Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

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Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

democracyfor-the-few.jpg« Les États-Unis, la plus grande oligarchie du monde »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Prompts à railler les « oligarques » russes, la « dictature » chinoise, nos médias occidentaux ne tarissent pas de poncifs tout faits pour la « première démocratie du monde » américaine. Une idée reçue balayée par une étude réalisée au sein de la vénérable université de Princeton révélant la réalité de l'oligarchie américaine.

 

Qui gouverne aux Etats-unis ? Quel type de régime connaît la première puissance mondiale ? Le discours de la Guerre froide nous imprègne tellement qu'il nous est difficile de ne pas répondre : une démocratie.

 

Le sens des mots étant dévoyé, il convient de rappeler qu'une démocratie est un régime où – si on reprend la définition classique du président américain Lincoln – il y a « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

 

Le contraire de démocratie n'est donc pas dictature (idéologie de Guerre froide oblige) mais bien oligarchie. Il peut donc très bien y avoir des « dictatures du peuple » et des « oligarchies constitutionnelles ».

 

La question prend une nouvelle tournure avec l'étude réalisée par un universitaire de Princeton Martin Gilens, assisté d'un autre professeur de Northwestern university Benjamin Page : « Testing theories of American politics : elites, interest groups and average citizens ».

 

Pour simplifier, ce travail vise à répondre à la question qui divise la science politique américaine depuis un demi-siècle :

 

Thèse 1 – les Etats-unis sont une démocratie caractérisée par le pluralisme, où les intérêts privés concordent avec l'intérêt général, le gouvernement de la majorité avec le respect des minorités – thèse dite de la « démocratie électorale majoritaire » ou du « pluralisme majoritaire ».

 

Thèse 2 – Les Etats-unis sont une oligarchie caractérisée par un « pluralisme biaisé » où certains groupes d'intérêts, les élites économiques, ont le pouvoir d'influencer la politique américaine dans le sens de leurs intérêts particuliers, au détriment de l'opinion de la majorité.

 

Si la première thèse a été majoritaire pendant toute la Guerre froide, synthétisée par Robert Dahl, la seconde résumée par C.Wright Mills pointant la « Power elite » américaine, reprise récemment par Michael Parenti dans sa « Democracy for the few » se révèle de plus en plus pertinente au vu de l'évolution de la politique américaine depuis trois décennies.

 

La méthode du professeur Gilens consiste concrètement à étudier 1 779 cas entre 1981 et 2002 où il est possible à la fois d'obtenir des sondages sur l'avis de la majorité des Américains, de l'élite économique et des groupes d'intérêts les puissants (avant tout économiques), et de mesurer combien l'adoption d'une loi sur ce sujet, ou son blocage, reflète les intérêts de tel ou tel groupe social.

 

Ces projets de loi, changements de politique ont avant tout trait aux questions économiques et sociales – principalement autour de nouveaux impôts, d'exonérations fiscales, ou de réformes des systèmes sociaux – mais aussi sociétales – port d'armes, peine de mort, avortement.

 

Impuissance du peuple américain, toute-puissance de l'élite économique

 

Tout d'abord, l'étude part de l'étude des motivations des trois acteurs étudiés (la majorité des Américains, l'élite économique, les groupes d'intérêts) et constate que les motivations des « groupes d'intérêts », avant tout liés au patronat américain, à l'élite économique, sont souvent opposées à celles de la majorité de la population américaine.

 

Qui l'emporte ?

 

Laissons parler les chercheurs : « l'impact estimé des préférences de l'Américain moyen tombe à un niveau insignifiant, proche de zéro. Ce n'est pas que les citoyens ordinaires n'ont pas seuls un pouvoir important sur les décisions politiques, ils n'ont en fait aucune influence du tout.

 

En revanche, les élites économiques ont un impact important, significatif, indépendant sur les politiques menées. De la même façon, les groupes d'intérêt organisés se révèlent avoir une influence substantielle sur les politiques poursuivies ».

 

Cette affirmation, les chercheurs américains le justifient par un calcul simple : si on neutralise les motivations de l'élite économique, l'impact de l'opinion populaire sur l'adoption d'un changement de politique est nul.

 

Que les citoyens approuvent massivement un projet de loi (à 90 %), ou qu'ils le rejettent tout aussi massivement (10 % d'adhésion), la probabilité que ce projet devienne une loi est de l'ordre de 30 %.

 

Dans l'autre sens, si les élites économiques sont massivement opposées (10 % d'adhésion) à un changement de politique (ex : de nouveaux impôts pénalisant les riches), celui-ci n'a que très peu de chances – pas plus de 5 % – d'être adopté.

 

Si les élites économiques apportent un soutien massif à un projet (plus de 90 %), comme par exemple ceux portant sur des exonérations fiscales, la probabilité que ce changement politique soit acté dépasse les 50 %.

 

Une démocratie pour les riches

 

Les chercheurs nuancent l'idée : « cela ne signifie pas que le citoyen moyen perd systématiquement dans ce système ». Et ils donnent deux exemples, illustrant bien le biais en faveur des plus riches :

 

1 – « quand les préférences des citoyens moyens sont conformes à celles des élites économiques, alors les citoyens moyens obtiennent ce qu'ils veulent, même si ils ne sont pas à l'origine de la victoire ».

 

Quand la bourgeoisie américaine est arrivée à imposer ses préoccupations à la majorité de la population (ex : la propagande sur les baisses d'impôt, sur les fraudeurs à la Sécurité sociale), le peuple peut gagner une victoire. Prime à l'idéologie ultra-libérale !

 

Même si les chercheurs rappellent que « les questions sur lesquelles élites économiques et citoyens ordinaires sont en désaccord restent importantes : restrictions commerciales, politiques fiscales, réglementation sur les entreprises, avortement, religion – et les pertes politiques enregistrées par les citoyens sont loin d'être anodines ». Pour le moins !

 

2 – les chercheurs notent que le système politique américain basé sur le fédéralisme, la séparation des pouvoirs, le bi-caméralisme « introduit un certain biais au statu-quo ».

 

« Quand des majorités politiques sont en faveur du statu quo, s'opposent à un changement de politique, elles peuvent arriver à leurs fins. Mais quand ces mêmes majorités – même très largement – veulent le changement, elles risquent de ne pas l'obtenir ».

 

Ainsi, quand une majorité de la population veut un changement de politique concret, elle n'obtient gain de cause que 30 % des cas. Même quand il s'agit d'une majorité écrasante (plus de 80 % d'adhésion), le taux d'adoption d'un projet de loi ne dépasse pas 43 %. Prime au conservatisme !

 

Les limites de l'enquête, une sous-estimation … du pouvoir des 1 % !

 

Les chercheurs sont eux-mêmes lucides sur les limites de leur enquête.

 

En premier lieu, leur définition d'un côté peut-être trop extensive de la définition d' « élites économiques » : 10 % les plus riches en termes de revenus un chiffre qui pourrait être réduit à 1 %, ou au 1 % des détenteurs de patrimoine.

 

Deuxièmement, la définition peut-être trop restrictive des « groupes d'intérêt » réduite ici à une trentaine de groupes de pression, là où des centaines influencent la vie politique américaine, locale ou nationale.

 

Paradoxalement, cette auto-critique irait plutôt dans le sens, dans cette enquête, d'une minimisation du pouvoir des plus riches, de l'élite économique sur les décisions politiques. Une analyse plus fine révélerait sans doute des corrélations plus directes entre certains acteurs et les décisions prises.

 

Ce qui est certain pour les responsables de l'enquête, c'est que la majorité de la population n'a et n'aurait de toute façon aucune influence sur le processus politique.

 

C'est la conclusion à laquelle arrivent les chercheurs sur l'avenir de la démocratie en Amérique : « d'une part, ce que nos chiffres révèlent, c'est que la majorité ne gouverne pas aux Etats-unis. Quand une majorité de citoyens est en désaccord avec les élites économiques, elle perd ».

 

Selon les auteurs, en guise de conclusion : « nous pensons que si le processus de décision politique est dominé par de puissantes organisations patronales et un petit nombre d'Américains très riches, alors les prétentions de l'Amérique à être une société démocratique sont sérieusement menacées ».

 

On se souvient des mots de Lénine, dans l'Etat et la Révolution : « La société capitaliste nous offre une démocratie plus ou moins complète. Mais cette démocratie est toujours confinée dans le cadre étroit de l'exploitation capitaliste et, de ce fait, elle reste toujours, quant au fond, une démocratie pour la minorité, uniquement pour les classes possédantes, uniquement pour les riches ».

 

On pourrait citer également l'avertissement de Thomas Jefferson à la fin de sa vie, en 1825, dans une lettre à William Branch Giles :

 

« il y a désormais des parvenus, qui n'ont que mépris pour les valeurs démocratiques de 1776, et qui ont acquis un pouvoir formidable : ils visent désormais à être une aristocratie, basée sur le pouvoir des institutions bancaires et des grandes entreprises, se drapant derrière leurs succès dans l'industrie et le commerce pour mieux dominer le travailleur spolié et le paysan paupérisé ».

 

Au vu de la situation de la démocratie en Amérique, combien les analyses de Lénine et les inquiétudes de Jefferson sont vérifiées aujourd'hui : dernière le vernis démocratique, la même domination étriquée et plus puissantes des plus riches, d'une infime minorité !

 

Voir le document d'origine sur le site de l'Université de Princeton : http://www.princeton.edu/~mgilens/Gilens%20homepage%20materials/Gilens%20and%20Page/Gilens%20and%20Page%202014-Testing%20Theories%203-7-14.pdf.

Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 07:01
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communism-egypt (1) Le Parti communiste égyptien laissera à ses militants la liberté de vote aux prochaines élections présidentielles



Communiqué du Parti communiste égyptien



Traduction par le site du Lien (http://www.lien-pads.fr) reprise et légèrement corrigée par la rédaction de http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le comité central du Parti communiste égyptien a tenu une réunion élargie  qui a rassemblé un grand nombre de militants du Caire et des fédérations pour discuter la question des élections présidentielles et de sa position sur les candidats qui s'y présentent.

 

Le Bureau politique du Parti a réalisé, dans la dernière période, de vastes consultations avec les militants dans un grand nombre d'organisations du parti consacrée à la tenue de cette réunion. Au cours de cette consultation  démocratique de nombreux avis se sont exprimés dans les rangs du parti sur chacun des candidats politiques. Peu de voix se sont exprimés en faveur du boycott des élections. 

 

Le Parti s'est empressé d'organiser cette réunion élargie après avoir posé la question de la participation aux élections présidentielles. Dés lors, guidée par l'idée de faire l'analyse politique des élections, le débat s'est poursuivi dans la clarté et les conditions les meilleures de la transparence et du respect des opinions réciproques. La parole fut donnée à plus d'une vingtaine de participants qui ont exprimé des avis différents dans divers domaines.

 

Plusieurs des intervenants, s'exprimant au nom des fédérations qu'ils représentaient, ont exprimé leurs opinions et  analyses politiques de la réalité présente  et leurs arguments pour le soutien  à tel ou tel  des principaux candidats ( Abdelfattaf Sissi et Hamdine Sabahi).

 

Le débat a révélé l'existence de contrastes évidents entre les opinions d' un grand nombre de membres du parti autour des priorités sur lesquelles repose fondamentalement le choix entre les deux candidats et leurs opinions déclarées jusqu'à présent.



L'existence de ce contraste est le reflet de la réalité du pays qui traverse un moment crucial: la révolution et le pays font face à un danger réel et la situation locale, régionale et internationale est complexe. 

 

En définitive, cela a conduit à la nécessité d'un accord d'ensemble pour un vote sur l'une des deux propositions suivantes : 

 

Première proposition: Laisser aux membres du parti la liberté de voter pour le candidat qu'ils soutiennent parmi ceux qui sont en compétition. 

 

Deuxième proposition: Voter pour le candidat que le Parti aura choisi pour lui apporter son soutien.

 

La première proposition a été approuvée par 70% des votants. Se sont associés à cette consultation les partisans de l'autre motion proposée. 

 

Au terme de la réunion les participants ont mis l'accent sur la préservation de l'unité du parti, la poursuite de la lutte pour la réalisation des objectifs de la révolution et la mise en oeuvre du programme de la révolution nationale et démocratique  qui sont pour nous les objectifs essentiels dans la prochaine phase.



La bataille présidentielle, malgré son importance, n'est pas la fin du parcours. Dans l'avenir il y aura de grandes batailles. Il faut unir les forces nationales et démocratiques autour de ces batailles afin qu'elles scellent la victoire de la révolution sur la contre-révolution.



Notre position est que quel soit le nom  du futur président  il sera jugé à la lumière de ses positions et de ses actes, et sur la base de son engagement dans la réalisation des objectifs et des revendications des masses populaires des révolutions du 25 janvier et du 30 juin. 

 

Notre parti est l'allié des autres forces révolutionnaires nationales. Il poursuivra à la tête de ces masses qui luttent pour parachever la réalisation des objectifs suivants:

 

Premièrement: Mettre fin à la dépendance envers les Etats Unis d'Amérique et à l'impérialisme mondial et réaffirmer l'indépendance de la décision nationale, afin d'enraciner et de renforcer les fondements de l'unité nationale.

 

Deuxièmement: Réaliser un développement souverain, général en faveur des pauvres et des masses laborieuses.



Agir pour la satisfaction de leurs besoins de subsistance, de leurs droits fondamentaux au travail, à la santé, au logement, à l'éducation, pour mettre un terme à la corruption....... la traduction des voleurs devant les tribunaux tout comme les corrompus qui ont volé l'argent du peuple.

 

Troisièmement: Réaliser la démocratie avec sa signification véritable



... et intégrale, la promulgation des législations qui réaffirment les libertés démocratiques fondamentales pour lesquelles les masses ont consenti des sacrifices et des luttes révolutionnaires , l'assurance de leur large participation dans la prise des décisions, la nécessité de mettre un terme aux violations des droits de l'Homme des innocents, à l'exception de celles qui sont impliquées dans des actes terroristes avérés.

 

Afin qu'il soit clair pour tous , le grand  peuple Egyptien qui a réussi à abattre deux régimes et condamner deux Présidents au cours de deux années, ne permettra pas en aucune façon le retour du régime de Moubarak  ou de celui des frères terroristes et de leurs alliés.



Il est en mesure de faire face à tout futur président qui ne respectera pas la constitution et qui ne satisfera pas les aspirations du peuple et son espérance de vivre dans la liberté, la justice sociale, la dignité humaine . Le socialisme est l'avenir.... Construisons-le ensemble .

Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 05:58
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Communist Party of Ukraine logo Nouvel appel à solidarité du PC d'Ukraine : le gouvernement pro-européen prêt à interdire un parti de 120 000 militants

 

Appel à la solidarité du Parti communiste d'Ukraine


 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Chers camarades !

 

Le gouvernement ukrainien actuel mène une politique qui crée des conditions rendant impossible l'existence du Parti communiste d'Ukraine, poussant à l'interdiction de son activité.


 

Nous vous informons que les services secrets ukrainiens collectent activement du matériel sur l'activité du Parti communiste, falsifient des documents du KPU, créent des bases de données de militants, avec l'aide d'extrémistes manipulés qui détruisent les immeubles et propriétés, empêchent toute campagne auprès des électeurs, tout en organisant des attaques physiques et des pressions morales contre les membres du parlement ukrainien et responsables de comités régionaux du parti.


 

Aujourd'hui, tout le monde sait que le Ministère de la Justice d'Ukraine attend les contributions des services secrets, et va demander à la Cour suprême d'Ukraine l'interdiction du Parti communiste d'Ukraine.


 

Des hauts responsables ukrainiens sont responsables de ces activités. Parmi eux, le Chef du Conseil de défense et de sécurité nationales et du Andrei Parubiy, le responsable des services de sécurité d'Ukraine Valentin Nalyvaychenko, le président du parlement Alexander Turchinov etc.


 

On en vient désormais à un traitement extrêmement dur réservé à tous les communistes ukrainiens, qui sont la seule force politique qui a toujours défendu une politique dans les intérêts des gens du peuple.


 

Le parti communiste d'Ukraine représente désormais une véritable menace pour le gouvernement actuel, au vu de son intégrité et de son unité. Le Parti communiste d'Ukraine représente un lien pour des millions de gens mécontents des actions des autorités et leurs alliés : les forces ultra-radicales.


 

En usant de la violence contre la force politique d'opposition, le gouvernement actuel persiste dans sa politique anti-populaire, anti-étatique et diviseuse, celle du « deux poids, deux mesures », sous le couvert de la lutte pour des valeurs « européennes » qu'il contredit dans sa pratique, transformant l'Ukraine en un pays doté d'un gouvernement fasciste.


 

En nous accusant d'être des forces déloyales et en nous demandant de renoncer à nos croyances, le gouvernement d'Ukraine prouve qu'en Ukraine il n'existe plus de démocratie, de liberté d'expression, d’État de droit.


 

Cependant, la conséquence c'est que le peuple d'Ukraine ne peut pas atteindre son idéal de paix et de tranquillité. En attisant les haines et la xénophobie, le gouvernement ukrainien actuel ne fait qu'alimenter le conflit social en Ukraine et créer les conditions d'une guerre civile.


 

Nous en appelons à vous, chers camarades, pour que vous exprimiez votre solidarité avec les 120 000 communistes ukrainiens, formiez un front uni pour condamner les actions cohérentes des autorités ukrainiennes visant à interdire le Parti communiste d'Ukraine.

Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 06:27
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Gerhard-Schroeder-und-Francois-Hollande.jpgHollande dans les pas de Schroder : analyser les mesures de l' « Agenda 2010 » pour lire le « Pacte de responsabilité »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Malicieux, François Hollande et Gerhard Schroder ne cessent de s'envoyer des fleurs ces derniers mois. Avec dix ans de décalage, dans des contextes nationaux différents, Hollande met méthodiquement en place les « réformes structurelles » appliquées par les sociaux-démocrates Schroder en Allemagne, Blair en Grande-Bretagne, demain Renzi en Italie.

 

« Je soutiens les réformes entamées par François Hollande » (Gerhard Schroder, 3 mars 2014) … « Le progrès, c'est faire des choix courageux dans des moments difficiles, ce qu'a fait Schroder ici. Ces décisions ne sont pas faciles à prendre » (François Hollande, 16 mai 2013 à Leipzig, pour le 150 ème anniversaire du SPD.

 

Cet hommage de François Hollande, Schroder, l'ancien chancelier allemand social-démocrate de 1998 à 2005, le lui rend bien. Ce 4 mars, il déclare soutenir les réformes entreprises par Hollande : « elles vont dans la bonne direction (…) il y a des difficultés mais le pays a besoin de réformes ».

 

Cynique, François Hollande n'a pas hésité récemment à sonder – même si l'Elysée a démenti – l'ancien manager de Volkswagen, architecte des réformes de casses de droit du travail en Allemagne, Peter Hartz dont le nom reste associé pour des millions de salariés à la plongée dans la misère des travailleurs pauvres.

 

Alors, peut-on comparer l' « Agenda 2010 » mis en place par Schroder à partir du tournant des années 2000 avec le « Pacte de responsabilité » déjà entamé en 2012 et qui doit s'intensifier cette année, notamment avec la nomination du libéral Valls. Retour sur près de vingt mesures phares de l'ère Schroder.

 

Un hold-up fiscal pour le grand capital : 50 milliards d'euros de cadeaux !

 

1 – Une baisse record de l'impôt sur les sociétés : le premier coup de force de Schroder, c'est l'annonce en 1999 de la baisse de l'impôt sur les sociétés de 40 à 25 %, il a même tenté de faire passer le taux à 19 % en 2005, subissant l'opposition … de la droite.

 

Au tournant des années 2000, il est également arrivé à faire passer la suppression de l'impôt sur les plus-values de cession des participations industrielles allemandes ainsi que sur le produit de la vente de petites sociétés.

 

A elles seules, ces mesures ont représenté un cadeau de 25 milliards d'euros aux entreprises allemandes.

 

2 – Des exonérations inédites des cotisations sociales patronales : le second gros morceau. Le gouvernement Schroder a fait passer, entre 1998 et 2003, deux séries de baisses de cotisations sociales patronales.

 

D'abord, la baisse du taux de cotisations sociales patronales maladie de 14,3 % en 1998 à 12,1 % en 2005, le taux de cotisations sur les retraites de 19 à 18 % sans oublier la casse complète des cotisations sociales chômage, sachant que les allocations familiales sont, elles, assises sur l'impôt et non la cotisation.

 

Un programme qui a représenté un cadeau de 20 milliards d'€ aux entreprises.

 

3 – Baisse d'impôt pour les plus riches, attaque sur la progressivité de l'impôt sur le revenu : la grande « réforme fiscale » de 1999 comprenait la baisse de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu de 53 à 45 % (Schroder prévoyait une baisse jusqu'à 42 %).

 

Schroder a tenté de justifier sa réforme en baissant toutes les tranches d'imposition, et en simplifiant le nombre de tranches à trois – comme Sarkozy l'avait fait sous son mandat.

 

En tout, on estime que Schroder a fait, au minimum, 50 milliards de cadeaux fiscaux aux entreprises, aux citoyens allemands les plus riches. Si on fait le calcul avec le « CICE », le « Pacte de responsabilité », le choc fiscal de Hollande avoisine cette somme.

 

Réforme du marché du travail : une main d'oeuvre bon marché « libérée » pour les entreprises

 

4 – Faciliter les licenciements : ce n'est pas un hasard si l'Allemagne de Schroder a été pionnière dans les « chantages à l'emploi » chez Siemens, Volkswagen (entreprise du sinistre Hartz), Mercedes, Bosch.

 

Les analystes soulignent que Schroder n'a fait qu'enfoncer le clou. Le système de « co-gestion » allemand – tant vanté par les milieux patronaux français – a facilité l'adoption de plans de « restructuration » dans les années 1980-1990, puis les projets de baisse du salaire réel (soit baisse nominale du salaire, soit hausse du temps de travail pour le même salaire).

 

Toutefois, Chroder a néanmoins ajouté plusieurs dispositions favorisant les plans de licenciement.

 

Suppression des protections contre le licenciement dans les entreprises de moins de 10 salariés, annulation des dispositions sociales dite « loi de protection sur les licenciements » contraignant les entreprisees à tenir compte de l'ancienneté pour privilégier les « leistungsträger » (porteurs de performance).

 

5 – Le « contrat à 400 € » (mini-job) pour les jeunes : c'est la conséquence la plus connue des « réformes Hartz » dont le IV ème volet prévoyait la suppression des allocations chômage après un refus d'emploi.

 

Après cette date, l'allocation-minimum chômage était conditionnée à un emploi à temps partiel rémunéré à 400 €, ce qu'on appelle les mini-job, ou aux « contrats aidés » dans le secteur para-public ou associatif à … 1 € de l'heure (ein euro jobs).

 

Le gouvernement Schroder a par ailleurs facilité le développement de tous les autres contrats précaires : les CDD (à la durée maximale rehaussée pour les « nouvelles entreprises »), l'intérim dont les nouvelles agences privées (PSA, selon le projet « Hartz I ») couplées aux agences pour l'emploi se font les pourvoyeurs.

 

De fait, pour 5 millions de salariés en Allemagne actuellement (décomptés des statistiques du chômage!), souvent jeunes, forment ceux qu'on appelle les « Hartzi », il faut vivre en travaillant, avec 400 € par mois.

 

La « loi sur les stages » qui concerne déjà 2 millions de jeunes français donne un avant-goût de ce qui peut arriver, elle qui généralise les stages à 350 €, avec exonération de cotisations. L'idée d'un « SMIC jeune » rentre dans la même perspective.

 

6 – Auto-entrepreneuriat, auto-exploite toi, une idée de Schroder encore ! : « Ich AG », moi-même ma boîte. C'était aussi la marotte de Schroder dans son « Hartz IV », l'auto-entrepreneuriat ou l'auto-exploitation comme issue aux jeunes chômeurs ou bénéficiaires des « emplois aidés gouvernementaux ».

 

La perspective est guère différente en France où Mme Fioraso en est friand. La « réforme du statut de l'auto-entrepreneur » actée début 2014 devrait aller dans le sens de sa généralisation.

 

Faire payer les travailleurs : le peuple allemand saigné !

 

7 – Augmenter toutes les taxes les plus injustes au nom de l'écologie – l' « éco-taxe » : comment combler le trou des 50 milliards offerts aux entreprises ? Première solution, prendre à l'immense majorité … sous couvert de nobles aspirations à la protection de la planète.

 

L'éco-taxe, ce n'est pas seulement la taxe sur le transit des poids lourds. En Allemagne, ce furent quatre séries de taxes touchant les familles les plus modestes : taxe sur le mazout, taxe sur le carburant (+ 10 cents par litre), taxe sur le gaz, taxe sur l'électricité (+ 2 cents par k/h).

 

En tout, 40 milliards d'euros ont été levés, finançant la baisse des cotisations retraite, avec de nombreuses exonérations patronales : ainsi, les patrons de l'industrie automobile et agro-alimentaire ont bénéficié de 80 % de réduction de leurs taxes sur le chauffage :

 

Si Schroder se gargarisait de n'avoir pas rehaussé la TVA sous son mandat, les conservateurs ont dû le faire en 2007 : la TVA, impôt le plus injuste, passant de 16 à 19 %.

 

8 – Déremboursements massifs, forfait médical : la remise en cause du principe de la cotisation sociale maladie a conduit le gouvernement Schroder à imposer le versement d'un forfait médical de 10 € à chaque consultation d'un médecin, d'un forfait hospitalier de 10 € par jour également, tandis que les patients devaient payer 10 % de leur traitement médicamenteux.

 

Tout un ensemble d'opérations médicales (dentaires, ophtalmologiques), de médicaments (intégrés désormais à un « Festbetrag », prix de référence généralisé, correspondant à un remboursement partiel) sont désormais déremboursés partiellement ou totalement.

 

Enfin, comble du cynisme, le gouvernement Schroder a également augmenté les taxes sur le tabac … au nom de la politique publique de santé bien sûr.

 

9 – La baisse des salaires réels : Schroder avait lancé en 2001 ses appels à la « modération salariale », encourageant le gel des salaires dans le secteur public, tandis qu'il facilitait les « accords d'entreprise » ou de « branche » débouchant sur des baisses de salaire réelles dans les entreprises.

 

Difficile d'estimer l' « effet Schroder » mais, en moyenne, le salaire réel allemand a baissé de 4 % entre 2000 et 2010, alors que l'économie allemande était en plein boom, ce qui représente 100 € par mois, selon l'institut économique DIW.

 

10 – Gel des pensions nominales actuelles, baisse des retraites futures : Schroder est arrivé à faire passer en 2003 le gel total des retraites en les désindexant des prix pour les fixer, jusqu'à nouvel ordre, à taux zéro.

 

Résultat, en 2011, le montant des retraites versées par le caisses publiques allemandes avait baissé en absolu par rapport à 2003. Ce qui laisse imaginer, avec l'inflation, la baisse subie par les retraités allemands.

 

Mais la vraie « réforme des retraites », c'est celle qui a fait passer l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans, l'âge de départ anticipé de 60 à 65 ans. Celle qui aussi introduit un facteur de durabilité (nachhaltigkeitsfaktor) qui gèle les retraites, tant que le nombre de retraités augmente par rapport à celui des cotisants.

 

Selon les calculs du gouvernement d'alors, l'idée n'est pas de travailler plus mais de partir avec une pension plus faible : ainsi le taux de remplacement (proportion de la retraite par rapport au salaire) passerait de 48 à 39 % entre 2004 et 2030, déjà à 44 % en 2010.

 

Mettre l'éducation au service des entreprises

 

11 – Education primaire, la réforme des rythmes scolaires : la grande réforme dans l'éducation primaire en Allemagne, ce fut celle des rythmes scolaires, dans un pays où les enfants n'avaient traditionnellement pas cours l'après-midi.

 

Les « cours » furent rétablis l'après-midi mais pour des activités péri-scolaires ou les cours de soutien. Dans un système fortement décentralisé comme celui allemand, les communes moins dotées (mais même les mieux doutées par souci de rentabilité) ne peuvent assurer ces activités, confiées à des sociétés privées, contre tarification.

 

Par contre, cette réforme fut une opportunité d'augmenter le temps de travail des enseignants, pour une rémunération guère ré-évaluée, au nom des « projets » des « innovations pédagogiques », du « soutien personnalisé ».

 

12 – Education secondaire, vers une autonomie accrue : les conditions ne sont pas du tout les mêmes en Allemagne et en France, ne serait-ce que par l'absence d'un collège unique en Allemagne (avec un « double système » façonné par les inégalités formelles de classe), ou la régionalisation de l'éducation.

 

Toutefois, les années Schroder ont été marquées par une série de réformes, faisant suite au « choc » des résultats de PISA de 2000, qui ont conduit à une autonomie accrue des lycées, caractérisée par la toute-puissance des chefs d'établissement, devenus managers d'école (Schulleiter).

 

La réforme adoptée sous Schroder introduit les notions de « compétition » dans le système, avec des tests nationaux réguliers, permettant de classer les établissements, de noter les professeurs, tandis que bien sûr les lycées se virent accorder une plus grande « autonomie » financière, pédagogique.

 

13 – Une éducation supérieure soumise aux intérêts privés : Traditionnellement, en tout cas dans la forme, l'éducation supérieure allemande est assez séparée de l'immixtion directe du marché, du financement privé (en 2003, les dépenses privées représentaient 8 % des dépenses d'éducation supérieure en Allemagne, contre 14 % en France, 37 % en Grande-Bretagne, 53 % aux Etats-unis).

 

Les années Schroder furent celles de la mise en place des mesures du « plan de Bologne » : instauration du LMD, des crédits ECTS.

 

Concrètement, Schroder a renforcé l'autonomie – déjà existante en Allemagne – des universités, d'une part en accordant des crédits exceptionnels et la levée de fonds privés pour les 10 « universités d'élite », d'autre part en favorisant les « hochschule » (grandes écoles), ces institutions spécialisées dans l’ingénierie et le commerce.

 

Les premières ont ainsi reçu en 2005 2 milliards d'euros de crédits publics pour développer des projets innovants appelés « initiatives d'excellence » - en partenariat avec les entreprises privées – dont Pécresse s'est inspirée pour ses IDEX.

 

Les secondes sont devenus le laboratoire de l' « américanisation » (ou « européanisation ») du système allemand : précarisation du personnel enseignant (à 50 % du contrat non-titulaire à temps partiel), alternance obligatoire avec stage en entreprises, cursus négocié avec les acteurs privés.

 

Casser l'Etat social, chercher de nouveaux secteurs de profit

 

14 – Les allocations sociales ravagées, le développement des soupes populaires : c'est ce qu'on connaît le mieux des réformes Schroder, les réformes inspirées de Clinton et Blair : « Welfare to work », non plus le droit à une allocation-chômage mais l'obligation de travailler pour obtenir un « reveni minimum ».

 

Une source de profit facile pour les entreprises qui n'ont plus qu'à proposer un salaire cassé aux chômeurs en fin de droit à accepter un job sous-payé plutôt qu'à finir sans rien. Dans le même temps, les organisations caritatives, les banques alimentaires connaissent un plein essor outre-Rhin.

 

15 – La casse des entreprises publiques : certes les entreprises publiques allemandes n'ont jamais eu la place qu'elles ont eu en France. Toutefois, c'est Schroder qui a achevé (et non commencé) le processus de privatisation de trois fleurons : Deutsche Telekom (DT), Deutsche Bahn (DB) et Deutsche Post (DP).

 

La privatisation des Postes et Télécoms allemande a été achevée en 2005 par la vente de la part majoritaire que détenait alors l'Etat dans ces deux entreprises. Quant à la DB, la SNCF allemande, c'est Schroder qui a lancé le plan de privatisation en 2003, bien qu'il ne soit toujours pas achevé.

 

16 – Introduction de la capitalisation dans le système de retraites : oui c'est aussi Schroder ! La réforme « Riester » en 2001 a encouragé le développement d'un système de capitalisation (3 ème pilier) ainsi qu'un système de retraite d'entreprise (2 ème pilier).

 

Ainsi, depuis 2001, un salarié allemand peut donc choisir de contribuer pour une partie de son salaire soit à un fonds octroyé par son employeur, soit par un fonds de pension ou un assureur privé externe, en échange d'exonérations fiscales pour lui et son employeur bien sûr.

 

La « capitalisation », elle, était encore encouragée massivement via des crédits d'impôt (10 milliards de cadeaux fiscaux pour ce dispositif en 2004), qui suppose la capitalisation de 1 % initialement du salaire brut, un chiffre relevé à 4 % en 2008.

 

17 – Vers la privatisation de la santé : enfin la logique du privé s'est installée dans les hôpitaux allemands, toujours sous Schroder, où a été adoptée la « tarification à l'activité » (T2A) en 2000, avec généralisation à tous les hôpitaux entre 2003 et 2009.

 

Par ailleurs, le sous-financement du service public de la santé, les aides accordées au secteur privé ont conduit à la floraison du « secteur privé à but lucratif » : entre 1990 et 2010, le nombre d'hôpitaux privés lucratifs a augmenté de 90 %, le nombre d'hôpitaux publics a baissé de 43 %.

 

Aujourd'hui, il y a plus d'hôpitaux privés à but lucratif (755) que d'hôpitaux publics (630) en Allemagne.

 

La liste pourrait sans doute encore s'allonger, elle est toutefois déjà éclairante. La stratégie de Hollande, c'était celle de Schroder en Allemagne : un plan massif de sur-exploitation du travail pour rehausser le taux de profit du capital, délégué à la social-démocratie.

Dimanche 20 avril 2014 7 20 /04 /Avr /2014 07:03
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FIDEL_CASTRO_Y_GARCIA_MARQUEZ.jpgDécès de Gabriel Garcia Marquez : grand homme de lettres, ami intime de Fidel, défenseur de la révolution cubaine

 

 

Nous n'allons pas réaliser une nécrographie de Gabriel Garcia Marquez. Celui qui fut un des plus grands écrivains latino-américains du XX ème siècle, récompensé du Nobel de littérature; a produit une oeuvre poncutée par quelques titres connus de tous – de « Cent ans de solitude » à « l'Amour au temps du choléra ».

 

Il serait futile de résumer en quelques mots une œuvre que l'on a placé sous le signe du « réalisme magique », où les charmes projetés de l'exotisme, du fantastique ont fait oublier en Europe combien Garcia Marquez avait l'ambition de relater d'abord cette réalité latino-américaine, dans la richesse de son syncrétisme culturel comme dans le tragique de ses violences originelles.

 

Ici, nous nous concentrerons sur un aspect négligé dans la presse dominante, son engagement politique auprès des processus révolutionnaires, d'émancipation latino-américains : en premier lieu la révolution cubaine, et la relation spéciale entretenue avec Fidel Castro.

 

Une amitié forte, pour deux hommes qui ont marqué à leur façon l'histoire du XX ème siècle, deux grands révolutionnaires dans leurs champs respectifs.

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

(Article originellement paru dans le journal mexicain « La Jornada »)

 

 

Ami intime de Fidel Castro, Gabriel Garcia Marquez était « un homme qui avait une bonté d'enfant et un talent cosmique » selon le leader de la révolution cubaine qui l'a évoqué comme « un homme de demain, que nous remercions d'avoir vécu cette vie pour nous la raconter ».

 

Les deux hommes – le cubain n'est plus âgé que de sept mois – se connurent dans les premiers jours de la révolution, en janvier 1959, quand Gabo (le surnom de Gabriel Garcia Marquez) arriva sur l'île comme journaliste pour couvrir l'arrivée au pouvoir des guérilleros « barbus » que commandait Castro.

 

S'ensuivirent des décennies d'amitié, avec quelques désaccords entre deux hommes qui aimaient se lancer mutuellement les épithètes de « démesurés », et d' « exagérés ».

 

Critique des dictatures et des régimes autoritaires de droite d'Amérique latine, Garcia Marquez resta toujours fidèle à cette amitié avec Fidel Castro, y compris au risque d'être critiqué, à de multiples reprises.

 

« Notre amitié fut le fruit d'une relation cultivée pendant toute ces années où le nombre de conversations, toujours agréables pour moi, se chiffre par centaines », rappelle Castro en 2008 alors qu'il reçoit Gabo et son épouse Mercedes, deux années après la crise de santé qui l'a conduit à abandonner le pouvoir en 2006.

 

Garcia Marquez, qui restera très longtemps à son domicile à La Havane, a participé en 1959 à la fondation de l'agence cubaine Prensa Latina et en 1986 à la création de la Fondation du nouveau cinéma latino-américain et de l'Ecole internationale de cinéma de San Antonio de los Baños, à 30 km au sud-ouest de la Havane, qui a formé des générations de cinéastes.

 

Des visites nocturnes

 

Gabo, qui recevait dans son foyer de la Havane des visites nocturnes fréquentes de Fidel, soulignait à son tour sa « dévotion pour les mots, son pouvoir de séduction ». « Quand il était fatigué de parler, il se détendait en parlant », écrivait-il sur le leader cubain.



Une de ces nuits, racontait l'écrivain colombien en 1988, il lui demanda ce qu'il aurait aimé le plus faire au monde : « Me poser dans un coin », lui répondit immédiatement Fidel.



Leur histoire commune a pu avoir commencé en Colombie en avril 1948 : le lendemain de l'assassinat de l'homme politique de gauche Jorge Eliecer Gaitan, Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, tous deux âgés de 21 ans, participèrent à la révolte qui est entrée dans l'histoire sous le nom de « El Bogotazo ».



« Aucun n'avait d'informations sur l'autre. Personne ne nous connaissait, et nous-mêmes, nous ne nous connaissions pas », rappelle Castro dans un article publié en 2002 à l'occasion du lancement du livre « Vivir para contarla » du Prix nobel de littérature.



Toujours un fidèle défenseur de la révolution cubaine, Garcia Marquez fit office d'émissaire spécial du leader cubain auprès du président nord-américain Bill Clinton.



En 1994, il participa à la solution de la crise qui culmina en un accord migratoire entre La Havane et Washington.



En 1997, Gabo porta à Bill Clinton – qui lui avait dit que Cent ans de solitude était son roman préféré – un message de Fidel Castro où il proposait aux Etats-unis une coopération dans la lutte contre le terrorisme.



La coopération cubano-américaine fut éphémère. Washington réagit en incarcérant les combattants anti-terroristes cubains en septembre 1998 qui mettait en garde depuis la Floride sur les plans, attentats criminels qu'organisaient les extrémistes de Miami.



Les amis de Gabo



Gabriel Garcia Marquez fut l'ami d'écrivains tels que Mario Vargas Llosa, Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Julio Cortázar et Pablo Neruda, également du réalisateur espagnol Luis Buñuel.



Mais aucune amitié ne l'a marqué autant que celle qu'il a cultivé pendant un demi-siècle avec Fidel Castro. Ils étaient si proches que, dit-on, Garcia Marquez envoyait les brouillons de ses romans à Fidel pour qu'il les lise avant de les publier.



« Je suis un ami de Fidel et je ne suis pas un ennemi de la révolution. Voilà tout », avait dit à une occasion Garcia Marquez, selon ce que rapporte le livre « Gabo et Fidel ».



Sa santé commença à faiblir en 1999, quand il fut traité d'un cancer lymphatique. En 2012, ses proches expliquèrent qu'il avait des problèmes de mémoire et qu'il avait cessé d'écrire.



Garcia Marquez fut hospitalisé fin mars à cause d'une infection pulmonaire. Et quand on le déclara guéri la semaine passée, les médecins l'avertirent que sa santé restait fragile.



Marié depuis plus que cinquante cinq ans avec Mercedes Barcha, García Márquez avait deux enfants. L'aîné, Rodrigo, a réalisé plusieurs films à Hollywood, comme Nine Lives et Albert Nobbs.



Ces dernières années, il était revenu de temps en temps en Colombie, bien que ce soit pour se réfugier dans sa résidence, dans la ville coloniale de Cartagena de Indias.



Gabo apparut pour la dernière fois en public à la porte de sa maison de Mexico le 6 mars, le jour de son 87 ème anniversaire. Il ne dit même pas un mot, il ne laissa qu'un sourire las aux journalistes qui lui chantèrent las Mañanitas, cette chanson d'anniversaire typiquement mexicaine. Sur le revers de sa veste, il portait une rose jaune.

Samedi 19 avril 2014 6 19 /04 /Avr /2014 07:01
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widf_to_syria.jpgLa vice-secrétaire turque du Haut comité aux réfugiés de l'ONU virée ... à cause de son engagement pour la paix en Syrie !





Communiqué du secrétariat du Conseil mondial pour la paix



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Le Conseil mondial pour la paix exprime sa désapprobation catégorique de la mesure disciplinaire récemment prise par le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) contre Mme Umut Kuruc, représentante de Liberté et égalité pour les femmes de Turquie, membre de l'Association pour la paix de Turquie (Baris Dernegi) et membre du Comité de direction de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF), mesure qui a déchu Umut Kuruc de son poste de Vice-secrétaire du UNHCR basé à Ankara, après qu'elle a pris part à une délégation de la FDIF en Syrie des 19 au 22 octobre 2013.



L'action entreprise par le UNHCR est arbitraire et a des motivations politiques claires, puisque la délégation de la FDIF a, entre autres rencontres et visites en Syrie, également rencontré le président de la Syrie, Bachar-al-Assad. Umut Kuruc a été « sanctionnée » en raison de son engagement politique et social, son engagement pour la paix et la stabilité dans la région.



Venant de Turquie, où se trouvent des centaines de milliers de réfugiés syriens, Umut Kuruc était et reste préoccupée par les causes profondes du drame des réfugiés, exprimant aux côtés des femmes de plusieurs pays (dont la présidente de la FDIF Marcia Campos) leur solidarité avec les femmes et l'ensemble de la population syrienne.



Le Conseil mondial pour la paix dénonce les projets actuels de déstabilisation de la Syrie, les ingérences armées étrangères de milliers de « djihadistes » en Syrie, assumées et soutenues par les États-Unis, l'Union européenne et ses alliés régionaux de la Turquie, du Qatar, de l'Arabie saoudite cherchant à faire naître un changement de régime dans la violence.



Umut Kuruc pointait justement du droit cette situation, se sentant concernée par les souffrances vécues par les Syriens, d'où les mesures prises contre elles, véritable « sanction » contre ses convictions et son engagement social.



Le Conseil mondial pour la paix demande au UNHCR de retirer les mesures disciplinaires prises et de la restaurer dans son poste. Le NHCR comme corps de l'ONU n'a aucun droit de s'ingérer de la sorte dans le conflit en Syrie, en intimidant des membres de son personnel et des représentants d'organisations internationales comme la FDIF, qui a également un statut consultatif dans le système de l'ONU.

Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 07:17
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13870761235_a0b9e04cb5_o.jpgGrève massive en Chine : 40 000 ouvriers paralysent la plus grande usine de chaussures au monde, fournisseur d'Adidas et Nike

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Qui a dit que rien ne bougeait en Chine ? Depuis plusieurs mois une vague de grèves remet en cause la toute-puissance des multi-nationales, rendue possible par la connivence du gouvernement, et permet d'arracher certains droits, certaines revalorisations salariales.

 

Ce mercredi 16 avril, on attaque le troisième jour de grève dans les usines du groupe taiwanais « Yue Yuen » à Dongguan, dans la province de Guangdong, dans le sud-ouest de la Chine, aux portes de Hong-Kong.

 

Ce sont d'abord 10 000 salariés le lundi, puis plus de 40 000 ouvriers répartis sur les six sites du groupe qui ont arrêté le travail, dans ce qui constitue peut-être la plus grande grève de ces dernières années sur le territoire chinois.

 

La grève s'est accompagnée de sit-in, de manifestations aux abords des sites de production, la principale mobilisant lundi plusieurs milliers de salariés. La police a alors répondu par un assaut, et l'incarcération de ceux qui portaient des banderoles et pancartes de protestation.

 

Les ouvriers de « Yue Yuen » avaient déjà lancé une journée de grève le 5 avril dernier. Ils exigent le paiement d'arriérés de cotisations sociales patronales et donc de prestations sociales, ainsi que les subventions-logement auxquels ils ont droit selon la loi chinoise.

 

Or, l'entreprise taiwanaiseet les autorités publiques chinoises – locales ou nationales – se sont entendues pour dissimuler à une partie des travailleurs migrants leur droit à l'adhésion à un système de sécurité sociale, tandis que la majorité a bénéficié de taux de cotisations sensiblement inférieurs à la norme, profitant de l'opacité du système de protection sociale.

 

Le scandale a éclaté lorsqu'un salarié de l'entreprise, après 18 ans de service dans la boîte, s'est retrouvé avec une pension d'un niveau ridiculement bas. Selon certaines estimations, l'entreprise aurait en moyenne évité de payer les cotisations dues de 20 € (200 yuan) par mois depuis deux décennies.

 

« Yue Yuen » n'est pas n'importe quelle entreprise, elle se définit elle-même comme le « plus grand producteur de chaussures » du monde avec 300 millions d'unités à l'année, l'entreprise étant le fournisseur privilégié d'Adidas, Nike, Reebok, Asics, Converse ou encore Timberland.

 

Le principal site se trouve en Chine, mais l'entreprise a également d'autres lieux de production, Indonésie, Vietnam et même Mexique.

 

Des grèves dans tous les secteurs en Chine …

la classe ouvrière s'organise, les multi-nationales contraintes de reculer !

 

Il serait fastidieux de citer tous les cas de mouvements de grèves qui ont touché la Chine ces derniers mois. Selon le China Labour Bulletin, la Chine aurait connu 1 171 grèves entre juin 2011 et décembre 2013.

 

Sur les trois premiers mois de 2014, on compte déjà 202 mouvements de grève, 31 % de plus que l'an passé, dont 119 pour le seul mois de mars.

 

Des grèves concentrées pour 40 % dans l'industrie, et à plus de 60 % dans la province de Guangdong (Canton), où se trouve notamment la Zone économique spéciale (ZES) de Shenzhen. Les secteurs des transports, de la santé et de l'éducation ont également été touchés.

 

Parmi les entreprises concernées durant ces derniers mois par ces mobilisations, on retrouve quelques-unes des principales multi-nationales : Samsung, IBM, Wal-Mart, Nokia.

 

Dans ces mouvements de grève qui ont impliqué à chaque fois plusieurs milliers de travailleurs, on trouve les mêmes revendications : hausse des salaires mais aussi bataille pour les droits à la Sécurité sociale, le paiement des arriérés, pour garder les emplois, pour faire respecter leurs droits.

 

Toujours, selon le China Labour Bulletin, un tiers des grèves dans le secteur industriel ont trait au paiement d'arriérés de salaire, un quart au maintien d'emplois et à l'obtention d'indemnités en cas de plan social – ce qui révèle l'ampleur du phénomène de fermeture/relocalisation d'usines en Chine – et moins d'un dixième portent spécifiquement sur des hausses de salaire.

 

Des mouvements de grève avaient déjà frappé le secteur du textile, de la production de chaussures avec le mouvement dans l'usine de Ciyu, dans la ville de Shenzhen.

 

Ciyu fournit les marques américaines New Balance et Crocs. Lors d'un changement de donneur d'ordres, le salaire des ouvriers avait été brusquement divisé par deux en mars – passant de 600 à 300 $ – provoquant une grève de trois jours pour réclamer le maintien des salaires.

 

Les ouvriers sont soumis à des procédures d'intimidation, de division entre les salariés comme chez Wal-Mart qui a prévu de supprimer 20 de ses grands magasins en Chine, dont celui de Changde (province de Hunan, au sud-est du pays) occupé depuis un mois par une centaine de salariés.

 

A l'annonce du plan de licenciement le 4 mars, la direction laisse deux semaines aux salariés pour accepter le plan avec proposition de « mutation interne » sachant qu'il n'y a aucun Wal-Mart à moins de 150 km. Une proposition bien entendue refusée par les salariés.

 

Dès lors, la direction tente de déloger par la force les occupants, propose à certains de les acheter en leur proposant des primes de licenciement, mais les travailleurs tiennent bon unis derrière une structure syndicale forte.

 

La lutte a payé, elle a déjà fait reculer les multi-nationales. Ce fut le cas chez Samsung, réputée pour ses pratiques anti-syndicales.

 

Une grève a commencé le 27 mars, touchant d'abord les chaînes d'assemblage où les ouvriers sont soumis à des cadences inhumaines (4 secondes pour assembler un portable, 10 h par jour, 6 jours sur 7), elle s'est étendue à tous les départements après l'annonce de la décision de l'entreprise sud-coréenne de déduire les cotisations sociales patronales du salaire des travailleurs.

 

Finalement, face à l'ampleur d'un mouvement qui a uni les 5 000 salariés du site de Dongguan, toujours dans la province de Guangdong, la direction a reculé, acceptant de doubler les primes, de majorer le taux salarial des heures supplémentaires. Une victoire symbolique forte.

 

La Chine populaire … devenue paradis des milliardaires !

 

Pas facile de s'organiser dans un pays dirigé par un Parti communiste censé représenter les intérêts des ouvriers, des paysans, des salariés mais de plus en plus au service des grandes fortunes chinoises, et des multi-nationales.

 

La Chine est le pays où le développement des millionnaires et milliardaires est le plus spectaculaire. En dix ans, la Chine a vu son nombre de millionnaires multiplié par sept, passant de 147 000 en 2002 à 858 000 en 2012.

 

Le pays a vu son nombre de milliardaires doubler en deux ans, de 2010 à 2012, passant de 189 à 356, selon le classement chinois Hurun. La Chine est désormais le deuxième pays pour son nombre de milliardaires derrière les Etats-unis.

 

Plus frappant, le Congrès du peuple compte désormais 83 milliardaires, qui totalisent une fortune globale de 100 milliards de $, soit 15 fois plus que tous les membres du Congrès américain réunis !

 

Des milliardaires évidemment encartés au Parti communiste, tout comme un tiers des millionnaires qui ont leur carte au « parti des ouvriers et des paysans », au parti héritier de Mao.

 

Un tableau troublant, hélas confirmé par la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail, de plus en plus favorable au premier.

 

La part dévolue aux salaires est passée de 53 % en 1980 à 42 % en 2007, même si la courbe est depuis légèrement revenue à la hausse, effet des luttes menées par les travailleurs chinois essentiellement.

 

La Chine se caractérise également par des inégalités croissantes, entre riches et pauvres, espaces urbains et campagnes, capital et travail.

 

Même si la persistance d'une partie de l'héritage communiste, notamment certains filets de protection sociale, permet de les atténuer par rapport à certains autres pays dits « émergents », inscrits dans la trajectoire d'un système capitaliste permanent.

 

Ainsi, si ces grèves sont souvent déclenchées par le non-respect de la loi par ces entreprises, le paiement d'arriérés de cotisations sociales, la bataille pour des droits sociaux au logement ou à la santé, c'est souvent que ces droits existent en Chine, même si ils tombent en déshérence.

 

Les salaires qui sont l'objet d'âpres luttes entre employeurs et salariés se chiffrent souvent entre 200 et 600 $, là où au Bangladesh ou en Indonésie, les salaires tournent généralement autour du seuil de pauvreté absolue, soit 1 ou 2 $ par jour.

 

Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons qu'exprimer notre solidarité avec la lutte des ouvriers chinois dans l' « atelier du monde » : ce sont les chaussures qu'ils fabriquent que nous portons, à nous de les soutenir pour qu'ils obtiennent la juste rémunération de leur travail !

Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 07:17
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loghi_tsipras.jpgEn Italie, la « liste Tsipras » soutenue par le PGE, défend l'Union européenne, l'euro mais exclut les communistes italiens (PdCI) !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Italie, miroir de la décomposition de la gauche et de la liquidation du communisme. Une étape est franchie pour les élections européennes avec la « liste Tsipras » qui parvient même à effacer ce qu'il reste de la gauche italienne derrière Tsipras choisi comme tête de liste.

 

La nouvelle a de quoi laisser bouche bée. Non seulement les communistes italiens ne se présenteront pas sous leur propre nom aux prochaines européennes, ce qui n'est pas nouveau, mais ce sera le cas de toute la gauche italienne organisée rangée derrière une « liste citoyenne ».

 

Cette liste réussit même désormais à s'effacer plus seulement derrière la « gauche » mais à s'effacer tout court derrière un sauveur venu de Grèce : ce sera la « liste Tsipras – pour une autre Europe ».

 

Alexis Tsipras sera la figure de cette liste. Le chef de SYRIZA est la garantie d'une « gauche responsable », c'est-à-dire réformiste, pro-européenne, prête à négocier avec les dirigeants du FMI, de l'UE, de la BCE pour « aménager l'austérité ».

 

Une liste initiée en janvier 2014 par six intellectuels italiens connus pour leurs positions réformistes voire libérales au sens américain du terme, anti-communistes, posant comme condition à cette liste l'effacement de toute référence aux partis communistes, et aux organisations de gauche.

 

Les promoteurs de la liste se présentent comme des « personnalités de la société civile », dégagées de tout engagement politique (même le terme « gauche » est absent de leur Manifeste!), réunis pour un même but : « construire une autre Europe » qui passe par plus d'intégration européenne !

 

Un programme en 10 points … dont 9 pour renforcer l'intégration européenne !

 

Sur quel programme cette liste va-t-elle se constituer ?

 

D'abord sur une « idéologie anti-parti ». C'est dans l'esprit dominant en Italie, celui entretenu par Beppe Grillo et son populiste « Mouvement 5 Etoiles » avec le rejet de toute la politique organisée, de droite comme de gauche. Un discours qui en Italie, depuis le « qualunquisme » (équivalent du poujadisme en Italie) n'est jamais totalement exempt de relents fascisants.

 

En effet, les tenants de la liste refusent tout symbole politique, toute référence à des organisations de gauche. Son symbole sera sobrement un rond rouge avec le slogan : « Une autre Europe avec Tsipras ».

 

Une ligne résolument pro-européenne. Les promoteurs de la « liste Tsipras » ne pensent qu'à cela, des obsédés de l'Union européenne !

 

Pas étonnant quand on sait que leur idole grecque s'est imposé comme un partenaire crédible pour les dirigeants européens sous la ligne : « Il faut sauver l'Union européenne, l'Euro ».

 

En effet, sur les 10 points de leur programme, au moins 9 impliquent directement un renforcement de l'intégration européenne, le 10 ème constitue une critique acerbe … du « partenariat trans-atlantique », péril pour notre Europe. Non à l'Europe américaine, l'Europe aux européens !

 

Si on prend le programme point par point, la « liste » se présente comme la seule « force alternative », ce qui suppose en fait une alternative non pas pour les travailleurs mais pour l'Europe elle-même.

 

Le point 1 expose le fait qu'il faut impérativement faire une « Europe politique » mais sur d'autres bases que celles des réformes structurelles, de l'austérité.

 

Le point 2 déclare que « l'Europe fédérale est la voie royale à l'ère de la globalisation ». Les promoteurs osent prétendre que la « Grèce ou l'Italie y seraient alors l'équivalent de la Californie pour les Etats-unis », protégés par un Etat fédéral qui « unirait les Etats » (sic).

 

Le point 3 refuse de « défendre de façon prioritaire les intérêts nationaux », le point 4 propose un « plan Marshall pour l'Europe », le point 5 envisage une « renégociation des traités européens », ainsi qu'une « pétition citoyenne européenne » en ce sens.

 

Le point 6 innove avec la mise en avant d'un « Plan d'emploi européen » chiffré à 100 milliards d'€, financé par les citoyens européens (!).

 

Le point 8 synthétise la ligne de la « liste Tsipras ». Il s'agit de « changer la nature des institutions européennes ». Cela passe par la consolidation du Parlement européen qui doit devenir « une institution vraiment démocratique » : capable de légiférer, d'élire un gouvernement européen d'imposer de nouvelles taxes en remplacement de celles nationales.

 

Le point 9 s'attaque à la question centrale : celle de l'Euro. La « liste Tsipras » revendique fièrement le fait qu'elle « est contre la sortie de l'Euro », prévoyant dans ce cas l'apocalypse : réveil des nationalismes, crise économique, dépendance américaine.

 

Enfin, le point 10 lance un cri contre la résurgence des nationalismes, la montée des extrême droite – assimilés à une position anti-européenne – ce qui les pousse à se mettre (attention, cela fait mal) à se mettre sous l'autorité du texte fondateur du … « Manifeste de Ventotene ».

 

Ce « manifeste » écrit en juin 1941 est connu pour être celui du « fédéralisme européen ». Son auteur, Alberto Spinelli sera une des figures du mouvement fédéraliste européen, aux côtés des anti-communistes de droite français Alexandre Marc et Henri Frenay.

 

Pour ceux qui se souviennent, l'Union des fédéralistes européens – qui s'appuie sur le « Manifeste de Ventotene » - avait présenté aux présidentielles françaises Jean-Claude Sebag en 1974 qui avait réalisé 0,1 % des voix. Tsipras sera-t-il le Sebag de l'Italie ?

 

Un réformisme sans rivages inspiré de l'esprit démocratique américain ! Si on résume les propositions de la liste, elles sont caractérisées par un réformisme plat, supposant toutes plus d'intégration européenne, compatibles avec une conciliation capital-travail, voire avec certaines propositions du gouvernement Renzi.

 

Ainsi, on y retrouve un « plan Marshall pour l'Europe » et une « Conférence sur la dette » comme celle de Londres en 1953 pour la RFA : deux propositions, rappelons-le, nées dans un contexte de Guerre Froide pour créer une Europe unie, une RFA forte face au péril communiste !

 

On peut passer sur le « Plan européen pour l'Emploi » : 100 milliards par an sur 10 ans pour lancer une politique de grands travaux, de transition énergétique totalement compatibles avec les projets fédéralistes européens.

 

Parmi les autres propositions, on retrouve le renforcement des pouvoirs de la BCE mais aussi sur l'insistance sur la « taxation des revenus financiers », le Manifeste pestant sur le fait qu'ils soient beaucoup moins taxés que le travail (entendre, les cotisations sociales patronales).

 

Or c'est précisément le projet de Matteo Renzi que d'augmenter les taxes sur les revenus financiers pour baisser drastiquement le montant des cotisations sociales patronales. Une heureuse coïncidence.

 

Enfin, même si le texte dénonce le péril du « partenariat trans-atlantique », les références à l'idéologie progressiste américaine sont omniprésentes : New Deal, Plan Marshall, fédéralisme américain .. et même la proposition d'élaborer une charte qui commencerait, comme la Constitution américaine, par « We the peoples ». On croit rêver !

 

Une liste où on trouve trois plus de profs de fac que d'ouvriers !

 

Qui sont les fameux promoteurs de cette « liste de la société civile » ?

 

On pourrait faire une analyse sociologique, de classe des candidats, elle est édifiante.

 

Sur les 72 candidats répertoriés, la catégorie la plus représentée, ce sont les .. « professionnels de la politique » qui n'ont pas d'autres occupations que leur postes d'élus, de permanents politiques, de professionnels de l'associatif. C'est 21 des 72 noms (30 % des candidats).

 

Ensuite, par ordre décroissant, on peut identifier 11 professeurs d'université (15 %), 15 écrivains/journalistes (20 %), 5 acteurs/chanteurs/artistes (7 %), 5 enseignants (7 %), 3 cadres du privé (4 %), 4 professionnels du droit hors professeurs, avocats ou juge (5 %), 2 fonctionnaires européens/internationaux (3 %) et 2 médecins (3 %).

 

Parmi les autres candidats, aucun employé d'exécution, aucun chômeur, aucun agriculteur ni petit commerçant. On trouve par contre 4 ouvriers présents (pour des candidatures de témoignage?) : soit 5 % des listes.

 

La liste Tsipras, c'est donc 95 % de « capacités » – de cette bourgeoisie essentiellement intellectuelle, culturelle – et 5 % d'ouvriers.

 

« Tsipras, une autre Europe » apparaît nettement comme le parti des professeurs d'université, des avocats, des journalistes et des médecins.

 

Or, il faudrait presque s'arrêter là tant les têtes pensantes derrière ce projet. Les six intellectuels italiens qui ont lancé le Manifeste pour une liste Tsipras le 17 janvier sont bien connus à gauche.

 

Ce sont essentiellement les rédacteurs de la revue « Micromega » – cette appendice du groupe de presse libéral de gauche l'Espresso, dont fait partie la revue Repubblica avec le rôle qu'on connaît le rôle néfaste qu'elle a joué dans la liquidation du PC italien.

 

MicroMega se situerait en France, pour trouver un point de comparaison, à équidistance entre l'Express et Politis et depuis sa création, en 1986, s'est fait l'écho de la recomposition d'une gauche « dégagée des partis » … même si on retrouve parmi ses plus proches collaborateurs des politiciens du Parti démocrate (PD) comme Furio Colombo, Stefano Fassina ou Corradino Mineo.

 

Des noms connus aussi pour avoir tenté déjà en 2009 de monter une liste du « Parti des sans-parti » autour du juge anti-mafia Antonio di Pietro (le Eva Joly italien).

 

Le parcours d'un certain Paolo Flores d'Arcais résume bien celui de ses congénères : lui qui fut exclu de la jeunesse communiste pour trotkiste, tenant du « réformisme radical » après 1968, il finit par adhérer au Parti démocrate (de gauche) en 1991 dont il devient un des intellectuels dans une perspective nettement anti-communiste (sa philosophe fétiche est Hannah Arendt!), il cherche depuis 2009 à piloter un projet permettant de court-circuiter des candidatures communistes.

 

La liste Tsipras a déjà reçu des soutiens enthousiastes chez des intellectuels et politiciens souvent très loin de l'univers communiste : le député PD Furio Colombo (ex-président de la FIAT USA!), Carlo Freccero (ex-directeur des programmes de la « Cinq » de Berluconi en France, si!), le centriste vétéran du Parti radical Stefano Rodota ou deux députés du « Mouvement 5 étoiles ».

 

Et surtout, Fausto Bertinotti, premier président du PGE, soutien du deuxième gouvernement de l'austérité de Prodi (2006-2008), promoteur du premier plan de liquidation de Refondation communiste avec la « Liste Arc-en-ciel » en 2008 a apporté son appui enthousiaste au projet.

 

Pour le public français, il suffira de citer les noms d'Etienne Balibar ou d'Enzo Traverso pour voir que les noms derrière ce projet sont bien loin de ceux qu'on pourrait imaginer en tant que communistes français !

 

Une « liste Tsipras » ... qui exclut les communistes !

 

Et les communistes dans tout cela ? Refondation communiste a accepté cette liste au prix d'une sous-représentation manifeste sur les listes (à peine une dizaine de cadres encartés), sans garantie d'obtenir un seul élu.

 

Dans le même temps, « Gauche, écologie et libertés » (SEL), né en 2009 d'une scission menée par Nichi Vendola et les perdants de la liquidation du Parti de la refondation communiste, a sauté sur l'occasion pour apporter son soutien au projet liquidateur.

 

SEL s'est distingué – sous la férule de son chef charismatique M.Vendola – par son zèle comme « caution de gauche » du Parti démocrate, participant même à la mascarade des primaires de gauche, tandis que Vendola est connu pour ses positions parfois excentriques : lui qui est un fan de Jean-Paul II et un sioniste avoué.

 

Les « tenants de la société civile » ont accepté la présence minorée de ces partis. Par contre, ils ont opposé une fin de non-recevoir au Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Pourtant, le PdCI avait envisagé dans un premier temps de participer à la démarche commune, comme il avait accepté en 2008 la « Liste arc-en-ciel », en 2013 la « Révolution civique » d'Antonio Ingroia, deux expériences qui se sont soldées par des résultats catastrophiques, la perte de tous les élus et un nouveau pas dans la liquidation du mouvement communiste.

 

Cette fois, les liquidateurs du communiste italien – ayant trouvé une nouvelle formule sous la « liste Tsipras » - ne vont même plus laisser de place aux cadres du Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Dans leur déclaration, les dirigeants du PdCI ne comprennent pas la raison de cette exclusion, eux qui affirment dans une pétition de solidarité « qu'ils sont la composante qui se bat avec le plus de détermination contre la politique libérale et militariste de l'Union européenne ».

 

Le hic, c'est que ce n'est bien sûr pas le but de la « liste Tsipras », destinée à amortir le choc de ses politiques de guerre contre les peuples.

 

Une liste qui ne peut pas tolérer que le PdCI ait exprimé une position critique par rapport au PGE (dont il n'est toujours pas membre), soulève des doutes sur l'intégration européenne.

 

Le PdCI a lancé une déclaration par la voix de son secrétaire Cesare Procaccini indiquant que le parti « ne ferait pas voter pour la liste Tsipras », mais qu'il lancera sa propre campagne politique pendant le scrutin.

 

Selon le dernier sondage EMG, la liste Tsipras est annoncée à 3 % – soit exactement le score obtenu lors des dernières déroutes de 2008 et 2013, mais en ayant cette fois effacée la moindre référence à la gauche – ce qui ne permettrait pas de dépasser le seuil de 4 %, nécessaire pour obtenir un élu.

 

Jusqu'où va continuer l'inexorable liquidation de tout ce qu'il reste du communisme italien, emportant avec lui tout ce qui ressemble de près ou de loin à la gauche et au mouvement ouvrier ?

Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 06:29
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StopPRIVATIZACIONES.jpg Les services publics plus efficaces et moins chers que ceux privatisés : c'est la Cour des comptes espagnole qui le dit !

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

* à partir d'un article d'Avante, journal du PC portugais

 

Qui peut encore croire à l'efficacité des privatisations ? En Espagne, un rapport de la Cour des Comptes révèle que la gestion publique des services d'utilité publique locaux est plus efficace et moins chère que la gestion sous-traitée au secteur privé.

 

 

Un rapport évoqué à la fin de l'année dernière par l'agence de presse espagnole EFE analyse la prestation de services de nettoiement urbain et de collecte des déchets, sous gestion municipale et à la charge d'entreprises concessionnaires, en 2011.



Le nettoiement urbain 71 % moins plus cher avec le privé !



Dans ses conclusions, il souligne que le coût moyen du nettoiement urbain s'élève à 18,01 € par habitant. Toutefois, cette valeur descend à 16,23 €, quand le service est assuré directement par les municipalités, et s'élève à 27,83 €, soit 71 % plus cher, quand il est livré par une entreprise bénéficiant d'une concession, d'un contrat par les collectivités locales.



Selon le document élaboré par la Cour des Comptes, plus de 80 % des services de nettoiement urbain étaient gérés directement par les communes en 2011, toutefois ce pourcentage diminue sensiblement dans le cas des grandes villes.



Et ce sont aussi dans les plus grands centres urbains que le coût moyen du serivce atteint les valeurs les plus élevées, pouvant monter jusqu'à 32,19 € par habitant, quand il s'agit d'une concession privée, ou 19,07 € par une gestion publique.



Mais la gestion publique n'est pas seulement moins chère, elle est aussi de meilleure qualité, peut-on déduire du rapport, selon quoi le prix plus élevé du privé ne se traduit pas dans les indices de qualité du service.



Au contraire, tandis que dans les petites localités le service municipal garantit en moyenne le maintien de 36 poubelles pour 100 habitants, cette proportion tombe à 6 pour 100 quand le service est privatisé.



Pour ce qui est des grandes villes, l'étude évoque le fait que ce rapport se stabilise autour d'1 poubelle pour 100 habitants, que la gestion soit privée ou publique.



Collecte des déchets : même constat



Concernant la collecte des déchets urbains, le coût moyen par habitant s'élève à 48,76 €, et il se révèle que c'est de nouveau la gestion publique qui est la plus économe pour le contribuble, avec une valeur moyenne de 42,55 € par habitants contre 53,90 € pour le service privatisé.



Les économies d'échelle se vérifient aussi dans ce cas, c'est-à-dire que plus grande est la ville et moins chère se révèle le service. Ainsi, tandis que le coût moyen du service public dans les grandes villes chute à 37,54 €, l'offre privée se chiffre à 52,33 €.



Ces différences significatives, désormais prouvées officiellement par la Cour des comptes d'Espagne, ont déjà conduit plusieurs municipalités importantes, c'est le cas de la ville de Leon, au Nord-ouest, à remunicipaliser la prestation du nettoiement urbain et de la récolte des déchets, ayant permis des économies chiffrées à 8 millions d'€.

Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 12:15
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ferreira« L'Union européenne n'est pas réformable »

 

 

Entretien avec le député communiste portugais au Parlement européen, Joao Ferreira (pour le quotidien Avante, organe central du PC portugais)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Q: Quelle importance prennent les prochaines élections européennes dans le contexte politique actuel ?

 

R : Elles ont une importance incontestable. Le Portugal vit une des périodes les plus noires de son histoire récente. Jamais ne fut aussi évident le rapport entre les principaux problèmes du pays et les contraintes imposées par l'intégration capitaliste européenne – point d'appui fondamental des politiques de droite, tout au long de ses 28 dernières années. Les partis qui ont alterné au gouvernement dans cette période sont les mêmes qui dans les institutions de l'UE, y compris au Parlement européen, ont soumis le Portugal, de façon répétée et croissante, à des décisions contraires à ses intérêts. Ces élections sont une opportunité non seulement de faire élire plus de députés du PCP et de ses alliés de la CDU – des députés engagés dans la défense des intérêts nationaux et la ferme défense des intérêts des travailleurs et du peuple – ce qui, déjà en soi, ne serait pas peu de chose, mais pourrait aussi donner plus de force à l'exigence de démission de ce gouvernement et de mise en échec des politiques de droite.

 

Q : Quel bilan fais-tu de ce mandat, que vous avez partagée avec la députée Ilda Figueiredo et ensuite avec Ines Zuber ?

 

R : Ce furent cinq années marquées par la violence de la réponse de l'UE à sa propre crise. Marquées en premier lieu par les plans d'austérité et le programme d'intervention UE-FMI, que nous qualifions d'authentique pacte d'agression contre le pays et son peuple, et qui fut appliqué, de façon fort similaire, aussi dans d'autres pays, avec des conséquences dévastatrices que nous connaissons bien. A part cela, ces cinq dernières années, ont eu lieu un ensemble de changements dans le cadre politique et institutionnel de l'UE qui, une fois mis en place, eurent des conséquences gravissimes pour des pays comme le Portugal, accentuant sa dépendance et son retard. C'est dans ce contexte que les députés du PCP au Parlement européen ont développé une activité intense, profondément ancrée dans la situation nationale, soutenue par plusieurs centaines d'initiatives réalisées dans tout le pays, rentrant en contact avec des secteurs très divers de la vie économique, sociale et culturelle nationale. C'est ce lien avec la réalité nationale qui a donné sens et réalité à des centaines d'interventions, rapports, résolutions, propositions d'amendement, nombreuses questions que nous avons porté au sein des institutions de l'UE. C'est un travail qui allie la dénonciation, la protestation à la proposition, capable de dessiner une voie alternative, pour le Portugal et pour l'Europe.

 

Q : Certains sont d'accord avec les justes critiques que nous avons faites à l'intégration capitaliste européenne et à ses conséquences mais ils s'interrogent sur les raisons de voter ou de soutenir ceux qui sont contre l'Union européenne

 

Le peuple portugais et le Portugal ont besoin au Parlement européen de députés qui défendent avec conviction et courage les intérêts nationaux et non des députés serviles et soumis aux dessins et projets de l'UE. Je dirais que ceux qui sont d'accord avec les critiques que nous avons émises envers l'intégration capitaliste européenne ne pourront alors adopter une autre posture que celle de soutenir et voter pour ceux qui, comme le PCP et la CDU, depuis toujours, avec cohérence et principes, ont prévu et prévenu sur les effets de cette intégration et l'ont toujours combattue, sans illusions ni ambiguïtés. Ce soutien et ce vote sont une garantie que l'on donnera plus de force à ceux, au Parlement européen, qui fixent comme objectif essentiel la défense ferme des intérêts du Portugal et des Portugais et donneront dans le même temps plus de force à la lutte pour une alternative patriotique et de gauche qui garantisse, comme aucun autre vote, la défense et la reconquête des droits et des revenus volés et ouvre la perspective de la construction d'une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais.



Q : Ce mandat (2009-2014) a été traversé par une crise du capitalisme sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, qui perdure encore. Peut-on dire que les contradictions et le caractère impérialiste de l'Union européenne s'aggravent ?



Sans nul doute. Ce processus européen ayant été un processus d'intégration capitaliste, la crise du capitalisme est, dans l'UE, une crise de l'UE elle-même, de ses fondements. Ce n'est pas un hasard si la réponse de l'UE à la crise a suivi les lignes fondamentales de réponse du système à sa crise : destruction des forces productives et aggravation de l'exploitation, en parallèle à la concentration du pouvoir politique et économique. D'autre part, elle a accentué le caractère militariste de l'UE, son affirmation comme un bloc politico-militaire au service des ambitions impérialistes des grandes puissances. Les dépenses militaires s'accroissent et, en articulation avec l'OTAN, augmente la participation dans des opérations d'ingérence et l'agression de pays souverains.



Q : L'adhésion à ce qui était alors la CEE a été un instrument de la contre-révolution. La signature des traités européens successifs a consolidé cette voie se traduisant, en pratique, en une plus grande dépendance, en un recul de souveraineté et un bond en arrière économique et social au Portugal. En ce 40 ème anniversaire de la révolution, comment se conjuguent les valeurs de la Révolution d'Avril que nous cherchons à réaliser à l'avenir dans ce pays, dans le cadre de cette UE ?



L'entrée du Portugal dans la CEE/UE a représenté globalement dès l'adhésion et jusqu'à ce jour, un assaut contre le régime démocratique né de la Révolution d'Avril et, évidemment, contre la Constitution de la République qui a consacré ses grandes conquêtes et la vision d'un pays indépendant et souverain, de progrès et de justice sociale. Les classes dominantes, mécontentes des parcelles de pouvoir perdues avec la révolution du 25 avril, y virent une opportunité en or de satisfaire leurs ambitions, arrimant le pays à l'intégration capitaliste européenne. L'approfondissement de l'intégration a représenté une escalade en ce sens. Maastricht et la constitution européenne mise en échec, ensuite resucée en Traité de Lisbonne, furent des bonds qualitatifs que nous devons souligner. De la même façon, les évolutions les plus récentes (Traité budgétaire, Gouvernance économique, Semestre européen, Pacte pour l'Euro plus) comportent des dangers croissants évidents pour la souveraineté et le régime démocratique, qui pourront contribuer à sa défiguration chronique. Le déploiement d'une politique patriotique et de gauche au Portugal et, plus généralement, le retour au projet de démocratie avancée que nous avons initié lors de la Révolution d'Avril et que le PCP développe dans son programme, rentre en conflit inévitablement avec les axes fondamentaux du processus d'intégration. C'est pour cela que nous assumons avec clarté, sans ambiguïtés, la nécessité de rupture avec ces axes. Certains que rien ni personne ne peut obliger le Portugal à renoncer au droit d'opter pour ses propres structures socio-économiques et pour son propre régime politique.



Q : Certains soutiennent que la crise qui a touché l'Union européenne est le fruit d'erreurs de nos dirigeants, que ce qu'il faut faire est fluidifier les mécanismes d'intervention de l'Union, approfondir le fédéralisme pour répondre efficacement à cette crise et à celles futures. Existe-t-il une possibilité de réformer cette Union européenne ?



Loin d'une orientation (ou désorientation) circonstancielle, fixée par des « dirigeants sans dimension européenne » ou d'autres raisons de ce genre, fréquemment invoquées, le cap suivi par l'UE découle de ses caractéristiques et de sa nature de classe. La situation actuelle met en évidence les limites de l'intégration capitaliste. Mais cela n'atténue pas la volonté de la poursuivre et l'approfondir, de la part de ceux qui en ont bénéficié. Au contraire. Dans cette phase, l'approfondissement du processus d'intégration requiert une plus grande concentration du pouvoir politique et économique au sein de l'Union européenne. Une concentration de pouvoir qui tend même à établir d'authentiques rapports de domination et de type colonial. Se révèle avec encore plus de clarté le caractère anti-démocratique du processus d'intégration et, une fois de plus, se révèlent ses limites objectives, démontrant que l'UE n'est pas réformable et que ses axes fédéralistes, néo-libéraux et militaristes sont indissociables.



Q : Les partisans des solutions fédéralistes, même ceux qui invoquent ce mythique fédéralisme de gauche, face à la critique du PCP à ce cap, nous accusent régulièrement d'isolationnisme et de nationalisme. Comment réfute-t-on ces accusations ?



Les tentatives de soumission nationale en cours dans l'UE représentent une forme d'oppression de classe qui est exercée sur les travailleurs et les peuples, au-delà d'une inquiétante et dangereuse attaque contre la démocratie. Ceux qui, tout en se prétendant à gauche, ne le perçoivent pas, ou ne veulent pas le percevoir, ne comprendront pas un élément décisif pour agir sur la réalité de notre temps, pour la transformer dans le sens du progrès social. Si l'évolution du capitalisme a conduit les classes dominantes à sacrifier les intérêts nationaux à ses intérêts de classe, alors, inversement, cela conduit à une identification croissante des intérêts des travailleurs et du peuple aux intérêts nationaux. Cela dit, nous ne défendons aucun isolationnisme ni aucune solution autarcique, qui non seulement n'est pas possible mais pas non plus désirable. Bien au contraire. L'internationalisation de l'économie, la profonde division internationale du travail, l'interdépendance et la coopération entre États et les processus d'intégration correspondent à des réalités et tendances d'évolution qui ne sont pas exclusives au capitalisme. En fonction de son orientation, de ses caractéristique et de ses objectifs, de tels processus peuvent soit servir les monopoles et les trans-nationales, ou peuvent servir les peuples. C'est un droit inaliénable de chaque peuple et de chaque pays de lutter pour la défense de ses intérêts et de ses droits. L'UE ne fut pas le premier processus d'intégration entre Etats en Europe. Ce ne sera certainement pas le dernier.

 

Q : Avec l'expérience des dernières élections, il faut admettre que le PS et le PSD (la droite) fondent leur campagne sur des questions qui n'ont rien à voir avec les problèmes réels du peuple et du pays, déviant l'attention vers des questions comme la Présidence à la Commission, par exemple. Comment peut-on estimer cette stratégie ?



Le PS et le PSD ont une tâche difficile lors de ces élections. Cette tâche passe par le fait de tenter, par tous les moyens, de montrer qu'il y a des différences entre eux là où en vérité ils sont d'accord. Et de la même façon que ces trois partis étaient unis dans la signature du pacte d'agression, ils étaient également ensemble dans les projets les plus importants votés au Parlement européen, notamment ces cinq dernières années. Pour cette raison, les manœuvres de diversion ne manquent pas. Ces manœuvres qui passent même par la tentation de dissimuler ce qui est vraiment en jeu lors de ces élections. Dissimuler sa nature même lors de ces élections, en cherchant à la transformer lors de l'élection du président de la Commission européenne – ce qui n'est pas le cas, cela ne le fut jamais ni ne pouvait l'être. Ils veulent cacher que ce qui est d'élire des députés portugais au Parlement européen. Ce n'est pas un hasard. Ils veulent que l'on oublie que ce fut avec le soutien du PSD, du CDS et du PS qu'ont été approuvées des mesures profondément contradictoires avec nos intérêts nationaux. Ils veulent que l'on oublie qu'au lieu de l'indispensable re-négociation de la dette que le PCP propose depuis trois ans, ils ont choisi d'atteler le pays à un pacte d'agression, d'exploitation et de paupérisation. Ils veulent surtout mettre entre parenthèses la dure réalité qui rend infernale la vie de millions de portugais, occultant les responsabilités qu'ils ont dans la situation du pays, découlant d'années de politiques de droite défendues par les gouvernements successifs de ces partis.



Q : L'expérience a donné raison aux dénonciations du PCP sur ce qu'allait signifier l'adhésion à l'euro. Il y a des voix, des groupes qui voient dans la sortie de l'euro l'apocalypse, d'autres qui défendent l'idée d'une sortie immédiate de la monnaie unique. Le PCP a une position différente. Tu peux l'expliciter ?



L'entrée du Portugal dans la monnaie unique a contraint et fragilisé économiquement le pays. Le pays a perdu beaucoup avec l'entrée dans l'euro. Mais il peut perdre encore plus, que ce soit en y restant, ou dans un scénario de reconfiguration de la zone euro, imposé depuis l'extérieur, face aux évolutions de la crise qui, d'aucune manière, ne peuvent être mises de côté. Sortir de l'euro tout court, ce n'est pas revenir au point où nous y sommes rentrés. Et encore moins au point où nous serions si nous n'y étions pas rentrés. Si il est certain que la poursuite du cap actuel est absolument insoutenable, il est tout aussi clair que la sortie de l'euro peut être dans l'intérêt du peuple portugais ou peut, au contraire, être dans l'intérêt de ceux qui y ont gagné avec l'euro pendant toutes ces années et qui continuent à en profiter – ce sont des intérêts irrémédiablement antagonistes. Tout en nous prononçant clairement pour la dissolution de l'Union économique et monétaire, nous défendons également la mise en place d'un programme qui, articulé avec l'ensemble des pays atteints dans leur souveraineté et leur droit au développement par le maintien dans l'euro, prépare la sortie de la monnaie unique en accord avec les intérêts de ces pays et de leurs peuples. Dans un contexte où il est absolument clair qu'une chose serait une sortie de l'euro conduite par un gouvernement patriotique et de gauche, qui affirme le primat des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE, qui protège les travailleurs et le peuple des inévitables coûts de la décision et profite pleinement des opportunités de développement qui s'ouvrent, et une autre, bien différente, serait une sortie conduite par les mêmes forces qui nous ont imposé d'innombrables, injustes et inutiles sacrifices au nom du « maintien dans l'euro ».



En pleine conscience du fait qu'il est décisif pour assurer le développement souverain et indépendant du pays, de réussir à concrétiser la lutte pour la rupture avec les politiques de droite et la construction d'une politique patriotique et de gauche, et l'affirmation claire du droit inaliénable du peuple portugais à faire prévaloir cet objectif sur quelque autre intérêt ou contrainte.



Q : Quelles sont les grandes lignes de la campagne du PCP pour les élections européennes du 25 mai ? Le combat contre l'abstention est-il une préoccupation ?



Dans ces élections, nous tous, communistes, autres militants de la CDU, nous allons être appelés à construire une campagne qui devra être simultanément de mobilisation pour le scrutin et d'explication sur la nécessité du renforcement de la CDU.



Une campagne que nous allons construire en nous ancrant dans le patrimoine militant du parti, dans notre histoire de défense intransigeante des intérêts du peuple et du pays, identifiant les raisons et l'importance du vote pour la CDU, de sa contribution pour la lutte plus générale dans la défense des droits des travailleurs et du peuple, de l'exigence d'une autre politique.



Et nous allons la construire avec la justesse et l'autorité singulières de ceux qui peuvent se présenter devant le peuple portugais avec la cohérence de leurs positions, ceux à qui l'expérience a donné et donne raison.



C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui, touchés par les politiques de droite, luttent pour un pays plus juste et démocratique, pour qu'ils ne s'abstiennent pas. Pour qu'ils fassent également du jour du 25 mai, avec leur vote pour la CDU, un jour de lutte.



Et que, avec son vote, et non avec l'abstention, ils disent non aux partis de la « troika » nationale (les partis de droite traditionnels PSD, CDS mais aussi le PS). Qu'avec leur vote et non avec l'abstention, ils condamnent les agioteurs, les usuriers et l'oligarchie qui pompent le sang du peuple portugais. Qu'avec leur soutien et leur vote pour la CDU, ils disent oui au développement du Portugal. Qu'ils disent oui au droit des portugais à décider de leur sort.



Q : Si tu avais à présenter les raisons du soutien et du vote pour la CDU, comment les résumerais-tu ?



Se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple portugais la construction de son propre avenir.



Dans les élections au Parlement européen, le renforcement de la CDU, de son nombre de votes, son influence et du nombre de députés, est un objectif possible et nécessaire.



Le vote pour la CDU est le seul qui puisse assurer la présence de députés au Parlement européen engagés dans les intérêts nationaux et la défense des travailleurs et du peuple.



Le vote pour la CDU est le seul cohérent et décisif pour condamner les politiques de droite du gouvernement et donner de la force à la lutte de ceux qui ne se résignent pas et luttent pour un Portugal plus juste, plus fraternel, plus démocratique et développé.



Le vote pour la CDU est le vote qui pèse pour regagner nos droits, nos salaires et nos retraites, rendre au pays les ressources qui lui ont été volées.



Un vote massif pour la CDU, ce 25 mai, pourra constituer un facteur essentiel du changement de cap dans la vie politique nationale, pour la démission du gouvernement actuel et la défaite de sa politique et pour donner de la force à une alternative politique, patriotique et de gauche.

 

Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 06:49
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