Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

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Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

scorp-chute-mur.jpg Scorpions, le groupe qui a chanté la chute du mur de Berlin en guest-star à la Fête de l'Huma : un symbole

 

Brève MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La Fête de l'Huma s'est achevée hier, elle reste la plus grande fête populaire du pays, une fête associée encore au Parti communiste français. Elle a choisi cette année comme « guest-star » le groupe Scorpions. Un symbole en ce 25 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin.

 

2014 marque le 25 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l'annexion de la RDA socialiste par la RFA capitaliste. Cela marquera une nouvelle offensive de l'idéologie dominante pour légitimer le système capitaliste et tenter de discréditer la seule alternative, le communisme.

 

Or, la Fête de l'Humanité 2014 a choisi un groupe musical qui est un symbole politique mondial de la chute du communisme : le band allemand de hard rock Scorpions.

 

Scorpions au cœur de l'offensive culturelle occidentale vers le bloc socialiste

 

Scorpions a connu sa période de gloire au début des années 1980 avec des tubes qui connurent une audience planétaire, au-delà du monde du hard rock, dont Still loving you que tout le monde connaît.

 

Scorpions a participé à la mondialisation de la musique occidentale à cette même époque avec ses concerts aux États-Unis bien sûr, au Japon, au Brésil mais aussi Union soviétique.

 

Les Scorpions se revendiquent comme un groupe apprécié en URSS, ils décident alors non seulement de partir à la conquête d'un nouveau marché, mais de participer à une opération politique – celle de la « perestroika » de Gorbatchev mais aussi l'offensive économique et culturelle de l'Europe de l'est capitaliste vers l'Europe de l'est communiste.

 

« Avant, nous les allemands, on venait ici (en URSS) avec des chars,

on vient maintenant avec des guitares ! »

 

L'opération est un succès. En 1988, ils réalisent une dizaine de représentations en URSS. Un gouffre économique mais une victoire symbolique, se présentant en tant que résistants passifs face à la censure politique, les entraves du KGB à la « liberté artistique » du groupe.

 

Ils se seraient même adressé lors d'un concert en ces termes assez directs au public russe : « La dernière fois que les Allemands sont venus ici, c'était avec des chars, aujourd'hui on vient avec des guitares ! ». L'invasion allemande à visage humain ?

 

En 1989, ils reviennent pour un « Moscow music peace festival » qui se révèle un succès populaire avec Bon Jovi, Ozzy Osbourne, transformant ce spectacle en vitrine de la musique du 'monde libre'.

 

« Le vent du changement » : la chanson de la chute du mur de Berlin

 

imagesCAFM64XK.jpg D'après le chanteur du groupe, Klaus Meine, c'est ce voyage en URSS qui l'a inspiré pour sa chanson « Wind of change » (le vent du changement) qu'il interprète maintenant comme une ode à la fin de la guerre froide, la célébration de l'unité (allemande et européenne), un cri de liberté : en d'autres termes, la réunification de l'Europe dans le giron capitaliste.

 

Les paroles ne laissent guère d’ambiguïtés derrière le ton lyrique, la mondialisation avec ses idéaux libéraux est proche, celle dont nous rêvons et vous réaliserez :

 

« Le monde se rapproche, comme jamais vous n'auriez pensé si proche, comme des frères.

L'avenir est dans l'air, je peux le sentir partout souffler du vent du changement.

 

Emmène-moi vers la magie de ce moment d'une nuit glorieuse

où les enfants de demain rêvent dans le vent du changement.

 

En marchant dans les rues, les souvenirs lointains sont ensevelis à jamais dans notre passé.

Je suis la Moskva jusqu'au parc Gorki, en écoutant ce vent du changement.

 

Emmène-moi vers la magie de ce moment en une nuit glorieuse

Où les enfants de demain partagent leurs rêves avec vous et moi.

Emmène-moi vers la magie de ce moment d'une nuit glorieuse

où les enfants de demain rêvent dans le vent du changement.

 

Le vent du changement souffle en plein visage du temps.

Comme une tempête qui fera sonner la cloche de la liberté pour la paix des esprits.

Que votre balailaka chante ce que ma guitare veut dire ».

 

La chanson ne sort qu'en 1990, elle devient vite le symbole de la chute du mur de Berlin et de la réunification allemande, un tube en RFA et dans les pays d'Europe de l'ouest.

 

En 1991, le groupe est partie intégrante du concert organisé par Pink Floyd sur la Postdamer Platz à Berlin, pour célébrer le deuxième anniversaire de la chute du mur.

 

Scorpion's connaît grâce à cette opération politique un second souffle, alors qu'il était déjà sur la pente descendante à la fin des années 1980. Sa créativité au point mort, son temps passé, il entame un long et lent déclin.

 

Un signe d'ouverture … « le vent du changement » dans nos organisations ?

 

En 2014, le groupe de plus en plus oublié entame sa tournée d'adieu. L'ironie veut que ce groupe qui fut le symbole de l'anti-communisme – tout en se faisant passer un moment pour le groupe de l' « ouverture » à l'est, de l' « ostpolitik » ouest-allemande – a choisi la Fête de l'Humanité comme un des moments-clés de cette tournée !

 

Doit-on considérer cette invitation de la part des organisateurs de la Fête comme pur hasard, négligence, méconnaissance historique, c'est peu crédible. Une tentative voilée de tourner la page de son histoire, de s'ouvrir aux forces de gauche non voire anti-communistes, c'est pas impossible.

 

Die Linke reste le stand le plus mis à l'avant sur la Fête, faisant le commerce de l'ostalgie, comme elle s'en nourrit en Allemagne de l'est pour alimenter ses quelques pour-cent, ses milliers d'élus tout en liquidant toute perspective de re-construction du socialisme en Allemagne.

 

Lors de la campagne pour les élections européennes, la présidente de Die Linke avait osé affirmer aux Journées européennes de Hambourg en février : « C'est beau de voir qu'on a plus le mur dans nos têtes entre Allemands de l'est et de l'ouest ! ».

 

Die Linke et Scorpion's en guest-star, cela semble le grand écart, et si c'était l'expression d'une ligne cohérente : le « vent du changement », celui de la mutation des Partis communistes, du renoncement à la perspective révolutionnaire.

 

 

Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 06:56
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chandraDécès de Bipan Chandra, historien marxiste proche du PC indien, père des études sur le mouvement de libération nationale en Inde



Intro et traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste d'Inde (CPI) nous apprend le décès ce 30 août de l'historien marxiste Bipan Chandra. Peu connu en France, il a incarné pendant plusieurs décennies l'interprétation marxiste de la lutte pour l'indépendance indienne, devenant la référence dans le domaine.



Sa thèse (« The Rise and Growth of Economic Nationalism in India: Economic Policies of Indian National Leadership, 1880-1905 » publiée en 1966) a ancré le matérialisme historique, l'analyse de classe, comme fondement de l'étude du mouvement de libération nationale en Inde.



Son matérialisme lui a permis d'analyser les dynamiques des courants idéologiques en compétition encore en lutte aujourd'hui – socialisme/communisme, nationalisme progressiste, communautarismes – et de valoriser le rôle contradictoire des grands hommes de la nation, comme Nehru et Gandhi.



Il avait au cours des années 1980 enrichi sa perspective en intégrant les travaux d'Antonio Gramsci – récupéré d'une autre manière par les « subaltern studies » autour de Ranajit Guha – pour mieux comprendre les mérites et les limites de la « révolution indienne » de 1947.



Les cours de Bipan Chandra ont marqué des générations d'étudiants à l'Université Jawaharlal Nehru où il était professeur en histoire contemporaine et fut président du Centre d'études historiques.



Figure de la gauche intellectuelle indienne, marxiste convaincu, il était un compagnon de route du Parti communiste d'Inde qui lui a rendu hommage par un communiqué que nous publions ci-dessous :



« Le décès du Dr. Bipan Chandra est une triste nouvelle, suscitant une profonde tristesse parmi la communauté internationale et parmi les cercles de gauche, laïques et progressistes.



Professeur Bipan Chandra était un géant comme historien qui a traité toute l'histoire moderne de notre pays. Il a laissé une empreinte profonde et indélébile dans l'historiographie et la recherche.



En ayant recours à une méthodologie marxiste, il a transformé l'étude de l'histoire indienne en mettant avant le rôle déterminant des facteurs économiques comme source des événements historiques.



Son travail sur le nationalisme économique fut séminal dans cette optique. Il a mis en lumière les grandes contributions des forces communistes, de gauche, laïques, progressistes pendant le mouvement de libération nationale et après.



Il a particulièrement mis en avant les luttes anti-communautaires des communistes, de Gandhi et du président Nehru. Il a montré comment les forces de gauche, progressistes, laïques se sont rassemblées dans la lutte contre l'impérialisme britannique, tout comme après l'indépendance.



Son travail sur la contribution des forces progressistes, avant et après l'indépendance, reste une contribution exceptionnelle.



Il a donné un nouvel élan à l'étude de l'histoire indienne moderne, montrant le rôle des forces inhérentes à la société indienne. Son travail sur la définition et la caractérisation du communautarisme était une contribution originale à cet égard.



Il a montré comment la pensée de Nehru a émergé, et a contribué au développement de la nation indienne. Il a enquêté sur les origines historiques et économiques tant du communautarisme que de l'idéologie de Nehru.



Ses travaux nous apportent des armes utiles dans la lutte contre le communautarisme. Son travail intellectuel et académique sont tout aussi utiles pour les militants de base.



Le Professeur Bipan Chandra était également engagé dans un travail non seulement intellectuel, mais aussi dans des tâches d'enseignement ainsi que dans l'élaboration de politiques de développement universitaire dans tout le pays.



Il a formé des générations d'historiens et d'étudiants en science sociale. Ses travaux sur la contribution du Camarade P.C. Joshi, secrétaire-général du PCI, sont parmi les plus éclairants. Il était aussi un historien et un intellectuel de renommée internationale.



Le professeur Bipan Chandra était étroitement lié à la gauche, tout particulièrement au Parti communiste d'Inde (PCI).

 

Il laisse derrière lui un grand vide dans le champ intellectuel et académique. Le PCI rend un hommage respectueux au Dr. Bipan Chandra. »

Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 06:54
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code-travail.jpgLe plan de la nouvelle offensive du gouvernement contre ce qui reste de conquêtes sociales des travailleurs commence à être dévoilé



Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Code du travail va être refondu dans un sens ouvertement anti-ouvrier.

 

Selon les informations divulguées par des syndicalistes qui ont eu en main la mouture finale des modifications projetées, les contrats à durée déterminée (CDD) sont généralisés. L'employé est à la merci du patron. Il ne bénéficie d'aucune protection. Le contrat à durée indéterminée devient une exception. La clause de l'autorisation préalable de l'inspection du travail pour le recrutement des travailleurs en CDD, pour des raisons liées à la nature objective des activités, avait été levée par les lois sociales de 1990, donnant liberté totale au patron de fixer arbitrairement la durée du contrat sans possibilité de recours pour le travailleur. Les nouveaux textes ont entériné cette régression anti-ouvrière. Le projet ne prévoit pas d'article punissant l'employeur qui refuse de reconnaître le droit du travailleur en CDD à se syndiquer. Le syndicat du pouvoir UGTA est le premier à dénier ce droit aux travailleurs en CDD pour les empêcher de porter à la tête des syndicats des éléments combatifs qui refusent le "pacte social" passé avec leurs exploiteurs.

 

Les lois anti-grèves introduites en 1990 par le gouvernement "réformateur" de Hamrouche sont aggravées. Le dispositif mis en place avait pour but de rendre pratiquement impossible une grève "légale". C'est sur cette base que presque toutes les grèves qui ont eu lieu dans le secteur privé, ainsi que dans certaines entreprises publiques, ont été systématiquement déclarées illégales par les tribunaux et les représentants des travailleurs jetés à la rue, condamnés à payer des amendes ou à des peines de prison. Les amendements renforcent l'arsenal répressif en ajoutant de nouvelles exigences. Les organisateurs des grèves sont tenus de fixer à l'avance leur durée, leur date, leur lieu et les effectifs engagés dans l'action. Des sanctions sont prévues contre eux s'ils les modifient en fonction des impératifs de la lutte revendicative. Plus grave aussi, le projet considère que la relation de travail est suspendue en cas de grève. C'est une forme grossièrement déguisée d'octroi au patron du droit de "lock-out".



Le projet légalise la pratique scélérate des patrons en leur reconnaissant le droit de ne pas réintégrer les travailleurs, et notamment les syndicalistes, abusivement licenciés même si les tribunaux donnent raison à ces derniers. L'amendement introduit en 1997 par le Conseil de transition est maintenu: pour être reconnu par le patron, le syndicat doit lui remettre la liste nominative de ses adhérents qui prouve qu'il regroupe 20% au minimum des travailleurs. Autant dire que le syndicat envoie ses adhérents à la guillotine patronale!

 

D'autres amendements portent la trace profonde de cette régression.

 

Ces amendements rétrogrades ont été concoctés de façon anti-démocratique, sans consultation des premiers concernés, les travailleurs qui produisent les richesses du pays. Ils sont  l'expression parfaite de la nature de classe du système bourgeois et mafieux qui gouverne le pays, un système qui sert les intérêts des capitalistes exploiteurs et des sociétés étrangères assoiffés de profits, cherchant à saigner à blanc le peuple.

 

Ces amendements sont avancés derrière le rideau de fumée de l'abrogation annoncée pour le 1er janvier prochain de l'article 87 bis des lois sociales adopté après l'accord passé avec le FMI en 1994. Cet article avait inclus les primes dans le salaire minimum garanti (SNMG), privant de la sorte de ses augmentations les travailleurs situés au bas de l'échelle. L'annonce hypocrite de cette décision a cependant soigneusement évité de soulever les problèmes du non respect du SNMG par les patrons, en toute impunité, et la pratique largement répandue de la non déclaration des travailleurs à la sécurité sociale.

 

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes, dénonce ce projet dont le contenu a été écrit par les valets du capitalisme sous la dictée des patrons algériens et des sociétés étrangères à la recherche de tous les moyens pour précariser les travailleurs, renforcer leur exploitation et réaliser des taux de profit astronomiques.

 

Les représentants de la bourgeoisie au pouvoir ou dans l'opposition, comme c'est le cas de Hamrouche, père de l'arsenal juridique mis en place en 1990 pour paralyser les luttes ouvrières et faciliter le processus de passage déclaré au capitalisme, sous couvert des "réformes", sont et seront toujours d'accord pour mettre en vigueur des textes anti-ouvriers. C'est pourquoi la classe ouvrière doit se battre dans ses propres organisations de classe d'une façon indépendante et élargir ses alliances avec les catégories sociales qui sont elles aussi l'objet de l'exploitation capitaliste et dont les conditions de vie se rapprochent de celles qu'elle subit. 

 

 

lienpadsIl appelle à renforcer la mobilisation et à l'unité d'action de tous les travailleurs pour faire échouer cette nouvelle offensive du patronat et de son régime contre les droits minimum des travailleurs à une vie digne, à de meilleures conditions de travail et de rémunération.

Samedi 13 septembre 2014 6 13 /09 /Sep /2014 05:48
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marcador-chile.jpg« Chili-URSS 1973 : le match qui n'a jamais eu lieu » : quand l'URSS sacrifie sa participation au Mondial par solidarité avec le peuple chilien

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

11 septembre 1973 : l'espoir d'une révolution socialiste pacifique est balayée par un coup d’État soutenu par les États-Unis. Au milieu de cette tragédie, un match de football : Chili-URSS. Alors que le « bloc de l'ouest » baisse les yeux,, l'Union soviétique va faire un geste fort

 

futbolfrio.jpg21 novembre 1973, Estadio nacional : l'avant-centre chilien Francisco Valdés marque après 2 minutes de jeu dans le but soviétique vide devant 40 000 supporters en liesse : c'est, dira-t-on, le « but le plus tôt de l'histoire du football ». L'arbitre siffle la fin du match, Chili 1 URSS 0.

 

Chili-URSS, barrage retour des éliminatoires de la Coupe du monde 1974, c'est « le match qui n'a jamais eu lieu » mais qui va priver la sélection soviétique du génial Oleg Blokhine d'un mondial qui leur tendait les bras, après un 0-0 au Stade Lénine à Moscou dominé par l'URSS.

 

Alors pourquoi la sélection soviétique – qui avait triomphé de la France dans son groupe de qualification – a-t-elle laissé cette opportunité en or ? Parce qu'elle a mis des valeurs éthiques, un combat politique au-dessus des contingences sportives, de la gloire nationale.

 

Le 'stade de la mort' : doit-on jouer dans un camp de concentration ?

 

Le 11 septembre 1973, le coup d’État du général Pinochet mettait fin à l'expérience démocratique de construction du socialisme par la voie pacifique derrière le socialiste Salvador Allende, en alliance avec le Parti communiste du Chili.

 

urss_1.jpg Les Etats-unis avaient contribué à déstabiliser le pays dès 1970, ils soutiendront le putsch et se féliciteront de la fin du « régime marxiste » d'Allende. Pendant ce temps, l'URSS, comme Cuba, dénoncent le coup fasciste qui met fin à l'espoir ou illusion du « socialisme démocratique ».

 

Pendant les premières semaines, l'« Estadio nacional » sert de camp de concentration pour les opposants politiques. Près de 40 000 militants passeront dans le camp, seront détenus, torturés, parfois battus à mort comme le chanteur communiste Victor Jara, la voix de la révolution chilienne, dont les mains sont broyés avant d'être fusillé le 16 septembre.

 

Le match aller, le 26 septembre à Moscou, s'était soldé par un 0-0 miraculeux pour les Chiliens assiégés sur leur propre but, aidés par un arbitrage clément. Selon le journaliste chilien Hugo Gasc :

 

« L'arbitre était un anti-communiste féroce. Le président de la fédération (Francisco Fluxa) l'avait convaincu qu'il ne pouvait pas nous faire perdre. Et son arbitrage nous a pas mal aidé.

 

Les Soviétiques sont attendus à l' « Estadio nacional » le 21 novembre pour le retour. Ils savent la nature fasciste du nouveau régime chilien, ils savent que des militants démocrates, socialistes, combattus sont détenus, torturés, assassinés dans ce stade devenu camp de concentration.

 

Pour la FIFA, « l'ordre règne à Santiago »

 

La Fédération chilienne de football sait l'usage du stade par les militaires, son président Francisco Fluxa propose à Pinochet de jouer la revanche à Vina del Mar, loin des travées ensanglantées de Santiago. Pinochet refuse : c'est El Estadio nacional ou rien.

 

Une délégation de la FIFA vient à Santiago le 24 octobre pour inspecter le stade, dirigée par le vice-président brésilien Abilio d'Almeida et le secrétaire-général suisse Helmuth Kaeser. Les militaires éliminent toutes les traces de sang, de torture, dans un stade qui abrite encore 7 000 détenus.

 

Accompagnés du ministère de la Défense, l'amiral Carvajal, ils donnent une conférence de presse où ils confirment « que le rapport que nous avait adressé les autorités est le reflet de ce que nous avons vu : tout est calme à Santiago ».

 

L'émissaire brésilien, dans un pays qui vit depuis 1964 sous une dictature militaire, se permit même de confier aux nouveaux maîtres du Chili : « Ne vous inquiétez pas de la campagne journalistique internationale contre le Chili. On a connu la même chose au Chili, cela va passer bien vite ». La FIFA a fermé les yeux et donné sa bénédiction au stade de la mort.

 

Blokhine : « on voulait pas jouer parce que Pinochet était au pouvoir »

 

La Fédération chilienne et la FIFA confirment l' « Estadio nacional » – le stade de la mort – comme lieu du match retour. Que vont faire les Soviétiques ?

 

Oleg Blokhine, la star de l'équipe et du Dinamo Kiev, futur ballon d'or 1975 se souvient : 

 

« J'étais là pour le 0-0 à Moscou. On a parlé avec le groupe et nous avons décidé de ne pas jouer le match retour. On ne voulait pas parce que Pinochet était au pouvoir. C'était dangereux pour nous de jouer au Chili, on a exprimé nos préoccupations à la Fédération de football. Finalement, on a préféré abandonner les éliminatoires. »

 

« l'URSS ne jouera pas dans un stade souillé du sang des patriotes chiliens »

 

La décision est approuvée non seulement par la Fédération de football mais aussi par le Kremlin. Le communiqué rendu par la Fédération de football soviétique se révèle sobre, digne et cinglant, accusant le régime criminel de Pinochet, dénonçant ses complices :

 

« pour des considérations morales, les sportifs soviétiques ne peuvent pas jouer en ce moment au stade de Santiago, souillé du sang des patriotes chiliens. L'URSS exprime une protestation ferme et déclare que dans les conditions actuelles, quand la FIFA, agissant contre le bon sens, permet que les réactionnaires chiliens les mènent par le bout du nez, on doit refuser de participer à ce match sur le sol chilien, ceci par la faute de l'administration de la FIFA ».

 

L'Allemagne de l'est, la Pologne, la Bulgarie menacent, elles aussi, de boycotter le Mondial. Ce qu'elles ne feront pas. L'URSS va jusqu'au bout, alors que la presse chilienne présente le « match le plus triste de l'histoire » comme une victoire du nouveau régime contre les communistes.

 

Quarante-ans après, les scrupules ont pris certains des acteurs comme le président de la Fédération Francisco Fluxa pour qui ce match était « éthiquement questionnable » et qui pense aujourd'hui « qu'il n'était pas éthique de nier qu'il y ait eu des détenus au Stade. Mais à l'époque, on ne pensait qu'à aller au Mondial ». Les sportifs soviétiques avaient d'autres préoccupations.

 

Quand la star chilienne communiste entre en résistance contre le dictateur

 

L'ailier droit de la sélection chilienne Carlos Caszely était lui la star de l'équipe, jouant alors en Espagne, proche du Parti communiste sous le gouvernement d'Allende. Il se rappelle la terreur avant le match :

 

« On nous a dit que les Soviétiques ne viendraient pas. Tous ceux qui étions épris de liberté étaient terriblement tristes. Les familles des disparus venaient nous voir et nous demander : et Chinois (surnom de Caszely), toi qui seras dans le stade, essaie de découvrir où est mon fils, ou mon camarade de l'université ».

 

Caszely raconte que lorsque la partie a commencé, il voulait lancer le ballon en touche mais il donne finalement le ballon à Valdes – autre footballeur identifié à la gauche – qui marque le but de la honte, avant de célébrer sobrement le but dans le virage … vide de supporters. Un hommage alors obscur à ceux qui étaient tombés dans le Stade de la mort.

 

Pinochet se permettra de railler cyniquement l'ailier de gauche : « Vous êtes le premier joueur de gauche à jouer pour la droite ». Caszely lui répond alors, gêné mais frondeur : « C'est vrai que je joue … sur l'aile-droite ».

 

Caszely n'acceptera jamais la dictature de Pinochet. Lors du départ de la sélection pour l'Allemagne, Pinochet passe en revue tous les joueurs. Il est le seul à refuser de lui serrer la main.

 

Lors du premier match du Chili contre la RFA, il est expulsé pour un coup de poing sur le défenseur allemand Berti Vogts. Il est le premier joueur expulsé en coupe du monde.

 

Son « camarade », le maoiste Paul Breitner marque le but de la RFA qui permet de battre le Chili. Ses « camarades » de la RDA prendront par ailleurs sa revanche en battant à la surprise générale la RFA, 1-0, lors du match d'ouverture. Avant que le Brésil n'humilie le Chili par un 5-0 cinglant transformant l'épopée du Chili de Pinochet en déroute mémorable.

 

urss28.jpg Caszely paiera sa révolte au prix fort. Non seulement il sera interdit de sélection nationale pendant six ans mais sa mère est enlevée et torturée par les militaires. L'attaquant n'abandonnera pas son combat, il sera une des figures du « Non » au référendum de 1988 pour le maintien de Pinochet. Il continue encore aujourd'hui à porter la voix des disparus, des victimes de la dictature.

 

 

Ce 21 novembre 1973, contrairement à ce que pensait la presse chilienne, c'est bien l'URSS communiste qui avait triomphé de la dictature militaire, néo-libérale, anti-communiste de Pinochet et de ses complices occidentaux, et inspira les résistants d'Amérique latine. En mettant son combat politique, ses valeurs morales au-dessus d'une simple partie de football.

Vendredi 12 septembre 2014 5 12 /09 /Sep /2014 07:01
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Ilya_Efimovich_Repin_-1844-1930-_-_Portrait_of_Leo_Tolstoy_.jpgMort de Tolstoi

 

 

Par Vladimir Ilitch Lénine



Traduction réalisée en 1968 par une équipe Editions sociales/Editions du Progrès (cf plus bas) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Légende: Portrait de Tolstoi réalisé par le peintre russe Ilya Repine en 1887



« Il expliquera aux masses la critique du capitalisme faite par Tolstoi, non pour que les masses se bornent à maudire le capital et le pouvoir de l'argent, mais pour qu'elles apprennent à s'appuyer, à chaque pas de leur vie et de leur lutte, sur les conquêtes techniques et sociales du capitalisme, pour qu'elles apprennent à se fondre en une seule armée de millions de combattants socialistes, qui renverseront le capitalisme et créeront une société nouvelle sans misère du peuple, sans exploitation de l'homme par l'homme. »



Léon Tolstoi est mort. Son importance mondiale comme artiste, sa renommée mondiale de penseur et de prédicateur traduisent, l'une et l'autre, l'importance mondiale de la révolution russe



Léon Tolstoi s'est fait connaître comme grand écrivain dès l'époque du servage. Dans une série d'œuvres géniales qu'il composa au cours de sa carrière littéraire de plus d'un demi-siècle, il peignit surtout la vieille Russie d'avant la révolution, demeurée, même après 1861, dans un état de demi-servitude, la Russie rurale, la Russie du propriétaire foncier et du paysan. Décrivant cette période historique de la vie russe, Léon Tolstoi a su poser dans ses écrits un si grand nombre d'immenses problèmes, il a su atteindre à une telle puissance artistique que ses œuvres se classent parmi les meilleures de la littérature mondiale. La période de la préparation de la révolution dans un des pays opprimés par les tenants du servage apparut, grâce à la peinture géniale de Tolstoi, comme un pas en avant dans le développement artistique de l'humanité tout entière.



Tolstoi artiste n'est connu que d'une infime minorité, même en Russie. Pour que ses œuvres grandioses puissent effectivement être mises à la portée de tous, il faut lutter et lutter encore contre l'ordre social qui a condamné des millions et des dizaines de millions d'hommes à l'ignorance, à l'hébétement, à un labeur de forçat et à la misère; il faut la révolution socialiste.



Et Tolstoi n'a pas seulement créé des œuvres d'art que les masses apprécieront et liront toujours, quand, après avoir brisé le joug des grands propriétaires fonciers et des capitalistes, elles se seront créé des conditions humaines d'existence, il a su rendre, avec une force remarquable, l'état d'esprit des grandes masses, opprimées par le régime actuel; décrire leur situation, exprimer leur sentiment spontané de protestation et de colère. Appartenant surtout à l'époque qui va de 1861 à 1904, Tolstoi a incarné, dans ses oeuvres, avec un relief extraordinaire – comme artiste, comme penseur et prédicateur – les traits historiques particuliers de la première révolution socialiste tout entière, sa force et sa faiblesse.



Un des principaux traits distinctifs de notre révolution, c'est qu'elle fut une révolution bourgeoise paysanne, à une époque où le capitalisme avait atteint un degré de développement extrémement élevé dans le monde entier et relativement élevé en Russie. Ce fut une révolution bourgeoise, car elle avait pour tâche immédiate de renverser l'autocratie tsariste, la monarchie tsariste et de détruire la propriété foncière des hobereaux, et non de renverser la domination de la bourgeoisie. La paysannerie, surtout, ne se rendait pas compte de ce qu'était cette dernière tâche, ni en quoi elle différait des objectifs plus proches et plus immédiats de la lutte. Ce fut aussi une révolution bourgeoise paysanne, car les conditions objectives avaient mis en avant le problème de la transformation des conditions fondamentales de la vie des paysans, de la destruction de l'ancien régime moyenâgeux de possession foncière, du « déblaiement du terrain » pour le capitalisme; les conditiobs objectives poussèrent les masses paysannes dans l'arène d'une action historique plus ou moins indépendante.



Dans les oeuvres de Tolstoi se sont exprimées et la force et la faiblesse, et la puissance et l'étroitesse du mouvement paysan de masse. Sa protestation chaleureuse, passionnée, parfois impitoyablement acerbe, contre l'État et l'Église officielle policière, traduit les sentiments de la démocratie paysanne primitive, au sein de laquelle des siècles de servage, d'arbitraire et de brigandage administratifs, de jésuitisme clérical, de mensonges et d'escroqueries, ont accumulé des montagnes de colère et de haine. Sa négation intransigeante de la propriété foncière privée traduit la mentalité de la masse paysanne à un moment historique de l'ancien régime moyenâgeux de possession foncière, des hobereaux, de la couronne et des « apanages » avait fini par former un obstacle intolérable au développement du pays et devait, inéluctablement, être détruit de la manière la plus rigoureuse et la plus impitoyable. Sa dénonciation incessante du capitalisme, empreinte du sentiment le plus profond et de la plus véhémente indignation, exprime toute l'horreur du paysan patriarcal qui voit s'avancer sur lui un nouvel ennemi, invisible, inconcevable, venant de la ville ou de l'étranger, détruisant tous les « fondements » de la vie rurale, apportant une ruine sans précédent, la misère, la mort par la famine, l'ensauvagement, la prostitution, la syphilis – tous les fléaux de l' « époque de l'accumulation primitive », aggravés au centuple par le transfert sur le sol russe des procédés les plus modernes de brigandage, élaborés par Monsieur Coupon, (1)



Mais, en même temps, l'ardent protestaire, l'accusateur passionné, le grand critique, montra, dans ses oeuvres, une incompréhension des causes de la crise qui fonçait sur la Russie et des moyens d'en sortir, digne tout au plus d'un naif paysan patriarcal, mais non d'un écrivain de formation européenne. La lutte contre l'Etat féodal et policier, contre la monarchie, se réduisit, chez lui, à nier la politique, conduisit à l'enseignement de la « non-résistance au mal », aboutit à l'écarter complètement de la lutte révolutionnaire des masses en 1905-1907. La lutte contre l'Eglise officielles'accompagnade la prédication d'une religion nouvelle, épurée, c'est-à-dire d'un nouveau poisonépuré, raffiné, à l'usage des masses opprimées. La négation de la propriété foncière privée conduisit non pas à concentrer toute la lutte contre l'ennemi véritable, la propriété foncière des hobereaux et son instrument de domination politique, la monarchie, mais à des soupirs rêveurs, vagues et impuissants. La dénonciation du capitalisme et des fléaux qu'il apporte aux masses s'accompagna d'une attitude absolument apathique à l'égard de la lutte libératrice que mène à l'échelle mondiale le prolétariat socialiste international.



Les contradictions dans les vues de Tolstoi ne sont pas celles de sa pensée strictement personnelle; elles sont le reflet des conditions et des influences sociales, des traditions historiques au plus haut point complexes et contradictoires, qui ont déterminé la psychologie des différentes classes et des différentes couches de la société russe à l'époque postérieureà la réforme, mais antérieureà la révolution.



Aussi n'est-il possible de porter un jugement exact sur Tolstoi qu'en se plaçant au point de vue de la classe qui, par son rôle politique et sa lutte lors du premier règlement de ses contradictions, lors de la révolution, a prouvé sa vocation de chef dans le combat pour la liberté et pour l'affranchissement des masses exploitées, prouvé son attachement indéfectible à la cause de la démocratie et ses capacités de lutte contre l'étroitesse et l'inconséquence de la démocratie bourgeoise (y compris la démocratie paysanne): ce jugement n'est possible que du point de vue du prolétariat social-démocrate.



Voyez le jugement que portent sur Tolstoi les journaux du gouvernement. Ils versent des larmes de crocodile, protestant de leur respect à l'égard du « grand écrivain », et défendant en même temps le « Saint » Synode. Or, les saints pères viennent de perpétrer une vilenie, particulièrement abjecte, en dépêchant des popes auprès du moribond, afin de duper le peuple et dire que Tolstoi « s'est repenti ». Le Saint Synode a excommunié Tolstoi. Tant mieux. Il lui sera tenu compte de cet exploit à l'heure où le peuple réglera ses comptes avec les fonctionnaires en soutane, les gendarmes en Jésus-Christ, les sinistres inquisiteurs qui ont encouragé les pogroms antijuifs et les autres exploits de la bande tsariste des Cent-Noirs.



Voyez le jugement que portent sur Tolstoi les journaux libéraux. Ils s'en tirent avec ces phrases creuses, ces poncifs libéraux, ces lieux communs professoraux sur la « voix de l'humanité civilisée », l' « écho mondial unanime », les « idées de la vérité, du bien », etc., pour lesquels Tolstoi avait si fort – et si justement – stigmatisé la science bourgeoise. Ils ne peuvent pas exprimer clairement et franchement leur point de vue sur les opinions de Tolstoi concernant l'Etat, l'Eglise,la propriété foncière privée, le capitalisme – non parce que la censure les en empêche; au contraire, la censure leur permet de se tirer d'embarras! – mais parce que chaque affirmation dans la critique faite par Tolstoi est une gifle administrée au libéralisme bourgeois; parce que le seul énoncé intrépide, franc, d'une âpreté implacable, des problèmes les plus douloureux, les plus maudits de notre temps, porte un coup droit aux phrases stéréotypées, aux pirouettes banales, aux mensonges « civilisés » évasifs de notre presse libérale (et libérale populiste). Les libéraux sont tout feu, tout flamme pour Tolstoi, contre le synode – et en même temps, ils sont pour... les adeptes desViekhi, avec lesquels « on peut discuter », mais avec qui « on doit » s'accomoder au sein d'un même parti, « on doit » travailler ensemble en littérature et en politique. Or, les gens des Viekhi reçoivent les embrassades d'Antoni Volynski (2)



Les libéraux mettent en avant que Tolstoi a été une « grande conscience ». N'est-ce pas là une phrase creuse que répètent sur tous les modes le « Novoie Vrémia » (3) et tous ses pareils? N'est-ce pas là une échappatoire aux problèmes concrets de la démocratie et du socialisme, posés par Tolstoi? Cela ne met-il pas au premier plan ce qui, en Tolstoi, exprime ses préjugés et non sa raison, ce qui, en lui, appartient au passé et non à l'avenir, à sa négation de politique et sa prédication d'auto-perfectionnement moral, et non à sa protestation véhémente contre toute domination de classe?



Tolstoi est mort, et la Russie d'avant la révolution a sombré dans le passé, la Russie dont la faiblesse et l'impuissance se sont exprimées dans la philosophie et ont été dépeintes dans les oeuvres du génial artiste. Mais il y a, dans son héritage, ce qui ne sombre pas dans le passé, ce qui appartient à l'avenir. Cet héritage, le prolétariat de Russie le recueille, et il l'étudie. Il expliquera aux masses des travailleurs et des exploités le sens de la critique tolstoienne de l'État, de l'Église, de la propriété foncière privée, non pour que les masses se bornent à leur auto-perfectionnement et à des soupirs en invoquant une vie selon Dieu, mais pour qu'elles se lèvent pour porter un nouveau coup à la monarchie tsariste et à la grande propriété foncière qui, en 1905, n'ont été que légèrement entamées et qu'il faut anéantir. Il expliquera aux masses la critique du capitalisme faite par Tolstoi, non pour que les masses se bornent à maudire le capital et le pouvoir de l'argent, mais pour qu'elles apprennent à s'appuyer, à chaque pas de leur vie et de leur lutte, sur les conquêtes techniques et sociales du capitalisme, pour qu'elles apprennent à se fondre en une seule armée de millions de combattants socialistes, qui renverseront le capitalisme et créeront une société nouvelle sans misère du peuple, sans exploitation de l'homme par l'homme.



Notes:



--1) « Monsieur Coupon »: expression imagée employée dans les années 80 et 90 pour désigner le capital et les capitalistes. Elle fut lancée par l'écrivain Gleb Ouspenski dans ses essais « Graves péchés »



--2) Antonius Volynsky, prélat orthodoxe ultra-réactionnaire



--3) « Le temps nouveau », quotidien des milieux réactionnaires publié à St-Pétersbourg entre 1868 et 1917



Extrait du « Social-démocrate », n 18, 16 (29) novembre 1910 – in Oeuvres, tome XVI, p 340-345 – Editions sociales/Editions du Progrès – 1968



Traduction supervisée par Roger Garaudy – Réalisée par Michèle Coudrée, Robert Chabanne, Nikita Siberoff, Olga Tatarinova

Jeudi 11 septembre 2014 4 11 /09 /Sep /2014 06:26
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festadoavante.jpg Succès populaire de la fête d'Avante au Portugal pour les 40 ans de la Révolution des œillets : « une révolution qui a de l'avenir ! »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« La fête d'Avril » : la fête d'Avante du 5 au 7 septembre – journal du Parti communiste portugais – remontait le temps de septembre 2014 à avril 1974 pour fêter les 40 ans de la révolution portugaise. Un succès populaire, militant pour une « fête pas comme les autres ».

 

« Voilà une fête pas comme les autres ! », c'est le slogan rituel de la fête, pour ce qui est toujours un « parti pas comme les autres » : la Fête d'Avante reste une fête populaire, politique, militante, communiste tout simplement.

 

Une « fête pas comme les autres » : populaire, militante, communiste !

 

Cette année, comme chaque année depuis 1976, plusieurs dizaines de milliers de visiteurs ont participé à la Fête du Parti communiste : suivant avec passion ses débats, écoutant avec curiosité ses concerts, participant avec énergie aux activités sportives, s’instruisant au théâtre en plein air.

 

Sa programmation musicale privilégie les découvertes du monde, la musique populaire portugaise de qualité, la musique classique sur les « stars » aux cachets ruineux pour le parti.

 

Cette année, à titre d'exemple, des artistes chinois de Chongqing ont illuminé la scène par leur représentation à la fois théâtrale, musicale, magique. L'orchestre symphonique de Lisbonne a joué du Chopin, Beethoven, Mozart et Schumann. Sans oublier la présence de la mythique compagnon de route du parti Luisa Basto qui a composé l'hymne du parti : « Avante camarada ! ».

 

Euro, nationalisations et dette  : des débats offensifs


La « fête d'Avante » est une fête militante, plus de 10 000 constructeurs occupent le vaste et magnifique espace de la Quinta da Atalaia – acheté en 1990 par une campagne de dons militante – pendant plusieurs semaines pour monter toutes les structures, sacrifiant de leurs temps, leur énergie.

 

15167405842_26b7c0a6ea_b.jpgLa « fête d'Avante » est une fête communiste, où la politique est omniprésente. Impossible d'échapper aux militants qui proposent d' « adhérer au parti », aux slogans qui affichent la nécessité de « renforcer le parti » pour « affirmer les luttes contre le Pacte d'agression (entre le gouvernement et l'Union européenne) » et construire une « alternative patriotique et de gauche ».

 

Cette année, ce sont encore une dizaine de débats qui donnent un ton offensif : analyse de la crise du capitalisme comme moyen de renforcer l'exploitation ; défense d'une ligne de nationalisations héritée de la Révolution d'avril ; remise en question de la dette et de la monnaie unique.

 

Les militants communistes du PCP, syndicaux de la CGTP disposeront d'une ligne claire, combative d'action pour alimenter les luttes de la rentrée.

 

Solidarité anti-impérialiste et défense de la Révolution de 1974 à l'honneur

 

La fête d'Avante est encore et toujours un moment d'affirmation de la solidarité internationale, comme toujours avec la Palestine, Cuba, la révolution bolivarienne. Mais cette année tout particulièrement aec le peuple d'Ukraine, victime de l'agression euro-américaine.

 

Comme l'affirme le slogan de l'Espace international de la Fête : « la lutte pour la paix passe par la lutte contre l'impérialisme ! », avec la présence de plusieurs dizaines de partis communistes et forces progressistes souvent issues des Mouvements de libération nationale africains.

 

Tant pour le Portugal que pour les anciens pays colonisés – Angola, Mozambique, Cap-Vert, Guinée-Bissau – la révolution des oeillets de 1974 a été un grand moment, cette Fête rappelle cette période de mobilisation populaire, d'espoir révolutionnaire qui a permis d'en finir avec un demi-siècle de dictature fascisante, de guerres coloniales injustes.

 

Certes, la contre-révolution l'a emporté – menée par le Parti socialiste de Mario Soares, portée par l'intégration européenne – mais comme le PCP le rappelle : cette révolution confisquée est inachevée, elle « a un avenir », l'avenir du Portugal, c'est de donner une suite à cette révolution.

 

D'abord en défendant ses acquis, rompant avec l'intégration européenne désastreuse comme avec ce système capitaliste qui conduit au « désastre national », à l' « exploitation et paupérisation » des travailleurs portugais. Pour construire une autre société, une démocratie avancée, le socialisme.

 

jdesousa.jpgLe secrétaire-général du Parti communiste portugais, Jeronimo de Sousa, a conclu cette fête sur un appel à la résistance, à la lutte, à la construction d'une autre société, un discours qui mérite d'être largement cité, dressant le tableau du désastre du capitalisme à l'échelle mondiale :

 

« Nous sommes un parti déterminé à contribuer au renforcement de la lutte anti-impérialiste, pour la paix, l'indépendance des peuples. Une lutte qui prend une importance décisive aujourd'hui, et qui nécessite le renforcement des Partis communistes, du mouvement communiste et révolutionnaire international, la convergence de toutes les forces dans la lutte contre les guerres impérialistes, l'oppression et la menace du fascisme, pour le renforcement du mouvement pour la paix.

 

Discours de clôture de Jéronimo de Sousa, secrétaire-général du PCP

(1) : lutte pour l'impérialisme et pour la paix

 

Rares furent les moments dans l'histoire mondial où l'Humanité s'est vu confrontée à de tels périls. Les guerres et provocations impérialistes s'enchaînent à un rythme infernal. La rhétorique belliciste se diffuse. La course aux armements s'intensifie, les alliances militaires agressives comme l'OTAN se renforcent dans la course au militarisme, aux provocations visant notamment l'Europe de l'est, l'affrontement avec la Russie.

 

Les principales puissances impérialistes bafouent le droit international, créent, armes et financent des mercenaires et organisations ouvertement terroristes et fascistes, qu'elles disent après hypocritement combattre. 100 ans après la Première guerre mondiale, les tambours de guerre se font entendre de l'Orient à l'Europe, jusqu'au continent africain martyrisé.

 

Voilà le résultat de la brutale intensification de l'offensive impérialiste ! »

 

(2) : la cause des guerres, c'est le capitalisme !

 

Pour le dirigeant communiste portugais, le mal est dans le système économique capitaliste : « Cette offensive militaire se combine à un recul de civilisation, une remise en cause des droits sociaux et démocratiques, une offensive idéologique visant à manipuler les opinions publiques.

 

25 ans ont passé depuis la chute du mur de Berlin, l'exaltation d'un capitalisme victorieux, le progrès et la paix qu'il promettait. Les années ont passé, la réalité a montré que ces thèses sont fallacieuses. Où sont la fin de la lutte de classes, l'abondance, les droits de l'Homme, la démocratie ?

 

Relance économique ? Elle ne vient pas, et on nous dit qu'il faut toujours plus de recul social pour alimenter la croissance, leur croissance.

 

Démocratie ? Ce sont les premiers à réprimer ceux qui luttent, ou à soutenir – comme les USA et l'Union européenne « démocratique » – les fascistes qui commettent persécutions et atrocités comme en Ukraine.

 

Droits de l'Homme ? Ils les nient à des millions d'êtres humains, ils baissent les yeux quand Israel assassine 2 000 palestiniens, dont 600 enfants, en à peine deux mois.

 

Combat contre les terroristes ? Ils financent et arment en coulisses des groupes qui sèment la terreur en Irak et en Syrie. Ils fomentent des guerres qui laissent des pays dévastés comme en Libye.

 

Développement ? L'offensive revancharde du grand capital, de l'impérialisme contre les conquêtes issues de la lutte des peuples, des expériences du socialisme, se solde par une crise économique et sociale profonde, sans issue en vue dans un monde avec 200 millions de chômeurs, 842 millions de gens qui n'ont pas à manger, 1,5 milliards de pauvres : c'est la réalité du capitalisme et de sa crise !

 

Le monde est en guerre parce que confronté à sa crise, le grand capital et les grandes puissances impérialistes tentent de contrarier leur déclin économique, usant de la force pour soumettre les peuples, maintenir leur domination sur les ressources, les marchés et des positions géostratégiques. Aucune propagande ne peut le cacher : la cause de la guerre se trouve dans le système qui l'engendre, c'est le capitalisme. »

 

(3) : solidarité internationale avec les peuples en résistance

 

Comme toujours pour les communistes, il y a une alternative, un espoir, dans la lutte : « Si les dangers sont grands, les potentialités le sont tout autant, avec le développement de la lutte émancipatrice. Ce n'est pas la fin de l'histoire, non ! C'est le capitalisme qui montre ses limites historiques.

 

L'avenir réside dans la lutte des peuples, dans la réalisation de l'idéal communiste, dans les acquis anti-capitalistes, anti-impérialistes issues de la lutte, dans le projet que porte les communistes : le socialisme, par diverses voies et par étapes, là voilà la grande perspective pour les peuples. »

 

Après avoir affirmé sa solidarité avec le peuple ukrainien contre les manœuvres impérialistes, palestinien contre le colonialisme israélien, les peuples d'Amérique latine cherchant une alternative suivant l'exemple cubain, vénézuélien, Jeronimo de Sousa en vient au Portugal :

 

(4) : le PCP avait raison de dénoncer l'intégration capitaliste européenne

 

« Ici en Europe, l'histoire nous donne raison quand nous, PCP, nous sommes opposés à la CEE/l'UE puis à l'Union économique et monétaire, cet euro qui se confirme comme instrument central d'exploitation et de domination économique et politique, à l'origine de la crise actuelle.

 

Une crise qui révèle avec clarté les insoutenables contradictions et limites du processus d'intégration capitaliste européen. Une crise à laquelle l'UE réagit de façon violente en accentuant le néo-libéralisme, le fédéralisme, le militarisme, le caractère anti-social de ses politiques, en attaquant la démocratique, imposant des relations de type coloniale en son sein, en s'affirmant toujours plus comme un bloc politico-militaire impérialiste.

 

Cela confirme que ce que nous propose la droite et la social-démocratie est sans issue : il n'y a pas de solutions à la crise dans l'intégration européenne. La question qui se pose est comment renverser le cap actuel de l'Europe alors que les piliers, instruments, politiques communes, traités, pactes ne servent pas les intérêts des peuples d'Europe. »

 

Suit ensuite une description de la politique désastreuse suivie par la droite et la social-démocratie, en fonction des diktats de l'euro et de l'UE, dans les intérêts du capital national et européen, conduisant à la casse de l'appareil productif, la destruction des acquis sociaux, ne laissant au peuple qu'une alternative : paupérisation ici, ou émigration comme au temps de Salazar.

 

(5) : « L'heure est aux luttes, sur tous les fronts ! »

 

Face à cette politique qui peut alimenter tant résignation qu'indignation, le secrétaire du PCP dit : « Le peuple a son avenir entre ses mains, dans la force de sa lutte, il peut balayer les responsables du désastre, il peut défendre ses droits et améliorer ses conditions de vie !

 

Pour le PCP, ce sont les luttes qui portent l'alternative : « Une lutte qui se développe avec une grande intensité et portée, que nous saluons. Luttes tout au long de l'année, grandes manifestations, grèves. Luttes des travailleurs dans les entreprises, l'industrie, les services, les transports, la fonction publique, les médias. Luttes des policiers et militaire. Luttes des agriculteurs, de la jeunesse et des étudiants, lutte des retraités, lutte contre la fermeture des services publics. Lutte contre les privatisations.

 

Lutte qui a infligé de sérieuses défaites au grand capital et ce gouvernement à son service : maintien du paiement des primes de Noël et de vacances, des allocation chômage et maladie, de la semaine de 35 heures dans les localités. Lutte, constance, combativité, et résultats reposant sur l'unité dans l'action de ses organisations et mouvements, et nous saluons ici la CGTP ! ».

 

La même politique de coupes salariales et des droits continue « sous les diktats du Traité budgétaire, des critères du Pacte pour l'euro ». Face à cette politique : « l'heure est aux luttes sur tous les fronts ! ».

 

Lutte pour défendre ses acquis sur le lieu de travail, défendre les services publics, le service national de santé et l'école publique. Convergence des luttes portant une alternative : « La force du peuple, pour un Portugal avec un avenir – une politique et un gouvernement patriotiques et de gauche ».

 

(6) : Préparer le pays à sortir de l'euro

 

Cela passe pour le PCP par une« rupture avec les politiques de droite », inséparable de la « lutte pour la rupture avec la soumission à l'euro et à une dette insoutenable. Le Portugal doit récupérer les instruments essentiels de sa souveraineté économique, budgétaire, monétaire. ».



Le PCP assume ses responsabilités, de grand parti de la souveraineté et de l'indépendance nationale, annonçant un programme d'action politique pour renégocier la dette, préparer le pays à sortir de l'euro, reprendre le contrôle publique du secteur financier ».



« Pour porter cette alternative, il faut un parti qui s'affirme et se renforce sur tous les fronts, qui agisse avec ses militants dans les entreprises, dans la rue, dans les luttes, dans les institutions. L'histoire nous donne raison : voilà pourquoi il faut renforcer le Parti !



(7) : Renforcer le parti, une nécessité



Plus d'organisation, plus d'action, plus d'influence – un PCP plus fort », ce sera notre mot d'ordre pour le renforcement du Parti communiste.



Le Parti communiste portugais est le parti de l’héroïque résistance anti-fasciste, le parti de la révolution d'Avril, de la résistance à la politique capitaliste, de la souveraineté et l'indépendance nationales, le parti des combats d'aujourd'hui pour la rupture avec les politiques de droite.



Un parti où l'histoire, la lutte actuelle, son rôle futur reposent sur l'identité communiste qu'il assume avec fierté et conviction. Il assume sa nature de Parti de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, qui défend le mieux leurs intérêts.



Il assume le développement créatif du centralisme démocratique, reposant sur une démocratie interne, une seule orientation et direction centrale. Il assume comme base théorique le marxisme-léninisme, son caractère de parti patriotique et internationaliste, son objectif de construction d'une société nouvelle : le socialisme et le communisme.



A une époque où le pouvoir dominant et l'idéologie dominante cherchent à briser la résistance et l'espoir, dévaloriser la lutte, intensifier l'exploitation et les injustices, retirer au peuple son droit inaliénable d'être l'acteur collectif dans la construction d'un avenir meilleur de sa patrie souveraine, nous réaffirmons notre confiance dans la lutte des travailleurs, la lutte de la jeunesse, la lutte du peuple portugais, qu'il est possible d'adopter un autre cap qui intègre les valeurs de la Révolution d'Avril, pour donner un avenir à notre pays. »



Ces extraits – longs mais instructifs – du discours de clôture du secrétaire-général du PCP nous donnent un aperçu de ce que peut être la force d'analyse d'un parti qui n'a pas renoncé à sa grille d'analyse marxiste : les travailleurs portugais sont en ordre de bataille pour mener la lutte à la rentrée.



 

Vive la fête d'Avante, vive le PCP, parti de la Révolution d'Avril !

Mercredi 10 septembre 2014 3 10 /09 /Sep /2014 06:41
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haende_weg_von_syrien_03.jpgLe Parti communiste allemand (DKP) s'oppose à l'ingérence allemande : pas d'armes dans le nord de l'Irak !



Communiqué du Parti communiste allemand (DKP)



Traduction WK pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Il n'y a plus de réticence côté allemand à s'engager dans des interventions à l'étranger », ce fut la teneur de la « nouvelle » politique étrangère allemande, proclamée par la ministre de la Défense Ursula von der Leyen (CDU), le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (SPD) et le président Joachim Gauck à la Conférence sur la sécurité de Munich en 2014. Ces propagandistes de l'impérialisme allemand ne connaissent plus de tabous.



Ce qu'ils voulaient souligner, c'est qu'ils avaient déjà décidé depuis longtemps de livrer des armes allemandes dans le nord de l'Irak, dans une zone de guerre, ce qu'ils ont fait le 1er septembre – jour symbolique de mobilisation contre la guerre –, avec l'approbation du Bundestag. Le Bundestag n'a pas grand-chose à dire sur la chose, il ne peut que faire de beaux discours, à moins de s'abstenir symboliquement, peut-être.



En dépit d'une sortie belliciste du président du groupe parlementaire de Die Linke, Gregor Gysi, il semble pourtant que Die Linke soit le seul parti parlementaire à se positionner contre cette livraison d'armes.



L'Allemagne est le troisième exportateur d'armes au monde, il fournit régulièrement des armes meurtrières à des fauteurs de guerre, comme par exemple à Israël. Maintenant, il s'agit de fusils et d'armes anti-chars livrés directement aux unités kurdes, dans une zone de guerre, pour qu'elles puissent repousser les troupes de l' « Etat islamique » (EI). Ils auraient pu ne pas être si forts, si ils n'avaient pas reçu des armes des Etats-unis, de l'Allemagne et d'autres pays de l'OTAN, livrées à la Turquie, à l'Arabie saoudite et au Qatar, qui les ont utilisées pour déstabiliser la Syrie.



L'escalade militaire récente dans la région est la conséquence ultime d'années d'embargo des Etats-unis, des sanctions, de la politique de guerre menée avec le soutien des partenaires de l'OTAN, dont l'Allemagne. Aujourd'hui, les bombardiers américains attaquent de nouveau l'Irak, avec comme but de diviser le pays.



La chancelière Angela Merkel (CDU) a qualifié la décision du gouvernement fédéral, de livrer des armes dans le Nord de l'Irak, de « remarquable ». A juste titre, elle fait cependant remarquer qu'il y a bien eu « une participation allemande à l'opération en ex-Yougoslavie ou un déploiement de troupes en Afghanistan », des décisions d'une portée analogue.



Déjà en 2012, lors d'une Conférence de la Bundeswehr, il fut décidé d'exporter des armes dans des « opérations d'imposition de la paix » - ce qui veut dire qu'on encourage à envoyer des soldats à l'étranger chaque fois que c'est possible.



Nous constatons : qu'il n'y a pas de missions humanitaires de la Bundeswehr à l'étranger, seulement des livraisons d'armes allemandes. Dans les deux cas, il n'y a qu'une Allemagne qui prend le parti de la guerre et agit pour sécuriser ses intérêts géo-stratégiques et économiques. Dans le cas de la « super-puissance énergétique » du nord de l'Irak, avec ses immenses ressources pétrolières et gazières et l'expert de la politique étrangère de la CDU Fried Pflüger décrit le soutien à la région kurde comme une question géopolitique de première importance.



En tant que communistes, nous disons : non à toute agression impérialiste. L'ingérence et l'armement des partenaires régionaux par les États impérialistes doivent cesser. Au lieu de cela, il doit y avoir une politique de soutien aux forces progressistes qui luttent pour l'indépendance nationale et l'émancipation sociale, celles qui luttent contre l'impérialisme, le féodalisme et le fanatisme religieux. Ce soutien ne peut en aucun cas être une aide militaire par les puissances militaires qui provoquent délibérément ces conflits.



Nous exigeons l'arrêt immédiat de toutes les exportations d'armes – pas seulement au Moyen-orient. Désarmement maintenant !



Nous exigeons la fin des missions allemandes à l'étranger. Il faut désarmer l'armée allemande !



Nous exigeons la reconnaissance du droit à l'autodétermination des Kurdes. Levez l'interdiction du PKK !



Nous exigeons une politique sur les réfugiés causés par la guerre et les crises régionales. Le droit de séjour pour tous !



Nous allons manifester contre la guerre, ainsi que pour la fin immédiate de la guerre en Ukraine de l'est et dans la bande de Gaza, qui ont été déclenchées par ces alliés des exportateurs d'armes et des agresseurs états-uniens et allemands.



A Berlin, nous avons appelé avec la coordination pour la paix (www. frikoberlin.de) à une manifestation le 1er septembre à 13 h devant le Bundestag avec un mot d'ordre clair :



 

Pas en notre nom ! Dites non !

Mardi 9 septembre 2014 2 09 /09 /Sep /2014 06:24
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pcp-affiche.jpgLes députés communistes portugais vont porter la question de la sortie de l'euro au Parlement européen



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Rompre avec la logique d'intégration capitaliste européenne » ou « réformer l'Union européenne » : l'alternative dans les partis communistes et la gauche d'alternative en Europe. Si les partis réformistes du PGE comme Die Linke, Syriza poussent à l'accomodement, le PC portugais choisit la rupture.



Ce 29 août, les trois députés européens du PCP ont mis les pieds dans le plat de la remise en question de l'intégration à une Europe « néo-libérale, militariste et anti-démocratique » incarnée par le nouveau président Donald Tusk, rejetée massivement par les peuples.



Alors que nombreux sont les partis dans le groupe GUE (Gauche unitaire européenne) prêts à « défendre l'idée européenne », « sauver l'Euro », « réorienter la BCE », le PCP pose la question qui fâche : et si on envisageait de sortir de l'Euro ?



« Préparer la sortie de l'euro et renégocier la dette »



Au cours de cette conférence de presse, les trois députés du PCP – Joao Ferreira, Inés Zuber et le nouvel élu Miguel Viegas – ont fixé une ligne de conduite à porter dans l'enceinte du Parlement européen : « renégocier la dette et préparer la sortie du Portugal de l'euro ».



Le jeune député Joao Ferreira a livré un constat sans appel de l'intégration à la monnaie unique : « Cela fait longtemps que le Portugal souffre d'une intégration à une monnaie découplée des conditions réelles de la base productive du pays et de ses besoins sur le plan économique ».



Et la catastrophe de l'intégration à la monnaie unique enfonce le peuple portugais dans la crise, l'austérité insoutenable : « les contraintes identifiées à la soumission du Portugal à la monnaie unique non seulement persistent, mais elles tendent à s'aggraver ».



Pas d'amélioration pour le peuple portugais au sein de l'euro pour le PCP



Ce qui débouche sur une conclusion politique claire : « la question, le PCP se la pose depuis longtemps : existe-t-il une voie pour la reprise économique qui repose sur la défense des conditions de vie des portugais au sein de l'euro ? La réponse est négative ».



Pour les élus communistes, le débat doit donc s'ouvrir au Parlement pour : la dissolution de l'Union économique et monétaire, la fin du Pacte de Stabilité, une renégociation de la dette « devenues insoutenables et impayables » et des « compensations européennes pour les préjudices causés par une sortie négociée de la monnaie unique ».



Car pour Joao Ferreira, « cette exigence de la sortie de l'euro monte de plus en plus, elle doit se faire en lien avec la renégociation de la dette justement pour libérer le pays de cette contrainte ».



Pour le PCP, l' « Union européenne n'est pas réformable »



Cette prise de position publique, collective, révèle une radicalisation du discours du Parti communiste portugais ces derniers mois.



Certes, le PCP a toujours été un fervent critique de l'adhésion du Portugal à la CEE, au Traité de Maastricht, à l'adhésion du pays à la monnaie unique et plus tard au Traité de Lisbonne.



Il a toujours identité l'intégration européenne comme un processus d'asservissement du peuple portugais aux intérêts du capital national et européen, un moyen de casser les acquis sociaux et démocratiques, issus notamment de la Révolution de 1974.



Lors de son dernier congrès, en décembre 2012, le PCP a réaffirmé sa position :l’Union européenne n’est pas réformable, la crise de la zone Euro est la conséquence logique de l’Union économique et monétaire, et de la nature de classe de cette UE.



Le PCP se radicalise : « sortir de l'euro : nécessaire mais pas suffisant »



Toutefois, jusque-là, il s'était montré prudent sur la question du « sortie de l'euro », soulevant d'abord – non sans raisons – les dangers de cette manœuvre dans un pays très dépendant de l'extérieur, les risques d'une dégradation de la situation.



La situation a évolué depuis. La direction du PCP a organisé une grande rencontre le 19 mars 2013 à Lisbonne avec divers économistes du PCP, l'économiste longtemps proche du PS Joao Ferreira do Amaral favorable à la sortie de l'euro, qui a permis de révéler tant la nécessité de cette rupture, que les complexes conditions techniques de sa réalisation.



La synthèse du secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa, a alors : (1) – fait le constat de l'incompatibilité entre « maintien dans l'euro » et « politique alternative, de gauche, patriotique, pour les travailleurs », critiquant l'hypocrisie du PS, du Bloc de gauche dans leur « fédéralisme européen outrancier » ; (2) – la déduction que la sortie de l'euro était « nécessaire mais pas suffisante » à cette rupture ; (3) – ce qui pose la question des mesures permettant la rupture avec l'intégration capitaliste, accompagnant cette sortie : re-négociation de la dette mais aussi nationalisation des secteurs stratégiques, dont les banques.



Depuis, le PCP a porté dans la campagne des élections européennes une critique radicale de trente ans d'intégration capitaliste européenne au Portugal, elle a pointé du doigt le rôle de la monnaie unique dans la casse de l'appareil productif national, des droits sociaux des travailleurs, indiqué les responsabilités de la classe dirigeante nationale, dont le Parti socialiste.



Une ligne qui paye face au « Bloc de gauche » pro-européen



Cette ligne de clarté a payé :le Parti communiste portugais dans la coalition de la CDU a obtenu 13 % des voix aux européennes, son meilleur score depuis 20 ans et gagné un troisième député



Dans le même temps, le « Bloc de gauche » soutenu par le PGE (partenaire de SYRIZA, Die Linke, du Front de gauche …) a porté la « réforme de l'UE », du « maintien dans l'euro » : les électeurs ont tranché, le « Bloc » a obtenu 4,5 % des voix (contre 11 % en 2009) et perdu deux députés.



Fort heureusement, nos camarades portugais ne sont pas seuls en Europe. Au Parlement européen, les chypriotes d'AKEL posent la question de la sortie de l'Euro, le PTB belge, le KKE grec, le KSCM tchèque remettent en question l'intégration capitaliste européen. Hors du Parlement, les Partis communistes du Luxembourg, d'Irlande, d'Allemagne ou des Pays-bas partagent cette ligne.



Voilà un bel exemple de ce qui différencie les communistes porteurs d'une ligne de rupture avec le capitalisme et l'UE du Capital et la « gauche européenne » d'accompagnement. Que les « bouches s'ouvrent » en Europe notamment grâce aux communistes portugais !

 



Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 10:20
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protesta-en-fedecamaras_001_09032014.jpgAu Venezuela, les communistes prennent d'assaut le siège du patronat pour lutter contre son travail de sabotage de la Révolution



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 3 septembre, le Parti communiste du Vénézuela (PCV) avait appelé – avec un ensemble d'organisations sociales acquises à la révolution – à occuper le siège du patronat national (Fedecamaras) pour protester contre son rôle dans le sabotage de la révolution bolivarienne.



« Les voilà, ceux qui foutent en l'air la nation ! », c'est un des mots d'ordres que plusieurs centaines de manifestants ont scandé dans la manifestation organisée ce 3 septembre au siège de la Fédération des Chambres et Associations de Commerce et de Production du Vénézuela (Fedecamaras), convoquées par le Bloc populaire révolutionnaire de Caracas (BPR), composé de plus de 40 organisations et sociales de la capitale.



Le BPR s'est prononcé aujourd'hui face à la situation économique critique que vit le pays, dénonçant les organisations patronales, regroupées dans la Fedecamaras, pour avoir augmenté artificiellement les prix des produits, contourné systématiquement les lois sur le prix juste par lesquelles l’État vénézuélien cherche à protéger le peuple pour qu'il puisse accéder à certains éléments basiques pour son alimentation.



« Il faut que le peuple ait en tête que Fedecamaras est notre ennemi de classe, elle représente la bourgeoisie, le patronat, les exploiteurs, les intérêts du grand capital, de l'impérialisme exploiteur, des peuples qui a décidé de détruire le processus de libération nationale », pouvait-on lire dans la convocation à la manifestation contre l'organisation patronale.



Pour toutes ces raisons, le BPR et les organisations qui la composent rejettent « catégoriquement la déstabilisation économique mise en place par la Fedecamaras et Consecomercio (NdT : organisatiion patronale pour le secteur tertiaire, notamment commercial) » et les accusent d'être des instruments du plan putschiste orchestré par l'impérialisme états-unien.



Dans la manifestation contre Fedecamaras, le BPR a appelé le peuple à exercer son droit de contrôle et de surveillance, en s'organisant dans des Comités d'usagers pour arrêter la spéculation qui s'exprime dans l'augmentation disproportionnée des prix.



Ils appellent le gouvernement à supplanter la bourgeoisie commerciale et importatrice, en créant une entité étatique qui centralise et contrôle toutes les importations dans le pays, luttant ainsi contre la fuite par millions de dollars à l'extérieur réalisée par le secteur privé du pays.



Le BPR rejette également que les Tables rondes économiques se transforment en un espace de négociation, où la bourgeoisie « apatride et parasitaire » réussirait à obtenir ce qu'elle n'a pas réussi à obtenir ni dans les processus électoraux qu'a vécu le pays ces 15 dernières années, ni « dans les émeutes violentes » (guarimbas) qu'elle a financé, elles qui ont coûté la vie à plus de 40 vénézuéliens, et a détruit les biens du peuple.



Finalement, le Bloc populaire révolutionnaire souligne et insiste sur le fait que : « La paix se conquiert en triomphant du fascisme et du capitalisme ! »



 

Vidéo de la manifestation : https://www.youtube.com/watch?v=PnG5Rtc3ATQ

Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 07:10
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donald-tusk.jpegLe polonais Donald Tusk, président de l'UE : la figure de cette Europe néo-libérale, belliciste, et anti-communiste !


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


La nomination ce 30 août du premier ministre polonais à la présidence de l'Union européenne – en pleine vague d'austérité libérale et de frénésie belliciste anti-russe – est tout sauf fortuite: Tusk incarne bien cette Europe néo-libérale, militariste et anti-démocratique.

Cela fait des années que les médias et les partis dominants – surtout ceux dits « de gauche », même ceux dits de la « gauche de la gauche – nous martèlent la nécessité d'une « Europe forte », qui « parle d'une seule voix », « intégrée pour assurer la solidarité entre Etats, dépasser les clivages ».


La nomination de Donald Tusk, après l'insipide chrétien-démocrate Herman van Rompuy, marque un pas symbolique et concret dans l'intégration fédérale européenne : Tusk n'a cessé ces derniers mois de s'afficher pour une Europe forte, solidaire et visible sur la scène internationale.


Ses chevaux de bataille : le soutien à une position belliciste face à la Russie ; le renforcement du leadership allemand dans une UE engagée dans l'austérité européenne ; la consolidation à tout prix de la monnaie unique. Un programme agressif pour l'UE pour les trois ans à venir.

Le président du Conseil européen se place depuis le Traité de Lisbonne comme le « coordinateur », le « stratège » de la politique des différents pays européens, notamment sur les questions internationales. Quelle sera donc la stratégie pour l'Union européenne de Tusk ?



Le « reaganien » et « thatchérien » Tusk

 

Donald Tusk est depuis sept ans le Premier ministre de la Pologne, un record depuis la chute du communisme. Il n'a cessé d'être encensé depuis comme un dirigeant « responsable », « pragmatique », « courageux » par la presse économique.



Il avait promis en 2007 un programme de coupes massives dans les dépenses publiques et les impôts, de vastes privatisations, dans l'esprit d'un néo-libéralisme dont il se revendique fièrement avec comme modèles Margaret Thatcher et Ronald Reagan.



Il a bien lancé un programme de privatisations en 2008 comprenant la privatisation totale ou partielle de 802 entreprises (!) dont 54 entreprises-clés. Le gouvernement espérait alors plus de 10 milliards d'euros de recettes.



Aucun secteur n'a été épargné : chimie, les mines (charbon, lignite, souffre), le pharmaceutique, l'électricité (centrales), l'énergie, la machinerie, l'agriculture, la métallurgie, la santé, les banques et jusqu'à la Bourse de Varsovie. Varsovie, ville à vendre, il suffit d'en mettre le prix !



Pourtant, Tusk a bien été « pragmatique ». L'Etat n'a pas hésité à renflouer massivement les fonds de pension privés, en faillite après leur privatisation dans les années 1990.



Imposant aux autres pays l'austérité (grâce à l'euro), la Pologne de Tusk (avec sa zloty) a pratiqué la relance publique, avec des crédits facilités aux entreprises et des investissements publics en infrastructures pour l'Euro 2012 (8 milliards d'euros).



Sur le plan fiscal, c'est tout pour les entreprises et les riches : tandis qu'il ne touche pas au sacro-saint « Impôt sur les sociétés » à un taux déjà très bas de 19 %, il baisse les tranche supérieure (de 40 à 32 %) et moyenne (de 30 à 18 %) de l'Impôt sur le revenu, tout en supprimant une tranche.



Pendant ce temps, il augmente les impôts pour la population : la TVA passe de 22 à 23 % (on prévoit de l'augmenter à 25%), les taxes ont augmenté pour l'alcool, le tabac et le charbon.



La réussite de la Pologne – seul pays à ne pas entrer en récession – ébahit les commentateurs. Un mot discret sur le fait qu'elle est hors de l'Euro, sur les 2 millions de Polonais qui ont émigré, ou encore sur son choix de la « relance » couplée à une politique de déflation salariale.



Grâce à sa politique fiscale notamment, la Pologne propose des coûts de travail horaires de 7 € par h (contre 32 € en France, 29 € en Allemagne) selon le Ministère de l'Economie polonais.Tusk a même proposé une loi pour abolir la limitation de la durée de la journée de travail à 8 h !



En 2007, la Pologne avait été choisie par la Fédération des employeurs européens (Fedee) comme première destination en Europe pour les investissements grâce « à ses relations de travail particulièrement flexibles ».



Tusk l'européen : pour « l'Euro pour tous » … sauf pour son pays ?



Le couplet sur « Tusk, l'européen » était inévitable dans la presse français. Il est mérité tant Tusk fait étalage de son « patriotisme européen », valorisant sa position d'euro-fanatique face à l'euro-sceptique d'extrême-droite Jaroslaw Kaczynski.



Il a même remporté le prix « Charlemagne » en 2010 et « Walter Rathenau » en 2012 pour respectivement son « patriotisme européen » et son « engagement sans failles à l'intégration européenne !



Sa conception de l'Europe, elle s'inscrit dans le déplacement de l'axe Berlin-Paris vers un axe Berlin-Varsovie, avec un soutien sans réserves à la politique européenne de la chancelière Merkel.



Favorable à une « Europe allemande », il est aussi prêt à renforcer la réalité actuelle, originelle mais contradictoire d'une « Europe américaine », n'ayant cessé de manifester son alignement avec la politique étrangère américaine et son engagement atlantiste.



Un des combats de Donald Tusk est le renforcement de l'intégration fédérale européenne. Cela supposait l'entrée de la Pologne dans l'euro promise en 2007 pour l'an 2012. Il l'a repoussé en 2015. Désormais, l'entrée dans l'euro n'est plus à l'ordre du jour, si ce n'est comme horizon.



Car Tusk est pragmatique. Tout en conseillant l'entrée des autres Etats dans l'Euro – comme la Lettonie, la Lituanie – Tusk sait que le maintien de sa monnaie (avec 1 euro pour 4 zloty) garantit à la Pologne sa « compétitivité », un coût moindre des exportations. Le patronat préfère pour l'instant la monnaie nationale, tout comme 63 % des Polonais.



Après les ingérences en Ukraine, Varsovie prêt au conflit avec la Russie



Si il y a un front sur lequel Tusk a été offensif ces derniers mois, c'est le « front ukrainien ». En dépit de sa réputation de « modéré », « conciliant avec la Russie »,il a été l'avant-garde de ceux qui ont réclamé une position ferme, des sanctions contre la Russie.



La Pologne était parmi les puissances poussant le plus l'Ukraine de Ianoukovitch à signer l'Accord d'association avec l'UE, lorgnant sur le potentiel agricole, industriel mais aussi sur une sphère d'influence politique en Ukraine de l'ouest.



Le ministre des Affaires étrangères Sikorski a ensuite soutenu ouvertement les rebelles (les « indignés de Maidan » à crâne rasé), et Tusk est le premier à avoir proposé de financer l'opposition à hauteur de 1 million d'€ dans un premier temps pour « faire émerger des mouvements citoyens ».



Tusk est allé plus loin en se déclarant favorable au déploiement de troupes de l'OTAN sur son territoire pour la défendre contre la Russie, il a aussi accueilli en cattimini 120 chars allemands Leopard pour renforcer le Front de l'est.



Front de l'est, le mot n'est pas trop fort. Lors du sommet de l'OTAN, Tusk a appelé à renforcer l'organisation militaire atlantiste, consolidant l'UE comme « pilier de l'OTAN » en Europe depuis le Traité de Lisbonne.



Donald Tusk a osé une métaphore troublante, reprise dans Die Welt : « Si on observe la tragédie des Ukrainiens, sur le front de l'Est, nous pouvons nous dire que Septembre 1939 ne doit pas advenir une deuxième fois. Il est encore temps de les arrêter (les Russes) ».



Que la Pologne lutte avec l'Allemagne contre une « nouvelle invasion de la Pologne comme en 1939 », c'est une formidable ré-écriture de l'histoire. Moins étonnante qu'il n'y paraît chezcet anti-communiste, admirateur du général Pilsudski.



Pilsudski, commandant des forces polonaises dans la guerre contre l'URSS en 1919 devenu dictateur (« modéré » comme on dirait aujourd'hui) de 1926 à 1935, et ayant manifesté une attitude ambiguë envers l'Allemagne de Hitler – quand une partie de l'armée et l'intelligentsia polonaise voyaient comme un rempart face au bolchévisme.



Un anti-communiste viscéral



Car la matrice de l'engagement de Donald Tusk reste son anti-communisme viscéral. Il est né dans la lutte anti-communiste des années 1980 au sein du mouvement Solidarnosc où il se distingue déjà par ses positions néo-libérales, et naturellement anti-communistes, très à droite.



En 1989, après la chute du communisme, il fonde le « Congrès libéral-démocrate », défenseur alors de l'intégration européenne et du capitalisme sauvage. Il participe aux élections de 1991 sous le slogan : « Ni de droite, ni de gauche : tout droit vers l'Europe ! ».



Il est alors un des partisans de la « thérapie de choc » appliquée de façon désastreuse en Russie et dans d'autres pays de l'Est : privatisations, austérité salariale et budgétaire, baisse d'impôts pour les entreprises.



On peut relire ce que disait Donald Tusk en 1989, au moment où le régime communiste est sur le point de céder. Il n'a pas changé.



« Nous voulons une Pologne où les droits de propriété seront reconnus, où la liberté découlera de la propriété. Rien de nouveau, on nous dira. Mais toutes ces nouvelles idées-là, ces « troisième voie », ces « sociétés civiles non-bourgeoises », ces « socialisme à visage humain », ces « solidarités », cela sent l'utopie et la politique-fiction. De tout ça, on n'en veut plus ».



Donald Tusk a toujours été un « pragmatique » quand il s'est agi de défendre la propriété des riches. Il a toujours été un « croisé » quand il s'est agi de défendre le capitalisme, l'Union européenne, l'anti-communisme, l'atlantisme. Il fera un beau président de cette Europe-là.



 

 

Samedi 6 septembre 2014 6 06 /09 /Sep /2014 06:15
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