine des fonds de l'ex-Sberbank (Caisse d'épargne) soviétique.

Toutes ces mesures permettraient de défendre les droits de nos citoyens.

 

A propos de l'organisation du développement extérieur de l'Ukraine, le député communiste Alexander Zoubchevski, en donnant l'exemple de Zaporija a montré de façon convaincante tous les dégâts potentiels que pourrait faire l'association avec l'UE.

 

Dans la phase actuelle, dans la région de Zaporija, seules deux entreprises fonctionnent bien : « Zaporijstal » et « Motor Sich » (NdT : respectivement une aciérie et une fabrique des moteurs pour avions, où sont employés plus de 40 000 personnes), et elles travaillent bien grâce aux relations économiques avec la Russie et les autres pays de la CEI.

 

Dans le cas où l'Ukraine s'orienterait vers l'occident, ces entreprises fermeraient leurs portes. Car en Occident, notre production n'a aucun intérêt. Alors, le chômage ne ferait qu'augmenter, et les nouveaux prêts du FMI ne déboucheraient que sur une paupérisation ultérieure de la population.

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 06:59

PhotoXPress-USSRUn référendum oublié, 17 mars 1991 : quand les peuples russes et ukrainiens ont voté ensemble pour garder l'URSS  !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le référendum de Crimée est plein de dangers. Laissons les occidentaux et les Russes à leur sombre partage du gâteau, leurs dénonciations hypocrites. Rappelons plutôt un autre référendum, il y a 23 ans jour pour jour, qui avait uni Russes et Ukrainiens.

 

L'Union soviétique, renversée par un mouvement populaire irrésistible, une défiance généralisée ou plutôt trahie par ses propres dirigeants déterminés à un changement de régime, de système économique, prompt à assurer leur domination ?

 

Les résultats du référendum du 17 mars 1991 portant sur le maintien ou non de l'Union des républiques socialistes soviétiques – neuf mois avant la dissolution effective de l'URSS par Gorbatchev – peuvent nous apporter une réponse guère contestable.

 

Des contradictions dans les clans dirigeants soviétiques

 

Qu'il fut laissé aux peuples le choix de décider sur cette question critique montre bien les contradictions de l'appareil bureaucratique soviétique : entre une bonne partie acquise à la liquidation de l'URSS, une autre à sa « réforme » la vidant de sa substance, enfin une dernière décidée à préserver l'URSS en tant que régime socialiste.

 

Les influences réciproques de ces camps « liquidateurs », « rénovateurs », « orthodoxes » se sont plus ou moins annulées lors de ce référendum, en dépit des stratégies locales, aboutissant sur des formulations différentes de la question. C'est ce qui a donné à ce référendum une réelle signification.

 

La question originelle, formulée par l'équipe de Gorbatchev, révèle bien ce langage retors utilisé par la bureaucratie (post-)stalinienne, l'influence des différents camps neutralisée :

 

« Considérez-vous nécessaire le maintien d'une Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) en tant que fédération rénovée de républiques égales et souveraines, où les droits et les libertés de chaque nationalité seraient intégralement garantis ? ».

 

76 % des soviétiques pour maintenir l'URSS !

 

Même si, dispositions à l'appui, ce référendum a pu être instrumentalisé par certains leaders nationalistes (comme en Ukraine), il ne fait guère de doute que pour les peuples, la question était  : « pour » ou « contre » l'URSS, avec son système économique, son union politique.

 

Le premier enseignement de ce scrutin, ce fut la participation élevée des Soviétiques, mais non caricaturale, avec 80 % de votants, ou 148 millions de suffrages exprimés.

 

Le second, c'est que 76,4 % des votants ont opté pour le maintien de l'Union soviétique, tandis que 21,7 % ont choisi la rupture avec l'URSS.

 

Regardons ces résultats en détail.

 

Une certitude : Russes et Ukrainiens majoritairement pour l'URSS

 

01-ria-novosti-infographic-referendum-on-the-preservation-o.jpgEn Lettonie, Lituanie, Géorgie, Arménie, Moldavie, les nationalistes des républiques soviétiques qui avaient déjà pris le pouvoir dans les parlements locaux dans les pays Baltes, en Géorgie, en Arménie et en Moldavie, avaient décidé de boycotter ce scrutin.

 

Que redoutaient-ils du vote populaire  ? Peut-être un vote populaire contraire, sans nul doute un électorat divisé, entravant leur processus d'indépendance. Cela aurait mis à mal leur mythe unanimiste, leur «  nationalisme communautaire  » à base ethnique et anti-russe.

 

Tant les «  réferendums  » officieux des nationalistes que ceux des organisations pro-soviétiques doivent être pris avec beaucoup de prudence.

 

En dressant un tableau impartial, on peut néanmoins déceler une forte majorité favorable à la sécession dans les pays Baltes et en Géorgie. Une majorité, dans des pays divisés, favorable au maintien de l'URSS en Arménie, en Moldavie et certaines régions géorgiennes (Ossétie, Abkhazie)

 

Dans les Républiques d'Asie centrale – Azerbaidjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan –, une majorité écrasante avait voté pour le maintien de l'URSS  : de 95 à 99 %.

 

Ces scores excessifs incitent à la prudence. Que ces peuples aient été favorables au maintien de l'URSS, les sondages actuels révélant leur nostalgie du régime soviétique, on peut le penser. Mais ces résultats montrent aussi l'option des dirigeants locaux, connus avant comme après pour leur gestion guère transparente.

 

Toutefois, le vrai sens du vote peut être dégagé en regardant les scores en Russie, Ukraine, Biélorussie, où on retrouvait 85 % des électeurs, et seules «  républiques  » où les résultats se révèlent fiables  : ces peuples ont largement choisi le maintien de l'URSS, de 71 à 83 %.

 

En Biélorussie, une région où le Parti communiste était historiquement fort, le vote « Pour » a mobilisé 83 % des électeurs.

 

En Russie, où étaient concentrés la majorité des électeurs, le vote « Pour » a concentré 73 % des électeurs, soit 56 millions d'entre eux, contre tout de même 27 % de votes défavorables, donc 21 millions de russes souhaitant la fin de l'URSS.

 

C'est en Ukraine où les résultats sont les plus intéressants pour comprendre les événements actuels. Les Ukrainiens ont voté «  Pour  » le maintien de l'URSS à 71,5 %, tandis que 28,5 % de la population avait voté « Contre ».

 

Toutefois, cela suppose de prendre en compte le mouvement de boycott lancé par les nationalistes d'Ukraine de l'ouest, ce qui peut nuancer les résultats, mais révèle aussi la faiblesse du mouvement nationaliste alors.

 

La formulation particulière choisie en Ukraine tendait également à favoriser une compréhension axée sur l'indépendance de l'Ukraine au sein d'une URSS refondée.

 

Les résultats de ce référendum étaient une preuve de l'attachement des Russes, des Ukrainiens et de l'immense majorité des peuples soviétiques à l'URSS, son histoire, son système économique, son originalité politique.

 

La trahison des Gorbatchev, Eltsine, Kravtchouk et autrs Tchevernadze n'en est que plus manifeste : contre l'avis de leurs peuples, ils ont lancé l'URSS sur la voie de la décomposition, des fureurs nationalistes, du capitalisme sauvage, de la corruption mafieuse.

 

Gorbatchev et Eltsine restent les dirigeants les plus impopulaires du siècle dernier, selon les sondages publiés récemment en Russie, tandis que Brejnev, Lénine et Staline sont ceux qui obtiennent le plus de suffrages du peuple russe.

 

Il est temps de rappeler les dates oubliées dans nos manuels d'histoire : le 17 mars 1991, quand les peuples russes et ukrainiens, unis, ont défendu l'URSS !

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:31

Emblem of the Ukrainian SSR.svgDéclaration de 25 organisations de jeunesse communiste sur les événements en Ukraine

 

Traduction pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)

 

Les derniers événements en Ukraine sont particulièrement importants et dangereux, avant tout pour la population et la jeunesse de ce pays, qui deviennent une nouvelle fois victimes des vifs antagonismes opposant les Etats-unis, l'Union européenne et la Russie pour le contrôle des marchés, des ressources naturelles et des voies de transport du pays.

 

L'intervention manifeste des Etats-unis, de l'Union européenne et de l'OTAN, l'instrumentalisation de groupes fascistes et d'organisations qui sont les descendants des SS et distillent leur venin fasciste et nazi ainsi que leur anti-communisme, les persécutions envisagées tout comme l'interdiction de partis avant tout dirigée contre les communistes, et les lois racistes qui se préparent contre la population russophone et les autres minorités, tout ceci démontre la vraie nature de ces événements, et révèle au grand jour les mensonges autour du «  triomphe de la démocratie en Ukraine  ».

 

La jeunesse – tout particulièrement en Europe – peut maintenant voir plus clairement la vraie face de l'UE : il s'agit d'une union des capitalistes et des monopoles d'Europe et elle sert leurs intérêts ; c'est pourquoi l'Union européenne est réactionnaire par nature. C'est une union faite d'interventions militaires, de guerres, de soutien aux groupes fascistes, d'anti-communisme qui est son idéologie offcielle. Tous ceux qui cultivent les illusions que l'on pourraît transformer l'UE en une force de paix et de stabilité en faveur des peuples, portent ici une lourde responsabilité.

 

Les organisations de jeunesse communiste qui signent cette déclaration :

 

  • dénoncent l'intervention de l'UE, des Etats-unis et de l'OTAN dans les affaires internes de l'Ukraine, le soutien direct qu'ils apportent aux groupes armés fascistes, les menaces d'une intervention militaire étrangère ;

 

  • expriment leur solidarité avec les communistes d'Ukraine. Nous dénonçons les persécutions et les tentatives d'interdire le Parti communiste d'Ukraine ;

 

Les jeunes issus de la classe ouvrière et des couches populaires ne doivent pas tomber dans le piège des fausses alternatives nationalistes, en choisissant un camp dans cette opposition, pour savoir qui va les exploiter. Au contraire, la jeunesse a intérêt à s'organiser et lutter aux côtés de la classe ouvrière, à ouvrir sa propre voie : la voie de la lutte pour répondre à nos besoins, afin que les richesses restent entre les mains de ceux qui les produisent, afin de nous débarrasser des unions impérialistes et des tensions qu'elles portent.

 

1.      Jeunesse communiste d'Autriche (KJO)

 

2.      Union de la Jeunesse communiste du Brésil (UJC)

 

3.      Jeunesse communiste Avancanado du Brésil (JCA)

 

4.      Ligue de la Jeunesse communiste de Grande-Bretagne (YCL)

 

5.      Jeunesse communiste de Bolivie (JCB)

 

6.      Jeunesse communiste du Canada (YCL)

 

7.      EDON (Chypre)

 

8.      Jeunes socialistes de Croatie

 

9.      Jeunes communistes du Danemark - Ungkommunisterne i Danmark

 

10. Jeunesse communiste d'Equateur

 

11. Mouvement des jeunes communistes français (MJCF)

 

12. Jeunesse ouvrière socialiste allemande (SDAJ)

 

13. Jeunes communistes de Géorgie

 

14. Jeunesse communiste de Grèce (KNE)

 

15. Baloldali Front hongrois

 

16. Front des jeunes communistes d'Italie (FGC)

 

17. Mouvement de jeunesse Connolly d'Irlande

 

18. Jeunes communistes du Mexique

 

19. Jeunes communistes de Norvège – UngKom i Norges 

 

20. Jeunesse communiste paraguayenne – JCP

 

21. Jeunesse communiste portugaise – JCP

 

22. Jeunesse communiste de Russie – RKSMb

 

23. Jeunsse communiste de Yougoslavie (Serbie) – SKOJ

 

24. Collectifs des jeunes communistes d'Espagne – CJC

 

25. Union de la Jeunesse communiste d'Espagne - UJCE

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 06:34

petrosimonenko.jpg« Ils peuvent interdire le Parti communiste, ils ne pourront pas bâillonner les idées communistes ! »

 

Petro Simonenko, secrétaire-général du Parti communiste d'Ukraine interviewé par Sergei Lozounko, pour le journal de Kiev « 2000 »

 

Traduction VL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Question : Petro, nous nous rencontrons dans une période très difficile, ce qui se passe dans le pays sera le principal objet de notre conversation. Mais je voudrais commencer par cette question : pourquoi le groupe du Parti communiste continue-t-il à travailler dans le Parlement ? Franchement, beaucoup sont perplexes. J'ai souvent entendu l'idée qu'il se passe des événements importants, certains disent un coup d'Etat dans le pays, et que les communistes votent comme si de rien n'était. Alors pourquoi ?

 

Réponse : Je vous remercie de cette question. Je vous préviens, ma réponse ne sera pas courte. Revenons à la fin de la semaine dernière, le président qui fuit, le Premier ministre qui disparaît, les collectivités locales et les organismes chargés de faire respecter la loi qui sont paralysés, le pays s'enfonce rapidement dans le chaos : la violence contre les manifestants, la confusion autour des « Titouschki » [NdT : agents provocateurs, bandes de hooligans tantôt à la solde du pouvoir ou de l'opposition], de l'exigence du renvoi des « Berkut » [NdT : Forces anti-émeutes du gouvernement], et des forces de la police militaire, et tout simplement le pillage généralisé, qui n'avait plus rien de politique.

 

Donc, les communistes ont pris la décision responsable et réfléchie de continuer à travailler dans le Parlement. Faire tout notre possible pour atténuer les peines des gens du peuple. Le plus simple aurait été de claquer la porte, de quitter le Parlement. Nous sommes restés, nous pensions que c'était ce qui était juste, cela l'était.


 

Q : Le Parlement n'a jamais été aussi actif depuis dix ans. Les lois passent, personne ne les bloquent, le système parlementaire fonctionne. Mais en même temps, il subsiste beaucoup de doutes sur la légitimité de toutes ses lois. Etes-vous d'accord avec cela ?

 

R : Beaucoup de votes sont politiques ou, comme nous devons le dire, des actes à la légalité politique. Pendant que le sang coulait, la principale chose qui devait être tranchée, c'était comment empêcher une nouvelle escalade de la violence, que de nouvelles victimes tombent. Par conséquent, dans ces circonstances, il était juste de rétablir la Constitution de 2005, les députés ont pris la responsabilité de cela. Mais pour les projets de loi, résolutions avec lesquels nous étions fondamentalement en désaccord, nous ne les avons pas voté.


 

Q : L'Ukraine connaît peut-être le moment le plus dramatique de son histoire. Je voudrais entendre votre analyse des événements en cours. Quelles sont les chances que la situation se stabilise ? A-t-on passé les moments les plus durs de la crise ?

 

R Dramatique, c'est un euphémisme ! C'est la période la plus tragique, oui ! Pour la première fois depuis l'indépendance, les batailles politiques ont dégénéré en combat réel, il y a eu effusion de sang, des gens sont morts.

 

L'intégrité territoriale de l'Ukraine a été menacée, son existence même en tant qu’État unifié, indépendant et souverain. Cela signifie une menace pour le bien-être, la santé, les vies de millions de personnes. Et je ne parle pas de l'effondrement de l'économie et du système de Sécurité sociale.

 

Les événements offrent un tableau contrasté : que les manifestations aient été suivies par des centaines de milliers de personnes, cela en dit long sur le mécontentement par rapport au régime de Ianoukovitch, qui a dirigé le pays de façon maladroite, a trompé les gens, et n'a tenu aucune de ses promesses de campagne.

 

Tous les agissements du gouvernement précédent visaient à enrichir un petit groupe de personnes, c'était du vol, du népotisme. Et il s'est produit d'une manière si patente que le fils du président est devenu milliardaire en une seule année. Ce dans un contexte de paupérisation totale. La corruption, l'arbitraire bureaucratique, l'impossibilité de pouvoir obtenir justice devant les tribunaux, ces phénomènes négatifs ont acquis une dimension tout simplement catastrophique. L'autorité est en faillite totale et, au moment décisif, il n'y a eu personne pour la défendre. Les forces de l'ordre qui ont défendu les bâtiments gouvernementaux, et n'ont fait qu'obéir aux ordres, ont été limogées. Elles ont été trahies et abandonnées. Par le président, les ministres, les députés, ceux du « Parti des régions ».

 

Cependant, il faut dire que les manifestations n'ont pas acquis la nature d'un affrontement de classes. En fait, il s'agit d'un combat entre deux groupes de la même classe d'exploiteurs : la bourgeoisie oligarchique. Est-ce que les oligarques de l'opposition sont-ils mieux que ceux du « Parti des régions » ? Exploitent-ils moins les travailleurs, profitent-ils moins de la paupérisation des masses ?

 

Il suffit à cette « opposition » dirigée par divers clans oligarchiques, leurs partenaires étrangers, de poursuivre ses propres objectifs géopolitiques, de canaliser la colère, de diriger cette vague pour faire – appelons un chat un chat – un coup d’État. Mais, en fait, les gens des deux côtés ne sont pas morts pour leurs propres intérêts, mais pour les intérêts d'une poignée d'oligarques.

 

Avons-nous passé le pic de la déstabilisation et de l'anarchie ? Non. CE N'EST QUE LE DEBUT !

 

On ne va pas laisser tomber Lénine !

 

Q : Ces derniers jours en Ukraine, ont été détruits des dizaines de monuments en l'honneur de Lénine. Quand, en décembre dernier, on a détruit un monument à Kiev, cela a même suscité des condamnations dans les camps de l'opposition. Maintenant ce que l'on appelle les « Léninopades » [NdT :chutes de monument de Lénine]sont devenues monnaies courantes. Que pensez-vous de cette vague de vandalisme ?

 

R : La destruction massive de monuments de Lénine caractérise bien l'idéologie de ceux qui se trouvaient à Maidan et qui aujourd'hui ont pris le pouvoir en Ukraine. Des monuments de Lénine, ils sont passés à ceux en l'honneur des libérateurs de l'Armée rouge, qui ont nettoyé l'Ukraine de la peste brune, et maintenant à Brody c'est un monument en l'honneur du Maréchal Koutouzov. Le 23 février, un groupe de voyous à Fastiv a emmené le « Drapeau de la victoire » [NdT : drapeau de l'Union soviétique planté par les soldats de l'Armée rouge sur le Reichstag, symbolisant la victoire sur le nazisme] sur la place centrale et l'a piétiné.

 

Hélas, de telles actes barbares ne sont pas analysés correctement ni par les représentants du nouveau gouvernement, ni par les représentants officiels de l'UE et des Etats-unis, qui ont inspiré et soutenu « Euro Maidan » en Ukraine. Les nazis ont démoli les monuments de Lénine quand ils sont entrés en territoire occupé, leurs partisans idéologiques aujourd'hui font de même.

 

C'est la démonstration claire du fait qu'ils sont prêts à mettre en place un ordre nouveau dans le pays, nazi au fond.

 

Il est tout à fait évident que de telles actions n'ont rien de commun avec les valeurs européennes, ni avec la démocratie, ni les représentations élémentaires qu'on peut se faire de la moralité humaine.

 

Personne n'a demandé aux gens, aux habitants quels monuments ils voulaient garder intacts, et lesquels ils voulaient déboulonner. Tout cela se passe de façon déchaînée, j'ose dire terroriste, arbitraire. De toute évidence, il y a aussi la tentative de montrer qui est le patron. Et tout cela sous un verbiage sur la nécessité de conserver l'intégrité du pays. Mais est-ce que ces actions contribuent à la préservation de l'unité – quand on crache à la visage de millions de citoyens ukrainiens, je m'excuse pour l'image. C'est une provocation.



Vous l'avez fait remarqué fort justement, les protestations que cela a soulevé même chez les partisans de Maidan (la destruction de la statue de Lénine à Kiev), ce qui était inconcevable à l'échelle de tout un pays est devenu en un éclair, un acte routinier. Que c'est dangereux, si ce n'est effrayant !



Je tiens à souligner qu'ils ne réussiront pas à débarrasser l'Ukraine des monuments de Lénine. Parce que parmi les monuments de Lénine, on trouve la station hydro-électrique du Dniepr, l'usine d'armement « Ioujmach », les chantiers navals, les usines d'aéronautique, l'industrie métallurgique, les installations de machines-outils, autrement dit – tout ce qui a été créé dans l’État soviétique de Lénine, cet État des ouvriers, paysans, travailleurs intellectuels, et qui existe aujourd'hui encore en Ukraine.



Mais, malgré tout, cela redonne du baume au cœur, de l'espoir, que les gens ne perdent pas le sens de l'humour. Apprendre, par exemple, qu'à la station de métro « Théâtre », où on a démonté une représentation murale de Lénine, les habitants de Kiev ont fait circuler la blague : pourquoi on ne démonterait pas le métro, comme « héritage de l'époque totalitaire » ?



Avec la destruction des monuments de Lénine, la vie ne sera pas meilleure, les salaires, les retraites n'augmenteront pas, la corruption ne disparaîtra pas, la justice sociale ne sera pas instaurée. Mais l'hostilité entre les différentes régions, entre les citoyens va s'exacerber, c'est sûr.



La destruction massive des monuments va se développer de tous les côtés – par les activistes, le nouveau gouvernement puis toute l'Ukraine.



Quant à Lénine, c'est une figure de niveau mondial. Si je puis utiliser les termes de Pouchkine : « Il a érigé un monument superbe, durable ». Donc, essayez de le détruire, peine perdue. Effacer la mémoire de Lénine, pire détruire ses idées : c'est tout simplement impossible.




Q : Vous ne pouvez pas dire que le pays reste silencieux. La destruction de monuments provoque des protestations, mais les gens sont absolument sans défense et craignent le pire, ils achètent des produits et ont peur de sortir de leur maison le soir.



R : C'est dur à dire, mais vous avez raison. Nos concitoyens commencent à s'habituer à ce à quoi une personne normale, a priori, devrait s'indigner. L'Ukraine se résigne à ce que de façon incroyable on puisse facilement arrêter quelqu'un, faire une perquisition, lui saisir des affaires personnelles. Le pays s'habitue à ce que chez nous on fasse irruption dans une maison pour la voler ou l'incendier. Si l'orgie actuelle n'est pas stoppée, j'ai peur que nous puissions tomber dans l’abîme.

 

 

Q : Vous-mêmes, personnellement, vous avez souffert de ces cambrioleurs.



R : Oui mais cela ne concerne pas une maison, mais la totalité du phénomène. Aujourd'hui, ils brûlent les maisons des communistes – demain cela peut être celle de n'importe qui. « Maidan » clamait à la tribune des slogans démocratiques, autour des valeurs européens, pendant que régnaient le chaos, le pillage, le banditisme !



Vous savez que l'on a saccagé le siège du Comité central du Parti communistes. Des actes de vandalisme ont eu lieu dimanche et lundi. Maintenant, on a cassé des ordinateurs, des documents ont été brûlés. C'est seulement grâce aux résidents de l'immeuble, sympathisants du KPU, auxquels nous sommes très reconnaissants, que nous avons pu prévenir un incendie criminel.



En ce moment, comme le disait un camarade du parti, la démocratie ukrainienne est un masque pour agir une matraque à la main. Ces pilllards et ces voyous – quel que soit le parti ou l'organisme auxquels ils appartiennent – Maidan ou Anti-Maidan, doivent se voir opposer l'attitude la plus ferme qui soit.



On était, est et on reste le parti d'opposition populaire



Q : Au moment où on parle, 72 députés du Parti des régions ont déjà fait faux bond. Du côté du Parti communiste : aucun. Cela est au crédit de votre parti. Vous restez dans le Parlement. Avez vous l'intention de participer à tel ou tel nouveau gouvernement ?



Notre parti a déjà déclaré que nous sommes dans l'opposition au pouvoir. Aller à la quête au strapontin dans un gouvernement, il n'en est pas question.



Dans le même temps, je dis, si on propose des projets de loi qui correspondent à notre programme, le KPU est prêt à leur donner ses voix.



Un exemple, a été soumis au vote un projet de loi sur la nationalisation de la résidence Mezhyhiria (ancien palais du président Vikotr Ianoukovitch), les communistes ont voté pour à l'unanimité. Qu'on redonne, comme nous communistes l'avons toujours dit, au peuple tout ce que les oligarques ukrainiens lui ont volé !




Q : Petro, vous vous exprimez avec beaucoup d'assurance, mais vous savez que la proposition monte d'interdiction du Parti communiste. Au Parlement, un projet de loi a été déposé en ce sens. Quelle est la probabilité que de telles initiatives débouchent sur votre interdiction ?



Dans les circonstances actuelles, on ne peut rien exclure. Y compris l'adoption de mesures anti-constitutionnelles de ce type. Mais parler de démocratie, de pluralisme politique, de triomphe des principes européens, alors ce sera juste absurde. Cette interdiction ne sera qu'un acte de répression, une tentative d'imposer la pensée unique dans le pays.



Le Parti communiste, comme nous le savons bien, a déjà été interdit. Ceux qui l'ont fait on dû admettre qu'ils agissaient en dehors de tout cadre légal.



Je le déclare, clair et net, le Parti communiste, ils peuvent l'interdire, mais ils ne pourront pas bâillonner les idées communistes !



Et nous ne sommes pas seuls, l'annonce de ces projets d'interdiction du Parti communiste a provoqué un tollé chez tous les partis de gauche en Europe, des condamnations ont même été émises depuis la Chine et le Vietnam. Et bien sûr, les partis communistes des républiques sœurs d'ex-URSS ont été les premiers à répondre présents.




Q : Se préparent aussi des projets de loi sur la « lustration » (chasse aux sorcières anti-communistes dans l'administration publique)



R : Nous résisterons à l'adoption de cette loi mais il est évident qu'en cas de « purge anti-corruption », un seul groupe résistera au Parlement : celui du Parti communiste.




Q : Ne vous attendez-vous pas, même de manière symbolique, à une amélioration du sort des travailleurs, à des mesures allant vers le rétablissement de la justice sociale, après la « révolution » ?



R : Pas du tout. Les leaders de Maidan ont joué et continuent à jouer sur des slogans sociaux et, après la victoire, ils ont organisé des visites, des tours pour faire étalage du luxe kitsch de ces demeures princières des anciens gouvernants. Mais pourquoi ne pas avoir invité les gens à venir chez eux pour montrer que vous, vous n'êtes pas de ceux-là ?



Personne n'a porté à une telle initiative, tout comme personne n'a « proposé de venir rendre visite » directement aux oligarques, et tout le monde comprend pourquoi.



En effet, je me répète, il ne s'agit pas de quitter le système actuel de pillage du pays pour juste changer les « bénéficiaires ». Au peuple, désolé, on a jeté un os à ronger en le baladant dans ces palais luxueux pour le détourner des vraies causes de la crises, et des moyens d'en sortir.



Regardez : en ne pointant pas les oligarques, aucun des dirigeants de la « révolution » ne propose la la voie la plus claire et la plus juste de sortie de l'impasse économique : la nationalisation des biens appartenant à l'oligarchie, pour que les profits n'aillent pas dans ces palais luxueux mais pour des salaires décents, des retraites, des bourses d'étude, pour le développement d'infrastructures en pleine décrépitude.



Non, le nouveau gouvernement veut résoudre ces problèmes en passant un prêt avec le FMI, dont les termes sont dans les intérêts du capital international, ce qui conduira les gens à se serrer toujours plus la ceinture : hausse des prix et des tarifs, gel des allocations, retraites et salaires. C'est le résultat direct de la « révolution » : puisque l'on sait d'où on doit attendre l'aide, l'aide financière de la Russie, dans ces circonstances, va cesser.



Et encore, pourquoi on ne supprime pas cette réforme anti-populaire de la santé, pourquoi on ne revient pas sur la réforme des retraites. Mais l'ancienne opposition qui maudit le « Parti des régions » est pour ces réformes !




Défendre les travailleurs, renforcer le parti, éviter la guerre civile



Q : Je peux vous demander ce que le parti va faire dans l'immédiat. Quels sont les objectifs et la voie tracée par le KPU ?



R : Poursuivre nos efforts. Nous n'abandonnerons pas notre peuple, tout le monde le sait. On vous a parlé des actes de vandalisme contre le siège central et les bureaux régionaux du Parti. Les vandales se sont eux-mêmes auto-proclamés « groupes d'auto-défense », « centuries noires ». Ces gens là viennent vraiment de Maidan ? Après tout, il n'y avait pas là-bas de slogans anti-communistes. Non, ce sont des voyous envoyés par ceux qui veulent contrôler la vie politique du pays.



Avec le Parti des régions, c'est facile – il s'est disloqué en un rien de temps. Mais nous, communistes, comme vous l'avez dit, on a fait bloc, on a pas cédé. C'est à ce moment-là qu'a commencé cette campagne brutale. Notez que c'est arrivé soudainement : une attaque contre le Comité central, les comités régionaux, des raids à nos domiciles. Et puis ils ont balancé des calomnies dans les médias. Par exemple, on a dit qu'on m' « aurait vu » dans un hôtel à Moscou. Ma réponse à ceux qui essaient de me discréditer : j'étais ici, en Ukraine, où je rencontrais les militants du parti sur le terrain.



Pour moi, la calomnie n'est pas une chose nouvelle, ce n'est pas une surprise. Je comprends aussi que, pendant la campagne électorale, l'opposition d'hier veuille piquer, sur le traitement des questions sociales, les slogans du Parti communiste. Et puisque les communistes sont les défenseurs authentiques du peuple, une ligne que nous ne lâcherons pas, ils sont passés à la persécution organisée contre nous. Finalement, les voyous, avec derrière eux les oligarques, ont pris le pouvoir et, sous couvert de Maidan, ils ont organisé la terreur.




Q : Petro, que voudriez-vos dire à vos camarades, sympathisants ?



R : En premier lieu, je souhaite remercier tous ceux qui sont restés fidèles à nos idéaux, ceux qui n'ont pas fui ni trahi – ni le parti, ni nos électeurs.



Dans ces circonstances, la tâche la plus importante est de conserver la structure, les effectifs, les cadres du Parti, de faire preuve de vigilance pour ne pas succomber aux provocations. Il est important d'utiliser toute opportunité d'expliquer ce qui se passe aux travailleurs, ses conséquences dangereuses pour les travailleurs – à savoir la détérioration de la situation économique, la hausse du chômage et de l'endettement, la baisse des salaires et des retraites, l'augmentation des prix et des tarifs, la criminalité galopante.



Quant à la direction du Parti, au groupe parlementaire, nous ferons tout notre possible pour, dans ces conditions très difficiles, défendre les intérêts des travailleurs, renforcer le parti, défendre l'Ukraine et éviter la guerre civile.




Q : Notre journal est lu par de nombreux partisans de Maidan. Peut-être pouvez-vous leur adresser quelques mots.



 

R : Avant tout, je demanderais aux partisans de Maidan de se rappeler les raisons pour lesquels ils sont descendus dans la rue, sous quels slogans ils protestaient : contre l'arbitraire, contre le régime de non-droit, contre la violence. Pour la démocratie, pour l'Etat de droit, pour le respect strict de la Constitution, pour les droits politiques, pour les droits civils, pour les droits de l'Homme. Et bien, tous les efforts de la nation doivent se diriger vers un processus qui aille dans ce sens, ne permettant plus le règne du non-droit et de la violence.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Russie et ex-URSS
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