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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 23:26
Déclaration du Conseil mondial de la Paix à propos des frappes de missiles par les Etats-Unis sur des cibles syriennes

Traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf ». Déclaration du 7 avril 2017.

Le Conseil mondial de la Paix dénonce et condamne les récentes frappes de missiles par les Etats-Unis sur des cibles syriennes, le 6 avril, comme étant un acte supplémentaire dans l’escalade de l’intervention impérialiste et dans la région, reposant sur la prétendue utilisation par l’armée syrienne, pour des motifs improbables, d’armes chimiques dans la ville de Khan Chekhoun, près d’Idleb.

Le bombardement américain en Syrie constitue non seulement une violation des principes de la Charte des Nations Unies, mais il se situe aussi dans la continuation des politiques des gouvernements américains précédents, maintenant par le gouvernement Trump. Après avoir créé, formé et financé les groupes armés de mercenaires de « l’Etat islamique » et d’autres, les Etats-Unis, l’OTAN et l’UE, avec leurs alliés dans la région, apportent un soutien aux groupes terroristes armés en frappant l’armée syrienne et ce n’est pas la première fois. Derrière ces attaques se trouvent les projets d’établissement d’un « Grand Moyen-Orient » permettant le contrôle des ressources énergétiques et des oléoducs avec des régimes consentants et de nouvelles frontières.

Le CMP exprime sa solidarité avec le peuple syrien et les peuples de la région, qui ont le droit de déterminer librement leur destinée sans ingérence étrangère. Nous dénonçons également l’hypocrisie et la morale à deux vitesses des impérialistes, qui soutiennent (ou conduisent) des attaques contre les peuples et les nations, poussant des centaines de milliers de personnes à se réfugier, mais qui, dans le même temps versent des larmes sur le sort des personnes déplacées qui ont fui pour sauver leur vie.

Le CMP appelle ses membres et amis à condamner les interventions et les projets impérialistes dans la région et à exprimer leur solidarité avec les peuples en détresse.

Le Secrétariat du Conseil mondial de la Paix, le 7 avril 2017  

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 22:37
STOP à la guerre contre la SYRIE, déclaration de la FMJD sur les frappes de missiles des Etats-Unis contre la Syrie

Traduction NK, reprise du site de la JC 42

La Fédération Mondiale de la Jeunesse Démocratique (FMJD) condamne les frappes de missiles américains menées contre des cibles syriennes le 6 avril. Cette attaque s’ajoute à tous les actes d’agression que le peuple syrien a dû affronter ces dernières années. Cette attaque constitue le point culminant de l’intervention impérialiste en Syrie et dans la région. L’excuse de l’usage présumée d’armes chimiques dans la ville de Khan Cheikhoun ne trouve pas de justification valable puisque il n’y a encore aucune preuve qui pointe du doigt les responsables de l’utilisation de ces armes chimiques.

Le bombardement américain en Syrie est la continuation des précédentes politiques des États-Unis de la part de la nouvelle administration. Il est évident que les interventions et l’invasion militaire sont des pratiques que l’OTAN n’a jamais abandonné de ses plans. Tout d’abord leur agenda impérialiste dans la région a créé, formé et financé les groupes armés de « L’État islamique ». Dès le début de la guerre contre la Syrie, l’OTAN et ses alliés ont apporté leur soutien à des groupes terroristes armés dans le but de déstabiliser la paix dans la région et de créer les conditions pour de nouvelles interventions contre des États souverains comme la Syrie. L’agenda impérialiste de l’OTAN aspire au contrôle des ressources énergétiques et des voies de transport. La satisfaction de leurs intérêts impérialistes les conduira probablement à redessiner les frontières de la région avec le sang du peuple.

La FMJD exprime sa solidarité avec le peuple syrien et appelle la jeunesse du Monde à unir sa voix à celle de toutes les forces du mouvement pour la paix dans le monde qui cherchent à mettre un terme à toute intervention étrangère et à la guerre contre la Syrie. La FMJD appelle à une solution pacifique fondée sur le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie et du droit des peuples à décider eux-mêmes de leurs dirigeants et de l’avenir de leurs pays.

Budapest, 13 avril 2017.
QG de la FMJD.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 06:38

syria-2-580x386--2x.jpgRelations étroites entre Israël et les forces djihadistes syriennes : les forces de l'ONU sur le terrain confirment



Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



L'information avait circulé dans quelques journaux, souvent réléguées à quelques lignes. Mais elle mérite d'être relevée après la farce médiatique qui a suivi les tragiques attentats de janvier : les liaisons très étroites entre Israel et les djihadistes, sur le plateau du Golan.



Les suspicions étaient fortes, très fortes, sur la relation spéciale, trouble qu'entretient Israël avec les rebelles islamistes en Syrie. Officiellement, Israël est neutre. Mais il multiplie les frappes contre des cibles gouvernementales en territoire syrien, renforçant objectivement les positions des rebelles.



Les rapports publiés en décembre par les Forces observatrices de l'ONU pour le désengagement (FNUOD) font plus que confirmer les doutes.



Les « interactions » à la frontière entre armée israélienne et rebelles syriens sont permanents, et loin d'être nécessairement conflictuels, les rapports de mars 2013 à décembre 2014 donnent le chiffre de 59 rencontres à la frontière entre chefs rebelles syriens et officiers israéliens.



D'abord, la pratique de la remise entre les mains d’Israël de rebelles blessés et soignés en territoire israélien notamment dans un hôpital de fortune monté à la frontière qui aurait déjà soigné plus de 700 rebelles syriens depuis le début de l'année 2013, selon The Times of Israel.



Si le Ministre de la Santé israélien reconnaît désormais que des hôpitaux de fortune ont été érigés à la frontière pour soigner des Syriens, ce ne serait que pour des civils. Le rapport de l'ONU pointe le fait qu'ils soignent surtout des rebelles, y compris des militants d'Al-Nosra ou de l'Etat islamique.



Le rapport de mai 2014 de l'ONU est le plus éclairant, largement commenté par Haaretz le 7 décembre 2014.



Il souligne que 89 rebelles syriens blessés ont été livrés aux forces armées israéliennes entre mars et mai 2014, le long de la ligne de cessez-le-feu et qu’Israël a dans la foulée rétabli 19 d'entre eux, qui sont retournés en Syrie, tandis que 2 avaient succombé à leurs blessures.



Une relation qui perdure puisqu'en novembre 2014, les forces de l'ONU confirment que 10 personnes blessées ont été transférées par les rebelles syriens aux troupes israéliennes le long de la zone de cessez-le-feu.



Les forces israéliennes ont aussi à plusieurs reprises laissé entrer sur le territoire des personnes venant du territoire syrien, sans qu'ils ne souffrent d'aucune blessure. Ainsi, à titre d'exemple, dans un rapport daté du 27 octobre 2014, les forces de l'ONU ont repéré deux individus venant de Syrie traversant la frontière gardée par les militaires israéliens.



Les rapports de l'ONU indiquent aussi des contacts à la frontière conduisant à la livraison entre les malins des leaders de « boîtes », « conteneurs » au contenu non-identifié. Un rapport de juin 2014 indique ainsi la livraison de « deux boîtes » aux rebelles, sans que l'on sache si elle contenait des armes, comme l'hypothèse a été émise.



La mise en place d'un camp de réfugiés à 300 m de la frontière, abritant près de 70 familles de réfugiés, a soulevé les doutes de l'armée syrienne qui s'est plaint – dans une lettre relayée par Haaretz en septembre – auprès de l'ONU de l'installation d'un camp d'entraînement de djihadistes, sous couvert d'aide humanitaire.



Quelle est l'ampleur d'une éventuelle coopération militaire entre Israel et les rebelles syriennes ?



Les frappes militaires israéliennes sur des cibles gouvernementales se multiplient. Au moment où Haaretz publiait le rapport de l'ONU, le 7 décembre 2014, Israel a frappé des positions syriennes près de l'aéroport de Damas et à la frontière avec le Liban, elle a réitéré le 28 janvier, avec une attaque contre deux positions de l'armée syrienne.



Plus récemment, le 18 janvier, elle a mené une attaque aérienne – corroborée par les forces de l'ONU, qui auraient repéré un ou deux drones traversant la frontière – tuant plusieurs membres du Hezbollah dans la partie syrienne du plateau du Golan.



La teneur d'une coopération plus étroite est toutefois incertaine, certains analystes israéliens parlent d'un « pacte de non-agression » avec les forces djihadistes, confirmant les contacts permanents entre Israël et les rebelles islamistes et la livraison « d'armes légères ».



En mars 2013, toujours Haaretz avait évoqué une proposition venant de plusieurs commandants de la rebellion islamiste en Syrie – celle d'abandonner les revendications sur le Golan contre une aide militaire et financière israélienne contre le régime de Bachar al-Assad – sans que l'on sache l'issue de cette proposition.



Les tragiques événements de janvier en France ont été utilisés par le gouvernement français pour faire passer l'Etat israélien comme un rempart contre le terrorisme islamiste – tout en criminalisant indirectement, et en assimilant au terrorisme, la résistance palestinienne. Son rôle en Syrie montre qu'il est objectivement un de ses soutiens objectifs.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 06:56

syria-chemical-weapons.jpgL'Etat islamique, les 'rebelles' syriens utilisent massivement des armes chimiques en Irak et en Syrie depuis un an



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Un rapport à l'ONU confirme l'utilisation il y a un an d'armes chimiques en Syrie, sans trancher la question des responsabilités. L'évolution du conflit depuis un an, en Irak comme en Syrie, peut nous aider à la trancher. Et à lutter contre l'intoxication médiatique.



21 août 2013, on se souvient: une attaque chimique au gaz sarin frappe la localité de Ghouta, dans la banlieue de Damas. Plusieurs centaines de civils sont tués, les sources divergentes vont de 300 à 1 500 morts.



La France, les Etats-unis s'empressent d'accuser le gouvernement syrien et lance les préparatifs d'une attaque contre la Syrie, en soutien avec les rebelles déjà largement sous hégémonie islamiste, d'Al Nosra à Daech.



Le rapport livré mardi 6 janvier 2015 au Conseil de Sécurité confirme l'utilisation de gaz de chlore – arme qui n'est pas sur la liste des armes chimiques, mais qui néanmoins est utilisée comme telle – dans trois villages syriens, à Idlib et Hama.



Le rapport de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OPCW, en anglais) ne se prononce pas sur l'origine des tirs, ni l'identité du coupable entre le gouvernement syrien et les rebelles islamistes (The Guardian, 7 janvier 2015).



Une résolution de l'ONU avait imposé au gouvernement syrien, en septembre 2013, la destruction de ses armes chimiques. Ce qui serait complètement réalisé en décembre 2014 selon l'OPCW.



C'est l'occasion de revenir sur un an et demi de recherche de la vérité, dans cette intense guerre de propagandes, où les faits semblent de plus en plus accabler les rebelles.



Dès décembre 2013, le fameux journaliste d'investigation Seymour Hersh prouvait que la CIA avait alerté le gouvernement sur la possession depuis le début de l'année 2013 par les rebelles islamistes d'Al-Nosra d'armes chimiques au gaz sarin.



En février 2014, une équipe de la prestigieuse université américaine MIT de Boston, menée par le physicien Theodor Postol et l'ex-inspecteur à l'ONU sur les missiles Richard Lloyd confirme dans un rapport détaillé que les missiles contenant les armes chimiques ont été tirés depuis une zone contrôlée intégralement par les rebelles.



Des preuves accablantes jugées crédibles par les experts. L'inspecteur en chef de l'ONU sur les armes chimiques a jugé les estimations de l'équipe du MIT comme une « bonne estimation ». Cela ne résout pas entièrement le mystère mais il explique la réserve de l'ONU, dévoile les manipulations politiques des gouvernements occidentaux.



L'année 2014 a apporté, toutefois, de nouveaux faits allant dans le sens de l'imputation aux rebelles de l'utilisation massive et réitérée d'armes chimiques, qui s'est accélérée depuis septembre 2014. Au moins, trois cas ont été relevés par les autorités irakiennes centrales et le pouvoir régional kurde.



Le 22 septembre 2014, les combattants de l'Etat islamique (EI) ont utilisé du gaz de chlore à Saklaouiyah, à 10 km au nord de Falloujah causant la mort de plus de 300 soldats. C'est ce qu'ont rapporté les députés irakiens de la circonscription de Falloujah (Washington Post, 23 septembre)



Une semaine auparavant, le 15 septembre 2014, des gaz de chlore avaient déjà été utilisés contre des forces de police irakiennes à Balad, à 80 km au nord de Bagdad. 11 policiers avaient été hospitalisés d'urgence (Washington Post, 24 octobre 2014).



C'est ensuite à Kobane, place forte de la résistance kurde à l'avancée islamiste, que l'usage d'armes chimiques a été de nouveau détecté. En octobre, des dizaines de patients se sont plaints après l'explosion d'une bombe de difficultés à respirer, de réactions cutanées, de piqûres aux yeux, d'autres étant pris de vomissements.



Selon les médecins kurdes, il est fort probable qu'il s'agisse d'une réaction à l'usage d'un gaz de type chlorin (The Guardian, 24 octobre 2014). Les islamistes d'EI auraient déjà tenté une attaque chimique en juillet contre le village d'Aviiko, à 12 km de Kobane.



Enfin, une dernière attaque vient d'être signalée par la presse irakienne (Iraqinews, 24 décembre 2014) dans la ville d'Hit, à l'ouest du pays, dans le district de Baghdadi et la province d'Anbar.



Le district est en état de siège, soumis à d'intenses bombardements de la part de l'Etat islamique mais aussi à l'assèchement des sources en eau d'une population souffrant de la faim et du manque de soutien sanitaire.



Même si des zones d'ombre subsistent sur l'attaque d'août 2013, il est désormais indéniable que l'Etat islamique a choisi le bombardement chimique comme forme privilégiée, tout du moins possible, d'attaques contre les combattants et les civils.



Cela apporte du crédit à ce que le Vice-ministre aux Affaires étrangères syrien, Faisal Mekdad, affirmait le 1er décembre 2014 à une rencontre de l'OPCW affirmant que son gouvernement n'avait jamais utilisé d'armes chimiques pendant la guerre mais que des groupes terroristes « ont utilisé des gaz chlorins dans plusieurs régions de Syrie et d'Irak ».



L'OPCW a confirmé que le gouvernement syrien avait intégralement détruit ses stocks d'armes chimiques et que ses préoccupations allaient désormais vers les stocks détenus notamment par Israel et Egypte. L'OPCW enjoint désormais Israel de détruire les siens (Haaretz, 12 décembre 2014).



Plus on avance, plus les mensonges des pays occidentaux sur la Syrie, l'Irak se font jour. Seule l'indignation manipulée, la « stratégie du choc » actuellement en œuvre en France – et qui a permis de voter la poursuite des opérations militaires – et ailleurs semblent pouvoir faire obstacle à cette dure vérité : combien de temps cela peut-il encore durer ?

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:18

012012015094254000000Les-chefs-d-Etat-defilent-a-Paris.jpgTurquie, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite : présents à Paris dimanche, ils ont armé le terrorisme djihadiste en Syrie

 

            Ils sont venus, ils sont tous là : des ultra du sionisme Netanyahu et Liberman au dictateur gabonais Bongo symbole de la Françafrique, de la chancellière allemande Merkel au « baillonneur » d’Espagne Mariano Rajoy, de Sarkozy et son complice Cameron dépéceurs de la Libye aux côtés des dijhadistes. Un bal tragique d’hypocrites ce dimanche à Paris.

 

            Mais on y retrouvait aussi : le frère de l’émir du Qatar, le Premier Ministre turc (et penseur de la politique étrangère pan-islamiste d’Ankara) Davutoglu, le roi Abdallah de Jordanie ainsi qu’un ministre saoudien.

 

            Turquie, Qatar, Jordanie, Arabie saoudite : un quartet qui pendant deux ans a armé les djihadistes en Syrie, avec la complicité bienveillante des Etats-Unis et de la France.

 

            Nous vous proposons ci-dessous un article du New York datant d’il y a plus d’un an et relatant avec précision les flux d’armes livrés aux rebelles islamistes en Syrie. Eclairant pour désigner les vrais soutiens internationaux du terrorisme islamiste.

 

0325-web-AIRLIFT.jpgLes livraisons d'armes vers les rebelles syriens se développent, avec l'aide de la CIA

 

Article du New York Times, 24 mars 2013

 

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Avec l'aide de la CIA, les gouvernements arabes et la Turquie ont considérablement renforcé leur aide militaire aux combattants de l'opposition en Syrie ces derniers mois, intensifiant une livraison par la voie des airs d'armes et d'équipements en soutien à l'insurrection contre le Président Bachar al-Assad, selon les données disponibles sur le trafic aérien, divers entretiens avec des responsables dans plusieurs pays et les dires des commandants de la rébellion.

 

La livraison, qui a commencé à une petite échelle début 2012 et a continué de façon intermittente tout au long de l'automne 2012, s'est développée sur un rythme beaucoup plus soutenu fin 2012-début 2013, c'est ce que révèlent les données. Elle a atteint de telles proportions qu'elles s'élèvent désormais à 160 vols d'avions de transport militaire jordaniens, saoudiens et qataris atterrissant à l'aéroport d'Esenboga, près d'Ankara et, à un moindre degré, sur d'autres aéroports jordaniens et turcs.

 

Les fluctuations des livraisons aériennes ont accompagné les retournements de la guerre en Syrie, alors que les rebelles ont pris à l'armée syrienne des territoires importants au milieu de l'année 2012. Et même si l'administration Obama a publiquement refusé de donner plus qu'une aide « non-létale » aux rebelles, l'implication de la CIA dans les livraisons d'armes – bien que ce soit essentiellement dans un rôle consultatif, affirment les officiels américains – a montré que les États-Unis sont plus disposés à aider ses alliés arabes à soutenir le côté létal de la guerre civile.

 

A partir de postes situés dans des lieux tenus secrets, les officiers de renseignement américains ont aidé les gouvernements arabes à livrer des armes, y compris une importante acquisition venant de Croatie, et ont vérifié auprès des commandants et groupes rebelles qui devaient recevoir les armes acheminées, selon des responsables américains qui parlent sous condition d'anonymat. La CIA refuse de faire le moindre commentaire sur les livraisons, et son rôle dans le processus.

 

Les livraisons mettent également en lumière la lutte pour la Syrie entre les États musulmans sunnites et l'Iran, la théocratie chiite reste le principal allié d'Assad. Le Secrétaire d'Etat Kerry a récemment pressé l'Irak de faire plus pour que soient stoppées les livraisons d'armes iraniennes via son espace aérien. Au même moment, des avions militaires qataris atterrissaient à Essenboga (en Turquie) pour approvisionner les rebelles syriens.

 

Des figures de l'opposition syrienne et certains députés et hauts dignitaires américains prétendent que les livraisons d'armes iraniennes et russes en soutien au gouvernement d'Assad ont rendu l'armement des rebelles encore plus nécessaire.

 

La plupart des vols ont eu lieu depuis novembre (2012), après l'élection présidentielle américaine et la frustration de plus en plus manifeste des gouvernements turcs et arabes face aux avancées très modestes des rebelles contre l'armée bien équipée d'Assad. Les vols sont aussi devenus plus fréquents à mesure que la crise humanitaire en Syrie s'est aiguisée dans l'hiver, et que des flots de réfugiés se déversaient dans les pays voisins.

 

Le gouvernement turc a supervisé l'essentiel du programme, posant des capteurs sur les camions transportant les équipements militaires jusqu'en Syrie, afin de pouvoir contrôler les livraisons qui se dirigeaient vers la Syrie, nous ont révélé des officiels.

 

Les livraisons étaient d'une ampleur considérable, selon des responsables familiers des questions de pipeline et un chercheur sur le trafic d'armes qui a collecté des données sur les avions de transport impliqués.

 

« Une estimation très prudente sur le chargement de ces vols serait de l'ordre de 3 500 tonnes d'équipement militaire », affirme Hugh Griffiths, de l'Institut de recherche international pour la paix de Stockholm qui surveille le transfert illicite d'armes.

 

« L'intensité et la fréquence des ces vols », a-t-il ajouté, « laissent supposer une opération militaire logistique clandestine bien planifiée et coordonnée ».

 

Bien que les commandants rebelles et les données rassemblées indiquent que le Qatar et l'Arabie saoudite livrent de l'équipement militaire via la Turquie à l'opposition depuis début 2012, un des principaux obstacles a été levé à l'automne quand le gouvernement turc a autorisé l'accélération du rythme des livraisons par voie aérienne, affirment des hauts responsables.

 

Simultanément, des armes et équipements ont été achetés par l'Arabie saoudite en Croatie et transférés en Jordanie sur des avions de transport jordaniens agissant dans le sud de la Syrie, afin de les re-transférer en Turquie pour alimenter des groupes rebelles opérant à partir de cette base, nous ont confirmé plusieurs responsables.

 

Ces multiples réseaux logistiques au cœur de l'hiver ont formé ce qu'un ancien officiel américain, mis au courant du programme a appelé une « cascade d'armes ».

 

Les officiels américains, les commandants rebelles et un politicien de l'opposition turque ont décrit le rôle joué par les Arabes comme un secret de polichinelle, mais ils ont aussi dit que le programme est loin d'être sans risques, avec y compris la possibilité que la Turquie ou la Jordanie se retrouvent entraînées dans la guerre, avec réaction militaire iranienne.

 

Pourtant, les commandants rebelles ont critiqué les livraisons comme étant insuffisantes, disant que les quantités d'armes qu'ils reçoivent sont trop faibles, ou de type trop légères, pour combattre efficacement l'armée d'Assad.

 

Ils accusent également ceux qui distribuent les armes d'être parcimonieux ou corrompus.

 

« Les pays étrangers nous donnent des armes et des munitions au goutte à goutte », déclare Abdel-Rahmane Ayachi, commandant de Soquor al-Sham, un groupe combattant islamiste dans le nord de la Syrie.

 

Il mime un geste qui ressemble à un robinet qui l'ouvre puis referme. « Ils ouvrent et referment notre robinet en armes, comme ils le feraient avec un filet d'eau », avance-t-il.

 

Deux autres commandants, Hassan Aboud de Soquor al-Sham et Abu Ayman, d'Ahrar al-Sham, un autre groupe islamiste, pointent le fait que quel que soit l'organisme qui indiquent les groupes devant recevoir les armes, il faisait un mauvais travail.

 

« Il y a de fausses brigades de l'Armée syrienne libre qui prétendent être révolutionnaires, et quand elles ont les armes, elles les vendent au marché noir », souligne M.Aboud.

 

L'ancien haut responsable américain interrogé note que la taille des livraisons et des distributions sont colossaux.

 

« Les gens ont pris conscience du volume de ce qui rentre dans le pays, et c'est énorme », dit-il. « Mais ils grillent autour d'un million de cartouches de munitions chaque semaine ».

 

Le début des livraisons d’armes aux islamistes syriens : avions qataris, tarmac turc, coordination de la CIA

 

Les livraisons aux rebelles syriennes ont commencé doucement. Le 3 janvier 2012, quelques mois après que la répression par le gouvernement mené par les Alaouites contre des manifestations anti-gouvernementales se transforme en campagne militaire, une paire d'avions de transport C-130 de la Flotte aérienne émirati du Qatar se sont posés à Istanbul, confirment les données sur le trafic aérien.

 

C'était l’avant-garde.

 

Quelques mois plus tard, l'Armée syrienne assiégeait Homs, la troisième plus grande ville de Syrie. L'artillerie et les chars bombardaient les quartiers. L'infanterie entrait dans la ville.

 

Dans tout le pays, l'armée et les milices loyalistes essayaient d'écraser la rébellion renforçant la colère de la majorité sunnite en Syrie, sérieusement affaiblie. Les rebelles appellent alors à l'aide internationale, exigeant plus d'armes.

 

A la fin du printemps, le premier flot d'avions de transports venant d'un Etat arabe commençait, selon ce que dévoilent les données du trafic aérien.

 

En quelques nuits, entre le 26 avril et le 4 mai, un C-17 de la flotte aérienne qatarie – un énorme avion de transport de fabrication américaine – a réalisé six atterrissages en Turquie, à l'aéroport d'Esenboga. Au 8 août, les Qataris avaient réalisé plus de 14 vols de ce type. Tous provenaient de la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, un hub pour la logistique militaire américaine au Moyen-orient.

 

Le Qatar a dénié le fait qu'il fournirait des armes aux rebelles. Un officiel qatari, qui a exigé l'anonymat, a déclaré que le Qatar n'avait livré que ce qu'il appelle une aide non-létale. Il a refusé de répondre à toute autre question. Il n'est pas évident de savoir si le Qatar a acheté et livré les armes seul ou si il fournit un service à d'autres donateurs, en assurant le transport du matériel.

 

Mais des hauts responsables américains et occidentaux, ainsi que des commandants rebelles, ont dit que le Qatar a été un fournisseur d'armes actif – à tel point que les États-Unis ont commencé à s'inquiéter de la puissance de certains groupes islamistes que le Qatar armait.

 

Les vols qataris ont correspondu au tournant de la campagne militaire dans la province septentrionale d'Idlib, quand leurs campagnes d'embuscade, d'attaques à la bombe et d'assauts sur des postes isolés ont chassé l'armée d'Assad, et les milices qui le soutiennent, de parties entières de la campagne syrienne.

 

Alors que les vols ont continué au cours de l'été, les rebelles ont lancé une offensive dans cette ville – une bataille qui est vite tombée à l'eau.

 

L'ancien officiel américain interrogé nous a avoué que David Petraeus, directeur de la CIA jusqu'en novembre, a joué un rôle décisif dans la mise en place de ce réseau aérien et a contribué à ce que tous ces pays travaillent ensemble. M.Petraeus n'a répondu à aucun de nos messages demandant un commentaire sur ces allégations.

 

Le gouvernement américain s'est impliqué, nous a-t-il dit, en partie parce qu'il sentait que les autres Etats armeraient les rebelles quoi qu'il arrive.

 

Le rôle de la CIA, comme facilitateur des livraisons, a donné – dit-il – aux États-Unis un degré d'influence sur le processus, y compris en tentant de détourner les armes destinées aux groupes islamistes et en persuadant les donateurs de garder les missiles anti-aériens qui pourraient être utilisés dans de futurs attaques anti-terroristes contre des avions civils.

 

Des officiels américains ont confirmé que de très hauts dignitaires de la Maison Blanche étaient régulièrement tenus au courant des livraisons : « Ces pays allaient le faire, d'une façon ou d'une autre », signale notre correspondant. « Ils n'attendaient pas un 'Maman, est-ce que je peux ?' de notre part. Mais si on pouvait les aider d'une certaine manière, alors ils en seraient reconnaissants ».

 

A l'automne, la Flotte aérienne du Qatar s'est trouvée encore plus occupée, acheminant des vols presque quotidiens en octobre. Mais les rebelles voulaient toujours plus d'armes, ne cessant d'affirmer qu'ils n'avaient pas la puissance de feu pour rivaliser avec une armée dotée de chars, d'une artillerie, de lance-roquettes multiples et d'avions de chasse.

 

Beaucoup se plaignaient du fait qu'ils entendaient de la part de leurs fournisseurs d'armes que l'administration Obama limitait leur ravitaillement et bloquait la distribution d'armes anti-aériennes et anti-chars qui étaient leur première exigence. Ces plaintes continuent.

 

« Être armé ou ne pas être, équipement létal ou pas létal, tout dépend de ce que dit l'Amérique », affirme Mohammed Abou Ahmed, qui dirige une bande de combattants anti-Assad dans la province d'Idlib.

 

Une explosion en 2013 : les filières saoudiennes et jordaniennes

 

Ce fut bientôt au tour d'autres acteurs d'entrer dans la danse : en novembre, trois C-130 de la Flotte aérienne royale de Jordanie atterrissaient à Esenboga, dans un coup qui ressemble à un signe de l'accroissement de l'implication de l'Arabie saoudite et de la Jordanie.

 

En l'espace de trois semaines, deux autres avions de transport jordaniens ont commencé à faire la navette entre Amman, capitale de la Jordanie, et Zagreb, capitale de la Croatie où, selon ce que plusieurs officiels provenant de pays différents nous ont confirmé, les avions récupéraient une acquisition saoudiennes d'armes destinées à l'infanterie, provenant d'un stock croate.

 

Le premier vol fit son retour à Amman le 15 décembre, selon les données interceptées par un signal envoyé par un des avions et repéré par un radar à Chypre et celles du trafic aérien interprétées par un haut responsable dans le domaine de l'aviation.

 

En tout, les données montrent que deux Ilyushin jordaniens portant le logo de la firme aérienne internationale jordanienne mais navigant sous des signaux militaires jordaniens ont réalisé un ensemble de 36 allers-retours Amman-Zagreb entre décembre 2012 et février 2013. Les deux même avions ont réalisé cinq vols entre Amman et la Turquie en janvier.

 

Alors que les vols jordaniens continuaient, les vols qataris se poursuivaient et la Flotte aérienne royale saoudienne entamait un ordre de vol assez chargé – réalisant plus de 30 vols de C-130 en direction d'Esenboga de février à mars 2013, selon les données sur le trafic aérien fournies par un officiel chargé du contrôle du trafic aérien.

 

Plusieurs des vols saoudiens ont été repérés par des civils en train de faire des allers-retours à Ankara, ce qui a alerté des politiciens de l'opposition en Turquie.

 

« L'utilisation de l'espace aérien turc dans une période aussi critique, avec le conflit en Syrie à nos frontières, et par des avions étrangers provenant de pays qui sont connus pour jouer un rôle central dans ce conflit, définit la Turquie comme faisant pleinement partie de ce conflit », déclare Attila Kart, député turc du parti d'opposition kémaliste CHP, qui a confirmé les détails sur plusieurs livraisons saoudiennes. « Le gouvernement a le devoir de répondre à ces affirmations ».

 

Les responsables saoudiens et turcs ont refusé de discuter sur les vols ou les livraisons d'armes. Le gouvernement turc n'a pas officiellement approuvé d'aide militaire aux rebelles syriens.

 

La Croatie et la Jordanie ont toutes deux dénié le moindre rôle dans le transfert d'armes vers les rebelles syriens. Les officiels de l'aviation jordanienne sont allés jusqu'à nier le fait que ces vols aient eu lieu.

 

Le directeur du département Cargo de la compagnie aérienne jordanienne internationale, Mohammed Jubour, a insisté sur le fait qu'au 7 mars 2013 sa compagnie n'avait pas connaissance de vols en direction ou en provenance de la Croatie.

 

« Ce ne sont que des mensonges », dit-il. « On n'a jamais fait de telles choses ».

 

Un officiel du trafic aérien régional qui a mené une petite enquête sur ces vols confirme les données enregistrées et fournit une explication. « La compagnie aérienne internationale jordanienne sert de paravent pour la Force aérienne jordanienne ».

 

Après avoir été informé des données venant du trafic aérien et des signaux interceptés montrant les voies empruntées par ces avions, M.Jubour a continué à affirmer que sa compagnie ne détenait aucun avion de transport Ilyushin.

 

Lorsqu'on l'a interrogé sur le site de son employeur où on pouvait toujours admirer des images de deux Ilyushin et un texte l'accompagnant, confirmant qu'ils faisaient bien partie de la flotte de l'entreprise, M.Jubour n'a eu aucune réponse. Dans la nuit, le site web de la compagnie était déclaré hors service.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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