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Le site publie des traductions de déclaration, communiqué, article théorique et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/ ) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

France - Politique extérieure

Sélection d'articles sur la politique extérieure de la France issus de "Cahiers communistes" (site http://vivelepcf.fr/)

24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 09:56

 

Article écrit par la Ligue de la Jeunesse Communiste du Canada (YCL-LJC Québec), 23 août 2016, repris pour Solidarité Internationale PCF.

 

Le dimanche 14 aout se concluait - au même moment où fusaient les bannières et drapeaux arc-en-ciel de la Fierté gay - le 1er Forum social mondial organisé dans un pays du Nord.
Né à Porto Alegre en 2001, ce rassemblement des organisations alter-mondialistes à travers le monde avait pour objectif de contrer l’influence du Forum économique du Davos. Dans le contexte du début des années 2000, marquées d’une part par le dogme de la pensée unique, de la «fin de l’histoire», et d’autre part, par la résilience d’un discours raciste voué à justifier de nouvelles guerres impérialistes notamment au Moyen-Orient, revendiquer un autre monde que celui du capitalisme triomphant pouvait arborer un caractère franchement progressiste.
Lors de la précédente édition, tenue à Tunis en 2013, le comité organisateur a décidé que l’édition de 2016 ait lieu à Montréal. Il ne fait aucun doute que les membres de ce comité ont été séduits par l’historique grève étudiante de 2012 et par le mouvement Idle No More, preuve que la mondialisation affecte aussi les peuples du «Nord», un point qui se défend aux vues de la conjoncture économique, politique et sociale actuelle.
Trois ans plus tard cependant, la lune de miel semble avoir décru: les organisations et individus du «sud» se sont plaints à maintes reprises avant même que ne soit lancé le coup d’envoi de la mobilisation des couts exorbitants associés au voyage. À cela s’est ajouté le marathon administratif pour obtenir un visa d’entrée au pays. D’ailleurs, les précédentes éditions (à l’opposé de celle-ci) comptaient sur un certain appui des autorités, ce qui facilitait la tâche aux participants.
Résultat: à deux jours du début du Forum, plus de 200 demandes de visas formulées par des militants palestiniens, asiatiques, africains et sud-américains avaient été refusées. Le problème n’avait rien de surprenant: dès le début, bon nombre d’organisations avaient critiqué le choix de Montréal pour cette raison. Parmi les personnalités refusées, on compte le Président du Syndicat des travailleurs postaux de Palestine dont l’organisation a enjoint les organisateurs du Forum à choisir un pays hôte «qui permette aux militants de tous les pays et de tous les profils sociaux de participer à l’évènement». À ce syndicaliste s’ajoute l’intellectuelle malienne Aminata Traoré (qui devait participer à l’une des grandes conférences), une des voix fortes du «féminisme» africain. Même si les services frontaliers se sont éventuellement ravisés, elle a préféré boycotter l’évènement en solidarité avec tous ceux qui n’ont pas été bienvenus au Canada.
Tel que prévu par les organisateurs donc, la très vaste majorité des participants au Forum (plus de 80%) provenait du Québec, ce qui n’est en rien différent des dernières éditions.
Malgré ces ratées, les organisations québécoises conviées n’ont pas boudé l’évènement pour autant. Conscients de la couleur locale du Forum, les participants se sont sans doute rappelé le succès - certes très mitigé - du Forum social des peuples organisé à Ottawa en 2014. Cette rencontre, à laquelle la Ligue de la jeunesse communiste avait d’ailleurs participé, avait permis aux mouvements sociaux de partout au pays de faire valoir leurs positions et de dégager, dans la mesure du possible, un plan d’action commun pour instaurer un changement à travers le Canada. Ce Forum social mondial à saveur nord-américaine aurait pu, dans un contexte pré-électoral aux États-Unis et de nouveau gouvernement au Canada, être l’occasion de discuter d’actions conjointes pour une campagne pour la dissolution de l’OTAN et le retrait de ses États-membres, pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre, pour mettre les multinationales au pas, affirmer notre solidarité avec les peuples tels que le peuple cubain, palestinien, saharaoui, brésilien ou encore avec les peuples africains qui se mobilisent contre le modèle néo-colonial qui leur est imposé.
On ne peut donc imputer la faible mobilisation au manque de participation internationale: ce n’est certainement pas pour cette raison que les syndicats ont été lents à s’engager dans le projet et à promouvoir l’évènement, ce n’est certainement pas pour cette raison non plus que la manifestation d’ouverture n’a compté que 2000 participants tout au plus - moins qu’une marche du 1er mai - avec l’absence notable des organisations étudiantes du Québec et du Canada. Ce n’est probablement pas non plus pour cette raison que les ateliers organisés durant les trois premiers jours de ce rassemblement - parfois se sommant jusqu’à plusieurs dizaines en même temps - ne comptaient que sur une vingtaine de personnes aux mieux et, au pire, sur deux individus seulement.
La mitigation du succès du Forum social mondial 2016 a certes été exacerbée par le fait qu’il ait été organisé dans le tétrasphère nord-ouest, soit dans le quart-monde développé, à un jet de pierre des entrailles de la bête impérialiste, mais il reste que la cause profonde des difficultés rencontrées provient sans doute de la formule même des forums sociaux mondiaux.
Effectivement, si, pour le peu que l’on se déclare contre la mondialisation (peu importe qu’elle soit culturelle, politique ou économique), on peut y entrer comme dans un moulin, il n’est en rien étonnant que des ateliers condamnant le droit à l’autodétermination du peuple Saharaoui habitant la dernière colonie d’Afrique endossés par l’impérialisme marocain ou alors que le FSM se refuse de soutenir la campagne de Boycott Désinvestissement Sanctions contre l’apartheid israélien. Il y a fort à parier que dans les mouvements pro-sionistes et pro-occupation marocaine, existe une frange alter-mondialiste comme il existe, dans le mouvement pour la Paix, une frange pacifiste qui refuse de condamner l’OTAN… Même des organismes comme Oxfam, l’impérialisme au visage humain, y sont les bienvenus. Les partis politiques cependant n’y ont pas droit de cité.

C’est que les Forums sociaux mondiaux ne prennent pas parti…
Au-delà du jeu de mots, il reste que l’idée même selon laquelle il serait possible de changer le monde à l’aide d’ONGs et à coups de critiques vaseuses de la «mondialisation» (et non de l’impérialisme) - une notion floue et définie par idiosynchrasies - a fait son temps. Les mouvements sociaux conviés en 2001 à Porto Alegre ont certainement apprécié, dans le contexte de l’époque, cette bouffée d’air. Aujourd’hui, les plus combatifs d’entre eux ont tôt fait d’en percevoir les limites et se tournent vers d’autres horizons. En effet, il n’est plus tellement question de se répéter qu’un autre monde est possible, nécessaire. L’heure est plutôt à la mobilisation: que faire pour bâtir ce monde à la hauteur de nos attentes?
Les Forums sociaux ne peuvent certainement pas répondre à cette question s’ils refusent de poser la question de la prise de pouvoir politique en interdisant formellement les partis politiques. Ils ne peuvent non plus y répondre s’ils refusent de s’attaquer à l’impérialisme et en acceptent même des représentants en leur propre sein. Sans déclaration finale, quelles propositions d’actions peuvent être formulées pour les prochaines années?
Avec un tel évènement, nos dirigeants peuvent dormir sur leurs deux oreilles… D’ailleurs, comble du comble, le Canada, un pays impérialiste, a même financé le FSM!


Sans illusions, mais présents


Qu’à cela ne tienne, la Ligue de la jeunesse communiste ainsi que le Parti communiste du Québec ont décidé, sans illusions, d’utiliser le Forum social mondial comme plate-forme pour accroitre leur visibilité auprès des mouvements sociaux du Québec. «Au cours de la semaine, nous avons distribué plusieurs centaines de tracts et journaux en plus de tenir une table politique à l’entrée du Forum social. Nous avons ainsi pu engager plusieurs conversations intéressantes et créer de nouveaux contacts», nous dit Marianne Breton-Fontaine, membre du Comité central exécutif de la Ligue de la jeunesse communiste du Canada.
La LJC-Q a de plus organisé une conférence sur la paix et l’anti-impérialisme, une occasion de promouvoir le 19e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants qui se déroulera à Sotchi en octobre 2017. Cette conférence a pu compter sur la participation de deux représentants du front Polisario qui ont exposé la situation à laquelle est confronté le peuple saharaoui après plus de 40 ans d’occupation marocaine illégale.
Adrien Welsh, animateur de la discussion, en a profité pour réaffirmer les liens profonds de solidarité entre la Jeunesse communiste du Canada et la jeunesse du front Polisario (UJSARIO): «nous sommes liés par un combat commun, une cause commune: en finir avec l’impérialisme qui, du Sahara à Ramallah et de Kuujjuaq à Caracas, perpétue la guerre, la mort et la destruction. Nous dénonçons par ailleurs le Forum social mondial pour avoir permis dans son enceinte une conférence vraisemblablement organisée par le palais de Rabat afin de déverser une propagande mensongère contre combattants de la Liberté du Sahara occidental. Nous réaffirmons notre solidarité sans faille avec le peuple et la jeunesse saharaouis et leurs seuls représentants légitimes, le front Polisario et l’UJSARIO. Notre solidarité ne s’arrête pas aux mots: nous sommes prêts à nous mobiliser et être les dignes ambassadeurs - car pour le moment, le Canada est l’un des seuls pays au monde à n’avoir aucune relation diplomatique avec le Sahara occidental - du Sahara occidental souverain. Nous réclamons la tenue du référendum sur le droit à l’autodétermination du Sahara occidental tel que proposé par l’ONU, la libération des prisonniers politiques de Gdeim Izik. Alors que le Canada s’apprête à signer un accord de libre-échange avec le Maroc, nous devons nous mobiliser afin de nous assurer qu’a minima, la souveraineté du Sahara occidental y soit reconnue afin d’empêcher que des entreprises minières (comme c’est le cas en ce moment) pillent les ressources de phosphate de cette nation nord-africaine. Ṣaẖarāwi, Ṣaẖarāwīya, īdi f-īdak ẖaṭṭa l-ẖuriya! (Saharaoui, Sharaouie, mains dans la main jusqu’à la liberté!)
Le Parti communiste, invité par le journal People’s Voice, a quant à lui organisé une conférence sur la nécessité de construire un front populaire rejoignant tous les exploités du Canada à commencer par les travailleurs, les étudiants, la jeunesse, les femmes, les petits producteurs agricoles, les peuples autochtones, bref rejoignant tous ceux qui, des dires de Liz Rowley, chef du parti, «sont affectés par le capitalisme». De fait, «nous partageons tous un même intérêt: faire fléchir le pouvoir des grandes compagnies. Certes, il ne s’agit pas encore du socialisme, mais en nous mobilisant tous ensemble pour une démocratie avancée, pour l’égalité nationale, pour la gratuité scolaire et le renforcement des services publics entre autres, la nécessité de rompre avec le capitalisme s’imposera d’elle-même. Au point où nous en sommes, il ne reste qu’à choisir son camp. Nous, communistes, avons choisi depuis bientôt 100 ans le camp des exploités, de ceux qui n’ont rien à perdre autre que leurs chaines. Nous savons que le chemin sera sinueux, long et tortueux, mais nous sommes plus nombreux et dans l’unité, nous pouvons et nous allons gagner.»

 

Source : http://yclljc-magazine.blogspot.fr/2016/08/un-forum-social-pas-tres-mondial.html

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Impérialisme
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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 16:34
« Jeux Olympiques 2016 à Rio: Le sport est ce qui importe le moins », article de Mauro Luis Iasi (PCB)

Article de Mauro Luis Iasi, repris du site du Parti communiste brésilien (PCB), traduction, MLJ pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », 11 août 2016


Un peu, juste un peu. On ne nous montre pas tout dans l’image idéologique qui nous est présentée des Jeux olympiques. L’image est sélectionnée, comme on sélectionne les athlètes en quête de performance olympique. C’est ce qui apparaîtra comme reflet du réel.

Voilà un Brésil qui chante, plein de joie. Voilà un pays où une fille noire, issue des favelas, accède à l’or olympique. Voilà un pays qui fait beaucoup pour ceux qui luttent chaque jour pour surmonter les obstacles. Voilà pourtant aussi un Brésil qui chante parce qu’il est triste, où les enfants noirs sont amenés à tirer dans les favelas, où les juges s’en vont dîner avec les vainqueurs, un pays dans lequel celui qui travaille beaucoup gagne peu pendant que quelques-uns disposent de presque tout. Comme aux jeux olympiques.

Comme chaque image idéologique, les jeux olympiques montrent aussi et démontrent bien des choses cachées. Ils ne sont pas que mensonge et pure manipulation. Il y a un peu, et oui, un peu du Brésil. Les jeux sont comme un entonnoir d’où sortent les meilleurs des meilleurs, les champions, les demi-dieux olympiques qui se disputent les quelques places du podium et dont un seul peut être en or. La concurrence libre entre individus, inégaux de condition, égaux devant les règles de la compétition. Egaux en droits, inégaux en fait. Des individus, héroïques, dans leur lutte pour les lauriers de la victoire.

Mais, il est évident qu’un autre message s’insinue plus subrepticement. Des places spéciales sont laissées à ceux qui n’ont pas atteint les minimas requis, de façon que tous les pays puissent participer, du moins en invités. Il y a des équipes pour recueillir les athlètes réfugiés. Et puis, il y a les jeux paralympiques. Les cercles de toutes les couleurs s’entremêlent dans les anneaux du magicien qui masque habilement ses trucages. Au monde, on délivre le message qu’il est important de préserver la nature et les équilibres écologiques, la paix mondiale, de prendre soin des enfants et de leur éducation.

Il n’y a rien de mal dans ce discours, comme il n’y a rien de mal dans les Jeux, dans l’émotion de la compétition, dans la reconnaissance des efforts des athlètes, dans la beauté du sport. Le côté idéologique agit à un autre niveau qu’on ne peut voir qu’avec un peu de distance.

Ces jeux qui prônent le respect de l’environnement, par exemple, n’ont pas appliqué leur objectif. Ils ont fabriqué une flamme olympique miniature, pour économiser de l’énergie, mais le bilan carbone des jeux reste déficitaire de 31%, faute de plantations d’arbre suffisantes pour compenser les émissions de gaz dues aux travaux. Les égouts qui se jettent dans la Baie de Guanabara devaient, selon les engagements pris, être traités à 80%. On n’en est pas à la moitié. L’assainissement et la canalisation des rivières du bassin de Jacarepagua, selon des données du « Journal des luttes : les jeux de l’exclusion » ont vu leurs travaux paralysés à la fin de 2015, avec un an de retard sur les prévisions, et sans aucun résultat. Pourtant les entreprises de travaux publics, Andrade Gutierrez et Ingénierie de Rio, ont empoché la bagatelle de 235 millions de réaux pour les travaux.

Alors que l’on célèbre l’universalité des Jeux, l’accueil généreux des nations sans comité olympique, ou celui de réfugiés (certains venant des pays que les nations européennes ont bombardés tout en refusant ensuite de les accueillir sur leur territoire), plus de 77.000 personnes ont été délogées depuis 2009 au nom du méga-événement. A Rio, d’innombrables familles ont été expulsées de la favela de Vila Autodromo, de celle de Vila Recreio II, de celle de Metro Mangueira, de celle de Vila Harmonia et de bien d’autres uniquement dans le but de dégager des terrains pour les projets de spéculation immobilière ultérieurs.

Des colombes de papier symbolisent la paix dans le monde mais l’armée et la police se sont emparées de la ville. L’occupation du quartier de Maré, pour la coupe du monde de 2015, a coûté 599 millions de réaux en quinze mois. Les organisateurs des « Jeux de l’exclusion » [comme les ont dénommés des progressistes brésiliens] estiment que la municipalité de Rio a pu réinvestir 303 millions de réaux, entre 2010 et 2016, dans des programmes sociaux consacrés aux bidonvilles de la cité. L’ensemble des dépenses consacrées à la sécurité va atteindre 3 milliards de réaux. Les meurtres commis par des policiers sont en hausse de 135% en un an.

Le peuple s’est détourné des stades pour exprimer son opposition au gouvernement illégitime installé à Brasilia et une loi du silence s’est abattue sur les athlètes. Pendant que les feux d’artifice illuminaient la nuit de la ville, la police descendait dans un autre coin de la ville pour réprimer les manifestants.

Mais qu’est-ce que le sport a à voir avec tout cela ? Le sport n’est pas coupable de ce qui amène mes reproches politiques, pas plus que de l’avidité des grandes compagnies qui dépouillent l’événement avec leur mercantilisme. C’est une question difficile.

Les athlètes s’entraînent beaucoup et avec dévouement, certains avec beaucoup de soutiens, d’autres sans aucun, mais ce qui importe, c’est que nous pouvons voir en eux, quelques fois, ce qu’un certain baron, Pierre de Coubertin, appelait « l’esprit olympique ». Cela fait du bien d’y assister et il devrait être plus largement permis d’y participer. Mais, il pèse comme une malédiction sur tout « esprit », c’est qu’il doit habiter un « corps », objectivement, ou dans certaines conditions, étrangement. La matérialité olympique est l’utilisation intense de sa valeur d’usage pour servir de base à sa valeur d’échange. Sa transformation en marchandise, son intense marchandisation, dépend des formes propres de sa valeur d’usage et, beaucoup moins, des intentions de ses protagonistes comme dans tout processus de production de marchandise.

Le sport, là-dedans, est ce qui importe le moins. Le ministère des Sports, qui n’utilise presque jamais l’intégralité de son budget, a attribué près de 190 millions de subventions à ceux qui ont obtenu les minima pour concourir aux jeux. C’est presque le montant auquel le stade de Maracana a été vendu – 180 millions sur trente ans – alors que le coût des travaux de a atteint la valeur stratosphérique de 1,34 milliards de dollars. Dans le même temps, les programmes de massification du sport, de formation, la mise en place de structures de qualité sont toujours plus délaissés et leurs ressources diminuent.

A la fin, une fois les médailles distribuées, une fois les profits des entrepreneurs, des entreprises de communication, des monopoles décomptés, une fois que notre émotion cathartique sera passée, la ville va revenir à la «normale». La crise va se poursuivre à l'Université d'État de Rio de Janeiro. Les enseignants des écoles primaires vont compter leurs arriérés de salaires. Les carcasses des structures provisoires vont se dégrader, témoins silencieux du gâchis et de l'ostentation.

[L’auteur finit par ses vers de la chanson de Joao Liberto, « les sandales d’argent »] :

« É também um pouco de uma raça
Que não tem medo de fumaça ai, ai
E não se entrega não »

C’est aussi un peu une course
Qui n'a pas peur de la fumée, ai, ai
n’abandonnera pas, non

Mauro Iasi est professeur adjoint à l'École de service social de l'UFRJ, chercheur au NEPEM (Centre d'études et de recherches marxistes) et membre du Comité central du PCB.

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Brésil
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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 10:25
Il y a 60 ans, le 17 août 1956, l’Allemagne capitaliste interdisait le Parti communiste allemande (KPD).

A peine 11 ans après la victoire sur le nazisme, le gouvernement de l’Allemagne capitaliste, la RFA, faisait interdire le Parti communiste allemand, le KPD, parti des 150.000 déportés et des 30.000 fusillés dirions-nous en France. C’était il y a 60 ans, le 17 août 1956.

L’impérialisme allemand, déjà remis en selle à l’ouest du pays, vassal de l’impérialisme américain et en passe de retrouver sa prépondérance sur ses partenaires d’Europe de l’ouest, affichait sa conception de la démocratie.

La plupart des cadres ayant officié sous le 3ème Reich, avait gardé ou repris leur poste. De nombreux nazis avaient été recyclés, y compris dans la vie politique et les partis bourgeois et dans l’armée en reconstitution.

A l’inverse, la répression anticommuniste s’accentue. Dans le contexte de guerre froide, elle atteint un sommet, avec l’élimination du KPD légal. Elle continuera les décennies suivantes avec, notamment, les interdictions professionnelles frappant les communistes, jusqu’aux années 80. En 1968, le Parti communiste allemand DKP a pu être créé, mais avec des statuts différents du KPD qui demeurera interdit.

Le combat pour la réhabilitation et l’indemnisation des communistes lésés, mené notamment par le DKP, montre aujourd’hui, combien, malgré la fin de la guerre froide, l’Allemagne capitaliste a moins que jamais tourné la page.

Nous reprenons l’article de Markus Bernhardt, publié dans le quotidien progressiste allemand Junge Welt, le 10 août 2016. Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF ».

 

Paranoïa anticommuniste

Il y a 60 ans, le Parti communiste allemand KPD était interdit. Le coup le plus dur porté à la gauche après la libération du fascisme

Par Markus Bernhardt

Il y a 60 ans, le 17 août 1956, la Cour constitutionnelle fédérale, sur requête du gouvernement de l’époque, dirigé par le chancelier Konrad Adenauer, interdisait le Parti communiste d’Allemagne (KPD). Pour la deuxième fois, l’interdiction d’un parti était prononcée dans l’histoire de l’Allemagne fédérale, après celle du parti fasciste « Sozialistische Reichspartei » (SRP).

L’élimination perfide du KPD a durement frappé le parti et ses adhérents. Onze années seulement après la libération du fascisme hitlérien, les adhérents du parti communiste fondé en 1918 par Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et Wilhelm Pieck, qui sortait de douze ans d’interdiction sous le fascisme allemand, étaient à nouveau la cible d’une attaque d’Etat. Et cela bien que le KPD ait payé un si lourd et sanglant tribut au combat contre Hitler. De ces 300.000 adhérents d’avant 33, quelque 150.000 furent internés dans les soi-disant camps de concentration ou dans des bagnes. Environ 30.000 communistes furent assassinés. Le président du KPD, l’ancien ouvrier du port de Hambourg, Ernst Thälmann, fut exécuté, après onze années en cellule d’isolement, en août 1944, sur ordre express d’Hitler.

Malgré tout cela, le régime d’Adenauer, qui voulait voir dans le KPD un grand danger pour l’Etat qui a succédé au « Troisième Reich », décida de porter un coup fatal aux communistes. Le Parti fut dissout, ses élus du peuple furent déchus de leur mandat, des milliers d’adhérent furent traînés devant les tribunaux. Rien qu’entre les années 1950 et 1968, presque 200.000 procédures furent engagées contre des adhérents, réels ou présumés, du KPD. Elles aboutirent à 10.000 procès au total, qui se conclurent pour les personnes criminalisées par de la détention, la perte de leur emploi, la privation de leurs droits civiques et d’autres discriminations.

Les juges de Karlsruhe fondèrent la légalité de l’interdiction du KPD sur les buts poursuivis par le Parti qui auraient été « dirigés » contre « les principes de la démocratie libre ». A l’époque, pour la Cour constitutionnelle, cela tenait dans une formule, condensée de l’enseignement du marxisme-léninisme sur le développement de la société : « l’avènement d’un ordre social socialiste-communiste par la voie de la révolution prolétarienne et de la dictature du prolétariat ». Les juges qualifièrent le KPD en conséquence de « parti marxiste-léniniste de combat », qui aurait refusé, selon eux, les « principes et institutions » dont « l’application et l’existence » auraient été « la condition du fonctionnement d’un ordre démocrate libre ».

Comme véritable motif de l’interdiction du KPD, le DKP fait l’analyse au contraire aujourd’hui que le gouvernement Adenauer avait engagé secrètement, dès 1949, malgré tous les serments fait publiquement pour la paix, les préparatifs du réarmement. Ainsi, « la constitution d’une nouvelle Wehrmacht » aurait été confiée à « d’anciens généraux d’Hitler ». A l’encontre de ces projets existait un large sentiment profondément antimilitariste qui s’exprimait à travers les nombreuses consultations populaires, manifestations et initiatives de protestation organisées par le KPD et d’autres forces pour la paix. La déclaration éditée par le DKP à l’occasion du 60ème anniversaire de l’interdiction du KPD conclut : « du point de vue des gouvernants, il fallait criminaliser et abattre la résistance considérable au réarmement, recherché systématiquement, de l’Allemagne de l’Ouest et à sa transformation en « Etat en première ligne sur le front » ».

La répression et la campagne anticommunistes atteignirent un sommet avec l’interdiction du KPD mais elles ne s’arrêtèrent pas là. Déjà en 1951, le mouvement de jeunesse « La libre jeunesse allemande (FDJ) » avait été interdit en Allemagne de l’Ouest, ce que devait confirmer trois ans plus tard la Cour constitutionnelle. En 1972 suivit le soi-disant « décret sur les extrémistes » sur la base duquel, surtout dans les années 70 et 80, la soi-disant « loyauté à la constitution » était vérifiée chez les postulants à la fonction publique via des millions de demandes d’attestation à l’office de la « protection de la constitution ». 11.000 procédures furent engagées à la suite de ce décret ; près de 1200 demandeurs d’emploi public furent rejetés et près de 300 fonctionnaires furent limogés. Parmi les personnes concernées par ces mesures d’épuration politiques ne se trouvaient pas que des communistes, loin de là, mais aussi des syndicalistes et des militants du mouvement pacifiste. Il leur était même refusé de devenir conducteur de locomotive ou employé des postes.

Ces tâches qui salissent la soi-disant « culture politique démocratique » n’ont toujours pas fait l’objet d’un examen correct. Il est toujours passé sous silence que les victimes de la stratégie de répression anticommuniste, qui, dans les faits, persiste aujourd’hui, n’ont jamais été réhabilitées ou indemnisées pour l’injustice que l’Etat a commise à leur encontre.

Manifestations et initiatives en 2016

A l’occasion du 60ème anniversaire de l’interdiction du Parti communiste d’Allemagne (KPD), des initiatives sont organisées dans plusieurs villes.

60 ans après le jugement de la Cour constitutionnelle fédérale contre le KPD, le Parti communiste allemand (DKP) mobilise pour une manifestation à Karlsruhe, le 10 septembre (15h) sur la place Ludwig, au cœur de la deuxième ville de Bade-Wurtemberg.

Aux côtés du président du DKP, Patrik Köbele, la députée au Bundestag « die Linke », Karin Binder de Karlsruhe, ainsi que des représentants de partis communistes amis d’Europe participeront à la manifestation. A l’issue de la manifestation est également programmé un débat (au local « Walhalla », Augartenstrasse 27), dans le cadre duquel le président délégué du DKP, Hans-Peter Brenner, l’avocat munichois Hans E. Schmitt-Lermann évalueront, sur plan politique et juridique, la portée de l’interdiction du KPD. En conclusion, l’ancien président du DKP, Herbert Mies et l’ancien membre du présidium du DKP, Willi Gern participeront à une discussion en tribune.

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Allemagne
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 00:02
Que devraient faire maintenant les partisans de Bernie Sanders ?

Nous publions la réflexion collective de la rédaction du site internet américain ami, « Marxism-Leninism Today », le 12 juillet 2016, après le ralliement plat de Sanders à Clinton. Elle donne une analyse globale de la campagne électorale aux Etats-Unis, sans entrer dans les détails sur Sanders. Elle conduit à appeler les partisans de Sanders à refuser le soi-disant « choix du moindre mal » derrière Hillary Clinton. Elle conduit à appeler à la constitution d’une nouvelle forme d’organisation politique indépendante des partis du système. Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF ».

Voir aussi sur vivelepcf: USA : Bernie Sanders s’aligne platement sur la représentante de Wall Street et du Pentagone. Tout sauf une surprise !

Les élections de 2016 sont le reflet de l’approfondissement de la crise du système économique capitaliste en général et du système politique américain, et de ses partis, en particulier.

Les primaires démocrates sont terminées. Sanders a apporté son soutien à Clinton. Les partisans de Bernie Sanders sont incités à accepter docilement la candidate démocrate liée au monde des affaires, Hillary Clinton, comme le moindre mal. Certains insinuent que cela laisse présager, suivant on ne sait quelle alchimie, une « présidence progressiste retentissante ».

Ainsi le magazine « The Nation » (22/27 juin), bastion libéral [sens américain du mot « libéral »] qui a soutenu Sanders, déploie le drapeau blanc de la reddition en ces termes : « Un Parti démocrate qui intègre et adopte les idéaux de la campagne de Sanders et les gens qui l’ont soutenue se trouvera en meilleure position pour battre Donald Trump en novembre et pour gouverner le pays avec un mandat progressiste retentissant dans les années à venir ».

C’est de la pure magie. Déjà, à la réunion d’élaboration de la plateforme démocrate qui s’est tenue à Orlando en Floride, les positions de Sanders sur des sujets tels que le partenariat transpacifique, les droits des Palestiniens, le système de santé à payeur unique, ont été repoussées par les Clintoniens.

Pourtant, une opportunité se présente en ce moment. L’aggravation du mécontentement social suscite des frondes au sein des deux grands partis. Alors que les différences entre les deux partis qui monopolisent la vie politique se font encore plus minces, le réflexe du « vote pour le moindre mal » a de moins en moins de sens chez les électeurs en général, encore moins chez les partisans de Sanders.

Et la révolte est venue.

Il s’est passé quelque chose de nouveau pendant la saison des primaires de 2016. Le mouvement électoral vers Trump et Sanders a représenté un degré nouveau dans la désaffection à l’égard du système et des habitudes politiques.

Tout le monde s’attendait, à un moment ou un autre, à l’irruption de la colère des électeurs. Quarante ans de stagnation ou de baisse des salaires, les délocalisations d’emplois et la désindustrialisation, la croissance des inégalités, la violence policière contre la jeunesse noire, l’incarcération de masse, les attaques contre les droits syndicaux et le droit du travail, la réduction de la protection sociale, les guerres sans fin, la grande récession de 2008 puis la reprise hésitante, les blocages au Congrès, l’accroissement de la pauvreté et de l’insécurité : tout cela a modifié la conscience de dizaines de millions de personnes.

La colère des électeurs a finalement trouvé une expression politique dans les urnes.

La façon dont elle s’est exprimée n’est pas symétrique. Dans le cas des Démocrates, Bernie Sanders – contre une opposante démocrate adoubée par les milieux d’affaires – a mis en avant une social-démocratie à la scandinave. L’indépendance politique ne faisait pas partie de son projet. Dès le départ, il a promis de soutenir le vainqueur des primaires. A son crédit, on peut mettre qu’il a opéré un mouvement à gauche sur plusieurs sujets importants. Sa campagne a inspiré des segments de la base démocrate, spécialement dans la jeunesse. Sanders a fini avec 12 millions de voix aux primaires, à comparer aux 16 millions pour Clinton.

Les frondes progressistes ou libérales [au sens américain] ne sont pas nouvelles dans le Parti démocrate : Ted Kennedy contre Jimmy Carter en 1980 ; Jesse Jackson en 1984 et 1988 ; Howard Dean en 2004 ; Dennis Kucinich en 2004 et 2008. Dans tous les cas, ces frondes ont tourné court. La plupart des démocrates ont fini par voter pour le candidat démocrate désigné, apparaissant comme un « moindre mal » par rapport à un candidat républicain résolument réactionnaire.

L’appareil du Parti démocrate sait rassembler ses brebis égarées.

Des conférences sont organisées pour que les militants pro-Sanders puissent se défouler, mais, à y regarder, l’ordre du jour se limite simplement à une liste de vœux sur ce que seraient des politiques publiques progressistes. Il n’est pas mis à l’ordre du jour d’idée concrète pour s’organiser en vue d’une indépendance politique vis-à-vis des deux partis du système. Ce serait la conférence qui vaudrait la peine d’être organisée. Dans une conférence à Chicago, la candidate à la présidence du Parti Vert, Jill Stein, a été empêchée de parler à l’assistance.

Le camp Clinton et ses représentants cherchent à ramener au bercail les partisans de Sanders, par exemple, en parlant du « fascisme », du « Mac-Carthysme » de Trump ou de l’indicible horreur de « perdre » le contrôle de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Deux maux équivalents

L’argument du moindre mal n’a jamais été plus faible que maintenant.

Ce fait nouveau est de haute importance.

Si, au niveau présidentiel, les deux grands partis sont également mauvais, alors il incombe aux progressistes d’entamer un travail politique systématique pour une sortie du système bipartisan, pour l’indépendance.

Trump et Clinton sont tout aussi mauvais, mais de façon différente. Sur les questions nationales (à l’exception du commerce), Trump est évidemment pire que Clinton, mais, en politique étrangère, Clinton est plus dangereuse que Trump et c’est démontrable.

Trump représente une longue tradition américaine de populisme de droite qui mêle racisme, xénophobie, nationalisme et isolationnisme avec la nostalgie de l’âge d’or. Le populisme de droite associe des attaques contre des groupes socialement opprimés avec une défiance déformée vis-à-vis des élites, tout en désignant des boucs émissaires. George Wallace dans les années 60 et 70 et Patrick Buchanan dans les années 90 en sont des exemples récents. Dans les années 30, le mouvement mené par le Père Coughlin, qui prêchait l’antisémitisme à la radio, était un exemple de ce populisme de droite.

Le système politique est secoué

Les partis politiques ont un caractère de classe. Les partis sont l’expression de classes sociales. Ils constituent l’un des instruments les plus importants au moyen desquels les classes sociales se battent pour leurs intérêts et pour le pouvoir politique. Aux Etats-Unis aujourd’hui, la classe dominante dispose de deux partis, les Républicains et les Démocrates. Effectivement, leur base de masse diffère, mais ce qui est décisif, ce sont leurs bailleurs de fonds et leurs directions. Celles-ci partagent les mêmes vues et servent les intérêts de la même classe dominante, même au moyen de tactiques différentes.

Si les deux partis sont des partis capitalistes, comment expliquer les conflits ? Les révoltes portées aussi bien par Trump que par Sanders reflètent la colère populaire devant la façon dont les dirigeants des deux partis ont ouvertement servi les intérêts capitalistes en sacrifiant les intérêts des travailleurs. S’ils capitalisent sur cette colère, ni le racisme et l’isolationnisme de Trump, ni la social-démocratie de Sanders ne menacent le capitalisme. Mais les deux hommes menacent certains intérêts particuliers dans les entreprises et les partis. Cela explique la panique devant Trump et la désertion de certains Républicains et la panique devant Sanders et les efforts de certains Démocrates pour courtiser ses partisans.

Cette nature de classe des deux partis du capitalisme monopoliste, qu’ils nient toujours, apparaît clairement en temps de crise et sur des questions politiques fondamentales. Dans une situation « normale », un parti peut manœuvrer politiquement et faire quelques concessions au peuple. Le Parti démocrate, presque tout au long du vingtième siècle, s’est évertué à obtenir l’allégeance des travailleurs et des minorités en concédant de petites réformes pour maintenir cette alliance.

L’autre parti, le Républicains, gouverne habituellement avec des méthodes résolument réactionnaires et travaille à réaliser ses objectifs résolument réactionnaires.

Au fond, les deux partis sont en fin de compte sont la propriété des riches et des puissants, des plus grandes entreprises et des banques. Ils ont pour mission de préserver les relations économiques et sociales existantes.

Mouvement vers la droite et différences de plus en plus minces

Depuis la fin des années 70, il s’est produit une double évolution dans le système partisan américain. Les deux partis dominants des Etats-Unis ont tous les deux évolué vers la droite et, en même temps, ils se sont rapprochés – du moins sur les questions fondamentales. Admettons que des différences subsistent sur les questions « sociales ».

L’emprise des monopoles est devenue encore plus évidente maintenant, après l’arrêt de la Cour suprême intitulé « United Citizens - Unité des citoyens » pris en 2010. Ce jugement a levé des contraintes sur le financement occulte des campagnes électorales par les milliardaires. En 2016, jusqu’à présent, Hillary Clinton est de très loin la favorite des financeurs de Wall Street.

La dérive droitière des deux partis principaux du capital monopoliste américain est apparue d’abord avec l’aiguisement de la crise capitaliste et l’effondrement du Keynésianisme au milieu des années 70. Une évolution encore plus à droite est venue avec la montée du Reaganisme et du Thatchérisme au début des années 80.

Les différences entre les deux partis du grand capital n’ont cessé de se réduire à partir de la présidence de Jimmy Carter à la fin des années 70. Le Parti démocrate a abandonné toute prétention à compléter le programme inachevé du New Deal, ce qu’il s’était efforcé de faire, jusqu’à un certain point, dans les années Kennedy-Johnson. En 1981, Reagan a repris l’essentiel du programme économique de Carter.

Dans les années 90, le « nouveau Démocrate » autoproclamé Bill Clinton et son « Democratic Leadership Council » ont été au cœur du travail pour redessiner le Parti démocrate. Au fil du temps, le Parti démocrate est devenu le Parti « républicain – bis » qu’il est maintenant.

Des facteurs historiques mondiaux ont été la toile de fond de ces tendances nouvelles dans le système partisan des Etats-Unis. La chute de tant d’Etat socialistes dans les années 1989-1991, et la fin d’un système social alternatif en concurrence auprès des travailleurs ont ôté une bonne part de l’attrait du système bipartisan pour les cercles gouvernants. Depuis la fin du New Deal, ils s’étaient satisfaits d’une formule stable : un parti conservateur de centre-droit, les Républicains, en alternance au gouvernement avec un parti de centre gauche, modérément réformiste, les Démocrates.

La perte d’influence de la logique du moindre mal

Un électeur américain de la classe ouvrière, du moins jusqu’à récemment, pouvait faire le calcul plausible que la misère sociale pourrait être, d’une certaine façon, un peu moins aigüe avec un Démocrate, plutôt qu’un Républicain à la Maison Blanche. Cet électeur a pu voter pour le « moindre mal ».

Le marxisme, cependant, garde comme repère un point de vue de classe stratégique de longue portée. D’abord, le marxisme ne considère pas que les élections sont toute la politique. Ensuite, la contribution spécifique du marxisme est d’introduire un point de vue de classe dans toute la politique. En politique électorale, cela doit conduire à mettre fin à l’intégration de la classe ouvrière aux deux partis des monopoles.

Le socialisme signifie gouvernement par la classe ouvrière et transformation révolutionnaire de la société. Une classe ouvrière qui s’installe dans la logique du moindre mal ne peut pas gagner le socialisme. Pour les marxistes, accepter le raisonnement de « bon sens » - savoir qui est le candidat ou le parti le moins mauvais - est totalement indéfendable. La logique du moindre mal conduit toujours la classe ouvrière à s’aligner derrière un parti de la classe dominante ou un autre.

Tant qu’ils seront liés à l’attelage politique du grand capital, les travailleurs ne pourront remporter aucune victoire fondamentale. L’indépendance politique, basée en premier lieu sur l’action dans le mouvement ouvrier, est un préalable. Les monopoles ont compris depuis longtemps la place potentielle du monde du travail au cœur d’une coalition électorale antimonopoliste. Le capital utilise toutes les méthodes possibles pour empêcher le monde du travail de construire ses propres organisations politiques et électorales.

Trump représente-t-il un danger tel qu’il faille soutenir Clinton ?

Trump est mauvais mais ce n’est pas un fasciste. Le marxisme a une définition scientifique, éprouvée, du fascisme : « Le fascisme est la dictature ouverte, terroriste des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ». Cela ne se mesure pas aux déclarations de Trump (souvent contradictoires) pas plus qu’aux actions de voyou de certains de ses partisans.

Ce qui est décisif plutôt, c’est les classes qui sont derrière Trump. A l’heure où nous écrivons ces lignes (début juillet 2016), son populisme et son caractère imprévisible effrayent une bonne part de Wall Street et des autres grands donateurs ainsi que l’establishment républicain. Certains ont été apeurés au point de soutenir Clinton qui reçoit une aide généreuse de Wall Street.

Un autre élément à mesurer réside dans les circonstances historiques. A la différence de l’Allemagne du début des années 30, où la révolution était une possibilité, le capitalisme américain ne traverse aucune crise existentielle. Le pouvoir d’Etat n’est pas en train d’échapper des mains des représentants de Wall Street. Certes, c’est un peu la pagaille au Parti républicain. Il reste à voir si la fronde massive de la base du Parti républicain aux primaires de 2016 aura des effets dans la durée.

Est-ce que la composition de la Cour suprême des Etats-Unis est une raison suffisante pour soutenir Clinton ? Seulement si l’on croit que des vies américaines sont plus importantes que les vies des innocents à l’étranger qui vont mourir encore sous le coup de la politique étrangère d’Hillary Clinton.

Clinton a fait ses preuves comme criminelle de guerre et interventionniste. Les peuples de Libye, de Syrie, d’Irak, du Honduras et d’ailleurs en savent quelque chose. Elle est allée plus loin que de vouloir sacrifier les intérêts des travailleurs et des minorités dans notre pays aux intérêts de Wall Street et des multinationales.

En conséquence, il ne saurait y avoir de moindre mal entre ces deux choix présidentiels.

Quelle perspective pour les partisans de Sanders ?

Soutenir Hillary Clinton n’est pas une perspective.

Les firmes qui contrôlent les actions d’Hillary Clinton feront sauter les quelques modifications mineures que les partisans de Sanders ont pu placer dans la plate-forme du Parti démocrate.

Les partisans de Bernie Sanders ne peuvent progressivement obtenir d’autre changements qu’en faisant monter la pression à gauche, en renforçant ce qui existe de politiquement indépendant des deux grands partis. En parlant « d’indépendance », il va de soi que nous parlons d’indépendance de classe – d’indépendance à l’égard des financements et du contrôle du capital.

L’histoire des Etats-Unis nous apprend que d’importants nouveaux partis politiques sont nés quand une crise a causé une rupture de masse dans les allégeances à l’ancien parti et que des forces avancées avaient patiemment préparé le terrain. Le meilleur exemple : les Abolitionnistes et leurs alliés, après s’être abstenus, peu judicieusement, de participer à la politique électorale, s’y sont essayés, parti après parti, le « Liberty Party », le « Free Soil Party », et finalement le Parti républicain.

A la fin des années 1850, la crise sur la question de l’esclavage a atteint un tournant. Les vieux partis politiques, comme le « Whigs », les « Démocrates » et les « Know Nothing » se sont désintégrés ou ont éclaté sur cette question. Mais la coalition antiesclavagiste était prête : elle avait son candidat, Lincoln, une revendication centrale, la non-extension de l’esclavage aux territoires, et un parti, les Républicains.

La lutte contre le pouvoir des trusts au 21ème siècle est semblable à la lutte contre le pouvoir des propriétaires d’esclaves au 19ème siècle. La tâche suprême est maintenant de construire un parti de masse pour contenir le pouvoir des trusts. Cela ne se fera pas sans une avant-garde révolutionnaire organisée. Les Abolitionnistes étaient une avant-garde de ce type à leur époque. Un parti marxiste-léniniste le sera à la nôtre.

L’avenir nous dira si une rupture de masse dans les allégeances aux anciens partis est en cours.

Quoi qu’il en soit, les partisans de Sanders peuvent et devraient s’organiser de façon indépendante maintenant. Ce sera une tâche difficile à long terme. Beaucoup de questions ne trouvent pas de réponse facile : comment mettre en mouvement pour un changement radical la classe ouvrière, les autres classes déterminantes et les forces sociales, encore souvent embourbées dans la logique du moindre mal.

En rejetant Hillary Clinton, même comme moindre mal, et, de façon plus décisive, en prenant la résolution de construire une indépendance politique, les militants et les partisans de la campagne de Sanders peuvent faire de 2016 l’’année d’une véritable « révolution politique ».

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:38
L’anniversaire, par Fidel Castro (90 ans)

Nous reproduisons les quelques mots écrits par Fidel Castro à la veille de son 90ème anniversaire, le 12 août 2016. Le révolutionnaire évoque son enfance et lance un nouvel appel à la paix, après avoir alerté, une nouvelle fois, sur la menace des armes nucléaires. La traduction est reprise du site de France Cuba.

 

L’anniversaire, par Fidel Castro

Demain, j’aurai 90 ans. Je suis né sur le territoire qu’on appelle Birán, dans la région orientale de Cuba. On le connait sous ce nom bien que jamais il n’ait été reporté sur une carte.

Étant donné son bon comportement, il était connu par des amis proches et, certainement, c’était aussi une place de représentants politiques et d’inspecteurs qu’on voyait dans toutes les activités commerciales ou de production propres aux pays à néo-coloniser dans le monde.

Une fois, j’ai accompagné mon père à Pinares de Mayarí. J’avais alors 8 ou 9 ans. Comme il aimait parler quand il sortait de la maison de Birán ! Là, il était propriétaire des terres où on plantait la canne, les pâturages et autres cultures agricoles.

Mais aux Pinares de Mayarí, il n’était pas propriétaire mais locataire, comme beaucoup d’Espagnols qui ont été maîtres d’un continent en vertu des droits accordés par une bulle papale qu’aucun peuple ou être humain de ce continent ne connaissait. Les connaissances transmises étaient déjà en grande partie des trésors de l’humanité.

L’altitude était d’environ 500 mètres, des collines en pente, rocailleuses, où la végétation est rare et souvent hostile. Des arbres et des rochers empêchent de passer. Et tout à coup, à une certaine altitude, commence un long plateau qui s’étend environ sur 200 km carrés avec de riches gisements de nickel, de chrome, de manganèse et d’autres minerais de grande valeur. De ce plateau, on extrayait chaque jour, des pins de grande taille et de grande qualité par dizaines de camions.

Remarquez que je n’ai pas mentionné l’or, la platine, le palladium, les diamants, le cuivre, l’étain, et d’autres métaux qui sont également devenus les symboles des valeurs économiques dont la société humaine a besoin dans son étape actuelle de développement.

Peu avant le triomphe de la Révolution, mon père est mort. Auparavant, il a assez souffert.

Sur ses 3 fils, le second et le troisième étaient absents et loin. L’un et l’autre accomplissaient leur devoir dans les activités révolutionnaires. J’avais dit que je savais qui pourrait me remplacer si l’adversaire réussissait dans ses plans d’élimination. Et je me moquais presque des plans machiavéliques des présidents des États-Unis.

Le 27 janvier 1953, après le coup d’État perfide de Batista en 1952, une page de l’histoire de notre Révolution a été écrite : les étudiants de l’université et des organisations de jeunes, avec le peuple, ont organisé la première Marche aux Flambeaux pour commémorer le centenaire de la naissance de José Martí.

Et on était convaincu qu’aucune organisation n’était prête pour la lutte que nous étions en train d’organiser. Il y avait une confusion totale dans les partis politiques qui mobilisaient des masses de citoyens de la gauche jusqu’à la droite et au centre, écœurés par la politicaillerie qui régnait dans le pays.

À mes 6 ans, une maîtresse pleine d’ambition, qui faisait classe à l’école publique de Birán, avait convaincu ma famille que je devais me rendre à Santiago de Cuba pour accompagner ma sœur aînée, qui entrait dans une école de religieuses très cotée. C’est la maîtresse de la petite école de Birán elle-même qui m’y fit entrer. Magnifiquement traitée à la maison de Birán où elle mangeait à la table de la famille, elle l’avait convaincue de la nécessité de ma présence.

En définitive, je me portais mieux que mon frère Ramón – qui est mort il y a quelques mois – et pendant longtemps, il a été mon camarade de classe. Je ne veux pas être long, les années de cette époque de faim furent très dures pour la majorité de la population.

On m’envoya, après 3 ans, au Collège de La Salle de Santiago de Cuba où l’on m’a inscrit en première année. Presque 3 ans passèrent sans qu’on m’amène au cinéma.

Ainsi commença ma vie. J’écrirai peut-être, si j’ai le temps, sur cela. Excusez-moi de ne pas l’avoir fait jusqu’à présent, j’ai des idées sur ce qu’on peut et doit enseigner à un enfant. Je considère que l’absence d’éducation est le pire dommage qu’on puisse lui faire.

L’espèce humaine affronte aujourd’hui le risque le plus important de son histoire. Les spécialistes de ces sujets sont ceux qui peuvent le plus faire pour les habitants de cette planète, dont le nombre a augmenté de 1000 millions à la fin de 1800 à 7000 millions au début de 2016.

Combien y en aura-t-il sur notre planète dans quelques années ?

Les scientifiques les plus brillants, qui sont déjà plusieurs milliers, sont ceux qui peuvent répondre à cette question, ainsi qu’à bien d’autres de grande importance.

Je voudrais exprimer ma plus profonde gratitude pour les démonstrations de respect, les saluts et les cadeaux que j’ai reçus ces jours-ci, qui me donnent les forces pour y répondre avec les idées que je transmettrai aux militants de notre Parti et aux organismes appropriés.

Les moyens techniques modernes ont permis de scruter l’univers. Les grandes puissances comme la Chine et la Russie ne peuvent être soumises aux menaces pour leur imposer l’utilisation des armes nucléaires. Ce sont des peuples de grande valeur et d’une grande intelligence.

Je considère que le discours du président des États-Unis lors de sa visite au Japon a manqué de hauteur, et il n’a pas eu les mots pour s’excuser pour la mort de centaines de milliers de personnes à Hiroshima bien qu’il connaissait les effets de la bombe. Tout aussi criminelle fut l’attaque sur Nagasaki, une ville que les maîtres de la vie ont choisie au hasard.

C’est pour cela qu’il faut insister sur la nécessité de préserver la paix, et pour qu’aucune puissance ne s’arroge le droit de tuer des millions d’êtres humains.

 

Fidel Castro Ruz, le 12 août 2016, 22H34
Source : Bolivar Infos
Traduction : Françoise Lopez, revue et corrigée par admin site France-Cuba.
Source originale : Cubadebate

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 23:23
Parti communiste, Turquie : LETTRE DE TURQUIE AUX PEUPLES DU MONDE

9 août 2016, traduction par BND pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »

Nous avons assisté à une tentative de coup d’Etat en Turquie dans la nuit du 15 juillet. Malgré les étrangetés, les points obscurs, les incertitudes sur les commanditaires, il s’est bien agi d’un coup d’Etat. Que Fethullah Gülen ait été derrière le coup d’Etat et que Fethullah Gülen ait des liens étroits avec le gouvernement américain, ce sont des faits avérés. Par ailleurs, il y a plus que quelques signes laissant penser que le Pentagone et la CIA se trouvent derrière cette tentative.

L’échec de ce de coup d’Etat est une bonne chose pour notre peuple. S’il avait réussi, les travailleurs, déjà sous le poids de tous les problèmes imaginables que leur fait subir le système capitaliste, auraient eu à affronter des conditions plus difficiles et plus destructrices. Il faut garder en tête que les comploteurs suivent une orientation pro-OTAN et islamiste et qu’ils sont au service des monopoles internationaux depuis des décennies.

Un autre fait doit être gardé en mémoire : Fathullah Gülen est entré en politique dans les rangs de « l’Organisation de la lutte contre le communisme ». Cette organisation a été fondée dans les années 60 par la CIA.

Un point intéressant et l’ironie de l’histoire résident dans le fait que Erdogan, première cible du coup d’Etat, et les conspirateurs partagent le même fond idéologique et politique. L’islamisme, l’anticommunisme et la loyauté sans faille à la classe capitaliste caractérisent autant Erdogan et, exactement comme Fethullah Gülen. Erdogan a joué aussi un rôle significatif dans les plans des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Plusieurs raisons expliquent les tensions récentes entre les Etats-Unis, les pays de l’UE et Erdogan. L’impasse en Syrie, les entreprises incessantes d’Erdogan pour exciter les tensions en Turquie même, la marge de manœuvre qu’il s’est créée (avec un soutien électoral), ses initiatives « échappant à tout contrôle » font partie des premières raisons qui viennent à l’esprit. Cependant, ces tensions sont progressivement devenues un élément de l’affrontement entre les Etats-Unis et leurs alliés d’une part et la Russie, de l’autre, sur fond de profonde compétition économique et politique.

Au moment où Erdogan et sa clique combattent pour leur survie, menacés d’isolement à l’intérieur et à l’extérieur, le gouvernement de Poutine, selon la méthode de la carotte et le bâton, pousse Erdogan à rompre ses liens avec l’OTAN ou, tout du moins, à prendre ses distances avec les politiques de l’OTAN d’encerclement de la Russie.

Depuis la tentative de coup d’Etat, dans les cercles gouvernementaux en Turquie, beaucoup accusent les Etats-Unis et l’UE et préconisent une « collaboration avec la Russie ». Sans aucun doute, cette tendance n’est pas l’option privilégiée par la bourgeoisie turque mais l’expression d’une clique gouvernementale cherchant à s’abriter et profondément effrayée après la tentative de coup d’Etat.

La rupture des relations économiques, politiques, militaires avec, en particulier, l’Allemagne et les Etats-Unis, ne pourra être réalisée que par une révolution socialiste. Un changement d’axe, à l’intérieur de l’ordre actuel, ne fera qu’accroître les risques de chaos, de conflit, de guerre civile et internationale.

Les derniers développements montrent que des négociations serrées entre le gouvernement actuel, les Etats-Unis et l’UE vont continuer. La bourgeoisie turque prend de plus en plus d’initiatives tandis que l’opposition intégrée au système joue les médiateurs dans les négociations en cours.

D’un autre côté, depuis le coup d’Etat, la Turquie traverse une période où toutes les lois sont suspendues, où toutes les décisions et la restructuration de l’Etat sont monopolisées par une petite clique gouvernementale. Même si ce n’est pas encore à grande échelle, les arrestations et les purges qui visent les conspirateurs, sont maintenant étendues à des militants progressistes, révolutionnaires et communistes qui ont combattu la secte de Fethullah Gülen et d’autres organisations islamistes du même type.

Dans ces conditions, le Parti communiste lance l’appel suivant à l’attention des peuples du monde, aux organisations de la classe ouvrière, à toutes les forces révolutionnaires et communistes :

  1. Vous n’avez pas à choisir entre l’instigateur du coup d’Etat, Fethullah Gülen ou le gouvernement actuel. Les comploteurs ont exécuté un plan sanglant, trompeur et insidieux. Le gouvernement actuel cependant leur est apparenté et opprime notre peuple depuis des années. C’est aux millions de travailleurs subissant l’exploitation capitaliste et la répression, et à leurs représentants politiques que vous devez manifester votre solidarité.
  2. Le débat dans la presse internationale sur le thème « était-ce un vrai coup d’Etat ou non » est un piège qu’on doit éviter. Ce dont il faut parler, c’est des armes nucléaires sur la base d’Yncirlik, des opérations secrètes de l’OTAN, de comment et au nom de qui Fethullah Gülen a fondé sa sinistre organisation qui sert la classe capitaliste dans plus de cent pays, parler des intérêts financiers qui lient l’islamiste Erdogan et les dirigeants « laïques » européens, du pillage des ressources publiques turques par les monopoles internationaux et de l’immense exploitation qui frappe tous les ouvriers et les travailleurs.
  3. Même si elles semblent être dirigées contre le gouvernement antipopulaire de Turquie, nous devons nous opposer à toutes les interventions des centres impérialistes et à leurs tentatives de fomenter des « révolutions colorées ». Il n’y a pas de bon et de mauvais capitaliste. L’hypocrisie des déclarations de l’OTAN et de l’UE se préoccupant des libertés et de la démocratie en Turquie est évidente. La libération sociale en Turquie ne sera l’œuvre que des travailleurs de Turquie.
  4. De la même façon, il est incompréhensible que l’on puisse présenter la Russie de Poutine comme un sauveur. La position de la Fédération de Russie à l’égard de la Turquie est strictement pragmatique et est définie entièrement par les intérêts de la classe gouvernante russe. Le pouvoir de Poutine avait vanté les mérites d’Erdogan, il y a un an, puis avait qualifié le même Erdogan de criminel après que le chasseur russe a été abattu, jusqu’à saisir les Nations Unies avec un pile de preuves. Cependant, quelques semaines avant la tentative de coup d’Etat, l’histoire d’amour entre Poutine et Erdogan était rallumée. Nous ne laisserons pas les forces de l’ordre mondial impérialiste-capitaliste déterminer l’avenir de notre pays.
  5. L’islam modéré est un concept fabriqué par les Etats-Unis. La liberté de croyance et de culte est un droit fondamental. Cependant, la religion doit être écartée de tous les domaines de la politique et du droit. Il n’y a pas de version modérée de ce principe. Quiconque ou quelque mouvement que ce soit en Turquie qui fait de la politique au nom de la religion ou avec des références religieuses commet un délit. La situation actuelle en Turquie donne l’occasion d’apprécier l’importance de la laïcité et de comprendre ce qu’elle a de vital pour les opprimés. Cette occasion ne peut être utilisée à bon escient qu’en faisant le lien entre de telles avancées primordiales pour l’humanité et la lutte contre le capitalisme, et non en laissant le terrain aux idéologies racistes et xénophobes en Europe.
  6. L’histoire de la Turquie est faite de coups d’Etat, d’assassinats politiques, de fanatisme religieux et de militarisme. Cependant, la Turquie ne se résume pas à cela. La République de Turquie est née du fruit de la lutte, engagée ensemble avec la jeune Russie soviétique, contre l’occupation impérialiste. Depuis 1923, les luttes contre la guerre, la tyrannie, l’exploitation capitaliste n’ont jamais cessé, marquées par des actions de masse de la classe ouvrière. Un poète communiste international comme Nazim Hikmet est issu de ce pays. Le mouvement populaire légitime qui s’est élevé contre le gouvernement, il y a trois ans, montre qu’il existe en Turquie un autre front, distinct de la bataille entre deux cliques islamistes.

Nous vous appelons à suivre le front des travailleurs, à manifester votre solidarité avec eux, à faire entendre leur voix. Contre le capital, les dictateurs, les instigateurs des coups d’Etat des monopoles, les travailleurs, les intellectuels révolutionnaires et les militants communistes ont pour eux la tradition de l’internationalisme.

A bas l’impérialisme !

L’OTAN, L’UE impérialiste, fauteurs de coups d’Etat, doivent être dissouts.

Vive la lutte de l’humanité pour l’égalité, la liberté et la justice !

Parti communiste, Turquie

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 23:03
« Hiroshima : un crime qui paie encore, mais gare au jugement de l’histoire », par Diana Johnstone

Cet article de la journaliste américaine Diana Johnstone a été publié originellement en anglais sur le site américain de gauche « Counterpunch » le 5 août 2016. Nous avons repris la traduction en français disponible sur le site « Le Grand soir » en la remaniant pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF ».

 

 

Lors de sa visite à Hiroshima en mai dernier, Obama n’a pas, comme certains l’avaient vainement espéré, présenté d’excuses pour le bombardement atomique de la ville, le 6 août 1945. Au lieu de cela, il a prononcé un discours ronflant et lénifiant contre la guerre. Il l’a fait alors même qu’il poursuivait sa guerre de drones contre des ennemis sans défense dans des pays lointains et approuvait des plans pour dépenser mille milliards de dollars pour une mise à niveau de l’arsenal nucléaire américain.

Des excuses auraient été aussi inutiles que son discours. Des paroles creuses ne changent rien. Mais voici une chose que Obama aurait pu dire qui aurait eu un véritable impact : la vérité.

Il aurait pu dire :

« Les bombes atomiques n’ont pas été larguées sur Hiroshima et Nagasaki "pour sauver des vies en mettant fin à la guerre". Ce fut un mensonge officiel. Les bombes ont été larguées pour observer leurs effets et pour montrer au monde que les États-Unis possédaient une puissance destructrice illimitée. »

Mais il n’y avait aucune chance qu’Obama dise cela. Officiellement, le bombardement « a sauvé des vies » et cela donc en « valait le coup ». Comme les villages vietnamiens que nous avons détruits pour les sauver, comme les innombrables enfants irakiens qui sont morts à la suite des sanctions américaines, les centaines de milliers de femmes et d’enfants agonisant dans deux villes japonaises figurent encore au passif des comptes que les États-Unis ont à rendre à l’humanité, une dette toujours impayée et impunie.

« Cela en valait le coup »

La décision de détruire Hiroshima et Nagasaki fut une décision politique et non militaire. Les objectifs ne furent pas militaires, les effets ne furent pas militaires. Les attaques furent menées contre la volonté de tous les grands chefs militaires. L’Amiral William Leahy, chef d’État-major interarmées à l’époque, écrit dans ses mémoires que « l’utilisation de cette arme barbare à Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucune aide matérielle dans notre guerre contre le Japon. Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre ... » Le général Eisenhower, le général MacArthur, et même le général Hap Arnold, commandant de l’armée de l’air, se sont opposés à l’usage de cette arme. Le Japon était déjà dévasté par des bombes incendiaires, faisait face à une famine généralisée à cause du blocus naval des États-Unis, se retrouvait démoralisé par la reddition de son allié allemand, et craignait une attaque russe imminente. En réalité, la guerre était terminée. Tous les hauts dirigeants américains savaient que le Japon était vaincu et cherchait à se rendre.

La décision d’utiliser les bombes atomiques fut une décision purement politique prise presque uniquement par deux politiciens seuls : un président novice, joueur de poker, et son mentor, le secrétaire d’État James F. Byrnes [1]

Le président Harry S. Truman était en réunion avec Churchill et Staline dans la banlieue berlinoise, à Potsdam, lorsqu’il apprit l’information secrète que l’essai atomique dans le Nouveau-Mexique avait été un succès. Les observateurs se souviennent que Truman devint « un autre homme », rendu euphorique par la possession d’un tel pouvoir. Alors que d’autres hommes moins superficiels furent ébranlés devant les implications d’une telle force destructrice, pour Truman et, en connivence, son secrétaire d’Etat, James Byrnes, le message voulait dire : « Maintenant, on peut tout se permettre »

A partir de là, meurs actes allaient procéder de cette conception - en premier lieu, dans leurs relations avec Moscou.

En réponse aux appels pressants des Etats-Unis depuis des mois, Staline avait promis d’entrer en guerre en Asie, trois mois après la défaite de l’Allemagne nazie, qui eut lieu au début de mai 1945. Il était bien connu que les forces d’occupation japonaises en Chine et en Mandchourie ne pourraient pas résister à l’Armée rouge. Il était clair que deux choses entraineraient la reddition immédiate du Japon : l’entrée de la Russie dans la guerre et l’assurance des Etats-Unis que les membres de la famille royale ne serait pas traitée comme des criminels de guerre. Ces deux événements se sont produits dans les jours qui ont suivi le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki.

Mais ils ont été éclipsés par la bombe atomique.

Et c’était bien l’objectif recherché.

Car ainsi, le crédit de la fin de la guerre fut attribué aux bombes atomiques américaines.

Mais ce n’est pas tout.

La possession confirmée d’une telle arme donna à Truman et Byrnes un tel sentiment de puissance qu’ils pouvaient revenir sur les promesses antérieures faites aux Russes et tenter d’intimider Moscou en Europe. En ce sens, les bombes sur Hiroshima et Nagasaki ont non seulement tué sans raison des centaines de milliers de civils mais ont également déclenché la guerre froide.

Hiroshima et la guerre froide

Une observation très importante sur les effets de la bombe atomique est attribuée au général Dwight D. Eisenhower. Comme son fils l’a raconté, il était profondément abattu en apprenant à la dernière minute que la bombe serait utilisée. Peu après Hiroshima, Eisenhower aurait dit en privé :

« Avant l’utilisation de la bombe, j’aurais dit oui, tant j’étais sûr que nous pourrions préserver la paix avec la Russie. Maintenant, je ne sais pas. Jusqu’à présent, j’aurais dit qu’à nous trois, la Grande-Bretagne avec sa puissante flotte, l’Amérique avec la plus puissante force aérienne, et la Russie avec la plus grande force terrestre sur le continent, nous trois, nous aurions pu garantir la paix du monde pendant une longue, très longue période à venir. Mais maintenant, je ne sais pas. Partout les gens ont peur et sont troublés. Tout le monde se sent en insécurité à nouveau ». [2]

En tant que commandant suprême des Forces alliées en Europe, Eisenhower avait appris qu’il était possible de travailler avec les Russes. Les systèmes économiques et politiques intérieurs des États-Unis et de l’URSS étaient totalement différents, mais sur la scène internationale, ils pouvaient coopérer. En tant qu’alliés, leurs différences étaient principalement dues à la défiance et pouvaient être surmontées.

L’Union soviétique victorieuse avait été dévastée par la guerre : les villes en ruines, quelque vingtaine de millions de morts. Les Russes voulaient de l’aide pour reconstruire. Auparavant, sous Roosevelt, il avait été convenu que l’Union soviétique obtiendrait des réparations de l’Allemagne, ainsi que des crédits des États-Unis. Tout à coup, il n’en était plus question. Lorsque la nouvelle de l’essai au Nouveau-Mexique est tombée, Truman s’écria : « Maintenant, les Russes vont marcher droit. » Parce qu’ils se sentaient tout à coup tout-puissants, Truman et Byrnes décidèrent de faire preuve de fermeté avec les Russes.

On dit à Staline que la Russie ne pourrait prélever de réparations que sur la partie orientale de l’Allemagne, en grande partie agricole, occupée par l’Armée rouge. Ce fut la première étape de la division de l’Allemagne, à laquelle Moscou s’opposait en réalité.

Puisque plusieurs des pays d’Europe de l’Est s’étaient alliés à l’Allemagne nazie, et comptaient de puissants éléments anti-russes, la seule condition posée par Staline pour ces pays (alors occupés par l’Armée rouge) était que leurs gouvernements ne devaient pas être activement hostiles à l’URSS. Pour cette raison, Moscou privilégiait la formule des « démocraties populaires », c’est-à-dire de coalitions excluant les partis d’extrême droite.

Se sentant tout-puissants, les Etats-Unis haussèrent le niveau de leurs exigences en demandant des « élections libres » dans l’espoir d’installer des gouvernements anticommunistes. Ce qui se retourna contre eux. Au lieu de céder à la menace atomique implicite, l’Union soviétique s’est braquée sur sa position. Au lieu de desserrer le contrôle politique sur l’Europe de l’Est, Moscou imposa des régimes tenus par des partis communistes - et accéléra son propre programme de bombe atomique. La course aux armements nucléaires était lancée.

« Le beurre et l’argent du beurre »

John J. McCloy, qualifié par son biographe Kai Bird comme le « président informel de l’establishment américain », déclara à l’époque au Secrétaire à la guerre, Henry Stimson, que : « J’ai toujours défendu la position que nous devions avoir le beurre et l’argent du beurre, que nous devions agir avec les mains libres, en vertu du présent accord régional, en Amérique du Sud, et, en même temps, intervenir rapidement en Europe; que nous ne devions céder aucun de ces points... » [3] Stimson répondit : « Je pense que oui, absolument. »

En bref, les États-Unis devaient conserver leur sphère d’influence sur tout le continent américain, revendiquée par la doctrine Monroe, tout en privant la Russie de sa propre zone tampon.

Il est nécessaire ici d’établir une distinction nette entre politique intérieure et politique étrangère. La nature du régime intérieur soviétique a pu être aussi mauvaise qu’on l’a décrit, mais en matière de politique étrangère, Staline respectait scrupuleusement les accords passés avec les alliés occidentaux - abandonnant, par exemple, les communistes grecs lorsqu’ils ont été écrasés par les Anglo-Américains après la guerre. Ce sont les États-Unis qui sont revenus sur les accords passés à Yalta, présentés ensuite pour cela comme autant de concessions faites à « l’agression communiste ». Staline n’avait nullement le souhait de promouvoir la révolution communiste en Europe occidentale, encore moins d’envahir ces pays. En fait, son refus de promouvoir la révolution mondiale a été précisément à la base de la campagne contre le « stalinisme » lancée par les Trotskystes - y compris de Trotskystes dont la dévotion à la révolution mondiale s’est maintenant déplacée en défense des guerres US déclenchée pour renverser tel ou tel régime.

Il y a une doctrine dominante à l’ouest selon laquelle les dictatures font la guerre et les démocraties font la paix. Rien ne le démontre. Des dictatures (prenez l’Espagne de Franco) peuvent être conservatrices et autocentrées. Les plus grandes puissances impérialistes, la Grande-Bretagne et la France, étaient des démocraties. L’Amérique démocratique est loin d’être pacifique.

Tandis que l’Union soviétique développait son propre arsenal nucléaire, les États-Unis furent incapables d’interférer efficacement en Europe de l’Est et se retournèrent vers des ennemis plus faibles, renversant les gouvernements en Iran et au Guatemala, s’enlisant au Vietnam, selon la théorie qu’ils n’étaient que des agents de l’ennemi communiste soviétique. Mais maintenant que l’Union soviétique s’est effondrée, abandonnant la zone tampon de la Russie en Europe de l’Est, semble apparaître une résurgence de la confiance qui submergea Truman : l’euphorie du pouvoir sans limites. Sinon, pourquoi le Pentagone lancerait-il un programme de mille milliards de dollars pour renouveler l’arsenal nucléaire des Etats-Unis, tout en positionnant des troupes et des armes offensives aussi près que possible de la frontière russe ?

Dans son livre de 1974, The President Is Calling [Le Président appelle],sur ses relations avec son frère Dwight, Milton Eisenhower écrit : « Notre emploi de cette nouvelle force à Hiroshima et Nagasaki fut une provocation suprême à l’égard des autres nations, en particulier l’Union Soviétique. » Et il ajoute, « Certainement, ce qui est arrivé à Hiroshima et Nagasaki restera à jamais sur la conscience du peuple américain. »

Hélas, à ce jour, tout prouve le contraire. Les critiques s’inquiétant ont été marginalisées. Les mensonges officiels systématiques sur la « nécessité de sauver des vies américaines », ont entretenu une totale bonne conscience collective dans le peuple américain, tandis que le pouvoir procuré par la bombe a suscité un sentiment durable d’ « exceptionnalité » moralisatrice parmi les dirigeants du pays. Il n’y a que nous les Américains qui puissions faire ce que les autres ne peuvent pas faire, parce que nous sommes « libres » et « démocratiques » et les autres – si nous le décidons ainsi - ne le sont pas. D’autres pays, parce que non « démocratiques », peuvent être détruits afin d’être libérés. Ou juste détruits. Voilà la quintessence de « l’exceptionnalité » qui, pour Washington, tient lieu de « conscience du peuple américain », une conscience qui n’a pas été éveillée par Hiroshima, mais asphyxiée.

La morale en sommeil

En tant qu’invité à Hiroshima, Obama a pontifié habilement :

« Les guerres de l’ère moderne nous enseignent cette vérité. Hiroshima enseigne cette vérité. Les progrès technologiques sans progrès équivalents des institutions humaines peuvent nous condamner. La révolution scientifique qui a conduit à la fission d’un atome nécessite une révolution morale. »

Eh bien oui, mais une telle révolution morale n’a pas eu lieu.

« ... La mémoire du matin du 6 août 1945 ne doit jamais s’effacer. Cette mémoire permet de combattre la complaisance. Elle alimente notre imagination morale. Il nous permet de changer. »

« Le changement » est une spécialité d’Obama. Mais il n’a rien fait pour changer notre politique sur les armes nucléaires, sauf pour la renforcer. Aucune trace d’« imagination morale » imaginant la dévastation vers laquelle cette politique nous mène. Pas d’idées imaginatives pour atteindre le désarmement nucléaire. Juste des promesses de ne pas laisser les méchants s’emparer de telles armes, parce qu’elles sont à nous.

« Et depuis ce jour fatidique, » a poursuivi Obama, « nous avons fait des choix qui nous donnent espoir. Les États-Unis et le Japon ont forgé non seulement une alliance, mais une amitié qui a apporté beaucoup plus pour notre peuple que nous n’aurions jamais pu obtenir par la guerre. »

Cette phrase est sinistre. En réalité, c’est précisément par la guerre que les États-Unis ont forgé cette alliance et cette amitié - que les États-Unis essaient maintenant de militariser dans leur « pivot asiatique ». Cela signifie que nous pouvons rayer de la carte avec des armes nucléaires deux villes d’un pays et finir avec « non seulement une alliance, mais une amitié ». Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas se faire plus « d’amis » de ce genre, par exemple en Iran, pays que Hillary Clinton s’est dit prête à « anéantir » si les circonstances le demandent.

« Voilà un avenir que nous pouvons choisir », a déclaré Obama, « un avenir dans lequel Hiroshima et Nagasaki sont connus non pas comme l’aube de la guerre atomique, mais comme le début de notre propre éveil moral. »

Mais jusqu’à présent, Hiroshima et Nagasaki sont très loin de marquer le « début de notre propre éveil moral ». Au contraire. L’illusion de posséder un pouvoir sans limites ôte toute nécessité d’auto-examen critique, toute besoin de faire un véritable effort pour comprendre ceux qui ne sont pas comme nous et qui ne veulent pas être comme nous, mais pourraient partager la planète en paix si nous les laissions tranquilles.

Puisque nous sommes tout-puissants, nous devons être une force du bien. En réalité, nous ne sommes ni l’un ni l’autre. Mais nous semblons incapables de reconnaître les limites de notre « exceptionnalité ».

Les bombes sur Hiroshima et Nagasaki ont plongé les dirigeants des États-Unis dans un sommeil moral dont ils ont encore à se réveiller.

Diana Johnstone

Notes.

[1] Tout cela est connu des experts. Les preuves documentaires ont été présentées par Gar Alperovitz dans les 800 pages de son livre de 1995, The Decision to Use the Atom Bomb [la décision d’utiliser la bombe atomique]. Cependant, les mensonges officiels survivent à une réfutation documentée.

[2] Alperovitz pp 352-3.

[3] p.254 Ibid.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 23:31
Déclaration du Parti communiste espagnol, à l’occasion du 80è anniversaire du début de la Guerre d’Espagne

18 juillet 2016, traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »

C’est aujourd’hui le 80ème anniversaire du commencement de la Guerre national-révolutionnaire (nom donné par le Parti à la Guerre civile).


Le 18 juillet 1936, l’Espagne se réveilla en sursaut. Commença alors une guerre civile sanglante, qui allait rapidement devenir une guerre nationale-révolutionnaire aux répercussions internationales. Les forces armées, au Maroc et dans la péninsule, se soulevèrent contre la République, soutenues par la bourgeoisie terrienne réactionnaire, et en étroite connivence avec l'Italie de Mussolini et l'Allemagne hitlérienne.

La Guerre civile, pour Franco et ses acolytes, n'a pas pris fin le 1er avril 1939, mais a duré jusqu'aux derniers jours de la vie du dictateur, car le franquisme, dans sa longue et cruelle histoire, n’a jamais cessé de rappeler qui étaient les vainqueurs et les vaincus. Et il ne s’est pas simplement contenté de le rappeler, année après année. Il faut souligner combien la planification et la mise en œuvre d'un système de répression (caractéristique d'un système totalitaire) ont été l’un des rares éléments qui ont perduré et sont demeurés constants du début à la fin de l’existence du franquisme et l’ont tragiquement caractérisé.

Cela fait trente-huit ans que la Constitution et ce qu’on a appelé la « transition espagnole » ont, dans une continuité juridique qui a empêché de déclarer illégaux les tribunaux et les institutions issus du coup d'Etat de 36, « officiellement » soldé cette période, mais, malgré cela, ses échos ne sont toujours pas éteints. Ne sont pas éteints les espoirs de régénération de la vie publique espagnole qui ont suscité la Deuxième République. Ne sont pas mortes les aspirations à la justice sociale qui ont conduit des centaines de milliers de femmes et d'hommes à se combattre sur le front pour les idéaux républicains.

On n’a pas voulu ou su consoler les pleurs des victimes de la répression. De surcroît, à l’aspiration légitime d’un grand nombre de familles, d’honorer la mémoire de leurs morts et de les enterrer de manière digne, on a d’abord opposé le silence et le mépris puis l’indifférence. Enfin, nous sommes peut-être dans le seul pays démocratique dans le monde qui condamne les juges qui cherchent à enquêter sur les crimes de la dictature alors que les bourreaux restent impunis.

Aujourd’hui, quatre-vingts ans après, il est plus nécessaire que jamais d’entretenir cette mémoire démocratique pour en retirer quelques leçons vitales, dans une époque convulsive comme la nôtre, dans laquelle ceux qui détiennent le pouvoir invoquent à nouveau « l’état de nécessité » pour nier au peuple ses droits et conquêtes les plus élémentaires.

Il est difficile d'imaginer les chars de l'armée espagnole envahir à nouveau les rues pour affronter leurs concitoyens. Cependant, c’est ce qui se passe contre d’autres peuples du monde sous le même prétexte qu’en 1936: celui de faire face à « l'anarchie », à la « mauvaise administration », à l’« incapacité » des gouvernants légitimement élus, prétexte qui, comme en 1936, entraîne un coût terrible en vies humaines et porte un recul terrible pour l'humanité.

En Espagne, aujourd'hui comme en 1936, les puissances économiques réclament une dégradation des conditions de vie des citoyens pour préserver leurs privilèges. Elles n’ont pas besoin d’enclencher une guerre civile. Au nom de la « rigueur », des « contraintes », et avec l'aide puissante d'une armée qu'elles appellent « le marché », composée de spéculateurs sans scrupules et de politiciens complaisants, avec leurs diktats, elles préparent un coup d’Etat, sans effusion de sang, mais fatal aux droits reconnus dans cette Constitution que l’on vante tellement.

L'histoire ne se répète jamais, mais elle laisse quelques enseignements. Le 18 juillet 1936 en est peut-être l'un des plus importants: un peuple qui se résigne et ne se bat pas pour ses droits légitimes est victime de l'horreur et de l'oubli. Mais les combats menés, malgré les défaites, parviennent à garder vivante la flamme de l'égalité et de la justice. Franco a gagné une guerre en 1939 mais n’a pas vaincu les Espagnols. « Le marché » que nous combattons sur tous les fronts, n’arrivera pas à abattre les Espagnols et les Européens, si nous le combattons.

Alors que 80 ans sont passés depuis le soulèvement militaire enclenché par Franco à Melilla, le PCE demande, une fois de plus, que soit mis fin à l'injustice historique qui maintient les dépouilles non identifiées, de milliers de démocrates, enterrées dans des fosses communes. Le dictateur qui a déclenché une guerre qui a coûté plus d'un million de vies, a été enterré, avec tous les honneurs, dans un grand mausolée quand les victimes sont toujours dans les caniveaux du pays.

Enfin, pour le PCE, la justice et la réparation exigent que soit retirée la tombe de Franco de la « Vallée de ceux qui sont tombés » [monument] et que soit étendue la loi de « Mémoire historique » en vue d’une juste compensation pour les victimes et leurs familles.

PCE – 18 juillet 2016

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:15
Tentative de coup d’Etat en Turquie : réaction du Parti communiste (Turquie)

Traduction, MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF », 16 juillet 2016

« Il n’y a pas d’alternative en dehors du peuple »

Le Parti communiste appelle à s’organiser dans les rangs du Parti contre les ennemis du peuple et de l’humanité. La libération est dans nos propres mains.

Nous n’avons pas les détails de ce qui s’est passé lors de la tentative de coup d’Etat en Turquie entre le 15 et le 16 juillet. Toutefois, nous savons très bien que des plans soutenus par des forces étrangères, dont les forces ne proviennent pas de la classe ouvrière, sont incapables de mettre en défaite l’obscurantisme de l’AKP et de résoudre les problèmes de la Turquie.

Les événements d’aujourd’hui nous rappellent à nouveau cette réalité : soit le peuple de Turquie s’organise pour se débarrasser de l’AKP, soit les politiques réactionnaires de l’AKP vont s’intensifier, la répression s’étendre, les massacres, pillages et vols se poursuivre.

La seule force susceptible de renverser l’AKP, c’est celle du peuple. Il n’y pas d’autre alternative.

L’AKP est responsable ce qui a eu lieu cette nuit. Tous les facteurs qui ont conduit à la situation présente sont le produit du régime de l’AKP et des puissances, à l’intérieur du pays et à l’étranger, qui la soutiennent.

Toutefois, le fait que le principal parti responsable de la situation soit l’AKP ne signifie pas que la tentative de coup d’Etat a été orchestré par Erdogan lui-même pour parachever ses objectifs, notamment préparer le terrain au pouvoir personnel ou éliminer les obstacles à la nouvelle constitution.

La tension et les rivalités entre différents groupes, au sein même de l’Etat et des forces armées, qui sont apparues depuis un moment, se sont transformées en conflit armé. Même si les tensions entre ces forces sont réelles, il est mensonger de prétendre qu’une des parties dans ce conflit puisse porter les intérêts du peuple. De ce fait, rechercher une solution contre le régime de l’AKP à travers un coup d’Etat militaire est aussi erroné qu’apporter un soutien à l’AKP au nom d’une opposition de principe contre tout coup d’Etat militaire. La dernière des choses qui pourrait être faite au nom de la défense de la liberté et des droits de l’homme en Turquie serait bien de soutenir l’AKP qui n’a cessé de démontrer qu’elle est un ennemi de l’humanité.

Sans avoir orchestré ce coup d’Etat, Erdogan et l’AKP sauront utiliser les conditions qui en résulteront et les soutiens qu’ils recevront pour accroître leur légitimité. Notre peuple doit se tenir en alerte devant les étapes que l’AKP ne va pas manquer de franchir dans les jours à venir. Elever la lutte contre l’AKP et son obscurantisme est la seule voie pour empêcher que ce coup d’Etat manqué n’aboutisse à consolider son régime et ne serve d’instrument pour transformer la Turquie instable de l’AKP en un pays stable. Le fait que toutes les mosquées de Turquie aient relayé la propagande diffusée continuellement sur les ondes par Erdogan, toute la nuit, indique concrètement l’urgence de la tâche à accomplir.

Le Parti communiste appelle à s’organiser dans les rangs du Parti contre les ennemis du peuple et de l’humanité.

La libération est entre nos mains.

Parti communiste, Turquie

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:44
Sommet de l’OTAN à Varsovie des 8 et 9 juillet 2016 : Déclaration du Parti communiste grec (KKE)

Traduction, MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »

Des déclarations en faveur de la paix, des décisions pour la guerre

Le sommet de l’OTAN de Varsovie a démontré, une fois de plus, le rôle criminel de cette organisation impérialiste.

Elle y a décidé :

  • La poursuite de la concentration et du transfert de forces armées opérationnelles dans des pays frontaliers de la Russie.
  • L’achèvement de l’installation et la mise en route du soi-disant « bouclier anti-missiles », basé en Roumanie et en Pologne, relié à un support naval et une infrastructure générale permettant l’usage d’armes nucléaires dans une confrontation destructrice. Ce n’est pas par hasard si la déclaration finale du sommet souligne la capacité de l’OTAN à faire usage d’armes nucléaires.
  • La création et le renforcement d’une présence permanente de l’OTAN en Mer Noire, en Mer Baltique, dans l’Atlantique nord, en Mer Egée et en Méditerranée, dans ces deux derniers cas, au prétexte de contrôler les flux de réfugiés qui résultent précisément des guerres impérialistes avec leur cortège de conséquences douloureuses pour les peuples.
  • Le maintien et le renforcement de la présence de l’OTAN en Afghanistan et en Irak, à l’ouest des Balkans, dans le Caucase, en Afrique du nord, dans ces régions en lien avec la poursuite des opérations militaires en Syrie et la préparation d’une nouvelle intervention en Libye.
  • Les décisions de l’OTAN et l’approfondissement de sa collaboration avec L’UE impérialiste, adoptés au nom de la « paix » et de la « sécurité », n’ont, de toute évidence, aucun rapport avec les intérêts réels des peuples mais visent uniquement la « sécurité » des profits des monopoles euro-américains.

Le KKE dénonce le gouvernement grec de coalition Syriza-Anel qui participe activement à tous ces plans dangereux des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’UE, plans qui dans le contexte d’antagonisme avec la Russie peuvent entraîner un véritable holocauste pour les peuples d’Europe et d’ailleurs.

Ce qui est nécessaire maintenant, c’est l’intensification des luttes contre l’implication de la Grèce dans les plans guerriers de l’OTAN, pour la sortie de notre pays du « nid de frelons » qu’est l’OTAN et de toute alliance impérialiste, pour faire une réalité du slogan : « pas un pouce de territoire, sur la terre ou sur l’eau, aux assassins des peuples ».

Published by Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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