Ni tutelle impérialiste, ni continuité autoritaire : pour une sortie populaire, démocratique et souveraine de la crise
08 janv. 2026Communiqué du bureau politique du PCV faisant suite à l'attaque américaine sur Caracas le 3 janvier et la réaction politique du PSUV sous la tutelle de la vice-présidente actuelle.
Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV) — élu lors du XVIᵉ Congrès national, nov. 2022 — réitère sa condamnation la plus ferme et la plus catégorique des bombardements criminels exécutés par les forces militaires des États-Unis sur la ville de Caracas et d’autres localités du pays durant la nuit du 3 janvier. Cette action constitue une grave agression contre la souveraineté nationale et une violation flagrante du droit international.
Le PCV rejette la détention violente et illégale des citoyens Nicolás Maduro Moros et Cilia Flores, réalisée dans le cadre de cette intervention militaire étrangère. Les États-Unis agissent une fois de plus comme gendarme du monde, en appliquant de manière extraterritoriale leurs lois et en méconnaissant ouvertement les principes de souveraineté, d’autodétermination des peuples et de non-ingérence. Les lois états-uniennes n’ont aucune juridiction au Venezuela, et aucune puissance étrangère n’est habilitée à imposer sa volonté par la force des armes.
Cette position n’implique en aucun cas une quelconque défense politique de l’administration autoritaire, antidémocratique, anti-ouvrière et anti-populaire de Nicolás Maduro, qui exerçait de facto la présidence de la République. Maduro et la direction du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) ont été responsables de graves violations de la Constitution, des lois et droits politiques et sociaux du peuple des travailleurs. Ces attaques ont créé les conditions favorables aux plans impérialistes d’encerclement et d’agression contre le pays.
Trois jours se sont écoulés depuis l’agression militaire du gouvernement de Donald Trump et, jusqu’à présent, les autorités vénézuéliennes n’ont présenté aucun rapport officiel sur les victimes civiles et militaires, ni sur les dégâts matériels causés par les bombardements, et encore moins une explication concernant l’incapacité des forces de sécurité à détecter et à répondre à une agression militaire étrangère. Ce silence est non seulement inacceptable, mais aussi suspect. Le pays a le droit de connaître la vérité sur les conséquences de cette action guerrière. (*)
Sans détour, Donald Trump a confirmé que la prétendue « lutte contre le narcotrafic » n’était rien d’autre qu’un vulgaire prétexte destiné à dissimuler ses véritables objectifs : le contrôle du pétrole et des ressources stratégiques du Venezuela. Ses déclarations, dans lesquelles il affirme qu’il gouvernera le Venezuela et qu’il se chargera d’administrer les ressources pétrolières, confirment le caractère ouvertement néocolonial et prédateur de cette intervention.
Le fait que l’administration Trump ait rendu publiques ses exigences à l’égard des nouvelles autorités vénézuéliennes — parmi lesquelles l’accès privilégié des entreprises états-uniennes aux ressources pétrolières du pays, ainsi que l’interdiction de vendre du brut et la rupture des relations avec des nations que cette administration qualifie d’ennemies des intérêts des États-Unis — confirme que le conflit que subissent aujourd’hui les Vénézuéliens s’inscrit dans la féroce lutte entre les puissances impérialistes et les nations capitalistes émergentes pour le contrôle des marchés, des matières premières, des routes commerciales et des zones d’influence, dans un contexte d’aggravation de la crise structurelle du capitalisme à l’échelle mondiale.
Les faits confirment également ce que le PCV a dénoncé à maintes reprises : la direction du PSUV négociait dans le dos du pays avec Washington, tandis que le peuple vénézuélien s’enfonçait dans une profonde crise politique, économique et sociale. Les appels à la « coopération » et au « développement partagé » lancés par Delcy Rodríguez face aux menaces et aux exigences de la puissance impérialiste en sont la preuve.
Il ne faut pas perdre de vue non plus que cette opération militaire a été encouragée de manière irresponsable par le secteur le plus réactionnaire de l’opposition, dirigé par María Corina Machado, aujourd’hui écartée par ses propres alliés, lesquels ont mis en évidence que ni la démocratie ni les droits humains ne guident leur action, mais que leurs véritables ambitions se concentrent sur le contrôle et l’appropriation de l’industrie énergétique vénézuélienne, même si cela implique de maintenir la continuité du régime actuel comme bras exécutif.
L’ingérence militaire états-unienne, bien qu’encouragée par des secteurs internes, ne contribue pas à surmonter la crise nationale ; au contraire, elle l’aggrave. Les conditions de vie du peuple vénézuélien continuent de se détériorer, tandis que l’élite gouvernante n’adopte aucune mesure visant à restaurer les droits et la dignité de la classe ouvrière.
Nous mettons également en garde contre les implications dangereuses du récent décret d’exception, qui peut se transformer en un instrument de répression entre les mains d’acteurs ayant maintenu leur hégémonie par la terreur après avoir perdu l’appui populaire.
Le PCV insiste sur la nécessité urgente de construire une issue politique populaire, constitutionnelle, démocratique et souveraine à la crise. Ni l’occupation ni la tutelle impérialiste, pas plus que la continuité du régime autoritaire, ne constituent des solutions favorables pour le peuple travailleur.
Que toutes les personnes arbitrairement détenues après la proclamation illégitime de Nicolás Maduro comme président soient immédiatement libérées, y compris Enrique Márquez, séquestré depuis un an pour avoir exigé la publication des résultats des élections présidentielles, ainsi que tous les militants emprisonnés pour avoir lutté et défendu les droits constitutionnels du peuple vénézuélien.
Les salaires et les pensions doivent être arrachés au gouffre dans lequel les a plongés le programme néolibéral du PSUV. La dignité des familles travailleuses vénézuéliennes en dépend.
La sortie de la dangereuse crise actuelle et de la menace réelle d’une escalade militaire impérialiste passe par la fin du régime autoritaire et par le rétablissement de l’ordre constitutionnel au moyen de la restauration des libertés démocratiques, de la convocation immédiate d’élections présidentielles avec de pleines garanties pour la citoyenneté et les organisations politiques. À cette fin, les actuelles autorités du CNE doivent démissionner et les partis politiques — y compris le PCV — doivent recouvrer leur personnalité juridique.
La lutte pour la restauration de la Constitution et de l’État de droit appelle toutes les forces révolutionnaires, populaires et authentiquement démocratiques du pays.
Bureau politique du Comité central
du Parti communiste du Venezuela
Caracas, le 6 janvier 2026
(*) NDT : Le 7 janvier, deux pétroliers en provenance du Vénézuéla ont été saisi par la marine américaine alors que de nombreux autres auraient pris la mer depuis le samedi 3 décembre. Le choix de maintenir la mise à flot des pétroliers sans forces militaires pour contourner le blocus maritime états-unien confirme encore un peu plus les doutes sur la nature des choix politiques du gouvernement et les raisons de l'opacité de son action.