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Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

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Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

loghi_tsipras.jpgEn Italie, la « liste Tsipras » soutenue par le PGE, défend l'Union européenne, l'euro mais exclut les communistes italiens (PdCI) !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Italie, miroir de la décomposition de la gauche et de la liquidation du communisme. Une étape est franchie pour les élections européennes avec la « liste Tsipras » qui parvient même à effacer ce qu'il reste de la gauche italienne derrière Tsipras choisi comme tête de liste.

 

La nouvelle a de quoi laisser bouche bée. Non seulement les communistes italiens ne se présenteront pas sous leur propre nom aux prochaines européennes, ce qui n'est pas nouveau, mais ce sera le cas de toute la gauche italienne organisée rangée derrière une « liste citoyenne ».

 

Cette liste réussit même désormais à s'effacer plus seulement derrière la « gauche » mais à s'effacer tout court derrière un sauveur venu de Grèce : ce sera la « liste Tsipras – pour une autre Europe ».

 

Alexis Tsipras sera la figure de cette liste. Le chef de SYRIZA est la garantie d'une « gauche responsable », c'est-à-dire réformiste, pro-européenne, prête à négocier avec les dirigeants du FMI, de l'UE, de la BCE pour « aménager l'austérité ».

 

Une liste initiée en janvier 2014 par six intellectuels italiens connus pour leurs positions réformistes voire libérales au sens américain du terme, anti-communistes, posant comme condition à cette liste l'effacement de toute référence aux partis communistes, et aux organisations de gauche.

 

Les promoteurs de la liste se présentent comme des « personnalités de la société civile », dégagées de tout engagement politique (même le terme « gauche » est absent de leur Manifeste!), réunis pour un même but : « construire une autre Europe » qui passe par plus d'intégration européenne !

 

Un programme en 10 points … dont 9 pour renforcer l'intégration européenne !

 

Sur quel programme cette liste va-t-elle se constituer ?

 

D'abord sur une « idéologie anti-parti ». C'est dans l'esprit dominant en Italie, celui entretenu par Beppe Grillo et son populiste « Mouvement 5 Etoiles » avec le rejet de toute la politique organisée, de droite comme de gauche. Un discours qui en Italie, depuis le « qualunquisme » (équivalent du poujadisme en Italie) n'est jamais totalement exempt de relents fascisants.

 

En effet, les tenants de la liste refusent tout symbole politique, toute référence à des organisations de gauche. Son symbole sera sobrement un rond rouge avec le slogan : « Une autre Europe avec Tsipras ».

 

Une ligne résolument pro-européenne. Les promoteurs de la « liste Tsipras » ne pensent qu'à cela, des obsédés de l'Union européenne !

 

Pas étonnant quand on sait que leur idole grecque s'est imposé comme un partenaire crédible pour les dirigeants européens sous la ligne : « Il faut sauver l'Union européenne, l'Euro ».

 

En effet, sur les 10 points de leur programme, au moins 9 impliquent directement un renforcement de l'intégration européenne, le 10 ème constitue une critique acerbe … du « partenariat trans-atlantique », péril pour notre Europe. Non à l'Europe américaine, l'Europe aux européens !

 

Si on prend le programme point par point, la « liste » se présente comme la seule « force alternative », ce qui suppose en fait une alternative non pas pour les travailleurs mais pour l'Europe elle-même.

 

Le point 1 expose le fait qu'il faut impérativement faire une « Europe politique » mais sur d'autres bases que celles des réformes structurelles, de l'austérité.

 

Le point 2 déclare que « l'Europe fédérale est la voie royale à l'ère de la globalisation ». Les promoteurs osent prétendre que la « Grèce ou l'Italie y seraient alors l'équivalent de la Californie pour les Etats-unis », protégés par un Etat fédéral qui « unirait les Etats » (sic).

 

Le point 3 refuse de « défendre de façon prioritaire les intérêts nationaux », le point 4 propose un « plan Marshall pour l'Europe », le point 5 envisage une « renégociation des traités européens », ainsi qu'une « pétition citoyenne européenne » en ce sens.

 

Le point 6 innove avec la mise en avant d'un « Plan d'emploi européen » chiffré à 100 milliards d'€, financé par les citoyens européens (!).

 

Le point 8 synthétise la ligne de la « liste Tsipras ». Il s'agit de « changer la nature des institutions européennes ». Cela passe par la consolidation du Parlement européen qui doit devenir « une institution vraiment démocratique » : capable de légiférer, d'élire un gouvernement européen d'imposer de nouvelles taxes en remplacement de celles nationales.

 

Le point 9 s'attaque à la question centrale : celle de l'Euro. La « liste Tsipras » revendique fièrement le fait qu'elle « est contre la sortie de l'Euro », prévoyant dans ce cas l'apocalypse : réveil des nationalismes, crise économique, dépendance américaine.

 

Enfin, le point 10 lance un cri contre la résurgence des nationalismes, la montée des extrême droite – assimilés à une position anti-européenne – ce qui les pousse à se mettre (attention, cela fait mal) à se mettre sous l'autorité du texte fondateur du … « Manifeste de Ventotene ».

 

Ce « manifeste » écrit en juin 1941 est connu pour être celui du « fédéralisme européen ». Son auteur, Alberto Spinelli sera une des figures du mouvement fédéraliste européen, aux côtés des anti-communistes de droite français Alexandre Marc et Henri Frenay.

 

Pour ceux qui se souviennent, l'Union des fédéralistes européens – qui s'appuie sur le « Manifeste de Ventotene » - avait présenté aux présidentielles françaises Jean-Claude Sebag en 1974 qui avait réalisé 0,1 % des voix. Tsipras sera-t-il le Sebag de l'Italie ?

 

Un réformisme sans rivages inspiré de l'esprit démocratique américain ! Si on résume les propositions de la liste, elles sont caractérisées par un réformisme plat, supposant toutes plus d'intégration européenne, compatibles avec une conciliation capital-travail, voire avec certaines propositions du gouvernement Renzi.

 

Ainsi, on y retrouve un « plan Marshall pour l'Europe » et une « Conférence sur la dette » comme celle de Londres en 1953 pour la RFA : deux propositions, rappelons-le, nées dans un contexte de Guerre Froide pour créer une Europe unie, une RFA forte face au péril communiste !

 

On peut passer sur le « Plan européen pour l'Emploi » : 100 milliards par an sur 10 ans pour lancer une politique de grands travaux, de transition énergétique totalement compatibles avec les projets fédéralistes européens.

 

Parmi les autres propositions, on retrouve le renforcement des pouvoirs de la BCE mais aussi sur l'insistance sur la « taxation des revenus financiers », le Manifeste pestant sur le fait qu'ils soient beaucoup moins taxés que le travail (entendre, les cotisations sociales patronales).

 

Or c'est précisément le projet de Matteo Renzi que d'augmenter les taxes sur les revenus financiers pour baisser drastiquement le montant des cotisations sociales patronales. Une heureuse coïncidence.

 

Enfin, même si le texte dénonce le péril du « partenariat trans-atlantique », les références à l'idéologie progressiste américaine sont omniprésentes : New Deal, Plan Marshall, fédéralisme américain .. et même la proposition d'élaborer une charte qui commencerait, comme la Constitution américaine, par « We the peoples ». On croit rêver !

 

Une liste où on trouve trois plus de profs de fac que d'ouvriers !

 

Qui sont les fameux promoteurs de cette « liste de la société civile » ?

 

On pourrait faire une analyse sociologique, de classe des candidats, elle est édifiante.

 

Sur les 72 candidats répertoriés, la catégorie la plus représentée, ce sont les .. « professionnels de la politique » qui n'ont pas d'autres occupations que leur postes d'élus, de permanents politiques, de professionnels de l'associatif. C'est 21 des 72 noms (30 % des candidats).

 

Ensuite, par ordre décroissant, on peut identifier 11 professeurs d'université (15 %), 15 écrivains/journalistes (20 %), 5 acteurs/chanteurs/artistes (7 %), 5 enseignants (7 %), 3 cadres du privé (4 %), 4 professionnels du droit hors professeurs, avocats ou juge (5 %), 2 fonctionnaires européens/internationaux (3 %) et 2 médecins (3 %).

 

Parmi les autres candidats, aucun employé d'exécution, aucun chômeur, aucun agriculteur ni petit commerçant. On trouve par contre 4 ouvriers présents (pour des candidatures de témoignage?) : soit 5 % des listes.

 

La liste Tsipras, c'est donc 95 % de « capacités » – de cette bourgeoisie essentiellement intellectuelle, culturelle – et 5 % d'ouvriers.

 

« Tsipras, une autre Europe » apparaît nettement comme le parti des professeurs d'université, des avocats, des journalistes et des médecins.

 

Or, il faudrait presque s'arrêter là tant les têtes pensantes derrière ce projet. Les six intellectuels italiens qui ont lancé le Manifeste pour une liste Tsipras le 17 janvier sont bien connus à gauche.

 

Ce sont essentiellement les rédacteurs de la revue « Micromega » – cette appendice du groupe de presse libéral de gauche l'Espresso, dont fait partie la revue Repubblica avec le rôle qu'on connaît le rôle néfaste qu'elle a joué dans la liquidation du PC italien.

 

MicroMega se situerait en France, pour trouver un point de comparaison, à équidistance entre l'Express et Politis et depuis sa création, en 1986, s'est fait l'écho de la recomposition d'une gauche « dégagée des partis » … même si on retrouve parmi ses plus proches collaborateurs des politiciens du Parti démocrate (PD) comme Furio Colombo, Stefano Fassina ou Corradino Mineo.

 

Des noms connus aussi pour avoir tenté déjà en 2009 de monter une liste du « Parti des sans-parti » autour du juge anti-mafia Antonio di Pietro (le Eva Joly italien).

 

Le parcours d'un certain Paolo Flores d'Arcais résume bien celui de ses congénères : lui qui fut exclu de la jeunesse communiste pour trotkiste, tenant du « réformisme radical » après 1968, il finit par adhérer au Parti démocrate (de gauche) en 1991 dont il devient un des intellectuels dans une perspective nettement anti-communiste (sa philosophe fétiche est Hannah Arendt!), il cherche depuis 2009 à piloter un projet permettant de court-circuiter des candidatures communistes.

 

La liste Tsipras a déjà reçu des soutiens enthousiastes chez des intellectuels et politiciens souvent très loin de l'univers communiste : le député PD Furio Colombo (ex-président de la FIAT USA!), Carlo Freccero (ex-directeur des programmes de la « Cinq » de Berluconi en France, si!), le centriste vétéran du Parti radical Stefano Rodota ou deux députés du « Mouvement 5 étoiles ».

 

Et surtout, Fausto Bertinotti, premier président du PGE, soutien du deuxième gouvernement de l'austérité de Prodi (2006-2008), promoteur du premier plan de liquidation de Refondation communiste avec la « Liste Arc-en-ciel » en 2008 a apporté son appui enthousiaste au projet.

 

Pour le public français, il suffira de citer les noms d'Etienne Balibar ou d'Enzo Traverso pour voir que les noms derrière ce projet sont bien loin de ceux qu'on pourrait imaginer en tant que communistes français !

 

Une « liste Tsipras » ... qui exclut les communistes !

 

Et les communistes dans tout cela ? Refondation communiste a accepté cette liste au prix d'une sous-représentation manifeste sur les listes (à peine une dizaine de cadres encartés), sans garantie d'obtenir un seul élu.

 

Dans le même temps, « Gauche, écologie et libertés » (SEL), né en 2009 d'une scission menée par Nichi Vendola et les perdants de la liquidation du Parti de la refondation communiste, a sauté sur l'occasion pour apporter son soutien au projet liquidateur.

 

SEL s'est distingué – sous la férule de son chef charismatique M.Vendola – par son zèle comme « caution de gauche » du Parti démocrate, participant même à la mascarade des primaires de gauche, tandis que Vendola est connu pour ses positions parfois excentriques : lui qui est un fan de Jean-Paul II et un sioniste avoué.

 

Les « tenants de la société civile » ont accepté la présence minorée de ces partis. Par contre, ils ont opposé une fin de non-recevoir au Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Pourtant, le PdCI avait envisagé dans un premier temps de participer à la démarche commune, comme il avait accepté en 2008 la « Liste arc-en-ciel », en 2013 la « Révolution civique » d'Antonio Ingroia, deux expériences qui se sont soldées par des résultats catastrophiques, la perte de tous les élus et un nouveau pas dans la liquidation du mouvement communiste.

 

Cette fois, les liquidateurs du communiste italien – ayant trouvé une nouvelle formule sous la « liste Tsipras » - ne vont même plus laisser de place aux cadres du Parti des communistes italiens (PdCI).

 

Dans leur déclaration, les dirigeants du PdCI ne comprennent pas la raison de cette exclusion, eux qui affirment dans une pétition de solidarité « qu'ils sont la composante qui se bat avec le plus de détermination contre la politique libérale et militariste de l'Union européenne ».

 

Le hic, c'est que ce n'est bien sûr pas le but de la « liste Tsipras », destinée à amortir le choc de ses politiques de guerre contre les peuples.

 

Une liste qui ne peut pas tolérer que le PdCI ait exprimé une position critique par rapport au PGE (dont il n'est toujours pas membre), soulève des doutes sur l'intégration européenne.

 

Le PdCI a lancé une déclaration par la voix de son secrétaire Cesare Procaccini indiquant que le parti « ne ferait pas voter pour la liste Tsipras », mais qu'il lancera sa propre campagne politique pendant le scrutin.

 

Selon le dernier sondage EMG, la liste Tsipras est annoncée à 3 % – soit exactement le score obtenu lors des dernières déroutes de 2008 et 2013, mais en ayant cette fois effacée la moindre référence à la gauche – ce qui ne permettrait pas de dépasser le seuil de 4 %, nécessaire pour obtenir un élu.

 

Jusqu'où va continuer l'inexorable liquidation de tout ce qu'il reste du communisme italien, emportant avec lui tout ce qui ressemble de près ou de loin à la gauche et au mouvement ouvrier ?

Mercredi 16 avril 2014 3 16 /04 /Avr /2014 06:29
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StopPRIVATIZACIONES.jpg Les services publics plus efficaces et moins chers que ceux privatisés : c'est la Cour des comptes espagnole qui le dit !

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

* à partir d'un article d'Avante, journal du PC portugais

 

Qui peut encore croire à l'efficacité des privatisations ? En Espagne, un rapport de la Cour des Comptes révèle que la gestion publique des services d'utilité publique locaux est plus efficace et moins chère que la gestion sous-traitée au secteur privé.

 

 

Un rapport évoqué à la fin de l'année dernière par l'agence de presse espagnole EFE analyse la prestation de services de nettoiement urbain et de collecte des déchets, sous gestion municipale et à la charge d'entreprises concessionnaires, en 2011.



Le nettoiement urbain 71 % moins plus cher avec le privé !



Dans ses conclusions, il souligne que le coût moyen du nettoiement urbain s'élève à 18,01 € par habitant. Toutefois, cette valeur descend à 16,23 €, quand le service est assuré directement par les municipalités, et s'élève à 27,83 €, soit 71 % plus cher, quand il est livré par une entreprise bénéficiant d'une concession, d'un contrat par les collectivités locales.



Selon le document élaboré par la Cour des Comptes, plus de 80 % des services de nettoiement urbain étaient gérés directement par les communes en 2011, toutefois ce pourcentage diminue sensiblement dans le cas des grandes villes.



Et ce sont aussi dans les plus grands centres urbains que le coût moyen du serivce atteint les valeurs les plus élevées, pouvant monter jusqu'à 32,19 € par habitant, quand il s'agit d'une concession privée, ou 19,07 € par une gestion publique.



Mais la gestion publique n'est pas seulement moins chère, elle est aussi de meilleure qualité, peut-on déduire du rapport, selon quoi le prix plus élevé du privé ne se traduit pas dans les indices de qualité du service.



Au contraire, tandis que dans les petites localités le service municipal garantit en moyenne le maintien de 36 poubelles pour 100 habitants, cette proportion tombe à 6 pour 100 quand le service est privatisé.



Pour ce qui est des grandes villes, l'étude évoque le fait que ce rapport se stabilise autour d'1 poubelle pour 100 habitants, que la gestion soit privée ou publique.



Collecte des déchets : même constat



Concernant la collecte des déchets urbains, le coût moyen par habitant s'élève à 48,76 €, et il se révèle que c'est de nouveau la gestion publique qui est la plus économe pour le contribuble, avec une valeur moyenne de 42,55 € par habitants contre 53,90 € pour le service privatisé.



Les économies d'échelle se vérifient aussi dans ce cas, c'est-à-dire que plus grande est la ville et moins chère se révèle le service. Ainsi, tandis que le coût moyen du service public dans les grandes villes chute à 37,54 €, l'offre privée se chiffre à 52,33 €.



Ces différences significatives, désormais prouvées officiellement par la Cour des comptes d'Espagne, ont déjà conduit plusieurs municipalités importantes, c'est le cas de la ville de Leon, au Nord-ouest, à remunicipaliser la prestation du nettoiement urbain et de la récolte des déchets, ayant permis des économies chiffrées à 8 millions d'€.

Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 12:15
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ferreira« L'Union européenne n'est pas réformable »

 

 

Entretien avec le député communiste portugais au Parlement européen, Joao Ferreira (pour le quotidien Avante, organe central du PC portugais)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Q: Quelle importance prennent les prochaines élections européennes dans le contexte politique actuel ?

 

R : Elles ont une importance incontestable. Le Portugal vit une des périodes les plus noires de son histoire récente. Jamais ne fut aussi évident le rapport entre les principaux problèmes du pays et les contraintes imposées par l'intégration capitaliste européenne – point d'appui fondamental des politiques de droite, tout au long de ses 28 dernières années. Les partis qui ont alterné au gouvernement dans cette période sont les mêmes qui dans les institutions de l'UE, y compris au Parlement européen, ont soumis le Portugal, de façon répétée et croissante, à des décisions contraires à ses intérêts. Ces élections sont une opportunité non seulement de faire élire plus de députés du PCP et de ses alliés de la CDU – des députés engagés dans la défense des intérêts nationaux et la ferme défense des intérêts des travailleurs et du peuple – ce qui, déjà en soi, ne serait pas peu de chose, mais pourrait aussi donner plus de force à l'exigence de démission de ce gouvernement et de mise en échec des politiques de droite.

 

Q : Quel bilan fais-tu de ce mandat, que vous avez partagée avec la députée Ilda Figueiredo et ensuite avec Ines Zuber ?

 

R : Ce furent cinq années marquées par la violence de la réponse de l'UE à sa propre crise. Marquées en premier lieu par les plans d'austérité et le programme d'intervention UE-FMI, que nous qualifions d'authentique pacte d'agression contre le pays et son peuple, et qui fut appliqué, de façon fort similaire, aussi dans d'autres pays, avec des conséquences dévastatrices que nous connaissons bien. A part cela, ces cinq dernières années, ont eu lieu un ensemble de changements dans le cadre politique et institutionnel de l'UE qui, une fois mis en place, eurent des conséquences gravissimes pour des pays comme le Portugal, accentuant sa dépendance et son retard. C'est dans ce contexte que les députés du PCP au Parlement européen ont développé une activité intense, profondément ancrée dans la situation nationale, soutenue par plusieurs centaines d'initiatives réalisées dans tout le pays, rentrant en contact avec des secteurs très divers de la vie économique, sociale et culturelle nationale. C'est ce lien avec la réalité nationale qui a donné sens et réalité à des centaines d'interventions, rapports, résolutions, propositions d'amendement, nombreuses questions que nous avons porté au sein des institutions de l'UE. C'est un travail qui allie la dénonciation, la protestation à la proposition, capable de dessiner une voie alternative, pour le Portugal et pour l'Europe.

 

Q : Certains sont d'accord avec les justes critiques que nous avons faites à l'intégration capitaliste européenne et à ses conséquences mais ils s'interrogent sur les raisons de voter ou de soutenir ceux qui sont contre l'Union européenne

 

Le peuple portugais et le Portugal ont besoin au Parlement européen de députés qui défendent avec conviction et courage les intérêts nationaux et non des députés serviles et soumis aux dessins et projets de l'UE. Je dirais que ceux qui sont d'accord avec les critiques que nous avons émises envers l'intégration capitaliste européenne ne pourront alors adopter une autre posture que celle de soutenir et voter pour ceux qui, comme le PCP et la CDU, depuis toujours, avec cohérence et principes, ont prévu et prévenu sur les effets de cette intégration et l'ont toujours combattue, sans illusions ni ambiguïtés. Ce soutien et ce vote sont une garantie que l'on donnera plus de force à ceux, au Parlement européen, qui fixent comme objectif essentiel la défense ferme des intérêts du Portugal et des Portugais et donneront dans le même temps plus de force à la lutte pour une alternative patriotique et de gauche qui garantisse, comme aucun autre vote, la défense et la reconquête des droits et des revenus volés et ouvre la perspective de la construction d'une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais.



Q : Ce mandat (2009-2014) a été traversé par une crise du capitalisme sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, qui perdure encore. Peut-on dire que les contradictions et le caractère impérialiste de l'Union européenne s'aggravent ?



Sans nul doute. Ce processus européen ayant été un processus d'intégration capitaliste, la crise du capitalisme est, dans l'UE, une crise de l'UE elle-même, de ses fondements. Ce n'est pas un hasard si la réponse de l'UE à la crise a suivi les lignes fondamentales de réponse du système à sa crise : destruction des forces productives et aggravation de l'exploitation, en parallèle à la concentration du pouvoir politique et économique. D'autre part, elle a accentué le caractère militariste de l'UE, son affirmation comme un bloc politico-militaire au service des ambitions impérialistes des grandes puissances. Les dépenses militaires s'accroissent et, en articulation avec l'OTAN, augmente la participation dans des opérations d'ingérence et l'agression de pays souverains.



Q : L'adhésion à ce qui était alors la CEE a été un instrument de la contre-révolution. La signature des traités européens successifs a consolidé cette voie se traduisant, en pratique, en une plus grande dépendance, en un recul de souveraineté et un bond en arrière économique et social au Portugal. En ce 40 ème anniversaire de la révolution, comment se conjuguent les valeurs de la Révolution d'Avril que nous cherchons à réaliser à l'avenir dans ce pays, dans le cadre de cette UE ?



L'entrée du Portugal dans la CEE/UE a représenté globalement dès l'adhésion et jusqu'à ce jour, un assaut contre le régime démocratique né de la Révolution d'Avril et, évidemment, contre la Constitution de la République qui a consacré ses grandes conquêtes et la vision d'un pays indépendant et souverain, de progrès et de justice sociale. Les classes dominantes, mécontentes des parcelles de pouvoir perdues avec la révolution du 25 avril, y virent une opportunité en or de satisfaire leurs ambitions, arrimant le pays à l'intégration capitaliste européenne. L'approfondissement de l'intégration a représenté une escalade en ce sens. Maastricht et la constitution européenne mise en échec, ensuite resucée en Traité de Lisbonne, furent des bonds qualitatifs que nous devons souligner. De la même façon, les évolutions les plus récentes (Traité budgétaire, Gouvernance économique, Semestre européen, Pacte pour l'Euro plus) comportent des dangers croissants évidents pour la souveraineté et le régime démocratique, qui pourront contribuer à sa défiguration chronique. Le déploiement d'une politique patriotique et de gauche au Portugal et, plus généralement, le retour au projet de démocratie avancée que nous avons initié lors de la Révolution d'Avril et que le PCP développe dans son programme, rentre en conflit inévitablement avec les axes fondamentaux du processus d'intégration. C'est pour cela que nous assumons avec clarté, sans ambiguïtés, la nécessité de rupture avec ces axes. Certains que rien ni personne ne peut obliger le Portugal à renoncer au droit d'opter pour ses propres structures socio-économiques et pour son propre régime politique.



Q : Certains soutiennent que la crise qui a touché l'Union européenne est le fruit d'erreurs de nos dirigeants, que ce qu'il faut faire est fluidifier les mécanismes d'intervention de l'Union, approfondir le fédéralisme pour répondre efficacement à cette crise et à celles futures. Existe-t-il une possibilité de réformer cette Union européenne ?



Loin d'une orientation (ou désorientation) circonstancielle, fixée par des « dirigeants sans dimension européenne » ou d'autres raisons de ce genre, fréquemment invoquées, le cap suivi par l'UE découle de ses caractéristiques et de sa nature de classe. La situation actuelle met en évidence les limites de l'intégration capitaliste. Mais cela n'atténue pas la volonté de la poursuivre et l'approfondir, de la part de ceux qui en ont bénéficié. Au contraire. Dans cette phase, l'approfondissement du processus d'intégration requiert une plus grande concentration du pouvoir politique et économique au sein de l'Union européenne. Une concentration de pouvoir qui tend même à établir d'authentiques rapports de domination et de type colonial. Se révèle avec encore plus de clarté le caractère anti-démocratique du processus d'intégration et, une fois de plus, se révèlent ses limites objectives, démontrant que l'UE n'est pas réformable et que ses axes fédéralistes, néo-libéraux et militaristes sont indissociables.



Q : Les partisans des solutions fédéralistes, même ceux qui invoquent ce mythique fédéralisme de gauche, face à la critique du PCP à ce cap, nous accusent régulièrement d'isolationnisme et de nationalisme. Comment réfute-t-on ces accusations ?



Les tentatives de soumission nationale en cours dans l'UE représentent une forme d'oppression de classe qui est exercée sur les travailleurs et les peuples, au-delà d'une inquiétante et dangereuse attaque contre la démocratie. Ceux qui, tout en se prétendant à gauche, ne le perçoivent pas, ou ne veulent pas le percevoir, ne comprendront pas un élément décisif pour agir sur la réalité de notre temps, pour la transformer dans le sens du progrès social. Si l'évolution du capitalisme a conduit les classes dominantes à sacrifier les intérêts nationaux à ses intérêts de classe, alors, inversement, cela conduit à une identification croissante des intérêts des travailleurs et du peuple aux intérêts nationaux. Cela dit, nous ne défendons aucun isolationnisme ni aucune solution autarcique, qui non seulement n'est pas possible mais pas non plus désirable. Bien au contraire. L'internationalisation de l'économie, la profonde division internationale du travail, l'interdépendance et la coopération entre États et les processus d'intégration correspondent à des réalités et tendances d'évolution qui ne sont pas exclusives au capitalisme. En fonction de son orientation, de ses caractéristique et de ses objectifs, de tels processus peuvent soit servir les monopoles et les trans-nationales, ou peuvent servir les peuples. C'est un droit inaliénable de chaque peuple et de chaque pays de lutter pour la défense de ses intérêts et de ses droits. L'UE ne fut pas le premier processus d'intégration entre Etats en Europe. Ce ne sera certainement pas le dernier.

 

Q : Avec l'expérience des dernières élections, il faut admettre que le PS et le PSD (la droite) fondent leur campagne sur des questions qui n'ont rien à voir avec les problèmes réels du peuple et du pays, déviant l'attention vers des questions comme la Présidence à la Commission, par exemple. Comment peut-on estimer cette stratégie ?



Le PS et le PSD ont une tâche difficile lors de ces élections. Cette tâche passe par le fait de tenter, par tous les moyens, de montrer qu'il y a des différences entre eux là où en vérité ils sont d'accord. Et de la même façon que ces trois partis étaient unis dans la signature du pacte d'agression, ils étaient également ensemble dans les projets les plus importants votés au Parlement européen, notamment ces cinq dernières années. Pour cette raison, les manœuvres de diversion ne manquent pas. Ces manœuvres qui passent même par la tentation de dissimuler ce qui est vraiment en jeu lors de ces élections. Dissimuler sa nature même lors de ces élections, en cherchant à la transformer lors de l'élection du président de la Commission européenne – ce qui n'est pas le cas, cela ne le fut jamais ni ne pouvait l'être. Ils veulent cacher que ce qui est d'élire des députés portugais au Parlement européen. Ce n'est pas un hasard. Ils veulent que l'on oublie que ce fut avec le soutien du PSD, du CDS et du PS qu'ont été approuvées des mesures profondément contradictoires avec nos intérêts nationaux. Ils veulent que l'on oublie qu'au lieu de l'indispensable re-négociation de la dette que le PCP propose depuis trois ans, ils ont choisi d'atteler le pays à un pacte d'agression, d'exploitation et de paupérisation. Ils veulent surtout mettre entre parenthèses la dure réalité qui rend infernale la vie de millions de portugais, occultant les responsabilités qu'ils ont dans la situation du pays, découlant d'années de politiques de droite défendues par les gouvernements successifs de ces partis.



Q : L'expérience a donné raison aux dénonciations du PCP sur ce qu'allait signifier l'adhésion à l'euro. Il y a des voix, des groupes qui voient dans la sortie de l'euro l'apocalypse, d'autres qui défendent l'idée d'une sortie immédiate de la monnaie unique. Le PCP a une position différente. Tu peux l'expliciter ?



L'entrée du Portugal dans la monnaie unique a contraint et fragilisé économiquement le pays. Le pays a perdu beaucoup avec l'entrée dans l'euro. Mais il peut perdre encore plus, que ce soit en y restant, ou dans un scénario de reconfiguration de la zone euro, imposé depuis l'extérieur, face aux évolutions de la crise qui, d'aucune manière, ne peuvent être mises de côté. Sortir de l'euro tout court, ce n'est pas revenir au point où nous y sommes rentrés. Et encore moins au point où nous serions si nous n'y étions pas rentrés. Si il est certain que la poursuite du cap actuel est absolument insoutenable, il est tout aussi clair que la sortie de l'euro peut être dans l'intérêt du peuple portugais ou peut, au contraire, être dans l'intérêt de ceux qui y ont gagné avec l'euro pendant toutes ces années et qui continuent à en profiter – ce sont des intérêts irrémédiablement antagonistes. Tout en nous prononçant clairement pour la dissolution de l'Union économique et monétaire, nous défendons également la mise en place d'un programme qui, articulé avec l'ensemble des pays atteints dans leur souveraineté et leur droit au développement par le maintien dans l'euro, prépare la sortie de la monnaie unique en accord avec les intérêts de ces pays et de leurs peuples. Dans un contexte où il est absolument clair qu'une chose serait une sortie de l'euro conduite par un gouvernement patriotique et de gauche, qui affirme le primat des intérêts nationaux dans les relations avec l'UE, qui protège les travailleurs et le peuple des inévitables coûts de la décision et profite pleinement des opportunités de développement qui s'ouvrent, et une autre, bien différente, serait une sortie conduite par les mêmes forces qui nous ont imposé d'innombrables, injustes et inutiles sacrifices au nom du « maintien dans l'euro ».



En pleine conscience du fait qu'il est décisif pour assurer le développement souverain et indépendant du pays, de réussir à concrétiser la lutte pour la rupture avec les politiques de droite et la construction d'une politique patriotique et de gauche, et l'affirmation claire du droit inaliénable du peuple portugais à faire prévaloir cet objectif sur quelque autre intérêt ou contrainte.



Q : Quelles sont les grandes lignes de la campagne du PCP pour les élections européennes du 25 mai ? Le combat contre l'abstention est-il une préoccupation ?



Dans ces élections, nous tous, communistes, autres militants de la CDU, nous allons être appelés à construire une campagne qui devra être simultanément de mobilisation pour le scrutin et d'explication sur la nécessité du renforcement de la CDU.



Une campagne que nous allons construire en nous ancrant dans le patrimoine militant du parti, dans notre histoire de défense intransigeante des intérêts du peuple et du pays, identifiant les raisons et l'importance du vote pour la CDU, de sa contribution pour la lutte plus générale dans la défense des droits des travailleurs et du peuple, de l'exigence d'une autre politique.



Et nous allons la construire avec la justesse et l'autorité singulières de ceux qui peuvent se présenter devant le peuple portugais avec la cohérence de leurs positions, ceux à qui l'expérience a donné et donne raison.



C'est pour cela que nous appelons tous ceux qui, touchés par les politiques de droite, luttent pour un pays plus juste et démocratique, pour qu'ils ne s'abstiennent pas. Pour qu'ils fassent également du jour du 25 mai, avec leur vote pour la CDU, un jour de lutte.



Et que, avec son vote, et non avec l'abstention, ils disent non aux partis de la « troika » nationale (les partis de droite traditionnels PSD, CDS mais aussi le PS). Qu'avec leur vote et non avec l'abstention, ils condamnent les agioteurs, les usuriers et l'oligarchie qui pompent le sang du peuple portugais. Qu'avec leur soutien et leur vote pour la CDU, ils disent oui au développement du Portugal. Qu'ils disent oui au droit des portugais à décider de leur sort.



Q : Si tu avais à présenter les raisons du soutien et du vote pour la CDU, comment les résumerais-tu ?



Se trouve entre les mains des travailleurs et du peuple portugais la construction de son propre avenir.



Dans les élections au Parlement européen, le renforcement de la CDU, de son nombre de votes, son influence et du nombre de députés, est un objectif possible et nécessaire.



Le vote pour la CDU est le seul qui puisse assurer la présence de députés au Parlement européen engagés dans les intérêts nationaux et la défense des travailleurs et du peuple.



Le vote pour la CDU est le seul cohérent et décisif pour condamner les politiques de droite du gouvernement et donner de la force à la lutte de ceux qui ne se résignent pas et luttent pour un Portugal plus juste, plus fraternel, plus démocratique et développé.



Le vote pour la CDU est le vote qui pèse pour regagner nos droits, nos salaires et nos retraites, rendre au pays les ressources qui lui ont été volées.



Un vote massif pour la CDU, ce 25 mai, pourra constituer un facteur essentiel du changement de cap dans la vie politique nationale, pour la démission du gouvernement actuel et la défaite de sa politique et pour donner de la force à une alternative politique, patriotique et de gauche.

 

Lundi 14 avril 2014 1 14 /04 /Avr /2014 06:49
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610px-Flag and map of Algeria.svgDéclaration des communistes algériens sur les élections présidentielles du 17 avril

 

 

Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Election présidentielle du 17 avril prochain:

 

Le combat des travailleurs et des masses populaires doit continuer sous toutes les formes:

- pour casser le verrouillage de la vie politique par le régime bourgeois en place

-pour un changement radical dans la voie du progrès et du socialisme

 

Cette élection ne règlera aucun des graves problèmes économiques, sociaux et politiques dans lesquels se débattent les masses populaires et le pays.

 

Ces problèmes sont l'expression des inégalités et des antagonismes engendrés par le régime capitaliste imposé depuis trente ans par les classes possédantes et affairistes dominantes et par leurs idéologues, parmi lesquels les courants obscurantistes qui ont manipulé la religion pour tromper le peuple. Sous l'ère politique de Bouteflika, ils se sont aggravés de façon spectaculaire: accaparement de la plus grande partie du revenu national par une minorité de riches et de barons du régime, corruption à une échelle massive, refus d'utiliser l'argent du pétrole pour relancer l'industrialisation et diktat d'une poignée de très gros importateurs, appauvrissement et chômage massif, emplois mal payés et sans avenir pour les jeunes, problèmes insolubles de logement pour les travailleurs, étouffement de la liberté d'organisation, de réunion et d'expression derrière une démocratie de façade faite sur mesure pour les classes possédantes, passivité du régime face aux ingérences impérialistes dans la région, etc.

 

Contrairement donc à ce qu'affirment mensongèrement les opposants dits "libéraux" à Bouteflika et à l'équipe qui dirige le pays, les blocages actuels ne sont pas liés au fait qu'un chef d'Etat invalide puisse continuer à présider le pays au mépris des aspirations démocratiques du peuple et des règles de fonctionnement les plus élémentaires de tout Etat.

 

Les couches laborieuses n'ont rien à attendre du régime, tant que l'Etat actuel demeure une machine au service de la bourgeoisie et de l'impérialisme. Avec Bouteflika ou avec n'importe quel autre défenseur du capitalisme, candidat ou non à cette élection présidentielle, l'exploitation de la classe ouvrière va se renforcer et la situation sociale des masses populaires va empirer. Les riches s'enrichiront encore plus et les pauvres seront encore plus pauvres, la dépendance du pays ne fera que s'aggraver.

 

Le pays continuera à s'enfoncer dans l'impasse tant que les travailleurs et les masses laborieuses n'auront pas réussi à instaurer un régime révolutionnaire en rupture radicale avec le capitalisme.

 

Les disputes publiques qui ont éclaté ces derniers mois entre des dignitaires du régime n'ont pas pour motif l'amélioration de la situation matérielle des travailleurs et de la petite paysannerie, la relance du développement, la réflexion sur les moyens de mobiliser démocratiquement les masses et en satisfaisant leurs revendications politiques et économiques pour faire face aux ingérences impérialistes.

 

La crise au sommet de l'Etat, les attaques menées contre l'équipe dirigeante par l'opposition ultra-libérale des Benbitour, Benflis, Djaballah, Sadi et compagnie, ont pour cause la bataille pour le partage et le repartage des richesses du pays entre les membres d'une minorité qui s'est enrichie grâce à la libéralisation du commerce extérieur, aux privatisations, au pillage des ressources du pays, à l'exploitation des travailleurs des villes et des campagnes, au détournement des revenus pétroliers, de l'argent des banques publiques.

 

Les bandes qui se battent entre elles dans les coulisses du régime, ou celles qui lui mènent la guerre dans l'opposition libérale, sont toutes d'accord pour maintenir le système capitaliste qui a mené le pays dans cette impasse et se mettre au service de l'impérialisme et de ses multinationales. Chacune d'entre elles s'adresse aux puissances impérialistes pour leur demander de les aider à renforcer ses positions dans l'Etat ou à s'en emparer afin assouvir plus complètement la soif d'enrichissement des couches sociales privilégiées. Les puissances impérialistes attisent leurs rivalités et font monter les enchères pour obtenir du régime ou de l'opposition "libérale" qu'ils s'engagent à accélérer l'application des "réformes" exigées par l' "économie de marché", c'est-à-dire à leur donner les gisements de pétrole et de gaz, à leur remettre les secteurs stratégiques et juteux de l'économie - Sonelgaz, télécommunications, distribution de l'eau, banques publiques, santé, etc. - à leur reconnaître la liberté totale de circulation des capitaux et d'exportation des profits, à diminuer ou même faire disparaître les impôts sur leurs profits, à augmenter le prix du gaz et de l'électricité, à supprimer toutes les barrières douanières, à leur permettre de prendre possession des terres, à rayer toutes les lois sociales qui protègent encore plus ou moins le travailleur et qui fixent le salaire minimum, les primes et les indemnités, etc. L'impérialisme veut des bases militaires et ne relâche pas ses pressions pour que l'armée algérienne devienne le gendarme de ses intérêts en Afrique.

 

C'est cela le vrai contenu des "réformes" sur lequel le régime et l'opposition ultra-libérale sont d'accord sans le reconnaître publiquement. Défenseurs du régime et opposition ultra-libérale se sont tous entendus pour que ces questions ne soient pas débattues devant le peuple à l'occasion de l'élection présidentielle. Ils ont détourné l'attention des citoyens sur des chicanes au sujet du 4ème mandat de Bouteflika, de sa capacité ou non à continuer à diriger le pays.

 

Le régime a tout fait depuis des années pour étouffer la voix des forces révolutionnaires qui défendent les intérêts des travailleurs et se battent pour une alternative socialiste. Il a tout fait pour les marginaliser, à l'aide de ses lois et règlements antidémocratique sur les partis, les associations, de l'interdiction des réunions publiques et des marches dans la rue. L'opposition ultra-libérale est par contre largement médiatisée par la presse privée bourgeoise et même publique. Elle est relayée à tout moment pour dénigrer les idées de progrès et vanter les bienfaits imaginaires d'un capitalisme qui, dans la pratique, a ravagé le pays.

 

En fait, ce qui distingue ces bandes rivales sur ces questions, en plus de la revendication des opposants à partager avec l'équipe dirigeante le monopole de la décision politique, c'est uniquement la question du rythme d'exécution des injonctions impérialistes. La plupart des dirigeants du régime veulent aller graduellement mais plus sûrement dans ce sens, escomptant qu'ils pourront de cette manière émietter la réaction populaire et la vaincre plus facilement en maniant avec ruse la carotte et le bâton, la distribution de petites miettes au peuple et la répression de ses éléments les plus combatifs. Les Benbitour, Benflis et compagnie, ainsi que des éditorialistes de la presse pro-impérialiste, veulent que les choses aillent plus vite parce qu'ils tablent sur le soutien des puissances impérialistes et sur leur capacité grâce à cela à mater la réaction du peuple sous le couvert d'un "Etat de droit" et d'une pseudo-légitimité que leur donneraient les urnes dans des élections soi-disant "démocratiques".

 

Le régime actuel est appuyé par toutes les couches sociales aisées, urbaines et paysannes, qui ont trouvé leur compte dans la libéralisation des importations et le développement des activités parasitaires dans le commerce, les services, l'immobilier et la spéculation sur les fruits et légumes, dans l'exploitation forcenée de la classe ouvrière. "La stabilité", grâce à la candidature de Bouteflika à un 4 ème mandat et malgré son invalidité, telle est la seule préoccupation de ces classes et couches sociales. L'essentiel pour elles est que leurs privilèges soient préservés même au mépris des formes démocratiques les plus élémentaires, et qu'une bonne entente soit assurée avec les pays impérialistes.

 

Cette candidature est le résultat des compromis que les différents clans du régime ont réalisé entre eux et avec les puissances impérialistes, USA et France. Pour le moment ces puissances collaborent avec lui étant donné qu'il favorise leurs intérêts stratégiques. La visite de John Kerry, à quelques jours seulement de cette élection s'inscrit dans les marchandages pour obtenir de nouvelles concessions du régime. Il n'en sortira rien de bon pour les travailleurs et les masses populaires.

 

Que faire le 17 avril prochain, avant et après?

 

Les cercles qui ont avalisé cette candidature vont mettre en route, comme d'habitude, leur appareil de fraude, d'intimidation, de promesses clientélistes et de corruption pour sa réélection.

 

Le verrouillage de la vie politique derrière la démocratie de façade provoque l'indifférence ou l'indignation de l'immense majorité de la population pour ces élections.

 

Le régime a tout fait pour que son plan réussisse même si la grande masse des électeurs va s'abstenir de voter en l'absence d'un parti révolutionnaire influent et de forces populaires capables de diriger leurs luttes pour une alternative démocratique et patriotique révolutionnaire. Mais cette fois-ci l'acuité de la crise politique va rendre encore plus précaires les résultats de ses manoeuvres.

 

Les travailleurs ne peuvent soutenir aucun des candidats en lice. Louisa Hanoune prétend depuis des années défendre leurs intérêts et leurs aspirations. En réalité elle s'est toujours employée à les tromper en leur faisant croire que Bouteflika est de leur côté mais que son entourage sabote sa politique. Personne ne peut oublier qu'elle a été une avocate acharnée des mouvements obscurantistes au moment où ils assassinaient les démocrates, les progressistes et les syndicalistes. Ses positions ont toujours bénéficié de l'appui des médias publics et privés.

 

Benflis a fait partie avant et après 1989, et y compris pendant un temps sous Bouteflika, de l'appareil d'Etat qui a appliqué les réformes anti-populaires et anti-nationales. Il s'est démasqué récemment par ses salutations à John Kerry et par sa lettre au patronat, dans laquelle il fait des promesses ultra-libérales sur la flexibilisation du travail et les baisses d'impôts. Les trois autres candidats, Belaïd, Rebaïne et Touati, sont des personnages fabriqués par la machine du régime pour contribuer au succès de la comédie.

 

Le régime souhaite un fort taux de participation pour donner un semblant de légitimité à son opération mais il le craint en même temps dans la mesure où des résultats non prévus dans ses plans pourraient compliquer ses manipulations.

 

L'opposition ultra-libérale et les courants obscurantistes ont appelé au boycott pour renforcer leurs arguments en faveur d'une intervention extérieure ou de l'armée en vue d'une prétendue "transition démocratique" dont ils cachent le contenu économique et social pour ne pas dévoiler publiquement leurs véritables objectifs.

 

L'Union Européenne a deux fers au feu. Elle a signifié au gouvernement son refus d'envoyer des observateurs à cette élection. Cela veut dire dans sa logique interventionniste impérialiste, qu'elle confirme son droit à s'ingérer dans les affaires du pays en fonction du rapport des forces qui se précisera après le 17 avril.

 

Dans ce contexte complexe, le moins mauvais des choix à faire est de voter nul pour à la fois dénoncer la manoeuvre du régime, contribuer à faire reculer les attentismes et transformer en action, même limitée, l'indignation spontanée des masses, se démarquer des partisans de l'intervention extérieure et d'une action interne de l'armée dont on ne sait rien sur ses auteurs éventuels et leurs objectifs.

 

Voter nul ne signifie nullement cautionner le régime.

 

Ce vote consiste pour l'électeur à glisser dans l'enveloppe un billet sur lequel il aura écrit des slogans qui expriment son indignation contre le régime bourgeois. En voici quelques exemples non limitatifs : "A bas le régime capitaliste despotique de Bouteflika et son opposition, tous à la solde de l'impérialisme ! Non à l'appauvrissement des travailleurs et des jeunes! L'argent du pétrole pour le développement! Pour un régime démocratique révolutionnaire du peuple! Vive le socialisme!" ou encore : "Mon vote  rejette tous les candidats. Il  signifie mon opposition au verrouillage politique qui empêche  la candidature d'un représentant des couches populaires exprimant mon aspiration à une rupture avec le capitalisme et pour un pouvoir populaire anti-impérialiste qui se battra pour le socialisme." etc. Ce sera le véritable vote des masses populaires.

 

Aujourd'hui, il faut faire l'effort pour exploiter cette marge politique et exprimer consciemment l'existence d'une opinion qui rejette le diktat et les calculs des forces anti-populaires et inféodées à l'impérialisme, que ce soit le régime en place ou les courants dits d'opposition qui le combattent.

 

Demain c'est mener des actions organisées de niveau plus élevé, grèves politiques générales, manifestations, etc., La lutte continue quels que soient les résultats de la mascarade électorale.

 

Poursuivons le combat pour des changements politiques, économiques et sociaux radicaux, pour l'avènement d'un régime démocratique populaire qui s'attaque aux positions de la bourgeoisie et des multinationale, contrôle les grands moyens de production, met fin aux inégalités sociales et à l'exploitation, satisfait les revendications et les besoins sociaux des travailleurs, de la petite paysannerie, des couches qui vivent de leur travail, en un mot un régime qui ouvre la voie à la révolution socialiste !

Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 13:37
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fidesz-jobbik.jpg Élections en Hongrie : la droite fascisante s'installe, les communistes persécutés résistent

 

Article JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les élections hongroises marquent une nouvelle étape dans la lente glissade d'un pays au cœur de l'Europe vers une forme de régime autoritaire, fascisant, tandis que les forces communistes, de gauche, réprimées tentent de résister.

 

Vingt-cinq après la contre-révolution en Hongrie, le processus touche à son terme : le discours sur la restauration de la liberté en 1989 cède place à la réalité d'un régime mêlant libéralisme économique, nationalisme revanchard raciste et anti-communiste, réhabilitation du fascisme.

 

Les élections du 6 avril 2014 étaient préparées par une loi électorale – avec redécoupages, scrutin majoritaire, atténuant encore le caractère démocratique du scrutin –, elles ont marqué une large victoire de la droite extrême.

 

Le FIDESZ tout-puissant : la « mise au pas » de la Hongrie

 

D'un côté, le « FIDESZ » (Alliance citoyenne hongroise) de Viktor Orban, obtient 44,5 %. Si le parti est en recul ( - 8,2 points), grâce à sa loi électorale taillée sur mesure pour cette échéance électorale, il obtient 133 des 200 sièges.

 

Il est loin le « FIDESZ » de 1989, chouchou des médias occidentaux, parti libéral orné de l'étiquette dissidente.

 

Déjà au pouvoir entre 1998 et 2002, Viktor Orban était alors vanté comme un modèle de la contre-révolution libérale à l'Est, sa politique mêlant atlantisme (entrée dans l'OTAN en 1999), européisme (début du processus d'intégration européenne) et ultra-libéralisme économique (baisse d'impôts et de cotisations pour les entreprises).

 

Après son retour en pouvoir en 2010, il est difficile de faire passer Orban pour un bon démocrate. Orban a entamé depuis la « mise au pas » du pays, qu'il masque derrière une rhétorique d'homme fort en lutte avec les grands pouvoirs, dont le FMI, l'UE pour restaurer la « Grande Hongrie ».

 

L'instauration d'un pouvoir autoritaire. C'est le point qui occupe les médias occidentaux, Viktor Orban a entamé depuis 2010 un processus de concentration de tous les pouvoirs entre ses mains et celles du « FIDESZ ».

 

Orban a ainsi instauré la mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire, une « loi sur les médias » qui installe une tutelle des hommes du FIDESZ sur les médias nationaux, tandis que le gouvernement a fait passer en force plus de 300 lois qui ont transformé le pays.

 

Dans le même temps, le discours d'Orban se centre sur la valorisation des « bons Hongrois », un populisme qui ne laisse guère de doute sur les « mauvais Hongrois », avec la double figure du juif puissant et du rom miséreux.

 

Le libéralisme économique malgré tout. Les médias occidentaux aiment à présenter Orban comme un interventionniste forcené. Certes il a pris quelques mesures populistes qui ont pu faire illusion, telle la « nationalisation » des fonds de pension, une mesure prise aussi par la Pologne.

 

Toutefois, Orban – en dépit de ces affrontements médiatisés avec le FMI – a continué le rouleau compresseur libéral :

 

casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale, relèvement de l'âge de départ à la retraite, réforme de l'éducation supérieure avec hausse des frais d'inscription, privatisation du secteur et suppression des bourses, entre autres.

 

Enfin, réécriture revancharde de l'histoire. Le gouvernement d'Orban œuvre à une véritable réhabilitation de la Hongrie de Miklos Horthy, dictateur fasciste de la Hongrie de 1920 à 1945, allié fidèle de Hitler pendant la Seconde guerre mondiale.

 

Orban a débaptisé les rues, places portant encore des noms de dirigeants communistes ou faisant référence à la Libération du pays par l'Armée rouge, tandis que des rues étaient rebaptisées, des statues étaient érigées en l'honneur de Horthy et de son régime fasciste.

 

C'est dans le cadre de cet esprit revanchard philo-fasciste et anti-communiste que le Parti communiste, ainsi que les symboles et l'idéologie communistes, ont été interdits l'an passé par le gouvernement. Sans que cela ne suscite de protestation européenne naturellement.

 

Le dirigeant hongrois joue de la nostalgie de la « Grande Hongrie », celle d'avant le traité du Trianon en 1920. Ce « pan-magyarisme » pousse Orban à réveiller le séparatisme des minorités hongroises de Roumanie, Slovaquie, cultiver un nationalisme ethnique dont Juifs et Roms sont exclus.

 

Orban a ainsi fait passer deux mesures symboliques. La première établissant un « Jour de l'unité nationale » pour commémorer le Traité du Trianon. La seconde accordant la citoyenneté à tout « Hongrois ethnique » situé hors des frontières hongroises.

 

Le JOBBIK à 20 % : le fascisme au plus haut en Hongrie

 

Le plus effrayant, c'est que cette droite fascisante d'Orban abrite une des extrême-droite les plus agressives et désormais puissantes d'Europe, en réalité alimentée non seulement par le discours du « FIDESZ » mais aussi par son soutien politique tacite.

 

« JOBBIK » (les « meilleurs ») a dépassé la barre des 20 % lors de ce scrutin, avec 20,54 % ( + 3,9 points), bien qu'ils n'aient gagné que 24 sièges, devenant toutefois le deuxième parti parlementaire du pays. En 2006, il ne représentait que 2,2 % des voix, en 2010, 16,6 %.

 

« JOBBIK » incarne une extrême-droite en ascension en Europe, aux références et à la pratique ouvertement fascistes. En effet, le parti nourrit la nostalgie du régime de Horthy, voue une haine farouche au communisme, ainsi qu'à la démocratie.

 

Cette formation ancre son nationalisme dans le projet « irrédentiste » d'un nationalisme ethnique, revenant sur le diktat du Trianon, nourrissant le rêve d'une « Grande Hongrie ».

 

Les ennemis de la nation sont alors d'un côté le rom, perçu comme une menace pour la sécurité et l'identité nationale, qu'il s'agit de séparer du reste de la population, de cantonner dans des « zones communautaires », des « pensionnats » réservés à ces populations.

 

De l'autre, le juif, qui devient la figure dévoyée de la domination capitaliste sur le peuple hongrois. Les diatribes du parti contre la finance apatride, les diktats européens, se nourrissent d'un anti-sémitisme latent dans la population hongroise, cultivé par les fascistes.

 

JOBBIK joue ainsi un rôle « national-populiste », qui canalise la colère populaire, en particulier dans les régions rurales, vers la solution fasciste. Il est frappant également de constater la porosité entre ses thèmes et ceux appliqués par la droite traditionnelle.

 

Comme le Front national en France dans des contextes bien différents, JOBBIK a essayé lors de scrutin de donner une image plus respectable, tout en concentrant désormais plus ses foudres sur les questions sociales que strictement raciales.

 

Le parti a remisé ses chevaux de bataille traditionnels – croisades homophobes, rétablissement de la peine de mort, restauration des valeurs chrétiennes – il a mis de côté ses sinistres milices (l'ancienne « Garde hongroise ») aux chemises noires, brassards aux croix médiévales, spécialistes de la « chasse aux roms ».

 

C'est désormais JOBBIK, aux yeux de millions de Hongrois dupés, qui incarne l'opposition à l'Union européenne, aux multi-nationales, à la paupérisation croissante de la population. C'est précisément le rôle que lui confie le FIDESZ et la classe dominante hongroise.

 

Vingt-cinq ans après la restauration capitaliste en Hongrie, il ne faut pas oublier que sur 10 millions d'habitants, 1,5 millions de personnes vivent avec moins de 200 € par mois, 4 millions avec moins de 250 €.

 

Face à une 'gauche' socialiste qui a capitulé …

 

des communistes persécutés en résistance, première force extra-parlementaire

 

Quand on parle de la gauche en Hongrie, il est difficile d'y inclure le Parti socialiste (PS), officiellement héritier du défunt Parti socialiste ouvrier hongrois qui a dirigé la Hongrie sous l'ère communiste.

 

Historiquement, le PS a été un défenseur plus acharné des privatisations, de l'austérité, ainsi que de l'intégration européenne et atlantique. Il a aussi connu été entaché de plusieurs scandales de corruption.

 

Or, au lieu d'incarner une résistance populaire, marquée à gauche, le PS lors de ce scrutin s'est encore recentré en s'alliant dans la coalition « Unité » avec le « Parti libéral hongrois » et la « Coalition démocratique » de l'ancien premier ministre libéral et corrompu Ferenc Gyurcsany.

 

« Unité » a obtenu 38 sièges (dont 29 pour le PS) et 26 % des voix.

 

Derrière les quatre partis qui auront une représentation parlementaire – le quatrième étant une sorte de parti écologiste, ancré ni à gauche ni à droite (ce que disent toujours les partis de droite!) –, le premier parti extra-parlementaire, ce sera le Parti communiste, rebaptisé « Parti des travailleurs de Hongrie » en 2013, après la loi interdisant le communisme.

 

Certes, les communistes restent très loin derrière les trois principaux partis, avec 0,6 % des voix, 40 000 voix. Cela constitue néanmoins une progression, puisque le parti n'avait réalisé que 0,1 % des voix en 2010, étant menacé alors d'extinction.

 

Le résultat est d'autant plus à signaler que les communistes agissent désormais dans une situation de semi-clandestinité, toute référence à leur idéologie, leur nom, leurs symboles étant désormais prohibés, alors que celles évoquant le passé fasciste de la Hongroie sont valorisées.

 

Dans la Hongrie de Orban, l'heure est à la résistance. Pour nous, communistes, progressistes français, cet exemple inquiétant nous incite à la vigilance.

Samedi 12 avril 2014 6 12 /04 /Avr /2014 07:24
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140410_dimitrov.jpgIl y a 80 ans, le procès de l’incendie du Reichstag et la libération de Dimitrov


Il y a 80 ans, fin février 1934, les nazis finissaient par libérer le dirigeant communiste international Georges Dimitrov et ses camarades bulgares.


Ils les avaient arrêtés et accusés de l’incendie du Reichstag qu’ils avaient eux-mêmes déclenché en janvier 1933 pour parachever leur prise du pouvoir. Ils avaient mis en scène un procès politique, un procès spectacle, destiné à frapper l’opinion publique internationale. Mais à la fin, ils n’ont pu faire autrement que d’acquitter les communistes.


Dans la gueule du loup, Dimitrov produit une défense extraordinaire, utilise tous les restes de légalité, le caractère public du procès. Il démonte l’accusation point par point. Il parvient à l’emporter en renversant le procès politique anticommuniste, en démasquant Goering et Goebbels, en détaillant l’action politique de l’organisation communiste que les fascistes et les capitalistes considèrent, avec raison, comme leur ennemi le plus irréductible.  

Nous reproduisons ci-dessous le dernier plaidoyer de Dimitrov devant le tribunal, le 16 décembre 1933 (d’après le sténogramme du procès).

 

Article repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net (depuis l'original : http://vivelepcf.fr/)

 


Dimitrov. – En vertu du paragraphe 258 du code de procédure criminelle, j’ai le droit de parler comme défenseur et comme accusé.


Le président. – Vous avez le droit de parler le dernier. Cela vous est accordé maintenant.


Dimitrov. – En vertu de ce code, j’ai le droit de discuter avec le ministère public et, ensuite, de faire une dernière déclaration.


Messieurs les juges, messieurs les accusateurs, messieurs les défenseurs, déjà, au début du procès, il y a trois mois de cela, j’ai adressé, en tant que prévenu, une lettre au président du tribunal. J’y exprimais mon regret de ce que mes interventions aient abouti à des conflits avec les juges. Mais je protestais résolument contre l’interprétation de ma conduite comme un abus prémédité de mon droit de poser des questions et de faire des déclarations aux fins de propagande. On conçoit qu’étant accusé bien qu’innocent, je cherche à me défendre contre de fausses accusations par tous les moyens dont je dispose.


Je reconnais, écrivais-je, que certaines questions n’ont pas été posées par moi de façon aussi juste du point de vue de l’opportunité et de la formulation que je l’aurais voulu. Mais cela ne s’explique que par mon ignorance du droit allemand. En outre, je suis pour la première fois de ma vie impliqué dans un pareil procès judiciaire. Si j’avais eu un défenseur de mon choix, j’aurais certainement pu éviter des incidents aussi fâcheux pour ma propre défense. J’avais nommé plusieurs avocats, Detchev, Moro-Giafferi, Campinchi, Torrès, Grigorov, Léo Gallagher (Amérique) et le docteur Lehmann (de Sarrebrück). Mais le tribunal d’Empire a repoussé sous divers prétextes, toutes mes propositions, les unes après les autres. Ce n’est pas que je nourrisse une méfiance personnelle à l’égard de M. le docteur Teichert, ni comme homme, ni comme avocat. Mais, dans l’état actuel des choses en Allemagne, je ne puis nourrir la confiance nécessaire envers Teichert dans son rôle de défenseur officiel. C’est pourquoi je m’efforce de me défendre moi-même, et il est évident qu’il m’arrive de commettre des irrégularités au point de vue juridique.


Dans l’intérêt de ma défense devant le tribunal, et aussi, comme je le crois, dans celui de la marche normale du procès, je m’adresse encore une fois – la dernière – à la Cour suprême, pour lui demander d’autoriser l’avocat Marcel Willard, à qui ma sœur a donné aujourd’hui pleins pouvoirs, à prendre part à ma défense. Si cette dernière proposition devait être, elle aussi, repoussée, il ne me resterait qu’à me défendre moi-même du mieux que je pourrai.


Cette proposition ayant été rejetée, j’ai décidé d’assumer moi-même ma défense. N’ayant besoin ni du miel, ni du venin de l’éloquence du défenseur qui m’a été imposé, je me suis défendu seul au long de ces débats.

Il est tout à fait clair que je ne me sens lié en aucune façon par la plaidoirie du docteur Teichert. Ce qui compte seul pour ma défense, c’est ce que j’ai déclaré jusqu’ici moi-même devant le tribunal, et ce que je vais déclarer tout de suite. Je ne voudrais pas offenser mon camarade de parti, Torgler – à mon avis, son défenseur l’a déjà bien assez malmené – mais je dois le dire explicitement : je préfère être condamné à mort, innocent, par le tribunal allemand qu’obtenir mon acquittement par une défense comme celle du docteur Sack au profit de Torgler.


Le président (interrompant Dimitrov). - Il ne vous appartient pas de faire des critiques de cette nature.


Dimitrov. – J’admets que je parle un langage rude et vif, mais ma lutte et ma vie l’ont été également.


Cependant, mon langage est sincère et franc. Je cherche à appeler les choses par leur nom. Je ne suis pas un avocat qui a l’obligation de défendre ici son client.


Je me défends moi-même comme un communiste accusé.


Je défends mon honneur politique, mon honneur de révolutionnaire.


Je défends mes idées, mes convictions communistes.


Je défends le sens et le contenu de ma vie.


Aussi bien chaque parole prononcée par moi devant le tribunal, c’est, pour ainsi dire, le sang de mon sang et la chair de ma chair. Chaque parole est l’expression de ma plus profonde indignation contre l’accusation injuste, contre le fait qu’un pareil crime anticommuniste soit attribué aux communistes.


On m’a souvent reproché de ne pas prendre au sérieux la Cour suprême allemande. C’est absolument injustifié.


Il est vrai que pour moi, communiste, la loi suprême est le programme de l’Internationale communiste, la Cour suprême la Commission de contrôle de l’Internationale communiste.


Mais pour moi, comme accusé, le tribunal suprême est une instance qu’il convient de considérer avec le maximum de sérieux, non seulement parce qu’il est composé de juges d’une haute qualification juridique, mais encore parce que ce tribunal est l’organisme juridique le plus important de l’Etat allemand, de l’ordre social régnant, instance qui peut en définitive condamner à la peine capitale. Je puis, la conscience tranquille, déclarer que, devant le tribunal et, par conséquent, aussi devant l’opinion publique, je n’ai dit que la vérité sur toutes choses. En ce qui concerne mon Parti, qui est réduit à l’illégalité, j’ai refusé d’apporter aucun témoignage quel qu’il soit. J’ai toujours parlé avec sérieux, avec ma conviction la plus profonde.


Le président. – Je ne tolérerai pas qu’ici, dans cette salle, vous vous adonniez à la propagande communiste. Vous l’avez fait tout le temps. Si vous continuez dans ce sens, je vous retirerai la parole.


Dimitrov. – Je dois protester résolument contre l’affirmation que j’ai poursuivi des fins de propagande. On peut estimer que ma défense devant le tribunal a eu une certaine action de propagande. J’admets aussi que ma conduite devant le tribunal puisse servir d’exemple à tout accusé communiste, mais ce n’était pas là le but de ma défense. Mon but consistait à réfuter l’accusation visant à faire croire que Dimitrov, Torgler, Popov et Tanev, le Parti communiste allemand et l’Internationale communiste ont un rapport quelconque avec l’incendie.


Je sais que personne en Bulgarie ne croit à notre prétendue complicité dans l’incendie du Reichstag. Je sais qu’à l’étranger, en général, il est peu probable qu’il se trouve des gens pour le croire. Mais en Allemagne les conditions sont différentes : ici on peut ajouter foi à ces étranges affirmations. C’est pourquoi j’ai voulu prouver que le Parti communiste n’a eu et n’a rien de commun avec la participation à ce crime.


Si l’on parle de propagande, bien des interventions, ici, ont revêtu ce caractère. Les discours de Goebbels et de Goering ont également exercé une propagande indirecte en faveur du communisme, mais personne ne peut les rendre responsables de ce que leurs interventions ont eu un tel effet de propagande (mouvement et rires dans la salle).


Non seulement la presse m’a diffamé de toutes les manières, – ce qui m’est totalement indifférent, – mais à travers moi on a qualifié le peuple bulgare de « sauvage » et de « barbare » ; on m’a qualifié d’ « individu balkanique suspect », de « sauvage Bulgare », et je ne saurais passer cela sous silence.


Il est vrai que le fascisme bulgare est sauvage et barbare. Mais la classe ouvrière et la paysannerie de Bulgarie, les intellectuels du peuple bulgare ne sont ni des barbares ni des sauvages. Le niveau des conditions matérielles dans les Balkans est certainement moins élevé que dans les autres pays d’Europe; mais, au point de vue intellectuel et politique, il est faux de dire que nos masses populaires sont à un niveau inférieur à celui des masses des autres pays européens. Notre lutte politique, nos aspirations politiques en Bulgarie ne sont pas inférieures à celles des autres pays. Un peuple qui pendant cinq cents ans a vécu sous le joug étranger sans perdre sa langue et sa nationalité, un peuple d’ouvriers et de paysans qui a lutté et continue à lutter contre le fascisme bulgare, n’est ni barbare, ni sauvage. Les barbares et les sauvages en Bulgarie, ce sont uniquement les fascistes.


Mais je vous le demande, monsieur le président, dans quel pays les fascistes ne sont-ils ni des barbares, ni des sauvages ?


Le président (interrompant Dimitrov). - Ne faites-vous pas allusion à la situation en Allemagne ?


Dimitrov (avec un sourire ironique). - Evidemment non, monsieur le Président…


A l’époque où l’empereur d’Allemagne Charles-Quint disait qu’il ne parlait l’allemand qu’à son cheval, et où les nobles allemands et les hommes instruits n’écrivaient que le latin et avaient honte de la langue maternelle, dans la « barbare » Bulgarie, Cyrille et Méthode avaient créé et diffusé l’ancienne écriture bulgare.


Le peuple bulgare a lutté de toutes ses forces et de toute sa ténacité contre le joug étranger. Aussi bien je proteste contre les attaques dont le peuple bulgare est l’objet. Je n’ai pas à rougir d’être un Bulgare, je suis fier d’être un fils de la classe ouvrière bulgare.


Avant d’en venir à la question essentielle, je dois marquer ceci : le docteur Teichert nous a reproché de nous être nous-mêmes placés dans la situation d’inculpés de l’incendie du Reichstag. A cela je dois répondre que, depuis le 9 mars, jour de notre arrestation, jusqu’au début de ce procès, il s’est écoulé bien du temps ; pendant cette période on aurait pu éclaircir tous les points éveillant des soupçons. Au cours de l’instruction, j’ai parlé à des fonctionnaires de la commission d’enquête sur l’incendie du Reichstag; ces fonctionnaires m’ont déclaré que nous, les Bulgares, ne sommes pas coupables de complicité dans ce crime. On ne devait que nous imputer d’avoir vécu avec de faux passeports, sous des noms d’emprunts, sans nous être faits enregistrer, etc.


Le président. – Ce dont vous parlez maintenant n’a pas été débattu au procès; par conséquent, vous n’avez pas le droit d’en parler ici.


Dimitrov. – Monsieur le Président, on aurait dû pendant ce temps vérifier toutes les données pour nous éviter en temps opportun cette accusation. L’acte d’accusation porte que « Dimitrov, Popov et Tanev affirment être des émigrés bulgares. Cependant, on doit tenir pour prouvé qu’ils séjournaient en Allemagne aux fins d’action politique illégale ». Ils sont, est-il dit dans l’acte d’accusation, « envoyés par Moscou en Allemagne chargés de préparer une insurrection armée ».


A la page 83 de l’acte d’accusation, il est dit : « Bien que Dimitrov ait déclaré avoir été absent de Berlin du 25 au 28 février, cela ne change rien, cela ne le dégage pas, lui, Dimitrov, de l’accusation de participation à l’incendie du Reichstag. » Cela ressort, – est-il dit plus loin dans l’acte d’accusation, – non seulement des dépositions de Hellmer, d’autres faits témoignent également que…


Le président. – Vous ne devez pas lire ici tout l’acte d’accusation, nous le connaissons parfaitement.


Dimitrov. – Je dois dire que les trois quarts de tout ce qu’ont dit au procès le procureur et les défenseurs, est depuis longtemps connu de tout le monde et cependant ils l’ont répété ici (mouvement et rires dans la salle). Hellmer a témoigné que Dimitrov et Van der Lübbe se trouvaient au restaurant Bayernhof. Plus loin je lis dans l’acte d’accusation :


Si Dimitrov n’a pas été pris sur le lieu du crime, il n’en a pas moins participé à la préparation de l’incendie du Reichstag. Il s’était rendu à Munich pour se ménager un alibi. Les brochures trouvées chez Dimitrov montrent qu’il participait au mouvement communiste d’Allemagne.


Telle est la base de cette accusation hâtive, qui s’est avérée une fausse-couche.


Le président (interrompant Dimitrov). - Vous ne devez pas employer de ces expressions irrespectueuses en parlant de l’accusation.


Dimitrov. – Je tâcherai de trouver d’autres expressions.


Le président. – Mais pas aussi inadmissibles.


Dimitrov. – Je reviendrai aux méthodes d’accusation et à l’accusation, à un autre point de vue.


Le caractère de ce procès avait été déterminé par cette thèse que l’incendie du Reichstag est l’œuvre du Parti communiste d’Allemagne, de l’Internationale communiste. Cet acte anticommuniste – l’incendie du Reichstag – a été attribué aux communistes, comme devant proclamer le signal de l’insurrection communiste, le signal du renversement de la Constitution allemande actuelle. A l’aide de cette thèse on a conféré à tout le procès un caractère anticommuniste. L’accusation porte :


L’accusation s’en tient au point de vue que cet attentat criminel devait servir d’appel, de signal aux ennemis de l’Etat, qui voulaient déclencher ensuite l’attaque générale contre l’Etat allemand pour l’anéantir sur l’ordre de la IIIe Internationale et ériger à sa place la dictature du prolétariat, un Etat soviétique.


Messieurs les juges ! Ce n’est pas la première fois que semblable attentat est attribué aux communistes. Je ne peux citer ici tous les exemples de ce genre. Je rappelle l’attentat sur le chemin de fer ici, en Allemagne, près de Juterborg, attentat commis par un aventurier anormal, un provocateur. A ce moment, non seulement en Allemagne mais aussi dans les autres pays, on a, des semaines durant, accrédité le bruit que c’était là l’œuvre du Parti communiste allemand, que c’était un acte de terrorisme des communistes. Plus tard on apprit que cela avait été fait par le fou, l’aventurier Matuchka. Celui-ci a été arrêté et condamné.


Et voici un autre exemple, l’assassinat du président de la République française par Gorgoulov. Là aussi, on écrivit dans tous les pays qu’on y voyait la main des communistes. Gorgoulov était représenté comme un communiste, un agent soviétique. Qu’elle était la vérité ? Cet attentat s’est trouvé être organisé par les gardes blancs, et Gorgoulov s’est avéré un provocateur qui voulait obtenir la rupture des relations entre l’Union soviétique et la France.


Je rappellerai aussi la tentative de faire sauter la cathédrale de Sofia. Cet attentat n’avait pas été organisé par le Parti communiste bulgare, mais ce dernier n’en a pas moins été l’objet de poursuites. Deux mille ouvriers, paysans et intellectuels furent sauvagement assassinés par les bandes fascistes sous le prétexte que les communistes avaient fait sauter la cathédrale. Cette provocation, l’explosion à la cathédrale de Sofia, avait été organisée par la police bulgare. Déjà en 1920, le chef de la police de Sofia, Proutkine, avait organisé pendant la grève des cheminots des attentats à l’aide de bombes, comme moyen de provocation contre les ouvriers bulgares.


Le président (interrompant Dimitrov). - Cela n’a rien à voir avec ce procès.


Dimitrov. – Le fonctionnaire de police Heller a parlé ici de la propagande communiste des incendies, etc. Je lui ai demandé s’il ne connaissait pas des cas où des incendies, allumés par des entrepreneurs pour toucher le montant de l’assurance, avaient été ensuite imputés aux communistes. Le Völkischer Beobachter du 5 octobre a écrit que la police de Stettin…


Le président. – Cet article n’a pas été présenté au procès. (Dimitrov tente de continuer.)


Le président. – Je vous interdis d’en parler ici, du moment que ce fait n’a pas été mentionné au procès.

Dimitrov. – Toute une série d’incendies…


Le président interrompt de nouveau Dimitrov.


Dimitrov. – On en a parlé à l’instruction, parce que toute une série d’incendies ont été imputés aux communistes. Par la suite, il s’est avéré que les propriétaires des immeubles les avaient allumés « pour donner du travail ! ». Je voudrais également traiter un instant de la question des faux documents. Il existe un grand nombre de faux qui ont été utilisés contre la classe ouvrière. Ces exemples sont nombreux. Je rappellerai par exemple la fameuse lettre de Zinoviev. Cette lettre n’avait jamais été écrite par Zinoviev. On l’avait fabriquée. Et ce faux fut utilisé par les conservateurs anglais contre la classe ouvrière. Je rappellerai une série de faux qui ont joué un rôle dans la politique allemande.


Le président. – Cela sort du cadre de ces débats.


Dimitrov. – On a affirmé ici que l’incendie du Reichstag devait servir de signal à une insurrection armée. Et on a cherché à fonder cette affirmation comme suit :


Goering a déclaré ici, au procès, que le Parti communiste allemand, au moment où Hitler a accédé au pouvoir, était obligé d’exciter l’effervescence des masses et d’entreprendre une action violente quelconque. Il a dit : « Les communistes étaient obligés de faire quelque chose – alors ou jamais ! » Il a affirmé que le Parti communiste avait depuis de longues années déjà appelé à la lutte contre le national-socialisme et que pour le Parti communiste allemand, au moment où les nationaux-socialistes accédaient au pouvoir, il ne restait rien d’autre à faire que de déclencher l’action – maintenant ou jamais. Le procureur général a essayé ici de formuler la même thèse de façon plus claire et plus ingénieuse.


Le président. – Je ne permettrai pas que vous offensiez le procureur général.


Dimitrov. – Ce que Goering a affirmé en qualité d’accusateur suprême, le procureur général l’a développé ici. Le procureur général, le docteur Werner, a dit :


Le Parti communiste se trouvait dans cette situation qu’il devait ou céder sans livrer combat ou accepter le combat, même si les préparatifs n’avaient pas été achevés. C’était la seule chance qui restait au Parti communiste dans les conditions données. Ou bien renoncer sans coup férir à son but, ou bien se décider à un acte risqué, jouer son va-tout, ce qui aurait pu modifier la situation en sa faveur. L’affaire pouvait avorter, mais alors la situation n’aurait pas été plus mauvaise que si le Parti communiste avait reculé sans se battre.


La thèse, formulée ainsi et attribuée au Parti communiste, n’est pas une thèse communiste. Cette supposition montre que les ennemis du Parti communiste allemand le connaissent mal. Qui veut bien combattre son adversaire, doit bien le connaître. Interdire le Parti, dissoudre les organisations de masse, perdre la légalité, ce sont là évidemment des coups sérieux portés au mouvement révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas encore, il s’en faut de beaucoup, que de ce fait tout soit perdu.


En février 1933 le Parti communiste était menacé d’interdiction. La presse communiste était interdite, l’interdiction du Parti communiste était imminente. Le Parti communiste allemand s’y attendait. On en parlait dans les tracts, dans les journaux. Le Parti communiste allemand savait bien que les Partis communistes sont interdits dans nombre de pays, mais qu’ils n’en continuent pas moins à travailler et à combattre. Les Partis communistes sont interdits en Pologne, en Bulgarie, en Italie et dans certains autres pays.


Je veux en parler, fort de l’expérience du Parti communiste bulgare. Ce dernier avait été interdit à la suite de l’insurrection de 1923, mais il continuait de travailler et, bien que cela lui ait coûté de nombreuses victimes, il est devenu plus fort qu’avant 1923. Cela tout homme doué d’esprit critique comprend l’importance de ce phénomène.


Le Parti communiste allemand même illégal peut, la situation s’y prêtant, accomplir la révolution. L’expérience du Parti communiste russe le prouve. Le Parti communiste russe était illégal, il subissait de sanglantes persécutions, mais la classe ouvrière, le Parti communiste en tête, a conquis le pouvoir. Les dirigeants du Parti communiste allemand ne pouvaient tenir ce raisonnement : devant l’interdiction de leur Parti tout était perdu et : l’alternative se posait : ou bien l’insurrection, ou bien la fin. La direction du Parti communiste ne pouvait avoir une idée aussi stupide. Le Parti communiste savait pertinemment que le travail illégal coûterait de lourds sacrifices et exigerait de l’abnégation et du courage, mais il savait aussi que ses forces révolutionnaires se consolideraient et qu’il serait capable de réaliser les tâches qui lui incombent. Aussi la supposition que le Parti communiste allemand ait voulu dans cette période, jouer son va-tout, doit être absolument exclue. Par bonheur, les communistes n’ont pas la vue aussi courte que leurs adversaires, et ils ne perdent pas la tête dans les situations difficiles.


Il convient d’ajouter à cela que le Parti communiste allemand et les autres Partis communistes sont des sections de l’Internationale communiste. Qu’est-ce que l’Internationale communiste ? Je me permettrai de citer un passage de ses statuts. Je cite ici le premier paragraphe :


L’Internationale communiste, Association internationale des travailleurs, est l’organisation des Partis communistes des différents pays en un Parti communiste unique mondial. Guide et organisateur du mouvement révolutionnaire mondial du prolétariat, champion des principes et des buts du communisme, l’Internationale communiste lutte pour la conquête de la majorité de la classe ouvrière et des grandes couches de paysans pauvres, pour les principes et les buts du communisme, pour l’instauration de la dictature mondiale du prolétariat, pour la création d’une Fédération mondiale des Républiques socialistes soviétique, pour l’abolition complète des classes et la réalisation du socialisme, première étape de la société communiste. (Programme de l’Internationale communiste, suivi des Statuts de l’I.C., p. 79. (N.R.).)


Dans ce parti mondial de l’Internationale communiste, comptant des millions de travailleurs, le Parti communiste de l’Union soviétique est le plus fort Parti. Il est le Parti dirigeant de l’Union soviétique, le plus grand Etat du monde. L’Internationale communiste, ce Parti communiste mondial, analyse la situation politique de concert avec la direction des Partis communistes de tous les pays.


L’Internationale communiste devant laquelle toutes les sections sont directement responsables, n’est pas une organisation de conspirateurs, mais un parti mondial. Un tel Parti mondial ne joue pas aux soulèvements et à la révolution. Un tel Parti mondial ne peut dire officiellement à des millions de membres une chose, et en même temps faire secrètement le contraire. Un tel Parti, mon excellent docteur Sack, ignore la comptabilité en partie double !


Docteur Sack. – Parfait, continuez votre propagande communiste !


Dimitrov. – Un tel Parti, quand il s’adresse aux millions de prolétaires, quand il prend ses décisions sur la tactique et les tâches immédiates, le fait sérieusement, avec la pleine conscience de sa responsabilité. Je citerai ici la décision de la XIIe assemblée plénière du Comité exécutif de l’Internationale communiste. Comme ces décisions ont été mentionnées au procès, j’ai le droit d’en donner lecture.


Conformément à ces décisions, la tâche essentielle du Parti communiste allemand consistait à mobiliser les millions de travailleurs pour la défense de leurs intérêts vitaux, contre leur pillage féroce par le capital monopoliste, contre le fascisme, contre les décrets-lois, contre le nationalisme et le chauvinisme, en luttant pour l’internationalisme prolétarien, en développant les grèves économiques et politiques, les manifestations et en amenant les masses à la grève politique générale ; gagner les masses principales de la social-démocratie, liquider résolument les faiblesses du mouvement syndical. Le principal mot d’ordre que le Parti communiste allemand doit opposer à celui de la dictature fasciste (« le troisième Reich »), de même qu’au mot d’ordre du Parti social-démocrate (« la deuxième République »), doit être : la République ouvrière et paysanne, c’est-à-dire de l’Allemagne socialiste, soviétique, assurant aussi la possibilité du rattachement volontaire des peuples d’Autriche et des autres régions allemandes. (Thèses, décisions, résolutions de la XIIe assemblée plénière du Comité exécutif de l’Internationale communiste. Bureau d’Editions, Paris, 1933, p. 15 (N.R.).)


Travail de masse, lutte de masse, résistance de masse, front unique, point d’aventures ! Voilà les bases de la tactique communiste.


On a trouvé chez moi, un appel du Comité exécutif de l’Internationale communiste. J’estime que l’on peut également le citer. Deux points sont particulièrement importants dans cet appel. Ainsi, on y parle des démonstrations qui se déroulent dans différents pays en liaison avec les événements d’Allemagne. On y parle des tâches du Parti communiste dans sa lutte contre la terreur national-socialiste, ainsi que pour la défense des organisations et de la presse de la classe ouvrière. Il est dit, entre autres, dans cet appel :


Le principal obstacle dans la voie de la réalisation du front unique de lutte des ouvriers communistes et social-démocrates, a été et reste la politique de collaboration avec la bourgeoisie, suivie par les partis social-démocrates, qui actuellement ont amené et exposé le prolétariat international aux coups de l’ennemi de classe. Cette politique de collaboration avec la bourgeoisie, connue sous le nom de politique dite du « moindre mal », a, en fait, amené en Allemagne le triomphe de la réaction fasciste.


L’Internationale communiste et les Partis communistes de tous les pays ont plus d’une fois affirmé leur volonté de lutter en commun avec les ouvriers social-démocrates contre l’offensive du Capital, la réaction politique et la menace de guerre. Les Partis communistes ont été les organisateurs de la lutte commune des ouvriers communistes, social-démocrates qui brisaient systématiquement le front unique des masses ouvrières. Déjà le 20 juillet de l’année dernière le Parti communiste allemand, après l’effondrement du gouvernement social-démocrate prussien Von Papen, adressait au parti social-démocrate et à la Centrale syndicale d’Allemagne, la proposition d’organiser une grève commune contre le fascisme. Mais le parti social-démocrate et la Centrale syndicale d’Allemagne, avec l’approbation de toute la IIe Internationale, qualifièrent cette proposition d’organiser la grève commune, de provocation. Le Parti communiste allemand renouvela sa proposition d’action commune au moment où Hitler accédait au pouvoir, invitant le Comité central du parti social-démocrate et la direction de la Centrale syndicale allemande à organiser en commun la résistance au fascisme. Mais cette fois encore, sa proposition fut repoussée.


Bien plus, lorsqu’en novembre de l’an dernier les travailleurs des transports berlinois se mirent unanimement en grève contre la réduction des salaires, la social-démocratie torpilla le front unique de lutte. La pratique du mouvement ouvrier international est pleine d’exemples analogues.


Cependant l’appel du Bureau de l’Internationale ouvrière socialiste du 19 février de cette année, contient la déclaration des partis social-démocrates, affiliés à cette Internationale, affirmant leur volonté d’établir le front unique avec les communistes pour la lutte contre la réaction fasciste en Allemagne. Cette déclaration est en contradiction flagrante avec tous les actes de l’Internationale socialiste et des partis social-démocrates, jusqu’à ce jour. Toute la politique et l’activité de l’Internationale socialiste jusqu’à présent donnent à l’Internationale ouvrière et aux partis communistes le droit de ne pas croire à la sincérité de la déclaration du Bureau de l’Internationale ouvrière socialiste, lequel fait cette proposition au moment où, dans toute une série de pays, en Allemagne avant tout, la classe ouvrière elle-même prend déjà l’organisation du front unique de lutte dans ses propres mains.


Néanmoins, en présence du fascisme qui attaque la classe ouvrière d’Allemagne et dénoue toutes les forces de la réaction mondiale, le Comité exécutif de l’Internationale communiste appelle tous les Partis communistes à faire encore une tentative pour établir le front unique avec les masses ouvrières social-démocrates par l’intermédiaire des partis social-démocrates. Le Comité exécutif de l’Internationale communiste fait cette tentative dans la ferme conviction que le front unique de la classe ouvrière contre la bourgeoisie repousserait l’offensive du Capital et du fascisme et accélérerait grandement la fin inévitable de toute l’exploitation capitaliste.


Etant donné les conditions particulières de chaque pays et la diversité des tâches concrètes de lutte qui se posent devant la classe ouvrière dans chacun d’eux, l’accord entre les Partis communistes et les partis social-démocrates en vue d’actions déterminées contre la bourgeoisie, peut être réalisé avec le plus de succès dans le cadre de chaque pays. Aussi le Comité exécutif de l’Internationale communiste recommande-t-il aux partis social-démocrates adhérants à l’Internationale socialiste, l’action commune contre le fascisme et l’offensive du Capital. Ces pourparlers doivent avoir pour base les conditions élémentaires de la lutte commune contre l’offensive du Capital et du fascisme. Sans un programme concret d’action contre la bourgeoisie, tout accord entre les partis serait dirigé contre les intérêts de la classe ouvrière…


Devant l’ensemble de la classe ouvrière internationale, le Comité exécutif de l’Internationale communiste formule ces propositions et appelle tous les Partis communistes, le Parti communiste d’Allemagne en premier lieu, sans attendre le résultat des pourparlers et des accords sur la lutte commune avec la social-démocratie, à procéder immédiatement à l’organisation de comités de lutte communs, tant avec les ouvriers social-démocrates qu’avec les ouvriers de toutes les autres tendances. Les communistes ont démontré par leur lutte de longues années qu’ils ont été et seront toujours aux premiers rangs de la lutte pour le front unique non en paroles mais en fait, dans les actions de classe contre la bourgeoisie.


Le Comité exécutif de l’Internationale communiste est fermement convaincu que les ouvriers social-démocrates et sans-parti, indépendamment de l’attitude que les chefs de la social-démocratie observent à l’égard de la création du front unique, surmonteront tous les obstacles et réaliseront, en commun avec les communistes, le front unique non en paroles mais en fait. Maintenant surtout que le fascisme allemand a organisé, en vue d’écraser le mouvement ouvrier d’Allemagne, une provocation inouïe (l’incendie du Reichstag, faux relatif à l’insurrection, etc.), chaque ouvrier doit comprendre son devoir de classe dans la lutte contre l’offensive du Capital et de la réaction fasciste.


Cet appel ne dit rien d’une lutte immédiate pour la prise du pouvoir. Cette tâche n’a été posée ni par le Parti communiste allemand, ni par l’Internationale communiste. Il est naturellement vrai que l’appel de l’Internationale communiste n’écarte pas la possibilité d’une insurrection armée. Le tribunal en a faussement conclu que dès l’instant où le Parti communiste se propose comme but une insurrection armée, c’est donc que cette insurrection était préparée en fait et devait immédiatement éclater. Cela est illogique, inexact, pour ne pas dire plus. Oui, bien entendu, lutter pour la dictature du prolétariat est la tâche des Partis communistes du monde entier. C’est notre principe, c’est notre but. Mais c’est là un programme précis, pour la réalisation duquel sont nécessaires non seulement les forces de la classe ouvrière, mais encore des autres couches de travailleurs.


Que le Parti communiste allemand ait été pour la révolution prolétarienne, tout le monde le sait. Mais ce n’est point là la question qui doit être résolue à ce procès. La question est de savoir si réellement une insurrection armée avait été fixée au 27 février pour la prise du pouvoir, en liaison avec l’incendie du Reichstag.


Qu’est-il résulté de l’instruction judiciaire, messieurs les juges ? La légende visant à faire croire que l’incendie du Reichstag était l’œuvre des communistes, s’est effondrée complètement. Je ne vais pas citer les témoignages apportés, ainsi que l’ont fait les autres défenseurs. Mais cette question peut être considérée comme entièrement élucidée pour tout homme au jugement normal. L’incendie du Reichstag ne se trouve en aucune liaison avec l’activité du Parti communiste, non seulement avec une insurrection, mais avec une démonstration, une grève ou tout autre action de ce genre. Ceci a été parfaitement prouvé par l’instruction. L’incendie du Reichstag – je ne parle pas des affirmations de malfaiteurs et d’anormaux, – n’a été compris par personne comme le signal de l’insurrection. Personne n’a remarqué, en liaison avec l’incendie du Reichstag, aucun acte, action ou tentative d’insurrection. Personne n’avait alors rien entendu à ce sujet. Tous les racontars sur ce point se rattachent à une période beaucoup plus récente. La classe ouvrière se trouvait alors en état de défensive contre l’attaque du fascisme. Le Parti communiste allemand s’efforçait d’organiser la résistance des masses, leur défensive. Mais il a été démontré que l’incendie du Reichstag a fourni le prétexte, a été le prélude d’une campagne destructrice largement conçue contre la classe ouvrière et son avant-garde, le Parti communiste. Il a été irréfutablement prouvé que les représentants responsables du gouvernement n’avaient même pas songé les 27 et 28 février que l’insurrection communiste était imminente.


J’ai posé à ce sujet nombre de questions aux témoins cités ici. J’ai interrogé tout d’abord Heller, le fameux Karwahne (rire dans la salle), Frey, le comte Heldorf, les fonctionnaires de police. Malgré les différentes variantes, tous m’ont répondu qu’ils n’avaient pas entendu dire qu’une insurrection communiste dût éclater. Cela signifie que les milieux dirigeants n’avaient pris absolument aucune mesure contre la possibilité d’une telle insurrection.


Le président. – Pourtant, le tribunal a reçu communication du chef du département occidental de la police sur ce point.


Dimitrov. – Le chef du département occidental de la police, dans sa communication, rapporte que Goering l’avait mandé auprès de lui et lui avait donné des instructions verbales sur la lutte contre les réunions communistes, grèves, démonstrations, campagne électorale, etc. Mais, même cette communication ne dit pas que des mesures avaient été prises contre l’insurrection communiste imminente. Hier, l’avocat Seifert a également parlé de cela. Il a fait cette conclusion que personne dans les milieux dirigeants ne s’attendait à une insurrection à ce moment. Seifert se référait à Goebbels, indiquant que ce dernier n’avait pas tout d’abord ajouté foi à la nouvelle de l’incendie du Reichstag. En a-t-il été ainsi ? C’est là une autre question.


A cet égard, une preuve est également fournie par le décret-loi du gouvernement allemand, en date du 28 février 1933. Ce décret fut promulgué aussitôt après l’incendie. Lisez-le. Que dit-il ? Il y est dit que tels ou tels articles de la constitution sont supprimés, à savoir les articles concernant la liberté d’organisation, la liberté de la presse, l’inviolabilité de la personne, l’inviolabilité du domicile, etc. C’est là le fond du décret-loi, de son deuxième paragraphe. L’offensive contre la classe ouvrière…


Le président. – Pas contre les ouvriers, mais contre les communistes…


Dimitrov. – Je dois dire qu’en vertu de ce décret-loi on arrêta non seulement des communistes, mais aussi des ouvriers social-démocrates et chrétiens, on interdit leurs organisations. Je voudrais souligner que ce décret-loi était dirigé non seulement contre le Parti communiste allemand, – quoique, bien entendu, avant tout, contre ce dernier, – mais aussi contre les autres partis et groupes d’opposition. Cette loi était nécessaire pour instaurer le régime d’exception, elle est directement, organiquement, liée à l’incendie du Reichstag.


Le président. – Si vous continuez à attaquer le gouvernement allemand, je vous retirerai la parole,


Dimitrov. – Dans ce procès, une question n’a pas du tout été éclaircie.


Le président. – En parlant vous devez vous adresser aux juges, et non à la salle, autrement votre discours peut être considéré comme de la propagande.


Dimitrov. – Une question n’a pas été éclaircie, ni par le ministère public, ni par la défense. Je ne m’étonne pas qu’ils n’aient pas jugé cela indispensable. Ils redoutent beaucoup cette question. C’est la question de savoir quelle était la situation politique en Allemagne en février 1933. Je dois m’arrêter sur ce point. Fin février, la situation politique était telle qu’à l’intérieur du camp du front national la lutte se livrait…


Le président. – Vous vous engagez sur un terrain, que je vous ai déjà interdit plus d’une fois.


Dimitrov. – Je tiens à rappeler la proposition que j’ai faite au tribunal, de citer des témoins tels que Schleicher, Brüning, Papen, Hugenberg, vice-président du Casque d’Acier, Duesterberg, etc.


Le président. – Mais la Cour a refusé de faire comparaître ces témoins. Aussi ne devez-vous pas vous y arrêter.


Dimitrov. – Je le sais et, de plus, j’en connais la raison.


Le président. – Il m’est désagréable de vous interrompre sans cesse pendant votre dernière intervention, mais vous devez vous conformer à mes injonctions.


Dimitrov. – Cette lutte intérieure dans le camp national se poursuivait en liaison avec la lutte menée dans les coulisses entre les dirigeants de l’économie allemande. La lutte se poursuivait entre les milieux de Thyssen et Krupp (industrie de guerre), qui ont financé des années durant le mouvement national-socialiste, et leurs concurrents qui devaient être refoulés au second plan.


Thyssen et Krupp voulaient établir dans le pays une dictature politique, une domination absolue, sous leur direction personnelle ; à cet effet, il fallait écraser le prolétariat révolutionnaire. Le Parti communiste s’efforçait, dans cette période, de créer le front unique pour rassembler toutes les forces en vue de résister aux tentatives des nationaux-socialistes pour anéantir le mouvement ouvrier. Une partie des ouvriers social-démocrates sentaient la nécessité du front unique de la classe ouvrière. Ils s’en rendaient compte. Des milliers d’ouvriers social-démocrates rejoignirent les rangs du Parti communiste allemand. Mais, en février et mars, la tâche consistant à établir le front unique ne signifiait nullement l’insurrection ni sa préparation, mais seulement la mobilisation de la classe ouvrière contre la campagne spoliatrice des capitalistes et contre la violence des nationaux-socialistes.


Le président (interrompant Dimitrov). - Vous avez toujours souligné que vous vous intéressez uniquement à la situation politique en Bulgarie ; or vos développements de tout à l’heure prouvent que vous avez manifesté un très grand intérêt pour les questions politiques d’Allemagne.


Dimitrov. – Monsieur le Président, vous m’adressez un reproche. A cela je ne puis que vous répondre ceci : comme révolutionnaire bulgare je m’intéresse au mouvement révolutionnaire de tous les pays. Je m’intéresse, par exemple, aux questions politiques sud-américaines, et je les connais peut-être aussi bien que les questions allemandes, bien que n’ayant jamais été en Amérique. Au reste, cela ne veut point dire que si en Amérique du Sud, le siège de quelque Parlement vient à brûler, ce sera de ma faute. Je m’intéresse à la politique allemande, mais je ne me mêle pas des affaires politiques de l’Allemagne.


Au cours de ces débats, j’ai appris bien des choses et, grâce à mon sens politique, j’ai vu clair dans bien des détails. La situation politique de cette période comportait deux facteurs essentiels : le premier, c’est l’effort des nationaux-socialistes pour accéder au pouvoir ; le deuxième – à l’opposé du premier – c’est l’activité du Parti communiste visant à créer le front unique des ouvriers contre le fascisme. A mon avis, cela s’est révélé également pendant ces débats.


Les nationaux-socialistes avaient besoin d’une manœuvre de diversion, pour détourner l’attention des difficultés qui existaient à l’intérieur du camp national et briser le front unique des ouvriers. Le « gouvernement national » avait besoin d’un prétexte valable pour lancer son décret-loi du 28 février qui supprimait la liberté de la presse, l’inviolabilité de la personne, et inaugurait un système de répression policière, de camps de concentration et autres mesures de lutte contre les communistes.


Le président (interrompant Dimitrov). - Vous voilà arrivé à l’extrême limite, vous faites des allusions !


Dimitrov. – Je veux simplement éclairer la situation politique en Allemagne à la veille de l’incendie du Reichstag, comme je la comprends.


Le président. – Il n’y a pas place ici pour des allusions à l’adresse du gouvernement et pour des affirmations depuis longtemps réfutées.


Dimitrov. – La classe ouvrière devait se défendre de toutes ses forces, et c’est pour cela que le Parti communiste a tenté d’organiser le front unique, en dépit de la résistance de Wels et de Breitscheid, qui maintenant, à l’étranger, poussent des clameurs hystériques.


Le président. – Vous devez passer à votre défense, si vous le voulez; autrement vous n’aurez pas assez de temps pour le faire.


Dimitrov. – J’ai déjà déclaré que sur un point je suis d’accord avec l’acte d’accusation. Maintenant, il faut confirmer cet accord. C’est en ce qui concerne la question de savoir si Van der Lübbe a organisé l’incendie seul ou s’il avait des complices. Le représentant de l’accusation Parisius a déclaré ici que, de la réponse à la question de savoir si Van der Lübbe avait ou non des complices, dépendait le sort des accusés. Je réponds à cela : non, mille fois non : cette conclusion du procureur est illogique. J’estime que Van der Lübbe n’a réellement pas été seul à incendier le Reichstag. L’expertise et les données ressortant de ces débats m’amènent à conclure que l’incendie dans la salle des séances du Reichstag était d’un autre genre que celui allumé dans le restaurant du rez-de-chaussée, etc. Le feu a été mis à la salle des séances par d’autres gens et par un autre procédé. L’incendie allumé par Van der Lübbe et l’incendie dans la salle des séances coïncident seulement pour le temps; pour le reste ils sont foncièrement différents. Le plus probable, c’est que Van der Lübbe a été l’instrument inconscient de ces gens, instrument dont on a abusé. Il ne dit pas toute la vérité ici. Maintenant encore il persiste dans son mutisme. Bien qu’il ait eu des complices, ce fait ne décide pas du sort des autres accusés. Van der Lübbe n’a pas été seul, c’est vrai, mais ceux qui étaient avec lui n’étaient ni Torgler, ni Popov, ni Tanev, ni Dimitrov.


N’est-il pas probable que, le 26 février, Van der Lübbe a rencontré à Hoenigsdorf une personne à qui il a communiqué ses tentatives de mettre le feu à l’Hôtel de ville et au palais ? Que cet homme lui a dit que tous ces incendies ne sont que des jeux d’enfants, qu’une affaire sérieuse, ce serait l’incendie du Reichstag pendant les élections ? Et n’est-il pas probable que c’est ainsi que de l’union secrète entre la démence politique et la provocation politique a surgi l’incendie du Reichstag ? L’allié du côté de la démence politique est au banc des prévenus. Quant aux alliés du côté de la provocation politique, ils sont en liberté. Tandis que le naïf Van der Lübbe faisait ses tentatives malhabiles pour mettre le feu au restaurant, dans le corridor et au rez-de-chaussée, des inconnus se servant de ce liquide inflammable secret dont a parlé le docteur Schatz, ne perpétraient-ils pas l’incendie de la salle des séances ? (Van der Liibbe se met à rire. Tout son corps est secoué d’un rire silencieux. L’attention de toute la salle, des juges et des prévenus se porte à ce moment sur Lùbbe.)


Dimitrov (montrant Lübbe). - Les complices inconnus ont veillé à tous les préparatifs de l’incendie. Ce Méphistophélès a su disparaître sans laisser de traces. Et voilà qu’ici se trouve l’instrument stupide, le pitoyable Faust, tandis que Méphistophélès a disparu. Le plus probable, c’est qu’un pont a été jeté à Hoenigsdorf entre Van der Lübbe et les représentants de la provocation politique, les agents des ennemis de la classe ouvrière.


Le procureur général Werner a déclaré ici que Van der Lübbe était un communiste ; il a dit ensuite que si même il n’était pas communiste, il a accompli son œuvre dans l’intérêt du Parti communiste et en liaison avec ce dernier. C’est là une affirmation fausse.


Qui est Van der Lübbe ? Un communiste ? Pas du tout ! Un anarchiste ? Non. C’est un ouvrier déclassé, c’est une épave rebelle de la société, une créature dont on a abusé, qu’on a utilisée contre la classe ouvrière. Non il n’est pas communiste. Il n’est pas anarchiste. Pas un seul communiste au monde, pas un seul anarchiste ne se comporterait devant le tribunal comme le fait Van der Lübbe. Les anarchistes commettent souvent des actes insensés, mais toujours devant les juges, ils revendiquent leurs responsabilités et expliquent leurs buts. Si un communiste avait fait quelque chose d’analogue, il ne se tairait pas devant le tribunal, alors que quatre innocents sont au banc des accusés à ses côtés. Non, Van der Lübbe n’est pas un communiste, ni un anarchiste, il est l’instrument dont a abusé le fascisme.


Avec cet homme, avec ce misérable instrument dont on a abusé, que l’on a utilisé au préjudice du communisme, il ne peut y avoir rien de commun, il ne peut y avoir aucune relation entre lui et le président de la fraction communiste du Reichstag, entre lui et les communistes bulgares.


Je dois rappeler ici que le 28 février au matin, Goering a publié un communiqué sur l’incendie. Ce communiqué annonçait que Torgler et Koenen s’étaient enfuis des locaux du Reichstag à 10 heures du soir. Cette nouvelle fut radiodiffusée dans tout le pays. Le communiqué disait que l’incendie avait été allumé par les communistes. Toutefois, on n’a pas fait d’enquête sur les agissements de Van der Lübbe à Hoenigsdorf. L’homme qui passa la nuit avec Van der Lübbe au poste de police, n’a pas été retrouvé…


Le président (interrompant Dimitrov). - Quand avez-vous l’intention de finir vos discours ?


Dimitrov. – Je veux parler encore une demi-heure. Je dois exposer ma façon de voir sur cette question…


Le président. – On ne peut tout de même pas parler sans fin.


Dimitrov. – Pendant les trois mois que dura le procès, monsieur le Président, vous m’avez, un nombre incalculable de fois, contraint au silence, en me promettant qu’à la fin du procès je pourrais parler en détail pour me défendre. Cette fin du procès est arrivée. Mais contrairement à votre promesse vous limitez de nouveau mon droit de parole. La question de ce qui s’est passé à Hoenigsdorf est extrêmement importante. Waschinski, qui avait passé la nuit avec Van der Lübbe, n’a pas été retrouvé. Ma proposition de le découvrir a été reconnue inutile. L’affirmation que Van der Lübbe s’est trouvé à Hoenigsdorf avec des communistes est un mensonge monté par le témoin national-socialiste, le coiffeur Grave. Si Van der Lübbe avait été à Hoenigsdorf avec des communistes, la chose aurait été depuis longtemps élucidée, monsieur le Président. Mais personne ne s’est préoccupé de découvrir Waschinski.


Le jeune homme, qui s’était présenté au commissariat de la porte de Brandebourg pour apporter la première nouvelle de l’incendie du Reichstag, n’a pas été recherché ; il reste jusqu’à présent inconnu. L’instruction a sur une fausse voie. Le docteur Albrecht, député national-socialiste, qui avait quitté le Reichstag immédiatement après l’incendie, n’a pas été interrogé. On n’a pas cherché les incendiaires là où ils étaient, mais là où ils n’étaient pas. On les recherchait dans les rangs du Parti communiste, et on avait tort. Cela a permis aux vrais incendiaires de disparaître. On a donc décidé : du moment qu’on n’a pas pris et qu’on n’a pas osé prendre les vrais fauteurs de l’incendie, il faut en prendre d’autres, des « ersatz-incendiaires » pour ainsi dire, du Reichstag…


Le président. – Je vous interdis de dire cela, et je vous donne encore dix minutes.


Dimitrov. – J’ai le droit d’apporter et de motiver des propositions concernant le verdict. Le procureur général a traité toutes les dépositions des communistes comme indignes de foi. Je n’adopterai pas une position contraire. Je n’affirmerai pas, par exemple, que tous les témoins nationaux-socialistes sont des menteurs. Je pense que parmi les millions de nationaux-socialistes il se trouve aussi d’honnêtes gens…


Le président. – Je vous interdis de pareilles remarques malveillantes.


Dimitrov. – N’est-il pas significatif que tous les principaux témoins à charge sont des députés nationaux-socialistes, des journalistes et des partisans du national-socialisme ? Le député national-socialiste Karwahne n’a-t-il pas dit avoir vu Torgler en compagnie de Van der Lübbe au Reichstag ? Le député national-socialiste Frey a déclaré avoir vu Popov avec Torgler au Reichstag. Le garçon de restaurant national-socialiste Hellmer a témoigné qu’il avait vu Van der Lübbe avec Dimitrov. Le journaliste national-socialiste Weberstedt aurait vu Tanev avec Van der Lübbe. Est-ce un effet du hasard ? Le docteur Dröscher, qui est intervenu ici en qualité de témoin, et qui est en même temps collaborateur au Völkischer Beobachter, Zimmermann…


Le président (interrompant Dimitrov). - Cela n’est pas démontré.


Dimitrov. – … a affirmé que Dimitrov est l’organisateur de l’explosion à la cathédrale de Sofia, ce qui a été démenti, et qu’il m’aurait vu avec Torgler au Reichstag. Je déclare, avec une certitude à cent pour cent, que Dröscher et Zimmermann, ce n’est qu’une et même personne…


Le président. – Je le nie, cela n’est pas prouvé.


Dimitrov. – Le fonctionnaire de police Heller a cité ici un poème communiste pris dans un livre édité en 1925, pour démontrer que les communistes ont mis le feu au Reichstag en 1933.


Je me permettrai également de citer des vers du plus grand poète d’Allemagne, Goethe :


Apprends à être plus intelligent.

L’aiguille de la grande balance

Du bonheur reste rarement en repos ;

Tu dois ou t’élever

Ou descendre ;

Tu dois dominer et gagner,

Ou bien servir et perdre.

Souffrir ou triompher,

Etre l’enclume ou le marteau.


Oui, quiconque ne veut pas être l’enclume, doit être le marteau ! Cette vérité, la classe ouvrière allemande dans son ensemble, ne l’a comprise ni en 1918, ni en 1923, ni le 20 juillet 1932, ni en janvier 1933. La faute en est aux chefs social-démocrates, aux Wels, Severing, Braun, Leipart, Grasseman.


Aujourd’hui, bien entendu, les ouvriers alle­mands pourront la comprendre !


On a beaucoup parlé ici du droit allemand et de la légalité, et je tiens à dire mon opinion à ce sujet égale­ment. Le jugement d’un tribunal se ressent toujours, incontestablement, des combinaisons politiques du moment actuel et des tendances politiques dominantes.


Le ministre de la justice Kerl est sans aucun doute pour le tribunal, une autorité compétente. Il a exprimé son opinion dans une interview publiée dans la presse.


La prévention du droit libéral formel, déclare-t-il, consiste à affirmer que la justice doit avoir le culte de l’objectivité. Maintenant nous en sommes arrivés à la source d’éloignement entre le peuple et la justice et la faute de cet éloignement retombe toujours en fin de compte sur la justice. Qu’est-ce que l’objectivité au moment où le peuple lutte pour son existence ? Le soldat combattant, l’armée combattante connaissent-ils l’objectivité ? Le soldat et l’armée ne savent qu’une chose, ne savent qu’une considération, ne connaissent qu’une seule question : Comment dois-je sauver la liberté et l’honneur ? Comment sauver la nation ?


Ainsi, il va de soi que la justice d’un peuple qui combat dans une lutte à mort, ne peut avoir le culte d’une objectivité morte. Les dispositions du tribunal, du ministère public, des avocats doivent être dictées exclusivement par cette seule considération, à savoir : qu’est-ce qui importe pour la vie de la nation ? Qu’est-ce qui sauvera le peuple ?


Ce n’est pas l’objectivité invertébrée qui signifie le marasme et, par là même, la pétrification, l’éloignement vis-à-vis du peuple, non, tous les actes, toutes les mesures prises par la collectivité dans son ensemble et par chaque individu doivent être subordonnés aux besoins immédiats du peuple, de la nation.

Ainsi, le droit est une notion relative…


Le président. – Cela n’a pas de rapport avec le sujet. Vous devez faire vos propositions.


Dimitrov. – Le procureur général a proposé d’acquitter les prévenus bulgares, à défaut de preuves de culpabilité.


Le procureur général a proposé d’acquitter les Bulgares accusés, faute de preuves. Mais cela ne saurait nullement me satisfaire. La question est loin d’être aussi simple.


Cela n’écarterait pas complètement les soupçons. Au cours du procès, il a été démontré péremptoirement que nous n’avons rien de commun avec l’incendie du Reichstag et que, par conséquent, il n’y avait pas la moindre base pour justifier des soupçons contre nous. Nous, Bulgares, aussi bien que Torgler, devons être acquittés, non pas faute de preuves, mais parce que nous, communistes, n’avons rien et ne pouvions rien avoir de commun avec un acte anticommuniste.


Je propose donc de rendre le jugement que voici :


1. La Cour suprême reconnaît notre innocence dans l’affaire, et l’accusation injustifiée ; ceci est vrai pour nous : – pour moi, Torgler, Popov, Tanev.

2. Déclare que Van der Lübbe a été instrument utilisé au détriment et au préjudice de la classe ouvrière.

3. Qu’il convient de mettre en jugement les personnes coupables d’avoir porté de fausses accusations contre nous.

4. Et de nous dédommager aux dépens de ces coupables pour le temps perdu, la santé compromise et les souffrances endurées.


Le président. – Ce que vous nommez vos propositions, le tribunal les aura en vue au cours de la délibération sur le verdict à prendre.


Dimitrov. – Le temps viendra où ces comptes seront réglés avec intérêts. La pleine lumière sur la question de l’incendie du Reichstag et les véritables incendiaires c’est, évidemment, le tribunal du peuple de la future dictature du prolétariat qui s’en chargera.


Au XVIIe siècle, le fondateur de la physique scientifique Galileo Galilée, a comparu devant le sévère tribunal de l’Inquisition qui devait le condamner, comme hérétique, à la mort, il s’est écrié avec une profonde conviction et résolution :


« Et pourtant la terre tourne ! » Et ce principe scientifique est devenu plus tard le patrimoine de toute l’humanité.


(Le président interrompt brutalement Dimitrov, se lève, rassemble ses papiers, et s’apprête à sortir.)


Dimitrov (continuant) : Nous, communistes, pouvons aujourd’hui, proclamer avec non moins de résolution que le vieux Galilée :


« Et pourtant elle tourne ! » La roue de l’histoire tourne, avance, vers une Europe soviétique, vers l’Union mondiale des Républiques soviétiques. Et cette roue, poussée par le prolétariat sous la direction de l’Internationale communiste, on ne parviendra à l’arrêter ni par des mesures d’extermination, ni par des condamnations aux travaux forcés, ni par des exécutions. Elle tourne et continuera à tourner jusqu’à la victoire définitive du communisme !


(Les policiers empoignent Dimitrov et le forcent à se rasseoir sur le banc des accusés. Le président et le tribunal s’éloignent pour délibérer sur la question de savoir si Dimitrov peut continuer son discours. Après délibération, la Cour revient et annonce que la parole est définitivement retirée à Dimitrov.)

Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 07:53
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22israel600.2.jpgL'armée israélienne s'entraîne pour une nouvelle invasion du Liban et se prépare à réprimer une insurrection populaire



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle a été relayée avec préoccupation par le Parti communiste d'Israel, elle a d'abord été publiée par le site de l'armée israélienne puis reprise par le média sioniste Arutz Sheva : l'armée israélienne se prépare pour une invasion future du Liban. Voici la traduction de la nouvelle, telle quelle, reprise dans la presse israélienne.



L'armée israélienne répète des scénarios d'émeutes de masse articulées à une guerre de guérilla, tel que cela pourrait se produire en cas d'invasion du Liban et d'occupation de villages sur place.



La nouvelle a été rendue publique par les officiers israéliens dans un rapport se trouvant sur le site officiel de l'armée – et constitue un avertissement international envers le Liban et le Hezbollah que l'armée israélienne est en mesure d'envahir son voisin du nord.



Le rapport affirme que l'armée israélienne se prépare à la possibilité que dans une réaction spontanée à la conquête d'un village par des forces israéliennes, les résidents organisant une émeute massive.



« Nous nous préparons à quelque chose de similaire à ce que les Américains vivent en Afghanistan », a expliqué le commandant du 7 ème régiment, le Colonel Nadav Lotan, selon le rapport paru le site de l'armée israélienne.



« Plus l'armée israélienne restera dans le village, plus grande sera l'agitation », a expliqué le lieutenant-colonel Neria Yeshurun, commandant du 82 ème bataillon.



« Il est important d'être prêt à tout », a déclaré Yeshurun sur le site de l'armée. Se préparer à cette éventualité comprend une préparation logistique pour les chars d'assaut qui pourraient être intégrés à ce scénario de guérilla urbaine.



Les tensions entre Israel et la milice chiite libanaise du Hezbollah ont été fortes dernièrement.



Le Commandement nord de l'armée israélienne a annoncé la semaine dernière avoir changé ses ordres quant à la zone frontalière fermée du Golan : quiconque venant du côté syrien devra s'attendre à être exécuté, a déclaré l'armée israélienne.



Jeudi 10 avril 2014 4 10 /04 /Avr /2014 06:40
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petrosimonenkoSur les sécessions à l'Est de l'Ukraine, les communistes restent les seuls à défendre l'unité du pays au Parlement

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Que de confusion sur les événements dans l'est de l'Ukraine, avec des « républiques populaires » auto-proclamées du côté de Donetsk … mais aussi une floraison de drapeaux russes, le spectre du rattachement qui montre qu'il s'agit encore d'un jeu entre grande puissance, un partage du gâteau, une division de l'Ukraine qui ne profiteront en aucun cas aux peuples.



Pour comprendre, lisons la position du Parti communiste d'Ukraine (KPU), troisième force du pays, la seule réellement engagée du côté de l'unité nationale, du côté des travailleurs d'Ukraine.



Encore une fois, avec courage, constance, fidélité à ses engagements, le KPU réaffirme sa position sans hésiter dans cette intervention au Parlement du 8 avril à accuser les ir-responsables nationalistes de cette situation, dénoncer avec ironie leur plan qui ressemble à s'y méprendre à celui des grandes puissances, et d'abord celui de la Russie. A lire.



Intervention au Parlement ukrainien, le 8 avril, de Petro Simonenko – député et secrétaire-général du Parti communiste d'Ukraine :



Chers collègues, chers citoyens d'Ukraine,



je tiens à exprimer ici la position de notre parti par rapport à l'évolution de la situation à l'Est de l'Ukraine, elle est très grave, elle menace l'intégrité territoriale de notre pays.



L'escalade des tensions ne fera qu'exacerber ces contradictions, et il faut passer des crises d'hystérie au bon sens rationnel dans l'évaluation des événements qui se produisent à l'est de l'Ukraine. Et surtout répondre à la question : qu'auraient pu faire les autorités ukrainiennes pour empêcher ce qui se produit à l'est ?



Nous allons commencer par l'analyse des revendication des citoyens, de ces résidents ukrainiens vivant à Donetsk, Luhansk, ainsi que dans d'autres régions, qui sont sortis dans la rue et qui demandent que leurs droits soient respectés.



Ils demandent depuis longtemps déjà, dès les premières années de l'indépendance ukrainienne, à ce que l'Etat prenne une position de défense de la langue russe, que la pratique des référendums locaux s'impose pour protéger leurs droits et leur façon de concevoir leur culture, leur histoire, leur évolution.



Et bien sûr ce qui est à l'ordre du jour aujourd'hui : la fédéralisation de l'Ukraine.



Quel retour du côté du gouvernement ukrainien ? Il ne veut pas les entendre, les ignore. Et cela commence par ailleurs par les mots que l'on plaque sur l'interprétation autorisée des événements dans le Donbass, on les accuse maintenant du crime de séparatisme.



Vous savez, j'ai envie de faire monmea culpa et de m'excuser auprès de vous. J'ai toujours affirmé qu'on avait affaire à des nationalistes pro-occidentaux et pro-américaine, défendant leurs intérêts. Mais je me trompais.



Messieurs, vous semblez oublier qui a commencé à occuper les bâtiments officiels, et quand ? Qui s'était emparé des commissariats, des dépôts d'armes, répandant dans tout le pays des milliers d'armes dans les mains de ceux qui ont créé de véritables bandes armées dans tout le pays ?



Vous voudriez que je vous donne un exemple de scénario probable ?



Ainsi, il s'avère que ce que vous avez facilité, ce n'est pas le scénario américain mais bien celui de la Fédération de Russie : détruire l'indépendance de l'Ukraine, la diviser puis la piller.



Vous nous avez bien montré cela. Les citoyens savent aujourd'hui ce qu'il en est vraiment, car vous ne cessiez de vous dire menacés par les forces de sécurité, des hommes armées, c'est eux que vous lancez désormais contre ceux qui veulent défendre pacifiquement leurs droits.



Vous agissez ainsi dans le but d'intimider les gens, vous arrêtez la population, vous avez déchaîné une guerre contre l'opposition, contre ceux qui pensent différemment.

Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 07:15
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KPRF_Lokot.jpgUn candidat communiste remporte la mairie de Novossibirsk, la troisième ville de Russie !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les communistes ont le vent en poupe en Russie. Après leur spectaculaire percée lors des élections législatives de 2011, c'est désormais la troisième ville du pays, Novossibirsk, qui est tombée entre leurs mains ce lundi.



A côté de Moscou, St-Petersbourg, Novossibirsk n'est pas la ville la plus connue du public français. On connaît mieux en France Volgograd, alias Stalingrad. Les deux – souvent rivales quand il s'agit de qualifier la troisième ville du pays – ont désormais un point commun : un maire communiste.



Pour Volgograd/Stalingrad, c'était un événement en 2007, avec l'élection du communisteRoman Grebennikov. Ce week-end, c'est au tour de Nikolai Lokot, candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), de prendre la tête de la mairie de Novossibirsk.



Lokot a battu le candidat du parti gouvernemental Vladimir Znatkovavec une marge de 15 000 voix, 44 % des voix pour le candidat communiste contre 40 % pour le candidat prenant la relève du maire sortant, sous la bannière de « Russie unie ».



L'élection municipale de Novossibirsk a été une des plus disputées de l'histoire du pays, avec 30 promesses de candidature, dont 11 portées jusqu'au bout. Plusieurs candidats se sont retirés préférant former une opposition unie derrière le candidat communiste, pour faire barrage à la machine Russie unie.



Car Novossibirsk, avec son 1,5 million d'habitants, sa tradition de grande cité industrielle, n'est pas seulement la capitale de la Sibérie mais aussi – tout du moins en termes démographiques – la troisième ville du pays. Un symbole.



Un symbole aussi car Novossibirsk était devenu l'illustration de la corruptionqui gangrène la Russie, nombre de personnalités liées au gouverneur Vassili Iourchenko et à l'ancien maire Vladimir Gorodetsky avaient déjà été trempées dans des histoires d'abus de pouvoir et de corruption.



En janvier, Gorodestky a été nommé par le président Poutine vice-gouverneur de la région de Novossibirsk, le poussant à abandonner son poste de maire de la cité sibérienne, précipitant les élections anticipées du 6 avril.



Le 18 mars dernier, Iourtchenko, détesté par ses concitoyens, est limogé sur décret présidentiel pour « perte de confiance » … et Gorodetsky le remplace. Un tour de passe-passe en coulisse, une manœuvre autoritaire typique du régime poutinien.



Ce 6 avril, les électeurs ont sanctionné le parti gouvernemental, récompensé le travail d'opposition opiniâtre mené par le Parti communiste.



La victoire du candidat communiste, malgré le poids de l'appareil officiel, n'est pas une surprise.En 2011, lors des législatives, les communistes y avaient obtenu un de leurs meilleurs scores, plus de 30 %, battant le Parti « Russie unie » de Poutine dans tous les districts de la ville



On peut rappeler qu'en décembre 2011, le Parti communiste s'est installé comme deuxième force du pays, passant de 11,7 % et 57 sièges en 2007 à 19,16 % et 92 sièges en 2011, doublant le nombre de voix obtenues.



Plus que jamais, l'opposition en Russie au pouvoir des oligarques, c'est les communistes qui la portent ! Vive Novossibirsk la rouge !

Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 06:47
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paz-sim-nato-nao_portugal-7c14f.gif« Pour la paix, non à l'OTAN! »



 

Déclaration de partis communistes et ouvriers

 

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Depuis sa création, il y a 65 ans, l'OTAN apparaît comme le bloc politico-militaire de l'impérialisme, une pièce centrale de sa stratégie de domination, d'exploitation et d'affrontement à ce qu'étaient alors l'URSS et les pays socialistes.



L'OTAN est responsable de l'incessante course aux armements, les États-Unis et ses alliés étant responsables de plus de deux-tiers des dépenses militaires dans le monde.



Les États-Unis et les pays de l'OTAN défendent l'expansion de leur réseau mondial de bases militaires, cherchant à étendre leurs sphères d'influence.



Proclamant sa doctrine stratégique ouvertement offensive, l'OTAN a élargi le cadre territorial de ses actions d'ingérence, d'agression et d'occupation, pour approfondir leur rôle de bras armé des grands monopoles trans-nationaux.



Les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN sont responsables d'innombrables crimes et destructions, de brutales agressions – comme la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak ou la Libye – et d'ingérences – comme celles lancées contre la Syrie – ou de menaces, comme celles dirigées contre l'Iran.



Les États-Unis, l'OTAN et l'Union européenne – son pilier européen – sont responsables de la croissante militarisation des relations internationales et de l'escalade des tensions et de la guerre contre la souveraineté des peuples et l'indépendance des États, tant au Moyen-orient, en Afrique, en Extrême-orient qu'en Amérique latine.



Au moment où on marque les 65 ans de la création de l'OTAN – dans une situation internationale caractérisée par la crise du capitalisme, par l'offensive d'exploitation, anti-démocratique et agressive de l'impérialisme, par des processus complexes de recomposition des forces au niveau international, et par la résistance et la lutte des travailleurs et des peuples :



  • nous exigeons la dissolution de l'OTAN et nous soutenons le droit souverain des peuples de décider du retrait de ses pays de cette alliance agressive ;

 

  • nous réaffirmons notre opposition à l'extension de l'OTAN, à la militarisation de l'Union européenne et à sa politique militariste et interventionniste ;

 

  • nous exigeons la fin de la course aux armements, de l'installation du nouveau « système anti-missiles » des États-Unis et de l'OTAN en Europe, le désarmement nucléaire, la complète annihilation des armes de destruction massive et la fin des bases militaires étrangères ;

 

  • nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes d'Afghanistan, et des autres pays sous agression impérialiste ;

 

  • nous réaffirmons notre solidarité avec les peuples qui résistent aux occupations, agressions et ingérences de l'impérialisme ;

 

  • nous appelons les travailleurs, et les peuples du monde entier à renforcer la lutte pour la paix, contre la guerre et l'OTAN, pour la construction d'un avenir de paix, de progrès et de justice sociale, où chaque peuple pourra décider de leur destin ;



Ont signé jusqu'à présent :



Parti communiste sud-africain

Parti communiste allemand

Parti algérien pour la démocratie et le socialisme

Parti du travail de Belgique

Parti communiste de Belgique

Parti communiste de Bangladesh

Parti des travailleurs du Bangladesh

Parti communiste des travailleurs de Bosnie-Herzégovine

Parti communiste du Brésil

Nouveau parti communiste britannique

Parti communiste du Canada

Parti communiste de Bohême-Moravie (République tchèque)

Parti communiste du Chili

AKEL (Chypre)

Parti socialiste des travailleurs de Croatie

Parti communiste au Danemark

Parti communiste d'Espagne

Parti communiste des peuples d'Espagne

Parti des communistes de Catalogne

Parti communiste des États-Unis

Parti communiste des Philippines

Parti communiste de Finlande

Parti communiste de Grèce

Parti communiste unifié de Géorgie

Nouveau parti communiste des Pays-bas

Parti des travailleurs de Hongrie

Parti communiste d'Inde

Parti communiste d'Inde (marxiste)

Parti Tudeh d'Iran

Parti communiste d'Irlande

Parti des communistes italiens

Parti communiste libanais

Parti communiste luxembourgeois

Parti communiste de Mexique

Parti populaire socialiste du Mexique

Parti communiste palestinien

Parti du peuple du Panama

Parti communiste du Pakistan

Parti communiste péruvien

Parti communiste portugais

Parti communiste de la Fédération de Russie

Parti communiste syrien

Parti communiste soudanais

Parti communiste de la Suède

Parti communiste de la Turquie

Parti communiste d'Uruguay

Parti communiste du Venezuela

Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 06:20
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