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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 00:56

sacp1lIntervention du Parti Communiste Sud-Africain (SACP)

 





« Que la prochaine rencontre en Afrique du Sud soit l'occasion de raviver le mouvement communiste et progressiste sur le continent! »

 

11ème rencontre des Partis communistes et ouvriers, du 20 au 22 novembre, New Delhi, Inde

 

Traduction d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le Parti Communiste Sud-Africain (SACP) tient à transmettre ses salutations fraternelles à tous les partis communistes et ouvriers réunis lors de cette 11ème rencontre des Partis Communiste et ouvriers organisée par les Parti Communiste d'Inde-Marxiste (CPI-M) et Parti Communiste d'Inde (CPI) – partis avec qui nous avons depuis longtemps des relations fraternelles et pour qui nous avons une grande admiration, pour les nombreuses années de luttes glorieuses menées avec la classe ouvrière et les pauvres en Inde, et en leur nom, contre le colonialisme Britannique et l'impérialisme.

 

Nous aimerions remercier le Parti Communiste d'Inde – Marxiste (CPI-M) et le Parti Communiste d'Inde (CPI) d'accueillir et d'organiser cette 11ème rencontre des Partis Communistes et Ouvriers. Le fait que cette Rencontre Internationale se déroule dans cette région pour la première fois depuis la reconstitution du mouvement communiste international après la chute du Mur de Berlin et la disparition des anciens pays socialistes d'Europe de l'Est et de l'Union Soviétique – est en soi un pas très important pour le mouvement communiste et ouvrier international. Entre autres, nous affichons notre solidarité avec les peuples de la région qui deviennent de plus en plus la cible des projets bellicistes, d'agression et de domination, de l'impérialisme comme cela est bien illustré actuellement par la soi-disant guerre contre la terreur et le fondamentalisme religieux en Pakistan et la bataille pour l'influence et la domination géo-stratégique qui en sont le corollaire.

 

Que nos analyses théoriques alimentent les luttes des travailleurs pour faire reculer le capitalisme et l'impérialisme dans la région!

 

Au cours des deux derniers jours de cette rencontre, nous avons porté des analyses et présenté des perspectives sur la nature, le caractère et l'impact de la crise capitaliste mondiale et ses implications pour les travailleurs et les pauvres tout en mettant en avant – et comme nous ne voudrions pas éluder cette question, ni rabâcher ce qui a déjà été dit, il suffit de dire que la crise s'impose à nous – ceux d'entre nous qui sont engagés à construire un modèle de développement juste, égal et durable qui mettent au centre les besoins fondamentaux du peuple et non le profit privé, c'est-à-dire, un ordre mondial socialiste, avec aujourd'hui de bien meilleures perspectives pour élaborer concrètement notre alternative comme le thème de la 11ème rencontre des Partis communistes et ouvriers nous y pousse.

 

Le SACP a, au cours des années et depuis que les tous premiers signes de cette crise ont commencé à faire surface, rendu des analyses concrètes sur cette crise; on peut trouver dans nos publications, journaux et magazines théoriques notre point de vue sur la crise et les perspectives que l'on dégage et nous aimerions aller plus loin, et que ces analyses ainsi que les idées que nous portons puissent, sous la bannière et les symboles dans lesquels nous croyons, constituer la base d’un renforcement des luttes des travailleurs pour faire reculer la domination du capitalisme impérialiste dans la région d’où nous venons, puisque les conséquences de la crise y sont ressenties avec encore plus de force pour différentes raisons, en premier lieu le faible niveau de développement et la domination de ces économies par les entreprises multi-nationales des pays impérialistes.

 

L'économie sud-africaine toujours hantée par l’héritage de l’apartheid, « un colonialisme d’un type spécial »

 

Le capitalisme, qui a servi de moteur à l’Empire, a été, dans son mouvement d’expansion mondiale depuis l’Atlantique Nord, un si ce n’est la force-clé qui l’a rendue possible. Au tournant du 20ème siècle, tout en déployant la logique apparente de leur pouvoir sans limites, les principaux bénéficiaires du système capitaliste ont cherché à donner à ce système, sous le titre de mondialisation, l’apparence du bon sens, à en faire une donnée naturelle qui s'imposerait ainsi à un Sud dont la majeure partie venait juste, au cours des 40 années précédentes, de briser le joug de la forme la plus ouverte et la plus brutale de colonialisme.

 

L'économie Sud-Africaine, comme la majeure partie du continent Africain, continue à reproduire les inégalités même après l'indépendance et est dominée par la persistence de faits coloniaux têtus, qui entravent la réalisation des objectifs du mouvement de libération nationale, dont nous avons été les protagonistes.

 

Les problèmes systémiques de l'économie Sud-Africaine (énormes inégalités, marginalisation spatiale d'au moins la moitié de la population et les niveaux critiques atteints par le taux de chômage) subsistent et se sont même reproduits, au cours de la dernière décennie et son taux de croissance moyen de 5%.

 

La voie capitaliste suivie en Afrique du Sud continue d'être dominée par des traits d'un colonialisme d’un type spécial (CST). L'économie est trop tournée vers l'exportation, dominée par l'exportation de produits primaires. Ce modèle particulier de développement dépendant repose sur la domination de la classe capitaliste-monopoliste des secteurs financiers, énergétiques et miniers sur les leviers de commande de l'économie. C'est une forme de domination qui dualise encore plus l'économie sur le plan des politiques de transport et urbaines, des politiques de gestion des ressources naturelles, et en terme de sous-développement de l'industrie manufacturière et du secteur des PME.

 

Notre modèle d'accumulation CST est aussi excessivement dépendant des importations de capital et de biens de luxe tout en contribuant à faire jouer au capital Sud-Africain un rôle prédateur dans notre région. L'ensemble du continent Africain, tout comme l'Afrique du Sud, est exportateur net de biens primaires; et importateur net de biens d'équipement beaucoup plus chers.

 

L'état critique de l'Afrique au début du XXIème siècle: « le plus grand acte d'accusation du capitalisme moderne »

 

Nous posons ces questions dans le contexte de l'élaboration – en fonction de notre point de vue et de notre cadre d'analyse – d'une approche stratégique et programmatique à laquelle répond cette rencontre placée sous le thème des « luttes des travailleurs et des peuples, de l'alternative et du rôle du mouvement communiste et ouvrier dans la formation de cette alternative ».

 

Les conditions actuelles en Afrique constituent peut-être le plus grand acte d'accusation du capitalisme moderne.

 

Considérons les questions soulevées récemment par la Banque Mondiale:

 

Le revenu total des 48 pays d'Afrique Sub-saharienne est désormais équivalent à celui de la toute petite Belgique

 

Chacun de ses pays a un revenu moyen de 2 milliards de dollars par an, soit l'équivalent d'une petite ville Occidentale avec une population de 60 000 habitants.

 

Le Produit Intérieur Brut de ce vaste continent représente moins de 1% du PIB mondial. Les conditions sociales se sont dégradées, depuis les gains mineurs qui avaient été engrangées immédiatement après l'indépendance.

 

Si on exclut l'Afrique du Sud, il y a moins de routes dans toute l'Afrique qu'en Pologne, et il y a seulement 5 million de téléphones.

 

On peut supposer que l'on a pas amplifié ces chiffres effrayants, puisque ils ont été compilés par la Banque Mondiale qui a dû ainsi admettre sa part de responsabilité dans ce qui s'est passé.

 

Comme les conséquences et la réalité de la crise capitalisme vont se cristalliser dans les prochains mois, la classe ouvrière, la paysannerie rurale et les pauvres en Afrique, et dans d'autres « pays en développement », seront encore plus vulnérables à la précarité, puisque leur qualité de vie se sera encore dégradée alors que la baisse des niveaux de vie a pu être déjà constatée partout.

 

 

Ranimer et renforcer le mouvement progressiste et communiste africain: un objectif prioritaire pour le PC Sud-Africain

 

Il y a une semaine, le SACP a commémoré le 50ème anniversaire de la revue théorique – African Communist! La revue théorique, il faut s'en souvenir – a été nommé l'African Communist, entre autres, pour la raison même que la revue avait anticipé le fait qu'elle deviendrait une revue théorique pour tous les communistes Africains et donc serait la plate-forme pour le débat, l'échange et la discussion autour d'une praxis Marxiste-Léniniste dans tout le continent. Ce défi, le Parti continue à croire qu'il est encore d'actualité aujourd'hui.

 

Par conséquent, nous recevons la proposition de la 11ème Rencontre des Partis Communistes et Ouvriers d'e tenir la 12ème Rencontre en Afrique du Sud comme un honneur et comme une contribution à la réalisation de cet objectif, qui récompense les efforts du Parti pour favoriser une poussée progressiste sur le continent.

 

Nous sommes vraiment honorés de cette proposition, et de la considération dont vous faites preuve à notre égard, avec la convocation de cette rencontre sur le continent Africain. Et nous la percevons comme une prise de position importante, l'expression de votre confiance et de votre solidarité avec les luttes des travailleurs et des pauvres sur notre continent.

 

Le SACP accueillera la prochaine rencontre: l'occasion d'en faire un moment dans le renforcement du mouvement communiste africain

 

Un honneur pour le PC Sud-Africain d'accueillir

 

Le SACP – organisera, si vous le voulez bien, la 12ème Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers, et l'organisera comme une Rencontre Africaine! En agissant de la sorte, nous croyons que nous serions en position pour contribuer à la réaffirmation des efforts réalisés par les progressistes sur le continent pour réactiver un mouvement progressiste dans des conditions très difficiles et précaires.

 

La 12ème Rencontre qui se déroulera sur le continent Africain ne sera pas seulement l'occasion de répondre à l'objectif de rotation géographique de la Rencontre, mais sera un moment important d'expression politique, l'expression de notre confiance, et de la réaffirmation des luttes d'un continent et d'un peuple qui a tant souffert des rivalités impérialistes, des ravages des guerres provoquées par la cupidité insatiable des capitalistes et par la « re-colonisation », qui a été caractérisée par la remise en cause et le piétinement des réalisations de l'indépendance.

 

Le SACP a discuté de la question et est en accord total avec la proposition et donc vous demande de prendre note – si vous en décidez ainsi – que ce sera en effet un grand honneur d'accueillir la 12ème Rencontre des Partis Communistes et Ouvriers qui se déroulera en 2010!

 

Comme nous disons – Le Socialisme est l'avenir! Construisons-le maintenant et pour les travailleurs et les pauvres!

 

Amandla!

 

Site du Parti Communiste Sud-Africain: http://www.sacp.org.za/

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:07

KKE.jpgLa crise et ses origines: la nécessité d'étudier et de combattre le capitalisme dans sa totalité

 


Intervention du Parti Communiste de Grèce (KKE)


 

 

 

 

 

 

Intervention de Giorgios Marinos membre du bureau politique du comité central du Parti communiste de Grèce (KKE)

 

 

Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers à New-Dehli, 20/22 novembre 2009

 

 

Traduction et intertitres par EDT pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Nous voudrions remercier les Parti communiste de l’Inde (Marxiste) et le Parti communiste de l’Inde de recevoir et d’organiser cette rencontre des partis communistes et ouvriers. Le fait que cette rencontre internationale se déroule pour la 1ère fois en Asie représente un pas en avant très significatif. Cela vient souligner, entre autres, notre solidarité avec les peuples d’une région qui devient de plus en plus la cible des visées et des rivalités impérialistes ainsi que notre solidarité avec la lutte des partis communistes qui font souvent face à des conditions extrêmement difficiles, persécutions, discriminations, assassinats.


 

La crise, les origines de la crise: étudier et combattre le capitalisme dans sa totalité


 

L’examen des développements de la crise capitaliste enrichira notre expérience et contribuera au développement de la lutte des communistes. Les communistes étudient la crise capitaliste, ses causes et conséquences, les conditions qu’elle crée d’un essor de la lutte de masse, politique et idéologique. Néanmoins, l’attention particulière portée à la crise capitaliste ne doit pas nous détourner du développement capitaliste de la période précédente où ont grandi les facteurs de la crise. En outre, les travailleurs doivent prendre en considération le développement capitaliste dans son ensemble, en intégrant toutes les étapes du cycle économique pour en tirer les conclusions.

 

Le capitalisme n’est pas seulement dangereux dans sa phase de crise, de récession économique. Il est dangereux dans sa totalité, parce qu’à toutes les étapes, il se caractérise par l’exploitation de la force de travail, par l’extorsion de la plus-value créée par le travail non rémunéré, par la recherche du profit capitaliste, qui est la raison d’être du système capitaliste.

 

Même dans les conditions de croissance économique, d’expansion de la production et d’augmentation de la richesse produite par les travailleurs, le grand capital s’approprie les fruits de ce développement, augmentant son profit et son pouvoir. Les profits des magnats, des banquiers, des armateurs comme des autres franges de la ploutocratie, le renforcement du capital monopolistique sont immenses.

 

A l’opposé, les travailleurs sont confrontés à l’augmentation du chômage, au gel des salaires et des pensions, à l’élévation de l’âge de départ à la retraite, à la dégradation du droit à l’accès à l’éducation, à la santé, à la protection sociale, au sport, à la culture comme aux lourdes conséquences des privatisations et de la libéralisation de pans de l’économie.

 

Ces tendances ne concernent pas seulement les pays qui se placent à un rang subalterne ou intermédiaire dans la pyramide capitaliste. Elles concernent aussi les Etats-Unis, l’Union européenne comme organisation impérialiste interétatique. Elles concernent l’ensemble du monde capitaliste.

 

C’est sur ce terrain que se sont développées les conditions préalables à la crise. En conséquence, les partis communistes ont le devoir de lutter pour mettre au grand jour les vraies causes de la crise et pour démonter les allégations mensongères de la social-démocratie et de l’opportunisme qui utilisent tous les prétextes pour préserver le capitalisme et masquer ses contradictions irréductibles.

 

On ne peut pas faire marche arrière. La lutte politique et idéologique doit s’intensifier.

 

Nous devons répondre sans transiger aux allégations des forces bourgeoises et opportunistes, en particulier à celles du Parti de la gauche européenne et de « die Linke » qui jouent un rôle moteur dans la tentative de diffuser les positions du capital dans la classe ouvrière. Nous devons répondre à la nouvelle vague d’anticommunisme déployée à l’occasion du 20ème anniversaire de la contre-révolution avec le soutien plein et entier des forces opportunistes, socio-démocrates et libérales.

 

Premièrement. L’affirmation selon laquelle la crise aurait été causée exclusivement par la gestion néolibérale masque la vérité. Elle dédouane le capitalisme de ses responsabilités et blanchit la social-démocratie. Le capitalisme connaît des crises depuis le 19ème siècle. Avec son passage au stade impérialiste, les crises ont pris un caractère systémique.

 

Toutes les formes de gestion ont été essayées pour empêcher et éviter les crises : le renforcement du rôle de l’Etat dans l’activité marchande et la stimulation de la demande suivant les recettes keynésiennes, ou bien les recettes néolibérales ou encore la combinaison de politiques socio-démocrates et néolibérales. Mais les lois du capitalisme sont têtues. Les crises économiques de surproduction surviennent à toutes les époques quel que soit le mode de gestion.

 

Les restructurations capitalistes amorcées après la crise de 1973 et répandues dans les années 90 ne sont pas arrivées par hasard. Leur objectif était de traiter les problèmes de reproduction du capital et le ralentissement du développement capitaliste. Ces changements ont répondu au besoin interne au système d’une centralisation et s’une rentabilité plus grandes du capital à travers la libéralisation des marchés, la liberté de circulation des capitaux, des marchandises, des services et de la main d’œuvre. Mais, même cette gestion a perdu sa dynamique. Elle a conduit à une crise économique.

 

Deuxièmement. La caractérisation de la crise comme une crise financière et la théorie du capitalisme de casino masquent les vraies causes de la crise. De fait, elle a été réfutée par les développements qui ont vu la crise atteindre déjà toutes les sphères de l’économie.

L’histoire des crises a prouvé qu’elles pouvaient d’abord se manifester dans le système financier mais que leurs racines se trouvent dans la suraccumulation du capital qui se produit dans la sphère de la production.

 

Les emprunts toxiques accordés par les banques et autres institutions financières aux Etats-Unis ont répondu à un besoin spécifique :

- fournir un débouché profitable à la suraccumulation du capital incluant la plus-value créée par l’exploitation de la force de travail, par la part non rémunérée au travail dans la production ;

- fournir un débouché à la suraccumulation du capital et continuer la reproduction du capital en dépassant les problèmes de pouvoir d’achat des familles de travailleurs au moyen de prêts pour l’acquisition de logement et la satisfaction d’autres besoins.

 

L’analyse de ces sujets complexes ayant trait à la reproduction du capital social exige un examen global des relations entre le capital bancaire, commercial et industriel, prenant en compte combien, depuis l’ère de l’impérialisme et encore davantage aujourd’hui, la fusion du capital industriel dans le capital bancaire, la formation du capital financier ont pris une dimension colossale.

 

La véritable cause de la crise réside dans l’intensification de la contradiction principale du capitalisme, la contradiction entre le caractère social de la production et l’appropriation capitaliste de ses produits due au fait que les moyens de production sont sous la propriété du capitalisme. Le but du capitalisme, c’est le profit et non la satisfaction des besoins de la population.

 

Ces éléments dominent dans le système exploiteur. Ils constituent la base de son développement anarchique et inégal, la base de la baisse tendancielle du taux de profit qui trouve sa cause dans l’accroissement de la composition organique du capital, la base de la contradiction entre la production et la consommation. Ces facteurs mènent à des dysfonctionnements dans la reproduction du capital social, à des « explosions », aux crises de surproduction.

 

Nous luttons pour que le peuple prenne conscience des véritables causes de la crise et nous consacrons toutes nos forces à organiser la lutte de la classe ouvrière et des couches populaires contre l’agression capitaliste et la politique antipopulaire qui appuie le capital et s’efforce de transférer la charge de la crise sur les épaules des peuples. La population devrait en tirer les conclusions. Des milliers de milliards de dollars ont été alloués au renforcement des banquiers, des magnats et des autres capitalistes renforçant leur offensive contre les forces populaires, leur effort pour leur faire payer la note de la crise capitaliste. Cette politique est suivie aussi bien aux Etats-Unis, dans l’UE que dans les autres pays capitalistes, aussi bien par les partis néolibéraux que socio-démocrates. Les décisions des pays du G20 vont également dans la même direction. Leurs contradictions reflètent les rivalités des intérêts monopolistiques qu’ils servent.


 

LES FAUSSES EXPLICATIONS DE LA CRISE ET FAUSSES SOLUTIONS


 

Les puissances capitalistes redoutent la crise de surproduction, suraccumulation du capital qui touche les Etats-Unis, l’UE, la Russie, le Japon, l’Amérique latine et provoque un ralentissement de l’économie en Chine et en Inde. Pour tromper les peuples, elles usent de plusieurs théories fabriquées, elles mettent en avant de fausses explications pour tester les réactions sociales et prévenir le développement de la lutte des classes.

 

Les forces socio-démocrates, l’Internationale socialiste et ses cadres jouent un rôle primordial dans cette entreprise.

 

Premièrement. Elles présentent le contrôle des mouvements du capital comme une issue. Elles parlent de démocratisation de la Banque mondiale et de la Banque centrale européennes. Pourtant il est prouvé que rien ne peut empêcher l’aiguisement des contradictions capitalistes et qu’aucune mesure ne peut changer la nature du système bancaire, outil du capitalisme.

Deuxièmement. Elles avancent la nationalisation de certaines banques et autres entreprises capitalistes. Cette position est trompeuse parce que même dans ce cas le critère du profit demeure dans un contexte de marché ouvert qui pousse à la concurrence et à l’agressivité contre les populations.

Troisièmement. Elles s’inquiètent de la montée du chômage et proposent une croissance en lien avec le soi-disant « développement vert ». Dans les faits, elles trompent les peuples. Le développement capitaliste n’a jamais réussi à garantir le droit au travail pour tous et ne le fera pas.

 

La source du mal réside dans le fait que les moyens de production se trouvent dans les mains des capitalistes, que le profit est le critère de développement et que, dans tous les cas, le système se caractérise par une production anarchique et un développement inégal des secteurs de l’économie comme des territoires.

 

Cette réalité souligne combien, dans le capitalisme, jamais les travailleurs ne seront placés avant les profits. Elle dévoile quelle tromperie constituent les prétentions à « rationaliser », à « humaniser » le capitalisme, à « réguler » le marché. Les communistes doivent réfuter fermement ces illusions sur la gestion du système capitaliste et assumer les difficultés de l’organisation et du développement de la lutte des classes, mettant bien au clair qu’il n’y a aucun intérêt commun entre le capital et la classe ouvrière, pas plus dans la phase de crise que dans la phase de reprise du développement capitaliste.

 

Les capitalistes et leurs partis mettent en avant de nouvelles mesures antipopulaires au nom des changements climatiques, masquant qu’ils sont le résultat de l’exploitation des ressources naturelles par le capitalisme dans le but de faire du profit. L’énergie, l’eau, les forêts, les déchets, la production agricole sont privatisés et accaparés dans les mains de quelques firmes multinationales, maintenant aussi au nom de l’environnement. De telles mesures sont avancées, plus ou moins largement, dans tous les pays capitalistes sans tenir compte de leur degré de développement.

 

En outre, la protection de l’environnement sert aussi de prétexte à des interventions impérialistes. Les monopoles multinationaux, au travers des plus grandes puissances impérialistes, en premier lieu les Etats-Unis et l’UE, imposent aux pays capitalistes moins avancées des accords internationaux contraires à l’intérêt des peuples dans le cadre de l’OMC et du cycle de négociations de Doha. C’est ainsi qu’ils assignent des objectifs par exemple pour les biocarburants qui détruisent de vastes zones de forêts, qu’ils diffusent des aliments génétiquement modifiés et prennent bien d’autres mesures qui frappent encore plus durement le revenu des travailleurs et de la petite et moyenne paysannerie.

 

« L’économie verte », mise en avant principalement par l’UE, constitue un débouché pour la suraccumulation du capital et pour la préservation des profits monopolistes en tant que moyen d’intensifier l’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles. Bien loin de résoudre le problème des changements climatiques, au contraire, elle l’intensifie. Les problèmes de climat et d’environnement ne peuvent pas être traités indépendamment de la question de la propriété des moyens de production concentrés en quelques mains et de celle du pouvoir politique.


 

CLARIFIER LA DEMARCHE INSIDIEUSE DES SOI-DISANT PARTIS DE « GAUCHE »


 

Camarades,

 

Le choix des concessions sociales, la collaboration de classe sont les instruments les plus dangereux et insidieux servant à manipuler et à désarmer la classe ouvrière. Cela nous amène à renforcer notre front idéologique et à combattre ces positions qui, la plupart du temps, ne sont pas seulement propagées par les partis néolibéraux et socio-démocrates mais aussi par des partis qui se présentent comme de « gauche », pour dire les choses, des partis opportunistes. Ces partis tentent de nouer des relations avec les partis communistes, d’exercer une influence sur leur politique, leur idéologie et au sein de leurs rangs.

 

Certains de ces soi-disant partis de « gauche » ne se contentent pas de promouvoir des positions qui font le jeu du capitalisme mais ils recourent aussi ouvertement à l’anticommunisme et ils évacuent le socialisme de l’histoire du mouvement communiste.

 

Les efforts du mouvement communiste pour l’unité de la classe ouvrière ne doivent pas être basés sur les relations avec ces partis opportunistes soi-disant de « gauche ». Ils doivent reposer sur notre capacité à convaincre, à rassembler et à mobiliser les forces du monde du travail et du peuple contre les monopoles et l’impérialisme contre leurs soutiens avoués ou dissimulés.

 

Le KKE estime que la clarification sur ce sujet crucial donnera un nouvel élan au combat du mouvement communiste. Elle renforcera son action indépendante et le recrutement de nouvelles forces dans le mouvement ouvrier. Cette question est particulièrement importante pour modifier le rapport de force et améliorer l’efficacité de la lutte dans les conditions de la crise actuelle mais aussi pour l’avenir.

 

Par ailleurs, nous voudrions aussi insister sur un autre point :

 

Cet affrontement politique et idéologique intense nécessite un surcroît d’effort pour étudier les développements de la situation suivant l’analyse marxiste-léniniste. Il nécessite également d’orienter davantage les rencontres internationales entre partis communistes et ouvriers dans ce sens. C’est seulement ainsi que ces rencontres internationales pourront jouer pleinement leur rôle, répondre aux missions complexes des communistes et à l’attente du monde du travail.


 

EN GRECE MAINTENANT


 

En Grèce, nous faisons l’expérience d’une dure bataille marquée par les attaques de l’UE et du gouvernement socio-démocrate. Dans les conditions de la crise, le processus de restructuration capitaliste s’accélère ; la tentative d’imposer la soi-disant « flexsécurité » et des formes d’emploi précaire en général s’intensifie ; la politique de démantèlement de la protection sociale continue ; la santé, l’éducation sont de plus en plus privatisée alors que les salaires et pensions sont gelés. Tous les moyens sont utilisés pour réduire le prix de la force de travail, pour accroître le degré d’exploitation et le profit capitaliste.

 

Dans ces conditions, le KKE travaille encore davantage à l’unité de la classe ouvrière, à son alliance sociale avec la paysannerie et les autres couches opprimées du peuple. Il met l’accent sur l’organisation de la classe ouvrière sur le lieu de travail et dans les syndicats. Il soutient le PAME, le pôle de classe dans le mouvement syndical qui lutte contre le syndicalisme jaune et mène de dures batailles pour les droits de la classe ouvrière.

 

Le renforcement en nombre et en efficacité de la lutte du mouvement de classe implique une action dirigée contre les tentatives de faire porter la charge de la crise sur les épaules de la population, mettant en avant par exemple des revendications qui correspondent aux besoins des gens (l’emploi stable à plein temps, une augmentation substantielle des pensions et salaires, un service public de la santé gratuit, un système d’éducation…).

 

Les syndicats qui luttent dans les rangs du PAME ont obtenu des résultats significatifs. Par des grèves, des manifestations, des occupations d’entreprise et d’autres formes de lutte, ils ont fait échec à des plans de licenciement, contrait des employeurs à réintégrer des salariés licenciés, signé des accords collectifs prévoyant des augmentations de salaires supérieures à la politique des revenus, coupé court à des attaques contre des immigrés.

 

Le KKE, comme le mouvement de classe, confrontés à ces batailles difficiles, expriment particulièrement le besoin de renforcer la lutte politique et idéologique de masse pour délivrer les forces laborieuses et populaires de l’influence politique et idéologique de la bourgeoisie, du réformisme.

 

A notre avis, les partis communistes doivent combiner le travail pour renforcer le mouvement de classe au niveau national et pour renforcer la Fédération syndicale mondiale (FSM) qui enregistre des progrès significatifs dans sa reconstruction.

 

 

EXACERBATION DES CONTRADICTIONS INTER-IMPERIALISTES


 

Nous devrions être en état d’alerte. La crise capitaliste intensifie les contradictions inter-impérialistes dans une période où ont lieu d’importantes modifications, où la part des Etats-Unis et du Japon dans le PIB mondial décroît, où l’UE accroît sa présence, où la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil sont renforcés.

 

Les travailleurs ne doivent se faire aucune illusion sur le soi-disant « monde multipolaire », sur les slogans de la social-démocratie à propos de la « démocratisation de l’ONU » ou de la « nouvelle architecture des relations internationales ». Ces slogans ne visent qu’à donner un visage humain au capitalisme. Dans les faits, le « monde unipolaire » n’a jamais existé. Les contradictions inter-impérialistes ont toujours existé. Cependant dans le passé, elles étaient atténuées par le besoin de faire face à l’URSS et aux autres pays socialistes.

 

De nos jours, nous assistons à une nouvelle intensification des contradictions inter-impérialistes ainsi qu’à l’aspiration de plusieurs puissances ou alliances impérialistes montantes à jouer un plus grand rôle dans les affaires internationales. C’est ce que le modèle de « monde multipolaire » décrit.

 

L’impérialisme se caractérise par la recherche du contrôle des marchés et des ressources naturelles. Les communistes ont assumé de grandes responsabilités dans la dénonciation et dans la mobilisation des peuples contre les guerres, les interventions, les occupations impérialistes, de même que contre les regroupements et les organisations impérialistes quels qu’aient été leur « couleur », leur nom ou la région où ils se sont constitués.

 

Les oppositions entre les organisations impérialistes comme en leur sein même, par exemple à l’OMC, ne doivent pas piéger les travailleurs avec leur demande d’une meilleure gestion, « plus juste », du système capitaliste. Les accords de l’OMC ne traduisent s’un rapport de force et il est illusoire d’imaginer qu’ils puissent devenir plus justes.

 

Les communistes ne se battent pas pour améliorer la position de leur pays sur le marché capitaliste ou pour une meilleure gestion du capitalisme mais pour le renverser et pour construire le socialisme !

 

Les travailleurs aussi bien dans les pays capitalistes développés que dans les pays au développement capitaliste bas ou intermédiaire devraient réagir par un front commun uni contre les impérialistes, contre leurs entreprises de division des peuples, dénuées de toute considération de classe, entre « le sud et le nord », les pays « riches et les pauvres ».

 

Les communistes doivent répondre à ses pseudo-divisions en élaborant une stratégie commune contre l’impérialisme, d’autant plus unitaire au niveau mondial qu’elle sera forgée dans nos luttes communes au niveau national, régional et mondial en coopération avec d’autres forces anti-impérialistes.

 

La devise historique du Manifeste communiste « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » est toujours d’actualité !

 

La distance qui sépare les capitalistes et les travailleurs augmente aussi bien dans les pays dits « en voie de développement » que « développés ». Les contradictions sociales s’aiguisent à la suite de l’offensive générale lancée par le grand capital contre les droits et les acquis des travailleurs dans toutes les parties du monde après le renversement su système socialiste en Europe.


 

LE MOUVEMENT COMMUNISTE SE RENFORCE QUAND IL TIENT SA LIGNE


 

L’expérience historique l’a prouvé. Le mouvement communiste se renforce quand il tient fermement sur sa ligne de lutte anti-impérialiste et anti-monopoliste et sur son objectif stratégique, la lutte pour le renversement révolutionnaire du capitalisme, c'est-à-dire le socialisme, l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. A l’ère moderne, qui est l’ère du passage du capitalisme au socialisme, la lutte ne saurait viser à des transformations démocratiques bourgeoises mais au pouvoir socialiste qui renversera la puissance des monopoles et résoudra les problèmes de sous-développement économique, de dépendance etc.

 

Les ennemis du socialisme et les anticommunistes de toutes sortes qui ont célébré il y a quelques jours la chute du Mur de Berlin et le renversement du socialisme ne peuvent pas arrêter le cours de l’histoire, quoiqu’ils entreprennent.

 

Le socialisme a apporté une grande contribution historique. En quelques années, l’expérience socialiste a résolu des problèmes que le capitalisme n’avait pas réussi à résoudre en plusieurs siècles. Elle a établi le droit au travail, le droit aux soins et à l’éducation gratuits. Elle a aboli l’exploitation de l’homme par l’homme. Elle a montré la supériorité du socialisme sur le capitalisme.

 

L’Union soviétique a joué un rôle déterminant dans la victoire sur le fascisme, perdant 20 millions des siens dans la bataille.

Nous étudions les manquements, les erreurs, les déviations opportunistes qui ont conduit au renversement du socialisme. Nous en tirons les leçons. Le socialisme de ce nouveau siècle se situe intégralement dans la continuation de l’héritage et des enseignements du socialisme du 20ème siècle.

 

Le socialisme est plus pertinent et nécessaire que jamais devant l’intensification de la principale contradiction du capitalisme. Chômage, pauvreté, exploitation, crise : il montre ses limites historiques.

 

La voie vers la satisfaction des besoins des peuples passe par le pouvoir des travailleurs, la dictature du prolétariat, la socialisation des moyens de production et de la terre, la planification centralisée et le contrôle des travailleurs.

 

Voilà les balises qui éclairent notre chemin.

 

Site du Parti Communiste Grec: http://www.kke.gr/

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 15:35

ptbIntervention du Parti du Travail de Belgique

 


"Nous devons renforcer le mouvement communiste révolutionnaire (...) et lutter contre les idées réformistes, social-démocrates"




Rapport présenté par Baudouin Deckers, membre du Bureau National et responsable du Département des Relations Internationales

 

La crise économique s’approfondit

La crise financière de fin 2008 a entraîné une crise économique mondiale. C’était inévitable. Car la crise financière a sa source dans une crise structurelle de surproduction qui s’exacerbe par vagues successives depuis le début des années 1970. En tant que marxistes, nous savons qu’elle est inséparable du mode de production capitaliste.

 

Cette thèse a déjà été plusieurs fois développée. Entre autres au Séminaire Communiste Interna­tional de Bruxelles de mai 2009, comme en témoigne la Déclaration qui y fût adoptée.

 

Depuis lors, certaines banques et entreprises notent à nouveau des bénéfices. Les moindres signes de reprise suscitent des soubresauts euphoriques de la Bourse. Diverses instances du monde capitaliste lancent des bulletins de santé plutôt optimistes : la maladie serait presque conjurée…

 

A les entendre, le monde ne verrait pas se répéter les années 29-30 du siècle passé…

 

Le capitalisme serait-il en état de surmonter réellement ses crises ?

 

Les Etats capitalistes ont utilisé tout leur arsenal financier pour éviter une dépression de longue durée.

 

Les aides des États aux grands capitalistes ont atteints des sommets inouïs. Au niveau mondial, ils ont dépensé plus de 2.000 milliards de $ (2.000 mds$) pour sauver des banques de la faillite – en Belgique 20 mds$. Les États ont fourni des garanties afin de rétablir la confiance interbancaire et des épargnants. Ils sont intervenus massivement pour racheter des obligations et des crédits toxiques.

 

Ces immenses efforts (que la population devra payer…) ont provisoirement donné un certain résultat, en contradiction avec ce qui s'est passé après 1929. On passe d'une période de récession vers un retour de croissance lente, mais à un niveau beaucoup plus bas qu'il y a un an.

 

Néanmoins, une montée en flèche du chômage restera le phénomène dominant dans les prochains mois et années.

 

Il y a des surcapacités et la période de restructuration, de liquidation de capital et de rationa­lisation n'est qu'à son début. Il n'y a pas d'investissements pour l'instant, sauf pour des reprises et restructurations.

 

S'il y a une légère reprise, elle est largement due à la reconstitution des stocks.

 

En Belgique, le Bureau du Plan prévoit 175.000 chômeurs en plus entre 2008 et 2011. Et plus de 200.000 avec la croissance de la population active. Aux EU, pour la première fois depuis 1983, le taux de chômage a dépassé les 10%. Avec un taux de chômage en flèche, la pression sur les salaires va rester (ce qui renforce la baisse du pouvoir d'achat). 

 

La reprise restera très faible, très hésitante et instable.

 

Les pertes d'emplois, la baisse des revenus, la pénurie de crédits ont fait chuter la consommation et augmenter l’épargne.

 

Les risques financiers (banques) ne sont pas du tout éliminés, de nouveaux effondrements ne sont pas à exclure. Il suffit d’en référer à la faillite de la banque DSB Pays-Bas ou de la banque américaine CIT, la quatrième faillite en importance dans l'histoire des EU.

 

Il y a encore une grande dose de produits toxiques dans les circuits financiers. En plus, la crise économique se retourne maintenant aussi contre les banques, qui ont de plus en plus à faire à des entreprises débitrices défaillantes.

 

Cette situation incite les banques centrales à poursuivre leur politique de faible taux d'intérêt.

 

L’intervention massive des banques centrales revient à une création massive de monnaie, qui peut mener à une inflation très importante.

 

 

Les États se sont endettés comme jamais afin de sauver des banques et de grandes entreprises. Les déficits budgétaires dépassent toutes les normes.

 

Le démantèlement des services et des entreprises publiques est accéléré, les budgets des soins de santé et de l’éducation sont à nouveau visé. Les plans d'économies ou l'augmentation d’impôts divers vont peser encore plus sur le revenu des ménages.

 

Afin de rétablir leurs bénéfices et de contrer le danger d’inflation, les capitalistes ont réduit sensiblement les salaires et haussé la productivité. Aux États-Unis (EU),  le coût salarial par unité produite a connu une baisse de 3,4% au cours du 3ème trimestre 2009.

 

Tout cela ne facilitera pas la sortie de la crise.

 

Une rechute n'est certainement pas à exclure.

 

La consommation aux EU ne 'tire' plus l'économie mondiale et il n'y a pas de relève pour l'instant.

 

L'économie chinoise connaît toujours la plus forte croissance (7 à 8%). Mais elle ne peut remplacer la consommation américaine comme moteur de l'économie mondiale. Le PIB chinois n'est qu'un cinquième du PIB américain. Et la consommation en Chine n'atteint que 35% du PIB, tandis qu'elle est de 70% aux EU.

 

En conclusion l’on peut dire que les plans de relance et les incitants ont poussé quelque peu la conjoncture, mais que toutes ces mesures sont très temporaires. La croissance n'est pas du tout durable. Une rechute est possible et certains économistes la prévoient déjà pour le deuxième trimestre de 2010.

 

La crise financière et économique pousse à un nouvel ordre mondial

 

Après la victoire de la contre-révolution en 1989, les grandes puissances impérialistes pensaient assurer leur contrôle planétaire par une politique militariste. Dans les faits, leurs agressions en Yougoslavie, Irak, Afghanistan et ailleurs ont approfondi le fossé entre elles et le reste du monde. Les crises financières en Asie en 1997, en Amérique Latine en 1998 et au niveau mondial en 2008-2009 discréditent toujours plus le système même de marché libre, imposé en plus par des mesures antisociales dictées par le FMI ou la BM. Car c’est précisément ce système-là qui pousse aujourd’hui une grande partie des économies du monde au bord du gouffre.

 

Entre-temps, en Asie et en Amérique Latine, les pays à régime socialiste comme la Chine ou Cuba, nationalistes-progressistes comme le Venezuela, la Bolivie, le Brésil et d’autres ou des puissances émergentes comme l’Inde ont réussi à briser le carcan de dépendance totale et de sous-développement dans lequel l’impérialisme les avait enfermés durant plus d’un siècle.

 

La Chine et Cuba et les autres pays émergents sont devenus des leviers puissants d’un nouvel ordre mondial. Un long chemin reste certes encore à parcourir. Mais personne ne peut plus douter du déclin inévitable de l’impérialisme.

 

Déjà le dollar est toujours plus largement remis en cause comme monnaie internationale. [3]

 

Joseph Stiglitz, prix Nobel et professeur renommé d’économie parlait récemment de “la lutte d’idées au niveau planétaire quant à savoir quel système économique est le meilleur pour le peuple appartient à l’héritage de cette crise”. “Nulle part,” dit-il, “ce débat ne se mène   de manière plus serrée que dans le Tiers-Monde… Ici l’on débat intensément entre capitalisme et socialisme…. Les pays du Tiers Monde en sont toujours plus convaincus qu’il ne faut pas embrasser les idéaux économiques étasuniens mais qu’au contraire il faut s’en détacher le plus possible”[4].

 

Crise environnementale planétaire

 

Le capitalisme ne se trouve pas seulement discrédité à cause des catastrophes économiques dans lesquelles il entraîne le monde. Mais aussi par son incapacité totale à répondre à cette autre crise d’envergure: celle qui menace la vie même sur notre planète.

 

Le “United Nations Environment Programme” (UNEP) a récemment soumis au sommet du G20 un document intitulé “Global Green New Deal”. La première phrase de ce document dit bien de quoi il s’agit: “ En réponse à la crise financière et économique, l'UNEP a appelé à un ‘Global Green New Deal’ pour revitaliser l'économie globale ... en même temps que simultanément accélérer la lutte contre le changement climatique [In response to the financial and economic crisis, UNEP has called for a ‘Global Green New Deal’ for reviving the global economy… while simultaneously  accelerating the fight against climate change]”.  Les technologies environnementales doivent selon ce rapport avant tout servir à réanimer l’économie globale, l’économie de marché. Elles constituent indéniablement d’immenses opportunités pour les capitaux en quête d’investissements et contribueront à une certaine relance de l’économie. Mais le critère économique étant dominant il en limite en même temps la portée pour la sauvegarde de notre planète. C’est la chasse illimitée aux profits qui a mené aussi bien à la crise financière et économique qu’à la situation catastrophique de notre environnement. Ce n’est pas le capital privé, à la recherche de bénéfices toujours plus grands, qui va pouvoir résoudre l’immense crise écologique dans laquelle notre planète sombre.

 

L’histoire a montré que le capitalisme ne peut surmonter ses crises qu’en détruisant à chaque fois d’immenses forces productives. « Lors de la dépression des années 30, ce n'est pas le 'new deal' qui a sorti l'économie capitaliste du marasme mais bien la deuxième guerre mondiale. Nous sommes devant une période de contradictions renforcées pendant que le capital devient plus agressif. Cela risque d'aboutir à de nouveaux conflits armés. »[5].

 

Nos tâches en tant que Partis communistes

 

Partout les travailleurs bougent et protestent. Certains s’inquiètent du retard des luttes de classes par rapport à l’ampleur des crises qui frappent le capitalisme. Il faut rappeler que ce n’est pas en 1929 qu’eurent lieu les combats les plus larges de la classe ouvrière, mais quelques années plus tard. Ce n’est que lorsque les travailleurs ressentent pleinement le poids que les gouvernements et patrons font peser sur eux qu’ils réagissent. En plus, il ne faut pas sousestimer le vide qu’a laissé la contre-révolution. Dans les années 1930, les travailleurs voyaient que le socialisme en URSS était l’alternative. Aujourd’hui, les travailleurs perdent de plus en plus toute confiance dans le capitalisme. Mais ils ne voient pas ce qu’il faut y opposer.

 

Le Parti de la Gauche européenne  s’acharne à défendre une voie réformiste de gauche, une version actualisée du social-démocratisme. Pour lui, obtenir des améliorations partielles dans les limites du système actuel, c’est déjà suffisamment ambitieux. Nous ne collaborerons jamais à ces tentatives-là de lier les travailleurs au système capitaliste et impérialiste.

 

C’est à nous d’aider les ouvriers, les employés, les chômeurs, les étudiants, les petits indépendants à se rendre compte qu’il ne s’agit pas de notre crise, mais de celle du capital. Que le problème fondamental est la propriété privée des grands moyens de production, associée à la recherche continue de bénéfices plus élevés par la poignée de détenteurs de grands capitaux. Seule une économie réellement socialiste, planifiée par l’État ouvrier, peut faire en sorte que la production se développe en fonction des besoins des masses et non pas des profits pour une minorité.

 

Cette compréhension ne passe évidemment pas si facilement aujourd’hui, dans nos pays impérialistes. Cela ne sert à rien de se lamenter à ce sujet, nous en connaissons les raisons: le renversement du socialisme en URSS, la mainmise croissante de quelques grands monopoles sur les médias, etc. Nous devons partir de la réalité et découvrir les voies par lesquelles les travailleurs peuvent, aujourd’hui, progresser dans le sens anti-capitaliste.

 

Nous avons décidé de marcher sur deux jambes. D’une part, nous débarrasser de toute rigidité et dogmatisme dans notre travail de masse: nous devons partir de ce que les gens comprennent aujourd’hui, des revendications correctes pour lesquelles ils veulent bouger – quel qu’en soit le niveau, de soutenir et d’aider à développer les luttes dans lesquelles ils s’engagent. Nous menons par exemple en ce moment une grande campagne pour une taxe sur les millionaires, une taxe qui frapperait les 72.000 familles d’euromillionnaires en Belgique. Comparé à la population, c’est le plus grand nombre dans l’Union européenne. Taxer les grosses fortunes est une revendication que rencontre déjà un certain soutien dans différents milieux syndicaux…. Mais pour les cercles politiques bourgeois, c’est une revendication insensée et “irréaliste”…. Nous propageons également une diminution de la TVA sur l’énergie, de 21% - le taux actuel – à 6%. Nous avons déjà collecté plus de 200.000 signatures et nous poursuivrons cette campagne tant que la mesure n’aura pas été appliquée. Je pourrais vous citer une liste bien plus longue de revendications ou d’actions que nous menons, qui sont au niveau des gens.

 

Bien sûr, inévitablement le danger d’opportunisme de droite existe, et il serait aussi pour nous un véritable risque, si nous ne marchions pas non plus sur l’autre jambe: celle du renforcement de l’éducation marxiste-léniniste au sein de notre parti, à travers notre revue théorique et à travers des conférences ouvertes.

 

Nous devons renforcer le mouvement communiste révolutionnaire. Cela nécessite que nous approfondissions notre compréhension et notre critique marxiste du capitalisme actuel, en lutte avec les idées réformistes, social-démocrates. Cela nécessite que nous renforcions notre collaboration à ce niveau. Nous devons aussi échanger plus d’expériences en matière d’organisation des masses et d’organisation de nos propres partis communistes, comme nos expériences en matière de tactique. Tout notre travail doit se baser sur le socialisme scientifique. Mais il est clair que la réponse concrète aux problèmes typiques de notre époque ne se trouvera pas comme telle dans ces écrits. Elle ne peut surgir que des bilans scientifiques que nous faisons de nos expériences.

 

http://www.solidnet.org

 



[1]     Vanity Fair, Joseph E. Stiglitz, July 2009

[2]     Declaration on the Economic Crisis, 18th International Communist Seminar, Brussels, 15-17 May 2009

[3] Le professeur Shi Jianxun de l’université Tongji à Shanghai a publié un article dans le “Journal du Peuple” du 17 septembre, dans lequel il dit entre autres: “Le monde a besoin incessamment d’une monnaie diversifiée et d’un ordre financier juste qui ne soit plus longtemps dépendant des États-unis. Cet appel a été repris par Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque Nationale de Chine et acceuilli favorablement entre autres par l’Iran, le Pakistan, le Venezuela et d’autres pays. L’Iran et le Venezuela sont les promoteurs au sein de l’OPEP du passage du dollar à une corbeille de monnaies…

[4]     “ … a worldwide battle over ideas – over what kind of economic system is likely to deliver the greatest benefit to the most people. Nowhere is that battle raging more hotly than in the Third World, among the 80% of the world’s population that lives in Asia, Latin America and Africa… In much of the world the battle between capitalism and socialism still rages…. They are increasingly convinced that any economic ideals America may espouse are ideals to run from rather than embrace.” Vanity Fair, Joseph E. Stiglitz, July 2009

[5]     « Déclaration sur la crise », 18ème Séminaire communiste international, Bruxelles, 15-17 mai 2009
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 23:57

Premier numéro de la 'Revue communiste internationale'


 


 

 



Numéro consacré à la crise capitaliste disponible en anglais, espagnol et russe sur le web:  www.iccr.gr

 

Editorial du premier numéro:



« Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social passé. » (K. Marx – F. Engels, Manifeste du Parti communiste)

 

La publication de la première édition de la « Revue communiste internationale » exprime la nécessité de coopération entre les journaux théoriques et politiques des Partis communistes qui prennent des positions communes sur une série de questions théoriques et idéologiques fondamentales. Tant l’évaluation de la période de recul du mouvement communiste international après la victoire de la contre-révolution en URSS et dans les pays d’Europe Centrale et de l’Est que les questions qui se sont posées au mouvement communiste par le développement de la lutte des classes moderne ont fait mûrir cette nécessité.

 

Les mesures prises par le passé visant à la coopération et à la coordination des Partis communistes et ouvriers étaient importantes et nécessaires. Nous pensons qu’elles ont abouti à des succès considérables que nous soutenons et soutiendrons. Un certain niveau a été atteint en ce qui concerne les discussions, l’échange d’informations et la coordination, les positions communes et les mesures prises quant à certaines questions.

 

Il nous reste toutefois à atteindre un but fondamental, c’est-à-dire l’unité politique idéologique du mouvement communiste sur la base du marxisme léninisme, la défense des réalisations - pour la ouvrière mondiale – accomplies par la première tentative de l’histoire pour construire le socialisme et par le point de vue commun quant au caractère des renversements et à leurs causes, nécessité préalable si l’on veut venir à bout de la crise profonde du mouvement communiste en vue de revitaliser son but stratégique – le socialisme.

 

C’est pour cette raison que nous considérons que, parallèlement à la poursuite de la coopération et de la coordination des Partis communistes et ouvriers, telle leur réunion annuelle internationale, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les journaux marxistes-léninistes théoriques, à un niveau théorique. Nous n’oublions pas que la condition première pour la formation d’un parti révolutionnaire est la maîtrise de la théorie révolutionnaire, qui fut au centre de l’attention de la IIIe Internationale communiste léniniste dont nous célébrons cette année le 90e anniversaire. Le Komintern l'« Internationale communiste » exposa à grands traits ses principes organisateurs et ses positions théoriques dès la première parution de son journal théorique.

 

La “Revue communiste internationale”, qui poursuit les traditions de Lénine, est une publication qui revêt un caractère idéologique et politique clair. C’est un journal qui défend un point de vue et ne se contente pas de rapporter des thèses des Partis communistes, ce dernier travail étant réalisé par des publications appropriées telles que le « Bulletin d’Information » des réunions internationales des Partis communistes et ouvriers, ainsi que par des publications d’autres partis. Nous nous sommes donné pour but de contribuer à la popularisation et au développement de la théorie marxiste-léniniste au travers de l’analyse idéologique et d’un positionnement politique par rapport aux développements modernes du capitalisme et aux questions posées par la lutte des classes. Nous croyons que l’application de l’orientation marxiste-léniniste au sein du mouvement communiste et ouvrier international est la condition première de sa nécessaire réorganisation.

 

Les journaux théoriques et politiques des Partis communistes qui coopèrent à la publication de la « Revue communiste internationale » se sont sur base d' un point de vue commun sur les questions majeures qui se posent au mouvement communiste international : la défense des principes du marxisme-léninisme, celle de l’internationalisme prolétarien, de la nécessité d’une révolution socialiste, de la dictature du prolétariat et de la construction d’une société socialiste.

 

Nous réunissons nos forces pour contribuer à la réorganisation théorique et idéologique du mouvement communiste international sur une base marxiste-léniniste stable, malgré nos approches différentes quant aux questions tactiques et stratégiques.

 

Pour que soit tout spécialement mis en lumière le rôle d’avant-garde joué par la classe ouvrière dans le processus révolutionnaire alors qu’un ensemble de forces contestent les critères marxistes-léninistes d’appartenance à la classe ouvrière, et, par conséquent, sa position prépondérante tant dans la lutte pour le progrès social que dans la transition révolutionnaire du capitalisme au socialisme.

 

Pour défendre les principes léninistes sur le parti, au moment où la pression exercée sur les Partis communistes pour qu’ils s’incorporent dans le système capitaliste augmente.

 

Pour faire ressortir la nécessité de la lutte contre les institutions impérialistes internationale tels le FMI, l’OTAN, l’UE, etc…

 

Pour défendre l’expérience historique du mouvement communiste international, bien entendu, sans rejeter la critique nécessaire et les conclusions scientifiques qui aideront le mouvement communiste international moderne à progresser. Nous pensons qu’il faut suivre le chemin tracé par les traditions révolutionnaires de la Commune de Paris, de la révolution socialiste d’Octobre, de l’Internationale communiste et de l’expérience socialiste de l'Union soviétique et d’autres pays.

 

La réorganisation théorique et idéologique du mouvement communiste international ne peut être accomplie sans une confrontation ferme avec les courants qui opèrent dans le mouvement ouvrier, tels la démocratie sociale, toutes sortes d’opportunisme au sein du mouvement communiste lui-même, le révisionnisme, le réformisme, le nationalisme, le cosmopolitisme du capital et le libéralisme.

 

Nous exposons donc ouvertement notre position, notre point de vue et notre critique sur le recul actuel et de la distorsion du marxisme, au mouvement communiste international tout entier et contribuons au lancement, en son sein, d’une discussion substantielle sur son orientation théorique et idéologique. Nous nous adressons à tous les journaux théoriques des Partis communistes qui défendent les principes ci-dessus et souhaitent apporter leur contribution à cet effort.

 

Nous avons estimé qu’il était nécessaire de consacrer la 1e édition de la « Revue communiste internationale » à l’actuelle crise économique internationale du capitalisme, qui révèle les limites historiques du système capitaliste et accumule un matériel explosif qui pourra servir au processus révolutionnaire des années à venir.

 

La crise actuelle confirme l’importance de l’oeuvre exclusivement théorique de K. Marx « Le Capital ». Il révèle comme question-clé (au premier plan de l’ouvrage théorique) sa compréhension créative, c’est-à-dire la maîtrise en profondeur des lois du développement de l’économie capitaliste, qui nous permet d’analyser des phénomènes qui n’avaient pas été complètement développés à l’époque de Marx, telles les nouvelles formes de circulation du capital monétaire ou les nouveaux moyens techniques qui accélèrent la diffusion de l’information et des transactions.

 

Le point de vue et l’analyse marxistes-léninistes de tels phénomènes est décisive si l’on veut tirer des conclusions de la lutte politique pour la classe des travailleurs, dans chaque pays et au niveau international, fortifier le front idéologique et politique en butte aux propositions réformistes et opportunistes concernant la rationalisation du capitalisme.

 

Nous espérons que les articles publiés dans ce journal contribuent à cette orientation.

 

Le conseil de rédaction de la revue est formé des représentants des publications suivantes: «Etudes Marxistes» (Parti du Travail de Belgique), «Communistiki epitheorisi» (Parti communiste de Grèce). «Szabadsag»«Sotsialist Latvii» (Parti socialiste de Lettonie), «Zeitung vum Letzebuerger Vollek» (Parti communiste du Luxembourg), «El Comunista» (Parti des Communistes du Mexique), «Propuesta Comunista» (Parti communiste des Peuples d'Espagne), «Sovietsky Soyuz» (Parti communiste ouvrier russe), «Genelek» (Parti communiste de Turquie), «Debate Abierto» (Parti communiste du Venezuela). (Parti communiste ouvrier hongrois),

 

Site de la revue: http://www.iccr.gr/
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 23:04


Déclaration de la 11ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers à Delhi

 




Traduction EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.


Le PCF a envoyé une représentante mais, à ce jour, aucun compte-rendu n’a été communiqué.


Interventions des partis participants ici: 11ème rencontre des Partis Communistes à New Delhi: vers un nouvel internationalisme


 

Déclaration de Delhi


 

La 11ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers s’est tenue à New-Delhi du 20 au 22 novembre 2009 avec comme sujet de discussion : « la crise capitaliste internationale, les luttes des peuples et des travailleurs, les alternatives et le rôle des organisations de la classe ouvrière et des organisations communistes ».

 

La rencontre de Delhi réitère son analyse selon laquelle la récession mondiale actuelle est une crise systémique du capitalisme qui fait la démonstration de ses limites et de la nécessité de son renversement révolutionnaire. Elle fait la démonstration de l’aiguisement de la contradiction principale du capitalisme, entre la nature sociale de son mode de production et l’appropriation capitaliste individuelle.


Les représentants politiques du capital tentent de concilier les termes de cette contradiction insurmontable entre le capital et le travail qui est au cœur de la crise. La crise intensifie les rivalités entre les puissances impérialistes qui, de concert avec les institutions internationales - le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et quelques autres – mettent en œuvre leurs « solutions » visant essentiellement à intensifier l’exploitation capitaliste. L’impérialisme, au niveau mondial, continue à appliquer de façon agressive ses « solutions » politiques et militaires. L’OTAN avance une nouvelle stratégie agressive. Les systèmes politiques deviennent plus réactionnaires restreignant les libertés civiques et démocratiques, les droits syndicaux, etc. La crise approfondit encore la corruption, structurelle dans le capitalisme, qui est en passe d’être institutionnalisée.

 

La rencontre de Delhi réaffirme que la crise actuelle, probablement la plus grave depuis la grande dépression de 1929, n’a épargné aucun domaine. Des centaines de milliers d’usines sont fermées. Les économies rurales et agraires sont ruinées aggravant la misère et la pauvreté de millions d’agriculteurs et d’ouvriers agricoles de par le monde. Des millions de personnes sont privées d’emploi et de logement. Le chômage atteint des niveaux inédits et doit officiellement dépasser la barre des 50 millions. Les inégalités s’accroissent dans le monde : les riches deviennent plus riches, les pauvres, plus pauvres. Plus d’un milliard de personnes, c'est-à-dire le sixième de l’Humanité, souffrent de la faim. Les jeunes, les femmes, les immigrés sont les premières victimes.

 

Fidèle à leur nature de classe, la réaction des différents gouvernements capitaliste pour surmonter la crise échoue à répondre à ces problèmes fondamentaux. Tous les suppôts néolibéraux et les gestionnaires socio-démocrates du capitalisme, qui avaient tant dénigré l’Etat, utilisent maintenant l’Etat à leur rescousse, soulignant ainsi une donnée fondamentale : l’Etat capitaliste a toujours favorisé les superprofits et leur a ouvert des boulevards pour se réaliser. Tandis que la charge des plans de sauvetage et de renflouement pèse sur les dépenses publiques, leurs bénéfices reviennent à un petit nombre. Les plans de renflouement annoncés visent d’abord à sauver puis à étendre les possibilités de faire du profit. Les banques et les sociétés financières ont déjà repris les affaires et recommencé à faire du profit. L’augmentation du chômage et la baisse des salaires réels représentent la charge payée par les travailleurs en contrepartie des cadeaux consentis aux trusts avec ces gigantesques plans de renflouement.

 

La rencontre de Delhi estime que cette crise n’est pas une aberration qui serait due à l’avidité de quelques uns ou au défaut de fonctionnement des mécanismes de régulation. La recherche du profit maximal, qui est la raison d’être du capitalisme, a largement accentué les inégalités à la fois entre pays et à l’intérieur des pays dans ces décennies de mondialisation. La conséquence naturelle a été la perte de pouvoir d’achat d’une grande majorité de la population du monde. La crise actuelle est bien une crise systémique. Une fois de plus est attestée l’analyse marxiste selon laquelle le système capitaliste est en crise de façon inhérente. Dans sa recherche du profit maximal, le capital franchit toutes les limites et foule tout au pied. Dans ce processus, il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de toutes les autres couches du monde du travail, leur imposant de plus grandes privations. Le capitalisme a effectivement besoin d’une armée de réserve de travailleurs. La libération d’une telle barbarie capitaliste ne pourra provenir que de l’avènement d’une véritable alternative, le socialisme. Cela suppose le renforcement des luttes antimonopolistes et anti-impérialistes. Notre lutte pour une alternative est ainsi une lutte contre le système capitaliste. Notre lutte pour une alternative est une lutte pour un système où l’exploitation de l’homme par l’homme, d’une nation par une autre nation n’existe pas. C’est une lutte pour un autre monde, un monde de justice, un monde socialiste. 

 

Les participants à la rencontre de Delhi sont conscients que les puissances impérialistes dominantes cherchent à sortir de la crise en augmentant la pression sur les travailleurs, en cherchant à pénétrer et à dominer les marchés des pays au niveau de développement capitaliste bas ou intermédiaire, appelés communément les pays en voie de développement. C’est à quoi elles essaient d’aboutir en priorité dans le cycle de négociations de l’OMC de Doha sur le commerce, qui reprend des accords économiques inégaux aux dépens des peuples de ces pays, notamment en ce qui concerne les normes agricoles et l’accès au marché des produits non agricoles (NAMA).

 

Secondairement, le capitalisme, qui est le premier responsable de la destruction de l’environnement, tente de transférer la totalité de la charge de la sauvegarde de la planète du changement climatique, qu’il est le premier à avoir causé, sur les épaules de la classe ouvrière et de l’ensemble des travailleurs. La proposition du capitalisme de se restructurer au nom du changement de climat n’a que bien peu à voir avec la protection de l’environnement. Le « développement vert » et « l’économie verte », inspirés par les trusts, sont conçus pour servir à imposer de nouvelles règles du capitalisme monopoliste d’Etat qui permettent une maximisation du profit et imposent de nouvelles privations aux peuples.

 

La rencontre de Delhi constate que la seule sortie de cette crise capitaliste pour la classe ouvrière et les peuples réside dans l’intensification des luttes contre la domination du capital. La classe ouvrière en a fait l’expérience : quand elle mobilise ses forces et résiste aux attaques, elle peut réussir à défendre ses droits. Les manifestations dans l’industrie, les occupations d’usine et d’autres initiatives militantes de ce type venant de la classe ouvrière ont obligé les classes dominantes à prendre en compte les revendications des travailleurs. L’Amérique Latine, théâtre actuel de mobilisations populaires et d’actions importantes de la classe ouvrière, a montré comment, par la lutte, des droits peuvent être défendus et conquis. Dans ces temps de crise, à nouveau, le mécontentement met la classe ouvrière en effervescence. Dans beaucoup de pays, on a observé et on observe d’immenses luttes de la classe ouvrière pour ses revendications. Ces luttes de la classe ouvrière ont besoin d’être prolongées en mobilisant la grande masse de ceux qui souffrent, non seulement en vue d’améliorations immédiates mais de réponses de long terme à leur détresse.

 

L’impérialisme, sur la lancée de la fin de l’Union soviétique et de la période de boom économique précédent la crise actuelle, a engagé une offensive sans précédent contre les acquis de la classe ouvrière et des peuples. Ce mouvement s’est accompagné d’une propagande anticommuniste frénétique, non seulement dans chaque pays, mais au niveau mondial et interétatique (UE, OSCE, Conseil de l’Europe). Mais quoiqu’ils essaient de faire passer, les réalisations du socialisme et sa contribution à la définition des contours d’une civilisation moderne n’en demeurent pas moins.


Devant cette offensive acharnée, nos luttes ont été jusqu’à présent principalement des luttes défensives, des luttes visant à préserver les acquis gagnés auparavant. La conjoncture présente appelle au lancement d’une offensive, plus uniquement pour défendre nos acquis mais pour en gagner d’autres. Non pour gagner quelques droits nouveaux mais pour démanteler l’ensemble de l’édifice capitaliste, pour aller à l’assaut de la domination du capital, pour une alternative politique, le socialisme.

 

La rencontre de Delhi décide d’inciter dans ces conditions les partis communistes et ouvriers à travailler au rassemblement et à la mobilisation les plus larges des forces populaires dans la lutte pour l’emploi stable à plein temps, pour un système de santé entièrement public et gratuit pour tous, pour l’éducation et la protection sociale, contre le racisme et la discrimination selon le genre, pour la défense des droits de toutes les composantes de la classe ouvrière notamment les jeunes, les femmes, les immigrés, les personnes appartenant à des minorités ethniques ou nationales.

 

La rencontre de Delhi appelle les partis communistes et ouvriers à entreprendre cette tâche dans chacun de leurs pays et à lancer de vastes luttes pour le droit des peuples et contre le système capitaliste. Bien que la crise soit inhérente au système capitaliste, il ne s’effondre pas automatiquement. En l’absence d’une contre-offensive menée par les communistes, une poussée des forces réactionnaires menace. Les classes dominantes se lancent dans une attaque généralisée pour empêcher la croissance des partis communistes et ouvriers, pour maintenir leur statu quo. La social-démocratie continue à répandre des illusions sur le véritable caractère du capitalisme mettant en avant des slogans comme « l’humanisation du capitalisme », sa « régulation », la « gouvernance globale » etc. En fait, ces formules soutiennent la stratégie du capital en niant la lutte des classes et en appuyant la poursuite des politiques antipopulaires. Une addition de réformes dans le cadre du capitalisme n’éliminera pas l’exploitation. Le capitalisme doit être renversé. Cela exige l’intensification de luttes populaires conduites politiquement et idéologiquement par la classe ouvrière. Toute sorte de théories sont propagées du genre : « il n’y a pas d’alternative à la mondialisation impérialiste ». A l’opposé, nous répondons : « le socialisme est l’alternative ».

 

Nous, partis communistes et ouvriers, venant de toutes les parties du monde, représentant les intérêts de la classe ouvrière et de tout le reste du monde du travail (soit une large majorité de la population mondiale), soulignons le rôle irremplaçable des partis communistes, appelons les populations à nous rejoindre pour renforcer les luttes, pour affirmer que le socialisme est la seule véritable alternative pour l’avenir de l’Humanité et que l’avenir nous appartient.  


Liste des partis participant à la rencontre de Delhi :


Parti communiste sud-africain ;

Parti communiste allemand ;

Parti communiste d’Argentine ;

Parti communiste d’Australie ;

Parti communiste du Bangladesh ;
Parti du travail de Belgique ;
Parti communiste brésilien ;

Parti communiste du Brésil ;

Parti communiste du Canada ;

Parti communiste de Chine ;

AKEL, Chypre ;

Parti des travailleurs de Corée ;

Parti communiste de Cuba

Parti communiste du Danemark ;

Parti communiste au Danemark ;

Parti communiste espagnol ;
Parti communiste des peuples d’Espagne ;
Parti communiste des Etats-Unis ;
Parti communiste de Finlande ;

Parti communiste français ;
Parti communiste de Grande-Bretagne ;
Parti communiste de Grèce ;

Parti progressiste du peuple de Guyane ;
Parti communiste ouvrier de Hongrie ;
Parti communiste de l’Inde ;
Parti communiste de l’Inde (marxiste) ;
Parti Tudey d’Iran ;

Parti communiste d’Irak ;

Parti communiste d’Irlande ;

Parti communiste d’Israël ;
Parti de la Refondation communiste italien ; 

Parti des communistes italiens ;

Parti des communistes de Kirghizie ;

Parti révolutionnaire du peuple laotien ;

Parti socialiste de Lettonie ;
Parti communiste libanais ;
Parti communiste du Luxembourg ;
Parti des communistes du Mexique ;

Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié)

Parti communiste de Norvège ;

Parti communiste du Pakistan ;

Parti communiste palestinien ;

Parti du peuple palestinien ;

Nouveau parti communiste des Pays-Bas ;
Parti communiste péruvien ;

Parti communiste portugais ;
Parti communiste de la Fédération de Russie ;

Parti communiste de l’Union soviétique ;
Parti communiste ouvrier de Russie ;
Parti communiste du Sri-Lanka ;
Parti communiste de Suède ;

Parti communiste syrien ;
Parti communiste de Bohème-Moravie ;
Parti communiste de Turquie ;
Parti communiste du Vietnam ;

Parti communiste de Yougoslavie.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
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