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Le site publie des traductions de déclaration, communiqué, article théorique et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/ ) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

France - Politique extérieure

Sélection d'articles sur la politique extérieure de la France issus de "Cahiers communistes" (site http://vivelepcf.fr/)

15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 16:51
Après le Nouvel An à Cologne et ses suites : « Non au racisme ! Non à la violence sexuelle »

Klaus Stein, secrétaire de la section du Parti communiste allemand (DKP) du district de Cologne, fait le point sur les suites et les instrumentalisations politiques, les manifestations et contre-manifestations à Cologne et dans toute l’Allemagne depuis les agressions du Nouvel An, traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 14 janvier 2016

« Bilan de la police : atmosphère décontractée, les festivités se poursuivent pacifiquement » : voilà ce qu’on lit dans le premier communiqué de la presse à propos de la nuit de la Saint-Sylvestre. Un peu plus tard, selon la police de Cologne elle-même, elle a dû intervenir principalement pour des blessures corporelles (80 interventions), du tapage (76) et des dégradations de biens (20) : des chiffres qui se situent à peu près au niveau de l’année précédente. Mais, dès le 1er janvier, le site internet du journal « Kölnische Rundschau » fait état « d’exceptions dramatiques ». On apprend progressivement qu’il a eu de nombreuses agressions sexuelles et deux viols caractérisés à l’intérieur et aux abords de la gare centrale de Cologne. A cause de leur trop grand nombre, toutes les plaintes n’ont pas pu être enregistrées la nuit des faits par les deux fonctionnaires en service. Comme agresseurs possibles, la police envisage de jeunes hommes nord-africains, un groupe de pickpockets et de voleurs à la tire qu’elle a plus ou moins identifié. Mais bientôt, il est question de 1000 Nord-Africains ou Arabes.

Le ministre fédéral de la justice Heiko Maas soupçonne une action concertée des auteurs.

Rainer Wendt du syndicat allemand de la police met en garde contre une généralisation de la suspicion à l’encontre des réfugiés. Mais le même se demande comment il se fait qu’un tollé n’a pas (encore) éclaté. « Visiblement, les auteurs font de « mauvais » coupables. S’il s’était agi d’autres, par exemple de membres d’Hogesa [Hooligans contre les Salafistes], cela fait longtemps que l’on entendrait le tollé ». Dans le cas de musulmans, il y aurait manifestement une tendance à esquiver. Le ministre fédéral de l’intérieur s’écarte de la même façon de toute suspicion généralisée, du moins « à ce stade de l’enquête ». Mais il ajoute « qu’aucun tabou ne saurait être érigé ». L’état de droit dispose « déjà des moyens d’éloigner de tels délinquants. Les demandeurs d’asile déboutés sont soumis aux dispositions légales normales d’expulsion ». Le New York Times titre : les attaques contre des femmes allemandes enflamment le débat sur les migrants.

Le 5 janvier, 400 femmes ont manifesté contre le sexisme et le racisme sur le parvis de la cathédrale. Le lendemain, le Pro-NRW [parti d’extrême-droite régional « pour la Rhénanie du Nord – Westphalie »] voulait appeler publiquement à « un contrôle de la testostérone d’un millier de nouveaux habitants de la ville ayant l’air de venir de pays du sud au vu de leur chasse aux femmes autochtones ». Il en a cependant été empêché par l’action de 200 antifascistes qui ont recouvert sa voix. Le même jour, les « Rockers et videurs » [mouvance d’extrême-droite] annoncent, en compagnie d’hooligans, leur intention de nettoyer le centre-ville des étrangers. Pour le samedi 9 janvier, Pegida NRW [branche régionale du mouvement des « patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident »] appelle à une manifestation à Cologne.

La coordination « Cologne contre la droite » prend en charge la contre-manifestation. Le slogan : « Arrêter Pegida-NRW ! Non au racisme ! Non à la violence sexuelle ! ». Par ailleurs, les mouvements féminins mobilisent. Ils organisent sur le parvis de la cathédrale une « flashmob [mobilisation éclair] contre la violence masculine ». Les quelque 1000 participantes rejoignent ensuite la manifestation de « Cologne contre la droite ». Là aussi ont pris la parole exclusivement des femmes. Pour elles, la violence sexuelle des hommes appartient à la culture de tous les jours de la République fédérale, qu’elle se manifeste au carnaval de Cologne ou à la fête de la bière de Munich, et elle n’est pas liée à la nationalité, à l’origine ou à la religion. Pegida instrumentalise la colère face aux agressions sexuelles à des fins d’incitation au racisme.

Ce n’est pas 1300 personnes, comme les médias dominants l’ont compté, mais 4000 qui se sont rassemblées sur la place de Breslau dans la manifestation contre Pegida. En face d’eux, se trouvaient 1500 néonazis organisés et hooligans de la mouvance Hogesa soigneusement séparés par un cordon de police. Les nazis ont déversé pendant une demi-heure des cailloux, des bouteilles et des pétards sur les policiers jusqu’à ce que les canons à eau les arrêtent et dissolvent le groupe.

Le 11 janvier, le ministre régional de l’intérieur, Ralf Jäger, a parlé devant la commission aux affaires intérieures du parlement régional (Landtag). Il avait déjà suspendu le président de la police de Cologne, Albers. Entre temps, le nombre des plaintes s’est élevé à 516, dont, dans 237 cas, pour délit sexuel présumé seulement et, dans 107 autres cas, avec vol. A cela s’ajoutent 279 cas d’agressions corporelles ayant entraîné des blessures ou d’atteintes aux biens. Les motifs d’interpellation à l’encontre des 19 suspects déjà arrêtés à ce moment (dont 14 du Maroc et d’Algérie) sont d’abord sexuels, ce qui – pour le ministre – différencient ces actes des délits de vol à la tire [suivant la méthode de l’« Antanz-Maschen »] connus jusqu’à présent.

Le 10 janvier, plusieurs centaines de « Rockers » et de Hooligans se sont livrés à une chasse aux Africains et aux Pakistanais à travers la vielle ville de Cologne en blessant certains gravement. L’élu CDU Theo Kruse a mis en garde à la commission du Landtag devant le développement d’un sentiment d’impunité en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Après les affreux événements de Cologne, des citoyens pourraient se faire justice par eux-mêmes. Fait-il référence à des incendies de foyer de réfugiés ? Pense-t-il à la chasse aux Africains et aux Pakistanais ? Dès samedi, la présidence de la CDU a annoncé dans sa « déclaration de Mayence » sa décision de prévoir l’expulsion des réfugiés, même s’ils ne sont condamnés qu’à des peines de sursis.

Le sentiment d’impunité conduit à la dissolution du droit. Des derniers vestiges du droit d’asile ? De la Convention de Genève sur les réfugiés ?

Car pour mener la guerre contre le reste du monde, l’impérialisme a besoin de la forteresse Europe vis-à-vis de l’extérieur et de la terreur chez lui.

Klaus Stein, secrétaire de la section du DKP du district de Cologne, 12 janvier 2016

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 13:07
Le Parti communiste (Turquie) à propos de l’attentat d’Istanbul (14 janvier 2016)

Déclaration du Parti communiste (Turquie), 14 janvier 2016, traduction MlN pour « Solidarité internationalee PCF – vivelepcf)

« Le peuple paye le prix, le gouvernement porte la responsabilité »

 

Sans aucun doute, après cet événement, le gouvernement va encore se dresser et déclarer : « nous avions raison ». Nous ne l’accepterons pas ! Le gouvernement de l’AKP a du sang sur les mains et il doit payer pour cela !

L’enquête sur l’attaque à la bombe n’a pas encore commencé. Dans une certaine mesure cependant, cela importe peu. Depuis un certain temps, la violence aveugle est devenue l’arme principale de la politique partout dans le monde. Et, en fin de compte, c’est toujours le peuple qui souffre, indépendamment des auteurs des attentats. Les gouvernements les laissent se dérouler quand ils ne les planifient pas. Dans certains autres cas, une telle effusion de sang est le résultat de conflits internes à l’Etat ou interimpérialistes. Pour tous les attentats qui se sont produits dans notre pays dans la dernière période, une organisation spécifique est pointée : « l’Etat islamique ». A ce stade, il est difficile de dire à qui profite ces attaques à la bombe. Comme le Parti communiste (Turquie - CP) l’a toujours souligné : le recours par la politique à l’arme de la violence aveugle vient quand la politique au moyen de doctrines et de programmes a cédé la place à de sales et sinistres négociations derrière des portes closes.

En même temps que nous adressons nos condoléances aux familles des victimes et nos vœux de rétablissement aux blessés de la place Sultanhamet, en tant que Parti communiste, nous soulignons une fois de plus que la seule possibilité de mettre en échec cette sombre politique réside dans l’organisation des travailleurs sur une ligne politique honnête et révolutionnaire.

Le premier responsable de l’attaque à la bombe de Sultanahmet est le gouvernement AKP qui a amené la Turquie à cette situation. La politique intérieure et la politique extérieure de ce gouvernement despotique, qui se place au-dessus des lois, qui continuellement incite à l’effusion de sang, ont jeté les bases de tels massacres.

Sans aucun doute, après cet événement, le gouvernement va encore se dresser et déclarer : « nous avions raison ». Nous ne l’accepterons pas ! Le gouvernement de l’AKP a du sang sur les mains et il doit payer pour cela !

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 20:58
Le leader syndical Han Sang Gyun arrêté le 10 décembre 2015

Le leader syndical Han Sang Gyun arrêté le 10 décembre 2015

ML pour « Solidarité Internationale PCF – vivelepcf », 3 janvier 2016

Depuis septembre, c’est l’année de la Corée (du Sud) en France jusqu’en août 2016. Des manifestations sont organisées pour faire découvrir une culture passionnante et méconnue dans notre pays. Très bien ! Mais d’autres réalités de la Corée du Sud ne doivent pas être occultées. Cette « démocratie » aux relents dictatoriaux déploie une politique de répression sauvage contre ceux, les travailleurs et leurs syndicats, qui contestent sa politique d’écrasement social.

Depuis le 10 décembre 2015, le dirigeant de la confédération syndicale KCTU, la deuxième la plus importante du pays, Han Sang Gyun, est en prison. Les tribunaux de l’Etat ont ordonné de le maintenir en détention provisoire pour, notamment, organisation de grève sans autorisation, occupation de rues sans autorisation et incitation à la rébellion.

Son arrestation fait suite aux manifestations du 14 novembre, à l’appel de la KCTU, qui ont rassemblé 130.000 travailleurs contre, entre autres, les nouvelles atteintes au droit du travail (concoctées ensemble par le gouvernement le patronat et la confédération syndicale de collaboration) et les accords de libre-échange avec la Chine. Le gouvernement entend en effet faire passer de 2 à 4 ans la durée des CDD obligeant l’embauche en CDI (dans la même idée que l’extension de la période d’essai avec le CPE chez nous) ou encore faciliter le licenciement des travailleurs jugés « non performants » par leur patron. Les jeunes sont les premiers visés. Tous les salariés sont menacés par la mise en concurrence des uns contre les autres, plus ou moins précaires et mal payés.

La répression de la manifestation a été très brutale. 30 personnes ont été blessées. Une, un paysan venu manifester contre les importations à prix cassés de Chine, est toujours dans le coma à cause de l’usage d’un canon à eau par la police. Poursuivi, Han Sang Gyun s’est réfugié dans un temple bouddhiste. Le 5 décembre, 30.000 ont manifesté pour le soutenir. Le 10, il se rend à la police.

De telles méthodes policières sont monnaie courante en Corée du Sud. Le leader syndical redoutait une arrestation avant la journée d’action à tel point qu’il a préféré rester plusieurs semaines dormir au siège du syndicat. En 2009, il avait animé la grève, pendant 77 jours, des ouvriers de la firme automobile Ssangyung. Une usine avait été occupée par les ouvriers. La police avait chargé : 100 des 600 occupants avait été gravement blessés dont 28 devaient décéder par la suite. Han Sang Gyun a été emprisonné, déjà, pendant 3 ans.

Voilà comment cela se passe en Corée du Sud. Le pouvoir politique, autoritaire et corrompu, est aux ordres des grands trusts largement tournés vers l’export et de plus en plus tentés, face à la concurrence, d’écraser les salariés coréens et d’exporter … leurs capitaux. La « démocratie » policière, aux ordres des classes dominantes, mise en place par la dictature elle-même, tolère très mal l’exercice des libertés civiques et encore moins la contestation.

L’actuelle présidente élue en 2012, Park-Geun-Hye n’est autre que la fille et l’ex-collaboratrice du sinistre dictateur Park Chung Hee (au pouvoir jusqu’en 1979).

Ces réalités sud-coréennes ne semblent pas soucier les Hollande, Valls, Fabius ou Fleur Pellerin qui l’ont rencontrée et qui se flattent d’avoir en 2015 « resserrer les liens avec la Corée » capitaliste. Trouvent-ils dans les méthodes sud-coréennes de répression une source d’inspiration ?

De plus en plus de syndicalistes du monde entier font connaître et dénoncent la détention et la lutte du leader de KCTU. La suite de l’année de la Corée en France offre de nouvelles occasions de le faire.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 17:33
Raoul Castro et Nicolas Maduro à la Havanne le 10 octobre 2015

Raoul Castro et Nicolas Maduro à la Havanne le 10 octobre 2015

Dépêche de l’agence de presse Prensa Latina du 29 décembre 2015. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf »

Prensa Latina, La Havanne, 29 décembre 2015

Raoul Castro a appelé hier à la mobilisation mondiale pour défendre le Venezuela.

Le président de Cuba, Raoul Castro, a appelé hier à la mobilisation internationale en défense de la souveraineté et de l’indépendance du Venezuela et pour la fin des actes d’ingérence dans ses affaires intérieures.

Prenant la parole à la sixième session ordinaire du parlement qui s’est achevée mardi, le président a réitéré la solidarité de Cuba avec ce pays. Il a exprimé sa confiance que de nouvelles victoires de la révolution bolivarienne chaviste viendront sous la direction du président Nicolas Maduro contre l’offensive de déstabilisation menée par la droite, encouragée et soutenue de l’extérieur.

« Nous avons confiance dans l’engagement des révolutionnaires vénézuéliens et de leur peuple, dans sa majorité bolivarien et chaviste, à défendre l’héritage inoubliable du président Hugo Chavez », a-t-il déclaré.

« Nous sommes convaincus que, comme il l’a fait en 2002 pour empêcher le coup d’Etat contre le président Chavez, le peuple vénézuélien et l’union des citoyens et des militaires ne laisseront pas les réalisations de la révolution être démantelées et sauront comment transformer ce revers en victoire » a-t-il ajouté.

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Vénézuela - Révolution bolivarienne
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 12:50
Un million de communistes et sympathisants rassemblés à Calcutta en Inde. Etat des lieux et réflexions par Vijay Prashad

Article du journaliste et historien marxiste indien, Vijay Prashad, paru sur le site CounterPunch le 27 décembre 2015, traduit par MlN pour Solidarité internationale PCF

Le titre original de l’article est « La brigade rouge : rassemblement et réflexion des communistes indiens ». Ici, « brigade rouge » fait référence au lieu où s’est déroulé le rassemblement de masse du Parti communiste indien à Calcutta parfois appelé « terrain de parade des brigades » en référence aux défilés militaires qui y sont organisés.

 

Autour d’un million de communistes et de sympathisants se sont rassemblés au centre de Calcutta lors d’un rassemblement de masse le 27 décembre 2015. Le rassemblement s’est déroulé dans un lieu [vaste espace vert au centre de Calcutta] appelé tantôt « le Maïdan » ou « Brigade Ground », terrain de parade [sorte de Champ de Mars]. Des drapeaux rouges étaient déployés d’un bout à l’autre du Maïdan. Deux événements distincts, mais liés, ont motivé cette démonstration de force. Le premier, d’importance : les élections à l’Assemblée du Bengale Occidental auront lieu en 2016. Le second est la tenue d’un plenum organisationnel par le Parti communiste d’Inde (Marxiste) [CPI-M], la première rencontre de ce type depuis 37 ans. Le plenum va durer quatre jours. Il va non seulement préparer le CPI-M aux défis électoraux à court terme mais aussi réfléchir à questions politiques à plus long terme. Le CPI-M demeure le plus important parti de gauche en Inde. Il travaille en partenariat étroit avec d’autres partis de gauche dans des alliances électorales et politiques.

Au Bengale Occidental.

Le « Front de gauche » était au pouvoir au Bengale Occidental depuis 34 ans jusqu’à ce que le parti populiste, qui penche à droite, « Trinamool Congress » (TMC) évince la gauche en 2011. Depuis lors, le TMC et son leader Mamata Banerjee ont ouvert les vannes de la violence contre la gauche. L’assassinat de ses leaders locaux est allé de pair avec la destruction de ses locaux. La presse bourgeoise a alimenté la violence avec un langage incendiaire (« La gauche continue à saigner », The Telegraph, 4 novembre 2014). Le secrétaire du CPI-M pour le Bengale, Surjya Kanta Mishra, a défini quatre axes de la répression: c’est une attaque contre la démocratie et les institutions démocratiques, une attaque contre les moyens d’existence des populations, une attaque contre la laïcité et une attaque contre la gauche. Au rassemblement, il a lancé le slogan : « Sortir Trinamool, sauver le Bengale ».

Il y a quelques mois, le moral était au plus bas chez les cadres de la gauche. Les agressions avaient produit leurs effets. Pour construire la dynamique de mobilisation pour le grand rassemblement (et en vue des élections), le CPI-M a organisé une campagne de masse avec des marches (« Jathas ») partant de chacun des 77.240 bureaux de vote de l’Etat du Bengale. Des groupes de communistes et de sympathisants, plus ou moins fournis, ont défilé là-même où c’était encore interdit il y a peu.

La violence a été au rendez-vous. Des militants du TMC ont bloqué une « jatha » alors qu’elle défilait dans la circonscription de Mishra à Narayangarh dans le sud-ouest du Bengale Occidental. Les agressions sur Mishra, qui est aussi le leader de l’opposition à l’assemblée de l’Etat du Bengale Occidental, et sur d’autres, n’ont pas empêché le mouvement des jathas d’avancer. Cela n’a pas été la seule attaque contre des jathas du CPI-M. A chaque fois qu’une jatha était bloquée, les cadres du CPI-M ont fait en sorte qu’elle puisse revenir sur le lieu de l’attaque et que la marche reprenne. Cela a constitué un symbole de confiance et de force. Il n’est pas étonnant qu’un million de personnes se soient rassemblées sur le champ de parade le 27 décembre.

Les élections qui arrivent dans l’Etat se présentent comme une épreuve complexe. Arithmétiquement, suivant les résultats des élections législatives nationales de 2015, le TMC peut perdre. Malgré une vaque en sa faveur, le TMC n’a atteint que 39% des voix et est minoritaire. Le reste des voix s’est partagé entre le Front de gauche (23%), le BJP de droite (17%) et le Parti du Congrès (10%). Mamata Banerjee a senti le danger. C’est pourquoi elle courtise, tour à tour, le BJP et le Parti du Congrès. Si l’un d’eux s’associe à elle, alors il est probable qu’elle sera imbattable. Mais les élections à venir ne se gagneront pas avec des totalisations de résultats d’élections passées.

Suite aux scandales de corruption qui ont touché le gouvernement TMC et à la dégradation des conditions de vie, on a assisté à un décrochage parmi les partisans du TMC. Où vont-ils aller ? La gauche aura à se battre pour regagner la confiance des ouvriers et des paysans qui sont allés vers le TMC depuis la fin des années 2000. C’est la seule voie. Mais la gauche sera-t-elle en mesure de tirer vers elle suffisamment de personnes d’ici les élections de cette année ?

L’arithmétique des alliances est une sirène qui peut aussi se révéler trompeuse. Tout accord avec le BJP est impossible. Ce parti est engagé dans une politique ethno-nationaliste, économiquement néolibérale. Le Congrès est théoriquement attaché à la laïcité mais les problèmes les plus importants avec lui sont d’ordre économique et politique. Une des préoccupations du « Front de gauche » est d’appeler les électeurs du Congrès à abandonner leur parti au nom de la démocratie. Mais cet appel à rejoindre les communistes est transcrit dans la presse comme un appel à une alliance électorale avec le Congrès. Le Congrès n’est pas un allié valable. C’est aussi un allié non viable. En 2016, la gauche se présentera aussi aux élections à l’assemblée de l’Etat du Kerala où le principal adversaire sera le parti du Congrès. Ce sera difficile pour la gauche de travailler avec le Congrès dans un Etat et de le combattre dans un autre.

Le temps est compté à la gauche pour régler ces questions au Bengale Occidental. Une gauche forte peut-elle émerger non seulement sur le Maïdan mais aussi dans les urnes ? Ce n’est pas une question théorique. L’épreuve se jouera dans les villages et les faubourgs du Bengale Occidental. Il faudra une bonne dose de courage aux militants de gauche pour donner confiance à leurs partisans. Comme le secrétaire général du CPI-M Sitaram Yechury l’a dit récemment, la Gauche ne pourra gagner que « si les liens de notre parti avec notre peuple s’approfondissent – avec des communistes dans le peuple comme des poissons dans l’eau ».

Le Plenum

Le CPI-M tient son plenum à ce moment pour discuter de la capacité de la classe ouvrière et de la paysannerie à constituer leurs propres organisations. Les syndicats dans les usines et les champs sont en recul devant les mécanismes créés par le capital pour saper leurs possibilités de s’organiser. Les unités de production sont éparpillées dans le monde à une telle échelle que les ouvriers sont contraints de se concurrencer entre eux au bénéfice du capital. La mécanisation de la production déplace les travailleurs réduisant des centaines de millions de personnes à accepter n’importe quel emploi. Près de 90% des travailleurs indiens sont ainsi employés dans le secteur informel.

Au cours de la dernière année, le CPI-M a étudié les changements des conditions socio-économiques en Inde et l’impact des politiques néolibérales sur les différentes classes. Après avoir tenté de comprendre ces évolutions, la direction du CPI-M a maintenant à déterminer comment organiser au mieux les ouvriers et les paysans. Comme Prakash Karat du CPI-M l’a expliqué, les nouvelles conditions exigent l’adoption de « nouveaux slogans, de nouvelles tactiques et de nouvelles formes d’organisation du travail pour développer le mouvement de classe et de masse ». Voilà ce qui sera au cœur des débats du plenum. Une part importante de la discussion portera sur les formes à adopter pour construire l’unité des travailleurs informels, des habitants des bidonvilles, des paysans itinérants sans terre : ce sont des travailleurs aussi et, même, ils constituent la masse de la classe ouvrière et de la paysannerie. Il n’existe pas de modèles tout faits pour indiquer la voie mais il y a des pistes, des idées nouvelles, comme d’organiser les travailleurs là où ils habitent plutôt que là où ils travaillent. Mais elles devront faire leur preuve dans les luttes.

Le CPI-M à lui seul compte plus d’un million de membres ayant la carte du parti. Des dizaines de millions de personnes appartiennent aux organisations de masse liées au CPI-M. Les partis avec lesquels il est allié – le CPI, le Parti socialiste révolutionnaire, le bloc « En Avant », le CPI-ML (Libération) et le SUCI (communiste) – apportent de leur côté leurs millions d’adhérents et de partisans. La gauche indienne vibre toujours. Mais elle a grandement souffert de défaites électorales (tout particulièrement au Bengale Occidental) et d’une lente défection de ses membres.

La Gauche doit non seulement créer des tactiques tenant compte du présent mais elle devra aussi tourner ses revendications vers le futur. Il ne coule pas de source pour tous que la gauche représente l’avenir, que la gauche peut réellement prendre le pouvoir et que, seule la gauche, peut trouver des solutions aux problèmes pressants d’aujourd’hui. La croyance que le futur appartient à la gauche n’existe plus. Elle doit être recréée, pas simplement par les luttes dans le présent, mais par une affirmation plus solide et confiante pour le futur. L’horizon de la gauche reste cantonné aux luttes actuelles. Il aura besoin d’être projeté dans le futur pour écarter la vision prédominante que l’avenir appartient à la droite. C’est ainsi que le marxiste péruvien, José Carlos Mariategui, voyait la situation en 1925.

« Ce qui différencie le plus clairement et le plus évidemment [la bourgeoisie et le prolétariat] dans cette ère, c’est le mythe. La bourgeoisie n’a plus de mythes. Elle est devenue incrédule, sceptique, nihiliste. Le mythe libéral ressuscité a lui aussi vieilli. Le prolétariat a un mythe : la révolution sociale. Il se dirige vers ce mythe avec une foi passionnée et active. La bourgeoisie nie ; le prolétariat affirme. Les intellectuels bourgeois s’occupent avec une critique rationaliste de la méthode, de la théorie, avec la technique révolutionnaire. Quel malentendu ! La force des révolutionnaires n’est pas dans leur science ; elle est dans leur foi, leur passion, dans leur volonté. C’est un pouvoir religieux, mystique, spirituel. C’est la force du mythe ».

Précisément ce que les communistes doivent invoquer, c’est le mythe de la révolution. La révolution est le sort que jette le sorcier du monde des morts et qu’il ne peut plus contrôler. Elle affirme la vie et apporte une alternative complète au présent. A défaut de ce mythe, restent les prétentions plus petites à gouverner – les communistes sont incorruptibles et dignes, capables de gouverner selon les besoins des gens plutôt que d’être simplement un frein à la corruption et à un système indigne. Les horizons plus larges qui étaient autrefois la marque de la gauche ont besoin ont besoin d’être ravivés à nouveau.

Le dernier livre de Vijay Prashad s’intitule « No Free Left : The futures of Indian Communism » (New Dehli LeftWord Books, 2015).

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Inde-Asie du sud
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 12:00
Edgar Silva, candidat soutenu par le PCP pour la présidentielle du 24 janvier, accuse le premier ministre PS Antonio Costa de "continuer la politique du passé".

Edgar Silva, candidat soutenu par le PCP pour la présidentielle du 24 janvier, accuse le premier ministre PS Antonio Costa de "continuer la politique du passé".

Portugal : le gouvernement PS « sauve » la banque BANIF pour 2,3 milliards d’euros. Le PCP vote contre.

ML pour Solidarité internationale PCF, 28 décembre 2015

Le candidat aux élections présidentielles du 24 janvier 2016, soutenu par le Parti communiste portugais, Edgar Silva, a vivement critiqué la politique du gouvernement socialiste. Interviewé à Porto à la suite du discours de Noël du nouveau premier ministre PS, Antonio Costa, Edgar Silva lui a reproché de poursuivre des gouvernements précédents, « ce dont le Portugal a le moins besoin, c’est bien de la politique du passé, celle d’avant le 4 octobre ». Rappelons que la droite a perdu la majorité aux élections législatives du 4 octobre et qu’un gouvernement PS, avec un soutien sans participation du PCP et du « Bloc de gauche », a fini par être installé.

L’affaire, le scandale, du renflouement et de la vente de la banque BANIF est dans tous les esprits. Le 23 décembre, le gouvernement Costa a fait passer à l’Assemblée un budget rectificatif spécial prévoyant le versement de 2,25 milliards d’euros, dont 1,8 milliard provenant directement du budget de l’Etat, à la BANIF pour permettre sa vente (l’Etat est actionnaire à 60%) à une banque espagnole pour … 150 millions d’euros. Cette soi-disant « aide » obéit à une injonction de Bruxelles pour compenser des actifs financiers douteux, « expurger les actifs problématiques » de la BANIF et la remettre dans les normes européennes. Cette opération suit un renflouement à hauteur de 1,1 milliard d’euros depuis 2012, pour les mêmes motifs, décidés par l’ancien gouvernement de droite. Ces sommes sont colossales alors que cette banque ne pèse que 3% des dépôts du pays (surtout à Madère et aux Açores).

Le PS a pu faire passer son plan éclair grâce à l’abstention du parti de droite de l’ancien premier ministre Coehlo, tous les autres partis votant contre. Le « Bloc de gauche » a tenté de proposer des amendements que le gouvernement n’a pas acceptés. Pour sa part, le PCP, par la voix de ses députés, a refusé en bloc ce coup de force.

Le PCP n’accepte pas que les travailleurs et les contribuables paient pour les malversations financières. Le PCP n’accepte pas que le pays se plie aux diktats de l’Union européenne. Le PCP refuse toujours de relayer l’illusion de possibles régulation ou supervision publiques des banques privées limitant leurs pratiques spéculatives.

Les Portugais ont déjà payé pour la BANIF.

Malgré Bruxelles, pour le PCP, la seule solution consiste à intégrer la banque dans la sphère publique. « Seule une banque placée entre les mains du peuple ne vole pas le pays » a conclu le député communiste Miguel Tiago.

Le nouveau renflouement de la BANIF représente à lui seul plus de 200 euros par Portugais. L’opération creuse le déficit public de 1% du PIB pour 2016 et accroît la dépendance de l’Etat à la finance d’autant. Aussi les quelques annonces sociales du nouveau gouvernement PS - suspension de prélèvements exceptionnels sur les pensions de retraites et les allocations familiales, rembauche de 600 fonctionnaires qui avaient été mis en disponibilité, paraissent bien modestes et fragiles en comparaison.

Les contradictions du PS au pouvoir, obligé de gouverner en s’appuyant une majorité de gauche mais fidèle à l’UE et aux puissances d’argent, ne peuvent pas ne pas éclater. Le PCP avait dit ce qu’il ferait. Il fait ce qu’il avait dit. Il a refusé le choix du maintien de la droite au pouvoir. Il appuie tout ce qui, sous la pression du mouvement populaire (qui est sa priorité), va dans le sens des intérêts populaires. Mais il combat sans concession la poursuite de la politique au service de l’intérêt du capital même si elle vient du gouvernement PS.

La situation politique portugaise est mouvante. Les élections présidentielles du 24 janvier revêtent une importance inédite.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 13:18
Messages de solidarité de partis communistes avec le PC ukrainien en voie d'interdiction

Nous reprenons plusieurs communiqués de soutien de partis communistes du monde au Parti communiste ukrainien en voie d’interdiction après le rejet de ses appels par la « Cour administrative de Kiev » le 16 décembre. Nous avons choisi de ne pas reprendre les positions de certains partis qui en appellent aux soi-disant valeurs de l’Union Européenne alors que l’UE, les puissances européennes, avec les Etats-Unis et l’OTAN sont précisément à l’origine de l’installation du régime fascisant de Kiev.

 

Le Parti AKEL de Chypre dénonce l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine

Bureau de presse du CC d’AKEL, 18 décembre 2015, Nicosie, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF

Nous assistons à un nouveau recul historique en Ukraine après la décision prise avant-hier par la Cour administrative du district de Kiev d’interdire le Parti communiste d’Ukraine. AKEL dénonce ce nouvel acte qui constitue une nouvelle manœuvre du gouvernement réactionnaire de Kiev contre la principale force d’opposition du pays.

Sans aucun doute possible, ce développement s’inscrit dans la continuité des actions visant à consolider le régime pro-occidental et antidémocratique mis en place à l’instigation des cercles dirigeants des Etats-Unis, de l’UE et de l’OTAN et soutenu par eux. Depuis 2014, les mêmes, qui ont renversé par un coup d’Etat le gouvernement de Ianoukovitch, persécutent tous ceux qui expriment une opposition dans le pays. Ces actes sont à l’origine du déclenchement de la guerre civile qui a conduit à la partition de facto du pays. Dans le même temps, des organisations d’extrême-droite sont encouragées. Entre autres, elles ont pris part sans entrave aux persécutions anticommunistes comme la destruction des monuments de la période soviétique, le pillage de bâtiments et les agressions à l’encontre de membres et de dirigeants du Parti communiste d’Ukraine. Des efforts constants sont déployés dans le but d’imposer de force une révision de l’histoire salissant et rabaissant tout ce qui a rapport à la période soviétique du pays constitue. Ils sont allés jusqu’à justifier les actes des collaborateurs du nazisme pendant la deuxième guerre mondiale et à se revendiquer d’eux.

Le sommet de l’hystérie anticommuniste du régime de Kiev a été atteint avec la récente parodie de justice destinée à réduire au silence le Parti communiste d’Ukraine. Pendant le procès, le juge, chargé au départ de l’affaire, a démissionné devant la pression politique exercée sur lui ; d’autres juges en ont fait autant. Le procès a finalement été transféré à une autre juridiction, non qualifiée pour cette affaire. Ce procès n’a rien été d’autre qu’une procédure politique engagée contre la principale force d’opposition du pays, qui critique fortement la soumission de Kiev aux intérêts occidentaux et aux politiques néolibérales du FMI. La commission qui a statué sur l’affaire a inventé le prétexte « d’incompatibilité du programme du parti avec la Constitution » sans pourtant constater et analyser la moindre « violation ».

Nous soulignons le fait que cet acte est couvert par les médias occidentaux et l’UE, ceux-là mêmes qui se présentent dans d’autres cas comme guidés par un intense sentiment démocratique. Dans le même temps, nous exprimons notre détermination à lutter, ensemble avec d’autres forces démocratiques et progressistes du monde entier, pour que l’hystérie anticommuniste et la chasse aux sorcières en cours, visant à servir les plans impérialistes et réactionnaires, ne l’emporte pas.

En tant que parti AKEL, nous soulèverons toute la question dans des organismes européens tels que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et le Parlement européen. En outre, nous en appelons aussi à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et à la Commission de Venise du Conseil de l’Europe pour qu’elles prennent position et se prononcent sur cette question.

 

 

Déclaration du Parti communiste de Bohème-Moravie (République Tchèque), sur les tentatives d’interdire le Parti communiste d’Ukraine

18 décembre 2015, traduction MlN, pour Solidarité internationale PCF

Le 16 décembre 2015, la Cour d’appel administrative de Kiev a rejeté l’appel du Parti communiste d’Ukraine du jugement l’interdisant de participer aux élections. Une nouvelle étape a été franchie non seulement vers la restriction des libertés politiques, mais aussi vers la possibilité d’interdire juridiquement le Parti communiste d’Ukraine.

L’actuel régime ukrainien a pris une décision, dans une atmosphère de peur, destinée à liquider l’opposition par la voie judiciaire, au mépris à la fois de la constitution ukrainienne, des lois et du droit international. Elle viole à la fois le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention européenne auxquels ce régime prétend vouloir se conformer, du moins dans les mots. En réalité, il nie le droit de son opposition politique à se défendre elle-même comme son droit à exprimer publiquement toute opinion différant d’une opinion en faveur du régime.

Avec la décision de la Cour, basée sur aucune preuve, le régime ukrainien actuel démontre son incapacité à défendre les intérêts de son propre peuple et il montre que la démocratie, la liberté d’expression comme les autres droits fondamentaux ne sont pour lui que des phrases creuses.

Partant de son expérience, le Parti communiste de Bohème-Moravie, qui a envoyé un représentant assister au procès de Kiev, condamne sans ambiguïté cette pratique autoritaire du pouvoir ukrainien. Dans le même temps, il exprime sa solidarité avec le Parti communiste d’Ukraine comme son soutien à son action légitime.

Nous demandons au ministère de la justice d’Ukraine qu’il mette fin immédiatement et sans conditions aux procès contre le PC d’Ukraine ainsi qu’aux procès contre les droits civils et politiques en vue de les restreindre et de les détourner dans la société ukrainienne. Une telle pratique n’a rien à voir avec les décisions de la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Vojtech Filip, secrétaire général du Comité central du PCBM, le 18 décembre 2015

 

Le PC portugais sur la décision d’interdire le Parti communiste d’Ukraine

Communiqué du bureau de presse, 18 décembre 2015, traduit par MlJ pour Solidarité internationale PCF

Le PCP exprime sa condamnation la plus forte de la décision de la Cour administrative de Kiev d’interdire le Parti communiste d’Ukraine et manifeste sa solidarité avec les militants et sympathisants du PCU et de toutes les forces démocratiques et antifascistes du pays qui résistent à la politique criminelle et désastreuse du pouvoir oligarchique issu du coup d’Etat de février 2014.

La décision arbitraire et inacceptable qui vient d’être annoncée fait partie de la vaste compagne en cours en Ukraine pour interdire l’idéologie communiste. Ce fait confirme la dérive antidémocratique actuelle en Ukraine.

Dans ce cadre, plusieurs aspects suscitent également une grande inquiétude : la campagne pour réécrire l’histoire, pour camoufler les crimes des organisations qui ont collaboré avec l’occupant nazi pendant la deuxième guerre mondiale et la promotion de forces paramilitaires présentant des caractères néonazis.

La complaisance et la connivence de l’UE, des Etats-Unis et de l’OTAN à l’égard du pouvoir actuellement en place à Kiev et la dérive fasciste dans le pays constituent un fait d’une extrême gravité.

Appelant à la solidarité des démocrates face à cette violation frontale des droits fondamentaux et des libertés et à la répression en Ukraine, le PCP exprime sa confiance que les justes aspirations à la paix et à la justice, que la lutte organisée pour défendre les droits des travailleurs et du peuple ukrainien finiront par prévaloir et mettre un coup d’arrêt au plan des forces rétrogrades qui méprisent aujourd’hui la dignité et la souveraineté de l’Ukraine.

 

Le Parti communiste de Grèce (KKE) dénonce la décision des autorités judiciaires d'Ukraine d'interdire définitivement le Parti communiste d'Ukraine.

Communiqué du Bureau de presse du Parti communiste grec KKE, 18 décembre 2015, traduction par la rédaction du Lien, organe du PADS

Le Parti communiste de Grèce (KKE) dénonce la décision des autorités judiciaires d'Ukraine d'interdire définitivement le Parti communiste d'Ukraine.

Le gouvernement réactionnaire de Kiev, avec le soutien des USA et de l'UE et avec l'activité ouverte des nationalistes et fascistes, ont mis à exécution cet acte profondément anti-démocratique, après une parodie de procès et la révision de son arsenal législatif anti-communiste.

Ils se trompent vraiment, s'ils pensent pouvoir soumettre le militantisme des communistes et mettre un frein à la supériorité de l'idéologie communiste en utilisant des mesures répressives.

Le KKE exprime sa solidarité avec le parti communiste d'Ukraine et il renforcera encore davantage son activité en Grèce et en Europe jusqu'à l'annulation des lois anti-communistes et des interdictions en Ukraine.

Bureau de Presse du CC de KKE

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 21:27
La FMJD condamne l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine

La FMJD (Fédération mondiale de la jeunesse démocratique) condamne l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine

Déclaration, 18 décembre 2015, traduite par MlJ pour Solidarité internationale PCF

La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) condamne l’interdiction permanente du Parti communiste d’Ukraine (PCU) suivant la décision de la cour administrative de Kiev du 16 décembre.

Le jugement a scellé une poursuite judiciaire purement politique émanant d’un gouvernement réactionnaire, composé de forces nationalistes et fascistes, qui a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat contre un gouvernement élu démocratiquement, avec l’appui des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’OTAN.

La décision de la Cour administrative correspond au soutien apporté par l’impérialisme au fascisme et aux groupes fascistes ukrainiens. Ce soutien s’accroît de façon hystérique visant d’un côté à maintenir le pays sous pression, de l’autre, à utiliser ces groupes pour maintenir un état de chaos en Ukraine.

Dans le même temps, cette décision illustre une fois de plus la propagande anticommuniste que l’Union européenne met en avant avec sa tentative d’établir un trait d’égalité entre communisme et fascisme, d’effacer la contribution décisive de l’Union soviétique dans la victoire des peuples sur le fascisme et d’affaiblir la lutte de masse organisée des couches populaires.

La FMJD a réaffirmé à plusieurs reprises sa solidarité et son soutien à sa composante ukrainienne, « L’Union de la jeunesse communiste léniniste d’Ukraine » et à tous les progressistes et démocrates ukrainiens aujourd’hui attaqués. Plus encore dans la situation actuelle, la FMJD exprime sa profonde solidarité et son soutien au Parti communiste d’Ukraine. La FMJD exprime également son approbation du message du PCU affirmant qu’il va continuer la lutte pour la justice et la démocratie, pour les droits humains et pour les libertés fondamentales.

Au nom de la FMJD, le secrétariat, Budapest, 18 décembre 2015

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 01:17
Elections Espagne 2015 : Podemos a recruté un ancien général sur ses listes ! Et pas n’importe lequel !

Elections Espagne 2015 : Podemos a recruté un ancien général sur ses listes ! Et pas n’importe lequel !

ML pour Solidarité internationale PCF, 19 décembre 2015

La rupture avec les appareils politiques traditionnels, l’ouverture à la « société civile », fait partie des slogans de Podemos (« nous pouvons » suivant le « Yes, we can » d’Obama), mouvement espagnol présenté comme de « gauche radicale ».

En la matière, Podemos et son chef, le politologue Pablo Iglesias, font fort. En fait de société « civile », ils ont recruté une personnalité de choix, placée en position éligible en Aragon, le général Jose Julio Rodriguez.

Le personnage n’est pas un obscur général de brigade repenti sur le tard dans l’antimilitarisme. Pas du tout ! Jose Julio Rodriguez, 67 ans, général d’aviation, jeune retraité, n’est autre que l’ancien chef d’état major de la Défense, le plus haut poste militaire du pays, exercé sous le gouvernement Zapatero.

Rodriguez a débuté sa carrière dans l’armée de Franco qu’il a servie dans l’ancienne colonie du Sahara Occidental. Puis, comme on dit, il a gravi tous les échelons jusqu’à commander le corps expéditionnaire espagnol envoyé en Afghanistan en supplétif de l’armée américaine. En lien direct avec le commandement de l’OTAN, il a été en responsabilités pour l’armée espagnole dans les guerres d’Irak et encore de Libye en 2011.

La droite crie à la trahison. Mais Rodriguez ne se renie pas. Ce serait plutôt Podemos qu’il faudrait accuser de trahison, du moins de tromperie. Pendant un temps, ce mouvement attrape-tout a voulu suivre les mouvements d’opinion hostiles aux interventions militaires espagnoles à l’étranger (maintenant réduites) et à la présence de bases de l’OTAN dans le pays. Aujourd’hui, l’équipe menée par Iglesias nourrit une aspiration plus élevée, celle de l’accession au pouvoir. Pour cela, il faut se ménager l’électorat de droite, qu’elle convoite aussi, mais surtout les puissants d’Espagne, de l’UE et de l’OTAN.

Podemos veut donner des gages à l’OTAN et à l’UE. Rodriguez est explicite : « Nous allons respecter les décisions de l’OTAN. Nous nous engageons pour une défense européenne globale car là est l’avenir » (Journal El Pais – 5 novembre).

En cas d’avènement au pouvoir, Pablo Iglesias a annoncé qu’il nommerait Rodriguez ministre de la défense : ce serait la première fois depuis Franco qu’un militaire exercerait un tel poste politique !

Décidément, les affinités entre Podemos et Syriza, entre Iglesias et Tsipras, que certains politiciens français érigent en modèle de « gauche », sont grandes. Dès son élection en Grèce, Tsipras a nommé ministre de la défense son partenaire d’extrême-droite Pammenos. Des manœuvres aéronavales inédites avec les Etats-Unis et même Israël ont été organisées. Etc.

Le Parti communiste espagnol continue, quant à lui, de revendiquer la sortie de l’Espagne de l’OTAN.

Mais il n’est pas sûr que ce point de vue se fasse beaucoup entendre dans ces élections. En juillet, Podemos repoussait vertement toute alliance électorale avec le PCE et la « Gauche unie » (Izquierda Unida) dans lequel la direction du PCE est intégrée. Résumé en une phrase : Iglesias voulait bien de l’appoint de quelques personnalités communistes mais pas d’une alliance électorale avec une machine à perdre les élections car trop liée à l’image du communisme. Refoulée par l’ultra-médiatisé Iglesias, la direction du PCE n’avait plus d’autre choix que de constituer d’autres listes. L’occasion existait de retrouver une identité communiste affirmée. Le choix a été fait d’aller dans une nouvelle dilution du PCE en passant d’Izquierda Unida à des listes « d’Unité populaire » avec des régionalistes et des transfuges de la social-démocratie.

Electoralement, politiquement, en Espagne, le changement, ce n’est malheureusement pas pour maintenant.

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 21:20
Pourquoi la Turquie a-t-elle abattu l’avion russe ?

Article du journaliste progressiste américain Conn Hallinan, repris du site « International Policy Digest », 11 décembre 2015, traduit par MlN pour Solidarité internationale PCF.

Conn Hallinan tente de démêler l’imbroglio des confrontations impérialistes telles qu’elles se manifestent dramatiquement en Syrie, sur le sol et dans les airs. Les bombardements français, intensifiés à des fins idéologiques en France après les attentats, en font partie, loin de toute solution de paix dans le pays.

 

Pourquoi la Turquie a-t-elle abattu l’avion russe ?

Ce n’est certainement pas parce que le Sukhoï 24 présentait une quelconque menace. L’avion est vieux et lent et les Russes avaient pris la précaution de ne pas l’armer de missiles de chasse aérienne. Ce n’est pas non plus parce que les Turcs ont la gâchette facile. Il y a trois ans, le président turc Recep Tayyip Erdogan déclarait avec emphase qu’une « violation momentanée de son espace aérien ne pourrait jamais être un prétexte à une attaque ». Il y a des doutes que l’avion russe soit même réellement rentré dans l’espace aérien de la Turquie.

De fait, tout l’incident du 24 novembre paraît de plus en plus douteux et on n’a pas besoin d’être un paranoïaque russe pour penser qu’il pourrait s’agir d’un piège tendu. Comme le lieutenant général à la retraite, Tom Mac Inerney, ancien chef d’état major de l’US Air Force, l’a dit à Fox News : « Cet avion n’opérait aucune manœuvre en vue d’attaquer le territoire [turc] ». Il a qualifié l’action turque « d’exagérément agressive » et a conclu que l’incident « devait avoir été prémédité ».

Tout cela a certainement dû perturber les militaires israéliens pourtant pas vraiment connus pour avoir une approche désinvolte des intrusions militaires. Le ministre de la défense israélien, Moshe Yaalon, a indiqué à la presse le 29 novembre qu’un avion russe avait violé la frontière israélienne sur les hauteurs du Golan. « Les avions russes n’avaient pas d’intention de nous attaquer, c’est pourquoi nous devons pas automatiquement réagir et les abattre quand il se produit une erreur ».

Alors pourquoi l’avion a-t-il été descendu ?

Peut-être parce que, pour la première fois en quatre ans, des acteurs majeurs avancent timidement vers un règlement de la catastrophique guerre civile en Syrie et que des forces conséquentes manœuvrent pour torpiller ce processus. Si les Russes n’avaient pas gardé leur calme, plusieurs puissances nucléaires auraient pu se trouver dans une situation inquiétante de confrontation et toute idée de fin de guerre en Syrie se serait évanouie.

Il y a de multiples acteurs sur la scène syrienne, et un nombre déconcertant d’intérêts s’entrecroisent et d’objectifs se concurrencent, ce qui, paradoxalement, rend à la fois plus facile et plus difficile de trouver un terrain d’entente. Plus facile parce qu’il n’existe pas de position unifiée parmi les protagonistes ; plus difficile parce qu’essayer de garder un troupeau de chats lourdement armés est une affaire délicate.

Le maigre résultat des joueurs en présence :

Les Russes et les Iraniens soutiennent le président syrien Bachar El-Assad et combattent une série d’organisations extrémistes allant d’Al-Qaïda à l’Etat Islamique (ISIS/DAECH). Mais chaque pays ne voit pas de la même façon à quoi pourrait ressembler la Syrie après la guerre civile. Les Russes veulent un Etat centralisé et laïque doté d’une grande armée. Les Iraniens ne se préoccupent guère de « laïcité » et privilégient des milices plutôt que des armées.

La Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la plupart des autres monarchies du Golfe essayent de renverser le régime d’Assad et sont les premiers soutiens des groupes que la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais combattent. Mais, alors que la Turquie et le Qatar veulent remplacer Assad par les Frères musulmans syriens, l’Arabie Saoudite déteste ces derniers peut-être encore davantage qu’elle ne déteste Assad. Et tandis que les monarchies du Golfe ne se préoccupent pas plus que cela des Kurdes, la Turquie les bombarde et ils sont même l’un des motifs principaux pour lequel Ankara s’implique autant en Syrie.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni essayent également de renverser Assad, mais sont actuellement rivés sur la bataille contre Daech, utilisant les Kurdes comme allié principal – en particulier les Parti démocratique kurde syrien, une ramification du Parti des travailleurs kurdes de Turquie (le PKK) que les Etats-Unis ont officiellement désigné comme « terroriste ». Il s’agit des mêmes Kurdes que ceux que bombarde la Turquie et qui entretiennent une alliance cordiale avec les Russes.

En fait, la Turquie va peut-être découvrir, comme prix à payer pour avoir abattu le Sukhoï-24, l’apparition soudaine de nouvelles armes russes dans les mains des Kurdes, dont certaines dirigées contre les Turcs.

La guerre en Syrie demande de suspendre sa pensée rationnelle.

Les Américains ne sont pas contents que les Russes bombardent les anti-Assad de « l’Armée de la conquête », une alliance de rebelles dominée par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. C’est cette même Al-Qaïda qui est censée avoir détruit les tours du World Trade Center et que les Etats-Unis sont actuellement en train de bombarder au Yémen, en Somalie et en Afghanistan.

La nécessité de suspendre sa pensée rationnelle ne vaut pas que pour la Syrie.

Un certain nombre de pays arabes ont rejoint initialement la guerre aérienne des Etats-Unis contre l’Etat islamique et Al Qaïda parce que ces deux organisations se sont promis de renverser les monarchies du Golfe. Mais l’Arabie Saoudite, la Jordanie, les Emirats-Arabes-Unis et le Qatar ont maintenant abandonné cette voie pour concentrer leur force aérienne sur le bombardement des Houthis au Yémen.

Les Houthis, pourtant, sont de loin la force la plus efficace combattant Daech et AL-Qaïda au Yemen. Ces deux organisations extrémistes ont enregistré des gains majeurs ces dernières semaines parce que les Houthis sont trop occupés à se défendre par ailleurs pour les contrer.

En dépit de tous ces troubles politiques, plusieurs évolutions amènent pourtant les différentes parties vers une forme de règlement pacifique n’impliquant pas de changement de régime en Syrie. C’est précisément ce qui inquiète les Turcs et les monarques du Golfe et c’est la raison principale pour laquelle Ankara a abattu l’avion russe.

La première de ces évolutions s’est imposée au long de l’été : le flux croissant de Syriens fuyant la guerre. Ils sont déjà près de 2 millions en Turquie, plus d’un million en Jordanie et au Liban et 900.000 en Europe. Sur les 23 millions de Syriens, quelque 11 millions ont été déplacés à cause de la guerre et les Européens s’inquiètent de voir nombre de ces 11 millions finir dans des campements sur les rives de la Seine ou de la Ruhr. Si la guerre se poursuit l’année prochaine, c’est une perspective tout à fait plausible.

En conséquence, les Européens ont mis en sourdine leur exigence du départ d’Assad comme préalable à un cessez-le-feu et comptent sur les Américains pour en faire autant. La question est loin d’être réglée mais un accord général semble se dessiner suivant lequel Assad sera au moins une partie de la solution vers un gouvernement de transition. A ce stade, les Russes et les Iraniens insistent sur la tenue d’une élection à laquelle Assad serait candidat parce que ces deux puissances redoutent tout ce qui pourrait ressembler à un « changement de régime ». Le rôle qu’Assad pourrait jouer sera un point d’accrochage mais probablement pas insurmontable.

La Turquie et l’Arabie Saoudite sont intransigeantes sur le départ d’Assad mais aucun des deux pays ne tient la barre en ce moment. Si l’OTAN a soutenu la Turquie dans l’affaire de l’avion russe, suivant une certaine presse turque, beaucoup de ses dirigeants considèrent Erdogan comme un élément incontrôlable. Et l’Arabie Saoudite – dont l’économie a été atteinte durement par la baisse mondiale des cours du pétrole – est préoccupée par sa guerre au Yémen qui est en passe de devenir un coûteux bourbier.

Le rôle de la Russie.

La deuxième évolution résulte de l’intervention russe, qui semble avoir changé la donne sur le terrain, au moins au nord, où les forces d’Assad subissent durement la pression de « l’Armée de la Conquête ». Les nouvelles armes en présence et la force aérienne ont contenu une offensive des rebelles et ont permis quelques avancées des forces gouvernementales dans la bataille pour la plus grande ville de Syrie, Alep.

Les bombardements russes ont aussi lourdement affecté les insurgés turkmènes dans la région de Bayir-Bucak, zone frontalière que la Turquie a utilisée pour faire passer des armes, du ravitaillement et des combattants en Syrie.

L’apparition des Russes à annihilé les efforts de la Turquie pour établir une « zone d’exclusion aérienne » à sa frontière avec la Syrie, une proposition qui n’a jamais soulevé l’enthousiasme des Etats-Unis. Les principaux alliés de Washington, les Kurdes, sont fortement opposés à une telle zone d’exclusion aérienne parce qu’ils y voient un élément des efforts d’Ankara pour éloigner la formation d’une région autonome kurde en Syrie.

La zone de Bayir-Bucak et la ville de Jerablus constituent aussi le point de transit pour les lucratives opérations de contrebande de pétrole, apparemment supervisées par l’un des fils d’Erdogan, Bilal. Les Russes ont embarrassé les Turcs en publiant des photos satellites montrant des kilomètres de camions citernes chargeant du pétrole depuis les puits contrôlés par Daech et l’acheminant à travers la frontière sud de la Turquie.

Le président russe Valdimir Poutine l’a dit le 30 novembre : « Le pétrole des militants de l’Etat islamique pénètre en Turquie à une échelle industrielle. Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d’abattre notre avion était guidée par le désir d’assurer la sécurité des voies de livraison de ce pétrole vers les ports ».

Erdogan et l’OTAN.

Erdogan n’a pas obtenu toute la réponse qu’il voulait de l’OTAN après que le Sukhoï-24 a été abattu. Si l’alliance militaire a soutenu la défense de sa « souveraineté » par la Turquie, l’OTAN a ensuite appelé à une résolution pacifique de toute l’affaire et à une désescalade.

Au moment où l’Europe a besoin d’une solution à la crise des réfugiés – et veut concentrer sa force de frappe sur l’organisation qui a tué 130 personnes à Paris – l’OTAN ne peut pas approuver que la Turquie l’entraîne vers une confrontation avec les Russes, rendant toute la situation encore beaucoup plus dangereuse qu’avant l’incident du 24 novembre.

Les Russes ont déployé maintenant leurs bombardiers plus modernes, de type SukhoÏ-34, et les ont équipés de missiles air-air. Les bombardiers seront maintenant escortés par des chasseurs de type Sukhoï-35. Les Russes ont aussi déployé des systèmes anti-aériens S-300 et S-400, ces derniers dotés d’un rayon d’action de 400 kilomètres. Les Russes disent ne pas rechercher de problèmes mais ils renforcent leurs armes pour prévenir qu’il s’en produise.

Est-ce qu’un accrochage entre les Turcs et les Russes pourrait conduire l’OTAN – et quatre puissances nucléaires – à entrer en confrontation ? Cette éventualité a de quoi faire réfléchir.

Vers la table des négociations

Autour du Nouvel An, les pays impliqués dans la guerre civile syrienne vont se rencontrer à Genève. Un certain nombre feront tout leur possible pour faire dérailler les négociations mais l’on peut espérer qu’il y aura suffisamment d’interlocuteurs censés – ou désespérés – pour dessiner les contours d’une solution politique.

Ce ne sera pas facile et il faut déjà décider qui s’assoira autour de la table. Les Turcs ne voudront pas des Kurdes ; les Russes, les Iraniens et les Kurdes ne voudront pas de l’Armée de la Conquête ; les Saoudiens ne voudront pas d’Assad. A la fin tout pourrait bien s’écrouler. Il n’est pas difficile de torpiller un plan de paix au Moyen-Orient.

Mais si les problèmes sont grands, un échec serait catastrophique. C’est ce qui pourrait être le ciment qui retiendra ensemble toutes les parties le temps qu’il faudra pour arracher un cessez-le-feu, un embargo sur les armes, une nouvelle constitution et des élections sous surveillance internationale.

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Moyen-Orient
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