Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 03:37
APPEL DE LA 18ème RENCONTRE INTERNATIONALE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

Hanoï, 30 octobre 2016 (traduction, depuis l’anglais, par ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf »).

La 18ème Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers s'est tenue du 28 au 30 octobre 2016 à Hanoï, capitale de la République socialiste du Vietnam, sur le thème : "La crise capitaliste et l'offensive impérialiste- Stratégie et tactiques des partis communistes et ouvriers dans la lutte pour la paix, les droits des travailleurs et des peuples et le socialisme".

Après avoir discuté de la situation du monde et des défis grandissants auxquels sont confrontés l'Humanité, les nations, les travailleurs et les peuples de nombreux pays, particulièrement de l'aggravation de la crise  socio-économique et environnementale, de l'insécurité croissante et de l'instabilité dans de nombreuses parties du monde, causées par le capitalisme, par l’approfondissement de sa crise et par les interventions impérialistes, la politique d'ingérence et les machinations qui ont poussé à l'émergence du soi-disant «ISIS» et d’autres forces extrémistes criminelles, ainsi qu’aux crises des réfugiés :

  • Nous soulignons que le socialisme est la seule alternative réelle aux crises en cours économique, sociale et écologique, à l'exploitation capitaliste et à la barbarie;
  • nous saluons les luttes des peuples et des travailleurs dans toutes les parties du monde contre le capitalisme et l’agression impérialiste, pour les droits des travailleurs, les droits sociaux et démocratiques, l'égalité des sexes, l'indépendance nationale et la souveraineté, la paix et le socialisme ;
  • nous insistons sur la signification historique de la Grande Révolution Socialiste d'Octobre en Russie  dans le contexte du 100ème anniversaire en 2017.

Encouragés par les réalisations et les expériences de lutte et de coopération entre partis communistes et ouvriers, ces dernières années, nous appelons les partis communistes et ouvriers à développer leurs actions communes et convergentes sur les axes suivants:

  • Intensifier les travaux théoriques et pratiques et les échanges sur la construction du socialisme au 21ème siècle ;
  • Travailler ensemble en vue de la commémoration commune du 100ème anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre pour mettre en lumière sa signification historique  ouvrant la voie à une nouvelle période dans l'histoire humaine, la contribution du socialisme à l’avancée de la lutte des travailleurs et des peuples pour leur émancipation, et le besoin de renforcer la lutte pour la paix, le progrès social et le socialisme ;

Organiser diverses initiatives en liaison ;

  • Commémorer le 150ème anniversaire de la publication du Capital par Karl Marx ;
  • Promouvoir l’échange sur les stratégies et les tactiques, l’échange d’expériences pour renforcer le combat contre toutes les formes de domination et d’offensive idéologiques et politiques capitalistes, pour renforcer les partis communistes et ouvriers et pour faire monter la mobilisation des travailleurs et des masses, particulièrement la jeunesse, les étudiants et les femmes, dans les luttes anti-impérialistes, pour l'emploi, les droits sociaux, syndicaux et démocratiques et pour le socialisme ;
  • Renforcer les actions pour défendre les libertés et les droits démocratiques, contre l'anticommunisme et toutes les formes de discrimination, pour exprimer la solidarité  avec les communistes en Ukraine et dans d’autres pays qui font face à la persécution et à des interdictions de leur activité, en organisant, de préférence dans la semaine du 5 au 11 Mai 2017,  des initiatives contre le fascisme et le néonazisme à l'occasion de l'anniversaire de  la victoire sur le fascisme nazi (9 mai 1945);
  • Elargir le front anti-impérialiste pour faire progresser la lutte pour la paix, contre l'occupation impérialiste, les interventions et les ingérences dans les affaires d’autres pays, contre l'OTAN et son expansion, contre les armes nucléaires, la militarisation et les bases militaires à l’étranger, pour un règlement pacifique et juste de tous les conflits basé sur les principes du droit international;
  • Intensifier les actions pour exiger la levée du blocus des Etats-Unis contre Cuba, pour soutenir le droit du peuple palestinien à un Etat libre, souverain et indépendant et pour exprimer la solidarité avec tous les peuples d'Asie, du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Europe confrontés à l'occupation, l'intervention, l'ingérence et au blocus impérialistes.

Enfin, les partis communistes et ouvriers participants remercient le Parti communiste et le peuple du Vietnam pour leur hospitalité et réitèrent leur soutien de longue date, inébranlable, et leur solidarité avec le peuple vietnamien dans la construction et la défense d’un pays socialiste.

Repost 1
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:59

B1IgwgIIcAEcxwX.jpg16 ème Rencontre internationale des Partis communistes à Guayaquil (Equateur) : analyse convergente, actions communes

 

Introduction et traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les 13, 14 et 15 novembre dernier se tenait la 16 ème Rencontre des Partis communistes et ouvriers, à Guayaquil, en Equateur.

 

85 délégués venant de 53 partis ont assisté à ce qui est devenu depuis 1998 le point de rencontre annuel des partis communistes du monde entier, un moment d'échanges sur les situations politiques nationales, de coordination à l'échelle internationale de la riposte à la politique du capital mondialisé, de l'impérialisme de plus en plus belliqueux.

 

Le mérite de cette relance est venu au Parti communiste de Grèce (KKE) qui en 1998 a fait le choix d'affirmer que les partis communistes, le socialisme comme projet de société alternatif, avait un avenir au moment où beaucoup abandonnaient le terrain de la lutte pour une transformation révolutionnaire de la société.

 

La liste des partis et villes hôtes illustrent depuis une dizaine d'années la dimension mondiale acquise par l'initiative, son soutien parmi des partis communistes encore puissants : Lisbonne, Moscou, Sao Paulo, New Delhi, Athènes, Beyrouth, Johannesbourg, et Guayaquil.

 

En 2014, parmi les 53 partis venus en Équateur et qui ont laissé une contribution :

 

ceux d'Australie, d'Argentine, du Bahreïn, de Belgique (PTB), de Biélorussie, de Bolivie, du Brésil (PCB/PCdoB), de Grande-Bretagne, du Canada, de Chine, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de Chypre (AKEL), de République tchèque, du Danemark, d'Equateur, de Finlande, de France (PCF), d'Allemagne, d'Inde, de Hongrie, de Grèce, d'Irlande, d'Italie (PdCI), de Jordanie, de Corée, du Laos, de Liban, de Lituanie, du Mexique, de Norvège, de Palestine, du Panama, du Pérou, du Portugal, de Russie, d'Espagne, d'Afrique du sud, de Syrie, de Turquie, des États-Unis et du Vietnam.

 

Un certain nombre d'autres partis n'ont pu matériellement être présents et ont envoyé un message de soutien à l'initiative. Nous tâcherons dans les prochaines semaines de réaliser des traductions des interventions des différents partis ayant participé au meeting international.

 

Nous vous communiquons ci-dessous le résumé des débats de la Rencontre Internationale tel qu'il a été formalisé par le Parti communiste d'Equateur :

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU PC D'EQUATEUR SUR LA XVI EME RENCONTRE INTERNATIONALE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

 

Les 13, 14 et 15 novembre dernier se tenait à Guayaquil, en Equateur, la 16 ème Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers, sous le thème « Le rôle des partis communistes et ouvriers dans la lutte contre l'exploitation impérialiste et capitaliste, à l'origine de crises et de guerres et de la montée des forces fascistes et réactionnaires. Pour les droits des travailleurs et des peuples, pour l'émancipation nationale et sociale ; pour le socialisme ».

 

La rencontre, à laquelle ont assisté 53 partis venant de 44 pays et qui a reçu les messages de salutation d'autres partis qui pour diverses raisons n'ont pu venir, a rassemblé 85 délégués.

 

Ont été analysés les effets dévastateurs de l'exploitation capitaliste et impérialiste exacerbée qui se traduisent aujourd'hui par une recrudescence des conflits régionaux, dans le danger réel d'un nouvel affrontement mondial et par la résurgence de courants fascistes et néo-fascistes, par lesquels les oligarchies et les puissances impérialistes tentent de faire durer cet ordre mondial injuste.

 

Les participants ont aussi discuté de la riposte que pouvaient apporter les peuples et du rôle dirigeant que peuvent avoir les partis communistes et ouvriers à ce stade.

 

La Rencontre a dressé le constat du processus néo-libéral que l'on cherche à imposer aux peuples. Insoutenable, ses contradictions s'aggravent par la crise écologique et alimentaire, ce qui produit des transformations profondes et complexes dans le monde d'aujourd'hui, avec l'ascension de nouveaux acteurs sur la scène internationale, révélant la perte d'influence des centres traditionnels de pouvoir.

 

L'agressivité impérialiste se manifeste avec toujours plus de vigueur, via les guerres conventionnelles ou non, dans différentes parties du globe. L'impérialisme cible de nouvelles régions géopolitiques qui lui garantiraient un plus grand contrôle sur les ressources naturelles du dit Tiers-monde et sur les routes du commerce international. Nous sommes ainsi les témoins d'une offensive visant à empêcher que ne se consolident les tendances à la multi-polarité.

 

La réunion a pris note que les États-Unis, pour rétablir leur hégémonie uni-polaire, ont un recours toujours accru à la force militaire, articulée à des instruments médiatiques, politiques, idéologiques, culturels et économiques qui provoquent des conflits.

 

L'issue de la situation dépendra entre autres, de la capacité des forces communistes, démocratiques, progressistes et révolutionnaires dans le monde à participer résolument à la lutte politico-idéologique en faveur de transformations sociales et d'un nouvel ordre international.

 

Il a été dénoncé le fait que, dans cette nouvelle vague belliciste et réactionnaire, se démarque la contre-offensive néo-libérale contre l'Amérique latine et les Caraibes, dont l'objectif principal est l'élimination des gouvernements progressistes de la région qui défendent des politiques sociales et la défense de leurs intérêts souverains, ainsi qu'un nouveau type d'intégration économique, politique et sociale.

 

Ont également été soulignées les activités subversives impérialistes déployées par les instruments traditionnels d'ingérence, qui vont de la CIA à l'USAID, avec la participation de franges de la bourgeoisie nationale étroitement liées au capital nord-américain.

 

L'objectif de cette subversion à visage découvert est de déstabiliser ces sociétés, pour justifier un scénario politique qui impliquerait le renversement violent des régimes progressistes.

 

Lors de la réunion, des informations ont été apportées sur les expériences des gouvernements progressistes et révolutionnaires en Amérique latine, et les avancées importantes en matière de réduction de la pauvreté, la consolidation de l'intégration latino-américaine et caribéenne, et la récupération de la souveraineté, ce qui a suscité une violente réaction des oligarchies nationales, qui redoublent d'efforts pour remettre sur pied des projets néo-libéraux dans cette partie du monde.

 

Il a été constaté que l'Amérique latine connaît aujourd'hui des expériences clairement progressistes, qui sont le résultat des aspirations et luttes populaires dans la région pour la défense de la souveraineté nationale, des efforts pour l'indépendance économique, du renforcement des Etats, cherchant à mettre un terme au néo-libéralisme, et de la formation d'organismes économiques régionaux, recherchant l'indépendance et le soutien solidaire entre égaux, comme l'UNASUR, le MERCOSUR, la Banque du Sud, la CELAC.

 

Il s'agit d'un processus de lutte contre le colonialisme, de résistance contre le pillage économique. Ces expériences ont rendu possible ce qui apparaît désormais comme de nouveaux signaux d'espoir envoyés dans la recherche de la justice sociale, et s'est transformé de fait en un point de repère politique dans la lutte pour le changement en direction de ce monde possible que nous souhaitons.

 

Il a été tout particulièrement fait référence au rejet international unanime du blocus économique, financier et commercial contre Cuba, une politique toujours en vigueur, en violation ouverte des principes de la Charte des Nations unies, renforçant la pression sur les institutions commerciales, financières et bancaires qui entrent en relation avec Cuba, élargissant son caractère extra-territorial et touchant jusqu'à ses alliés les plus proches.

 

On a dénoncé la crise économique et financière persistante qui en Europe a servi de justification et de prétexte aux élites de ce bloc impérial pour intensifier la destruction de ce qu'on connaît sous le nom d’État social.

 

Avec les politiques d'austérité fiscale ( = des coupes massives et la suppression totale des programmes à dimension sociale), les grands groupes capitalistes européens voient dans un regain de compétitivité l'issue à la crise, ce qui se traduit par des licenciements massifs, la précarisation du travail et l'érosion accélérée du niveau de vie des travailleurs.

 

Les participants ont aussi condamné la participation européenne à des conflits menés par l'OTAN, sous prétexte de « crise humanitaire », de nécessité de « préserver des vies humaines ».

 

Il a été souligné que la crise a un impact sur les forces politiques de la région, conduisant à une dégradation de la culture politique, rendant les pays de moins en moins gouvernables, soumis à une instabilité sociale de plus en plus importante, des éléments qui mettent en évidence les vulnérabilités du modèle démocratique-libéral bourgeois.

 

La rapacité du capitalisme européen, avec le soutien de l'impérialisme nord-américain, le conduit à chercher à mettre en œuvre une politique de chantage économique coercitif misant sur un blocage des importations et exportations, ce qu'on appelle les « sanctions » au détriment des peuples de ces pays.

 

Cependant, dans ce scénario compliqué, l'idéologie néo-libérale progresse, les forces ultra-réactionnaires et d'extrême droite prolifèrent, captant des parties importantes de l'électorat.

 

Il a été mis en avant que l'OTAN continue ses pressions pour étendre ses frontières, tout particulièrement en Europe de l'est, participant aux conflits se déroulant sur ce territoire.

 

Les participants ont exprimé leur solidarité avec les camarades ukrainiens, qui ont du affronter directement la montée du néo-fascisme dans ce pays. La vie de nombreux communistes a été mise en danger, en toute impunité, victimes d'agressions violentes contre leurs maisons, les sièges de l'organisation. Le massacre contre le peuple de Donetsk continue, et contre les régions qui affichent leurs velléités d'indépendance politique et territoriale.

 

Ce conflit dont le coût humain énorme a été ignoré par les démocraties occidentales, est l'expression la plus crue de la résurgence du fascisme sur le sol européen et des guerres comme instrument du capitalisme pour maintenir sa politique d'exploitation. L'instabilité et le chaos sont une réalité terrible dans des régions de plus en plus vastes.

 

Les participants ont condamné le récent bombardement sioniste contre Gaza, partie intégrante de la stratégie globale de l'impérialisme dans la région. Son objectif est de briser l'unité des forces palestiniennes, de détruire la résistance et de maintenir la politique d'occupation sur les territoires occupés, ce qui correspond pleinement aux intérêts des États-unis. La réaction de la résistance palestinienne et la solidarité internationale ont obligé Israël à mettre un frein au génocide et à s'engager à continuer les négociations indirectes.

 

L'importance géopolitique de la région en fait un champ de bataille dans la prétendue lutte contre le terrorisme à une période où monte le besoin de s'assurer les routes maritimes, ce qui est vital pour le développement du commerce, pour la garantie de la sécurité nationale des principales puissances mondiales.

 

La réunion a analysé ces bandes mercenaires criminelles, organisées par la CIA, l'OTAN, autorisées, soutenues et financées par les gouvernements réactionnaires du Moyen-orient qui continuent d’assassiner des hommes, des femmes, des enfants et des peuples autochtones dans des proportions massives, ce qui conduit à une migration contrainte née de la faim, de la misère, des discriminations, sans aucun espoir certain d'y survivre.

 

La nouvelle situation créée en Irak et en Syrie avec la proclamation de l’État islamique, rejeton des États-Unis, de l'Occident, et d'un groupe réactionnaire de pays arabes, déborde le cadre national et est à relier à des intérêts étrangères qui poussent pour changer le rapport de forces géopolitique régional avec une stratégie qui inclut le maintien de la crise en Syrie pour faire tomber Bachar al-Assad, recomposer la structure de pouvoir en Irak et faire obstacle à l'influence régionale de l'Iran. La menace de l'Etat islamique a servi aux États-Unis pour justifier des actions qui sont dans ses intérêts dans la région.

 

La prolifération des groupes djihadistes et l'instrumentalisation du facteur religieux rentrent dans le jeu des nord-américains.

 

La rencontre a souligné qu'en Afrique sub-saharienne, les problèmes politiques, économiques et sociaux hérités du colonialisme et du néo-colonialisme, combinés aux effets de la grande crise mondiale actuelle et de la politique de l'impérialisme, provoquent instabilité, conflits et interventionnisme impérialiste.

 

La richesse naturelle du continent en a fait une région stratégique pour les intérêts de l'impérialisme. La lutte pour les marchés et les sphères d'influence a exacerbé les contradictions entre les diverses puissances impérialistes pour acquérir l'hégémonie.

 

Afrique orientale, centrale et occidentale voit l'activité de groupes djihadistes, suivant Al-Qaeda comme Boko Haram au Nigeria ou al Shabaab en Somalie.

 

Les pays de l'OTAN utilisent ces réalités pour justifier le renforcement de leur présence militaire sur le continent. S'approfondit la ruée du grand capital vers les énormes ressources économiques de ce continent, qui est à la fois une des régions les plus riches et les plus pauvres de la planète.

 

Elle doit faire avec de dures réalités, comme la récente épidémie d'Ebola qui frappe les pays d'Afrique occidentale.

 

Il a été dit qu'en Asie et dans le Pacifique, la région la plus dynamique économiquement de la planète, l'Administration d'Obama a adopté la « politique du pivot » qui consiste dans le redéploiement des Etats-unis vers cette région qu'ils considèrent comme partie intégrante de sa stratégie de sécurité nationale, et également de sa politique d'endiguement de la Chine et de la Russie.

 

Dans ce contexte, la lutte des partis communistes pour garantir la poursuite des processus socialistes en Chine, au Vietnam, au Laos et en Corée du nord, avec pour objectif de garantir leur stabilité et leur souveraineté, prend une importance toute particulière au vu de ses répercussions intérieures et sur la politique internationale.

 

Il a été souligné que la situation internationale troublée, marquée par la crise systémique de l'impérialisme mondial, la multiplication des conflits armés aux quatre coins du globe et le développement de tendances néo-fascistes, exige des partis communistes et ouvriers ainsi que des forces, organisations progressistes et révolutionnaires un débat ouvert, sans préjugés et rassembleur, qui se départisse de tous les dogmatismes et sectarismes.

 

Nous devons construire ensemble, et selon nos réalités, des alternatives de développement socialiste, que les peuples puissent identifier comme la solution à leurs graves problèmes. C'est une tâche de tout premier ordre, non seulement pour les partis communistes et ouvriers, mais aussi pour les autres forces politiques et mouvement sociaux dans le monde.

 

Seules des propositions socialistes qui posent les bases pour transformer la réalité du monde d'aujourd'hui seront capables de sauver l'humanité de la débâcle de la guerre, l'exploitation effrénée des ressources naturelles, et du soutien périlleux à un néo-fascisme qui sous de nouvelles formes trompe et manipule des millions de personnes.

 

Les partis réunis à Guayaquil, ont réaffirmé que la seule alternative viable au capitalisme est le socialisme, ce qui suppose une indépendance pleine et entière, condition préalable pour le développement, la justice sociale, l'égalité des chances, la répartition équitable des richesses, la solidarité humaine, le respect de l'environnement et le droit des peuples au libre choix, démocratique, du projet de société dont ils veulent.

 

Les participants ont souligné que les Rencontres internationales des Partis communistes et ouvriers sont d'une importance vitale pour le mouvement anti-impérialiste, progressiste et révolutionnaire mondial, dans une période où se décident des choix capitaux pour l'humanité.

 

La science du marxisme-léninisme a acquis une réputation mondiale comme instrument fondamental d'analyse de la situation sociale, de mise en œuvre pratique en faveur des transformations révolutionnaires, ouvrant la voie au socialisme et au communisme.

 

La seule option pour faire face aux nouveaux défis de ce monde, et aux pouvoirs impériaux, trans-nationaux et mondiaux dominants, ce sera l'unité dans la diversité, de façon créative, la solidarité entre forces de transformation et de progrès.

 

La réunion a adopté 11 lignes et initiatives d'action commune ou convergente des Partis communistes et ouvriers à appliquer d'ici la réalisation de la 17 ème Rencontre, ainsi que le mandat des réunions du Groupe de travail des Partis communistes et ouvriers pour sa préparation.

 

 

---

 

ACTIONS COMMUNES ET CONVERGENTES DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS A ORGANISER D'ICI LA 17 EME RENCONTRE DES PC

 

1 – Célébrer le 1er mai, par la participation aux luttes de la classe ouvrière dans chaque pays, en insistant sur les droits sociaux et démocratiques, soulignant le rôle du mouvement ouvrier, en commémorant le 70 ème anniversaire de la FSM en octobre 2015 ;

 

2 – Dévoiler les plans d'hégémonie impérialiste, les véritables raisons derrière la guerre et l'instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme, insistant sur l'importance de la défense de la paix. Développer des actions contre les bases militaires de l'OTAN et celles que l'impérialisme a imposé dans de nombreux pays, contre les interventions et le militarisme, avec une attention spéciale sur la mise en place de la « Situation Trident 2015 » ;

 

3 – Faire monter la lutte contre les guerres impérialistes en Irak et en Syrie, contre celle menée par les groupes criminels soutenus par l'impérialisme et les Etats réactionnaires contre le Liban, la Libye, la Tunisie. Condamner les Etats-unis, l'OTAN et l'intervention impérialist européenne en Ukraine et en Afrique ;

 

4 – Commémorer le 70 ème anniversaire de la victoire sur le fascisme et le nazisme soulignant le rôle de l'URSS et des partis communistes dans la lutte et l'unité contre le fascisme et le nazisme, et mener la lutte contre la ré-écriture réactionnaire de l'histoire et la réhabilitation du fascisme et du nazisme ;

 

5 – Commémorer le 40 ème anniversaire de la victoire du Vietnam dans sa libération contre l'agression impérialiste nord-américaine ;

 

6 – Dénoncer et luter contre les lois anti-communistes. Développer des actions de solidarité avec les partis qui subissent des attaques anti-communistes, des interdictions et persécutions, telles que celle qu'endurent les communistes ukrainiens ;

 

7 – Renforcer la solidarité, avec des actions communes, avec ceux qui sont en première ligne de la résistance contre l'offensive impérialiste. Renforcer la solidarité et l'action commune de soutien aux peuples, aux camarades qui sont à l'avant-garde de la résistance à l'offensive impérialiste. A l'occasion du 29 ème novembre, renforcer la solidarité avec les Palestiniens. Faciliter une visite de solidarité en Palestine, à Gaza, ouverte à tous les membres de la liste Solidnet ;

 

8 – Renforcer la solidarité avec les Partis communistes, les ouvriers et avec les peuples qui luttent pour leur émancipation nationale et sociale, en Amérique latine et dans d'autres parties du monde. Affirmer le droit des peuples à la souveraineté, la lutte contre les diktats du capital, les ingérences et agressions impérialistes. Réaffirmer notre solidarité avec la lutte des peuples pour construire le socialisme dans chaque pays ;

 

9 – Réaffirmer notre solidarité avec Cuba socialiste, afin de mettre un terme au blocus américain, à la position commune de l'UE et pour rejeter toute intervention impérialiste, toute guerre menée par les médias bourgeois. Intensifier l'activité pour la libération des trois Cubains qui sont dans les prisons américaines, et soutenir la campagne internationale qui culminera en septembre 2015 ;

 

10 – Soutenir et renforcer les organisations anti-impérialistes internationales de masse,la Fédération syndicale de masse (FSM), le Congrès mondial pour la paix (CMP) et la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIM), soulignant leur rôle et leur importance dans les anniversaires respectifs qui seront commémorés en 2015 ;

 

11 – Donner des instructions au Groupe de travail afin qu'il entame une réflexion, en coordination avec les partis de l'ancienne Union soviéitique, sur la commémoration et des actions communes à l'occasion du centenaire de la Révolution socialiste ;

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 07:56

botao fp 15eipco lisboa15 ème Rencontre des Partis communistes et ouvriers à Lisbonne avec 77 organisations : débats, analyses, lignes d'action



Communiqué de presse du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





S'est tenue à Lisbonne, les 8, 9 et 10 novembre la 15 ème Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers avec comme thème: « L'approfondissement de la crise du capitalisme, le rôle de la classe ouvrière et les tâches des communistes dans la lutte pour les droits des travailleurs et des peuples. L'offensive de l'impérialisme, la recomposition des forces sur le plan international, la question nationale, l’émancipation de classe et la lutte pour le socialisme ».



La Rencontre, à laquelle ont participé 77 partis originaires de 61 pays, et qui a reçu les salutations de 14 partis supplémentaires qui pour des raisons diverses n'ont pu participer, a analysé les principaux aspects de l'évolution de la situation internationale dans le cadre de l'approfondissement de la crise du capitalisme et d'un processus complexe de recomposition des forces sur le plan international, mettant en garde contre les grands dangers découlant de l'offensive de l'impérialisme.



Dans le même temps, les participants ont salué et valorisé la résistance et la lutte des travailleurs et des peuples, réaffirmant les réelles potentialités que la situation actuelle recèle pour le développement de la lutte libératrice pour de profondes transformations de caractère anti-monopoliste et anti-impérialiste, pour le socialisme.



La Rencontre a constaté l'approfondissement de la crise qui a explosé en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. Une crise qui est loin de toucher à sa fin, démentant les discours de la classe dominante autour d'une prétendue « reprise » et qui confirme les analyses des communistes sur sa nature et son évolution qui, entre autres, la caractérisent comme une crise de sur-production et de sur-accumulation de capital. Une crise qui exprime l'aiguisement des contradictions du capitalisme – en particulier sa contradiction fondamentale entre le caractère social de la production et son appropriation privée – mettant en évidence les limites historiques du système et la nécessité et l'actualité de la lutte pour l'alternative fondamentale au capitalisme : le socialisme.



Il a été dénoncé l'objectif du grand capital, des grandes puissances capitalistes et de ses structures internationales et supra-nationales de coordination impérialiste – comme l'Union européenne – d'imposer aux travailleurs et aux peuples un recul social d'ampleur civilisationnelle remettant en cause les droits économiques, sociaux, des travailleurs, s'attaquant violemment aux conditions de vie des masses ouvrières et populaires, déclarant la guerre à l'indépendance et à la souveraineté des États.



Il a été fait référence en particulier à la dure réalité résultant de l'impact de la crise et de l'offensive capitaliste dans les pays en développement où les peuples voient leur droit à un développement économique et social de plus en plus limité. Dans ce contexte, l'attention fut portée sur les conséquences dans l'agriculture et l'alimentation, remettant de plus en plus en cause la souveraineté alimentaire de nombreux pays et condamnant une proportion énorme de la population mondiale à la faim ou la sous-nutrition.



Ont été relevés les périls qui émergent de la politique militariste des principales puissances impérialistes et de l'OTAN. Il fut souligné que les guerres d'agression, les processus d'ingérence et d'instigation de conflits internes, le renforcement des mesures répressives, autoritaires, de contrôle et d'espionnage font partie d'une réponse par la force du grand capital à la crise du capitalisme, ayant comme un de ses objectifs centraux de maintenir la domination sur les ressources naturelles et les sources énergétiques et de contenir la révolte, la lutte des peuples et les inévitables explosions sociales et révolutionnaires que la situation actuelle comporte.



Les participants ont exprimé leur solidarité avec les luttes en cours sur tous les continents, contre l'impérialisme, pour le progrès social, l'indépendance et la souveraineté nationale, la paix, pour le droit au développement économique et social, pour la construction d'alternatives de souveraineté et de progrès à la domination hégémonique de l'impérialisme, de véritable alternative de fond à la barbarie capitalisme : le socialisme. Il fut réaffirmé le rôle central de la lutte de la classe ouvrière et de son alliance avec les autres classes et couches anti-monopolistes pour la défense de leurs droits, notamment du droit au travail, pour les droits des travailleurs, droits sociaux, pour la défense des fonctions sociales des États.



Les participants ont valorisé et exprimé leur profonde solidarité avec tous les peuples qui résistent aux politiques d'ingérence et d'agression de l'impérialisme – en particulier les peuples du Moyen-orient, saluant les luttes en cours dans cette région contre toutes les formes d'agression et d'oppression, pour la souveraineté, la démocratie, la justice sociale et l'unité nationale, comme en Egypte et en Tunisie. Fut réaffirmée la solidarité avec le peuple palestinien et la lutte pour ses droits nationaux, tout comme avec les autres peuples de la région victimes d'agressions et d'ingérences, comme le peuple syrien.



Dans un contexte encore de résistance et d'accumulation de forces, mais dans lequel émergent des potentialités pour le développement de la lutte révolutionnaire et se manifestent dans diverses régions du monde d'importants facteurs de résistance à la domination hégémonique de l'impérialisme, les participants ont salué et valorisé les luttes des peuples, des communistes et d'autres forces progressistes en Amérique latine, considérant que les processus de lutte, progressistes et d'affirmation souveraine, tout comme la coopération solidaire qui se développe dans cette région, constituent un important facteur, un stimulant pour le développement et le renforcement de la lutte anti-impérialiste. Les participants ont réaffirmé leur solidarité avec Cuba et sa révolution socialiste, tout comme avec le peuple vénézuélien et sa révolution bolivarienne, entre autres.



Il a été soulignée l'importance de la lutte pour la défense des libertés démocratiques, contre la progression de l'extrême-droite, contre la xénophobie et la racisme, contre le fanatisme religieux et l'obscurantisme, contre l'anti-communisme. Il a été réaffirmée la solidarité avec les partis communistes et toutes les forces révolutionnaires qui sont la cible de persécutions politiques et de campagnes anti-communistes – notamment sur le continent européen – menées par plusieurs gouvernements, tout comme par des institutions comme l'Union européenne.



Les expériences concrètes de lutte dans différents pays et diverses régions étaient présentes dans la globalité des interventions, confirmant que les travailleurs et les peuples ne se résignent pas et que, même dans les conditions actuelles difficiles, sont possibles des avancés libératrices et des conquêtes dans une perspective anti-monopoliste et anti-capitaliste.



Il fut affirmé que le socialisme émerge de plus en plus comme la véritable alternative de fond au capitalisme et à sa crise. Tirant des leçons des retards, des erreurs et des déformations contraires aux principes fondamentaux du socialisme mais en valorisant ce qu'il y eut de très positif dans les expériences de construction du socialisme, ce qu'elles ont signifié et signifient encore pour l'Humanité, en valorisant les réalisation du nouveau système social, en reconnaissant qu'il n'y a pas de modèles de révolution, les participants ont souligné le rôle déterminant des masses dans la construction de sociétés socialistes.



Il fut souligné que la situation internationale actuelle rend particulièrement nécessaire le renforcement et la coopération de toutes les forces progressistes et anti-impérialistes, et en premier lieu des forces communistes et ouvrières du monde entier, une des garanties les plus solides pour le renforcement de la lutte des peuples et la construction de l'alternative du socialisme. En ce sens, fut valorisée la riche expérience et les progrès réalisés dans la réalisation des Rencontres internationales des Partis communistes et ouvriers, comme espace d'échanges d'informations, d'expériences et d'opinion, de possible rapprochement de positions, et de décision d'initiatives communes ou convergentes, ayant été réaffirmée l'importance d'assurer sa continuité.



La Rencontre a adopté 13 lignes et initiatives d'action commune ou convergente des Partis communistes et ouvriers (énumérées ci-dessous) à réaliser avant la 16 ème RIPCO, confiant au Groupe de travail des Rencontres des partis communistes et ouvriers (GT) la tâche d'impulser et accompagner leur réalisation.



La Rencontre internationale s'est félicité de l'existence de trois propositions de lieux pour la réalisation de la 16 ème RIPCO. La date, le lieu et le mot d'ordre seront décidés dans une réunion du Groupe de travail qui se tiendra en temps voulu.



Les lignes d'orientation pour l'action commune ou convergente



Les Partis réunis lors de la 15 ème Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers définissent les lignes suivantes d'orientation pour des actions communes ou convergentes, confiant la tâche au Groupe de travail de chercher à mettre en œuvre ces lignes d'orientation en coordination avec les partis membres de la liste Solidnet.



1 – Commémorer, pendant l'année 2014, le 100 ème anniversaire du début de la Première Guerre mondiale et le 75 ème anniversaire du début de la Seconde guerre mondiale, par une campagne commune mettant en garde contre les périls de nouveaux affrontements militaires internationaux, alternant sur la nécessité de relancer la lutte pour la paix contre les agressions, les guerres impérialistes, soulignant que la lutte pour la paix est intimement liée à la lutte pour le socialisme (En ce sens, le Parti communiste allemand, le Nouveau Parti communiste de Hollande, le Parti du travail de Belgique et le Parti communiste du Luxembourg nous ont informé de la préparation d'une action dans la ville frontalière de Aix-la-Chapelle, le 15 février).



2 – Marquer les 15 ans du début de l'agression impérialiste criminelle de l'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie, une nouvelle phase du développement de sa stratégie militaire impérialiste, début de l'occupation de la province serbe du Kosovo et de la Métochie.



3 – Impulser, en coordination avec les partis d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine et des Caraïbes, l'organisation d'un séminaire international sur l'impact de la crise capitaliste dans les pays en développement, centré en particulier sur les questions comme le droit au développement économique et social et la protection des ressources naturelles, tout comme les questions de l'agriculture, de la possession de la terre et de la sécurité alimentaire. Souligner le rôle des monopoles dans la destruction de l'environnement au niveau global, tout en réaffirmant dans le même temps le point de vue anti-monopoliste et anti-capitaliste sur l'aiguisement de la crise environnementale.



4 – Organiser une campagne internationale de solidarité avec les processus, les luttes qui se déroulent en Amérique latine et aux Caraibes, tout particulièrement avec Cuba – contre le blocus des Etats-unis, la position commune de l'Union européenne, et pour le retour des quatre patriotes cubains détenus dans les prisons des Etats-unis – avec le Vénézuéla bolivarien et la lutte du peuple colombien pour la paix et la justice sociale.



5 – Etudier la possibilité – en tirant parti des événements internationaux où sont présents un grand nombre de partis – d'organiser une réunion de travail pour débattre de l'offensive idéologique et du rôle des médias, tout comme pour échanger sur le travail de communication de masse.



6 – Commémorer la Journée internationale de la femme (8 mars 2014) en soulignant les effets de la crise et de l'offensive impérialiste sur tous les fronts contre les travailleuses et les femmes opprimées sur une base nationale, en manifestant une solidarité avec leur lutte et avec leur mouvement anti-impérialiste.



7 – Honorer le 1 er Mai, en participant aux luttes dans chaque pays pour la défense des droits économiques et sociaux des travailleurs et des peuples, du droit au travail et des droits des travailleurs, en soulignant l'importance de la lutte de classes, pour la fin de l'exploitation de l'Homme par l'Homme. Penser à la possibilité d'annoncer en ce jour une journée d'action, avec des initiatives dans chaque pays, contre le chômage et ses véritables causes, en donnant une importance toute particulière au chômage massif parmi les jeunes. Défendre les droits syndicaux, dénoncer la persécution politique et exiger la libération des activistes syndicalistes retenus prisonniers.



8 – Etudier la possibilité d'actions convergentes de lutte contre le racisme, la xénophobie, le fascisme, en insistant sur l'importance de la lutte idéologique contre l'anti-communisme et la réécriture de l'histoire, en dénonçant le rôle de l'Union européenne dans les campagnes et les mesures institutionnelles visant à mettre sur le même plan communisme et fascisme.



9 – Fixer une journée d'action, avec des expressions dans chaque pays, contre la chasse aux partis communistes et l'interdiction des symboles communistes, en manifestant notre solidarité avec les partis communistes interdits dans leurs pays.



10 – Commémorer le 95 ème anniversaire de la création de l'Internationale communiste (mars 1919), soulignant, à l'occasion des 90 ans de la mort de Lénine, sa contribution fondamentale au mouvement communiste.



11 – Impulser, en coordination avec les Partis des pays arabes et du Moyen-orient, l'organisation d'un séminaire international sur les luttes d'émancipation sociale et nationale des peuples des pays arabes et du Moyen-orient, manifestant une solidarité avec tous les peuples de la région qui sont victimes des crimes et agressions impérialistes et sionistes, entre autres le peuple palestinien et syrien, mais aussi les peuples qui se lèvent contre des régimes répressifs, dictatoriaux et réactionnaires, pour défendre leurs droits sociaux, politiques et démocratiques.



12 – Continuer à dénoncer l'intervention impérialiste en Syrie et en Iran, et continuer la lutte pour la reconnaissance d'un Etat palestinien indépendant.



 

13 – Promouvoir le front international contre l'impérialisme et soutenir les organisations internationales anti-impérialistes de masse, la Fédération syndicale mondiale (FSM), le Conseil mondial pour la paix (CMP), la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) et la Fédération mondiale démocratique des femmes (FMDF), dans le contexte spécifique à chaque pays.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 06:01

prodibertinotti.jpgLa participation des partis communistes au gouvernement : une façon de sortir de la crise capitaliste?

 

Par Herwig Lerouge, pour le numéro 100 d'Etudes marxistes (revue théorique du Parti du travail de Belgique) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Au cours des dernières années, la possibilité de participation au gouvernement de certains partis communistes (ou ex-communistes) a été à l’ordre du jour. En Allemagne, Die Linke a participé à certains gouvernements régionaux et y participe d’ailleurs toujours. Le parti a débattu d’une participation possible à un gouvernement fédéral. En Grèce et aux Pays-Bas, la coalition de gauche Syriza et le Socialistische Partij ont clairement annoncé leur volonté d’entrer au gouvernement. La majorité suffisante du Parti socialiste français lors des récentes élections parlementaires de 2012 a éliminé la question d’une nouvelle participation au gouvernement du Parti communiste français. Le PCF et, en Italie, Rifondazione Comunista et le Parti des communistes italiens ont participé à plusieurs gouvernements au cours des dernières décennies.

En 2008, les succès électoraux de certains de ces partis ont amené le magazine britannique de gauche, The New Statesman, à conclure : « Le socialisme — le socialisme pur, inaltéré, une idéologie considérée comme morte par les capitalistes libéraux — effectue un retour en force. À travers le continent, on assiste à une tendance bien nette dans laquelle les partis du centre gauche établis depuis longtemps sont défiés par des partis indubitablement socialistes. Ils défient un système économique dans lequel les intérêts des simples travailleurs sont subordonnés à ceux du capital[1]. »

Malheureusement, ces visions d’un brillant avenir socialiste pour l’Europe par le moyen des élections ont été dépassées par les derniers résultats électoraux et, fait plus important encore, par l’évolution politique de ces partis.

La tragédie italienne

La plupart des ces partis ont été créés après que Gorbatchev eut réalisé sa contre-révolution de velours. En Italie, lors de son congrès de Rimini, en 1991, le Parti communiste italien historique (PCI) se transforme en un parti social-démocrate ordinaire. La même année, les communistes italiens fondent le Partito della Rifondazione Comunista (parti de la refondation communiste). Au sein de Rifondazione, le débat sur le cours stratégique du parti reste longtemps ouvert… Une fois que Bertinotti accède à la présidence, le débat s’accélère. Lors du 5e congrès de Rifondazione, en février 2002, Bertinotti présente ses 63 thèses comme une collection d’« innovations ». Il a découvert une « nouvelle classe ouvrière », née à Gênes, en 2001 ; un « nouveau concept de parti ». Il rejette le parti d’avant-garde, devenu « obsolète », et le remplace par le parti conçu comme une composante du « mouvement des mouvements ». Il découvre également une « nouvelle définition de l’impérialisme », selon laquelle le monde n’est plus divisé entre blocs capitalistes rivaux et la guerre n’est plus un moyen de le partager périodiquement. L’ancien centralisme démocratique est remplacé par le droit de tendance…[2] »

Après trente-six mois d’innovation, la direction de Rifondazione Comunista se déclare prête à participer au gouvernement, en compagnie des démocrates chrétiens de Romano Prodi et de la social-démocratie de D’Alema. Lors du 6e congrès du PRC, en mars 2005, Bertinotti affirme que son parti devrait être la force motrice d’un processus de réforme. Et la participation au gouvernement est devenue un passage nécessaire dans cette direction. Dans le discours de clôture du congrès, il dit : « Le gouvernement, même le meilleur, n’est qu’un passage, un passage de compromis. Le parti doit être placé dans une position telle qu’il pourra faire voir sa stratégie, afin de bien montrer qu’il veut aller plus loin […][3]. » Pour prévenir des critiques contre le PRC qui entre dans une coalition favorable à l’UE avec l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, Bertinotti ne trouve pas de meilleure excuse que la pirouette éculée de la social-démocratie : « Nous devons répandre l’idée que les mouvements et le parti doivent garder leur autonomie par rapport au gouvernement. Le parti ne devrait pas être identifié au gouvernement. Il devrait garder sa propre ligne et une stratégie allant bien au-delà de celle du gouvernement[4]. »

Le membre bien connu du groupe Bilderberg, Romano Prodi, était présent au congrès et il perçut très bien la volte-face du dirigeant de Rifondazione : « Voilà un parti socialiste de gauche qui accepte le défi du gouvernement[5]. »

En moins de dix ans, Bertinotti est parvenu à mettre un important potentiel révolutionnaire sous le contrôle du système. En 2007, le PRC ralliait la coalition de l’ « Olivier ». Sans opposition de gauche anticapitaliste claire à la participation à la guerre en Afghanistan et aux mesures d’austérité du gouvernement Prodi, la droite combla le vide politique et Berlusconi fut remis en selle. Le PRC perdit toute sa représentation parlementaire dans la débâcle de la gauche électorale. Il s’agit de l’expérience la plus récente des dégâts que le révisionnisme peut occasionner. Aujourd’hui, le mouvement communiste italien traverse une crise profonde.

France : des communistes au gouvernement en 1981 et 1997

Le vingtième siècle avait déjà prouvé l’échec de ceux qui prétendent modifier l’équilibre du pouvoir en faveur de la classe ouvrière par des majorités au sein des parlements bourgeois.

Dans l’euphorie de la victoire électorale de Mitterrand en 1981, le secrétaire général du PCF, Georges Marchais, envoya quatre communistes au gouvernement, afin de modifier l’ « équilibre du pouvoir ». Le dirigeant du PCF, Roland Leroy, expliqua : « Notre présence concorde bien avec notre mission et notre stratégie : utiliser chaque opportunité, même le plus petit pas en avant, pour bâtir un socialisme original par des moyens démocratiques[6]. »

Au lieu d’obtenir un socialisme original, la classe ouvrière française a dû subir un Code du travail dérégulé, une sécurité sociale réduite et des salaires déconnectés de l’index des prix. Seize ans plus tard, en juillet 1997, la direction du PCF remettait le couvert. Trois ministres communistes ralliaient le gouvernement de la « Gauche plurielle » (PS-PCF-Verts-MDC) venu au pouvoir après les grandes luttes de 1995. Le résultat ? Il y a eu plus de privatisations sous ce gouvernement que sous les administrations de droite Juppé et Balladur mises ensemble. La privatisation d’Air France fut supervisée par le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot. Thomson, Air France, France Télécom, les compagnies d’assurance GAN et CIC, la Société marseillaise de crédit, CNP, Aérospatiale ont été « ouvertes au capital ». La direction du PCF resta au gouvernement de « Jospin-la-guerre » lorsque, en 1999, la France soutint le bombardement de la Yougoslavie par l’Otan.

Bien sûr, certaines concessions ont été faites aux exigences syndicales, mais, comme ce fut le cas en 1936 avec le gouvernement de Front populaire, elles ont été en premier lieu le résultat des grandes luttes qui avaient précédé ou accompagné la victoire électorale de la gauche.

Prétendre modifier dans l’hémicycle parlementaire l’équilibre du pouvoir en faveur de la population laborieuse est absurde aux yeux de tous ceux qui observent le cirque électoral, qui voient les milliers de groupes de pression et autres commissions d’experts payés par les groupes d’affaires afin d’influencer directement les décisions politiques. Comment « la richesse exerce son pouvoir indirectement, mais avec plus d’efficacité » (pour reprendre les termes d’Engels) n’est nulle part plus évident qu’aux États-Unis. En 2000, les 429 candidats dont les finances de campagne étaient les mieux alimentées occupaient les 429 premières places au Congrès américain. Seuls les sièges 430-469 sont allés aux candidats moins « fortunés »[7].

S’il y a un seul avantage à toute la saga du néolibéralisme, c’est celui-ci : l’évidence de l’emprise des plus puissants groupes du capital sur les États nationaux, les institutions européennes et les institutions financières internationales n’a jamais été aussi ouverte et éhontée. Les décisions réelles sont la prérogative de l’exécutif depuis de nombreuses décennies et le Parlement n’est qu’une machine à ratifier les décisions déjà prises au niveau du gouvernement. De plus en plus, les lois sont préparées par des cabinets ministériels et même, aujourd’hui, par les groupes de pression des firmes importantes. Une paix durable et le progrès social requièrent une société socialiste et une transformation radicale de la société. La voie parlementaire vers le socialisme repose sur l’illusion que le grand capital va accepter de se mettre en retrait et qu’il va céder sans coup férir sa machine d’État à la classe ouvrière lorsque celle-ci sera suffisamment représentée au Parlement.

Naturellement, nous devons être conscients de ce que la majorité des gens en Europe, aujourd’hui, reconnaît l’ordre social actuel comme le seul possible.

Un processus révolutionnaire requiert de la flexibilité tactique, une adaptation à la réalité politique, une évaluation adéquate de l’objectif de chaque bataille, une connaissance exacte des contradictions de classe et des rapports de pouvoir, et de larges alliances.

Nous luttons pour des réformes, nous luttons pour renforcer la force politique et organisationnelle des travailleurs. À la population, nous ne disons pas : « Nous allons résoudre ça pour vous », mais nous leur disons : « Prenez vous-mêmes votre destinée en mains. » Dans la bataille, les travailleurs acquièrent de l’expérience et notre devoir est d’introduire la perspective socialiste à terme. Même pour les réformes, ce n’est pas le parlement ou les élections qui sont décisifs, mais les luttes. Tout ce que le mouvement ouvrier a obtenu résulte d’un combat organisé, en faisant campagne et en créant un rapport de forces dans la rue.

La Gauche européenne

Les 8 et 9 mai 2004, les deux partis susmentionnés, le PRC et le PCF, ont été parmi les fondateurs du Parti de la Gauche européenne. Bertinotti en est devenu le président.

Le Parti de la Gauche européenne est un bond qualitatif de l’évolution vers le réformisme (de gauche), a déclaré l’un de ses fondateurs, le président du Parti du socialisme démocratique (PDS), Lothar Bisky. Dans une interview réalisée par le journal Freitag, il explique : « Pour les forces politiques de l’Union européenne qui tirent leur origine du mouvement ouvrier révolutionnaire, le Parti de la Gauche européenne signifie un nouveau pas qualitatif dans le processus d’adaptation du socialisme de gauche[8]. »

Ni dans le Manifeste de la Gauche européenne ni dans ses statuts, il n’est fait référence à la propriété privée des moyens de production, aux crises économiques inhérentes au système, à la concurrence meurtrière que se livrent les sociétés monopolistes ou au partage du monde par les principales puissances impérialistes. Le Parti de la Gauche européenne promet « une alternative progressiste », la « paix », la « justice sociale », un « développement durable » et bien d’autres belles choses que personne ne songerait à rejeter[9].

Tout cela reste vague et entièrement dans les limites du système et de ses rapports de propriété. L’on cherchera en vain la moindre référence à une stratégie de la révolution sociale. Au contraire, le Parti se concentre entièrement sur la « réforme en profondeur » des institutions du système. « Nous voulons faire en sorte que les institutions élues — le Parlement européen et les parlements nationaux — aient plus de pouvoir et de possibilités de contrôle[10]. »

Die Linke

Un parti important au sein de la Gauche européenne est le parti allemand de la gauche, Die Linke. Il résulte de l’unification, en 2007, du Parti du socialisme démocratique (PDS, le parti qui a succédé au principal parti en RDA, le SED) et le WASG (des sociaux-démocrates de gauche déçus, des responsables de syndicats et des groupes trotskistes de l’Allemagne de l’Ouest).

Le WASG est né en 2005 des protestations suscitées par le gouvernement de Gehrard Schröder composé du Parti social-démocrate (SPD) et des Verts. Sa réforme Hartz IV, qui supprimait aux chômeurs leurs allocations au bout d’un an et les plongeait dans un système d’assistance sociale, avait créé un énorme secteur à bas salaires. Les conséquences de la réforme Hartz IV ont été désastreuses. Un rapport des Nations unies[11] sur la situation sociale en Allemagne explique qu’aujourd’hui, 13 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que 1,3 million de personnes, bien qu’ayant du travail, ont besoin d’une aide supplémentaire parce que leurs revenus ne leur suffisent pas pour subsister. La pauvreté infantile affecte 2,5 millions d’enfants. Des études ont montré que 25 % des écoliers se rendent en classe sans avoir eu un petit déjeuner.

On constate une pauvreté en hausse parmi les personnes âgées en raison des pensions très modestes et revues à la baisse avec les réductions de salaire. Aujourd’hui, 8,2 millions de personnes ont des emplois temporaires ou des « mini-jobs » — à moins de 400 euros par mois. 75 % de tous les nouveaux emplois sont précaires. Tout ceci fait les choux gras des super-riches. En Allemagne, en 2010, il y avait 924 000 millionnaires, soit une augmentation de 7,2 % en trois ans.

Cette « réforme » divisa le parti social-démocrate et poussa l’ancien ministre social-démocrate Lafontaine à claquer la porte du parti. Il fut suivi par des sections entières du mouvement syndical allemand. Ces transfuges allaient créer le WASG. Le parti unifié WASG-PDS devenait « Die Linke » et, en 2009, il remportait 11,9 % des suffrages aux élections fédérales, gagnant ainsi 78 sièges. Son nombre de membres frisait les 80 000.

Mais, trois ans plus tard, selon les sondages les plus récents, Die Linke a des problèmes pour franchir l’antidémocratique seuil de 5 %, qui s’applique à toutes les élections, tant nationales que régionales. En mai 2012, il perdait ses sièges dans les deux Parlements régionaux allemands du Schleswig-Holstein (de 6 %, les votes retombaient à 2,2 %) et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (de 5,6 %, à 2,5 %). Le nombre de ses membres est redescendu à moins de 70 000.

La nouvelle social-démocratie

Die Linke a adopté un programme lors de son congrès d’Erfurt, en 2011. Il est présenté comme une synthèse entre les tendances marxistes et les réalistes très réformistes[12].

« Die Linke, en tant que parti socialiste, est pour des alternatives, pour un avenir meilleur (p. 4). » Cet avenir englobe très justement « une existence dans la sécurité sociale, avec un revenu minimal garanti exempt de sanctions et à l’abri de la pauvreté, ainsi qu’une protection totale contre la dépendance, avec une pension statutaire pour tous, s’appuyant sur la solidarité à l’abri de la pauvreté, avec une assurance santé et des soins pour tous les citoyens et reposant sur la solidarité, avec un enseignement convenable, gratuit, accessible à tous, avec une diversité culturelle et la participation de tous à la richesse culturelle de la société, avec un système de taxation juste réduisant les charges imposées aux bas et moyens revenus, les augmentant pour les hauts revenus et tirant substantiellement plus des grosses fortunes pour réaliser la démocratie et faire régner la loi contre le pouvoir exorbitant des grosses sociétés, avec l’abolition de toute forme de discrimination basée sur le sexe, l’âge, le statut social, la philosophie, la religion, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle et l’identité ou basée sur des incapacités en tous genres ». 

Mais on ne sait pas avec certitude si ces bonnes intentions seront concrétisées dans ce système capitaliste ou si ce système devra être aboli. À un endroit, on peut lire : « Nous avons besoin d’un système économique et social différent : le socialisme démocratique (p. 4). » L’ « économie sociale de marché » est critiquée comme « un compromis entre le travail salarial et le capital qui n’a jamais éliminé ni l’exploitation prédatrice de la nature ni les relations patriarcales dans les sphères publiques et privées ». Dans d’autres passages, le problème n’est pas le système, mais le « capitalisme sans restriction » (p. 58), le « modèle politique néolibéral » (p. 56) et les « marchés financiers dérégulés » (p. 15).

Le texte évoque un « long processus d’émancipation dans lequel la dominance du capital est renversée par le biais des forces démocratiques, sociales et écologiques », menant à une « société de socialisme démocratique (p. 5) ». À un autre endroit, la question décisive du changement social est la question de la propriété. « Aussi longtemps que les décisions prises par les grosses sociétés seront orientées vers les rendements désirés plutôt que vers le bien public, la politique sera sujette au chantage et la démocratie s’en trouvera minée. »

Ailleurs, « la propriété publique » est limitée « aux services d’intérêt général, d’infrastructure sociale, aux industries de l’énergie et au secteur financier » (p. 5). Et le programme copie la vieille thèse sociale-démocrate de « la démocratie qui s’étend à la prise des décisions économiques et soumet toutes les formes de propriété aux normes émancipatrices, sociales et écologiques. Sans la démocratie dans l’économie, la démocratie demeure imparfaite […]. » Ainsi, là, cet « ordre économique démocratique différent » sera donc une économie de marché régulée. Nous « soumettrons la régulation du marché de la production et de la distribution à un encadrement et à un contrôle démocratique, social et écologique ». « Le monde des affaires doit être soumis à un sévère contrôle de la concurrence (p. 5). »

La classe ouvrière n’a aucun rôle dans la conquête du pouvoir politique. Il est question de « majorités gagnantes (p. 20) » et le « socialisme démocratique » pourra être réalisé au sein des structures « démocratiques » de la constitution allemande et d’un « État social de droit ».

Les services de renseignement devraient être abolis, mais un « contrôle démocratique » de l’armée et de la police sera suffisant pour les transformer en outils du socialisme.

La participation au gouvernement

Selon le programme, la participation au gouvernement n’a de sens que si elle s’appuie sur un « rejet du modèle néolibéral de politique », si elle entraîne un changement « socio-écologique » et si elle peut réaliser une amélioration du niveau de vie de la population. Si tel est le cas, le « pouvoir politique de Die Linke et des mouvements sociaux peut être renforcé » et « le sentiment d’impuissance politique qui existe chez de nombreuses personnes peut être refoulé (p. 56) ».

On se demande comment cette position a pu être adoptée quelque temps seulement après la débâcle de ce qui avait toujours été présenté comme un exemple d’avant-garde de la stratégie du parti : le désastre de Berlin. En août 2010, Die Linke s’est effondré aux élections du Sénat de Berlin. En dix ans de participation au gouvernement de Berlin, le parti chuta, passant de 22,3 % à 11,5 %.

Pendant dix longues années, une coalition gouvernementale SPD-Die Linke géra la capitale allemande. Elle ferma de nombreuses crèches, sabra les indemnités sociales et privatisa 122 000 appartements sociaux. Die Linke vota la privatisation partielle du système berlinois de tramways, fit campagne contre la parité nationale des salaires pour les travailleurs du secteur public (qui gagnent toujours considérablement moins à l’est) et s’exprima contre les efforts pour ramener à la propriété publique la société approvisionnant Berlin en eau. Elle contribua également à privatiser une partie du principal hôpital de Berlin — ce qui allait se traduire par une dégradation des conditions de travail et une diminution des salaires.

Mathias Behnis, politologue et porte-parole du Front de résistance contre la privatisation de la société berlinoise de distribution d’eau, et Benedict Ugarte Chacón, politologue et porte-parole de l’Initiative berlinoise contre le scandale bancaire, établirent un bilan particulièrement noir dans le journal Junge Welt du 20 août 2011[13]. La coalition SPD-PDS (à l’époque, il s’agissait encore du PDS qui, plus tard, allait participer à la création de Die Linke) fit savoir clairement dès le début en 2002 quelle voie elle emprunterait, en approuvant une garantie de risque pour la Bankgesellschaft Berlin. Elle reprit les risques d’un fonds immobilier créé par la banque pour un montant de 21,6 milliards d’euros. Depuis, la Région de Berlin gère les pertes annuelles de cette banque. Le PDS était d’accord pour garantir les gains des actionnaires de ce fonds à l’aide d’argent public.

Dans un même temps, il mena une politique budgétaire stricte au détriment, par exemple, des allocations aux aveugles en 2003, ou du billet social pour les transports publics urbains en 2004, après que le gouvernement fédéral eut supprimé les subsides. D’énormes protestations sociales furent nécessaires pour réintroduire ce billet social, mais à un prix bien plus élevé.

Les crèches et les universités ne furent pas épargnées. Ceci déclencha de véhémentes protestations parmi les étudiants et le congrès de parti du PDS, le 6 décembre 2003, dans le luxueux hôtel Maritim dans le centre de Berlin, dut être protégé des étudiants par la police anti-émeute, qui fit évacuer la rue avec brutalité.

En mai 2003, les parents furent obligés de participer jusqu’à concurrence de 100 euros dans l’achat des manuels scolaires.

Die Linke à Berlin est également responsable de la détérioration de la situation de milliers de locataires. En mai 2004, le gouvernement régional de Berlin a vendu, au prix avantageux de 405 millions d’euros, 65 700 maisons de la société publique de logement GSW à un consortium auquel appartenaient le Whitehall-Fund de la banque d’investissement Goldman Sachs et la société d’investissement Cerberus. En 2010, il permit à ces sociétés d’entrer en Bourse et de transformer des milliers de logements berlinois en objets de spéculation.

Il supprima également les allocations aux propriétaires qui louaient leur maison à un loyer social, sans se soucier le moins du monde de ce qui allait advenir des locataires. Dans les anciens appartements naguère bon marché, occupés surtout par des travailleurs à bas salaires et des chômeurs, les loyers augmentèrent de 17 %.

L’eau se mue en marchandise

En 1999, l’ancien gouvernement avait vendu 49,9 % de l’ancienne société de distribution d’eau berlinoise à RWE et à Vivendi (Veolia). Le PDS obtint le poste de ministre de l’Économie en 2002, mais n’apporta aucun changement. Le prix de l’eau augmenta de 33 %. Sous l’ancien gouvernement, le PDS avait fait campagne contre la privatisation partielle de l’eau. Mais le ministre PDS, Wolf, fit exactement ce contre quoi il s’était battu : il garantit les bénéfices des actionnaires privés et tira lui-même profit des prix élevés de l’eau.

Dans l’accord de coalition de 2006, Die Linke et le SPD avaient parlé de s’atteler au retour de la société de distribution d’eau à l’autorité municipale. Mais rien ne fut fait. Pire encore, ils s’opposèrent par tous les moyens à un large mouvement extraparlementaire en faveur de la publication de l’accord secret de privatisation de la société de distribution d’eau. Plus de 666 000 personnes réclamèrent que cela fasse l’objet d’un référendum. La coalition fit campagne contre ce référendum. Le référendum obtenu, force leur fut de l’accepter, mais ils continuèrent à s’opposer à toute initiative légale de la population.

Tout ce qu’ils purent dire pour leur défense, ce fut l’éternelle rengaine des sociaux-démocrates : « Sans nous, c’eût été pire. » Non, cela aurait été exactement pareil, ou même mieux, parce que leur participation paralysa une partie du potentiel de résistance.

Après avoir été évincés aux élections, ils se plaignirent de n’avoir pas été en mesure d’imposer leurs points de vue au SPD. Il y eut des « restrictions à la liberté de mouvement », dit le dirigeant du parti, Klaus Lederer. Naturellement, mais quand vous promettez d’entrer dans un gouvernement pour changer les choses, vous ne devez pas être surpris si les gens vous demandent ce que vous avez changé, en fin de compte.

Dans les gouvernements régionaux du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et du Brandebourg, tout comme à Berlin, le parti participa aux restrictions et aux fermetures.

Néanmoins, le congrès d’Erfurt conclut que la participation au gouvernement avait du sens.

C’est à peine si la participation à des gouvernements locaux et même fédéraux est encore aujourd’hui mise en question au sein du parti. L’aile droite de la direction a même tiré parti des mauvais résultats récents pour réclamer que le parti renonce à son « désir de rester dans l’opposition ». Il devrait déclarer ouvertement son intention de chercher à participer à tous les niveaux de gouvernement, particulièrement avec son « partenaire naturel de coalition », le SPD. Dietmar Bartsch, l’un de ses principaux porte-parole, est soutenu par le parti dans la totalité des cinq Länder de l’est, où l’organisation a beaucoup plus de membres. À l’Est, la participation au gouvernement est aujourd’hui devenue la norme.

Oskar Lafontaine, qui est considéré comme représentant la gauche du parti, ne s’est jamais opposé à ce que le parti s’embarque dans des coalitions au pouvoir — que du contraire. C’est un keynésien et il rêve d’un genre d’État providence socialement limité au niveau national. Retour aux années 70. Lui et ses partisans ne cessent de formuler les « principes » ou des « conditions » qu’il faudrait remplir pour participer au gouvernement.

 « Nous ne pouvons laisser le SPD et les Verts gouverner seuls. Le social n’est possible qu’avec nous », tel était l’intitulé du principal texte de la direction du parti lors de son congrès de Rostock en 2010. « Die Linke peut gouverner, même mieux que les autres. Et nous, dans le Mecklenburg-Vorpommern, nous avons des idées très claires sur ce qui devrait s’améliorer et comment le réaliser », a déclaré Steffen Bockhahn, président régional de Die Linke dans le Land Mecklenburg-Vorpommern, à ce congrès[14]. « Nous devons avoir des alternatives à la coalition CDU-FDP », ont dit les dirigeants du parti. Comme si le SPD et les Verts n’étaient pas d’accord pour faire payer la crise aux travailleurs ! Il n’y a plus aujourd’hui de critique acerbe à l’encontre de ces partis.

Die Linke affirme qu’elle combine les protestations sociales et politiques, élaborant des alternatives possibles et des réalisations politiques dans le cadre du gouvernement. Mais il est clair qu’il n’y a pas aujourd’hui de rapport de forces rendant possible d’exercer sur les gouvernements une pression telle qu’ils seraient forcés de réaliser d’importantes réformes en faveur du peuple. La seule conséquence de la participation gouvernementale, c’est qu’elle paralyse les mouvements de masse et qu’elle les intègre au système, comme nous l’avons vu à Berlin.

Les expériences de la participation communiste dans les gouvernements européens ont prouvé que cette participation n’arrêtait pas les privatisations, la régression sociale, ni même la participation à des guerres impérialistes. Ces expériences ont ébranlé la confiance dans les partis qui ont participé à ces gouvernements et elles les ont amenés à montrer qu’ils n’étaient guère différents de n’importe quel autre parti. La participation à un gouvernement bourgeois où les monopoles capitalistes dominent affaiblit les forces anticapitalistes.

En Grèce

Néanmoins, certains partis refusent de tirer les leçons de telles expériences. Ils prouvent qu’ils sont devenus de véritables partis sociaux-démocrates, prêts à remplacer les anciens, aujourd’hui discrédités.

En Grèce, plus la possibilité d’une victoire électorale semblait réaliste, plus la section locale du Parti de la Gauche européenne, Syriza, a rendu son programme le plus acceptable possible pour la direction de l’UE et la bourgeoisie grecque. Son programme gouvernemental[15] fut présenté comme un « plan pour mettre fin à la crise ». « Il s’agit d’unir le peuple autour du programme gouvernemental de Syriza visant à libérer la Grèce de la crise, de la pauvreté et de sa mauvaise réputation. » Nulle part, le système capitaliste n’est mentionné comme cause de la crise : il n’est fait état que de la gestion « néolibérale ». Le programme est présenté comme socialement et fiscalement équitable. Il promet l’annulation des mesures les plus insupportables et antisociales, la hausse du salaire minimal, la restauration de l’ancien niveau de protection contre le chômage et la maladie. Il promet de supprimer les taxes spéciales sur les bas et moyens revenus. Mais ce plan n’appelle qu’à la « stabilisation des dépenses primaires autour d’un minimum de 43 % du PIB, contre les 36 % du mémorandum, et d’un maximum de 46 % du PIB ». Ceci ne fera que ramener la Grèce dans « l’actuelle moyenne au sein de la zone euro ». C’est un programme qui ne va jamais au-delà du cadre capitaliste. « Nous organiserons la relance de la production du pays avec d’importantes impulsions visant à soutenir le développement d’industries compétitives. » Il ne promet que de geler la privatisation des entités publiques d’importance stratégique qui étaient encore publiques en 2010, quand la crise a éclaté. Sur la question de la dette, le programme cherche un compromis avec la bourgeoisie de l’UE au pouvoir. Il est loin en dessous du programme en dix points de Syriza pour les élections du 6 mai, qui appelait à « un moratoire sur le service de la dette, des négociations en vue d’annuler certaines dettes (pas la dette, comme le KKE le demandait) et la régulation de la dette restante pour inclure des provisions pour le développement économique et l’emploi[16] ». Le 8 mai, après les premières élections, Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, a présenté un programme en cinq points comme base pour la formation d’un « gouvernement de gauche ». Là nous ne trouvons plus que « la création d’une commission d’audit internationale pour enquêter sur les causes du déficit en Grèce, avec un moratoire sur le service de la dette en attente de la publication des résultats de l’audit »[17].

Avant les nouvelles élections du 17 juin, son « programme de gouvernement » se limite à dénoncer des emprunts (négociés avec la Troïka) afin de remplacer leurs conditions par « d’autres qui ne mettront pas en question la souveraineté nationale de la Grèce et la survie économique de notre pays. Des conditions telles que la priorité dans le remboursement des prêts ou la saisie de la propriété de l’État, accordée aux créditeurs par le mémorandum, ne seront pas acceptées sans condition… » Il n’y a pas de revendication radicale visant à faire payer les responsables de la crise (les bourgeois grecs et européens et autres banques…), ni de moyen d’imposer ces mesures. Tout sera négocié. Le programme n’entend pas imposer « l’annulation du régime fiscal zéro pour les armateurs et l’Église », mais « chercher un accord » avec le secteur de l’industrie maritime afin de supprimer les 58 exemptions. Rien n’est dit sur la création d’un gouvernement capable d’imposer ces mêmes mesures. Il veut « amener le niveau des taxes au niveau du reste de l’UE », où la totalité du fardeau repose sur les épaules de la population laborieuse. Nulle part il n’est question du contrôle de l’administration ou du système économique par les travailleurs. Qui va contrôler les patrons, les banquiers ? Rien sur la police, sur l’armée. Syriza reste au sein de l’Otan, de l’UE.

Les dures leçons du passé

Les expériences confirment les positions de Marx, de Lénine et de la Troisième Internationale à ce propos. Ils rejettent tous la participation, à l’exception d’une situation où le fascisme constitue une réelle menace, dans le cas d’une situation où il peut s’agir d’une transition vers un gouvernement réellement révolutionnaire, c’est-à-dire dans des situations prérévolutionnaires avec de très importantes luttes de classe et un équilibre du pouvoir favorable (comme le Chili au début des années 1970, le Portugal en 1975…). Dans ces situations, il est possible que nous devions sceller des alliances avec des forces qui représentent les couches non prolétariennes, mais qui sont également opprimées par les monopoles ou menacées par le fascisme ou des belligérants extérieurs. Mais cela uniquement à condition que ce pouvoir évolue ou veuille évoluer vers la démocratie populaire et le socialisme, vers un État différent contrôlé par les travailleurs. Ce n’était pas le cas au Chili, où la réaction massacra socialistes et communistes en les mettant dans le même sac.

Le gouvernement des travailleurs, tel qu’il est proposé par la Troisième Internationale, est compris comme « le front uni de tous les travailleurs et une coalition de tous les partis des travailleurs, tant dans l’arène économique que politique, pour lutter contre le pouvoir de la bourgeoisie et, finalement, pour la renverser ». « Les tâches les plus fondamentales d’un tel gouvernement de travailleurs doivent consister à armer les travailleurs, à désarmer les organisations contre-révolutionnaires bourgeoises, à introduire le contrôle de la production (par les travailleurs), à faire passer le principal fardeau de la taxation sur les épaules des riches, et à briser la résistance de la bourgeoisie contre-révolutionnaire[18]. »

Un tel gouvernement des travailleurs n’est possible que s’il naît des luttes des masses elles-mêmes et s’il est soutenu par les organisations militantes des travailleurs[19].

Ceux qui justifient une coalition avec les partis politiques bourgeois dans les institutions parlementaires utilisent souvent les écrits de Dimitrov sur le front uni contre le fascisme. Il est vrai que Dimitrov critiqua les gens qui refusaient la politique de front uni contre le fascisme, mais selon Dimitrov, le front populaire antifasciste doit se créer sur base d’un front uni des travailleurs. Il demande qu’un gouvernement de front populaire prenne des mesures révolutionnaires, anticapitalistes : il peut surgir « une situation telle que la formation d’un gouvernement de front unique prolétarien ou de front populaire antifasciste devienne non seulement possible, mais indispensable dans l’intérêt du prolétariat. […] Nous exigeons de lui qu’il mette en pratique des revendications révolutionnaires radicales, déterminées, répondant à la situation. Par exemple, le contrôle de la production, le contrôle des banques, la dissolution de la police, son remplacement par la milice ouvrière armée, etc.[20] »

Dimitrov mettait en garde contre le fait que « maintenir un front populaire en France ne signifie pas, et de loin, que la classe ouvrière va soutenir l’actuel gouvernement[21] à tout prix […]. Si, pour une raison ou une autre, le gouvernement existant se montre incapable de faire passer le programme du Front populaire, s’il adopte la ligne de la retraite devant l’ennemi, chez soi et à l’étranger, si sa politique affaiblit la résistance à l’offensive fasciste, alors, la classe ouvrière, tout en continuant à resserrer les liens du Front populaire, tendra à provoquer la substitution d’un autre gouvernement à l’actuel […][22]. »

C’est ce qui arriva, et le PCF mit trop de temps à le comprendre. En 1936, après une victoire électorale des partis de gauche, le gouvernement Blum des socialistes et des radicaux fut formé, soutenu de l’extérieur par le PCF. Une énorme vague de grèves exerça une pression sur le gouvernement afin de le forcer à satisfaire les revendications que l’on retrouvait dans le programme du Front populaire. Mais, pour reprendre les termes de son chef, ce gouvernement ne se fixa comme objectif que de trouver une façon de « procurer un soulagement suffisant à ceux qui souffrent » dans le cadre de la société telle qu’elle existait. Pour Blum, la mission du Front populaire consistait à « ménager la société bourgeoise » et d’en extraire « un maximum d’ordre, de bien-être, de sécurité et de justice ». Dans ces conditions, l’impact négatif de la participation au gouvernement a considérablement augmenté. Les administrations « de gauche » présidant au système capitaliste ont historiquement démoralisé et démobilisé la classe ouvrière, et ouvert la voie à des partis et des gouvernements conservateurs et même d’extrême droite.

Le gouvernement Blum fut déboulonné deux ans après et deux ans supplémentaires allaient suffire pour que les capitalistes français prennent leur revanche et reviennent sur les concessions qu’ils avaient faites. À l’initiative du Parti socialiste, le gouvernement dirigé par le leader du Parti radical, Daladier, déclara le PC illégal le 21 novembre 1939 et les représentants de ce dernier passèrent en jugement. Le 7 juillet 1940, les mêmes représentants radicaux et socialistes votèrent la confiance au gouvernement traître de Pétain.

Même dans les périodes où une participation au gouvernement peut mener à la phase de la lutte ouverte pour le socialisme, la plus grande vigilance est de mise.

En septembre 1947, lors d’une réunion où étaient présents des membres du nouvel organe de coordination des partis communistes après la Seconde Guerre mondiale — le Kominform[23] — les participants critiquèrent la ligne opportuniste du PCF et du PCI dans leur politique de front uni durant l’occupation et leur participation au gouvernement par la suite.

Il était dans l’intérêt de la bourgeoisie de coopérer avec les communistes pendant et après la guerre, parce qu’elle était faible. Les communistes auraient dû tirer avantage de cette situation pour occuper des positions clés, mais ils ne le firent pas. Au lieu de conquérir un soutien de masse afin de prendre le pouvoir, ils désarmèrent les masses et semèrent des illusions à propos de la démocratie bourgeoise et du parlementarisme.

Au lieu de créer une unité antifasciste à partir de la base, avec la création d’instruments émanant des masses, rassemblant toutes les tendances qui étaient réellement prêtes à suivre la voie de la lutte pour un pouvoir révolutionnaire, les dirigeants du PCF et du PCI ont commis l’erreur de construire un front au sommet, sur la base d’une représentation égale de différents partis, alors que l’objectif des partis bourgeois était d’empêcher la transformation réelle du pays. Pour mener cette politique, les dirigeants du PCF et du PCI ont prétexté que toute revendication autre que celle de la libération nationale, toute revendication de changements démocratiques radicaux et révolutionnaires aliènerait au front antifasciste un certain nombre de groupes sociaux et de forces politiques.

La réunion critiqua le PCF pour avoir permis et même facilité le désarmement et la dissolution des forces de la Résistance sous le prétexte que la guerre n’était pas terminée et qu’une action contre la politique de De Gaulle aurait abouti à une confrontation avec les Alliés. Cette conception facilita la tâche des impérialistes soucieux de reconquérir leurs positions d’avant la guerre. Cela créa des illusions à propos de la « démocratie » des impérialistes et de leur capacité à aider à la reconstruction, sans autres objectifs, des nations qui avaient été libérées du fascisme.

Globalement, les délégués à la Conférence leur reprochèrent de persévérer dans les illusions d’une voie parlementaire vers le socialisme et de les propager parmi les masses au lieu de mobiliser ces dernières contre la politique proaméricaine de leurs gouvernements et pour une alternative vraiment révolutionnaire[24].

Aujourd’hui moins que jamais

La première question reste : quel est le caractère de la société dans laquelle un parti communiste veut participer à un gouvernement ? C’est un État capitaliste. Sa base économique est le capitalisme et sa tâche est par conséquent de gérer le capitalisme, de protéger et de créer des conditions favorables à la réussite du développement du capitalisme. Cet État a adopté une constitution et des lois, des règles et des réglementations qui servent l’objectif qui vise à garantir l’ordre constitutionnel, à créer les conditions pour le développement du capital et pour empêcher les conflits au sein même de la société.

La politique hostile aux travailleurs dans ces États ne relève pas de mauvais politiciens ni de mauvais partis avec de mauvais programmes. Aussi longtemps que la propriété privée des moyens de production règnera, que les entreprises devront se faire concurrence pour survivre, elles vont devoir accumuler, accroître leurs bénéfices, réduire les salaires, refuser les revendications sociales. À cette loi ne peuvent s’opposer de « bons » politiciens au gouvernement avec des idées et des programmes « corrects ».

Le capitalisme d’aujourd’hui ne peut plus, comme l’espère Lafontaine, revenir à l’époque de ce qu’on a appelé l’« économie sociale de marché » avec partenariat social. Ce fut un épisode qui doit être replacé dans le contexte de la rivalité idéologique entre le socialisme et le capitalisme, de la force des partis communistes après la période de la Résistance, quand les revendications pouvaient être prises en compte à partir des profits de la phase de reconstruction de l’après-guerre.

Cela n’est plus possible et cela n’est d’ailleurs plus nécessaire dans la logique capitaliste. Les vingt-cinq millions de chômeurs officiels dans l’UE qui exercent une pression sur les salaires et les marchés de l’emploi aujourd’hui mondialement accessibles réduisent le prix de la main-d’œuvre. Le chômage de masse grève deux fois le budget social : les salaires en baisse apportent moins de rentrées dans les caisses de l’assurance sociale alors qu’il y a davantage de bénéficiaires à satisfaire à partir de ces fonds. L’effondrement du système de sécurité sociale n’est qu’une question de temps s’il n’y a pas un large combat visant à faire payer le capital. En outre, les rentrées des impôts en provenance des entreprises sont en baisse malgré les profits à la hausse ; des réductions d’impôt supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les capitalistes nationaux sur les marchés internationaux.

L’État capitaliste est là pour créer les conditions favorables à l’accroissement de la rentabilité des entreprises, pour créer pour elles de nouveaux marchés grâce à la privatisation et à la redistribution du revenu national en faveur des détenteurs de capitaux. Il est là pour faire taire ou réprimer la classe ouvrière nationale et pour garantir les intérêts du capital dans d’autres régions.

Ainsi, la participation à des gouvernements dans de telles conditions signifie uniquement la participation à la régression sociale, même si elle peut s’en trouver quelque peu ralentie. Cela signifie désarmer la résistance en donnant de faux espoirs au mouvement ouvrier.

D’anciens partis communistes ont choisi de participer au pouvoir, sachant souvent que cela signifiait gouverner dans l’intérêt du capital et prendre part à la destruction des acquis sociaux obtenus de haute lutte par le mouvement ouvrier.

La participation au gouvernement a contribué à démobiliser la résistance pourtant si nécessaire et le développement d’un contre-pouvoir. Aujourd’hui, pour modifier l’équilibre des forces de classe, nous devons nous unir pour une série de combats défensifs contre la régression sociale, afin de créer un mouvement politique indépendant des travailleurs et de ceux qui sont empêchés de travailler, et diffuser une conscience anticapitaliste croissante au sein du mouvement ouvrier.

La faiblesse de l’opposition communiste et de syndicats avec une claire orientation anticapitaliste est la principale cause de la domination agressive du capital dans la plupart des pays capitalistes.

Nous avons besoin d’un programme politique alternatif et nous devons nous battre pour ce programme. Il comprend des revendications immédiates, mais aussi le mot d’ordre l’abolition des rapports capitalistes de propriété. Ces revendications ne devraient pas être adressées à des partenaires potentiels au sein d’un gouvernement de gauche (qui n’existe pas), mais au mouvement ouvrier organisé et aux autres couches exploitées de la société. Elles devraient être adressées aux syndicats, à toutes sortes d’organisations populaires actives dans tous les domaines de la lutte sociale, démocratique, anti-impérialiste et culturelle.

La véritable question est de savoir comment les partis communistes vont se préparer aux batailles à venir, comment ils vont s’organiser pour être en mesure d’assumer efficacement la charge des nouvelles luttes de la classe ouvrière et de la population laborieuse au sens large. La crise pousse de larges couches de travailleurs à tourner le dos à la social-démocratie. Nous ne devons pas leur proposer une nouvelle social-démocratie rénovée. Ce qui est nécessaire, c’est un parti révolutionnaire qui prend en compte l’actuel niveau de conscientisation, qui fait siens les problèmes des petites gens, qui parle un langage accessible, qui cherche l’unité avec le groupe le plus large possible dans la lutte. Mais qui ne déroge pas à ses principes, qui maintient le cap vers une société où il n’y aura pas d’exploitation de l’homme par l’homme, une société sans propriété privée des moyens de production de base, une société dans laquelle les travailleurs seront réellement libres et avec un État qui protègera la liberté de la vaste majorité contre l’oppression par la minorité.

Herwig Lerouge (herwig.lerouge(at)teledisnet.be) est rédacteur en chef d’Études marxistes.


[1] « Socialism’s comeback », The New Statesman, décembre 2008, http://www.newstatesman.com/europe/2008/12/socialist-party-socialism?page=5.

[2] Fausto Bertinotti e.a., Tesi maggioranza (thèses de la majorité), V Congresso Nazionale, 2002, Partito della Rifondazione Comunista. Toutes les citations sur le PRCI proviennent de l’ouvrage « La classe ouvrière à l’ère des entreprises transnationales » de Peter Mertens, Études marxistes numéro 72 (2005). (Ces thèses en italien : http://www.d-meeus.be/marxisme/modernes/Bertinotti63Tesi.html.)

[3] Partito della Rifondazione Communista. VI Congresso Nazionale. Relazione introduttiva del segretario Fausto Bertinotti.

[4] Partito della Rifondazione Comunista. VI Congresso Nazionale. Conclusioni del segretario Fausto Bertinotti.

[5] La Stampa, 4 mars 2005, p. 7, http://www.archiviolastampa.it/.

[6] Le Nouvel Observateur, 10 février 1984.

[7] Michael Scherer, Amy Paris e.a., « Campaign inflation », dans Mother Jones 400, mars 2001, http://www.motherjones.com/news/special_reports/mojo_400/index.html.

[8] Junge Welt, 8 avril 2004, http://www.jungewelt.de/2004/04-08/004.php.

[9] Parti de la Gauche européenne, « Manifeste du Parti de la Gauche européenne », 10 mai 2004.

[10] Ibid.

[11] United Nations Economic and Social Council, 20 May 2011. Concluding Observations of the Committee on Economic, Social and Cultural Rights. Germany. http://www.ag-friedensforschung.de/themen/Menschenrechte/deutsch-un.pdf

[13] Mathias Behnis et Benedict Ugarte Chacón, « Die Überflüssigen : Hintergrund. Harmlos, farblos und immer treu zur SPD. Zehn Jahre Regierungsbeteiligung der Linkspartei in Berlin — eine unvollständige Bilanz des Scheiterns », https://www.jungewelt.de/loginFailed.php?ref=/2011/08-20/024.php.

[14] Disput, juin 2010.

[20] Georgi Dimitrov, L’Offensive du fascisme et les tâches de l’Internationale communiste dans la lutte pour l’unité de la classe ouvrière contre le fascisme, http://actionantifasciste.fr/documents/analyses/28.html.

[21] Le gouvernement du Front populaire de socialistes et radicaux dirigé par Léon Blum, voir plus loin.

[22] Georgi Dimitrov, Œuvres choisies, t. 2, p. 160, Sofia Presse.

[23] C’est en 1943 que fut dissoute la Troisième Internationale. Après la défaite du fascisme, elle fut restaurée sous l’appellation de Kominform. Ce dernier ne s’est réuni qu’à trois reprises. Lors des sessions qui se tinrent du 23 au 26 septembre 1947 inclus, il fut discuté en détail de la situation en France et en Italie.

[24] Intervention de Djilas du 25 septembre 1947. Giuliano Procacci (red.), The Cominform : Minutes of the Three Conferences 1947/1948/1949, Milan, Fondazione Giangiacomo Feltrinelli & Russian Centre of Conservation and Study of Records for Modern History (RTsKhIDNI), 1994, pp 255-257. Cité dans Peter Mertens, « La classe ouvrière à l’ère des entreprises transnationales », Études marxistes 72 (2005).

 

 

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 06:27

mayday2013 frLe 1er mai dans le monde : manifestations monstre et vitalité des organisations de classe sur tous les continents

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Comme chaque 1er mai, des millions de travailleurs sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère face à la remise en cause de leurs droits et de leurs conditions de travail mais aussi leurs espoirs d'une alternative dans les intérêts du monde du travail.

 

Pour les communistes, ces manifestations sont sources d'espoir – par la vitalité des organisations de classe, une prise de conscience nouvelle dans certains pays – mais aussi de vigilance, face à la division du mouvement syndical face aux réponses à apporter à la crise du capitalisme.

 

En Europe, division du mouvement syndical entre ligne de concertation sociale et ligne de lutte

 

C'est en Europe que les défilés du 1er mai ont été les plus massifs, c'est aussi en Europe que l'affrontement entre deux lignes syndicales est la plus rude sur les réponses à apporter à la crise capitaliste.

 

En Grèce, de 15 à 20 000 manifestants ont défilé à Athènes dans deux cortèges séparés pour converger place SYNTAGMA. D'un côté, les syndicalistes du PAME, liés au Parti communiste, de l'autre les deux centrales du privé et du public, la GSEE et l'ADEDY.

 

Des rapports officiels même, le cortège du PAME dépassait en taille celui des deux centrales réunies tandis que les syndicats de classe avaient appelé à une grève générale, notamment chez les dockers et dans les transports.

 

Le discours de clôture du dirigeant syndical du PAME a insisté sur la nécessité de la lutte contre les mesures anti-sociales et le refus de tout dialogue social, conduisant à de nouvelles régressions.

 

PortugalAu Portugal, ce sont près de 100 000 travailleurs qui ont répondu à l'appel de la CGTP, centrale liée au Parti communiste, , dans plus de 50 villes du pays, tandis que l'UGT réformiste (liée au PS) tente désormais de s'accrocher à la remorque de l' « unité syndicale ».

 

Toutefois, la ligne de fracture est plus que jamais visible entre d'une part une CGTP qui refuse tout nouveau plan d'austérité et appelle à la « démission du gouvernement » et l'UGT qui, elle, s'est dite toujours disposée à participer au « dialogue social » pour négocier de nouvelles mesures.

 

espana-1er-mai.jpgEn Espagne, le potentiel de lutte dans un pays qui compte désormais 6 millions de chômeurs s'est exprimé dans des manifestations qui ont accueilli 600 000 manifestants dans les rues : 160 000 à Barcelone, 100 000 dans la région de Valence et en Andalousie, 40 000 à Madrid et Saragosse.

 

Face à la radicalité des mots d'ordre venant de la foule (« Non aux diktats de la Troika »), les dirigeants des deux centrales syndicales dominantes, l'UGT et les Commissions ouvrières (CC.OO), ont proposé un « pacte social » national entre patronat, syndicats et gouvernement.

 

Ce pacte social supposerait de la part des « partenaires sociaux » des concessions réciproques – donc de nouvelles mesures d'austérité négociées – pour permettre de créer des emplois et de sortir l'Espagne de la crise.

 

En Italie, l'état inquiétant de la désorganisation totale de la résistance aux politiques du capital s'est reflétée dans des cortèges du 1er mai à l'affluence moyenne, mobilisant quelques dizaines de milliers de personnes nationalement.

 

La CGIL a tenu à saluer, en parallèle du « gouvernement d'union nationale », le retour de l' « unité syndicale » avec la CISL et l'UIL. Or, ces deux syndicats ont avalisé toutes les mesures d'austérité de Monti et continuent à se déclarer prêts à « réformer » avec le nouveau gouvernement.

 

De fait, la CGIL adopte une position inquiétant, saluant chez le premier ministre démocrate-chrétien Letta l'annonce de mesures qui remettront au centre le travail, alors qu'elles vont s'insérer dans la ligne de la contre-réforme Fornero du marché du travail, adopté sous le gouvernement Monti.

 

La disposition au « dialogue social » est même allée en Italie, à Bologne et à Trévise, jusqu'à la présence dans les cortèges du 1er mai de représentants... des organisations patronales venues défendre l'idée que nous sommes « tous dans le même bateau » !

 

La confusion générale était visible, entre les membres du PD osant défiler à Turin dans le cortège, conspué par des militants communistes, et d'autre part Beppe Grillo jetant volontairement le discrédit sur le 1er mai.

 

Grillo a pesté contre le 1er mai, qu'il a présenté comme le « Caporetto » ou le « 8 septembre » (date de la capitulation du régime fasciste en 1943) des travailleurs, vociférant contre ce qu'il appelle la « Triplice syndicale ».

 

Après une longue diatribe sur l'état apolycaptique de l'Italie actuelle, Grillo a qualifié le 1er mai d'un « rite fatigué », hier « fête des travailleurs, aujourd'hui marche des chômeurs et du grand concert du Premier Mai ».

 

Enfin, en Allemagne, le 1er mai a également été massivement suivi, avec près de 500 000 travailleurs dans les rues de Hambourg ou Berlin.

 

En dépit des tentatives médiatiques pour valoriser les manifestations d'extrême-droite, celles-ci sont restées fort modestes, réunissant quelques centaines de militants dans les rues de Berlin.

 

Le dirigeant de la centrale syndicale DGB, Michael Sommer, a lancé un appel non pas à la lutte mais au bon sens de Angela Merkel qui doit adopter une ligne permettant d'éviter le démembrement de la zone euro et de l'Union européenne.

 

En Asie, des manifestations inédites dans l' « atelier du monde »

 

Au-delà des frontières de l'Europe, avec ses espoirs et ses périls, ce 1er mai a été marqué également par des manifestations inédites dans le monde entier. En Asie, devenue désormais l' « atelier du monde », ce 1er mai a été l'occasion d'actes de résistances pionniers.

 

maydaybang.jpgAu Bangladesh, siège d'une grande part des usines textiles des multi-nationales, les dernières catastrophes humaines – incendies d'usines, effondrement d'ateliers – qui ont conduit à la mort de plusieurs centaines d'ouvriers et ouvrières, ont mis à jour leurs conditions d'esclavage moderne.

 

Près de 50 000 ouvriers du textile ont envahi les rues de Dacca ce 1er mai pour demander des conditions de travail décentes et que la justice condamne les patrons responsables de la catastrophe industrielle subie du 24 avril qui a coûté la vie à plus de 400 ouvriers.

 

Ce sont également les travailleurs de l'industrie textile qui ont mené la marche au Cambodge, conclue devant le Parlement cambodgien pour exiger le relèvement du salaire minimum à 150 $ par mois.

 

Aux Philippines et en Indonésie, confrontés à des régimes répressifs, au service des multi-nationales, les manifestations ont également atteint des proportions inégalées : 10 000 à Manille, près de 60 000 à Djakarta pour exiger de meilleurs conditions de travail, la fin des contrats précaires et une hausse des salaires.

 

taiwan.jpgA Hong-Kong, en Corée du sud, à Singapour ou encore à Taiwan, les travailleurs ont également répondu par milliers à l'appel des syndicats.

 

Ils ont subi à Singapour la répression du gouvernement qui interdit toute grève, tandis qu'à Hong Kong la manifestation des dockers et des salariés des transports a surpris les autorités et les habitants de la cité désormais gérée par la Chine populaire.

 

En Amérique latine, 1er mai combatif pour les processus révolutionnaires, colère contre les vestiges capitalistes

 

cuba.jpgC'est à Cuba que l'on a pu assister, ce premier Mai, à la manifestation la plus massive d'Amérique latine et une des plus significatives au monde, avec plus de 700 000 manifestants dans les rues de Santiago, portant haut des pancartes en hommage au Che, à Fidel et au président défunt Chavez.

 

Le mot d'ordre des manifestations du 1 er mai était non seulement la solidarité internationaliste envers la révolution bolivarienne au Vénézuela mais aussi la défense d'un « socialisme prospère et durable » à Cuba.

 

Ciego-de-Avila.jpgDans les autres pays qui connaissent des processus révolutionnaires, les manifestations gouvernementales ont été massivement suivies, mais furent émaillées de critiques, tantôt constructives, tantôt destinées à déstabiliser le mouvement révolutionnaire.

 

En Équateur et en Bolivie, les syndicats paysans et ouvriers ont demandé un approfondissement des processus révolutionnaires en faveur des travailleurs de ces pays.

 

La COB (Centrale ouvrière bolivienne) en Bolivie a intégré le 1er mai à son mouvement de grève pour des hausses de salaire tandis qu'en Equateur les mouvements paysans ont demandé une accélération de la Révolution agraire.

 

Rafael Correa a souligné qu'il ne « fera pas un pas en arrière dans sa révolution socialiste » rappelant que son « socialisme au XXI ème siècle met en avant l'être humain contre le capital » et que ce n'est plus la « bourgeoisie, les pays hégémoniques qui dominent en Équateur mais le peuple, les travailleurs ».

 

Au Vénézuela, les manœuvres de l'opposition putschiste continuent. Le cortège syndical principal mené par le président Maduro, mobilisant plusieurs centaines de milliers de travailleurs, a été accompagné d'un contre-cortège mené par le leader de l'opposition et les syndicats jaunes.

 

Nicolas Maduro, dans son discours de clôture a rappelé l'importance de la révolution : « Au Vénézuela, les travailleurs ont une patrie, et nous allons vers le socialisme, ce qui passe par la conquête de droits sociaux pour tous ».

 

La veille du premier mai, le gouvernement vénézuélien annonçait la hausse du salaire minimum de 20%.

 

Dans les pays dirigés par des gouvernements liés directement au capital, les manifestations ont également été historiques, bravant une répression féroce.

 

35 000 manifestants dans les rues de Mexico, ouvriers luttant contre la réforme du travail, mais surtout étudiants et enseignants, des États ruraux du pays (Guerrero, Oaxaca) demandant le retrait du projet de loi sur l’Éducation, qui devrait renforcer les inégalités et préparer la privatisation.

 

150 000 manifestants dans les rues de Santiago du Chili,à l'appel de la CUT, dirigée par la communiste Barbara Figuera, qui a appelé à lutter pour une éducation et un système de retraites publics, et contre la précarité au travail, colom1.jpgdans un des pays les plus privatisés du continent.

 

Enfin, en Colombie, selon la centrale syndicale nationale, plus d'un million de travailleurs sont descendus dans les rues, dont 100 000 à Bogota, refusant les bas salaires, la précarité et la privatisation de l'éducation.

 

Dans ces trois pays, les cortèges ont été émaillés d'affrontements durs avec la police qui ont fait, dans chacun des cas, plusieurs dizaines de blessés.

 

En Afrique du nord, la lutte continue dans des processus « révolutionnaires » incertains

 

Les processus révolutionnaires continuent, dans l'incertitude, en Afrique du nord et au Proche-orient.

 

A Tunis, plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l'appel de l'UGTT d'un 1 er mai de lutte contre le gouvernement avec comme mots d'ordre, la lutte contre la baisse des conditions salariales, le refus de la terreur islamiste et la défense des libertés syndicales.

 

Le cortège du Front populaire, mené par les forces du Parti du travail tunisien (ex-Parti communiste des ouvriers de Tunisie), a insisté sur la nécessité d'articuler les luttes revendicatives avec la lutte contre la terreur islamiste et pour une alternative de gouvernement, répondant aux objectifs de la révolutioEgypte.jpgn de 2011.

 

Au Caire, plusieurs milliers de manifestants sont également descendus dans la rue, à l'appel de la Fédération syndicale indépendante égyptienne (EFITU) reprenant le mot d'ordre de la révolution de 2011 : « Pain, liberté et justice sociale ».

 

Les manifestants exigent des mesures d'urgence pour soulager la misère des masses égyptiennes : en premier lieu l'instauration d'un salaire minimum. Elles ont plus largement exprimer leur opposition à la domination de l'Armée et des islamistes sur le pays.

 

Afrique du sud, Inde, Russie : les communistes et syndicats de classe au cœur des mobilisations

 

Ce 1er mai est aussi l'occasion de rappeler la vigueur du syndicalisme de classe, souvent lié aux organisations communistes.

 

La vigueur et la combativité des organisations de classe du PAME et de la CGTP, en Grèce et au Portugal. La persistance du syndicalisme cubain, engagé dans la cause du socialisme et de la solidarité internationaliste.

 

Japon.jpgMais aussi la présence des communistes à la tête des centrales syndicales qui retrouvent une nouvelle combativité : c'est le cas de la CUT au Chili et en Uruguay.

 

Les syndicats liés aux communistes ont également été à la tête des manifestations en Inde, en Afrique du sud, au Japon, avec des lignes de classe adaptées à chaque situation nationale.

 

En Afrique du sud, la COSATU – syndicat lié au Parti communiste – a organisé une série de rassemblements dans tout le pays, de Johannesbourg au Cap, insistant sur la nécessité de continuer la lutte pour de meilleures conditions de travail.Inde.jpg

 

La COSATU est, tout comme le Parti communiste, un allié critique de la coalition tri-partite menée par l'ANC qui gouverne l'Afrique du sud depuis la fin de l'apartheid.

 

Une ligne de combat plus frontale en Inde où les syndicats de classe comme l'AITUC et la CITU sont en plein essor et mobilisent plusieurs dizaines de millions de travailleurs dans des grèves générales. Ils étaient plusieurs dizaines de milliers dans les rues d'Hyderabad, Calcutta ou Delhi ce 1er mai.

 

kprf-1er-mai.jpgEnfin, en Russie, en dépit des tentatives du gouvernement de Poutine de dénaturer le 1er mai pour le transformer en manifestation de force pour le pouvoir, les communistes sont tout de même arrivés à grossir les rangs du million de manifestants descendus dans la rue en Russie.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Mouvement Communiste International
commenter cet article