Les marchés de capitaux européens
21 oct. 2025Le premier mandat 2019-2024 de la Commission européenne (CE) présidée par Ursula von der Leyen avait été marqué notamment par la période Covid et du conflit ukrainien et par une réaffirmation autoritaire du rôle de l'UE et de la BCE, portant des transformations économiques et politiques profondes loin du rapport de force des luttes nationales. Pour le second mandat, débuté au 1er décembre 2024, trois rapports ont fixé le cap politique à tenir : défense européenne (Niinistö), compétitivité économique (Draghi) et avenir du marché unique (Letta). Sans surprise, ces rapports maintiennent un cap politique au service du capital, mais il est important pour les travailleurs d'analyser les objectifs qu'ils donnent à la commission pour comprendre les étapes à venir de la (dé)-construction européenne. Nous reproduisons ici un article du journal "Manifest" du Nouveau Parti Communiste Néerlandais (NCPN) de Février 2025 sur les "marchés de capitaux européens" au coeur du programme financier de la nouvelle CE.
Source : https://leesmanifest.nl/artikelen/kapitaalmarkten-aller-lidstaten-verenigt-u/
Le programme économique de la CE repose sur le constat qu’il est « quelques minutes avant minuit » pour l’économie européenne. La grande question est toutefois de savoir où trouver les fonds nécessaires pour redevenir un acteur de poids dans l’économie mondiale. En formant une union des marchés de capitaux à l’américaine, la CE espère y parvenir. Ainsi, le rôle de prêteur, traditionnellement assumé par les banques, se déplace de plus en plus vers les investisseurs privés. Mais qu’est-ce qu’une union des marchés de capitaux exactement ? Et pourquoi la bourgeoisie européenne a-t-elle besoin des particuliers pour réaliser ses objectifs ?
La quête des 800 milliards
Dans la concurrence mondiale avec la Chine et les États-Unis, l’Europe est à la traîne. Autrefois si puissante, elle ne peut plus rivaliser avec ces économies dont les marchés du travail sont largement déréglementés et qui disposent d’un accès quasi illimité aux gisements de pétrole, aux gazoducs et aux biens d’équipement. Le citoyen européen en chapeau melon s’imagine encore l’égal de l’entrepreneur de l’e-commerce de San Francisco ou de l’investisseur technologique de Shenzhen. Mais l’Américain répartit son capital entre des startups d’intelligence artificielle et de conquête spatiale, tandis que le Chinois construit des voitures électriques de qualité occidentale à une fraction du prix. Malgré son rôle historique dans l’accumulation primitive du capital, le capitaliste européen reste à la traîne et dépendant des deux autres.
Lors du Forum économique mondial, Larry Fink, PDG de BlackRock, a déclaré que si l’Europe échoue, ce n’est pas seulement par manque d’hommes et de moyens, mais surtout par manque de capitaux financiers :
« L’économie américaine bénéficie d’un grand avantage sur l’Europe : les fondations profondes de ses marchés de capitaux facilitent grandement l’accès des entrepreneurs aux financements. »
La crise énergétique de 2022 a révélé qu’une part considérable de la prospérité européenne dépendait des gazoducs venus de l’Est. Les navires de gaz naturel liquéfié venus de l’Ouest ne peuvent constituer une source d’énergie aussi rentable. Dès lors, les prix des produits européens doivent être réduits grâce à une gestion plus efficace et à la montée en puissance des forces productives. Dans une analyse approfondie, l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a calculé que l’Europe avait besoin d’environ 800 milliards d'euros d'investissements supplémentaires par an pour retrouver son rang. Pour réunir cette somme colossale, le rapport évoque la création d’une union européenne des marchés de capitaux.
Qu’est-ce qu’une union des marchés de capitaux ?
Un marché de capitaux est un lieu où les investisseurs échangent des moyens de lever des fonds pour les entreprises. La bourse des actions en est un exemple, tout comme les marchés des emprunts d’État ou des obligations. Aujourd’hui, les 27 États membres disposent encore de leurs propres règles et marchés de capitaux, ce qui rend difficile, par exemple, pour un entrepreneur français d’acquérir une part dans une usine de munitions lituanienne.
Depuis 2015, plus de cinquante propositions ont échoué pour tenter de créer une union des marchés de capitaux. L’affaiblissement de la compétitivité européenne semble désormais offrir un excellent prétexte pour laisser enfin circuler l’argent à travers les frontières européennes.
Si ces projets n’ont pas abouti jusqu’à présent, c’est en partie à cause des tensions internes à l’Union. Depuis les débuts de la CEE, il existe des frictions entre les États dits « frugaux » et les autres, jugés moins rigoureux. On spécule donc sur des variantes dans lesquelles seuls les puissants pays d’Europe occidentale formeraient une union des capitaux. Cela exclurait les pays européens restants, souvent présentés comme un fardeau pour attirer les investisseurs.
L’ancien dirigeant d’ASML, Peter Wennink, a d’ailleurs émis une réserve à propos d’un marché des capitaux à l’échelle de l’Union, tout en favorisant ses propres secteurs :
« Une telle union doit s’accompagner de conditions strictes, estime Wennink. Par exemple, les fonds doivent être versés dans un véhicule spécial destiné exclusivement à financer l’innovation et la défense. Ils ne doivent pas servir à payer, disons, les retraites françaises – ce serait comme verser de l’eau dans le sable. »
L’ombre d’une guerre commerciale
Les ministères européens des Finances soulignent également la nécessité d’une union des marchés de capitaux à la lumière d’une possible guerre commerciale avec les États-Unis. Le ministre belge des Finances a appelé à accélérer les plans après l’investiture du président Trump. Ce dernier menace de restrictions commerciales et de droits d’importation qui affaibliraient encore davantage la compétitivité européenne.
C’est pourquoi Vincent Van Peteghem a déclaré :
« Au lieu d’engager une guerre commerciale, l’UE devrait renforcer sa compétitivité et développer ses marchés de capitaux. »
Moins d’épargne, plus d’investissement
L’actuelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, tente de convaincre dans The Economist l’investisseur européen économe de faire circuler son épargne au sein d’un marché des capitaux unifié. Dans son plaidoyer, Lagarde formule trois recommandations claires, qui reviendront inévitablement dans la nouvelle note politique de la Commission européenne.
Premièrement, elle constate que les Européens épargnent beaucoup plus que les Américains. Ainsi, 8 000 milliards d'euros resteraient non investis en Europe. Avec une union des marchés de capitaux, les capitalistes grecs, danois ou tchèques pourraient dépenser l'épargne de la classe ouvrière européenne dans n’importe quel État membre. Son deuxième point concerne l’unification des Central Security Depositories (CSD), c’est-à-dire des dépositaires centraux de titres. Aujourd’hui, les actions et obligations sont encore conservées dans des institutions séparées. Lagarde vise le modèle américain, où il n’existe qu’un seul CSD. Certains pays de l’UE interdisent actuellement l’achat d’actions dans des entreprises controversées — par exemple liées au commerce des armes ou du pétrole —, mais de telles barrières disparaîtraient avec cette centralisation.
Le point le plus important du discours de Christine Lagarde est qu’une union commune des marchés de capitaux permettrait d’attirer davantage de capitaux privés, venus de l’intérieur comme de l’extérieur de l’UE. Un marché unifié donnerait bien plus d’espace aux fonds de capital-investissement (private equity). Ces fonds constituent une alternative au financement des entreprises par les subventions, les prêts bancaires, les actions ou les obligations. Les fortunes les plus riches du monde entier y regroupent leurs capitaux pour investir, en général, dans des entreprises non cotées en bourses, afin de viser des rendements plus risqués mais plus conséquents.
Ces fonds investissent à la fois dans les grandes entreprises établies et dans celles qui se créent (start-up). Dans les premières, les profits de ces fonds d’investissement sont souvent payés par des mesures drastiques sur les comptes : restructurations, licenciements massifs, hausse des prix de vente et pression sur les prix d'achat pour les fournisseurs provoquant des délocalisations en chaîne. Parallèlement, les fonds investissent leur capital dans des start-up qui poussent à la concurrence féroce soit par la création de nouveaux produits, soit par l'externalisation de services existant dans les grandes entreprises cotées en bourse : ASML, le plus grand fonds de capital-investissement néerlandais plus de 600 sous-traitants. Cette forme de private equity est appelée capital-risque ou venture capital.
Injection de capital
Traditionnellement, les banques ont été les principales fournisseuses de capitaux pour la nouvelle activité économique. Isabelle Mateos y Lago, économiste en chef de la plus grande banque européenne, BNP Paribas, offre dans une interview un aperçu du secteur bancaire européen après 2008. Elle défend que, traumatisées par le krach boursier, les autorités régulatrices de la finance financières seraient devenues trop prudentes quant à l’octroi de crédits aux entrepreneurs :
« Le mandat des autorités de surveillance financière, c’est la stabilité, pas la croissance ni la compétitivité. Donc, si vous leur parlez de cela, elles répondent, même si elles comprennent le problème : ce n’est pas sur ce critère qu’on m’évalue. »
Autrement, dit si l’Union européenne doit rivaliser avec des blocs de puissance qui encouragent le financement non bancaire, alors la différence d’activité économique finira par se faire sentir. Ce n’est pas un hasard si les partisans du capital-investissement s'attaquent aujourd'hui aux banques, en affirmant que les rendements générés par l’argent géré dans les banques sont bien inférieurs à ceux des fonds d'investissement.
Selon eux, par un afflux de capital-risque, les entreprises européennes pourraient attirer les grands investissements nécessaires pour s’imposer sur la scène mondiale ou même pour répondre aux besoins publics. L'exemple du fournisseur d'eau britannique Thames Water, financé par private equity, fournit un exemple criant des conséquences : pollution accrue des eaux et hausse immédiate du prix de l'eau de 59 % (y compris pour des secteurs qui avait déjà vu les prix exploser lors de grandes privatisations).
Et bien que le Royaume-Uni soit légèrement en dehors de l’UE, le private equity infiltre déjà l'économie européenne et néerlandaise en particulier. En 2023, la société britannique de transports publics Arriva Group a été vendue par son propriétaire, Deutsche Bahn (la compagnie ferroviaire historique allemande), à la société américaine d’investissement I Squared Capital. L’objectif était de lever des fonds pour l'électrification des services d'autobus, un projet pour lequel Deutsche Bahn prétendait manquer de moyens. La compagnie I Squared Capital détient des participations dans 82 entreprises réparties dans 71 pays. En d’autres termes, un opérateur régional de trains et bus actif dans la moitié des régions (Groningue, Drenthe, Overijssel, Brabant-Septentrional et Limbourg) appartient désormais à un fonds d’investissement basé à Miami. Cette injection de capital a abouti, en octobre 2024, à une commande de 157 bus électriques auprès du constructeur VDL, dont la mise en circulation a pris du retard et a forcé à la réorganisation des lignes à la baisse. Malheureusement, on ignore encore ce que cette opération signifie pour le personnel mais l'exemple de Thames Water nous donne déjà un avant-goût.
Fédérations patronales
Bien que la Commission européenne présente ces projets comme le fruit de sa propre politique, ces directions sont dictées directement par le monde des affaires.
Les trois plus grands acteurs de l’Union européenne sont l’Allemagne, la France et l’Italie. Afin d’exprimer les positions politiques de la bourgeoisie, les capitalistes de ces pays se sont réunis au sein de fédérations patronales : Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI), MEDEF et Confindustria.
Lors de leur plus récente conférence, en novembre 2024, ces fédérations se sont montrées unanimes sur le diagnostic de l’économie européenne : comparée aux États-Unis, la croissant est trop faible, l'innovation stagne, les prix de l'énergie sont trop élevé et la législation trop contraignante.
Elles soutiennent donc que la seule voie est la aux 800 milliards d'euros et l'union des marchés de capitaux financés par le capital-risque. La grande bourgeoisie européenne salive devant les performances de ses homologues américains comme le montre leur appel commun :
« Les États-Unis fonctionnent comme un marché de capitaux unifié ; l’UE non.
Par conséquent, la valeur totale de toutes les entreprises sur les marchés boursiers européens ne représente que la moitié de celle des États-Unis en pourcentage du PIB ;
les citoyens américains investissent trois fois plus dans les actions que les citoyens européens ; le capital-risque a levé 130 milliards de dollars en Europe entre 2013 et 2023, contre 942 milliards aux États-Unis ; l’Europe n’a créé aucune entreprise de 100 milliards d’euros au cours des cinquante dernières années, alors que les États-Unis ont produit six entreprises valant chacune plus de 1 000 milliards d’euros. »
Les fédérations patronales trouvent un soutien auprès du Fonds monétaire international (FMI).
Dans son analyse de la crise industrielle européenne, le FMI souligne lui aussi la nécessité de libérer des capitaux. L’institution se tourne en particulier vers les acteurs disposant d’importantes réserves publiques, tels que les fonds de pension et les compagnies d’assurance.
Actuellement, ces grands investisseurs se montrent réticents à prêter leur argent à des secteurs économiquement risqués— comme la médecine controversée, l’intelligence artificielle ou la défense — prétendument en raison du millefeuille réglementaire européen. Mais le FMI affirme que :
« Lever les frictions financières transfrontalières pour les fonds de pension et les assureurs qui investissent dans le capital-risque pourrait accroître les flux financiers vers les jeunes entreprises prometteuses et stimuler les gains de productivité. »⁸
Les fonds de pension et les compagnies d’assurance ne sont certes pas des acteurs privés au sens strict, mais depuis le krach boursier, ils deviennent de plus en plus souvent des associés silencieux dans des fonds de capital-investissement. C’est précisément à cause de ces réserves dormantes que la Commission européenne voudrait lever un "tabou" selon lequel les institutions publiques — financées par la sécurité sociale et les cotisations — ne devraient pas investir dans le private equity ! (*)
Financer la Défense
L’une des raisons pour lesquelles l’union des marchés de capitaux est aujourd’hui particulièrement mise en avant tient au financement de l’industrie militaire. Dans les cercles du grand capital financier européen, on évoque de plus en plus souvent l’entrée des investisseurs privés dans l’expansion des forces armées. L’ONG bruxelloise Finance Watch calcule par exemple qu’une union européenne des marchés de capitaux pourrait couvrir plus d’un tiers des besoins de financement militaires.
Face à ce genre de perspective, Emmanuel Macron a déclaré :
« Les règles financières actuelles de l’Europe ne sont plus adaptées, car lorsqu’on parle de défense et de sécurité, d’intelligence artificielle, de décarbonation de nos économies et de technologies propres, nous nous heurtons à un mur. »
De son côté, Jaap de Hoop Scheffer, ancien secrétaire général de l’OTAN, a résumé la situation :
« Je ne vois pas comment on pourrait financer toutes les ambitions européennes en matière de défense uniquement par des fonds publics. Il faut faire appel au capital privé... »
Comme vous avez pu le lire dans ce journal, de nombreux pays européens ont entrepris une expansion massive de leur appareil militaire.
Il est inévitable que les membres de l'OTAN dépensent bientôt bien plus que 2% de leur PIB pour la défense [NdT: depuis la publication de l'article on parle plus précisément de 5% comme objectif fixé par Trump]. Mais tous les États n’ont pas la marge de manœuvre nécessaire pour emprunter davantage à cette fin — souvent en raison d’une mauvaise notation de crédit ou d’investisseurs réticents à partager les risques de l'industrie de guerre, comme l’étaient autrefois les fonds de pension [NdT: la mise à disposition du livret A en France relève d'un manoeuvre forcée dans cette direction].
Ici encore, selon la CE, des investisseurs anonymes et bien disposés, pourraient apporter le coup de pouce nécessaire. Comme nous l’avons vu dans le cas des secteurs publiques, les fonds de capital-investissement exigeront un retour sur investissement élevé : et dans ce secteur, seule la guerre peut réellement garantir un rendement...
Conclusion
La Commission Européenne saisit la crise industrielle comme une occasion d’approfondir les marchés de capitaux.La prudence instaurée après la crise financière — ou du moins son apparence — est désormais abandonnée. La Commission n’agit évidemment pas de sa propre initiative : elle est guidée par le patronat, qui plaide pour une culture d’investissement à l’américaine qui fait miroiter possibilités d’accumulation du capital par le jeu financier plus vastes qu’en Europe. Cela ne pourra se faire qu'au détriment des travailleurs et notamment des ressources encore à disposition du secteur publique.
Une union des marché de capitaux s'attaque directement aux fondements politiques et économiques de la solidarité. Au lieu de sauver nos services en difficulté, on les vend à des fonds qui placent la compétition plus haut encore que le secteur bancaire traditionnel n'arrive à le faire. Systèmes de santé, transports, et infrastructure succombent ainsi à la logique de la croissance à court terme et au réarmement qui l’accompagne.
Sous le socialisme, de tels processus de démantèlement seraient impossibles.L’utilité sociale des biens et des services déterminerait l’emploi de notre force de travail. La croissance de la société ne dépendrait pas de la concurrence internationale, mais des besoins communs de tous les travailleurs. Les individus spéculant sur les services publics en détresse appartiendraient au passé. Les défis économiques ne peuvent être résolus par le chantage du capital. Face à l’exploitation, à la frénésie d’expansion et aux plans d’austérité de la bourgeoisie, le communisme oppose la mise en commun des moyens de production, seule capable de permettre à l'effort collectif des travailleurs de répondre à leurs besoins.
(*) NDT : L'article nous fournit une analyse très détaillée et claire des structures financières, existantes ou projetées. Cependant, il ne faut pas détacher ces évolutions de l' "ingénierie financière" du programme politique et économiques du capital que ce soit au niveau national, européen ou international:
- D'abord la défense des marchés de capitaux européens s'inclue avant tout dans la longue ligne des mesures d'harmonisation fiscale européenne dont la CEE était pionnière avec la levée de droit de douanes, et dans une nouvelle étape de la construction du marché unique : non-content de favoriser la libre circulation des capitaux et marchandise, la CE vise à favoriser l'achat de ressources (notamment énergétiques) en commun, faisant de l'UE une centrale d'achat supportant au plus haut niveau possible les prix sur le marché mondial.
- Par ailleurs, comme l'article l'explique, les fonds de pensions fournissent aux Etats-Unis l'une des plus larges réserves monétaires nécessaires aux fonctionnement de la finance de marché et un objectif majeur pour la CE est d'assurer que les trésoreries publiques liées à la santé et la retraite soient mises à disposition des marchés. La sécu française est donc l'exemple type des institutions dans leur collimateur. Cependant, ce programme politique est déjà à l'oeuvre en France depuis longtemps. En effet les exonérations de cotisations sociales (loi Fillon, CICE, CIR,...) visent ce même objectif : en créant artificiellement le défaut de trésorerie, les gouvernements français au service du capital font de la Sécu l'un des principaux émetteurs des obligations publiques (directement ou indirectement en passant par le financement de l'état) qui fournissent le socle à la finance de marché en France. Il est donc essentiel de rattacher l'analyse des formes les plus "modernes" et les plus dévoyées de la finance de marché projetées par la CE au programme politique et économique du capital au niveau national ou international.