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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 12:25

 

 

Nous reproduisons ci-dessous l'article de nos camarades du Parti communiste de Belgique sur le refus du peuple wallon de l'accord de libre-échange CETA. Solidarité Internationale PCF - 27/10/2016.

 

 

 

La Belgique, et plus précisément la Wallonie sont en ce moment la cible de l'indignation, voire des ricanements des grands médias internationaux et de leurs mentors, l'élite politique européenne.

Pour eux il est inadmissible qu’en refusant de signer le CETA, un Parlement régional puisse faire écho aux sentiments de sa  population, de certains de ses partis politiques, dont le nôtre, pour résister d'abord et refuser ensuite la signature d'un traité prédateur des intérêts publics.

Les médias et les politiques, à la solde de la finance mondialisée, s'indignent que ce soit une petite région, la Wallonie seule, qui fasse obstacle à l'adoption de ce traité. Ils veulent faire croire qu’une minorité de Wallons bloquent les aspirations de 500 millions d'européens.

Cette affirmation ne tient pas lorsque l’on sait que, tout comme les autres traités, le CETA n’a jamais été soumis à l’approbation de  ces mêmes 500 millions de personnes  qui partagent très largement le geste d'insoumission wallon. La seule minorité dans ce dossier, c'est l’élite de technocrates non élus, au service des multinationales, qui rêvent de faire passer ce traité comme prologue au néfaste TTIP.

Comme l’illustre l’'ignoble ultimatum imposé par l'Union européenne et le gouvernement du Canada, ce traité  voudrait légitimer des méthodes antidémocratiques qui sont le reflet de la nature même de la construction européenne et de la mondialisation capitaliste.

Dans ces moments de lutte, le Parti communiste, pour lequel il ne devrait même pas être question de renégocier ce genre de traité, manifeste son plus ferme soutien au Parlement wallon et le met en garde contre les fortes pressions qu'il subit de la part de l'Union européenne et des divers gouvernements européens dont, en particulier, l’allemand et le français.

Il souligne également la responsabilité particulière qui incombe aux dirigeants wallons  de faire respecter l'opinion majoritaire de la région en espérant qu'il saura démentir, pour une fois, cette triste tradition de la social-démocratie consistant à fléchir justement au moment décisif des batailles.

Vive la résistance populaire wallonne, étincelle annonçant celle des peuples européens !

23 Octobre 2016, Bureau Politique du Parti Communiste

Source : http://www.particommuniste.be/

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 11:19

ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 4 mars 2016.

En 2005, nous avions salué le peuple néerlandais qui, quelques jours après le peuple français, avait voté NON au projet de « constitution européenne ». Dans « l’autre pays du NON » également, le rejet populaire de l’UE du capital n’a fait que s’amplifier depuis. Le 6 avril prochain, les Néerlandais pourront à nouveau l’exprimer dans les urnes. Un référendum se tiendra sur un sujet européen qui est loin d’être secondaire : l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine.

La tenue d’un référendum a été gagnée par une campagne « citoyenne ». 428.000 signatures ont été rassemblées, bien plus que les 300.000 requises par la Constitution. Le résultat sera considéré comme valide si la participation dépasse 30%. Une majorité, probable, pour le NON ne sera pas contraignante mais mettra le gouvernement en grande difficulté. En France, comme dans la plupart des autres pays de l’UE, la ratification de l’accord UE-Ukraine s’est faite en catimini : même pas trois heures de débat à l’Assemblée et au Sénat il y a un an, pratiquement sans aucun écho médiatique, y compris venant des parlementaires qui ont voté contre. Cela malgré les lourdes implications économiques et politiques de cet accord.

Aux Pays-Bas, les partis populistes de droite mènent une large campagne pour le NON, cherchant, comme ailleurs, à détourner l’opposition à l’UE vers le nationalisme et la xénophobie. Sur des bases radicalement différentes, plusieurs partis de gauche mettent toutes leurs forces contre l’accord UE-Ukraine, notamment le « Socialist Partij », parti socialiste de gauche, qui dispose de plusieurs parlementaires et dont les députés européens siègent au sein du groupe GUE-NGL avec le PCF.

On se souvient que c’est le refus par le gouvernement légal de l’Ukraine en 2013 de l’accord qui a déclenché la crise, le coup d’Etat et la guerre avec l’ingérence de l’OTAN et précisément de l’UE. Sa ratification aujourd’hui a une lourde signification politique : le soutien européen au pouvoir putschiste du président Porochenko qui sombre dans la faillite, la corruption, la dictature avec notamment l’interdiction du PCdU et la bienveillance à l’égard des groupes néonazis.

Sur le plan économique, les répercussions sont très négatives aussi bien pour le peuple ukrainien que pour les pays de l’UE. Le libre échange entre l’UE et l’Ukraine met automatiquement fin au libre échange entre l’Ukraine et la Russie (sinon la Russie rentrerait dans la même zone que l’UE). Or l’économie et surtout ce qui reste de l’industrie en Ukraine est historiquement complémentaire de celles de la Russie.

En concurrence directe avec l’UE, elle va rapidement finir de péricliter, entraînant encore chômage et appauvrissement. Conséquence politique également: les régions industrielles sécessionnistes du Dombass seront encore davantage dissuadées d’une solution ukrainienne fédérale à la guerre latente.

Pour les pays de l’UE, les Pays-Bas ou la France, l’Ukraine va servir de base arrière, encore meilleure marché que les pays de l’est membres de l’UE, pour les délocalisations du patronat. La main d’œuvre qualifiée, sous employée, en Ukraine ou dans l’UE, va concurrencer les droits sociaux des pays de l’UE : on passera à terme du « plombier polonais » au « plombier ukrainien ». Le champ d’action des oligarques et des mafias ukrainiens va aussi s’étendre.

Le « Socialist Partij » a par ailleurs dévoilé que l’accord d’association avec l’Ukraine risquait d’introduire en Europe l’une des dispositions les plus dangereuses et combattues du projet TAFTA de traité de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis : la possibilité juridique pour les multinationales d’attaquer les Etats devant un tribunal arbitral international, au-dessus de leur propre souveraineté.

Complexe et opaque, le TAFTA fait l’objet d’importantes campagnes « citoyennes » de rejet, notamment en France. Les divergences internes aux capitalistes américains et européens – Donald Trump représente aux USA le camp qui y est le plus opposé – les facilitent. L’accord entre l’UE et l’Ukraine malgré sa gravité facilement identifiable est imposé presque comme on met une lettre à la poste.

Le référendum du 6 avril aux Pays-Bas, l’action des partis progressistes néerlandais, peuvent et doivent permettre d’alerter l’opinion publique en France et de renforcer l’opposition anticapitaliste à l’UE.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 10:41

Romain_Rolland-_Meurisse-_1914.jpgPourquoi je n'adhère pas au projet d'Union européenne tel qu'il se construit, par Romain Rolland

 

Un document d'une valeur exceptionnelle. Quand le comte Coundehove-Kalergi propose a l'écrivain Romain Rolland de prendre la tête de son projet de Paneuropa ( = Union européenne), ce dernier refuse et développe un argumentaire qui reste d´une remarquable actualité.

 

En quelques lignes, la plume de Rolland dévoile les hypocrisies du programme tiraillé entre les idéaux des belles âmes européistes et sa réalité concrète d´instrument entre les mains d´intérêts capitalistes.

 

Romain Rolland était bien un compagnon de route au sens noble du terme : critique sans concessions des duperies adverses, critique juste et bienveillant de nos erreurs, critique lucide de ses propres illusions passées, ici sur l´idée et la réalité d´Europe. A lire.

 

Introduction et texte retranscrit pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Sur Pan-Europa (28 janvier 1930)

 

 

J'ai refusé mon nom au comte Coudenhove et pour son comité d'honneur de Pan-Europa. En dépit des sincères bonnes volontés qui lui prêtent l'auréole de leur candeur idéaliste, je vois tapis sous la robe de Pan-Europa trop d'énormes intérêts et trop d'énormes intérêts et trop de menaces pour l'avenir.  

 

J'ai des raisons de craindre que "ce bloc enfariné" comme disait notre La Fontaine, n'ait pour premier objet l'exploitation du reste de la terre, et pour conséquence finale la guerre contre les autres blocs qu'il aura provoqués. Timeo Danaos...

 

C'est le malheur des temps que nous ayons perdu confiance dans le personnel qui nous gouverne, et - (le plus malheureux) - que cette méfiance soit saine. Car ce personnel est le même que celui qui nous a valu la guerre, et rien ne nous prouve qu'il ait changé. Ses batteries seules ont change. Il se sert aujourd'hui de la paix, comme hier de la guerre, ainsi que de deux sources de profits alternantes.

 

Nous ne devons pas être dupes des mots. Le mot "international" ne vaut pas mieux, en soi, que le mot: "national", si ce sont les mêmes hommes qui s'en encocardent.

 

Rien n'est plus "international" que le capitalisme oppresseur, et le moindre danger d'aujourd'hui n'est pas une Sainte-Alliance des grands capitaines d'industries et des grandes bourgeoisies fascistes d'Occident.

 

Je mets en garde tous ceux qui m'écoutent contre la montée de la Réaction en Europe et je les invite à en observer toujours, comme premier symptôme, les menaces contre la Russie. Je n'accepte point une Europe qui n'ait point accepté, sans arrière-pensée, l'URSS.

 

Car, quelles que soient les erreurs de celle-ci - (erreurs trop explicables dans un immense pays, encerclé d'ennemis, miné de trahisons où la Révolution a reçu du monstrueux régime qu'elle a brisé un héritage accablant de misère, d'ignorance, de corruption et de ruines, qu'il faut liquider) - quels que soient les échecs auxquels se sont heurtés les grands rêves du début, la pensée d'un Lenine, pure et tranchante comme un glaive, - l'URSS reste toujours la barrière indispensable contre la Réaction européenne, le contre-pieds nécessaire au fascisme qui, sous toutes les formes, s'infiltre dans les veines de l'Occident. N'y laissez point toucher.

 

Veillez ! Et quelle que soit la paix qu'on vous apporte, montez la garde autour ! Ne vous en déchargez pas sur des hommes dits de confiance ! Une saine démocratie n'est jamais mieux gardée que par elle-même.

 

Et souvenez-vous que la guerre dernière a été entreprise (disait-on!) pour être la dernière guerre et fonder la paix ici-bas! J'ai combattu naguère le bellipacisme. Veillez à ce que nous n'ayons pas a combattre maintenant le pacibellicisme !

 

Romain Rolland.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 06:21

EU-ban-on-dairy-from-Israeli-settlements-destructive_strict.pngLes pays de l'Union européenne ont vendu des sommes records d'armes à Israel en 2012 et 2013 : stop à l'hypocrisie

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Le Parlement européen vient de se prononcer pour la reconnaissance d'un État palestinien, après certains parlements nationaux. Dans le même temps, les pays européens continuent d'armer un État qui tue au quotidien les Palestiniens. Retour sur les livraisons de la honte.

 

L'Union européenne, comme les pays qui la composent, ont l'art de manier le double discours, les manifestations d'indignation théoriques face aux offensives israéliennes et les accords de coopération pratiques, à multiples facettes, avec l’État sioniste.

 

La plaisanterie. « Un code de conduite sur les exportations d'armes » ?

 

Depuis 1998, l'UE dispose d'un Code de conduite sur les exportations d'armements poussant les États à n'exporter des armes qu'à des pays qui respectent : (1) les droits de l'Homme ; (2) les engagements internationaux ; (3) la paix et la sécurité régionale ; (4) un refus du terrorisme.

 

Quinze ans après, les pays de l'Union européenne continue de vendre des armes prioritairement à l'Arabie saoudite, au Qatar, au Pakistan qui sont loin de respecter ses critères, ainsi qu'à Israël.

 

Savoir l'étendue de la coopération militaire de l'Union européenne avec Israël n'est pas chose aisée tant elle peut se draper dans des accords de coopération à dominante civile, des projets de recherche aux finalités diverses.

 

On se rappelle qu'en juillet 2012 l'UE avait signé un accord de coopération portant sur 60 programmes concrets, dans 15 domaines d'actions.

 

Une collaboration institutionnalisée dans des secteurs stratégiques et hautement politiques :coopération policière (Europol), judiciaire (Eurojust), spatial (ESA), et militaire enfin euphémisée derrière la collaboration dans les domaines de la « sécurité maritime et aérienne ».

 

Les livraisons d'armes sont certes plus limitées que les colossales aides américaines à Israël, mais loin d'être nulles, elles sont surtout multi-formes, difficiles à tracer. Nous allons tâcher ici d'en donner quelques exemples illustrant cette collaboration concrète des pays européens.

 

La France, un partenaire militaire fidèle d’Israël

 

Quelle place occupe la France dans les autorisations d'exportations ? Selon les chiffres même de l'UE, une place privilégiée.

 

Un rapport de 2008 de l'UE sur les licences d'exportations soulignait que, pour l'année 2007, la France était de loin le premier pays à accorder des licences d'exportations d'armes vers Israel : 120 millions, soit 60 % des autorisations d'exportation.

 

Selon le rapport, la France était en première place pour la « livraison de matériel lié aux avions de chasse » pour 10 millions d'€, ainsi que pour les « équipements électroniques » à finalité militaire – systèmes de guidage, de navigation, de brouillage de satellite – pour 89 millions d'€.

 

On se rappelle que certains observateurs avaient été frappés de voir le label « Made in France » sur des missiles Hellfire retrouvés à Gaza, en 2009.

 

Si l'année 2007 a marqué un pic, cela n'a pas marqué la fin de ces licences d'exportation. Sur la période 2008-2012, la France occuperait toujours la troisième place pour les licences d'exportation, 200 millions d'€

 

Concernant l'arme fatale du XXI ème siècle, les drones, c'est en collaboration étroite avec Israel que la France avance. Dès les années 1990, Lagardère puis EADS se dote des drones israéliens Hunter/Heron pour en faire les fameux Eagle One, maintenant Harfang entrés en service en 2008.

 

La France prépare les drones de nouvelle génération, cette fois avec la collaboration de Dassault et Thalès. C'était le sens de l'achat programmé de la plate-forme Heron TP (ou « Eitan ») en 2011 pour 500 millions d'€. Les drones Eitan étaient entrés en service lors de la guerre de Gaza de 2009.

 

Si Israel a perdu en 2013 les contrats pour la livraison de 10 à 12 drones (670 millions d'euros!) pour le renouvellement de la flotte française, face aux américains de General Atomics, elle devrait collaborer étroitement au projet, tant les experts israéliens sont liés à l'entreprise américaine.

 

Le Royaume-uni : pour quelques millions (ou milliards) de £ de plus ?

 

Le Parlement britannique a, lui aussi, voté pour la reconnaissance de l'Etat palestinien. Il est même allé plus loin, en annonçant cet été la « review » (révision) de plus de 8 milliards de £ (10 milliards d'€) de licences d'exportation commerciales et militaires.

 

Le chiffre donne le vertige, le gouvernement britannique a tenu à préciser : il ne s'agit même epas d'annuler ces autorisations d'exportation, ni les contrats déjà signés.

 

Et le gouvernement souligne que les autorisations militaires ne concerneraient que 275 millions de £ (400 millions d'€), une somme déjà énorme.

 

Mais les 9 autres milliards d'€ auraient surtout à voir avec des dispositifs de télécommunications, des systèmes de cryptage, dont on peut aisément devenir la porosité avec le domaine militaire.

 

Une somme énorme qui concernerait avant tout des logiciels de cryptage, de communications militaires mais aussi des pièces détachées pour des véhicules militaires. Des licences qui concerneraient 130 entreprises britanniques, toucheraient aux composantes du drone israélien Hermes mais aussi certaines pièces des chars d'assaut d’Israël.

 

Concrètement, de janvier à juin 2014, le Royaume-uni avait déjà vendu pour 9 millions d'€ d'armes : des composantes pour les avions de chasse (400 000 €), pour les drones (150 000 €), pour la guerre électronique (2 millions d'€), pour le ciblage (1,5 millions d'€), pour l'imagerie et les tirs de nuit (2 millions d'€), ou encore des systèmes d'armes à énergie dirigée (800 000 €).

 

L'Allemagne, des sous-marins nucléaires pour Israël

 

L'Allemagne la joue beaucoup plus franchement. Pas question de reconnaître l'Etat palestinien, et l'alliance avec Israel reste intouchable pour la chancelière Merkel.

 

L'Allemagne est même allée plus loin. Elle a livré cette année le 4 ème de ses sous-marins Dolphin. Elle prévoyait d'en livrer un cinquième d'ici la fin de l'année, et un sixième d'ici 2017. Des sous-marins qu'Israel aurait empressé d'armer de missiles à tête nucléaires.

 

Chaque sous-marin coûte près de 700 millions d'€, mais l'Etat allemand a décidé de subventionner (!) un tiers de la somme, soit autour de 200 millions d'€ par sous-marin, soit plus de 1 milliard d'€ de cadeau allemand à l'Etat israélien.

 

C'est aussi en fin d'année 2013 que l'Allemagne a accepté la vente de 3 destroyers destinés à protéger les pipelines israéliens (pour le transport de l'énergie). Elle a encore accepté une réduction de 30 % du prix de vente, réduisant la facture pour Israël de 950 millions d'€ à 650 millions.

 

L'Italie, championne d'Europe des licences d'exportation ?

 

C'est que soulèvent les militants des Associations de lutte pour le désarmement en Italie. Pour la seule année 2012, l'Italie aurait acté pour 475 millions d'€ de licences d'exportations vers Israel, une conséquence de l'Accord de coopération militaire et de défense signé par Berlusconi en 2005.

 

L'Italie a ainsi exporté en 2012 un système de satellite optique pour l'observation de la terre, des dispositifs de contrôle des vols de drones/planeurs, ou encore des systèmes de télécommunications aux normes de l'OTAN.

 

Le groupe italien Finmeccanica – partenaire privilégié de Dassault, EADS dans les projets européens – a surtout livré en 2014 deux avions d'entraînement M-346, des aéronefs à la pointe de la technologie, qui peuvent être configurés comme bombardiers légers.

 

Ce n'est que le début, un contrat pour la livraison de 30 modèles M-346 a déjà été conclu, pour la somme d'1 milliard d'€.

 

Les entreprises italiennes du secteur de l'armement importent également du matériel israélien, pour une valeur de 50 millions d'€ sur ces deux dernières années : Simmel importe ainsi des composantes pour ses bombes, Beretta pour ses armes automatiques, en particulier les pistolets-mitrailleurs.

 

21 pays sur 27 dans l'UE ont vendu des armes en 2012

 

Sur la période 2008-2012, 21 pays européens sur 27 ont vendu des armes, ou tout du moins des licences d'exportation à caractère militaire, à Israël.

 

Y compris l'Espagne qui se gargarisait aussi de reconnaître l'Etat palestinien dans son Parlement, elle a vendu pour 25 millions d'€ de licences dans la période 2008-2012, 5 millions d'€ pour la seule année 2013, ce qui en fait officiellement le 6 ème pays exportateur européen d'armes vers Israël.

 

Craignant toutefois pour ses approvisionnements en Europe de l'ouest, Israel a diversifié au cours des années 2000 ses approvisionnements en … Europe de l'Est. Russie et Ukraine pour l'armement lourd, République tchèque, Bulgarie, Roumanie, Pologne et Finlande pour l'armement léger.

 

Pour les pays désormais intégrés à l'UE, il est intéressant de remarquer que la Roumanie est, pour la période 2008-2012, le 4 ème partenaire militaire européen d’Israël, ayant accordé près de 95 millions d'€ de licences d'exportation.

 

Sur les ventes de licences d'exportation réalisées en 2007 (la Roumanie y occupait déjà une surprenante 3 ème place), on s'aperçoit que la Roumanie vend à Israel surtout des armes légères, des matériels explosifs mais aussi des composantes pour ses aéronefs.

 

Sur le terrain, l'entreprise israélienne Elbit dispose en Roumanie de quatre filiales – Elbit System, Elmet International, AE Electronics et Simultec – qui assurent l'essentiel de la mise à jour des systèmes électroniques de l'armée roumaine.

 

En 2011, Elbit a obtenu un contrat de 18 millions de $ pour mettre à jour l'avion de transport C-130 de la flotte aérienne roumaine.

 

La Bulgarie, la République tchèque et la Pologne font partie du « Top 10 » européen des exportateurs d'armes, avec un total de 50 millions d'€ à eux trois.

 

La République tchèque avait déjà vendu des systèmes de missile tactique (d'origine russe) en 2006, les Totchka, tandis que la Bulgarie avait fourni 6 systèmes d'artillerie de 130 mm en 2004.

 

La Bulgarie a confirmé par un accord en 2012 de coopération militaire, comprenant entraînement communs, projets industriels et de recherche avec Israël.

 

La Pologne : liaisons dangereuses avec le lobby militaro-industriel israélien

 

La Pologne, suivant le grand frère allemand, développe des accords de coopération militaire de grande ampleur avec l'Etat israélien.

 

Elle a annoncé depuis 2010 son intention de renouveler sa flotte aérienne composée de vieux appareils soviétiques et américains, le Ministère de la Défense pousse pour l'achat de drones israéliens Eitan et Hermès.

 

Le Général Skrzypczak, vice-ministre de la Défense et ancien commandant des forces armées polonais, formé aux États-Unis, est connu pour ses relations très étroites avec l'industrie militaire israélien. Il a été démis de ses fonctions fin 2013 pour « conflit d'intérêts » avec le groupe industriel israélien Rafael, pour avoir favorisé la signature de contrats avec Israël.

 

Des accords militaires ont d'ores et déjà été signés depuis 2010 pour livrer à la Pologne des technologies de surveillance et de contrôle, achetés à Elbit pour 16 millions de $. Elbit est responsable du contrôle du mur de séparation, ainsi que pour la réalisation des drones Hermes.

 

Israël avait déjà aussi convenu de la formation des pilotes de la flotte aérienne polonaise ainsi que des forces spéciales. Le groupe industriel Rafael avait signé un contrat d'investissement de 450 millions de $ pour construire des armes en Pologne, dont les missiles anti-chars Spike.

 

Quand même la paisible Finlande fait du business avec Israel...

 

Même la vertueuse Finlande n'y échappe pas. De 2002 à 2010, la Finlande aurait fourni pour près de 4 millions d'€ de missiles anti-char, en faisant dans le domaine, le second fournisseur derrière les Etats-unis.

 

La Finlande a auassi importé pour 37 millions d'€ de missiles moyenne portée de l'entreprise Rafael en 2000-2001, et pour 21 millions d'€ de systèmes électroniques militaires. Elle aurait acquis pour 170 millions d'€ d'armes israéliennes depuis 1999.

 

Et la coopération continue, elle est même florissante. La Finlande a des contrats de livraisons de matériel de plusieurs dizaines de millions d'euros avec les plus grands groupes d'armement israéliens Elbit, Rafael ou Fibrotex.

 

En tout, en Europe, les licences d'exportation sont passées de 150 millions d'€ en 2008 à 600 millions d'€ en 2012. Depuis 2007, les entreprises israéliennes Elbit et Israeli Aerospace Industries ont été autorisés à participer à des projets de recherche d'une valeur de 244 millions d'€.

 

A combien vont s'élever les licences d'exportation pour 2013 ? On ne le sait pas encore, pas de doute qu'on risque d'atteindre un nouveau record.

 

Les contrats réellement signés – ceux pour les destroyers et sous-marins allemands, les avions d'entraînement italiens, et ce malgré les accrocs pour les drones que la France et la Pologne prévoyaient d'acheter en Israel – devraient se chiffrer à plusieurs milliards d'euros.

 

Combien vaut une reconnaissance formelle de l'Etat palestinien dans les Parlements européens quand chaque jour la possibilité réelle qu'un Etat palestinien voit le jour est annihilée par des armes, ou des composantes, ou des technologies venant d'Europe ?

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 06:12

tafta.png1 million de citoyens contre le TAFTA, la Commission jette la pétition à la poubelle : « Stop TAFTA », c'est d'abord « Stop UE » !

 

Article MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Ce 4 décembre, le collectif européen « Stop TAFTA » annonce fièrement qu'il a mobilisé 1 million de signatures. En vain, la Commission ne reconnaît pas cette « Initiative citoyenne européenne ». Les dernières illusions sur la démocratisation de l'Europe volent en éclats.

 

Il faut lire la presse belge, le Soir, pour avoir des nouvelles d'une pétition signée par 1 million de citoyens, de 21 pays différents, contre le Traité de libre-échange trans-atlantique (le TAFTA en anglais), qui devrait ouvrir une nouvelle phase de libéralisation des marchés intérieurs.

 

Cette pétition devait être livrée au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour ses 60 ans. Elle ne l'empêchera pas de dormir.

 

L'ICE, le cache-sexe démocratique du Traité Constitutionnel de 2005

 

314 organisations issues pour l'essentiel de la gauche alter-mondialiste européenne se sont mobilisés depuis septembre pour obtenir les signatures. ATTAC est au coeur du projet, mais on y retrouve aussi les Verts, le PGE (Parti de la gauche européenne) et Die Linke.

 

Ces organisations alter-européistes ont voulu jouer la carte légale, utiliser l'outil démocratique de l' « Initiative citoyenne européenne » (ICE) tant vantée par les partisans du « Oui » lors du débat sur le Traité constitutionnel de 2005, intégrée finalement au Traité de Lisbonne.

 

Selon l'ICE, une pétition signée par 1 million de citoyens, venant d'1/4 des pays membres peut être déposée à la Commission européenne. Libre à elle de l'accepter d'abord, de le ré-élaborer éventuellement, et le cas échéant de le transposer en législation. Cela fait beaucoup de « si ».

 

Une initiative populaire bafouée par une institution anti-démocratique :

quel crédit démocratique y donner ?

 

C'est un paradoxe qu'on puisse trouver dans un article de Bernard Cassen (« Un déficit démocratique persistant » – figure tutélaire d'ATTAC – les raisons qui expliquaient en 2005 pourquoi l'ICE était un leurre, apportant une légitimité démocratique à une UE anti-démocratique. Le meilleur argumentaire à opposer à l'erreur politique de ses amis d'ATTAC, dix ans après.

 

L'acceptation de ces pétitions étant soumis au bon vouloir de sa Majesté Commission européenne, elle apporte des conditions de recevabilité d'une rigueur relative : (1) que la proposition ne soit pas en dehors des attributions de la Commission ; (2) qu'elle ne soit pas « manifestement abusive, fantaisiste, vexatoire » ; (3) qu'elle ne soit pas contraire aux valeurs de l'Union européenne.

 

La Commission a combiné ces motifs pour refuser dès le 11 septembre d'apporter le moindre crédit cette « Initiative citoyenne européenne », sous prétexte officiel que cette pétition est légalement irrecevable car ne concernant pas un acte légal mais un processus de négociation interne à l'UE.

 

Une justification peut-être foireuse, qui a emmené les organisateurs à s'entêter. D'une part, en apportant du crédit à la Cour de justice européenne pour déjuger la Commission. D'autre part, en persistant par une « Initiative citoyenne européenne » auto-organisée !

 

Les institutions de l'Union européenne affichent leur mépris pour la démocratie, leur hypocrisie. Ces organisations de gauche ne trouvent rien de mieux qu'à tenter de leur repeindre à tout prix son vernis démocratique craquelé, sur une UE de plus en plus nue.

 

Ce n'est pas la première pétition que la Commission jette à la poubelle

 

Peine perdue, selon le Soir, la Commission a confirmé qu'elle ne recevait pas l'Initiative citoyenne européenne. Frustrant.

 

Mais le résultat des premières ICE ne laissait pourtant aucune illusion, outre le fait qu'elle ouvre la voie, vu le rapport de forces idéologique actuel, aux propositions les plus réactionnaires. Comme le modèle suisse nous l'apprend.

 

Ainsi, la pétition contre la recherche sur les embryons humains (« Un de nous ») avait mobilisé près de 2 million de citoyens. Elle a été purement et simplement rejetée en mai 2014.

 

La pétition pour un « droit à l'eau » a connu un sort différent, elle aussi paraphée par 2 million de citoyens. La Commission l'a reçue, et y a répondu en mars 2014, en noyant le poisson.

 

Elle partage les préoccupations des pétitionnaires, rappelle l'importance de l'eau (sic) mais ne propose aucun enregistrement juridique du « droit à l'eau », ni aucun engagement sur une future libéralisation des services de l'eau, ni son exclusion du TAFTA. Une farce.

 

Porter une analyse critique sur le TAFTA et sur l'UE

 

On ne peut pas dire que les partis de gauche, y compris certains partis communistes dont le PCF, n'aient pas nourri de graves illusions à ce sujet.

 

Sous l'égide du PGE, une pétition avait été lancée à l'été 2012 pour une « banque publique européenne axée sur le développement social, écologique et solidaire ». La Commission l'avait tout bonnement refusée. Une fois c'est une erreur, la deuxième fois c'est un choix.

 

La question même de l'analyse politique juste que nous devons avoir du TAFTA reste ouverte. On ne peut que s'y opposer, comme instrument de concentration monopolistique privée, de libéralisation-privatisation des marchés, de constitution d'un bloc impérialiste occidental unifié.

 

Mais on sent le prétexte utilisé par nos propres dirigeants, français et européens, pour justifier de nouvelles directives de libéralisation cassant les monopoles publics, d'extorsion de fonds publics par les entreprises privées, de poursuite d'une politique de casse sociale au nom de la compétitivité.

 

En cela, le TAFTA représente une nouvelle phase de ce processus capitalistique, de privatisation, paupérisation, exploitation, dont le coeur reste l'Union européenne du Capital qui depuis six décennies a déjà fait l'essentiel de la politique qui bride toute alternative.

 

Le marché commun libéralisé, politique commune de casse de l'agriculture (PAC) et de l'industrie lourde (CECA), directives de libéralisation, monnaie unique permettant d'imposer la même politique d'austérité partout : Voilà l'ennemi.

 

Un traité de libre-échange peut accentuer un processus de libéralisation de marchés, de paupérisation d'un territoire, de mise sous (inter-)dépendance d'une région. Seule une construction politique comme l'UE peut poser les bases d'une structure capable d'imposer une politique commune du capital financier européen contre les peuples.

 

Il n'y a plus le moindre crédit à apporter à cette Union européenne, en particulier dans son volet démocratique et social, tant vanté dans ses textes de référence, brandi par les illusionnistes de l'européisme de gauche, qu'on retrouve jusque dans le PGE et la CES.

 

Si on veut rejetter le Traité de libre-écchange trans-atlantique, il faut rejeter cette gigantesque zone de libre-échange – nous imposant d'autres contraintes politiques, économiques plus drastiques – qu'est l'UE. Stop TAFTA, c'est donc d'abord STOP UE !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
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