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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 06:51

chavez-pcv« Hugo Chavez et les tâches révolutionnaires encore à accomplir », hommage (critique) du PC vénézuelien



Par Francisco Guacarán Varela, pour le PC vénézuelien



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le temps, « implacable, qui passe », si on reprend les vers de Pablo Milanes, nous remémore cette première année sans une grande figure révolutionnaire, le camarade président Hugo Chavez, dont les traces et les aspirations d'un Vénézuela bolivarien restent ineffaçables.



Nous sommes sûrs que ne manqueront pas les articles biographiques et anecdotiques sur Chavez en cette date : le vendeur ambulant de « sucreries », le joueur de base-ball, le jeune militaire et le lecteur assidu. Cet article cherche à rappeler certains éléments clés posés par Chavez, sa préoccupation quant à la réalisation des objectifs du projet révolutionnaire.



L'agenda proposé par Chavez, reposant sur l'idéal bolivarien, nourri à diverses souces de la pensée progressiste vénézuelien et latino-américaine, s'est affiné en se confrontant à l'intensité de la lutte de classes, du combat contre l'impérialisme et ses laquais vénézueliens.



Si nous reprenons certains documents écrits par le camarade Chavez – en commençant par le projet de décret sur le Gouvernement provisoire prévu par la rebellion militaire du 4 février 1992 (qui ne fut pas écrit par lui directement, mais qui reprend les bases programmatiques de son projet) jusqu'au Plan pour la patrie, en passant par le Livre bleu – nous pouvons repérer la continuité de la construction d'un gouvernement profondément populaire, avec un sens élevé de l'éthique, effectif, qui réponde aux nécessités concrètes des travailleurs, et apporte une contribution importante à l'intégration latino-américaine et à la lutte anti-impérialiste.



Avec ténacité et résolution, pendant 14 ans, le nouveau Vénézuela a pris forme – avec des succès et des erreurs propres à toute expérience de construction révolutionnaire – aux côtés des travailleurs.



A la fin de l'année 2012, nous avons été les témoins de la préoccupation de Chavez à reprendre et consolider ce qui avait été réalisé jusque-là, mettant en garde contre des évolutions inquiétantes.



Le 20 octobre 2012, dans ce qu'on a appelé la « reprise en main », Chavez apporte des réflexions pertinentes sur la nécessité d'avancer « dans la transformation de la base économique du pays pour la rendre fondamentalement démocratique, car la base économique d'un pays capitaliste n'est pas démocratique, elle est anti-démocratique, elle exclut et c'est ce qui garantit la concentration de grandes richesses pour une minorité, une élite, la grande bourgeoisie, les grands monopoles, d'où vient la pauvreté et la misère pour les masses ».



Auto-critique



Nous rappelerons l'auto-critique face à la faible avancée vers la formation de Communes comme épi-centre du contrôle populaire sur le nouveau tissu productif national :« nous ne devons pas continuer à inaugurer des usines qui soient comme une île, entourées de la mer du capitalisme, parce que la mer les engloutira ».



Au-delà des critiques sur l'action de ces communes planifiées selon la logique de l'Etat bourgeois, ce qui est louable est la vision de Chavez quant au contrôle nécessaire du Pouvoir populaire sur la gestion de l'économie locale, qui rendrait sinon toute action transformatrice vaine.



A son tour, il réclamait l'existence d'espaces pour la critique révolutionnaire sur la gestion du gouvernement, d'abord provenant des travailleurs : « Pourquoi ne pas faire de programmes avec les travailleurs ? D'où sorte l'auto-critique, n'ayons pas peur de la critique, ni de l'auto-critique. Elle nous enrichit, elle nous manque ».



Et dans le même temps, il touche à une critique importante sur le fétiche de nombreuses institutions auxquelles on colle le nom de « socialiste », comme à toute œuvre ou toute activité que l'on fasse : « C'est douteux, car on peut penser qu'avec cela, celui qui agit ainsi croit que déjà, on a réussi, on a déjà fait le socialisme, parfait. On a changé le nom, et ça suffirait ».



Nous rappelerons qu'avant, cette même année avant le Conseil des ministres du 5 novembre, Chavez rappelait énergiquement les erreurs et la duperie constatés lors de l'inauguration de l'usine de glace Coppelia concernant le manque de planification, l'absence de correctifs et les violations des droits des travailleurs : « J'assume mes responsabilités et mes fautes, mais que chacun assume les siennes et, je le répète, à ceux qui travaillent avec moi je leur offre mon cœur et ma main de fer, je pense à Nicolas, je n'ai pas d'autre choix (…) dans cette étape, je vais être dur déjà avec les miens, plus dur que je ne l'ai jamais été jusque-là et je crois dans toute ma vie », a promis Chavez dans cette allocution qui a redonné de l'énergie aux travailleurs vénézueliens face à cette auto-critique sévère et publique du leader du processus bolivarien.



Un exemple



Hélas son corps a lâché au moment où il devrait réaliser son dessein, la mettre en œuvre et il nous a laissé des tâches importantes aux travailleurs vénézueliens, nous appelant à ne pas pour leurrer : « la formation socio-économique toujours prédominante au Vénézuela est de caractère capitaliste et rentier », et à avancer vers un « Pouvoir populaire capable d'effacer les traces d'oppression, d'exploitation et de domination qui restent dans la société vénézuelienne », pour « annihiler la forme Etat bourgeois dont nous avons hérité (…) et donner une suite à l'invention de nouvelles formes de gestion politique ».



Nous communistes continuons à exalter les éléments démocratiques et révolutionnaires de la pensée et de l'action du camarade Hugo Chavez, qui a su mener avec résolution et vigueur des efforts convergeant dans une même direction.



Nos critiques pointaient, et nous continuons à le faire, ces situations, positions, décisions que nous identifions comme obstacles à l'avancée révolutionnaire, et Hugo Chavez, dans de nombreuses occasions, le reconnaissait aussi : l'absence d'une Direction collective de la révolution qui permette d'articuler des visions et des efforts venant de différents secteurs révolutionnaires ; le maintien d'un Etat bourgeois, hautement bureaucratisé avec tous ces vices intacts ; la faible transformation du système économique national, approfondissant son caractère rentier ; l'existence de secteurs liés à la petite bourgeoisie et la bourgeoisie émergeante comme force politique dirigeante, en lieu et place de la classe ouvrière et des travailleurs.



Ce sont précisément ces idées que nous souhaitons faire ressortir aujourd'hui, alors que nous vivons un moment de déstabilisation politique, économique et médiatique dans notre pays, fomentée par la bourgeoisie locale et l'impérialisme yankee, deux secteurs qui ont du abandonner une bonne partie de leur hégémonie par le peuple vénézuelien, grâce à la direction du gouvernement populaire assumée par Hugo Chavez.



Cette mobilisation héroique qui a permis au peuple d'impulser la première étape du processus révolutionnaire commencé en 1998, héritière de grands moments de lutte pour la libération nationale, c'est la même qui vaincra sans pitié le fascisme assassin et l'impérialisme, réaffirmera avec fierté que l'effort du camarade Chavez ne fut pas vain et qu'on rependra la voie, dans l'unité révolutionnaire, de la construction scientifique du socialisme.



Honneur et gloire au camarade Hugo Chavez !

Face à la conspiration fasciste : large unité de classe et populaire !

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 09:28

PCV psuv« Face à la conspiration fasciste au Venezuela, unité de classe et populaire ! »



Communiqué du Parti communiste du Venezuela (PCV)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV) réaffirme publiquement que l'activité de noyaux fascistes dans notre pays et l'offensive des multi-nationales des médias correspondent aux intérêts internationaux de l'impérialisme états-unien, qui conspire en permanence contre le processus de transformation que construit le peuple vénézuélien.



Les agissements de ces groupuscules minoritaires, qui ne sont pas représentatifs de l'opposition, n'ont ni un caractère démocratique ni populaire mais cherchent plutôt à plonger notre patrie dans une situation d'ingouvernabilité par les barricades, le vandalisme, la terreur, l'intimidation et la mort d'innocents.



En cela, le PCV confirme son soutien le plus ferme au gouvernement national, dirigé par notre compatriote président Nicolas Maduro, pour la défense de la souveraineté, de l'indépendance et de la libre auto-détermination de notre peuple, et exprime son engagement à mener les combats nécessaires dans la rue et dans les centres de travail pour isoler, affaiblir et vaincre la conspiration fasciste, consolider les bases pour l'approfondissement révolutionnaire.



L'appel du PCV est de répondre aux actions de la droite pro-impérialiste avec une unité de classe et populaire de fer, sans arrogance, sans hégémonisme, sans exigences unilatérales et sans unanimité artificielle ; en comprenant et en assumant qu'il y a des réalités objectives qui favorisent socialement l'aventure fascisante.



C'est dans ce contexte, que le PCV a décidé de participer et de se joindre à la convocation pour la mobilisation qu'a appelé le président Maduro en ce mardi 18 février, dans le cadre de la signature de la Convention collective pétrolière 2013-2015, en dépit des critiques que nous avions fait et maintenons sur l'exclusion réalisée par la FUTPV (Fédération unique des travailleurs du pétrole) contre les syndicats pétroliers légaux et légitimement constitués, ce qui fut dénoncé sans réponse devant le MINTRASS (Ministre du travail).



 

Le PCV, après 83 années de lutte conséquente aux côtés du peuple vénézuélien, est une organisation révolutionnaire, autonome, critique et constructive, elle affirme qu'elle continuera à accompagner et impulser le syndicalisme de classe, le renforcement du mouvement ouvrier, la défense des droits des travailleurs et travailleuses sur des positions de classe, et l'unité politique et organique véritablement révolutionnaire pour un nouveau rapport de forces qui ouvre véritablement le cap du socialisme.

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 04:43

consejo-central-jcv_001.jpgLes jeunes communistes au Venezuela dénoncent la violence fasciste et appellent à l'unité pour approfondir la révolution !

 

Traduction pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)


 

Le Conseil central de la Jeunesse communiste du Venezuela (JCV) rejette la violence fasciste de groupuscules de l'opposition et appelle les forces révolutionnaires à s'organiser pour lutter pour l'approfondissement de la révolution.


 

Hector Rodriguez Montano, secrétaire-général de la JCV exhorte le gouvernement à agir avec fermeté contre les responsables intellectuels et pratiques de ces actions regrettables :


 

« Ces actions renvoient à un plan général, à multiples facettes, où agissent des petits groupes d'orientation fasciste qui sont organisés, financés et dirigés par l'impérialisme nord-américain », souligne Rodriguez.


 

Pour la JCV, ces groupes opèrent en profitant des problèmes économiques du pays, résultat du modèle capitaliste, rentier et improductif que connaît le Venezuela.


 

« Ce n'est pas par une issue putschiste et violente que l'on peut résoudre les problèmes qui touchent notre pays. Cela passe par l'organisation du mouvement populaire, le passage de nos forces à un autre niveau de conscience, d'organisation que nous pourrons rompre le pouvoir du capital ».


 

Rodriguez appelle les jeunes vénézuéliens à s'organiser pour faire face à l'offensive contre-révolutionnaire putschiste : « défendre ce processus depuis la perspective de son approfondissement ».



Dans la même idée, il appelle le gouvernement à résoudre les problèmes urgents que connaît le pays et à affronter avec résolution le sabotage économique, les pénuries, la corruption et le bureaucratisme qui gangrènent la société, produit du modèle actuel économique capitaliste.



Le gouvernement doit agir avec fermeté contre le putschisme.



Pour les jeunes communistes vénézuéliens, le gouvernement national doit agir avec force et fermeté face aux agissements de ces groupes violents :



« Cela suffit que ces groupuscules tentent de mettre le pays à feu et à sang impunément, et chaque fois que l'on prend des mesures contre eux, ils vont encore plus loin, ce qui a déjà coûté la vie à plusieurs jeunes issus du peuple vénézuélien. »



Le dirigeant rappelle que le gouvernement peut compter sur des lois, institutions et instruments institutionnels pour garantir la paix et la sécurité du pays.



Appel au PSUV pour ouvrir des espaces d'unité entre forces révolutionnaires



« Nous proposons aux forces dirigeants de ce processus, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), d'avancer vers la construction de ces nécessaires espaces d'unité et de rassemblement des forces révolutionnaires », a signalé le dirigeant de la JC, qui est aussi membre du Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV).



Rodriguez lance la même proposition aux forces organisées de la jeunesse pour avancer dans la consolidation d'un vaste mouvement de jeunesse bolivarien, de caractère patriotique et anti-impérialiste qui porte « avec audace et courage » le drapeau de l'indépendance et du socialisme.



« En tant que jeunesse communiste, nous croyons que c'est dans la lutte pour consolider notre indépendance, en ouvrant une perspective socialiste dans ce processus, que nous pourrons dépasser les malheurs et problèmes que connaissent nos jeunes comme conséquence de la crise du modèle capitaliste », a-t-il défendu.



Rodriguez souligne : « C'est par l'action organisée, politique, révolutionnaire et combative de la jeunesse, de la classe ouvrière et des forces populaires que nous pourrons affronter les difficultés et avancer dans l'approfondissement du processus politique vénézuélien. »



La Jeunesse communiste vénézuélienne appelle toutes les forces de jeunesse révolutionnaires à rester vigilantes et combatives, sans tomber dans les provocations. Et à empêcher que ce forces qui répondent aux intérêts de l'impérialisme nord-américain ne s'imposent.

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 07:09

image.adapt.445.low.jpgLa révolution bolivarienne en péril : comment la bourgeoisie commerciale parasitaire peut-elle faire la loi au Venezuela après 15 ans de révolution ?



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ (largement inspiré des analyses du Parti communiste venezuelien)



Les manifestations violentes qui touchent Caracas depuis plusieurs jours sont un révélateur inquiétant de la puissance sociale de la bourgeoisie traditionnelle, ses appuis politiques dans la rue : comment est-ce possible après 15 ans de processus révolutionnaire ?



Le président Maduro a lancé l'alerte contre la menace d'un « coup d’État fasciste », avec la complicité de certains hauts gradés, l'appui de l'impérialisme, l'action dans la rue de groupes fascistes. Il y a bien péril en la demeure bolivarienne.



Tout a commencé par une manifestation menée par les patrons de la presse privée dénonçant la « dictature », la « censure » du pouvoir, dans laquelle s'est engouffrée l'opposition de droite : des groupes étudiants provocateurs à la « manifestation citoyenne contre l'insécurité ».



Il n'est pas à exclure que le pays sombre dans la guerre civile, il y est peut-être déjà – selon un schéma analogue à ce qui se passe en Ukraine – quand dans la rue s'affrontent « bandes fascistes » et « collectifs révolutionnaires ».



Qui est responsable ? La bourgeoisie vénézuélienne, bien sûr, qui cherche à prendre sa revanche sur quinze ans de processus révolutionnaire. Pas seulement les patrons de la presse, mais surtout la bourgeoisie commerciale parasitaire, étonnamment hégémonique en 2014.



Une bourgeoisie commerciale parasitaire toute-puissante



En effet, cette dernière contrôle encore la quasi-totalité de l'import-export du Venezuela, dans un pays complètement dépendant de l'extérieur : d'un côté par les exportations de pétrole (95 % des recettes !), de l'autre par les importations de produits industriels, agricoles, matières premières.



La manne pétrolière exceptée, le Venezuela est très largement déficitaire, les importations étant de 47 milliards d'€, les exportations (non-pétrolières) de 2,5 milliards. Pire, entre 2011 et 2012, si les importations ont augmenté de 35 %, les exportations ont baissé de 20 %.



La bourgeoisie commerciale utilise sa position hégémonique depuis un an pour créer des pénuries artificielles, surtout sur les produits alimentaires : pénuries de sucre, lait, café, huile jusqu'aux papiers toilette, servant sa propagande médiatique internationale anti-révolutionnaire.



Elle déstabilise le pays politiquement, fomente la misère sociale tout en s'assurant sur le marché noir des profits-extra.



Le capital privé se porte plutôt bien après quinze ans de révolution, la part du secteur privé est passée de 68 % en 1999 … à 71 % en 2013. Des entreprises privées concentrées dans le secteur du commerce : elles représentent 55 % des entreprises du pays, contre 5 % pour l'industrie.



Pire, depuis quinze ans, le pays est encore plus dépendant de la rente pétrolière, il s'est désindustrialisé – 18 % du PIB en 1980, 14 % en 2013 pour l'industrie – et aujourd’hui 95 % de ses biens sont importés, y compris les produits pétroliers raffinés. Un comble.



Cette bourgeoisie commerciale profite de ce pouvoir dans la société, étant improductive, inefficace, non-compétitive, parasitaire : elle importe neuf fois plus que ce qu'elle exporte en 2013. Les importations ont été multipliées par 5 depuis 2003, les exportations non-pétrolières divisées par 2.



Un pouvoir trop despotique avec le capital privé … ou trop laxiste ?



Cette bourgeoisie parasitaire profite de la désindustrialisation du pays, de son monopole sur le commerce extérieur, au mépris de la vie des vénézuéliens. Un exemple parmi d'autres, l'importation de produits pharmaceutiques a augmenté de 1358 % depuis 1999 !



Cette bourgeoisie commerciale s'enrichit grâce à une spéculation massive. Elle importe les produits à taux normal pour les revendre à taux plein aux Vénézuéliens victimes des pénuries. Ainsi, en décembre 2013, un scandale a éclaté d'un trafic de voitures américaines.



Des entreprises locales achetaient des voitures américaines, qu'elles revendaient deux à quatre fois leurs prix au marché noir … les acheteurs désirant posséder une valeur-refuge en période d'hyper-inflation, et réaliser un profit supérieur en la revendant, pariant sur l'inflation future. De la spéculation pure !



Pour prospérer, cette bourgeoisie commerciale a besoin impérativement de l'aide de l’État, elle qui souffre d'un déficit en devises entre ses 3 milliards de $ d'exportations et ses 47 milliards de $ d'importations. Elle bénéficie des ventes étatiques de devises américaines à tarif préférentiel, 317 milliards de $ en 2013 pour le secteur privé dont 44 milliards pour la bourgeoisie commerciale.



Or, cette bourgeoisie commerciale profite de la monnaie vénézuélienne sur-évaluée malgré les récentes dévaluations : 1 $ valait 2 bolivars en 2008, 4 bolivars en 2010, 6 aujourd’hui (pour les produits de base) … mais au marché noir le taux va de 10 bolivars à 50 bolivars pour 1 $ !



Contrairement à ce que prétend l'idéologie dominante, on a affaire à un pouvoir trop peu « despotique » avec le capital privé, et trop laxiste, si ce n'est complaisant.



Ainsi, le pays compte 80 % de chaînes de télévision privées (contre 9 % publiques) qui dénoncent la « dictature chaviste », et elles ont encore … 94,6 % de parts de marché en 2010, contre 97,96 % en 1999 !



De la même façon, l'octroi de 300 milliards de $ de devises au capital privé (dont 45 milliards pour l'export-import) a permis une fuite massive illégale de capitaux – sous contrôle de change strict – ainsi 117 milliards de $ supplémentaires (de 53 à 164 milliards de $) ont été placés sur des comptes à l'étranger, entre 2003 et 2013. Quel pouvoir despotique que ce Venezuela bolivarien !



Le Venezuela d'aujourd'hui : un patronat qui profite de l’État et spolie le peuple



Le cercle vicieux est en place : les spéculateurs privés achètent des devises à l’Etat à taux préférentiel (qui grâce au pétrole réalise 97 % des exportations, donc récupèrent autant en devises), puis vendent au pays à des prix 3 à 10 fois sur-évalués, réalisent des profits monstres, gonflent la facture des importations … donc nécessitant encore plus de devises.



La conclusion de ce schéma, c'est la situation du Venezuela en crise aujourd’hui.



Du côté de l’État, désindustrialisation qui alimente le déficit commercial, une dette publique qui s'envole nécessitant des emprunts à taux d'intérêts maximum (20 milliards de $ en 2012), une corruption généralisée via une rente qui renforce l'effet désindustrialisation, enfin une économie parallèle qui échappe à l’État et profite aux spéculateurs.



Du côté de la population, la première conséquence, c'est la paupérisation, avec une inflation qui atteint les 53 % en 2013, les pénuries dans les secteurs de base.



Grâce à la politique de hausse du salaire minimum (10 % en janvier 2014), le choc est contenu – mais pas annulé – pour les salariés les plus pauvres, mais les salariés des couches populaires et moyennes, les petits épargnants sont eux écrasés par cette hausse des prix. Ainsi, en 2013, le salaire minimum n'a été augmenté que de 40 %, ne compensant pas l'inflation.



Du côté des spéculateurs, c'est un jackpot permanent pour une bourgeoisie abreuvée de subsides étatiques, profitant des contradictions du régime incapable de juguler la spéculation, rackettant une population aux abois.



Chiffre terrifiant sur la façon dont la bourgeoisie a pu utiliser les failles de la révolution bolivarienne : en 1999, le capital s'appropriait 49 % du revenu total du pays, en 2010, c'était 63 %. Les 14 millions de salariés vénézuéliens ont perdu 14 points du revenu en 11 ans !



Sortir de la crise, les propositions du Parti communiste : nationaliser d'abord !



Faut-il être pessimiste ? Il faut être lucide sur les périls, mais optimiste sur les possibilités de la situation. L'analyse du Parti communiste du Vénézuela, peut nous éclairer tant le premier allié de la révolution sait manier la critique constructive.



Ce 9 février dernier, le secrétaire-général du PCV Oscar Figuera réservait des critiques assez dures : « Le manque de critique, le laxisme face à la corruption peuvent conduire à l'échec de la révolution ».



Derrière ce constat dur mais lucide, il y a aussi des raisons d'être optimiste, d'abord la présence d'une base sociale reconnaissante envers l’œuvre sociale de 15 ans de révolution.



Le taux de pauvreté est passé de 50 à 25 %, la pauvreté extrême de 20 à 7 %, tandis que le taux d'alphabétisation, d'accès aux soins de santé et d'alimentation suffisante approche désormais des 100 % - notamment grâce à l'apport des médecins et éducateurs cubains.



Grâce à la redistribution de la rente, des politiques sociales limitées mais réelles, des millions de Vénézuéliens sont sortis de la pauvreté, ont pu accéder à une vie meilleure. C'est ce qui explique qu'en 2013 malgré la crise, les déstabilisations, le contre-coup de la personnalisation, Maduro ait pu battre Capriles, d'extrême justesse, sauvant la Révolution.



Les luttes sociales, à la base, ont permis des avancées qui ont forcé Chavez à radicaliser sa révolution. On peut prendre l'exemple de la nationalisation de SIDOR en 2008 issu d'une lutte des métallurgistes contre leur patron privé couvert par le gouverneur local chaviste.



Ces masses acquises à la révolution sont aujourd’hui désorganisées, sans perspective, faute à un parti, le PSUV (Parti du socialisme unifié du Venezuela) créé en 2005 sur des bases « attrape-tout » qui en a fait une auberge espagnole dans laquelle se sont engouffrés les « bo-bo » : la bourgeoisie bolivarienne, prospérant dans l'appareil d'Etat, le secteur commercial de la rente pétrolière.



En 2005, le PCV avait refusé de se dissoudre dans le PSUV, prédisant ces limites, préférant préserver son indépendance de classe. Bien lui en prit. Si le PCV subit les foudres en 2005 de Chavez l'accusant de trahison, en 2010, face à la trahison des autres forces pseudo-révolutionnaires, il reconnassait que « les communistes sont le seul allié qui lui reste ».



Il reste un espoir que cette masse trouve une organisation de classe qui lui corresponde, syndicale et politique.



Sans triomphalisme, l'audience du PCV croît lentement mais sûrement dans la population : passant de 0,9 % (50 000 voix) aux élections de 2000 à 3,3 % aux élections de 2012 (500 000 voix). Le PCV a même gagné ses neuf premières mairies en décembre, y compris contre certains candidats chavistes corrompus.



Les propositions avancées par le PCV pour approfondir la révolution correspondent aux nécessités historiques du Venezuela : nationalisation des secteurs-clés et une politique d'industrialisation étatique ;mise en place d'un Système de contrôle intégral des importations public ; création d'une Sécurité sociale 100 % publique ; Loi organique du travail favorable aux travailleurs ; installation de Conseils ouvriers dans les entreprises publiques comme privées.



 

En dépit de ces critiques envers une révolution inachevée, le PCV a appelé ce 14 février à l'unité des forces révolutionnaires pour faire barrage aux déstabilisations fascistes : avec le PCV, solidarité avec la révolution bolivarienne menacée !

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 06:00

PCV psuvAu Venezuela, les neuf premières mairies pour le Parti communiste, meilleur allié (critique) de la révolution !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Au terme d’une année critique pour la révolution bolivarienne, après la mort de Chavez et les tentatives de déstabilisation de la droite réactionnaire, le peuple vénézuélien a réaffirmé sa confiance dans le processus révolutionnaire.

 

La campagne des élections du 8 décembre a été marquée par une atmosphère d’âpre lutte de classes, neuf mois après la mort d’Hugo Chavez, plaçant le processus bolivarien au croisement entre approfondissement de la révolution et coup d’Etat réactionnaire.

 

D’un côté, la droite a choisi pour la déstabilisation ouverte, une « guerre économique » par la spéculation sur les produits de base, fomentant pénuries et inflation. De l’autre, le gouvernement révolutionnaire a dû opter pour la radicalisation, frappant les spéculateurs.

 

La participation élevée pour le continent (59 %) révèle une lutte qui traverse l’ensemble de la société. La victoire nette, après celle étriquée des présidentielles, manifeste un pacte de confiance renouvelé entre les forces révolutionnaires et le peuple vénézuélien.

 

Une victoire nette du camp révolutionnaire

 

Stricto sensu, le bloc révolutionnaire mené par le PSUV obtient 49 % contre 42 % pour la MUD (Alliance de l’unité démocratique), avec une différence de 800 000 voix.

 

En comptant les divers candidats indépendants et leurs affiliations, le différentiel serait de 54 à 46 % en faveur du le « Grand pôle patriotique » (GPP) réunissant les forces révolutionnaires qui obtiendrait les ¾ des mairies du pays – 250 sur les 330 en jeu – bien que l’opposition conserve Caracas et Maracaibo, les deux principales villes du pays.

 

Le Parti communiste : ses 9 neuf premières mairies pour un allié important de la révolution

 

Dans le « Grand pôle patriotique », loin derrière le PSUV de Chavez et Maduro, un parti se détache : le Parti communiste vénézuélien (PCV) qui s’impose de plus en plus comme le principal allié du PSUV, et comme la troisième force politique du pays.

 

Le PCV a obtenu 1,6 % des voix soit 170 000 votes, un score conforme à ceux obtenus lors des derniers scrutins (1,4 % aux législatives de 2010, 1,8 % aux présidentielles de 2013), mais surtout il conquiert ses premières municipalités.

 

Neuf mairies au total, dont sept en alliance avec le PSUV : Ortiz, Miranda, Uribante, Manapiare (en Amazonie), Girardot et deux villes moyennes importantes :

 

Simon Bolivar et ses 50 000 habitants conquise par Adriano Pereira, sympathisant du parti ainsi qu’Ezequiel Zamora, 100 000 habitants, remportés par Raul Brazon dans l’Etat de Monagas.

 

Pourquoi des candidatures indépendantes (et victorieuses) du Parti dans plusieurs Etats ?

 

Deux autres mairies ont, elles, été conquises en dehors du cadre du « Grand pôle patriotique » dans des candidatures de rassemblement populaire menées par le Parti, dans l’Etat de Portuguesa : Carlos Molina à Ospino (40 000 habitants), et Armando Rivas à San Genaro.

 

A Ospino, le candidat du Parti communiste a devancé avec 40,75 % le candidat du PSUV, qui n’obtient que 36 % des voix, tandis qu’à San Genaro, le candidat du parti obtient la majorité avec 54 % des voix, contre 39 % pour le responsable du parti présidentiel.

 

Pourquoi des candidats communistes se sont présentés sur des listes alternatives dans certains Etats, comme à Portuguesa ?

 

Car le Parti communiste garde son indépendance politique, son esprit critique et a refusé  – dans des Etats où les maires, gouverneurs ne respectent pas leur engagement révolutionnaire – d’investir certains candidats manifestement corrompus ou du côté du patronat local.

 

Laissons la parole au secrétaire-général du PCV, Oscar Figuera, c’était en août dernier :

 

« Si nous arrivons à la conclusion qu’un candidat est corrompu, nous ne le soutiendrons pas. Que ce soit clair, si nous constatons qu’il y a des éléments contraires à l’éthique révolutionnaire, nous agirons en conséquence ».

 

Il ajoutait alors : « nous avons un engagement, par rapport à notre histoire, notre vision du monde, de la société ; notre engagement éthique avec la classe ouvrière, les travailleurs et, en sens, avec le projet politique porté par le Président Hugo Chavez, et aujourd’hui Nicolas Maduro : non seulement l’efficacité et la participation du peuple, mais aussi la lutte frontale contre la corruption. »

 

Après avoir jugé « négativement » 68 candidats officiels, proposé le renvoie de ces candidats, il annonce que le Parti soutiendra au moins 16 candidatures alternatives le 30 septembre :

 

« Ce qu’on ne verra pas, ce qui ne se passera pas, c’est qu’on retire nos candidatures pour soutenir un corrompu. Le peuple vénézuélien sait que quand le Parti communiste prend une décision, il s’y tient. On ne cèdera ni sous le chantage, ni sous les intimidations ».

 

Le Parti communiste plus que jamais dans le « Grand pôle patriotique »

 

Cela n’a pas empêché les dirigeants du PCV, après l’annonce des résultats, d’annoncer leur intention de poursuivre l’alliance du « Grand pôle patriotique » – « plus actuelle que jamais » pour le PCV – en vue de le radicalisation de la révolution – « consolider les acquis pour avancer dans son approfondissement », selon les termes d’Oscar Figuera.

 

Les dirigeants du Parti communiste ont insisté sur l’importance du « Plan pour la patrie » 2013-2019 dévoilé par le Président Maduro, conçu comme les lignes directrices pour la transition du Venezuela vers le socialisme.

 

C’est cette même position, à la fois d’indépendance de classe et de soutien sans failles au processus révolutionnaire, qui avait conduit le PCV à refuser sa dissolution dans le PSUV de Chavez en 2005. Ce choix apparaît désormais bien judicieux.

 

 

Avec un Parti communiste renforcé, unitaire mais affirmé dans son identité révolutionnaire, c’est le processus bolivarien qui sort renforcé dans son chemin difficile vers une société alternative : le socialisme.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Vénézuela - Révolution bolivarienne
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