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Le site publie des traductions de déclaration, communiqué, article théorique et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/ ) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

France - Politique extérieure

Sélection d'articles sur la politique extérieure de la France issus de "Cahiers communistes" (site http://vivelepcf.fr/)

16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:15
Tentative de coup d’Etat en Turquie : réaction du Parti communiste (Turquie)

Traduction, MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », 16 juillet 2016

« Il n’y a pas d’alternative en dehors du peuple »

Le Parti communiste appelle à s’organiser dans les rangs du Parti contre les ennemis du peuple et de l’humanité. La libération est dans nos propres mains.

Nous n’avons pas les détails de ce qui s’est passé lors de la tentative de coup d’Etat en Turquie entre le 15 et le 16 juillet. Toutefois, nous savons très bien que des plans soutenus par des forces étrangères, dont les forces ne proviennent pas de la classe ouvrière, sont incapables de mettre en défaite l’obscurantisme de l’AKP et de résoudre les problèmes de la Turquie.

Les événements d’aujourd’hui nous rappellent à nouveau cette réalité : soit le peuple de Turquie s’organise pour se débarrasser de l’AKP, soit les politiques réactionnaires de l’AKP vont s’intensifier, la répression s’étendre, les massacres, pillages et vols se poursuivre.

La seule force susceptible de renverser l’AKP, c’est celle du peuple. Il n’y pas d’autre alternative.

L’AKP est responsable ce qui a eu lieu cette nuit. Tous les facteurs qui ont conduit à la situation présente sont le produit du régime de l’AKP et des puissances, à l’intérieur du pays et à l’étranger, qui la soutiennent.

Toutefois, le fait que le principal parti responsable de la situation soit l’AKP ne signifie pas que la tentative de coup d’Etat a été orchestré par Erdogan lui-même pour parachever ses objectifs, notamment préparer le terrain au pouvoir personnel ou éliminer les obstacles à la nouvelle constitution.

La tension et les rivalités entre différents groupes, au sein même de l’Etat et des forces armées, qui sont apparues depuis un moment, se sont transformées en conflit armé. Même si les tensions entre ces forces sont réelles, il est mensonger de prétendre qu’une des parties dans ce conflit puisse porter les intérêts du peuple. De ce fait, rechercher une solution contre le régime de l’AKP à travers un coup d’Etat militaire est aussi erroné qu’apporter un soutien à l’AKP au nom d’une opposition de principe contre tout coup d’Etat militaire. La dernière des choses qui pourrait être faite au nom de la défense de la liberté et des droits de l’homme en Turquie serait bien de soutenir l’AKP qui n’a cessé de démontrer qu’elle est un ennemi de l’humanité.

Sans avoir orchestré ce coup d’Etat, Erdogan et l’AKP sauront utiliser les conditions qui en résulteront et les soutiens qu’ils recevront pour accroître leur légitimité. Notre peuple doit se tenir en alerte devant les étapes que l’AKP ne va pas manquer de franchir dans les jours à venir. Elever la lutte contre l’AKP et son obscurantisme est la seule voie pour empêcher que ce coup d’Etat manqué n’aboutisse à consolider son régime et ne serve d’instrument pour transformer la Turquie instable de l’AKP en un pays stable. Le fait que toutes les mosquées de Turquie aient relayé la propagande diffusée continuellement sur les ondes par Erdogan, toute la nuit, indique concrètement l’urgence de la tâche à accomplir.

Le Parti communiste appelle à s’organiser dans les rangs du Parti contre les ennemis du peuple et de l’humanité.

La libération est entre nos mains.

Parti communiste, Turquie

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:44
Sommet de l’OTAN à Varsovie des 8 et 9 juillet 2016 : Déclaration du Parti communiste grec (KKE)

Traduction, MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »

Des déclarations en faveur de la paix, des décisions pour la guerre

Le sommet de l’OTAN de Varsovie a démontré, une fois de plus, le rôle criminel de cette organisation impérialiste.

Elle y a décidé :

  • La poursuite de la concentration et du transfert de forces armées opérationnelles dans des pays frontaliers de la Russie.
  • L’achèvement de l’installation et la mise en route du soi-disant « bouclier anti-missiles », basé en Roumanie et en Pologne, relié à un support naval et une infrastructure générale permettant l’usage d’armes nucléaires dans une confrontation destructrice. Ce n’est pas par hasard si la déclaration finale du sommet souligne la capacité de l’OTAN à faire usage d’armes nucléaires.
  • La création et le renforcement d’une présence permanente de l’OTAN en Mer Noire, en Mer Baltique, dans l’Atlantique nord, en Mer Egée et en Méditerranée, dans ces deux derniers cas, au prétexte de contrôler les flux de réfugiés qui résultent précisément des guerres impérialistes avec leur cortège de conséquences douloureuses pour les peuples.
  • Le maintien et le renforcement de la présence de l’OTAN en Afghanistan et en Irak, à l’ouest des Balkans, dans le Caucase, en Afrique du nord, dans ces régions en lien avec la poursuite des opérations militaires en Syrie et la préparation d’une nouvelle intervention en Libye.
  • Les décisions de l’OTAN et l’approfondissement de sa collaboration avec L’UE impérialiste, adoptés au nom de la « paix » et de la « sécurité », n’ont, de toute évidence, aucun rapport avec les intérêts réels des peuples mais visent uniquement la « sécurité » des profits des monopoles euro-américains.

Le KKE dénonce le gouvernement grec de coalition Syriza-Anel qui participe activement à tous ces plans dangereux des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’UE, plans qui dans le contexte d’antagonisme avec la Russie peuvent entraîner un véritable holocauste pour les peuples d’Europe et d’ailleurs.

Ce qui est nécessaire maintenant, c’est l’intensification des luttes contre l’implication de la Grèce dans les plans guerriers de l’OTAN, pour la sortie de notre pays du « nid de frelons » qu’est l’OTAN et de toute alliance impérialiste, pour faire une réalité du slogan : « pas un pouce de territoire, sur la terre ou sur l’eau, aux assassins des peuples ».

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 15:57
La fête du journal « Unsere Zeit » (1er au 3 juillet 2016) manifestation de l’importance du Parti communiste allemand - DKP

EDT pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », 10 juillet 2016

Nous sommes trois camarades français du PCF, participant aux « Cahiers communistes » (et à ses sites internet), à voir fait le voyage de Dortmund les 1er, 2 et 3 juillet 2016 pour participer à la 19ème fête du journal « Unsere Zeit « (Notre temps) édité par le Parti communiste allemand (DKP).

Cette fête a traduit pour nous l’importance et le renouveau du DKP.

Le DKP reste la seule formation politique se réclamant communiste héritière historique du Parti communiste d’Allemagne (KPD).

Rappelons que le DKP a été constitué légalement à l’ouest de l’Allemagne, en 1968, par les militants du KPD devenu clandestin après son interdiction inique par les autorités de la RFA en 1956. A l’est du pays et à Berlin, le KPD avait fusionné après la Libération avec une fraction de la social-démocratie, en RDA dans le SED (Parti socialiste unifié). Après l’annexion de la RDA, des éléments ont transformé le SED d’abord en PDS (« parti du socialisme démocratique ») avant de le fusionner dans le « Parti de gauche » puis simplement la « Gauche » (die Linke) avec des groupes et personnalités socio-démocrates de l’ouest, abandonnant toute référence au communisme.

Après l’annexion de la RDA par la RFA, le DKP a choisi de rester autonome à gauche, à côté du PDS puis de « Linke », et a étendu son activité à l’est du pays. Depuis deux congrès, une ligne de réaffirmation des fondamentaux théoriques marxistes et léninistes, de positions de classe, s’est imposée dans le Parti. Au dernier congrès (en deux phases fin 2015/début 2016), ont notamment été longuement discutés et décidés la rupture avec le Parti de la gauche européenne et l’abandon du statut d’observateur du DKP dans ce PGE.

En 2016, le DKP est très loin d’avoir retrouvé ses effectifs d’avant 1989 et tourne autour de 3500 membres.

La fête d’Unsere Zeit permet toutefois d’apprécier une influence beaucoup plus large, sous plusieurs aspects. Le journal, hebdomadaire de haute tenue, est diffusé très au-delà des seuls membres.

L’espace, dans la fête, de la SDAJ (Jeunesse ouvrière socialiste allemande), organisation de jeunesse sœur du DKP, était tenu par plus d’une centaine de jeunes militants de toutes les régions, déjà membres ou non du DKP.

Surtout la fête dans son ensemble, en elle-même, est un événement militant considérable : plusieurs dizaines milliers de visiteurs sur les trois jours, plusieurs scènes, une cinquantaine de stands, une importante « cité du livre » comme à la Fête de l’Humanité, des stands de publications comme le quotidien berlinois Junge Welt qui, en toute indépendance, sympathise avec le DKP.

Il s’agit d’une fête au caractère politique et culturel marqué et prédominant, y compris dans les spectacles, de loin la plus grande de ce type en Allemagne, à gauche. C’est un lieu de rencontre festif et militant pour des militants et des sympathisants de gauche, surtout de gauche anticapitaliste pour lesquels le DKP reste une référence.

Nous avons pu assister à plusieurs débats – il y en a eu des dizaines - : à chaque fois, de vrais échanges d’analyses et d’expériences de lutte, avec des intervenants d’organisations diversifiées, notamment syndicales, devant une assistance attentive. Nous avons par exemple entendu exposer les tentatives et les difficultés de construire une solidarité de classe entre les travailleurs allemands ou immigrés installés de longue date et les nouveaux réfugiés dont le pouvoir exploite cyniquement l’afflux pour déséquilibrer le marché du travail ou celui du logement. Ailleurs, il était question d’organiser la résistance à la spéculation immobilière dans le centre-ville de Cologne ou à paupérisation du quartier difficile de Marxloh à Duisbourg. Ailleurs était présentée une nouvelle édition allemande de « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » de Lénine…

L’édition 2016 a été marquée – outre par la pluie, mais il semble que ce soit traditionnel là-bas aussi – par le grand meeting sur la scène centrale pour la paix avec des intervenants de Syrie notamment.

La solidarité internationale contre l’impérialisme était fortement présente sur la fête. Un grand stand cubain, des stands turcs, kurdes, grec (KKE), irlandais… illustraient son caractère internationaliste. Une délégation du PCF du Pas-de-Calais, comprenant le maire de Grenay, était présente et a animé un débat pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

La présence de 29 délégations officielles de partis communistes et ouvriers étrangers (le PCF national était excusé) souligne ce que représente le DKP sur ce plan aussi. Quelques jours après le vote au Royaume-Uni pour la sortie de l’UE, la question de la rupture avec l’UE du capital a alimenté beaucoup d’échanges.

Au fil des multiples conversations que nous avons pu avoir avec des animateurs de stand, des militants, des visiteurs, il nous semble que le DKP a dépassé la croisée des chemins : il a clairement décidé, dans un débat ouvert qui continue avec certains partisans de l’ancienne ligne de dilution politique à gauche, de rester et de s’affirmer pleinement comme parti communiste.

Mais un autre défi se présente, également dans un contexte de marginalité électorale. Ne pas être qu’un parti communiste témoin, une réserve théorique, un conservatoire de la riche histoire du mouvement ouvrier allemand, parfois un aiguillon anticapitaliste de la gauche, mais (re)-développer dans le mouvement social, dans le mouvement syndical, dans la lutte de classe, sans sectarisme mais avec confiance en soi, le parti de classe et de masse.

Nous avons ressenti que c’était clairement la préoccupation de la direction du DKP et de nombreux militants, lucides mais optimistes. Après chaque giboulée (au mois de juillet !), le soleil est revenu ! La fête a été une belle fête qui nous a enrichis et renforcés en tant que communistes français, confrontés à une situation certes différente mais en même temps bien similaire.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:54
Mort de Romesh Chandra : le Parti communiste indien et le mouvement pacifiste mondial en deuil

Traductions de MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF » des messages du PC indien et du Conseil mondial de la Paix après le décès de Romesh Chandra à Bombay, le 4 juillet 2016, à l’âge de 97 ans.

« Le camarade Romesh Chandra n’est plus », communiqué de presse du Parti communiste de l’Inde, 4 juillet 2016

Le camarade Romesh Chandra, ancier président du Conseil mondial de la Paix, est mort à Bombay le 4 juillet dans l’après-midi. Le camarade Romesh Chandra avait rejoint la lutte pour l’indépendance comme dirigeant du mouvement étudiant. Plus tard, il adhéra au Parti communiste puis devint membre de l’exécutif national du PCI. Il fut aussi un temps rédacteur en chef de l’organe central du PCI « New Age ».

Le camarade Romesh Chandra fut toute sa vie un militant actif du mouvement pour la paix. Il rejoignit la direction du Conseil mondial de la Paix à Helsinki dont il fut président. Il joua un rôle très important dans la période de la guerre froide.

Le camarade Romesh Chandra était également titulaire du Prix Lénine pour la Paix. Il s’adressa de nombreuses fois à l’Assemblée générale des Nations-Unies en tant que dirigeant du Conseil mondial de la Paix. Aucun autre Indien ne l’a fait aussi souvent.

Le secrétariat central du PCI rend un hommage respectueux à l’un de ses plus grands dirigeants et adresse les condoléances du Parti à la famille du défunt.

Roy Kitty, pour le secrétariat

 

Romesh Chandra n’est plus. Le Conseil mondial de la Paix est en deuil, déclaration.

Le Conseil mondial de la Paix a la tristesse d’annoncer le décès de notre vétéran et président d’honneur, Romesh Chandra, ce 4 juillet à Bombay. Romesh est décédé à l’âge de 97 ans après avoir servi pendant des décennies le mouvement pacifiste en Inde et dans le monde entier.

Romesh Chandra est né le 30 mars 1919 à Lyallpur. Il était diplômé des universités de Lahore et de Cambridge. De 1934 à 1941, il a été responsable de l’Union des étudiants de Lahore. Il a adhéré au Parti communiste de l’Inde en 1939, est devenu membre du Comité central du PCI en 1952, de son Conseil national et de son Comité exécutif central en 1958. De 1963 à 1967, il a été membre du secrétariat central du Conseil national du PCI. De 1963 à 1966, Chandra a été rédacteur en chef de l’organe central du PCI, « New Age ».

Il a exercé la fonction de secrétaire général du Conseil de la Paix de l’Inde de 1952 à 1963. En 1953, il rejoint le Conseil mondial de la Paix. En 1966, il devient secrétaire général du CMP et membre de son présidium. En 1977, il est élu président du CMP. En 2000, lors de l’assemblée générale du CMP à Athènes, Romesh Chandra a contribué de façon décisive à préserver le caractère anti-impérialiste du CMP et a été élu président d’honneur.

Il a servi la lutte des peuples et leurs justes causes. Il a agi pour la solidarité avec les peuples opprimés par des régimes dictatoriaux, la libération et l’autodétermination de dizaines de peuples dans le monde.

Romesh Chandra a été décoré en 1964 de la médaille de la paix Frédéric Joliot-Curie. Il a reçu le prix Lénine international pour la Paix entre les nations en 1968 et, en 1975, il a été décoré par l’URSS de l’Ordre de l’Amitié des peuples.

Romesh Chandra était un digne fils et une figure du mouvement ouvrier indien en même temps qu’un dirigeant du mouvement pacifiste mondial. Il a été un exemple de militant internationaliste qui n’a jamais fait de compromis avec son identité et ses valeurs révolutionnaires.

Pour tous ses compagnons dans le combat pour la paix et la justice sociale, ceux qui ont eu le privilège de le rencontrer et de travailler avec lui, dans cette lutte longue et difficile, mais si belle, pour un monde libéré de la domination impérialiste, il restera une figure éminente et un grand dirigeant du mouvement pacifiste mondial.

Le CMP a eu la chance de rencontrer Romesh à Bombay en 2014. Ce fut la dernière rencontre de Romesh avec sa deuxième famille.

Le CMP adresse ses condoléances à sa famille, à son parti et à l’Organisation indienne pour la Paix et la Solidarité.

Lal Salam, camarade Romesh,

Le secrétariat du CMP, Athènes, 4 juillet 2016

 

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Inde-Asie du sud
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 13:31
Sur la victoire du vote pour la sortie de l’UE au Royaume-Uni : déclaration de Joao Ferreira, Comité central du Parti communiste portugais

Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », 27 juin 2016

La victoire du vote pour la sortie de l’Union européenne lors du référendum au Royaume-Uni est un événement d’une magnitude politique énorme pour le peuple du Royaume-Uni et aussi pour les autres peuples d’Europe.

Elle représente un revers de fond au processus d’intégration capitaliste en Europe et un nouveau point d’appui à la lutte de ceux qui, depuis des décennies, combattent l’Union européenne et des grandes puissances et luttent pour une Europe des travailleurs et des peuples.

Le peuple britannique a décidé de l’avenir de son pays, d’une façon souveraine. Ce fait ne peut pas être ignoré et doit être respecté, d’autant plus que, depuis que le référendum s’est tenu dans un contexte de pression et de chantage énorme et inacceptable, pilotés directement par les grands groupes transnationaux et le grand capital financier, comme par des organisations comme le FMI, l’OCDE et l’Union européenne elle-même. Le résultat est, pour cela, également une victoire contre la peur, le fatalisme, la soumission et le catastrophisme.

Le PCP salue en particulier les communistes britanniques et les autres forces de gauche qui, refusant les fausses dichotomies et s’opposant aux positions réactionnaires et xénophobes, ont assumé et affirmé leur voix dans la campagne du référendum pour la défense des valeurs de la démocratie, du droit du travail, des droits sociaux, du progrès, de la tolérance, de la solidarité et de la coopération entre les peuples.

Sans ignorer les motivations diverses qui ont amené à la convocation de ce référendum, ni la campagne menée par des éléments réactionnaires dans un objectif manifeste de manipulation – que le PCP rejette et combat frontalement – les résultats du référendum expriment, avant tout, le rejet des politiques de l’Union européenne.

A tous ceux qui déplorent, de façon irresponsable, ces résultats comme un développement négatif, le PCP affirme que l’exercice de ses droits démocratiques et souverains par un peuple ne peut être considéré comme un problème. Au contraire, le référendum britannique traduit des problèmes sérieux et profonds qui existent depuis longtemps et qui sont le produit d’un processus d’intégration, rongé de contradictions, visiblement à bout de souffle et qui rentre toujours plus en conflit avec les intérêts et les justes aspirations des travailleurs et des peuples.

Le référendum britannique doit en conséquence être regardé comme une opportunité pour se confronter aux véritables problèmes des peuples et les résoudre, en mettant en cause l’ensemble du processus d’intégration capitaliste de l’Union européenne. Il ouvre, en Europe, une voie nouvelle et différente de coopération de progrès social et de paix.

Toutes les mesures et les manœuvres visant à ignorer la signification politique de ce référendum, qui se dissimulent dans la stigmatisation du peuple britannique, qui essaient de contourner et même de subvertir la volonté de ce peuple, ou bien qui cherchent à fuir en avant avec de nouvelles mesures antidémocratiques, concentrant encore les pouvoirs au sein de l’UE, ne peuvent qu’exacerber les problèmes et les contradictions qui font le lit du développement des forces et des positions réactionnaires et d’extrême-droite, qui ont grossi en Europe et qu’il est nécessaire de combattre. Des forces et des positionnements qui se sont exprimés dans le référendum britannique et qui se nourrissent des conséquences des politiques européennes de plus en plus antidémocratiques et antisociales, d’oppression des nations.

Alors que le processus de séparation du Royaume-Uni de l’Union européenne commence, le PCP souligne la nécessité et l’importance de mesures et d’actions du côté de la politique étrangère portugaise susceptibles, dans le nouveau contexte, de garantir l’intérêt national, la poursuite de relations et d’une coopération économique mutuellement avantageuses avec le Royaume-Uni et les intérêts des Portugais qui travaillent et habitent dans ce pays.

Le PCP souligne que le Conseil européen des 28 et 29 juin prochains doit lancer les bases pour la convocation d’un sommet intergouvernemental ayant pour objectif de reconnaître institutionnellement la réversibilité des traités, de suspendre immédiatement le paquet fiscal et de l’abroger, ainsi que d’abroger le Traité de Lisbonne.

Dans un contexte où, indéniablement, il est évident que l’Union européenne ne répond pas aux besoins des travailleurs et des peuples, le PCP souligne la nécessité de s’affronter courageusement aux contraintes émanant du processus d’intégration capitaliste européen et, dans le même temps, de se diriger sur le chemin d’une coopération basée entre Etats souverains dotés de droits égaux.

En particulier, le PCP rappelle l’urgence et la nécessité pour le Portugal de se délivrer de la soumission à l’euro, qui a amené avec lui tant de souffrances à notre pays, pour lui assurer des droits, des emplois, une production, le développement et la souveraineté.

 

 

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:33
Suites du référendum en Grande-Bretagne: rencontre publique le 6 juillet, sur les nouvelles conditions de la rupture avec l'UE du capital

A l’initiative de la revue « Cahiers communistes », et du site internet « Solidarité internationale PCF »

INVITATION :

Après la victoire du NON au référendum sur le maintien de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne,

Signal d’une rupture avec l’UE du capital ? Quelles capacités de mobilisation politique dans chaque pays ?

RENCONTRE PUBLIQUE avec

Mike SARGENT, dirigeant du syndicat britannique RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers: syndicat des transports - 80.000 adhérents) qui a fait campagne pour la sortie de l’UE

Emmanuel DANG TRAN, membre du Conseil national du PCF, co-rédacteur de la motion n°4 au 37ème congrès du PCF « Reconstruire le parti de classe – priorité au rassemblement dans les luttes » qui appelait à soutenir les forces progressistes britanniques engagées dans la campagne pour la sortie de l’UE

MERCREDI 6 JUILLET 2016, à 19h00

Au Patronage laïque, 61 rue Violet, à Paris 15ème

(métros Emile Zola ou La Motte-Piquet).

 

CAHIERS COMMUNISTES : http://vivelepcf.fr

SOLIDARITE INTERNATIONALE PCF : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Articles sur le référendum au Royaume-Uni (cliquez sur les liens) :

Référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE : « Période cruciale pour les travaillistes » par Robert Griffiths, secrétaire général du PC de Grande Bretagne (qui fait campagne pour la sortie)

 

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:11
Vote pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE : communiqué du Parti communiste d’Irlande

Le Parti communiste d’Irlande a fait campagne pour le NON (la sortie) en Irlande-du-Nord et en direction des électeurs irlandais électeurs en Grande-Bretagne. Nous publions son communiqué du 24 juin 2016, traduit par MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf ».

 

Une autre Europe est possible : Une autre UE ne l’est pas

Déclaration du Parti communiste d’Irlande, 24 juin 2016

Le Parti communiste d’Irlande salue la décision de l’électorat britannique et exprime sa solidarité avec elle, avec les travailleurs qui ont joué un rôle décisif dans le vote pour la sortie de l’Union européenne.

La décision du peuple est une victoire sur la « stratégie de la peur » [Project Fear], déclenché par les grandes entreprises, les banques mondialisées et les institutions financières, avec l’UE et les élites dirigeante à travers l’UE, y compris le gouvernement irlandais en soutien. Nous félicitons ceux qui, dans le nord-est de l’Irlande, ont eu la possibilité de voter à ce référendum et qui ont voté pour la sortie de l’UE.

Nous appelons, ici en République d’Irlande, à la tenue d’un nouveau référendum sur le maintien ou non de l’appartenance à l’UE, couplé avec un arrêt immédiat des processus d’intégration dans l’UE. Nous devons réaffirmer la démocratie et la souveraineté nationales. Il est aussi indispensable de mettre fin aux négociations secrètes entre les institutions de l’UE et les Etats-Unis au sujet du partenariat commercial transatlantique (TTIP).

Les travailleurs de Grande-Bretagne ont adressé le message retentissant à Londres et à Bruxelles qu’ils en ont assez de l’intimidation, de l’austérité permanente, assez de voir les intérêts des grands trusts mis au-dessus de ceux du peuple. Cela représente aussi un rejet fort du carcan économique de l’UE. La stratégie politique et économique de l’UE est un affront à la démocratie et à la liberté des peuples à décider démocratiquement des priorités économiques et sociales de leur pays et d’une éventuelle alternative.

A travers l’UE, des millions de travailleurs vont bien accueillir ce vote pour la sortie de l’UE, qui peut marquer le début de la fin de l’UE elle-même. « La stratégie de la peur », à l’instigation de l’UE, a été utilisée pour intimider les peuples grec, espagnol, italien, chypriote et irlandais pour leur faire accepter l’esclavage de la dette, l’idée qu’il n’y a pas d’autre choix que d’aider les banques et les spéculateurs aux dépens des droits de ces peuples. Mais pas seulement de ceux-ci : cette stratégie a été utilisée contre les droits de tous les travailleurs à travers l’UE, utilisant la peur pour imposer le sentiment qu’il n’y a pas d’alternative, pour masquer les attaques sauvages contre le droit et les conditions de travail, ainsi que la poursuite de l’érosion de la démocratie et de la souveraineté nationales.

Le cycle de la peur a été brisé. Les travailleurs doivent se saisir de l’opportunité qui se présente maintenant pour affirmer leurs propres revendications à travers l’UE, pour s’affirmer eux-mêmes et construire l’unité d’action contre ces attaques massives.

Le temps est venu de la mobilisation des travailleurs pour affirmer qu’il y a une alternative progressiste, de gauche, démocratique aux plans et aux stratégies imposés par les grandes compagnies à travers les institutions de l’UE.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:07
Référendum au Royaume-Uni: déclaration du PC grec (KKE)

Traduction de NK pour le site JC 42 et "Solidarité internationale PCF - vivelepcf", 24 juin 2016

DÉCLARATION DU BUREAU DE PRESSE DU COMITÉ CENTRAL DU KKE SUR LE RÉSULTAT DU RÉFÉRENDUM BRITANNIQUE EN RELATION AVEC LE RETRAIT DE LA GRANDE-BRETAGNE DE L'UE

Le résultat du référendum britannique démontre le mécontentement croissant de la classe ouvrière et des forces populaires envers l'Union Européenne et ses politiques anti-populaires. Cependant, ces forces doivent se distinguer des choix des différentes fractions et forces politiques de la bourgeoisie et acquérir des caractéristiques anti-capitalistes radicales. Le résultat reflète la dissipation des espérances qui ont longtemps été cultivées par tous les partis bourgeois en Grèce et par les instances européennes qui prétendaient que les peuples pouvaient vivre une vie prospère à l'intérieur du cadre de l'UE.

Le fait que la question du départ d'un pays ait été relevée de manière si intense (même pour un pays de la taille de la Grande-Bretagne) est lié d'une part aux contradictions internes de l'UE, à l'inégalité des économies de ses pays-membres, et d'autre part à la concurrence ayant lieu entre les forces impérialistes, devenue encore plus vive dans les conditions de la récession économique. Ces facteurs renforcent le soi-disant euroscepticisme, les tendances séparatistes, mais également d'un autre côté les tendances à rechercher un changement dans la forme de gestion politique de l'UE et de la zone euro.

Les moteurs de “l'euroscepticisme” réactionnaire sont les partis nationalistes, racistes et fascistes, tels que le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de Farage, le Front National de Le Pen en France, l'”Alternative pour l'Allemagne” et d'autres factions similaires en Autriche, et en Hongrie, ainsi que les fascistes de l'Aube Dorée et le parti Unité Nationale de Karatzaferis en Grèce, etc. Mais "l'Euroscepticisme" est aussi exprimé par des partis affichant une étiquette de gauche, qui critiquent ou rejettent l'UE et l'euro, soutiennent le recours à une monnaie nationale et recherchent d'autres alliances impérialistes, mais dans tous les cas avec une stratégie opérant dans le cadre du système capitaliste.

Ces contradictions et antagonismes pénètrent les classes bourgeoises de chaque État membre de l'Union européenne. Les processus économiques et politiques qui sont en cours d’exécution, à la fois en Grande-Bretagne et dans l'UE, et les négociations concernant la position de la bourgeoisie britannique à l'avenir peuvent mener à de nouveaux accords temporaires entre l'UE et la Grande-Bretagne. Ce qui est certain c'est que tant que la propriété capitaliste des moyens de production et le pouvoir bourgeois resteront en place, tout nouveau développement sera accompagné de nouveaux sacrifices douloureux pour la classe ouvrière et les forces populaires.

Le résultat du référendum britannique compromet les positions des autres forces politiques en Grèce, qui ont glorifié la participation de la Grèce à l'UE durant ces dernières années, la présentant comme un processus irréversible ou semant des illusions sur la nécessité de “plus d'Europe de la justice et de la démocratie.” Ce résultat compromet également la position des forces qui considèrent le recours à une monnaie nationale comme étant un idéal qui mènerait à la prospérité du peuple. La Grande-Bretagne avec sa Livre sterling a pris les mêmes mesures anti-populaires et anti-ouvrières que les autres pays qui sont dans la Zone Euro. Elle continuera de prendre les mêmes mesures à l'extérieur de l'UE aussi, puisque cela est essentiel pour la compétitivité et la rentabilité de ses propres monopoles.

Il est certain que dans les prochains jours , les voix à s'élever ainsi que les déclarations larmoyantes vont se multiplier, tant de la part du gouvernement SYRIZA-ANEL que de la part des autres partis bourgeois, au sujet de la « nécessité de refonder l'UE », ou dans l'idée que « l'UE a fait fausse route et doit revenir à ses racines », etc. Cependant, l'UE depuis sa création a été et reste une alliance réactionnaire des classes bourgeoises de l'Europe capitaliste, dans le but de saigner les travailleurs à blanc et de voler les autres peuples du monde, dans le cadre de la concurrence avec les autres puissances impérialistes. L'UE n'a pas toujours été et ne sera pas toujours un arrangement permanent, tout comme des alliances similaires par le passé n'ont pas duré éternellement. La variabilité capitaliste, la concurrence, et l'évolution de la corrélation des forces, tôt ou tard, mettront en évidence des contradictions qui ne pourront plus être comblées par des compromis temporaires et fragiles. Simultanément, de nouveaux phénomènes, des processus pour de nouvelles alliances réactionnaires seront achevés sur le terrain du capitalisme.

Les intérêts du peuple Grec, du peuple Britannique, et de tous les peuples d'Europe, ne doivent pas être placés sous “fausse bannière”. Ils ne doivent pas être placés sous les bannières de la bourgeoisie et de ses différentes fractions, qui déterminent leurs choix et alliances internationales selon leurs intérêts et sur la base de la plus grande exploitation possible des travailleurs. Il est nécessaire de condamner l'alliance prédatrice du capital, l'UE, de lutter pour que tous ses pays-membres s'en retirent mais pour que cette lutte soit efficace, elle doit impérativement être reliée au renversement nécessaire du pouvoir du capital par le pouvoir des travailleurs. L'alliance sociale de la classe ouvrière et des autres couches populaires, le regroupement et le renforcement du mouvement communiste international sont des conditions préalables pour frayer la voie à cette perspective d'espoir

ATHÈNES – 24/06/16

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:09
UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir ! Soutien à la campagne du NON progressiste à l'UE au Royaume-Uni: Extrait de la motion n°4 au 37ème congrès du PCF.

Nous publions ci dessous un extrait de la motion (texte alternatif) n°4 déposée au 37ème congrès du PCF "Reconstruisons le Parti de classe - Priorité au rassemblement dans les luttes". Sont exposés les voies de rupture avec l'UE et la demande d'un soutien du PCF aux communistes et autres progressistes britanniques en campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le débat a été évacué de la phase finale du congrès. A la réunion du Conseil national du PCF du 17 juin 2016, la demande d'Emmanuel Dang Tran, d'une communication aux communistes des positions de nos camarades britanniques est restée sans réponse. La direction, dans la presse, a pris le parti du "oui" avec Tsipras...

 

UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir !

L’UE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s’inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste, par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.

L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome, en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI. L’exemple grec est éloquent.

Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.

 

Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consenties toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.

L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement, notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, l’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen.

Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.

Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. L’UE, ce n’est pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de s’émanciper de l’impérialisme américain, l’UE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans l’OTAN, peut-être demain dans le TAFTA.

Transformer l’opposition de classe à l’UE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples, après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance.

Les tenants de l’UE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des partis d’extrême-droite. Ceux-ci servent, d’une part, de forces d’appoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de l’UE. Ils servent surtout, d’autre part, à disqualifier l’opposition à l’UE du capital en l’associant à des positionnements xénophobes et racistes.

Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de l’opposition à l’UE.

De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que l’on pourrait « changer l’UE ». On voit comment s’est traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias s’efforce de contenir le mouvement populaire contre l’austérité dans le cadre de l’acceptation de l’UE. Tsipras défendait aussi en Grèce l’illusion d’une UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration qu’aucune alternative politique n’est possible dans le cadre de l’acceptation (la soumission) à l’Union européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants).

Notre partir doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l’Union européenne.

Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et d’Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.

Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution.

La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions.

L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable. Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir

La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de l’Europe » sont des leurres ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.

Aussi, nous proposons que le 37ème congrès :

- Ouvre une réflexion sur les conditions d’une sortie de la France de l’UE

- Lance une campagne pour la sortie de la France de l’euro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE

 

- Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais s’effectuent, de toute façon, sur le dos des peuples.

 

- Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de l’accord d’association UE-Ukraine et la relaie en France.

- Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE en vue du référendum du 23 juin.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:09
Le dirigeant d'Izquierda Unida, Alberto Garzon, au coeur du logo des listes Unidos Podemos

Le dirigeant d'Izquierda Unida, Alberto Garzon, au coeur du logo des listes Unidos Podemos

Article du journal « larepublica.es » dont Alberto J. Miranda est le directeur, 28 juin 2016. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF ».

La journée de réflexion commence aujourd’hui.

Je lis les écrits de beaucoup de personnes, d’amis, de connaissances ou d’inconnus, indignés par les résultats des élections. Je les vois insulter ceux qui ont voté pour le Parti populaire [droite] ou spécialement ceux qui ont voté pour Ciudadanos [centre]. Je les vois parler d’émigrer, de quitter un pays de moutons, une société de merde qui vote pour des corrompus. Je vois aussi un classique très habituel ces derniers temps : au nom d’une supériorité intellectuelle supposée, on s’autorise même le luxe de traiter d’ignorants et d’incultes les électeurs du PP, du PSOE et de Ciudadanos.

Je veux dire une chose, en toute humilité, sans intention d’offenser qui que ce soit : Et si, au lieu d’invectiver ceux qui n'ont pas voté comme nous voulions, nous nous demandions «pourquoi ? ».

Peut-être, juste peut-être, n’aurait-on pas dû abandonner la lutte dans la rue. Contribuer à alimenter les thèmes globaux à la mode, c’est divertissant et confortable. Mais en dehors de ça, et de « partager sur Facebook », est-ce que vous êtes membres d’un syndicat? Est-ce que vous organisez vos collègues sur votre lieu de travail, contre l’exploitation? Ou bien vous contentez-vous d’utiliser des « hashtags »? Avez-vous contribué à empêcher des expulsions ou l’avez-vous fait simplement par procuration? Avez-vous participé aux « Marches de la dignité » avec les mineurs des Asturies et du Léon? Avez-vous participé à des mouvements sociaux? A l’activité d’associations de proximité peut-être? D’organisations pro-environnementales? Féministes? Il n’est jamais trop tard pour aller à la bataille. Pour y aller aujourd’hui, il n’y a pas besoin de l’avoir fait auparavant. Il n’est pas question pour moi de distribuer des bons points de pureté idéologique. Mais ce serait peut-être une bonne idée de se rendre compte que nous devons nous battre sur tous les fronts et non sur un seul. Non?

A part cela, et sans parler de la campagne électorale elle-même, il est possible de remplacer les conjugaisons du verbe « nationaliser » par des petits cœurs, des illusions, des « smileys ». Mais est-ce que cela n’a pas été une erreur? A quel moment a-t-il été décidé de remplacer la prise de conscience par le marketing? Comment outrager à ce point la phrase de Gramsci : «la préparation idéologique des masses est une nécessité pour la lutte révolutionnaire, et l'une des conditions indispensables pour la victoire»? Et où pouvait se trouver cette préparation quand nous avons demandé à la classe ouvrière de voter pour l’ex-chef de l’état-major de la défense qui a participé à l'invasion de la Libye aux ordres de Zapatero? Où était cette préparation à la prise de conscience quand nous avons estimé que quitter l'UE " n’était pas à l’ordre du jour ", que quitter l'OTAN " n’était pas à l’ordre du jour ", et que choisir entre la monarchie ou la république "n’était pas à l’ordre du jour ".

Camarades, nous avons abandonné les luttes sociales, les manifestations. Nous avons arrêté de travailler à faire prendre conscience. Nous nous sommes laissés dilués dans un parti qui se dit social-démocrate. Nous avons été éblouis par les lumières de postes de télévision qui ont réussi à déplacer la lutte de la rue vers des bureaux. Puis, un congrès plus tard, nous avons été réduits à une organisation complice du système qui parle de « bons et de mauvais banquiers ». Nous avons vendu notre âme pour 8 sièges. Nous avons proclamé, en long et en large, que nous allions changer ce pays en le reprenant des mains du PSOE. Nous sommes-nous rendus compte de ce que nous devenus ?

J'ai dit en son temps, devant l'assemblée fédérale d’Izquierda Unida, que s'il y avait encore quelqu’un qui voulait sauver IU comme outil de la classe, qu’il pouvait compter sur moi et que j’en serai. J'ai eu l'honneur d'aller sur la même liste que des personnes de grande stature politique comme Cayo Lara et Paloma Lopez. Nous avons obtenu 21%. Oui, nous avons perdu, mais on ne pourra pas dire que nous n’avons pas dit ce que nous avons pensé juste.

Aujourd'hui, à peine quelques mois plus tard, je le répète, mais cette fois à propos du PCE. Ceux qui veulent reconstruire un parti léniniste peuvent compter sur mon soutien, un soutien qui n’est pas à la hauteur de celui de Roures [millionnaire qui a soutenu Podemos], mais qui représente tout ce que j’ai à donner.

Pour conclure, je préfère reprendre une phrase très juste prononcée par un collègue: « La journée de réflexion commence aujourd'hui ».

Alberto J. Miranda.

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Espagne
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