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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 07:09

image.adapt.445.low.jpgLa révolution bolivarienne en péril : comment la bourgeoisie commerciale parasitaire peut-elle faire la loi au Venezuela après 15 ans de révolution ?



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ (largement inspiré des analyses du Parti communiste venezuelien)



Les manifestations violentes qui touchent Caracas depuis plusieurs jours sont un révélateur inquiétant de la puissance sociale de la bourgeoisie traditionnelle, ses appuis politiques dans la rue : comment est-ce possible après 15 ans de processus révolutionnaire ?



Le président Maduro a lancé l'alerte contre la menace d'un « coup d’État fasciste », avec la complicité de certains hauts gradés, l'appui de l'impérialisme, l'action dans la rue de groupes fascistes. Il y a bien péril en la demeure bolivarienne.



Tout a commencé par une manifestation menée par les patrons de la presse privée dénonçant la « dictature », la « censure » du pouvoir, dans laquelle s'est engouffrée l'opposition de droite : des groupes étudiants provocateurs à la « manifestation citoyenne contre l'insécurité ».



Il n'est pas à exclure que le pays sombre dans la guerre civile, il y est peut-être déjà – selon un schéma analogue à ce qui se passe en Ukraine – quand dans la rue s'affrontent « bandes fascistes » et « collectifs révolutionnaires ».



Qui est responsable ? La bourgeoisie vénézuélienne, bien sûr, qui cherche à prendre sa revanche sur quinze ans de processus révolutionnaire. Pas seulement les patrons de la presse, mais surtout la bourgeoisie commerciale parasitaire, étonnamment hégémonique en 2014.



Une bourgeoisie commerciale parasitaire toute-puissante



En effet, cette dernière contrôle encore la quasi-totalité de l'import-export du Venezuela, dans un pays complètement dépendant de l'extérieur : d'un côté par les exportations de pétrole (95 % des recettes !), de l'autre par les importations de produits industriels, agricoles, matières premières.



La manne pétrolière exceptée, le Venezuela est très largement déficitaire, les importations étant de 47 milliards d'€, les exportations (non-pétrolières) de 2,5 milliards. Pire, entre 2011 et 2012, si les importations ont augmenté de 35 %, les exportations ont baissé de 20 %.



La bourgeoisie commerciale utilise sa position hégémonique depuis un an pour créer des pénuries artificielles, surtout sur les produits alimentaires : pénuries de sucre, lait, café, huile jusqu'aux papiers toilette, servant sa propagande médiatique internationale anti-révolutionnaire.



Elle déstabilise le pays politiquement, fomente la misère sociale tout en s'assurant sur le marché noir des profits-extra.



Le capital privé se porte plutôt bien après quinze ans de révolution, la part du secteur privé est passée de 68 % en 1999 … à 71 % en 2013. Des entreprises privées concentrées dans le secteur du commerce : elles représentent 55 % des entreprises du pays, contre 5 % pour l'industrie.



Pire, depuis quinze ans, le pays est encore plus dépendant de la rente pétrolière, il s'est désindustrialisé – 18 % du PIB en 1980, 14 % en 2013 pour l'industrie – et aujourd’hui 95 % de ses biens sont importés, y compris les produits pétroliers raffinés. Un comble.



Cette bourgeoisie commerciale profite de ce pouvoir dans la société, étant improductive, inefficace, non-compétitive, parasitaire : elle importe neuf fois plus que ce qu'elle exporte en 2013. Les importations ont été multipliées par 5 depuis 2003, les exportations non-pétrolières divisées par 2.



Un pouvoir trop despotique avec le capital privé … ou trop laxiste ?



Cette bourgeoisie parasitaire profite de la désindustrialisation du pays, de son monopole sur le commerce extérieur, au mépris de la vie des vénézuéliens. Un exemple parmi d'autres, l'importation de produits pharmaceutiques a augmenté de 1358 % depuis 1999 !



Cette bourgeoisie commerciale s'enrichit grâce à une spéculation massive. Elle importe les produits à taux normal pour les revendre à taux plein aux Vénézuéliens victimes des pénuries. Ainsi, en décembre 2013, un scandale a éclaté d'un trafic de voitures américaines.



Des entreprises locales achetaient des voitures américaines, qu'elles revendaient deux à quatre fois leurs prix au marché noir … les acheteurs désirant posséder une valeur-refuge en période d'hyper-inflation, et réaliser un profit supérieur en la revendant, pariant sur l'inflation future. De la spéculation pure !



Pour prospérer, cette bourgeoisie commerciale a besoin impérativement de l'aide de l’État, elle qui souffre d'un déficit en devises entre ses 3 milliards de $ d'exportations et ses 47 milliards de $ d'importations. Elle bénéficie des ventes étatiques de devises américaines à tarif préférentiel, 317 milliards de $ en 2013 pour le secteur privé dont 44 milliards pour la bourgeoisie commerciale.



Or, cette bourgeoisie commerciale profite de la monnaie vénézuélienne sur-évaluée malgré les récentes dévaluations : 1 $ valait 2 bolivars en 2008, 4 bolivars en 2010, 6 aujourd’hui (pour les produits de base) … mais au marché noir le taux va de 10 bolivars à 50 bolivars pour 1 $ !



Contrairement à ce que prétend l'idéologie dominante, on a affaire à un pouvoir trop peu « despotique » avec le capital privé, et trop laxiste, si ce n'est complaisant.



Ainsi, le pays compte 80 % de chaînes de télévision privées (contre 9 % publiques) qui dénoncent la « dictature chaviste », et elles ont encore … 94,6 % de parts de marché en 2010, contre 97,96 % en 1999 !



De la même façon, l'octroi de 300 milliards de $ de devises au capital privé (dont 45 milliards pour l'export-import) a permis une fuite massive illégale de capitaux – sous contrôle de change strict – ainsi 117 milliards de $ supplémentaires (de 53 à 164 milliards de $) ont été placés sur des comptes à l'étranger, entre 2003 et 2013. Quel pouvoir despotique que ce Venezuela bolivarien !



Le Venezuela d'aujourd'hui : un patronat qui profite de l’État et spolie le peuple



Le cercle vicieux est en place : les spéculateurs privés achètent des devises à l’Etat à taux préférentiel (qui grâce au pétrole réalise 97 % des exportations, donc récupèrent autant en devises), puis vendent au pays à des prix 3 à 10 fois sur-évalués, réalisent des profits monstres, gonflent la facture des importations … donc nécessitant encore plus de devises.



La conclusion de ce schéma, c'est la situation du Venezuela en crise aujourd’hui.



Du côté de l’État, désindustrialisation qui alimente le déficit commercial, une dette publique qui s'envole nécessitant des emprunts à taux d'intérêts maximum (20 milliards de $ en 2012), une corruption généralisée via une rente qui renforce l'effet désindustrialisation, enfin une économie parallèle qui échappe à l’État et profite aux spéculateurs.



Du côté de la population, la première conséquence, c'est la paupérisation, avec une inflation qui atteint les 53 % en 2013, les pénuries dans les secteurs de base.



Grâce à la politique de hausse du salaire minimum (10 % en janvier 2014), le choc est contenu – mais pas annulé – pour les salariés les plus pauvres, mais les salariés des couches populaires et moyennes, les petits épargnants sont eux écrasés par cette hausse des prix. Ainsi, en 2013, le salaire minimum n'a été augmenté que de 40 %, ne compensant pas l'inflation.



Du côté des spéculateurs, c'est un jackpot permanent pour une bourgeoisie abreuvée de subsides étatiques, profitant des contradictions du régime incapable de juguler la spéculation, rackettant une population aux abois.



Chiffre terrifiant sur la façon dont la bourgeoisie a pu utiliser les failles de la révolution bolivarienne : en 1999, le capital s'appropriait 49 % du revenu total du pays, en 2010, c'était 63 %. Les 14 millions de salariés vénézuéliens ont perdu 14 points du revenu en 11 ans !



Sortir de la crise, les propositions du Parti communiste : nationaliser d'abord !



Faut-il être pessimiste ? Il faut être lucide sur les périls, mais optimiste sur les possibilités de la situation. L'analyse du Parti communiste du Vénézuela, peut nous éclairer tant le premier allié de la révolution sait manier la critique constructive.



Ce 9 février dernier, le secrétaire-général du PCV Oscar Figuera réservait des critiques assez dures : « Le manque de critique, le laxisme face à la corruption peuvent conduire à l'échec de la révolution ».



Derrière ce constat dur mais lucide, il y a aussi des raisons d'être optimiste, d'abord la présence d'une base sociale reconnaissante envers l’œuvre sociale de 15 ans de révolution.



Le taux de pauvreté est passé de 50 à 25 %, la pauvreté extrême de 20 à 7 %, tandis que le taux d'alphabétisation, d'accès aux soins de santé et d'alimentation suffisante approche désormais des 100 % - notamment grâce à l'apport des médecins et éducateurs cubains.



Grâce à la redistribution de la rente, des politiques sociales limitées mais réelles, des millions de Vénézuéliens sont sortis de la pauvreté, ont pu accéder à une vie meilleure. C'est ce qui explique qu'en 2013 malgré la crise, les déstabilisations, le contre-coup de la personnalisation, Maduro ait pu battre Capriles, d'extrême justesse, sauvant la Révolution.



Les luttes sociales, à la base, ont permis des avancées qui ont forcé Chavez à radicaliser sa révolution. On peut prendre l'exemple de la nationalisation de SIDOR en 2008 issu d'une lutte des métallurgistes contre leur patron privé couvert par le gouverneur local chaviste.



Ces masses acquises à la révolution sont aujourd’hui désorganisées, sans perspective, faute à un parti, le PSUV (Parti du socialisme unifié du Venezuela) créé en 2005 sur des bases « attrape-tout » qui en a fait une auberge espagnole dans laquelle se sont engouffrés les « bo-bo » : la bourgeoisie bolivarienne, prospérant dans l'appareil d'Etat, le secteur commercial de la rente pétrolière.



En 2005, le PCV avait refusé de se dissoudre dans le PSUV, prédisant ces limites, préférant préserver son indépendance de classe. Bien lui en prit. Si le PCV subit les foudres en 2005 de Chavez l'accusant de trahison, en 2010, face à la trahison des autres forces pseudo-révolutionnaires, il reconnassait que « les communistes sont le seul allié qui lui reste ».



Il reste un espoir que cette masse trouve une organisation de classe qui lui corresponde, syndicale et politique.



Sans triomphalisme, l'audience du PCV croît lentement mais sûrement dans la population : passant de 0,9 % (50 000 voix) aux élections de 2000 à 3,3 % aux élections de 2012 (500 000 voix). Le PCV a même gagné ses neuf premières mairies en décembre, y compris contre certains candidats chavistes corrompus.



Les propositions avancées par le PCV pour approfondir la révolution correspondent aux nécessités historiques du Venezuela : nationalisation des secteurs-clés et une politique d'industrialisation étatique ;mise en place d'un Système de contrôle intégral des importations public ; création d'une Sécurité sociale 100 % publique ; Loi organique du travail favorable aux travailleurs ; installation de Conseils ouvriers dans les entreprises publiques comme privées.



 

En dépit de ces critiques envers une révolution inachevée, le PCV a appelé ce 14 février à l'unité des forces révolutionnaires pour faire barrage aux déstabilisations fascistes : avec le PCV, solidarité avec la révolution bolivarienne menacée !

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 06:00

PCV psuvAu Venezuela, les neuf premières mairies pour le Parti communiste, meilleur allié (critique) de la révolution !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Au terme d’une année critique pour la révolution bolivarienne, après la mort de Chavez et les tentatives de déstabilisation de la droite réactionnaire, le peuple vénézuélien a réaffirmé sa confiance dans le processus révolutionnaire.

 

La campagne des élections du 8 décembre a été marquée par une atmosphère d’âpre lutte de classes, neuf mois après la mort d’Hugo Chavez, plaçant le processus bolivarien au croisement entre approfondissement de la révolution et coup d’Etat réactionnaire.

 

D’un côté, la droite a choisi pour la déstabilisation ouverte, une « guerre économique » par la spéculation sur les produits de base, fomentant pénuries et inflation. De l’autre, le gouvernement révolutionnaire a dû opter pour la radicalisation, frappant les spéculateurs.

 

La participation élevée pour le continent (59 %) révèle une lutte qui traverse l’ensemble de la société. La victoire nette, après celle étriquée des présidentielles, manifeste un pacte de confiance renouvelé entre les forces révolutionnaires et le peuple vénézuélien.

 

Une victoire nette du camp révolutionnaire

 

Stricto sensu, le bloc révolutionnaire mené par le PSUV obtient 49 % contre 42 % pour la MUD (Alliance de l’unité démocratique), avec une différence de 800 000 voix.

 

En comptant les divers candidats indépendants et leurs affiliations, le différentiel serait de 54 à 46 % en faveur du le « Grand pôle patriotique » (GPP) réunissant les forces révolutionnaires qui obtiendrait les ¾ des mairies du pays – 250 sur les 330 en jeu – bien que l’opposition conserve Caracas et Maracaibo, les deux principales villes du pays.

 

Le Parti communiste : ses 9 neuf premières mairies pour un allié important de la révolution

 

Dans le « Grand pôle patriotique », loin derrière le PSUV de Chavez et Maduro, un parti se détache : le Parti communiste vénézuélien (PCV) qui s’impose de plus en plus comme le principal allié du PSUV, et comme la troisième force politique du pays.

 

Le PCV a obtenu 1,6 % des voix soit 170 000 votes, un score conforme à ceux obtenus lors des derniers scrutins (1,4 % aux législatives de 2010, 1,8 % aux présidentielles de 2013), mais surtout il conquiert ses premières municipalités.

 

Neuf mairies au total, dont sept en alliance avec le PSUV : Ortiz, Miranda, Uribante, Manapiare (en Amazonie), Girardot et deux villes moyennes importantes :

 

Simon Bolivar et ses 50 000 habitants conquise par Adriano Pereira, sympathisant du parti ainsi qu’Ezequiel Zamora, 100 000 habitants, remportés par Raul Brazon dans l’Etat de Monagas.

 

Pourquoi des candidatures indépendantes (et victorieuses) du Parti dans plusieurs Etats ?

 

Deux autres mairies ont, elles, été conquises en dehors du cadre du « Grand pôle patriotique » dans des candidatures de rassemblement populaire menées par le Parti, dans l’Etat de Portuguesa : Carlos Molina à Ospino (40 000 habitants), et Armando Rivas à San Genaro.

 

A Ospino, le candidat du Parti communiste a devancé avec 40,75 % le candidat du PSUV, qui n’obtient que 36 % des voix, tandis qu’à San Genaro, le candidat du parti obtient la majorité avec 54 % des voix, contre 39 % pour le responsable du parti présidentiel.

 

Pourquoi des candidats communistes se sont présentés sur des listes alternatives dans certains Etats, comme à Portuguesa ?

 

Car le Parti communiste garde son indépendance politique, son esprit critique et a refusé  – dans des Etats où les maires, gouverneurs ne respectent pas leur engagement révolutionnaire – d’investir certains candidats manifestement corrompus ou du côté du patronat local.

 

Laissons la parole au secrétaire-général du PCV, Oscar Figuera, c’était en août dernier :

 

« Si nous arrivons à la conclusion qu’un candidat est corrompu, nous ne le soutiendrons pas. Que ce soit clair, si nous constatons qu’il y a des éléments contraires à l’éthique révolutionnaire, nous agirons en conséquence ».

 

Il ajoutait alors : « nous avons un engagement, par rapport à notre histoire, notre vision du monde, de la société ; notre engagement éthique avec la classe ouvrière, les travailleurs et, en sens, avec le projet politique porté par le Président Hugo Chavez, et aujourd’hui Nicolas Maduro : non seulement l’efficacité et la participation du peuple, mais aussi la lutte frontale contre la corruption. »

 

Après avoir jugé « négativement » 68 candidats officiels, proposé le renvoie de ces candidats, il annonce que le Parti soutiendra au moins 16 candidatures alternatives le 30 septembre :

 

« Ce qu’on ne verra pas, ce qui ne se passera pas, c’est qu’on retire nos candidatures pour soutenir un corrompu. Le peuple vénézuélien sait que quand le Parti communiste prend une décision, il s’y tient. On ne cèdera ni sous le chantage, ni sous les intimidations ».

 

Le Parti communiste plus que jamais dans le « Grand pôle patriotique »

 

Cela n’a pas empêché les dirigeants du PCV, après l’annonce des résultats, d’annoncer leur intention de poursuivre l’alliance du « Grand pôle patriotique » – « plus actuelle que jamais » pour le PCV – en vue de le radicalisation de la révolution – « consolider les acquis pour avancer dans son approfondissement », selon les termes d’Oscar Figuera.

 

Les dirigeants du Parti communiste ont insisté sur l’importance du « Plan pour la patrie » 2013-2019 dévoilé par le Président Maduro, conçu comme les lignes directrices pour la transition du Venezuela vers le socialisme.

 

C’est cette même position, à la fois d’indépendance de classe et de soutien sans failles au processus révolutionnaire, qui avait conduit le PCV à refuser sa dissolution dans le PSUV de Chavez en 2005. Ce choix apparaît désormais bien judicieux.

 

 

Avec un Parti communiste renforcé, unitaire mais affirmé dans son identité révolutionnaire, c’est le processus bolivarien qui sort renforcé dans son chemin difficile vers une société alternative : le socialisme.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 07:17

figuera-fiscalite.jpgLutte du gouvernement vénézuélien contre la spéculation : les communistes pointent « des avancées, mais insuffisantes »



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Bureau politique du Parti communiste du Vénézuela (PCV) a qualifié les mesures économiques annoncées par le président Nicolas Maduro d' « avancée dans la bonne voie » mais « insuffisantes » pour faire face à la crise que traverse le pays, et la guerre économique imposée par la bourgeoisie.



« En tant que bureau politique du PCV, nous considérons que les mesures annoncées par le citoyen président de la République, Nicolas Maduro, vont dans la bonne voie, mais nous les jugeons cependant insuffisantes », a souligné le secrétaire-général du PCV, le camarade Oscar Figuera en conférence de presse aujourd'hui.



Figuera a insisté sur les propositions économiques que le Parti communiste a élaboré et proposé, et qui vont être exposés au président Maduro au cours d'une prochaine réunion, avec les mesures fondamentales que propose le Parti.



Considérant que les mesures économiques vont dans le bon sens, Figuera a déclaré qu'elles « cherchent à limiter et contrôler le flux de devises vers les secteurs du capital spéculatif qui trafique, commerce et spécule avec les devises ».



Pour le PCV, l'appel à la création d'un Centre national du commerce extérieur est un pas positif, mais il ne signifie pas la nationalisation complète du commerce, qui est une des propositions avancées par le Parti.



Cette proposition des communistes, « passe par ne donner aucun dollar à rien qui soit exporté, capitaliste et bourgeois, mais plutôt par la centralisation par l’État des achats nationaux dont a besoin le pays sur la base d'une hiérarchisation et de priorités pour le développement national, et vendus en bolivar au secteur privé national », a affirmé Figuera.



Cette mesure importante permettra à l’État de contrôler les achats dès l'origine et, en même temps, d'économiser des devises pour les utiliser dans le cadre du développement national.



Les communistes soutiennent qu'on ne doit pas seulement prendre des mesures avec les devises, mais que l'on doit prendre des mesures profondes concernant le secteur financier de l'économie, qui l'an dernier n'a payé que 5 % d'impôts sur ses bénéfices.



« Quand nous proposons d'avancer dans le processus de développement productif, il faut couper les ailes au secteur financier spéculatif et au secteur importateur », affirmait le dirigeant.



Dans ce même ordre d'idées, le Parti communiste considère que la proposition est incomplète car elle ne touche pas à un impôt régressif comme la TVA.



« La TVA, d'après les propositions du Parti communiste, doit être progressivement éliminée », a insisté le dirigeant.



Autre élément que le PCV ne voit pas dans la proposition, c'est une profonde réforme fiscale, qui est capable de faire contribuer plus les profits des capitalistes.



« Nous savons tous que nous avons un héritage du modèle néo-libéral sur le terrain fiscal, lorsqu'on a réduit de 55 à 34 % le taux d'impôt sur les bénéfices du capital. Nous disons que nous devons retrouver le niveau qui existait alors », a-t-il souligné.



 

Profonde réforme fiscale ; impôt élevé sur le capital financier ; réduction progressive de la TVA et pas de livraison de dollars pour la bourgeoisie, voilà les principales propositions des communistes, à quoi s'ajoute la nationalisation du commerce extérieur.

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 07:46

pcv2.jpg« Ils veulent faire de l’État de Bolivar, un Benghazi vénézuélien »

 

Communiqué du Parti communiste du Vénézuela (PCV)

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le député du Parti communiste du Vénézuela (PCV), Yul Jabour, a dénoncé le fait que les actions des fonctionnaires états-uniens expulsés du Vénézuela obéissent à ceux qui cherchent à déstabiliser le pays afin de fomenter une guerre.



« Ils cherchent à provoquer une guerre pour sortir de leurs contradictions économiques et pouvoir engranger l'argent dont ils ont besoin, comme ils l'ont fait en Irak », a-t-il expliqué lors du programme Contragolpe, retransmis par VTV.



Le parlementaire, qui préside également la Commission de politique étrangère de l'Assemblée nationale, a assuré que la politique des Etats-unis est de fomenter des guerres lorsqu'ils se trouve en difficultés économiques.



Il a rappelé qu'il y a 10 ans, le gouvernement de George W.Bush lançait l'invasion de l'Irak sur la base de fausses preuves sur l'existence d'armes de destruction massives. « Mais à ce jour, on n'en a trouvé aucune. En revanche, nous voyons que les entreprises liées à la guerre ont augmenté leurs profits », a-t-il déclaré.



A ce sujet, Jabour a affirmé que l'ancien président Bush, la secrétaire d’État, Condolezza Rice et le vice-président de ce pays, Dick Cheney, entretiennent des relations étroites avec les entreprises pétrolières : « Dans le cas de Cheney, il fait partie d'une entreprise chargée de reconstruire les pays après les guerres », a-t-il avancé.



Un manque de sérieux de la droite vénézuélienne



Jabour a déclaré que la réaction des parlementaires de la droite vénézuélienne sur l'ingérence des fonctionnaires nord-américains est regrettable : « puisqu'il s'agissait d'un enjeu important pour la souveraineté du pays, et ceci, ils le négligent totalement », dit-il.



Tandis que le bloc révolutionnaire a mis l'accent sur l'acte de violation de notre souveraineté, les députés contre-révolutionnaires ont prétend qu'il s'agissait d'un « écran de fumée », et ils ont commencé à contre-attaquer sur les questions économiques et d'insécurité.



« Ils essaient de banaliser une condamnation sérieuse d'une série d'attaques systématiques, entre autres des déclarations d'ingérence de hauts fonctionnaires des États-Unis essayant de délégitimer les institutions de l’État », a-t-il déclaré.



Sur la réaction des opposants, il a affirmé que nombre d'entre eux ont reçu un financement direct du gouvernement nord-américain :



« Ils ont reçu un financement d'organisations comme l'USAID et il faut pointer les responsabilités. Nous nous rappelons que cette organisation s'est installée dans notre pays à la suite du coup d'Etat de 2002 », a-t-il déclaré.



Il a dénoncé le fait, qu'en plus de recevoir de l'argent, plusieurs parlementaires ont reçu des ordres directs de la part du Département d'Etat des Etats-unis :



« On connaît le cas avéré d'organisations politiques qui reçoivent de l'argent comme dans le cas de 'Sumate', dont la principale représentante (la députée Maria Corina Machado) s'est fait photographiée avec eux, et il faut enquêter là-dessus », a-t-il exprimé.



Il propose que soit créée à cette fin une commission mixte de l'Assemblée nationale pour réaliser une enquête sur les agissements et les responsabilités juridiques des organisations dans le pays qui financent la droite vénézuélienne.



« Ils se présentent comme des organisations qui défendent la démocratie, mais nous savons d'expérience qu'ils ne font qu'agir contre les gouvernements anti-impérialistes et légitimes », a-t-il insisté.



Ils veulent un autre Benghazi dans l’État de Bolivar, au Venezuela



« Ils cherchent à créer la division du pays, comme ils l'ont fait en Libye et ont tenté de le faire en Syrie. Ils ont choisi l’État de Bolivar pour sa position géographique, un État frontalier où ils peuvent faire entrer des mercenaires, avec un équipement militaire, afin de déstabiliser le pays et d'imposer leur pouvoir », a dénoncé Jabour.



 

Il a explicité le plan logistique préparé, l'intention de prendre possession et de piller les richesses du sous-sol, surtout le pétrole : « Mais ils ne pourront pas le faire car il existe des forces politiques qui comptent sur le soutien d'un peuple disposé à défendre la patrie », a-t-il conclu.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 05:26

anagrama partido comunista venezuelaAppel au peuple et aux travailleurs du Vénézuela



« Il faut lutter pour une politique économique révolutionnaire »



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Pas un dollar pour la bourgeoisie spéculatrice, en développant le monopole étatique sur toutes les importations; une profonde réforme fiscale éliminant la TVA et rehaussant les impôts sur les bénéfices et les transactions financières; lancer un plan national d'industrialisation du pays, voilà quelques-unes des propositions que le Parti communiste du Venezuela (PCV) avance, en appelant les travailleurs et travailleuses ainsi que le peuple vénézuélien à lutter pour que le gouvernement national mette en place des transformations profondes de sa politique économique actuelle qui maintient intact le système capitaliste et ne permet pas d'avancer dans la perspective du socialisme.



Voilà ce qui fut exprimé par Pedro Eusse, porte-parole de la conférence de presse réalisée aujourd'hui par le Bureau politique du PCV, à propos du travail réalisé par le travail pour mettre sur pied une proposition générale pour dépasser la crise économique actuelle et l’État rentier capitaliste, et mettre en place une politique progressiste et révolutionnaire sur le plan économique. Face à ce constat, le dirigeant souligne: « Il est nécessaire d'apporter des réponses aux problèmes structurels de l'économie nationale ».



Pour le PCV, il est urgent d'avancer dans le sens du démantèlement du capitalisme rentier, de la destruction de l’État bourgeois qui est maintenu intact en dépit des transformations progressistes qui se sont produites ces dernières années.



Le dirigeant a ajouté que le Parti communiste cherche à « changer le rapport de forces dans la société vénézuélienne. » Pour cela, « il est nécessaire que la classe ouvrière et le mouvement populaire conquièrent une force suffissante qui nous permettent de donner une nouvelle orientation à ce processus de transformation, dans le sens d'un approfondissement du processus révolutionnaire », a-t-il dit.



Eusse a rappelé que le Parti communiste, dans un document élaboré lors de la II nde plénière du Comité central, réalisé en septembre 2011, toujours d'une pleine actualité aujourd'hui, disait :



« L'opposition, hétérogène et contradictoire fondamentalement dirigée par des forces pro-impérialistes, profite du mécontentement au sein des secteurs populaires face à de graves problèmes structurels non-résolus, comme l'insécurité, le chômage, le coût de la vie, la corruption, l'impunité, entre autres. On aperçoit un cadre politique, social et économique qui prendra des traits critiques dans les années à venir, produit de l'aiguisement des contradictions de classes qui s'expriment dans les grands projets du pays auxquels s'opposent non seulement les forces historiques, bien déterminées de la droite pro-impérialiste, mais aussi des secteurs réformistes, pseudo-socialistes qui ont une influence significative au sein des forces intégrées au processus ».



« Pour cette raison, nous affirmons la nécessité que la classe ouvrière et les travailleurs, avec l'ensemble des forces sociales et politiques révolutionnaires et progressistes, prennent le chemin de la lutte pour obtenir du gouvernement bolivarien qu'il redéfinisse sa politique économique », appelant également le président Maduro et le gouvernement national à faire de même.



Quelques mesures économiques que propose le PCV



Dans le cadre de l'analyse que le Parti communiste développe de la situation économique du pays, qui sera reprise dans un document remis au gouvernement national et au peuple vénézuélien, sont mises en avant les mesures économiques suivantes, qualifiées d'urgentes :



  • Zéro dollar pour la spéculation bourgeoise ;



« Nous ne pouvons pas suivre une politique économique dont le fondement est de remettre des devises dans les poches pleines des couches spéculatrices et du commerce importateur », a souligné Eusse, ajoutant que cela ne génère aucun développement productif, maintient le pays dans un retard de développement et que cela met en danger les finances publiques, affaiblissant les possibilités d'introduire des transformations progressistes et révolutionnaires dans le pays.



Pour cette raison, le PCV pose la nécessité d'établir le monopole étatique du commerce extérieur, ce qui s'exprime par la mise en place de la centralisation des exportations de la part de l’État vénézuélien. Cela permettra aussi de mener la lutte contre la spéculation sur les prix.



  • Développer une profonde réforme fiscale dans le pays ;



Trois mesures essentielles : éliminer l'impôt régressif qu'est la TVA ; élever l'impôt sur les profits ; et rehausser celui sur les transactions financières nationales.



« C'est le moment de remettre les choses à leur place. Un gouvernement révolutionnaire dans le processus progressiste que vit le pays doit appliquer une politique fiscale progressiste et révolutionnaire », souligne Eusse.



  • Développer une planification nationale de la production ;



 

Lancer un processus intense d'industrialisation et de développement de la production agricole. Pour garantir la souveraineté alimentaire et industrielle du Venezuela, sous la direction, le contrôle paysan et ouvrier.

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