Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

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Mise à jour : 23 décembre 2013

 

Non aux guerres impérialistes sur le continent africain ! : Les Partis communistes contre l'intervention en Syrie ; porter une opposition conséquente à l'intervention française au Mali ; Françafrique en Centrafrique, c'est non ! 

 

Des Partis communistes qui relèvent la tête en 2013 : au Népal, les communistes hégémoniques ; au Chili, un record de députés depuis 1973 ; en République tchèque, les communistes à 15 %, au plus haut depuis 89 ; Luxembourg, Autriche, résistance des PC (1-2%) dans des contextes hostiles ; Elections locales au Portugal : le PC à 12 %, Bloc de gauche à 2 % ; Lettonie : les communistes à la tête d'une coalition victorieuse à l'assaut de Riga ! ; à Chypre, les communistes résistent ... à 27 % ! ; Elections professionnelles en Grèce, le PAME lié aux communistes en tête ; Israel, communistes et anti-sionistes toujours présents ! ; au Japon, les communistes au plus haut depuis 1995 ; en Inde, les communistes dominateurs dans l'Etat du Tripura.

 

Révolutions latino-américaines et construction du socialisme: nationalisations à l'ordre du jour en Argentine et en Bolivie; réduction des inégalités et de la pauvreté au Vénézuela et en Bolivie; l'exemple cubain: supériorité du socialisme pour le bien-être des mères, des enfants, top 10 mondial de l'IDH non-économique

 

Sortir de l'Euro ? Le débat est ouvert ! : à Chypre, les communistes pour la sortie de l'Euro ; au Portugal, le débat avance pour une rupture avec l'euro dans le PCP ; une idée qui progresse en Espagne, avec des contradictions ; la gauche allemande déchirée, Die Linke freine contre son père fondateur !

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale, combattre l'Europe du capital et de la guerre : Un congrès du PGE pour refonder l'Europe, la grande illusion ; le syndicat des cheminots britanniques pour la rupture avec l'UE ; 

 

Les partis du PGE: aile-gauche de la social-démocratie: une sioniste amie de Sarkozy candidate à la présidentielle de Linke en Allemagne, Izquierda Unida profite de ses résultats pour collaborer dans les gouvernements régionaux avec le PSOE en Espagne, Syriza lance des appels du pied à l'UE et se propose comme social-démocratie de substitution

 

 

racism-chains-both.jpgSur l'assassinat du jeune afro-américain Mike Brown : les statistiques du racisme ordinaire aux Etats-unis

 

 

Il s'appelait Mike Brown, il pourrait porter un autre nom

 

 

Chronique d'Antonio Santos, pour le journal communiste portugais Avante !

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Brecht mettait en garde sur le fait que dans une période de confusion sanglante, de désordre institué, d'arbitraire planifié, d'humanité déshumanisée, rien ne doit paraître naturel, rien ne doit passer pour immuable. Il faut se méfier du plus trivial et étudier surtout ce qui semble habituel.

 

Ce 9 août était assassiné un jeune afro-américain à Ferguson, dans le Missouri, aux Etats-unis. Non, non ce n'est pas du déjà-vu : j'ai déjà écrit ici sur le sujet, que les lecteurs me pardonnent ces répétitions si gênantes. Seul le nom est différent.

 

Les médias de la classe dominante ne commirent pas la même erreur que moi : ils ont bien perçu que l'histoire était la même depuis toujours et ils ne s'y intéressèrent même plus.

 

Le scénario est toujours le même : un jeune sans armes sur le chemin de la maison. Il est intercepté par la police sans aucune raison. Il finit le corps criblé de balles. Parce qu'il était noir.

 

Contrairement à Trayvon Martin, le nom de Mike Brown ne méritait ni les gros titres ni la une, le public était déjà habitué à cette histoire et, très sincèrement, lassé d'avoir à l'entendre. Il n'y a, en effet, pire habitude que celle à laquelle nous nous sommes déjà habitués.

 

Ceci n'est pas une chronique sur les statistiques

 

Mais il serait pour le moins étrange pour nous communistes, à l'instar des serviteurs du Dieu-argent, d'accepter de ne pas répéter les mots que nous disons depuis toujours, quand la répétition des vieux crimes est toujours aussi choquante.

 

Michael Brown est mort. Et il continuera à mourir avec tant d'autres noms bien plus anonymes tant que nous ne connaîtrons pas leur sort. C'est pour cette raison qu'ils peuvent tuer.

 

Depuis janvier seulement, plus de 400 hommes noires sont morts sous les balles de la police nord-américaine, une statistique considérée comme normale dans le paradigme capitaliste de la démocratie et de la liberté.

 

Mais Michael Brown n'était pas une statistique et cette chronique porte sur lui.

 

Mike avait 18 ans et la semaine prochaine il allait entrer pour la première fois à la fac, un fait que sa mère, en larmes, criait aux policiers : « Vous savez combien il fut difficile pour moi de le garder à l'école jusqu'au bout ? Vous savez combien d'enfants noirs parviennent à rentrer à la fac ? ».

 

La réponse terrible est : moins de 15%, mais nous n'allons pas parler de cela, car Michael Brown n'était pas une statistique.

 

Ce jour-là, Michael Brown rentrait à la maison de sa grand-mère dans une banlieue ouvrière de la ville quand une voiture de patrouille se gare à ses côtés et lui demande de s'arrêter, la routine à Ferguson, où 87,5 % des personnes auxquelles la police demande de s'arrêter sont noirs. Mais comme cette chronique ne porte pas sur des statistiques, avançons.

 

Aujourd'hui, nous savons que Michael n'était suspect d’aucun crime, mais les policiers voulaient quand même le contrôler : un de plus, quand 92,3 % des personnes contrôlées à Ferguson sont noires. On en finit avec cette petite partie statistique dans la chronique.

 

Selon divers témoignages, Michael refusa d'être interrogé et contrôlé. A ce moment-là, un policier a tenté de le pousser à l'intérieur de la voiture, Michael a réussi à se libérer et a couru. Le policier a alors tiré un coup pris qui l'atteint aux côtes.

 

Tout cela se produisit à 14 h, et les différents témoignages concordent sur ce qui a suivi : quand il a reçu ce coup de feu, Michael a levé les bras pour se rendre mais le policier est monté dans la voiture, et à une distance de moins de 10 m, a tiré de nouveau sur Michael Brown. Plus de sept fois.

 

Sur l'identité du policier assassin, nous ne connaissons que la couleur de peau : il était blanc comme 94 % des policiers d'une cité à 67 % noire. Cette chronique ne porte pas sur des statistiques, elle porte sur Michael Brown, mais ce sont les statistiques qui l'ont tué.

 

A fleur de peau

 

A l'heure de la publication de cet article, les commentateurs des grands journaux nord-américains se demandaient indignés, tous en chœur, pourquoi les noirs du Missouri embrasent les rues.

 

Comme nous ne pourrions ici que répéter des statistiques que tout le monde connaît déjà, nous allons faire en sorte de répondre à leur question.

 

Ferguson s'embrase parce que le corps de Michael est resté pendant plusieurs heures au milieu de la route et parce que, quand une veillée s'est formée avec des photographies et des bougies à la main, plus de 200 policiers de choc ont fait irruption, avec des matraques et des fusils à la main.

 

St. Louis s'embrase parce qu'en 2014 des enfants et adolescents noirs ont été assassinés par une police qui méprise leurs vies.

 

Le Missouri s'embrase parce que c'est encore un jeune afro-américain de plus qui est assassiné par ce système inhumain et structurellement raciste, et parce qu'encore les médias s'occupent de criminaliser l'image de la victime.

 

Les Etats-unis s'embrasent car, comme l'écrivait Martin Luther King, quelques semaines avant d'être assassiné : « la révolte est le langage de ceux qui n'ont pas de voix ».

 

 

Une voix accablée de larmes, de tant d'injustice et d'une telle oppression.  

Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 07:04
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maki-manif-tel-aviv-copie-1.jpg10 000 manifestants à Tel-Aviv contre la guerre meurtrière à Gaza à l'appel des communistes et pacifistes israéliens



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Plus de 10 000 personnes se sont rassemblés samedi soir place Rabin pour trouver une solution politique à l'occupation des territoires palestiniens sous le mot d'ordre : « Changer de cap : loin de la guerre, visons la paix ».



On y retrouvait de nombreuses pancartes affirmant : « Qui ne veut la paix trouve toujours des prétextes » et « Oui à la démocratie, non au fascisme ».



Lors de ce rassemblement, des discours ont été prononcés par l'écrivain David Grossman, le journaliste Zoheir Bahloul, la présidente de Meretz, la députée Zahava Gal-On, le président du Hadash, le député communiste Mohammed Barakeh et Nomika Tzion, résidente de Sderot.



Le meeting a aussi vu des performances musicales de Achinoam Nini [NdT : plus connue en France sous le nom de 'Noa', célèbre par sa performance dans la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris], Mira Awad, Yair Dalal et Adam Gorlitsky.



La présidente de Meretz Zahava Gal-On a lancé un appel au Premier ministre Benyamin Netanyahu, afin qu'il présente a démission :



« Bibi, tu as échoué. Il faut partir, laisse les clés et rentre chez toi. Tu as gravement échoué, parce que depuis cinq ans, tu refuses la diplomatie, tu refuses d'adopter l'Initiative pour la paix arabe ».



La manifestation était organisée par deux partis de gauche : Meretz et le Hadash (Le Front démocratique pour la paix et l'égalité – Parti communiste d'Israel) ainsi que par Peace Now et le Forum des familles endeuillées.



Le rassemblement devait avoir lieu la semaine dernière, mais il fut reporté sur ordre de la police et du Commandement du Front intérieur, qui interdisait alors les rassemblements de plus de 1 000 personnes à Tel-Aviv.



La page Facebook de l'événement se présentait ainsi : « après un mois douloureux de guerre et de morts, au vu des vagues d'incitations à la haine qui déchirent la société israélienne, nous appelons à une manifestation pour la paix et la démocratie.



Le prochain cycle (de violences) peut être évité. Il ne nous faut pas sombrer dans un abîme de guerres toujours plus cruelles, de haine exacerbée et de destruction de nos voisins et de nous-mêmes.



Seul un accord garantira à la sécurité à long-terme pour les résidents du sud et pour l'ensemble du pays. Il y a une alternative – dialogue immédiat avec les Palestiniens pour s'assurer d'une paix juste, la levée du blocus à Gaza et une position ferme des Arabes et des Juifs contre le racisme et pour la vie.



Seule une solution politique à deux États garantira l'indépendance, la justice, la sécurité et l'espoir pour tous ceux qui vivent sur cette terre ».



Lors de son discours, l'écrivain David Grossman déclarait : « Aucun camp dans cette guerre ne porte le visage de la victoire. Il n'y a que d'indescriptibles images de mort et de destruction. Chaque image ne dépeint que la défaite des deux peuples.



Il n'y a pas de solution militaire au conflit entre Israël et le Hamas. Il n'y a pas de solution militaire qui mette fin aux souffrances des Israéliens dans le sud et aux souffrances inhumaines des Gazaouis. Le gens en Israël ne pourront respirer librement non plus, tant que l'étau enserrant Gaza ne sera pas levé ».



Sous un tonnerre d’applaudissement, le député communiste du Hadash, Mohammed Barakeh, a affirmé en Hébreu et en Arabe : « nous construisons un partenariat contre l'occupation, pour une Palestine libre aux côtés de l’État d’Israël ».



Il continua : « Nous sommes ici pour une solution à deux États, pour la vie et pour un avenir pour les gens à Gaza et dans le Sud ».



Barakeh s'est également adressé à la foule, décrivant un désir « de construire une véritable amitié entre Arabes et Juifs ».



« Depuis la signature des Accords d'Oslo », dit-il, « l’État et la droite ont essayé de nier la légitimité civique des Arabo-palestiniens en Israël, qui n'opteront jamais pour la guerre et seront toujours en faveur de la paix ».



Nomika Tzion, résidente à Sderot, a appelé la foule à penser à ceux à Gaza qui sont réfugiés pour la seconde fois ou la troisième, ajoutant : « Le vrai crachat au visage des résidents de Sderot ? Les tentatives de nous caractériser tous comme un seul et unique groupe stéréotypé ».



Gaza est « la plus grande prison du monde », a-t-elle continué.



 

Partageant ce sentiment anti-guerre, les manifestants ont exprimé leur colère envers le gouvernement d'extrême-droite israélien en chantant : « Bibi, go home ! »

Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 06:55
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Gramsci Gramsci sur le génocide arménien : « Un tel fait nous indigne que lorsqu'on peut s'identifier aux victimes, sinon on l'oublie »

 

Article d'Antonio Gramsci, 11 mars 1916, dans le « Grido del popolo »



Cet article fort méconnu – même en Italien – est écrit par le jeune Gramsci (25 ans) pendant la Première Guerre mondiale alors qu'il est encore un jeune militant turinois du Parti socialiste.



Un article à la plume déjà acérée, fine, empli de l'idéalisme de celui qui deviendra le fondateur du Parti communiste italien en 1921.



Un article toujours d'actualité au vu des derniers événements, à Gaza, en Irak et ailleurs



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cela se passe toujours ainsi. Pour qu'un fait nous intéresse, nous émeuve, qu'il devienne une partie de nôtre vie intérieure, il faut qu'il se passe près de nous, près de gens dont nous avons entendu parlé et qui sont en cela dans l'horizon de notre humanité.



Dans le Père Goriot, Balzac fait en sorte de poser une question à Rastignac : « Si tu savais que chaque fois que tu manges une orange, un chinois devait mourir, t'arrêterais-tu de manger des oranges ? » et Rastignac répond du tac au tac : « Les oranges, elles sont proches de moi, je les connais, les chinois sont si loin, et en fait je ne suis même pas sûr qu'ils existent ».



La réponse cynique de Rastignac, nous ne la prononcerions jamais, c'est vrai : mais toutefois, quand nous avons entendu que les turcs avaient massacré par milliers d'Arméniens, avons-nous ressenti cette déchirure lancinante de la chair que nous éprouvons chaque fois que nos yeux tombent sur de la pauvre chair martyrisée, et que nous avons ressenti cruellement tout de suite après que les Allemands ont envahi la Belgique ?



C'est une grande souffrance que de ne pas être reconnu. Cela veut dire rester isolés, enfermés dans sa propre douleur, sans possibilité d'aide, de réconfort. Pour un peuple, pour une race, cela signifie sa lente dissolution, l'annihilation progressive de tout lien international, l'abandon à soi-même, désarmés face à ceux qui n'ont d'autre raison que le glaive et la conscience d'obéir à une obligation religieuse, celle de détruire les infidèles.



Ainsi l'Arménie ne reçut jamais, dans ses pires moments, plus que quelque affirmation platonique de pitié, de mépris pour ses bourreaux ; les « massacres arméniens » devinrent proverbiaux, mais ils n'étaient que des mots qui sonnaient creux, qui ne réussissaient pas à faire vivre en chair et en os les fantômes de ses hommes sacrifiés.



Il aurait été possible de contraindre la Turquie, liée par tant d'intérêts à toutes les nations européennes, à ne pas réduire à un tel supplice ceux qui ne demandaient rien d'autre, au fond, que d'être laissés en paix. Rien ne fut fait, ou au moins rien qui n'ait donné des résultats concrets.



Oui, Vico Mantegazza – éditorialiste du Corriera della Sera – a parlé quelques fois de l'Arménie, dans ses divagations prolixes portant sur la politique orientale.



La guerre européenne a mis de nouveau sur le tapis la question arménien. Mais sans beaucoup de conviction.



A la chute d'Erzerum entre les mains des Russes, au possible retrait des Turcs d'Arménie, il ne fut même pas accordé la même place dans les journaux qu'à l’atterrissage d'un « Zeppelin » en France.



Les Arméniens qui sont disséminés en Europe devraient faire connaître leur patrie, leur histoire, leur littérature. Il se passe, en petit, ce qui s'est passé en grand pour la Perse.



Qui sait que les plus grands Arabes (Averroès, Avicenne, etc.) sont en fait … des Perses ? Qui sait que ce qu'on appelle habituellement la civilisation arabe est en réalité pour bonne partie perse ? Et ainsi combien savent que les dernières tentatives de réformer la Turquie sont dus aux Arméniens et aux Juifs ?



Les Arméniens devraient faire connaître l'Arménie, la rendre vivante dans la conscience de ceux qui ignorent, ne savent pas, ne ressentent pas.



A Turin, quelque chose a été fait. Depuis quelques mois, sort une revue intitulée justement « Arménie » qui avec divers collaborateurs, de façon sérieuse, dit ce qu'est, ce que veut, ce que devrait devenir le peuple arménien.



 

De la revue devrait partir l'initiative d'une collection de livres qui cherche à démontrer de la façon la plus efficace pour les Italiens ce qu'est la langue, l'histoire, la culture, la poésie du peuple arménien.

Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 06:17
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thorez-time-pcf.jpgMaurice Thorez (1900-1964), l'homme, le militant – le potrait-hommage de Georges Cogniot et Victor Joannès

 

 

En ce 50 ème anniversaire de la mort du dirigeant historique du PCF Maurice Thorez, les hommages se font rares, beaucoup plus rares que ceux pour Jean Jaurès, y compris dans le camp communiste.

 

Surprenant pour une personnalité politique qui a marqué de son empreinte comme nul autre non seulement le communisme français du XX ème siècle comme celle du mouvement communiste international, mais aussi l'ensemble du mouvement ouvrier et de la gauche française, la vie politique nationale comme la conscience de la classe ouvrière de notre pays.

 

Ici, nous retranscrivons des extraits de l'ouvrage « Maurice Thorez, l'homme et le militant » publié en 1970, sous la direction de l'historien Victor Joannès et de l'homme de lettre Georges Cogniot, proche de l'ancien secrétaire-général du Parti, en fait la première partie dans son intégralité. Un témoignage digne d'être rappelé.

 

Introduction et retranscription pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Une vie de militant et de dirigeant

 

 

Les origines

 

Fils et petit-fils de mineurs du Pas-de-Calais, Maurice Thorez avait passé son enfance dans les corons. Il s'est éveillé à la vie dans une région de grande industrie moderne et d'organisations ouvrières puissantes.

 

A six ans, il avait entendu les cris de douleur des femmes pleurant leurs maris que le puits tragique de Courrières avait ensevelis. Dès l'âge de douze ans, embauché comme trieur à la fosse 4 de Dourges, il avait fait l'expérience du mécanisme impitoyable de l'exploitation de l'homme par l'homme. En novembre 1913, il avait participé pour la première fois à une grande grève, pour la journée de 8 heures.

 

Peu après, c'était le drame de 1914 et l'invasion allemande. La guerre allait chasser Maurice Thorez loin de la mine et le jeter, avec un convoi de réfugiés, dans les campagnes de la Creuse. Il y fit l'apprentissage de la terre, comme si la vie le préparait à connaître non seulement les revendications et les espoirs des ouvriers, mais les besoins et aspirations des paysans.

 

Maurice Thorez a relaté lui-même dans son beau livre, Fils du peuple, toute l'importance de cette initiation à la vie rurale : « Quand je vis de près le paysan français, écrit-il, j'appréciai ses solides vertus, son opiniatreté, son énergie, son solide bon sens. Le paysan était le frère de l'ouvrier, un frère malheureux comme lui, exploité et opprimé comme lui, comme lui victime désignée pour le grand massacre de la guerre ».

 

Depuis ce temps, Maurice Thorez a toujours su élever la voix pour défendre les travailleurs de la glèbe, pour dénoncer le jeu perfide de l'ennemi qui « cherche à diviser et à dresser les uns contre les autres les ouvriers et les paysans », pour insister sur la nécessaire alliance de la classe ouvrière avec la paysannerie et l'ensemble des couches moyennes.

 

La guerre de 1914-1918 n'avait pas seulement familiarisé Maurice Thorez avec la condition paysanne. Au cours des quatre années de déracinement et de souffrances qu'elle lui avait imposées, il s'était préparé à en comprendre le caractère impérialiste et les leçons, à répondre à l'appel lancé par Lénine aux prolétaires de tous les pays.

 

Premières armes

 

De retour au pays natal en janvier 1919, Maurice Thorez, redevenu mineur, va se passionner de plus en plus pour l'action syndicale et politique. En mars 1919, il adhère au Parti socialiste et bientôt il milite pour l'adhésion à la Troisième Internationale.

 

Une période d'intense activité politique, d'âpres controverses, de débats orageux vient de s'ouvrir. Maurice Thorez va s'y faire remarquer à la fois par son ardeur dans la bataille quotidienne et par sa maturité, son intelligence politique.

 

Le soir, après une dure journée de travail à la mine, il discute avec ses camarades de leurs soucis, de leur misère, il leur indique le chemin du salut tracé par Lénine. Dans sa section, sans se laisser impressionner par les titres, les fonctions, la loquacité des partisans de Longuet, de Blum et de Lebas, adversaires de l'adhésion, il s'élève contre l'ancien socialisme réformiste, où il ne trouve que verbiage et déceptions ; il défend avec feu la Révolution russe et les thèses de l'Internationale communiste.

 

Ce que la lampe est pour le mineur : le gage du salut, Maurice Thorez explique que la grande lumière levée à l'est le sera pour toute la classe ouvrière.

 

Appelé à l'armée en mars 1920, il continue à militer, à faire de la propagande contre la guerre et pour l'adhésion à la Troisième Internationale dans les chambrées. Lors d'une permission, sans souci du risque, il monte en uniforme à la tribune et prend, pour la première fois, la parole dans un meeting.

 

Décembre 1920. Le Congrès historique de Tours, à l'appel de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier, inaugure pour la France l'époque de la victoire des grandes idées du communisme. La création du Parti communiste ouvre une nouvelle et décisive étape pour le mouvement ouvrier français. Maurice Thorez, évoquant avec émotion ses souvenirs sur les répercussions du Congrès, sur sa signification, écrit dans son autobiographie :

 

« C'est la victoire de l'internationalisme prolétarien ! La classe ouvrière reprend sa marche en avant. Et nous, les jeunes, nous respirons à pleins poumons cet air vivifiant qui circule. Mais il reste aux communistes un long chemin à parcourir, un dur apprentissage à faire pour connaître et apprécier en hommes politiques la réalité qui les entoure, pour acquérir l'expérience de la lutte, pour apprendre à vaincre dans les conditions spécifiques de la France ! ».

 

Dans cet apprentissage, le rôle de Maurice Thorez sera déterminant.

 

La scission avec la minorité opportuniste et centriste qui s'est faite à Tours, a donné forme à l'avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière, mais ses rangs sont affaiblis, surtout en raison de la défection de cadres nombreux, et sa pensée reste hésitante, grevée de survivances réformistes. Il s'agit maintenant de recruter, de fortifier idéologiquement le Parti, d'augmenter l'influence des idées communistes parmi les travailleurs. Maurice Thorez s'y emploie. Il lutte dans sa section, dans sa fédération pour la mise en pratique des directives lancées en 1921 par le III ème Congrès de l'Internationale communiste : « Allez aux masses ! Faites le front unique ! ».

 

Dans sa section, il est secrétaire. Et trente ans plus tard, il éprouvera une grande joie lorsque des camarades de l'ancien temps lui feront tenir les vieux cahiers de procès-verbaux où l'on trouve, de la main du jeune responsable, les compte-rendus des réunions de 1922 consacrés à débattre du front unique.

 

Au Congrès de Paris, en octobre 1922, la fédération du Pas-de-Calais donne 146 mandats aux adversaires du front unique, contre 40 à ses partisans. Délégué de la minorité au Congrès, Maurice Thorez ne se laisse pas rebuter. Il poursuit avec persévérance son travail de conviction auprès de ses camarades. Il a la satisfaction, quelques mois plus tard, de voir sa fédération se rallier tout entière à son point de vue, aux préceptes de l'Internationale communiste, au drapeau de l'unité prolétarienne.

 

En janvier 1923, contre l'occupation de la Ruhr, contre la politique de violence de Poincaré, qui devait tant contribuer à alimenter la propagande revancharde de Hitler, le jeune Parti communiste français livre sa première grande bataille internationaliste. La répression se déchaîne contre ses militants. C'est le moment que choisit L.O.Frossard, à l'époque secrétaire du Parti, pour déserter ses rangs. Dans ces heures difficiles, Maurice Thorez affirme ses dons d'organisateur, son sens des responsabilités, son esprit d'initiative : au milieu de 1923, il devient secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais. Le voilà permanent du Parti, « révolutionnaire professionnel ».

 

C'est une ligne droite et claire qui a conduit Maurice Thorez de ses premières années passées dans les corons, de ses premières expériences de grèves et de luttes, de la guerre et des leçons qu'il a su en dégager, à l'insertion profonde dans le tissu vivant du Parti communiste, en qui il a reconnu le porte-drapeau de sa classe et de son peuple.

 

Elu à 24 ans membre du Comité central, Maurice Thorez siège à 25 ans au Bureau politique et il assume la responsabilité de secrétaire d'organisation du Parti. Il apparaît ainsi comme l'incarnation même des grandes possibilités d'une jeunesse ardente, généreuse, qui veut vaincre et vivre, comme le type achevé de ces jeunes cadres prolétariens dont le mouvement ouvrier a besoin. Tandis que les arrivistes et les aventuriers petits-bourgeois, qui avaient tenté de précipiter dans l'abîme le Parti encore inexpérimenté, passent ouvertement à l'ennemi ou sont écartés l'un après l'autre, Maurice Thorez grandit et se fortifie avec le Parti, au cours des luttes qui font la trame même de l'histoire du mouvement communiste.

 

Il se familiarise avec les profondes analyses scientifiques de Lénine sur le capitalisme de monopole, sur l'époque de l'impérialisme, « époque où le capitalisme, ayant atteint et dépassé sa maturité, se trouve à la veille de son écroulement, où il est mûr au point de devoir céder la place au socialisme ». La lecture de Lénine et l'observation des faits apprennent au jeune dirigeant que la domination des monopoles est la source du militarisme, de l'agression, de la guerre, qu'à l'époque de l'impérialisme, le militarisme frappe toute la vie de la société.

 

En 1925, Maurice Thorez est président du Comité central d'action contre l'injuste guerre du Maroc. Il s'attache de toutes ses forces à entraîner dans la lutte les ouvriers socialistes aux côtés de leurs frères communistes. Persuadé qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre, il impulse l'action des masses contre la guerre et forme le jeune Parti communiste dans l'esprit de la solidarité prolétarienne avec l'action anti-impérialiste des peuples coloniaux. La grève nationale du 12 octobre 1925, déclenchée à l'appel du Parti, mobilisa 900 000 travailleurs sur le mot d'ordre de cessation immédiate de la guerre.

 

Ainsi se créait une tradition de lutte qui ne se démentira jamais. Plus tard, avec la même résolution, Maurice Thorez et le Parti communiste combattront pour l'indépendance du Vietnam, pour l'indépendance de l'Algérie ; dans l'esprit de Lénine, ils revendiqueront pour tous les peuples soumis à l' « Empire » le droit de libre disposition.

 

Comme l'écrivait Mikhail Souslov, membre du Présidium et secrétaire du Comité central du P.C.U.S dans son hommage à Maurice Thorez à l'occasion du 65 ème anniversaire de sa naissance, « durant les années difficiles où régnait en France la griserie chauvine, et particulièrement dans la période de la 'sale guerre' du Vietnam et de la guerre coloniale de l'impérialisme française contre le peuple algérien, le Parti communiste fut l'unique parti de France qui élevât résolument la voix pour défendre la juste cause des peuples opprimés. Voilà pourquoi, le 16 juillet 1964, lorsque les travailleurs de France accompagnaient Maurice Thorez à sa dernière demeure, leur douleur était partagée par les travailleurs d'Algérie, du Vietnam, du Maroc et des autres pays pour la libération desquels il avait lutté avec abnégation. »

 

Poursuivi par les gouvernements réactionnaires de son temps, recherché par la police pour son action contre la guerre du Maroc, Maurice Thorez connaît durant deux années la vie difficile du militant illégal. Il n'en continue pas moins, à son poste, à travailler au renforcement du Parti.

 

Arrêté en juin 1929 à la suite d'une trahison, jeté en prison, Maurice Thorez y donne l'exemple à la fois de la fermeté, de l'intrépidité et de l'étude, du soin de la culture intellectuelle. Il organise des cours pour les jeunes travailleurs qui partagent son sort ; il met à profit les loisirs forcés que lui donne la détention pour approfondir ses connaissances, élargir son horizon.

 

A la tête du Parti communiste

 

Rendu à la liberté, Maurice Thorez se voit confier par le Comité central, en juillet 1930, les fonctions de secrétaire-général. A cette date, le Parti se trouve en bien mauvaise posture par suite de la politique sectaire du groupe Barbé-Célor, des excitations de Doriot aux luttes fratricides entre ouvriers socialistes et communistes, de la négation complète du centralisme démocratique dans la vie intérieure du Parti. « Pas de mannequins dans le Parti ! Que les bouches s'ouvrent ! » C'est par cet appel fameux que débute la bataille de Maurice Thorez contre le groupe sectaire hostile à la défense des revendications immédiates et à la lutte pour l'unité d'action. Le groupe est bientôt démasqué et écarté.

 

Dès lors, la route est libre pour le redressement du Parti, pour le combat sans répit en vue de liquider la scission, de rassembler tous les travailleurs sur un même front, de faire triompher le mot d'ordre que Maurice Thorez lance le 2 décembre 1932, salle Bullier, à Paris : « Une classe ouvrière unie contre la bourgeoisie, un seul syndicat, un seul parti du prolétariat ! » Donner au peuple un parti bien à lui qui soit un parti puissant, soudé aux larges masses et capable de réaliser, grâce à une audacieuse politique unitaire associée à une stricte fidélité aux principes, la démocratie et le socialisme en faisant la France libre, forte et heureuse, tel est l'objectif qui a dominé toute l'action de Maurice Thorez comme secrétaire général puis comme président de notre Parti.

 

Décrivant l'orientation de Maurice Thorez en 1925 comme président du Comité central d'action contre la guerre du Maroc, un historien bourgeois, Jacques Fauvet, écrit : « Il se voue aux propositions d'unité, car il apparaît tel qu'il sera toujours, inlassablement, le partisan du front unique ». La passion de l'unité, en vue du triomphe de la cause ouvrière, ce fut bien, en effet, la ligne directrice de Maurice Thorez.

 

On rappellera dans la suite de cet exposé le rôle déterminant qu'il a joué dans l'élaboration et la réalisation du front unique de la classe ouvrière de 1932 à la signature du pacte d'unité d'action avec la SFIO en 1934, la part qui lui revint dans l'établissement du Front populaire, dans la mobilisation des grandes masses contre le fascisme et la guerre, contre la domination des 200 familles. Le VII ème Congrès de l'Internationale communiste, en 1935, devait proposer en exemple à tous les partis affiliés l'expérience française du Front populaire, grâce auquel, dans notre pays, le fascisme n'a pas pu s'implanter, sinon sur la protection directe des baionettes de Hitler.

 

Dans les années d'avant-guerre, Maurice Thorez, secondé par Jacques Duclos, par Benoît Frachon et ses autres fidèles compagnons, livre une bataille acharnée pour l'application du programme du Front populaire, contre la politique réactionnaire des cercles dirigeants, pour l'organisation pratique de l'aide internationale à l'Espagne républicaine. Sous sa direction, le Parti communiste français condamne hautement la trahison de Munich. Sous sa direction, le Parti communiste relève le drapeau national abandonné par la bourgeoisie régnante et il l'associe dans toutes ses manifestations au drapeau rouge des espérances ouvrières.

 

Maurice Thorez est alors l'éloquent interprète du patriotisme populaire et de l'amour de la liberté. L'histoire n'oubliera pas la passion frémissante de tant de textes pathétiques comme celui du 17 avril 1936 :

 

« Les dirigeants des ligues factieuses méconnaissent et heurtent le sentiment de notre peuple épris de liberté et fier de son indépendance. Ce n'est ni à Rome, ni à Berlin, ni dans aucune autre capitale étrangère, et pas même à Moscou, pour laquelle nous ne dissimulons pas, nous communistes, notre profond attachement, que se déterminera le destin de notre peuple : c'est à Paris ».

 

« Le peuple de France répugne à l'esclavage et à la servitude, à la discipline du troupeau soumis à la dictature d'un seul qui parle au nom des maîtres capitalistes. Car le fascisme, c'est l'avilissement, l'anéantissement de l'individu ; c'est l'impossibilité pour le savoir et le talent de donner leur mesure dans le plein épanouissement de la liberté assurée à chacun et à tous : c'est le refoulement de tout esprit d'initiative et de progrès ».

 

Quand vient en 1939 le cent-cinquantième anniversaire de la Révolution française, la voix de Maurice Thorez s'élève pour proclamer que la France populaire est fière de son passé révolutionnaire, depuis Robespierre et Saint-Just jusqu'à Lafargue et Jaurès. Cette France, dit-il, est toujours animée de l'esprit des Jacobins et des Communards, de Voltaire et de Diderot, de Hugo et de Zola, d'Anatole France et de Romain Rolland. Le Parti communiste est en charge de cet héritage glorieux et il le défendra contre tous ses ennemis.

 

De la trahison de Munich découle la deuxième guerre mondiale. Bien que la direction du Parti communiste français ait proclamé la volonté des communistes de prendre une part active à la défense du pays contre l'agression fasciste, la répression s'abat sur le Parti. Maurice Thorez prend sa place de responsabilité et d'honneur à la tête du Parti traqué par les criminels qui font la guerre au peuple, mais ne la font pas à Hitler.

 

Notre Parti reste, à l'heure de la débâcle, la seule force nationale organisée qui appelle à la lutte contre l'envahisseur et ses complices. Le 10 juillet 1940, le jour même où, à Vichy, Laval obtient l'étranglement de la République d'un Parlement servile, d'où tous les communistes avaient été exclus, Maurice Thorez et Jacques Duclos signent le mémorable appel, qui convie le peuple au combat pour la liberté, l'indépendance et la renaissance de la France. Aucune manipulation des anti-communistes n'a pu réussir ni ne réussira à escamoter de l'histoire ce document glorieux.

 

Pendant quatre ans, la nation allait se battre pour sa libération, communistes en tête. Malgré les dizaines de milliers de camarades tombés dans la bataille, parmi lesquels Louis Thorez, un des frères du secrétaire général du Parti, l'organisation communiste sort de la cruelle épreuve plus forte et mieux trempée.

 

En 1946, cinq millions et demi de Françaises et de Français votent pour le Parti communiste. Cinq communistes entrent au gouvernement, dont Maurice Thorez. Leur œuvre, ce sont les nationalisations, la sécurité sociale, le statut de la fonction publique, c'est aussi l'organisation du grandiose effort de production que la classe ouvrière accomplit pour assurer la renaissance du pays. Au jugement de l'adversaire lui-même, Maurice Thorez, bientôt vice-président du Conseil, déploie les plus rares qualités de l'homme d'Etat.

 

C'est alors aussi que, dans sa célèbre interview auTimes, il met l'accent sur la spécificité des voies françaises du passage au socialisme, sur la possibilité d'une voie pacifique qui résulte du nouveau rapport de forces découlant de la deuxième guerre mondiale.

 

En mai 1947, la réaction, obéissant à Washington et agissant par l'intermédiaire des dirigeants socialistes de droite, écarte les communistes du gouvernement. Mais elle échoue complètement dans sa tentative de saper l'influence de notre Parti dans les masses.

 

Alors commence la période de la guerre froide, la période des grandes campagnes antisoviétiques de la réaction chez nous et dans tous les pays capitalistes. Maurice Thorez rappelle inlassablement que l'amitié de l'Union soviétique a été et reste la meilleure garantie de l'indépendance de la France. On sait quelle importance devait revêtir son affirmation solennelle du 30 septembre 1948 : « Le peuple de France ne fera pas, il ne fera jamais la guerre à l'Union soviétique ».

 

Maurice Thorez montre en même temps qu'une fois encore, devant l'abdication de la bourgeoisie française qui laisse le champ libre à la pénétration du « mode de vie américain » et des idées réactionnaires de l'Amérique, les communistes sont « les gardiens de l'héritage moral et intellectuel de la France ». C'est là un de ses thèmes principaux dans le rapport au XII ème Congrès du Parti (avril 1950), et dans tous les documents de la même période.

 

Le mois même où se tenait le XII ème Congrès, le président Truman annonçait que les Etats-unis commençaient la « campagne de vérité contre le communisme » ; peu après le professeur de l'université de Yale chargé de la théorie de la propagande impérialiste, Harold Lasswell, déclarait dans son livre : Political and psychological warfare, qu'après l'armée de terre, l'armée de l'air et la flotte, la propagande représentait désormais la quatrième arme de la politique américaine : il n'était plus question de « vérité » ! Une immense machine de guerre psychologique se mettait à fonctionner. C'est Maurice Thorez qui relevait le défi, au nom du droit de la France à une pensée libre, à une tradition culturelle autonome, à une politique indépendante. Il marquait fortement qu'un pays avec une vieille histoire et une culture originale comme les nôtres n'était pas disposé à se laisser coloniser.

 

Parallèlement, le Parti communiste accomplit, tout au long de ces années, un énorme travail afin de défendre les revendications immédiates des masses laborieuses, de les mobiliser contre la domination des monopoles, contre les guerres coloniales, pour la paix, la démocratie et le socialisme.

 

Maurice Thorez organise le combat pour toute parcelle des libertés démocratiques, contre l'omnipotence des monopoles dans l'économie et dans la société. Profondément léniniste, il est convaincu que la lutte pour la démocratie est partie intégrante de la lutte pour le socialisme. La lutte pour la démocratie est mise par lui au premier plan dans les années où s'annonce l'instauration du pouvoir personnel gaulliste, dont il sera l'adversaire résolu.

 

Au XV ème Congrès du Parti, en 1959, il souligne que, de notre temps, il n'y a plus un long intervalle historique entre les transformations démocratiques et les transformations socialistes, et il en donne la raison : la direction manifeste, incontestable de tout le mouvement progressiste de la société par la classe ouvrière, représentante de l'idée socialiste, rapproche et soude entre elles les deux étapes.

 

Pendant toute cette période du pouvoir gaulliste, le secrétaire général du Parti rappelle inlassablement cette idée de Lénine que le capitalisme de monopole transforme la démocratie en une illusion, mais en même temps engendre les tendances démocratiques dans les masses ; d'où l'antagonisme croissant entre l'impérialisme qui nie la démocratie et les masses qui y aspirent.

 

La condition fondamentale du succès dans la lutte pour la démocratie et pour le socialisme est aux yeux de Maurice Thorez la large alliance antimonopoliste de la classe ouvrière avec les couches moyennes de la ville et du village, l'unité d'action des communistes et des socialistes. Il avance et justifie la thèse théorique de grande importance d'après laquelle la coopération des communistes avec les socialistes et d'autres formations démocratiques est nécessaire non seulement pour conquérir une démocratie qui mérite son nom, mais pour construire le socialisme.

 

En mai 1964, le XVII ème Congrès de notre Parti mettait l'accent sur la lutte pour l'unité de toutes les forces démocratiques sur la base d'un programme constructif. Maurice Thorez était élu président du Parti, dont le camarade Waldeck Rochet devenait secrétaire-général.

 

Maurice Thorez prononça au congrès un discours capital. Il souligna notamment que l'unité d'action des travailleurs s'obtient grâce à la lutte pour les revendications immédiates, pour les transformations démocratiques, pour la paix entre les peuples. Il appela les communistes à se battre avec fermeté contre le sectarisme stérile et l'étroitesse, d'une part, contre l'opportunisme de droite et le révisionnisme, d'autre part. Ce discours devait être le testament politique de Maurice Thorez.

 

Un dirigeant éminent

 

C'est grâce aux orientations définies dans une large mesure par Maurice Thorez que le Parti communiste français est devenu ce qu'il est aujourd'hui, le premier parti de la démocratie française, la grande force de la nation, un inépuisable réservoir d'énergie. Rien ne saurait désormais l'abattre. Les épreuves qu'il a traversées depuis un demi-siècle – calomnies et trahisons, persécution et illégalité – n'ont fait que le rendre plus fort, même quand elles creusaient des vides cruels dans ses rangs. Il plonge ses racines dans l'histoire de France et il exprime, dans ce pays dont il est le produit authentique, la poussée internationale des forces de progrès : le Parti communiste français s'est formé, comme Maurice Thorez l'a dit lors du quarantième anniversaire du Congrès de Tours, sous la double influence des idées nouvelles léninistes, mises dans tout leur éclat par la Révolution d'Octobre, et de l'essor de la lutte de masses en France même, qui faisait revivre les meilleures traditions de notre classe ouvrière et de notre peuple. Le Parti s'est créé par un retour aux meilleures sources nationales, et non pas, comme le disent les bourgeois, par une greffe artificielle du bolchévisme sur le vieux socialisme français.

 

La personnalité de Maurice Thorez a certes compté pour beaucoup dans l'histoire du Parti et de pays. Mais – contrairement aux conceptions bourgeoises de l' « homme providentiel » selon lesquelles l'homme est grand par ce qui le distingue et l'isole du peuple – l'individu n'agit sur l'histoire que si sa vie fait corps avec les forces sociales progressistes.

 

Le théoricien marxiste Georgi Plekhanov écrit dans son ouvrage sur « le rôle de l'individu dans l'histoire » :

 

« Un grand homme est grand non parce que ses qualités personnelles donnent aux grands événements historiques leur physionomie propre, mais parce qu'il est doué de qualités qui le rendent plus capable que tous les autres de répondre aux grands besoins sociaux de son temps (…) Carlyle, dans son célèbre ouvrage sur les héros, appelle les grands hommes des initiateurs. Le mot est des plus heureux. Oui, le grand homme est un initiateur, parce qu'il voit plus loin et veut plus fortement que les autres. Il résout les problèmes scientifiques que pose à l'ordre du jour la marche antérieure du développement intellectuel de la société ; il signale les nouveaux besoins sociaux créés par le développement antérieur des rapports sociaux et, le premier, il entreprend de les satisfaire. Il est un héros. Non en ce sens qu'il pourrait arrêter ou modifier le cours naturel des choses, mais parce que son action est l'expression consciente et libre de ce cours des choses nécessaire et inconscient. Toute son importance est là, et aussi toute sa force ».

 

Tel a été Maurice Thorez : un initiateur, qui a travaillé à rendre l'idée communiste familière à tous, qui a exprimé de la manière la plus lucide les aspirations des forces montantes et s'est identifié à elles. Il a été un dirigeant éminent, non pas en ce sens qu'il aurait pu changer le cours des choses et former le Parti communiste à partir de rien, mais en ce sens que son activité, ses dons naturels, son dévouement ont fait de lui le militant le plus en vue du parti qui répondait dans la France du XX ème siècle aux besoins du développement social, qui traduisait en action politique les exigences historiques.

 

Dans sa lettre au journal Le populaire sur l'anniversaire de la mort de Jaurès en 1916, Romain Rolland écrivait : « Le seul fait que je veux retenir aujourd'hui, c'est de quelle importance demeure dans le monde moderne une personnalité (…) Bien loin d'annihiler le rôle de l'individu, le socialisme doit en centupler la force ; car il lui faut des hommes qui concentrent en eux toutes les énergies dispersées des peuples et qui les projettent sur leur route en un puissant faisceau de lumière consciente ».

 

Ce que Romain Rolland attribuait aux individualités brillantes, ce rôle d'accumulateur des énergies populaires et de phare éclairant la voie des peuples, nous savons que c'est en réalité la mission historique du parti marxiste-léniniste de la classe ouvrière. Mais la fonction des dirigeants de ce parti n'en reste pas moins capitale et décisive.

 

 

L'activité créatrice de Maurice Thorez pendant près d'un demi-siècle a été une expression et un aspect supérieurs du mouvement logique et nécessaire par lequel l'histoire formait le Parti communiste français et le faisait accéder au rôle de guide reconnu de la nation qui travaille et qui pense.

Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 07:16
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persecution_irak.jpgDénoncer l'hypocrisie sur le sort tragique des Chrétiens d'Irak : 1991/2003/2011, USA et Europe, les vrais responsables !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Mentez avec audace, il en restera toujours quelque chose. Cette citation de Bacon sied comme un gant à la propagande de guerre américaine. Prête à tout pour légitimer ses interventions criminelles, mentir effrontément, couvrir de ses crimes futurs le sang de ses crimes passés.

 

Les Chrétiens d'Irak sont en danger. Le terme si galvaudé de « génocide » est lancé par le gouvernement américain, dix ans après la « croisade » déchaînée par le président américain Bush contre un gouvernement 'laïc', avec le soutien des opposants islamistes.

 

Pour railler le ridicule des fondamentalistes américains, on peut reprendre Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes ».

 

1991, 2003, 2011 : la persécution des Chrétiens d'Irak accompagne le rythme des ingérences impérialistes !

 

En effet, la datation du début du calvaire des Chrétiens, à rebours, est troublante.

 

2011 pour le « génocide » et la montée en puissance des djihadistes de l'EIIL (Etat islamique d'Irak et du Levant), 2003 pour la persécution massive des Chrétiens en Irak, 1991 pour la remise en cause de la protection dont bénéficiait la minorité chrétienne.

 

1991 : la Première guerre du Golfe, point de départ du « Nouvel ordre mondial », de la Pax Americana de Bush I. Après avoir dupé l'Irak de Saddam sur l'invasion du Koweit, les Etats-unis ramènent le pays « à l'âge de pierre », soumettant un des États les plus développés de la région à des sanctions le ramenant à un sous-développement chronique, une situation humanitaire critique.

 

2003 : Deuxième guerre du Golfe, la « croisade » du Bien contre le Mal de Bush II, sous un prétexte mensonger, pour des intérêts égoïstes, plongeant le pays dans la guerre civile communautaire, le pillage de ses ressources pétrolières, l'islamisation rampante.

 

2011 : enfin la Guerre civile en Syrie sous Barack le pacificateur avec le soutien à la rébellion islamiste de la part des Etats-unis, des puissances européennes, des monarchies absolues du Golfe, conduisant à l'irruption de l'EIIL, comme branche locale d'Al Qaida.

 

Plus d'un million de morts depuis les « guerres du Golfe » : des interventions humanitaires ?

 

Le bilan de plus de vingt ans de déstabilisation de l'Irak dépasse le simple sort de la minorité chrétienne. Même si comme le rappelle Gramsci au sujet du génocide arménien : « Pour qu’un fait nous touche, il faut qu’il (…) s’agisse de gens auxquels nous pouvons nous identifier ».

 

En tout, on estime entre 500 000 et 1 million de morts irakiens depuis la seconde invasion américaine(voir notre article : L'horreur impériale : l'invasion américaine de l'Irak a fait au moins 500 000 morts depuis 2003).

 

A quoi s'ajoutent les 250 000 morts de la première guerre du Golfe de 1991, ainsi que – selon l'UNICEF – les 500 000 enfants morts en raison des sanctions imposées entre 1991 et 2000, une estimation très prudente par ailleurs

 

Sur le plan du développement humain, cette fois d'après l'UNESCO, l'Irak était avant 1991 le meilleur élève de la région pour son taux d'alphabétisation et de scolarisation, ses indicateurs de santé, l'égalité homme-femmes, et plus largement son niveau de prospérité économique.

 

Le fruit d'une politique d'éducation et de santé gratuite, publique et laïque, financée par la nationalisation du pétrole en 1971, qui avait amélioré le sort de la majorité de la population, tout en protégeant les minorités – tant qu'elles ne gênaient pas le pouvoir autoritaire.

 

Pas de quoi idylliser non plus le régime baathisteà la brutalité bien connuecontre les opposants de gauche (en premier lieu les communistes), mais aussi certaines minorités (chiites, kurdes), bien loin de correspondre à un idéal de participation démocratique réelle (et non formelle).

 

Un régime qui n'a pas gêné pendant longtemps les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne qui l'ont soutenu soit quand il s'agissait de faire contre-poids à l'Iran post-révolutionnaire, ou quand il s'est agi d'éliminer le marxiste Abdoul Karim Kassim dans les années 1960, dérageant les intérêts des majors pétrolières anglo-américaines.

 

Les Chrétiens d'Irak, une minorité protégée sous l' « Ancien régime »

 

Et pour les Chrétiens d'Irak ?Un chiffre résume l'ampleur du désastre. En 1991, ils étaient 1,5 millions, dont au moins 1 million était encore là en 2003. En 2014, il serait entre 150 et 300 000 sur place : 90% des Chrétiens d'Irak ont soit fui, soit sont morts dans la guerre civile.

 

Les Chrétiens d'Irak sont une vieille, une des plus anciennes communautés chrétiennes, majoritairement composée d'Assyro-Chaldéens – bien que l'on compte également des Arméniens, des Grecs orthodoxes – issus des peuples assyriens qui ont régné sur la Mésopotomie au début du I er millénaire avant Jésus-Christ.

 

Les Assyro-Chaldéens parlaient traditionnellement l'araméen – la langue de Jésus – et ont été évangélisés vers l'an 40 par l'apôtre Thomas.

 

Ils ont vécu dans une co-existence harmonieuse avec les Arabes pendant sept siècles, avant de résister aux invasions mongoles puis turques.

 

Il a fallu l'invasion barbare américaine pour mettre un terme à leur présence pluri-millénaire.

 

Quel était le sort des Chrétiens sous Saddam Hussein et maintenant ?Les dignitaires ecclésiastiques d'Irak relayent la parole des fidèles : leur sort était bien plus enviable avant.

 

Que ce soit le révérend anglican Andrew White pour qui « la situation pour les Chrétiens est pire aujourd'hui que sous Saddam (…) il n'y a pas de comparaison entre l'Irak d'avant et celui d'aujourd'hui (…) C'est probablement la pire période de l'histoire pour les Chrétiens »(CBS, décembre 2007).

 

Celui qui fut le « ministre des affaires étrangères » du pape Jean-Paul II entre 1990 et 2003, le cardinal Jean-Louis Tauran, aujourd'hui responsable du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux (30 Giorni / août 2007) défend la même idée : « Paradoxalement, les Chrétiens étaient mieux protégés sous la dictature de Saddam Hussein ».

 

Pourtant, selon l'archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Nona (octobre 2013/AED) « l'islam irakien n'a jamais été fondamentaliste. C'est après 2003 qu'un islam fondamentaliste s'est propagé partout en Irak (…) la conséquence d'une politique qui utilise la région pour réaliser ses objectifs ». Mgr Nona dit ne« rien attendre de l'Occident, si on parle de politique occidentale ».

 

Mgr Sako, patriarche de l'Eglise chaldéenne est plus clair encore (AED/28 juin puis le Figaro/2 août 2014) : « La politique occidentale ne suit que des intérêts économiques (…) Les Américains sont venus ici, ils ont commis beaucoup d'erreurs. C'est à cause d'eux que la situation est telle qu'elle est aujourd'hui. Pourquoi remplacer un régime par une situation pire encore ? C'est ce qui est arrivé après 2003 ».

 

La comparaison est cruelle entre l'Irak d'avant et celui d'aujourd'hui. Sous Saddam Hussein – à condition que l'on n'interfère pas avec la politique –la liberté de croyance et de culte était garantie, tout comme la construction d'églises a été favorisée par le régime.

 

Certains parlent même d'une communauté privilégiée qui a pu profiter des opportunités d'éducation et économiques offertes par le régime, grossissant la cohorte des hauts fonctionnaires, ingénieurs, médecins et entrepreneurs locaux.

 

La présence au sommet de l'appareil d'Etat de Tariq Aziz (né Michel Johanna) en est syptomatique. Ce chaldéen fut une des personnalités de premier plan du régime de Saddam, ministre des Affaires étrangères en 1991, puis vice-premier ministre (numéro 2) en 2003.

 

Ce n'est qu'après 1991 que le sort des Chrétiens d'Irak va se dégrader. Le régime de Saddam cherche une nouvelle légitimité effritée dans l'islamisme renaissant.

 

Les Chrétiens sont soumis à des programmes de « relocation » loin des champs pétroliers, contribuant encore plus à leur concentration dans les grandes villes – Bagdad, Mossoul, Kirkouk – contraints à changer leurs prénoms pour adopter des patronymes arabes/musulmans.

 

Qui faut-il blâmer pour l'émergence des djihadistes de l'EIIL, nos alliés en Syrie, financés par nos amis saoudiens ?

 

Mais l'enfer commence avec la chute de Saddam. Pour les islamistes Chiites, ils sont associés à l'Ancien régime. Pour les fondamentalistes Sunnites, ils sont assimilés aux occupants occidentaux.

 

Privés de tout soutien militaire – les envahisseurs américains ne se préoccupent guère de leur protection – ils deviennent les victimes collatérales de la guerre civile irakienne, comme beaucoup d'autres Irakiens.

 

La liste des exactions ne se compte plus : attentats à la bombe visant des églises (comme en janvier 2008 où trois églises à Mossoul, deux à Kirkouk et quatre à Bagdad), enlèvement de dignitaires religieux (comme l'archevêque chaldéen Paulos Faraj Rahh kidnappé et tué en 2008), vague d'assassinats visant la communauté chrétienne.

 

Mais le chemin de croix des Chrétiens d'Irak n'est pas terminé. Il va connaître une brusque accélération après 2011, et l'émergence comme puissance régionale d'une bande de criminels armés, de voyous islamistes, l'EIIL (ou ISIS en anglais).

 

Mais qui a favorisé la percée de ce groupe, encore inconnu il y a quelques années, quand il n'était qu'une branche armée locale, dissidente, extrémiste d'Al Qaeda ? (sic)

 

Nous savons désormais que ce groupe composé de guère plus de 20 000 combattants s'est forgé dans la guerre civile en Syrie– où se trouvent les 2/3 de ses combattants –, il a bénéficié avec son organisation sœur d' « Al Nosra » des envois d'armes, du soutien militaire et financier de l'Arabie saoudite au moins, peut-être d'autres Etaats du Golfe.

 

Même si il ne serait depuis 2014 plus soutenu par aucun Etat mais seulement par des « riches donateurs privés du Golfe ». Qaund on sait la porosité extrême entre familles princières, riches particuliers et milieux islamistes dans les pays du Golfe, il y a de quoi rire jaune.

 

Il a bénéficié (et bénéficie encore) du soutien logistique de la Turquie qui fournit une base arrière confortable, tandis que les Etats-unis ont envoyé sur place des conseillers, des formateurs – qui opéraient depuis la Jordanie.

 

Obama a même récemment promis 500 millions de $ d'aide militaire aux rebelles syriens. Même si officiellement, cette aide est destinée aux modérés (!) bien introuvables.

 

On rirait presque du fait – si cela n'était tragique – qu'ISIS ait arboré fièrement une photo prise par l'ineffable « faucon » John McCain avec cinq combattants islamistes– alors, « combattants de la liberté » dans leur lutte contre Bachar al-Assad.

 

Alliés avec les islamistes d'EIIL en Syrie contre Assad, prêts à les bombarder en Irak … en alliance avec les Kurdes que nous laissons périr en Turquie, notre allié qui soutient les islamistes d'EIIL, ainsi que les Saoudiens et les Qataris qui financent également les islamistes du Mali ou de Libye.

 

A un stade de putréfaction avancé, l'impérialisme ne conçoit une sortie de la crise que dans le plongeon dans la guerre. Loin des sottises « commémoratives » de 1914, des appels à l'unité européenne (contre tous les autres!), à l'Union sacrée (bien nationale, elle!), nous avons décidément beaucoup à apprendre de la relecture de l'histoire.

 

 

Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 07:03
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demo_soli_israel090111-040.jpgEn Allemagne, les dirigeants de « Die Linke » dénoncent ... les manifestations contre l'agression israélienne saignant Gaza !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Légende de l'image : le dirigeant berlinois de « Linke » Klaus Lederer participant à une manifestation pro-israélienne lors de l'opération « Plomb durci » contre Gaza en 2009. On peut lire derrière : « Solidarité avec Israel – Arrêtons la terreur du Hamas »



Il n'y a pas qu'en France que les médias, les partis dominants jouent la carte dangereuse de l' « anti-sémitisme » pour discréditer l'opposition à l'agression israélienne à Gaza. En Allemagne, ce consensus trouve un étrange soutien dans « Die Linke » (la Gauche).



En Allemagne, comme ailleurs en Europe, l'offensive criminelle israélienne a soulevé l'indignation. Des manifestations de solidarité se sont multipliées : le 18 juillet dernier 3 000 personnes à Essen, 1 8 000 à Cologne. Le lendemain, ils étaient 4 500 à Mannheim et 750 à Karlsruhe.



C'est la manifestation d'Essen qui va déclencher une polémique d'ampleur nationale, relayée par les médias. Ces derniers dénoncent une démonstration d'anti-sémitisme, des actes violents visant la synagogue d'Essen, prenant à parti une « manifestation pacifique » pro-israélienne.



La manifestation de solidarité d'Essen : des cadres de Die Linke des deux côtés de la barricade !



La réalité semble quelque peu différente. Cette manifestation était convoquée par l'organisation régionale de « Die Linke » et son organisation de jeunesse en Rhénanie-Westphalie sous le mot d'ordre « Stop au bombardement de Gaza – pour mettre fin à l'escalade au Moyen-orient ».



Un mot d'ordre circonspect, accompagné d'une organisation inflexible envers les agents provocateurs qui a permis, selon la police d'Essen, de réaliser une « manifestation pacifique ».



Les images, les vidéos relayés par la presse ainsi que par les formations pro-israéliennes se révèlent peu convaincantes : quelques imbéciles isolés criant des « Adolf Hitler », feignant un salut nazi, des slogans anti-sémites meuglés par une dizaine d'excités, et c'est après tout.



Les « débordements » concernent au plus une centaine de personnes venues pour en découdre avec les manifestants pro-israéliens, tout aussi excités, ceux des groupes « Anti-allemands » (Antideutsche) notamment, pseudo anti-fascistes, virulents partisans de la politique israélienne et américaine.



Ces événements d'Essen ont conduit à une campagne médiatique se déchaînant contre les manifestants, avec des condamnations des ministres des Affaires étrangères, de la Justice, jusqu'à la chancelière Angela Merkel.



Des attaques directes ont visé la fédération de Rhénanie-Westphalie de « Die Linke », ces dirigeants impliqués de longue date dans la cause palestinienne, comme les secrétaires Ralf Michalowsky et Ozlem Demirel, soucieux de condamner l' « anti-sémitisme » sans céder sur l' « anti-sionisme ».



Or, ces militants, ces cadres ont été lâchés par le « parti de gauche » (Linkspartei) qui s'est joint à la meute pour condamner leur action, parfois en des termes d'une violence rare.



Il faut rappeler déjà que outre le populiste de droite islamophobe Michael Höhne-Pattberg, on trouvait dans la manifestation pro-israélienne à Essen, le politicien de Die Linke originaire du Brandebourg, Harald Petzold.



La meute a été lâchée avec la déclaration de Matthias Höhn, dirigeant de « Die Linke » issu du camp droitier des « réformateurs ». Le dirigeant saxon aurait déjà exigé au préalable des dirigeants rhénans « de reconsidérer leur participation, d'annuler la manifestation ».



Après la manifestation, Höhn a publié un communiqué s'estimant « choqué » face à « ces slogans anti-sémites, l'assaut contre la Synagogue d'Essen – objectif déclaré des manifestants anti-israéliens –, les jets de pierres et bouteilles contre des manifestants pro-israéliens : tout cela me fait honte ». Une bien étrange relecture uni-latérale et catastrophiste des événements.



La député régionale de Thuringe, Katharina König (qui s'est engagé à 18 ans dans une année de « service volontaire » en Israël !), va aller beaucoup plus loin dans une publication sur le site internet « Ruhrbarone ».



Selon elle, les Palestiniens sont les agresseurs, Israel la victime : « Israel ne fait que se défendre contre les attaques de roquette. » L’État sioniste est sous le feu d'un front uni « des islamistes, des nazis, des gauchistes, des naïfs et des anti-sémites qui assurent le succès des calculs des terroristes ».



Sur la manifestation, König conclut :« Ce ne sont pas des manifestations pour la paix. Ce sont des manifestations contre Israël. Elles s'intègrent sciemment à la politique de la terreur ».



Du côté de Berlin, un autre membre du courant de droite « Forum social démocratique » s'est exprimé contre les manifestations, Klaus Lederer, dans une interview au « Tagesspiegel », le 21 juillet dernier.



Selon Lederer, il faut en finir avce cette vision manichéenne d'un méchant Israël « bras armé de l'impérialisme américain » et des gentils mouvements de libération nationale, dont celui de Palestine.



Il faut commencer par critiquer les « terroristes » d'Hamas avant de s'attaquer à Israël, selon lui. Le titre de l'entretien résume le tout : « la haine d’Israël est intolérable ».



La position officielle de Die Linke : renvoyer dos à dos agresseur et victime … pour mieux blanchir Israël !



Ces positions droitières ont-elles trouvé un écho dans la position officielle du parti, à l'échelle nationale ?



Hélas, oui, il suffit de lire le premier communiqué, celui du 11 juillet, publié conjointement par les secrétaires nationaux Katia Kipping, Bernd Reixinger ainsi que leur « parrain », le vétéran Gregor Gysi, architecte de la ligne européenne du PGE (Parti de la gauche européenne).



Dans ce communiqué, il y est affirmé que la responsabilité est partagée, les « deux camps refusent la paix », les « jusqu'au-boutistes des deux camps recherchent l'escalade » et c'est en fait les Palestiniens qui les premiers ont « tiré des roquettes contre des cibles civiles » entraînant une « réaction disproportionnée » (sic) du côté israélien.



Une fausse position équilibrée qui dédouane largement Israël, et qui ne voit d'issue – non dans la lutte de résistance du peuple palestinien – mais dans la pression sur la « communauté internationale » (donc l'Allemagne, la France, les Etats-unis …) pour intervenir et stopper l'escalade dont les deux camps seraient responsables.



Cette position a certes été amendée par la suite, mais elle n'a guère changée sur le fond. Le 22 juillet, un nouveau communiqué réaffirme cette double responsabilité israélo-palestinienne.



Dans le même temps, ce même 22 juillet, Jan Korte (réformateur) pour « Die Linke » s'associe à une déclaration du groupe parlementaire Allemagne-Israël qui :



« condamne toutes les formes d'anti-sémitisme, en particulier celles liées aux manifestations pour Gaza, tendant à relativiser voire nier l'Holocauste, à scander des chants anti-sémites, à s'attaquer aux citoyens juifs et pro-israéliens ».



On pourrait croire à des déclarations épidermiques. Que nenni. L'ultime interview accordée à la radio « Deutschland Funk » le 8 août par le responsable aux questions internationales de Die Linke, Stefan Liebich (un autre réformateur !) clarifie la position du parti.



Attention, pour Liebich, les « responsabilités ne sont pas égales des deux côtés ». Intéressant, donc ? « En fait, c'est le Hamas qui prend en otage sa propre population, pour faire valoir ses revendications. Il y avait un cessez-le-feu, c'est le Hamas, le camp palestinien qui y a mis fin ».



Donc, l'escalade à Gaza, c'est de la faute des Palestiniens, tiens, du nouveau ! Même si la « riposte de l'armée israélienne aux bombardements palestiniens a sans doute été disproportionnée » (sic). On retrouve les mêmes termes que dans le communiqué officiel du parti.



Liebich n'est pas satisfait toutefois de la position d’Israël, il appelle à la levée du blocus qui lui « rappelle quelque peu la situation de Berlin-est » (quelle comparaison pour un Ossie!).



Le temps pour lui de nuancer : « mais je comprends ceux qui disent : si nous (Israël) mettons fin au blocus, alors il faut que la terreur contre les civils israéliens cesse maintenant ».



La longue droitisation de Die Linke, son lent renoncement à l'anti-impérialisme … jusqu'où va-t-il aller ?



Hélas, ces positions de plus en plus ouvertement complaisantes envers l'impérialisme israélien, américain et européen ne sont pas nouvelles. Elles s'inscrivent dans une lente glissade droitière depuis la fondation du parti en 2005.



Ne serait-ce que sur la critique du sionisme, « Die Linke » a connu déjà de nombreux renoncements.



On se souvient de Gregor Gysi qui, lors du 60 ème anniversaire de l’État d’Israël, en 2008, avait déclaré : « L’antisionisme ne peut, ou du moins ne peut plus, être une position défendable pour la gauche en général et pour le parti Die Linke en particulier ». Une position répétée à l'envi par les dirigeants de Linke ces dernières semaines.



En juin 2011, sur le soutien de la « flottille de la liberté » de solidarité avec Gaza en juin 2011, plusieurs députés de Linke avaient soutenu activement l'initiative … alors que Gysi, et une forte minorité de parlementaires dénonçaient une campagne anti-sémite, des agissements violents.

 

La direction de Linke avait alors proposé une motion interdisant la participation d'élus de Linke à la Flotille de la Liberté pour Gaza au nom de la lutte contre l' « anti-sémitisme ». 19 députés avaient refusé d'obéir à une telle résolution, 57 l'avaient tout de même accepté.

 

Enfin, quel autre symbole pouvait-on trouver à ce ralliement que le soutien auxélections présidentielles en 2012 de Beate Klarsfeld, amie de Nicolas Sarkozy, connue pour sa défense zélée du sionisme, dans sa version la plus droitière, la plus brutalement colonialiste.

 

Cette position de soutien à la politique pro-sioniste du gouvernement allemand s'inscrit plus largement dans un accompagnement de la nouvelle weltpolitik(politique mondiale) du gouvernement allemand, de rémilitarisation du pays.

 

Un programme dans lequel le fameux Stefan Liebich, déjà cité – membre de la Commission aux Affaires étrangères du Bundestag, impliqué dans des associations atlantistes – joue un rôle majeur.

 

Dans plusieurs documents rédigés l'an passé, il a appelé le parti à soutenir les « interventions humanitaires » de l'armée allemande à l'étranger, à assumer de « nouvelles responsabilités internationales » pour l'Allemagne, à renforcer le « partenariat trans-atlantique ».

 

Renforcer le partenariat trans-atlantique ?En d'autres termes, l'OTAN. C'était ce qu'exprimait la secrétaire nationale, Katia Kipping, en plein scandale des écoutes de la NSA en octobre 2013 : « il faut transformer l'OTAN en partenariat trans-atlantique pour la paix ».

 

On se rappelle que Gysi, en 2009, rassurait l'ambassadeur américain à Berlin insistant sur le caractère inoffensif des slogans de Die Linke pour l'impérialisme américain, privilégiant l'abstraite et utopique dissolution de l'OTAN au concret et possible retrait de l'Allemagne de l'OTAN.

 

Cela a même conduit Die Linke à revenir sur un des points fondateurs de l'identité du parti : « Pas de missions à l'étranger ».

 

Gregor Gysi a tenté le coup de force en avril, soutenant une intervention humanitaire en Syrie– le déploiement d'une mission militaire en Méditerranée, une frégate avec à son bord 300 soldats censée assurer le désarmement des armes chimiques de la Syrie, en collaboration avec les USA.

 

Ce soutien déclaré aux manœuvres impérialistes en Syrie, à la politique belliciste de l'Allemagne, n'a pas emporté l'adhésion de la majorité des députés de « Die Linke » : 35 ont voté contre, 18 se sont abstenus et 5 ont voté pour cette mission à l'étranger, révélant une fracture à la tête du parti.

 

Ces mêmes conflits se sont retrouvés dans le programme du parti pour les élections européennes où Gregor Gysi et les « réformateurs » ont obtenu le retrait de deux points-clés du programme : (1) – le retrait de l'Allemagne de l'OTAN ; (2) – la définition de l'UE comme un bloc militariste, néo-libéral et anti-démocratique.

 

Finalement, Die Linke a adopté pour les européennes un programme axé sur : le sauvetage de l'euro et de l'idée européenne, la réorientation de l'Union européenne.

 

Die Linke peut-il aller encore plus loin dans la droitisation après son alignement sur les positions sionistes, favorables au « traité militaire trans-atlantique », pour la défense de l'UE actuelle ?

 

Rien n'est impossible, pour plusieurs raisons.

 

D'abord, les calculs politiciens de Die Linke qui lorgnent vers 2017 et une possible coalition gouvernementale « rouge-rouge-verte ». Comme le soulignait Gysi (oui, encore lui) dans un entretien à « Deutschland Funk » en juin :

 

« nous voulons un accord sur la politique étrangère, comme sur la défense, avec nos partenaires de gauche ».Selon Gysi, c'est possible car le SPD est critique face aux interventions guerrières à l'étranger (sic) et parce que « ce n'est pas sur la politique étrangère que nous sommes en désaccord ».

 

Au moment où le Ministre des Affaires étrangères SPD Steinmeier a acté uneweltpolitik belliciste en Centrafrique, au Mali, en Syrie ou en Ukraine, on croit rêver !

 

Et les yeux de Gysi brillent face à une perspective à court-terme, celle de gagner en alliance avec le SPD et les Verts le Land de Thuringe (la région de Catherine König, déjà évoquée!), où le « Linke » Bodo Ramelow peut devenir le prochain président de région.

 

Une seule condition mentionnée par les dirigeants verts et sociaux-démocrates locaux, mettre sous silence les positions anti-impérialistes traditionnelles de Linke sur l'Ukraine, la Palestine, la Syrie.

 

Au-delà des calculs politiciens, c'est bien d'une intégration générale à la marche à la guerre de l'impérialisme allemand – utilisant l'Europe comme démultiplicateur de sa puissance, préparant sa remilitarisation pour une projection mondiale de sa force – qu'il s'agit.

 

Hélas, faut-il le rappeler, Die Linke est aussi l'initiateur et a longtemps été la vitrine du PGE (Parti de la gauche européenne), ce parti politique européen financé par Bruxelles coordonnant depuis 2004 la transformation des partis communistes en mouvement de gauche, alignés sur des positions favorables à l'Union européenne, d'aménagement du système capitalisme, d'accompagnement de l'impérialisme européen.

 

 

Les défenses de Die Linke semblent en tout cas bien faibles pour résister à la vague militariste et belliciste allemande. Cent après le vote des crédits de guerre au Reichstag par les députés sociaux-démocrates, « Die Linke » se rapproche toujours plus d'Ebert ou Scheidemann, toujours plus loin de Liebknecht ou Luxembourg.

Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 06:49
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canfor-14.jpg Pour comprendre les origines de la Première Guerre mondiale – lire « 1914 » de Luciano Canfora

 

Compte-rendu AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le petit livre de l'historien, spécialiste de l'Antiquité, Luciano Canfora, est sans doute le premier ouvrage à lire en ce centenaire du début de la Grande guerre. L'un des rares, si ce n'est le seul, qui éclaire la question des origines, des causes, des responsabilités du conflit.

 

Jamais autant de livres n'ont été publiés sur la guerre de 1914-1918, emplissant les étals avec des réflexions sur l' « expérience de guerre », la « vie dans les tranchées », le rapport à la mort, au corps, à la violence.

 

Une conception anthropologiquede la guerre, quasi éternelle, rapportant à l' « humain » générique, détachée de toute historicisationdu conflit : d'où vient-il ? quelles furent ses conséquences ? Au-delà des expériences uniformes, quelle dimension de classe de la guerre ?

 

C'est le mérite du livre de Luciano Canfora – dont on sait la capacité à détruire certains mythes persistants, notamment sur la démocratie (voir son magistral « La démocratie, histoire d'une idéologie » –, celui de combattre certaines idées reçues, incontestées par la littérature récente, d'historiciser de nouveau le conflit.

 

Dans ces notes issues d'une vingtaine de conférences prononcées sur la RAI, la radio italienne, Canfora nous invite à repenser le conflit sous un autre angle que celui de l'idéologie dominante.

 

La guerre était-elle inévitable ? (1) Rivalités entre impérialismes, tensions et contradictions irréconciliables

 

La première idée reçue démontée par Luciano Canfora est celle qui réduit la Grande guerre à l'horizon 1914-1918 – c'est le cas de la plupart des livres « commémoratifs » sortis en 2014.

 

D'une part, il questionne, adopte tout en la critiquant l'approche d'Ernst Nolte, cet historien allemand controversé qui considère la Première et la Seconde guerre mondiale dans un même continuum de 1917 à 1945, faisant de la révolution russe née du premier conflit mondial le déclencheur d'une réaction fasciste puis nazie, qui plongera l'Europe dans un second conflit.

 

Canfora rappelle que Thucydide refusait de considérer la guerre du Péloponnèse comme deux conflits séparés mais les englobait dans une même guerre entre 431 et 404, considérant les moments de paix comme de simples trêves entre bélligérants.

 

Canfora épouse cette thèse mais pour lui, Nolte oublie que le point de départ n'est pas 1917 mais 1914 avec la rupture de l'équilibre européen, la brutalisation des sociétés, la guerre totale auxquelles la révolution russe fut une réaction, de la part de la seule force politique qui s'est opposée au conflit.

 

D'autre part, Canfora rappelle les origines lointaines du conflit de 1914. Adoptant l'approche léniniste de la lutte entre impérialismes, il rappelle la lutte entre ces impérialismes pour le partage du monde, afin de conquérir marchés, sources de matières premières, main d’œuvre peu onéreuse.

 

Sur la question de la responsabilité allemande, le traitement de Canfora est circonspect. Il balaye d'abord l'alibi commode de la seule culpabilité allemande soulignant combien la poursuite d'une politique impériale, d'intérêts égoïstes est le propre de toutes les puissances.

 

C'est pour ensuite – rejoignant les thèses exposées il y a un demi-siècle par l'historien allemand Franz Fischer – aussi réfuter la défense de l'establishment allemand après la guerre :

 

celle d'une absence de responsabilité allemande, d'une ligne « modérée » (celle de Bethamnn-Hollweg, chancelier en 1914) battue par une ligne « belliciste » devenue dominante par faute de la politique suivie par les autres puissances européennes.

 

Or, Canfora comme Fischer s'accordent pour remarquer que les buts de guerre (Kriegsiele) de la classe dirigeante était convergents, « modérés » comme « bellicistes » : s'emparer des districts miniers de Belgique et de Pologne, s'étendre vers l'Est jusqu'aux marges de la Russie.

 

Adjointe à cette ligne européenne visant à assurer les matières premières pour l'industrie allemande, une politique mondiale (Weltpolitik) lorgnant vers l'Afrique équatoriale et le Moyen-orient, dont la construction de la ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad est l'illustration la plus nette, rentrant en conflit avec les intérêts britanniques en Perse.

 

Ces objectifs rentraient naturellement en contradiction avec ceux de la France. Un conflit évidemment alimenté par l'esprit de revanche, né de la perte de l'Alsace-Lorraine en 1870, ancré dans les guerres franco-allemandes depuis l'invasion napoléonienne.

 

Mais aussi un conflit de plus en plus vif autour des empires coloniaux naissants en Afrique. Les conquêtes allemandes en Afrique équatoriale et occidentale menacent les possessions belges, françaises et anglaises. Les conflits entre trusts allemands et français au Maroc déchirent le pays.

 

Les crises marocaines de 1905 puis 1911 plongent l'Europe au bord du précipice. Finalement, l'Allemagne cède sur l'influence française au Maroc en échange de la garantie de ses possessions en Afrique équatoriale.

 

Toutefois, l'antagonisme franco-allemand est désormais structuré de façon définitive. Le premier enjeu pour la France est bien la préservation et l'extension de son empire colonial.

 

La Grande-Bretagne, elle aussi, voit sa rivalité durable avec la France se transformer en peur de l'expansion allemande.

 

A la prédilection pour la neutralité dans les conflits européens, la Grande-Bretagne change de position pour trois raisons : les craintes de toute hégémonie en Europe, celle d'une puissance rivale économiquement, enfin de l'affirmation d'une puissance coloniale mondiale.

 

Ces trois facteurs – longtemps associés à la France révolutionnaire/napoléonienne – sont désormais rapprochés de l'Allemagne wilhelmienne qui vient contester l'hégémonie mondiale de l'Empire britannique.

 

Ces éléments encouragent la classe dirigeante britannique à cette « Entente cordiale » étonnante pour les observateurs de l'époque avec la France en 1904, entre deux puissances au bord de la guerre au Soudan et en Birmanie, quelques années plus tôt.

 

Enfin la Russie, elle aussi menacée par le Drang nach osten (la marche vers l'est) de l'Allemagne mais surtout soucieuse de se tailler sa propre zone d'influence en Europe du sud-est, dans les Balkans en usant du pan-slavisme, près de la Turquie pour le contrôle des détroits et des mers chaudes.

 

De ce fait, elle entre en conflit avec deux colosses fatigués : l'Autriche-Hongrie et l'Empire ottoman.

 

Voilà ce qui explique les guerres balkaniques de 1912-1913, répétition générale de la Première guerre mondiale. Prétextant du pan-slavisme, la Russie soutient Serbie, Bulgarie, Monténégro et Grèce dans la Ligue balkanique contre l'Empire ottoman, chassant les Turcs hors d'Europe.

 

Mais les rivalités entre puissances slaves vont conduire à une nouvelle guerre entre Serbes (coalisés avec les autres pays de la Ligue) et Bulgares, conduisant à la victoire des premiers. L'issue de ces conflits meurtriers : c'est le renforcement de l'influence russe dans les Balkans, la menace qu'elle fait peser sur l'Autriche-Hongrie qui contrôle la Bosnie, l'humiliation turque et bulgare.

 

Si l'Allemagne de Bismarck cherchait une « Sainte alliance » prusso-austrio-russe, il ne subsiste en 1914 qu'un bloc central austrio-prussien, bénéficiant des sympathies ottomanes et bulgares – par la suite des guerres balkaniques –, avec une hostilité violente entre Serbie et Autriche.

 

De ce système d'alliances déjà structuré, de ces tensions exacerbées en Europe et ailleurs, à ce choc des impérialismes, il ne manque qu'un détonateur.

 

Une chose est sûre, si l'expansionnisme allemand semble être à l'origine des tensions au début du XX ème siècle … c'est aussi parce que l'impérialisme pan-germanique est le dernier servi, il veut sa « place au soleil » face aux empires français, britannique et russe déjà constitués.

 

La guerre était-elle inévitable ? (2) Réaction en chaîne du système d'alliances et contingences historiques

 

En 1914, deux blocs d'alliances se font donc face : la Triple-Alliance entre Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie face à la Triple-Entente, Russie, Grande-Bretagne et France. Deux alliances aux mécanismes de solidarité complexes en cas de guerre défensive, mais contraignants.

 

Canfora tente d'éviter toute conception fataliste de l'histoire, faisant référence tantôt à la nouvelle des « Jardins des sentiers qui bifurquent » de Jorge Luis Borges, ou à l'Hercule de l'Apologue de Xénophon : chaque moment historique recèle une multitude de chemins, de possibilités.

 

Certes, la nature contraignante du système d'alliances ainsi que les tensions inter-impérialistes accumulées, donnent à l'enchaînement qui mène à la guerre une dimension inéluctable :

 

l'assassinat du prince héritier autrichien à Sarajevo, l'ultimatum puis la déclaration de guerre autrichienne à la Serbie, la mobilisation générale russe, la déclaration de guerre allemande à la Russie puis à la France, l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne après l'invasion de la Belgique : tout semble écrit, inéluctable.

 

Or, Luciano Canfora montre bien que derrière cette apparente logique implacable, il y a des contradictions internes, des décalages dans les consciences des acteurs, souvent bien différentes des idées reçues.

 

En effet, dans le camp austro-hongrois, perçu comme globalement pousse-à-la-guerre derrière le Ministre des Affaires étrangères, le comte Berchtold, d'autres voix comme le vénérable comte Tisza tentent de modérer l'Empereur, soulignant l'injustice d'une invasion de la Serbie sur un prétexte douteux, le danger pour l'Autriche d'une guerre dans une situation défavorable.

 

Dans le camp allemand, Canfora dénonce bien la vacuité des thèses sur les deux fractions dans la classe dirigeante allemande, révélant que la « colombe » Bethmann-Hollweg a conçu l'invasion de la Belgique, la blitzkrieg contre la France pour ensuite s'attaquer à la Russie.

 

Mais c'est aussi pour révéler combien les documents d'archive soulignent la conviction du Kaiser Guillaume II – décrié dans l'historiographique comme moitié dément, aventureux – que la guerre pouvait être évitée par un traitement négocié entre l'Autriche et la Serbie.

 

Ces oscillations, hésitations, déchirements semblent indiquer des contradictions internes au bloc central, ainsi que des responsabilités plus partagées que ce qu'on l'admet communément. Des atermoiements bouleversés par le flot des événements, préparés sur le long-terme.

 

La guerre était-elle inévitable ? (3) La faillite du mouvement socialiste européen

 

Selon l'auteur, le dernier rempart face au « massacre inutile » de 1914-1918 (pour reprendre les termes du pape Benoît XV) était non pas la conscience ou la prudence des dirigeants européens liés aux Anciens régimes du XIX ème siècle, mais l'engagement des classes ouvrières européennes.

 

Une classe ouvrière représentée par les partis socialistes qui s'étaient promis, en cas de conflit, de croiser les bras, de déclencher la grève générale pour empêcher une guerre fratricide, de privilégier la solidarité de classe internationale à la collaboration inter-classiste nationaliste.

 

Citant Fernand Braudel, Canfora rappelle que la vision que nous avions en 1914 était celle d'un continent moins « au bord de la guerre, qu'au bord du socialisme ». Et ce fut justement la guerre qui empêcha une transformation profonde, socialiste des sociétés européennes.

 

Une analyse peut-être un peu optimiste mais 1914 était bien l'heure de vérité, de ces moments où les partis ont à faire des choix décisifs. Les socialistes ont fait le mauvais choix, celui de l' « Union sacrée », du carnage massif au profit de quelques possédants.

 

Le 4 août 1914 marque la trahison de la social-démocratie allemande – modèle pour tout le socialisme européen, en réalité déjà intégrée au système politique bourgeois national – qui vote les crédits de guerre, bientôt suivie par les socialistes français.

 

Dans cette tempête qui ébranlera les convictions des pacifistes idéalistes comme Jaurès assassiné le 31 juillet 1914, conduira au ralliement guerrier la majorité des socialistes européens, les exceptions se font rares.

 

Quelques personnalités comme Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg en Allemagne, le courant bolchevique en bloc en Russie mené par Lénine bien sûr. Canfora y rajoute le mouvement socialiste italien en 1914, dont la position est facilitée par la neutralité italienne jusqu'en 1915.

 

Le revirement d'un Mussolini, farouche pacifiste en 1914 puis violent interventionniste en 1915 – acheté peut-être par les services secrets français ou britanniques, assurément par les cercles militaires et économiques – est un cas extrême de l'opportunisme des cadres socialistes italiens.

 

Déjouer la propagande de guerre (1) Sarajevo : un prétexte pour la guerre

 

Dans des analyses toujours actuelles, Canfora s'attacher à démonter les principes de la propagande de guerre.

 

Le premier est celui du prétexte pour l'entrée en guerre. Nul ne prétend que l'assassinat de Sarajevo est la cause de la Première guerre mondiale, au mieux un déclencheur, en réalitéun prétexte pour un conflit voulu et attendu dans les sphères dirigeantes allemandes ou autrichiennes.

 

Canfora reconstitue avec précision les faits du 28 juin 1914, il souligne les négligences coupables tant de la part du gouverneur que du chef de la sécurité

 

Le prince héritier, victime d'une première tentative d'attentat dans la journée, réclame une déviation de son parcours initial, le cortège suit une voie alternative avant de replonger dans une avenue François-Joseph centrale sans protection. En pleine manœuvre pour faire demi-tour, le prince est touché mortellement par un nationaliste serbe, Gabriel (« celui qui annonce »!) Prinzip.

 

Le casus belli idéal contre la Serbie est tout trouvé. Une commission d'enquête (cela nous rappelle des faits plus récents …) est lancée, bâclée, bidonnée, cherchant à forcer la culpabilité du gouvernement serbe dans l'armement et l'aide au « terroriste » Prinzip.

 

Les preuves sont tout sauf évidentes, elles sont suffisantes pour l'envoi d'un ultimatum au gouvernement serbe en 9 points violant ouvertement la souveraineté serbe :

 

pourtant 8 des 9 points (sauf la participation de l'Autriche à une enquête en Serbie, prévoyant la poursuite et l'arrestation de dignitaires serbes!) sont acceptés, une « capitulation » qui ne suffit pas à l'Autriche qui entre en guerre le 28 juillet, un mois après l'attentat.

 

L'enlèvement d'Hélène, la protection des Gaulois contre les Helvètes, la défenestration de Prague, l'attaque contre le Lusitania, Pearl Harbour, l'attaque contre le navire du Golfe du Tonkin, l'invasion du Koweit : les prétextes des conflits cachent derrière de nobles principes, l'argument d'une guerre défensive, des intérêts égoistes, des desseins impériaux, la guerre de 1914 n'y échappe pas.

 

Déjouer la propagande de guerre (2) Démocratie contre autoritarismes : qui sont vraiment les peuples civilisés ?

 

Au cœur de l'argumentaire de toutes les puissances en conflit en 1914, deux idées : (1) celle d'une guerre défensive contre des puissances agressives ; (2) celle d'une guerre de la « civilisation », de la « liberté », de la « démocratie » contre des « dictatures », des peuples « barbares ».

 

Sur l'idée de guerre défensive ou de frappe préventive (encore des termes à résonance actuelle), chaque camp construit sa légitimation : l'Autriche répond à l'attentat serbe, la Russie défend le peuple serbe agressé, l'Allemagne se défend de la menace russe, la Grande-Bretagne protège la Belgique neutre, la France riposte à la guerre lancée par l'Allemagne.

 

Sur l'idée d'un conflit de civilisation, là encore l'argumentaire suit une propagande rodée.

 

Côté allemand, on se présente comme le sommet de la culture humaniste et scientifique (Kultur) opposée à la culture mercantile, décadente anglo-française (Zivilisation), ainsi qu'à ce pays de « moujiks », de barbares qu'est la Russie.

 

Ce dernier argument sera le mot de d'ordre de ralliement des socialistes allemands, prêts à rejouer la partie « des sans-culottes français en 1793 » pour reprendre les termes d'Engels à la fin du XIX ème siècle, révélant le niveau de russophobie dominant dans la culture progressiste allemande.

 

Un Engels qui a nourri bien des illusions également sur la possibilité d'arriver au socialisme par la voie électorale ou celle de conquérir l'armée par la présence croissante d'électeurs socialistes. Karl Liebknecht a bien montré comment l'armée allemande, au contraire, construisait des sujets obéissants au Reich, conformistes, prêts à se fondre dans le moule militariste et nationalistes.

 

Citant Tacite, Canfora rappelle que la seule frontière séparant historiquement Germains et Sarmates était le « mutus metus », la peur réciproque.

 

Côté français mais aussi anglais et italien, on connaît mieux l'idée d'une lutte entre « démocraties » occidentales et « autoritarismes » centraux.

 

Or, l'argument ne résiste pas, pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le pilier de la Triple-Entente reste la Russie, phare de la réaction obscurantiste européenne, qui avait réprimé dans le sang la révolution de 1905. Tout sauf une démocratie en 1914.

 

Ensuite, parce que l'Allemagne wilhelmienne est un régime complexe. Un des premiers pays à avoir instauré le suffrage universel, accueillant le mouvement ouvrier le plus puissant d'Europe, hôte d'une culture littéraire, philosophique, scientifique sans égal en Europe.

 

Face à elle, l'Italie et la Grande-Bretagne n'ont pas encore levé tous les freins au suffrage universel, peinant à dépasser l'obstacle du vote censitaire, gangrenés par diverses formes de clientélisme, de corruptions, des « rotten bouroughs » anglais au système semi-mafieux du Sud italien.

 

Par ailleurs, comme le rappelle L.Canfora, tous les régimes ont vu pendant la guerre une inflexion vers des formes autoritaires de gouvernement : censure, abolition de facto du parlement, absence d'élections, répression brutale, allant jusqu'à la dictature militaire en Allemagne.

 

Déjouer la propagande de guerre (3) 1914 et le bourrage de crâne, la construction de la haine de l'ennemi

 

Enfin, une fois le conflit déclenché, il s'agissait pour les classes dirigeantes européennes de fabriquer le consentement à la guerre, avant tout donc de forger une image diabolisée de l'ennemi, de légitimer une guerre injuste de rapine comme étant une guerre juste de salut public.

 

Les vieilles oppositions, les antiques préjugés sont remobilisés : celle des Latins contre les Germains pour les Italiens, des Germains contre les Huns côté allemand … les exemples se déclinent selon les puissances en question.

 

La campagne de Belgique, à l'automne 1914, devient enjeu d'une intense guerre de désinformation, visant à accuser l'ennemi d'actes barbares, donnant un prétexte à l'intervention.

 

L'Allemagne se voit en effet opposé une résistance opiniâtre du peuple belge, inattendue, et qui durera près de trois mois. Face à cette guérilla, l'Allemagne ne lésine pas sur les moyens : bombardements, déportation de civils, villages brûlés.

 

La presse française et britannique multiplie les compte-rendus sur le peuple belge « martyr », sur la violation inacceptable de la neutralité belge, l'incendie de sommets de la civilisation comme la Bibliothèque de Louvain.

 

Aucun procédé n'est exclu dans cette guerre de propagande : l'impression de journaux de complaisance (comme la « Gazette des Ardennes » financée par l'Allemagne, « Die feldpost » par la France), la diffusion de faux comme ceux de Hansi payé par la France et qui dénonce l'impérialisme allemand en divulgant des documents secrets allemands falsifiés.

 

L'Allemagne va répondre par célèbre Appel au monde civilisé (Aufruf an die Kulturwelt) d'octobre 1914, 93 des plus grands intellectuels allemands (dont un certain nombre de Nobel) répondent aux accusations lancées contre l'Allemagne sur le ton : « Ceci n'est pas vrai ».

 

Les intellectuels allemands dénoncent l'hypocrisie des puissances occidentales, fustigeant l'impérialisme allemand tout en pratiquant une politique expansionniste, usant de la neutralité de la Belgique comme d'un cache-sexe pour leurs objectifs militaristes.

 

Un texte emprunt toutefois d'un nationalisme violemment belliciste, unanimiste et raciste quand il dénonce les « Mongols et aux Nègres lâchés par les soi-disant puissances civilisées contre le peuple allemand ».

 

Conclusion

 

Canfora ouvre sur la période suivante, rappelant le parcours des « dictateurs militaires » Ludendorff et Hindenbourg, le premier appuyant le putsch militaire d'Hitler en 1923, le second livrant le poste de chancelier au même Hitler en 1933. De quoi tisser des liens de plus en plus occultés – jusque dans les manuels scolaires – entre 1914 et 1939.

 

On peut reprocher à Canfora de ne pas approfondir jusqu'au bout certaines explications, certains raisonnements, de nous laisser sur notre faim. Toutefois, le rappel de ces faits, de leur enchaînement, couplé à une érudition et une clarté sans failles sont salutaires à l'heure actuelle.

 

Ce compte-rendu parcellaire ne peut qu'encourager tous ceux désireux d'en apprendre plus, au-delà du discours officiel, sur le conflit de 1914 à lire cet ouvrage de Luciano Canfora.

 

 

 

Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 06:02
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GazaProtest.jpgManifestation monstre à Londres en solidarité avec la Palestine : 150 000 personnes dans la rue pour dénoncer l'agression israélienne

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Voilà ce que craint le gouvernement français, aligné derrière la politique de guerre israélienne : des dizaines de milliers de citoyens dans la rue en solidarité avec la cause palestinienne, dénonçant la politique israélienne. C'est en Grande-Bretagne que cela se passe.

 

Ce 9 août restera une date spéciale pour les militants de la cause palestinienne en Grande-Bretagne : celle de la plus grande manifestation de dénonciation de la politique criminelle israélienne de l'autre côté de la Manche.

 

Les médias évoquent « plusieurs dizaines de milliers de manifestants », les organisateurs parlent de 150 000 personnes dans les rues de Londres, en ce « Jour de la colère » qui se déclinait par des manifestations de solidarité à travers le monde, du Cap à Athènes, de Berlin à Paris.

 

Cette troisième manifestation en un mois dans la capitale britannique est de loin la plus massive, non seulement depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza mais de l'histoire du pays, en solidarité avec le peuple palestinien.

 

La manifestation londonienne – convoquée par « Palestine solidarity campaign » et d'autres organisations de solidarité – partait des studios de la BBC à Portland Place pour se diriger vers un meeting à Hyde Park, tout en longeant l'ambassade américaine Grosvenor Square.

 

Des voitures, des bus de toutes les villes d'Angleterre mais aussi d’Écosse ont alimenté le cortège, faisant de cette journée une démonstration de force éclatante.

 

Une réussite d'autant plus remarquable que – de l'aveu même de la police, rapporté par The Independent – aucun débordement n'a été signalé, aucune arrestation n'a été nécessaire, tandis que les slogans anti-sémites n'ont rencontré aucun écho.

 

Parmi les banderoles, pancartes prédominantes « Free Palestine » et « Mettons fin au blocus de Gaza », tandis que les chants « Libérer, libérer la Palestine » et « Brique par brique, mur par mur, l'apartheid israélien doit tomber » rythmaient la marche.

 

A Hyde Park, les interventions ont toutes dénoncé la politique britannique de complaisance avec la politique sioniste.

 

Ainsi, pour Sarah Colborne, directrice de la Campagne de solidarité avec la Palestine : « nous sommes ici pour envoyer un message à notre gouvernement, nous avons honte, nous sommes dégoûtés par le massacre à Gaza et la complicité du gouvernement britannique ».

 

« Il y a des personnes issues de différents partis politiques, de toutes les couches de la société, des gens de toutes les confessions et certains qui n'en ont pas, nous disons tous : Sanctions maintenant, libérons la Palestine ».

 

Seamus Milne, chroniqueur et rédacteur en chef adjoint du Guardian, expose la situation avec lucidité :

 

« Israel occupe illégalement Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Israël n'a aucun droit de se défendre des territoires qu'il occupe. Il n'a qu'une obligation : se retirer. Les Palestiniens sont un peuple occupé. Ils ont le droit de se défendre de l'occupant ».

 

Deux interventions ont particulièrement ému la foule. Celle d'abord de Glyn Secker de l'asociation « Juifs pour la Justice pour les Palestiniens » :



« Aujourd'hui, une image reste dans ma tête. L'image d'un parent palestinien transportant la chair de son enfant dans un sac plastique. En tant que Juif, je ne laisserai jamais associé à de telles monstruosités. Jamais en mon nom, jamais dans ma vie ».



Le jeune Barnaby Reine, âgé de 19 ans, a balayé les accusations d'anti-sémitisme cherchant à faire taire les manifestants pour la justice :



« La leçon de l'Holocauste est que des crimes sont perpétrés quand les gens oublient que nous sommes tous des êtres humains. Je ne suis pas ici malgré l'histoire juive mais à cause de l'histoire juive ».



Quelques représentants, députés du Parti travailliste étaient également présents à la manifestations à titre individuel,tels Rushanara Ali, Diane Abbott ou Jeremy Corbyn, dénonçant la complaisance du gouvernement Cameron avec la politique criminelle du gouvernement israélien.



Si le leader de l'opposition Ed Miliband a lui aussi questionné le 2 août dernier l' « inexplicable silence » de David Cameron sur le massacre à Gaza, l'incursion israélienne il se contente ensuite de renvoyer dos à dos l'agresseur israélien et la résistance palestinienne.



 

Quoiqu'il en soit, cette manifestation montre à Londres montre que le mouvement de solidarité internationale avec la Palestine ne cesse de croître, Israël est plus que jamais isolé dans le monde. Free Palestine !

Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 07:21
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Imad-Assfour.JPGUn jeune cadre du Parti communiste palestinien, Imad Asfour, tué lors de l'offensive criminelle israélienne à Gaza

 

Communiqué du Parti communiste d’Israël

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le Parti communiste d’Israël (PCI) et le Front démocratique pour la paix et l'égalité (Hadash) expriment leur profonde stupeur, leur douleur et leur rage par rapport au meurtre de sang-froid du camarade du Parti du peuple palestinien (PPP) Imad Asfour, victime de l'offensive militaire criminelle israélienne dans la bande de Gaza.

 

Notre camarade et ami Asfour était vice-président de la Commission de contrôle et responsable au développement de l'organisation de jeunesse, il était une figure importante du PPP.

 

Juste deux jours avant le meurtre d'Imad, son père avait été également tué par une attaque israélienne.

 

Comme nous le savons, dans les trois dernières semaines, il y a eu plus d'un millier de morts palestiniens dans la bande de Gaza!

 

Il faut mettre un terme à cela !

 

Le PCI et le Hadash transmettent leurs condoléances au PPP et à la famille d'Asfour, à ses proches et ses amis, et réaffirment leur condamnation ferme et sans équivoque des crimes de guerre israéliens et des massacres de masse dans la bande de Gaza.

 

Que le souvenir d'Asfour soit éternel !

 

Que l'âme d'Asfour repose en paix !

 

Stoppons les crimes de guerre israéliens !

 

 

A bas l'occupation !

Lundi 11 août 2014 1 11 /08 /Août /2014 06:23
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unita2.jpgA 90 ans, le journal historique des communistes italiens, l'Unità, cesse de paraître



Brève de Vivelepcf reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





« Ils ont tué l’Unità » : voilà le titre à la une choisi par la rédaction du numéro du célèbre quotidien italien du 30 juillet. Le 1er août, il a cessé de paraître, placé en liquidation judiciaire. Il y a très peu de chances pour qu’un repreneur se présente.



C’est une dernière étape – post mortem – de la liquidation du Parti communiste italien par autodissolution en 1991.



L’Unita meurt à 90 ans après une douloureuse agonie. Le journal a été fondé par Antonio Gramsci le 12 février 1924.



Il est resté l’organe central du PCI jusqu’en 1991, suivant déjà toutes les dérives de sa direction. On sait que l’appareil de l’ex-PCI a muté le Parti, par étapes, en « Parti démocrate ».



Le PD aujourd’hui au pouvoir, avec le président du conseil Matteo Renzi, se revendique à mi-chemin entre la social-démocratie européenne et le Parti démocrate américain.



L’Unita a été embarquée dans cette évolution. Elle a été privatisée tout en restant en fait sous le contrôle de la mouvance dirigeante du Parti. Son déclin politique et économique a été organisé. Ces derniers temps, elle tirait à 21.000 exemplaires.



Vu l’histoire et le prestige du titre, l’Unita a été destinée à représenter plutôt l’aile « gauche » du nouveau parti. Il semble que la direction du PD ne trouve plus d’intérêt à maintenir le journal, du moins en tant que quotidien, d’autant plus dans un contexte de crise aigüe de la presse.



Pour les communistes, le deuil a commencé depuis longtemps mais les conditions de la reconstruction du Parti et de son journal restent confuses.

 

 

Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 07:34
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