Partis communistes

Notre lutte

Le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ publie des traductions de déclarations, de communiqués, d’articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international.

 

La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » qui refuse la dérive réformiste de la direction du PCF suivant le Parti de la gauche européenne. Notre site s’efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationaliste portée historiquement par le PCF.

 

Parmi ses centres d’intérêts prioritaires :

 

  • la solidarité avec les mouvements anti-impérialistes, notamment le soutien à Cuba, aux expériences socialistes d'Amérique Latine, aux résistances aux guerres impérialistes. Notre site relaie ainsi les mobilisations contre la guerre et l’occupation de l’Afghanistan, les prises de position contre l'OTAN, contre la subordination au bloc impérialiste nord-américain,

  • la mise en valeur des actions des partis communistes qui prennent le parti de la lutte de classe, restent fidèles à leur raison d’être révolutionnaire.

  • les tentatives de reconstituer une forme de coopération politique entre partis communistes, dans le monde comme en Europe, à l’opposé du PGE et de son acceptation de l’UE capitaliste. Le site traduit ainsi régulièrement les appels internationaux de partis communistes.

  • le refus du révisionnisme historique, de la criminalisation du communisme, notamment impulsée par l'Union Européenne, l’examen critique et la défense de l'héritage des expériences socialistes passées.

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Recommander

Actualité

Nouveau - Dossiers dans l'onglet à gauche (mise à jour générale 25 septembre): Non à l l'intervention en  Libye, plans d'austérité, rencontre communiste internationale du 26 février, PCE contre Izquierda Unida en Espagne, le PGE machine de guerre contre les Partis communistes , révolutions en Afrique du nord ,Fukushima etc.

 

13ème rencontre des Partis communistes à Athènes, le dossier: 13ème rencontre des Partis communistes à Athènes: déclarations et résolutions

 

Ou va la Chine? Actualité de la lutte de classes en Chine, des résistances anti-capitalistes et communistes, dans une société entre héritage socialiste et restauration capitaliste

 

Législatives en Russie, le Parti communiste double son score! Législatives en Russie : le Parti communiste (KPRF) double son score avec près de 20% des voix et reste plus que jamais première force d'opposition au régime des oligarques

 

Le PC Grec critique les illusions réformistes semées par Izquierda Unida en Espagne: Échange politique entre le PC de Grèce (KKE) et le PC Espagnol : le KKE expose sa critique des illusions réformistes semées par Izquierda Unida en Espagne

 

Déclaration finale de la 9ème rencontre des JC européennes: Déclaration finale de la 9ème rencontre des organisations communistes de jeunesse européennes : « L'avenir de la jeunesse est le socialisme ! »

 

Dénoncer le mythe de l'Europe sociale par un dirigeant du syndicat britannique des cheminots: Le président du syndicat britannique des cheminots RMT démonte le mythe de l'Europe sociale visant à faire passer l'Union européenne actuelle et ses mesures anti-sociales

 

Que se passe-t-il en Hongrie?: Que se passe-t-il réellement en Hongrie ? L'analyse critique des communistes hongrois

 

Interview de la secrétaire-générale du PC Grec: Interview de la secrétaire-générale du KKE Aleka Papariga: « Pas de solution à la crise dans les intérêts du peuple au sein du système capitaliste ! »


73752_resized_cosatusacp.jpgCampagne nationale contre la corruption en Afrique du sud lancée par le syndicat de classe COSATU, lié au Parti communiste



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La confédération syndicale unitaire COSATU a lancé ce jeudi 26 janvier une campagne nationale contre la corruption endémique au sein de l’État sud-africain et du parti au pouvoir, l'ANC (African national congress).


La COSATU est la première confédération syndicale du pays avec 1,8 millions de syndiqués et 21 syndicats affiliés, elle fait partie de l'alliance tri-partite issue de l'apartheid avec l'ANC et avec le Parti communiste sud-africain (SACP), formation avec qui elle entretient des relations privilégiées.

Le syndicat a pris l'initiative d'une campagne dite « Corruption Watch », avec la constitution d'une plate-forme indépendante chargée de recevoir les plaintes de citoyens confrontés à des cas de corruption dans leurs rapports avec l'administration ou sur leurs lieux de travail.

La cible de la COSATU, une certaine caste de politiciens affairistes, utilisant leur carte à l'ANC et leurs postes dans l'administration tantôt comme un tremplin vers le privé (revolving-door), tantôt comme un moyen de favoriser leurs affaires privés et de décrocher des contrats publics (les tenderpreneurs) ou tout simplement comme un moyen de s'enrichir, en se servant sur l'Etat plutôt qu'en servant l'Etat.

Le secrétaire-général de la COSATU, Zwelinzima Vavi, souligne les conséquences dramatiques des pratiques de corruption et d'externalisation dans la prestation des services publics :

« Les malades dans les hôpitaux publics sont contraints de manger des biscuits car les entreprises privées qui s'occupent des repas n'ont pas été payés ; des écoliers doivent marcher sur des kilomètres pour rejoindre leurs écoles – traversant des velds dangereux et des autoroutes mortelles – car les prestataires de service n'ont pas été payés en temps voulu ; ou encore des jeunes enfants souffrent de la faim car certains fonctionnaires corrompus sont de mèche avec certains patrons avides pour s'engraisser sur les programmes alimentaires prévus par les écoles. Toutes ces histoires portent un même message : la corruption, c'est le vol quotidien des pauvres dans ce pays ».

Le secrétaire-général de la COSATU a également dénoncé, dans son discours d'ouverture de la campagne, la soumission de la vie politique sud-africaine à la mainmise des milieux d'affaires inhérente selon lui au système capitaliste :

« Une culture de l'individualisme et de l’égoïsme est en train de s'imposer au sein du système capitaliste, basé sur l'exploitation des travailleurs qui créent les richesses, et qui use de tous les moyens pour maximiser ses profits, y compris l'entente sur les prix et les pots-de-vin pour s'assurer des marchés.

Ce cancer se répand vite depuis le secteur privé jusqu'au service public, puisque les entreprises fonctionnent en corrompant les agents de l’État pour obtenir des marchés, tandis que certaines de ces compagnies sont dirigées par des fonctionnaires eux-mêmes ou des membres de leur famille.

Voilà pourquoi la COSATU insiste pour que ces gens choisissent entre la poursuite de leurs intérêts privés ou le service public. Ils ne peuvent faire les deux à la fois. Il y a conflit d'intérêt. »

A l'avant-garde de la campagne, certaines des fédérations à l'identité de classe la plus marquée telle que la Fédération des travailleurs du textile (SACTWU) ou encore la puissante Union des métallurgistes (NUMSA), très proche des communistes.

Ainsi, pour la NUMSA, dans une analyse inspirée par Lénine et Gramsci, et alimentée par les textes de congrès du Parti communiste sud-africain, la lutte contre la corruption est consubtantielle à la lutte contre le capitalisme, à l'hégémonie ouvrière sur le lieu de travail comme préalable à la rupture révolutionnaire :

« Pour la NUMSA, le soutien et l'implication dans 'Corruption Watch' n'est pas juste une affaire de démagogie et de populisme, mais une lutte politique et idéologique. Nous sommes tout à fait conscients et convaincus que la corruption ne peut être vaincue ou éradiquée de notre société que si nous construisons le pouvoir ouvrier depuis la base afin de renverser le capitalisme. Nous ne gagnerons jamais la bataille contre la corruption si nous ne luttons pas pour vaincre le capitalisme car le capitalisme est de façon inhérente un système corrompu. Les racines profondes et les opportunités d'accumulation privée de richesses, opposées à l'accumulation sociale de richesses appropriée socialement et également réparties, créent les conditions viciées permettant à la corruption de faire surgir sa face hideuse ».


Dix-sept ans après la chute de l'apartheid et cent ans après la naissance de l'ANC, la lutte contre la corruption endémique dans les rangs de l'Etat et du parti dominant sud-africain est plus que jamais une nécessité pour une avant-garde révolutionnaire sud-africaine menée par les communistes et ses alliées au sein de la COSATU. Avant-garde pour qui la révolution national-démocratique de 1994, encore inachevée, n'est qu'une étape dans l'objectif de construction du socialisme.

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 08:05
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

1327579830000 streik oslo 4149759978x1200rGrève nationale en Norvège contre la transposition d'une directive européenne de libéralisation du marché du travail

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Les syndicats norvégiens ont lancé mercredi dernier une grève générale contre le projet gouvernemental de transposition d'une directive de l'Union européenne sur les travailleurs temporaires et intérimaires dans le droit national et le dumping social qu'elle déclencherait.

Le fait que l'action de grève nationale se soit produit contre une directive qui s'inscrit dans une large mesure dans l'agenda de l' « Europe sociale », ce qui en dit long sur ce que cet agenda porte concrètement.

Les Norvégiens ont rejeté par deux fois l'adhésion à l'Union européenne lors de référendums, mais le pays a rejoint l'Espace économique européen (EEE) en 1994 et est membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE) aux côtés de l'Islande et du Liechtenstein.

L'adhésion d'Oslo à l'EEE signifie qu'elle doit effectivement suivre les règles de l'UE sur la libre circulation des biens, services, du capital et du travail en échange de l'accès au marché unique européen.

Cependant, un récent sondage laisse entendre que 76% des Norvégiens voulaient que leurs pays reste en dehors de l'UE.

Des manifestations syndicales massives se sont tenues dans près de 40 villes dont Oslo, Bergen, Trondheim, Kristiansand, Stavanger, Haugesund, Tromsø, Gjøvik, Raufoss, Fredrikstad, Arendal, Porsgrunn et Sarpsborg.

Les syndicats affirment que la mise en œuvre de la directive européenne sur les travailleurs temporaires et intérimaires remettra en cause le code du travail Norvégien et diffusera à tous les niveaux l'emploi de travailleurs temporaires et intérimaires, signifiant la fin des contrats stables et affaiblissant les droits des travailleurs et les conventions collectives.

La directive donne également l'autorité suprême en terme de législation du travail à la Cour de l'AELE, un corps judiciaire supra-national responsable pour les trois membres de l'EEE/AELE, l'Islande et le Liechtenstein et la Norvège.

Cette cour ressemble fortement à la Cour européenne de Justice de l'UE qui a déjà rendu des jugements draconiens battant en brèche les droits syndicaux à la négociation collective dans les pays voisins de la Suède et de la Finlande, avec les affaires Laval et Viking.

La Cour européenne a statué que, selon les traités européens, les droits du patron d' « établissement » ont une valeur supérieure aux droits syndicaux fondamentaux, jugements qui ne sont pas passés inaperçus en Norvège.

La Confédération norvégienne des syndicats (LO) exige que le gouvernement rejette la directive et mette en place des lois qui assurent que les salaires et les conditions de travail de tous ceux qui sont embauchés soient les mêmes que ceux des employés en CDI.

La Loi sur l'environnement de travail, mise en place en 1994, établit actuellement l'emploi stable comme la norme en Norvège, avec des exemptions réglementées dans l'usage des contrats de travail temporaires.

Soutenant la grève, le secrétaire de la Fédération internationale des travailleurs du transport David Cockroft a déclaré que la législation Norvégienne sur l'emploi temporaire et le travail contractuel était une des meilleures au monde.

« La directive ne risque pas seulement de transformer une bonne loi en une loi médiocre – elle pourrait également arracher des droits dont jouissent actuellement les travailleurs et ouvrir la porte à leur remplacement par un personnel intérimaire et précaire qui bénéficiera d'une protection du travail inférieure », a-t-il déclaré.

Le président de  Fédération internationale des travailleurs du transport Paddy Crumlin a déclaré que les syndicats et les travailleurs Norvégiens intensifiaient la lutte pour défendre une législation qui « répond aux objectifs qu'elle est censée défendre ».

La Norvège enregistre un niveau de chômage faible en comparaison avec de nombreux autres pays Européens et fait une utilisation bien moindre du travail temporaire. La croissance du nombre de travailleurs temporaires et intérimaires est inégale dans toute l'Europe mais est inextricablement liée au niveau de dérégulation de l'économie en phase avec les directives néo-libérales de l'UE au sein du marché unique.

Selon les chiffres datant de 2007, on comptait en Norvège seulement à 8 172 travailleurs intérimaires et temporaires. En Grande-Bratagne, on en comptait alors 1,2 millions de travailleurs de ce type. Ces chiffres ont probablement explosé depuis au sein de l'UE et des pressions sont exercées afin que le nombre de travailleurs temporaires augmente en Norvège.

Un récent rapport, commandé par le gouvernement, du professeur Fredrik Sejersted de l'Université d'Oslo a révélé que la Norvège avait adopté 75% des directives de l'UE ces dernières années et que plus de 6 000 directives européennes ont été transposées dans le droit Norvégien. « Nous sommes presque aussi profondément intégrés que le Royaume-Uni », a-t-il déclaré.

Son rapport « Outside and Inside » soulève les questions que cela pose pour la société, l'économie et la démocratie Norvégienne et exprime son inquiétude quant aux conséquences politiques de l'adoption des politiques européennes « sans aucun droit de vote correspondant ».

Sejersted dénote un « important déficit démocratique », suggérant qu'en parallèle à l'intensification de l'intégration de la Norvège à l'UE, le niveau de compréhension de la situation dans les médias, la vie politique et l'opinion publique s'est considérablement affaibli.

« Il n'y a guère d'autres domaines au sein de la démocratie Norvégienne aujourd'hui où un si grand nombre de personnes en sait aussi peu, comme c'est le cas pour ce qui est de la politique européenne de la Norvège », a-t-il affirmé.

Les europhiles de tout bord politique vont sans doute reprocher aux travailleurs Norvégiens de résister à cette progressive dérive néo-libérale et les qualifier d' « égoistes », de « protectionnistes » ou même de « racistes », en refusant la dérégulation générale de l'encadrement légal des pratiques de travail.

Néanmoins, cette grève révèle le fossé croissant entre les revendications démocratiques des électeurs Norvégiens et les manœuvres de la classe politique Norvégienne et sa collusion avec l'UE dans la mise en œuvre de son agenda social et économique néo-libéral, et ce sans aucun mandat populaire.

 

Source: Morning Star, quotidien du PC Britannique

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 08:26
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Soviet-Flag-Over-Reichstag.jpgNotre avenir est un monde nouveau, le communisme

 

Déclaration de 19 organisations de jeunesse communiste Européennes 20 années après la contre-révolution en Europe de l'Est



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Les organisations de Jeunesse communiste qui signent la déclaration suivante lancent un appel à la jeunesse d'Europe, et au monde entier, à l'occasion du 20ème anniversaire de la dissolution de l'URSS et de la liquidation du socialisme.

Cet anniversaire, du point de vue des gouvernements et partis bourgeois, des forces du capital, est une occasion de calomnier le socialisme et sa contribution historique, d'annoncer le caractère « éternel » et « bienveillant » du système capitaliste. Ce sont les mêmes qui, par les politiques qu'ils mettent en place, ont repris tous les droits concédés à la jeunesse ; ils ont lancé des dizaines de guerres impérialistes et en préparent de nouvelles ; ils nous ont condamné à la pauvreté et au chômage ; ils criminalisent l'idéologie communiste.

De notre point de vue, celui des travailleurs, des peuples et de la jeunesse du monde entier, cette anniversaire est une occasion de rappeler et de souligner les réalisations du socialisme, sa contribution à l'humanité ; une occasion de tirer des conclusions importantes de la défaite des années 1989-91.

Nous nous adressons à la jeunesse, afin qu'elle apprenne et connaisse la vérité sur le socialisme ; Pour leur dire que notre avenir est un nouveau monde, le Socialisme et le communisme.

Le 20ème siècle a vu le succès de la Révolution socialiste d'Octobre en Russie en 1917, qui fut le point de départ d'une des plus grandes avancées de civilisation dans l'histoire de l'humanité, l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme. Après la seconde guerre mondiale, sont arrivées au pouvoir des forces posant l'objectif du socialisme dans un certain nombre de pays d'Europe, d'Asie mais aussi sur le continent Américain, sur près d'un tiers du globe.

En 1991, la contre-révolution a interrompu le cours de ce premier effort de construction d'une nouvelle société. Ce qui avait été acquis – la classe ouvrière et ses alliés prenant possession du pouvoir et des richesses qu'ils produisaient, de leurs mains – avec toutes ses limites était désormais remis en cause par une décision prise par en haut et non par la base.

Ces ruptures furent des contre-révolutions, c'est-à-dire une régression sociale, une victoire du système d'exploitation et d'oppression de classe sur la tentative de construction d'une société libérée de toute exploitation. Cela s'est confirmé de la pire des manières pour le peuple, au cours des vingt dernières années.

Les capitalistes et les représentants politiques des monopoles ont fêté leur victoire de classe, une victoire non seulement contre les pays socialistes et leurs peuples, mais aussi contre les travailleurs de tous les pays. Cette victoire est cependant temporaire, car le développement de la société ne s'arrête jamais. La volonté des peuples fera à nouveau du Socialisme une réalité.

Ils ont promis un développement capitaliste « a perpétuité » qui serait censé apporter prospérité et paix. Ils ont parlé de la « fin de l'histoire » et de la lutte de classe qui mèneraient à la réconciliation entre les peuples. L'histoire leur a donné tort. Non seulement la lutte de classe n'a pas cessé, mais elle s'est intensifiée. C'est le moteur de l'histoire, et elle aboutira à la victoire de la classe ouvrière.

La barbarie capitaliste ne peut pas être humanisée, il nous faut rompre avec elle


En ce début de 21ème siècle et vingt ans après les contre-révolutions, il s'est avéré non seulement que le capitalisme n'était pas en mesure de répondre aux besoins de la classe ouvrière mais qu'il condamne également les peuples à l'exploitation et à la pauvreté. Tout ce qu'ont affirmé la bourgeoisie et leurs apologistes s'est révélé être un mensonge.

La contre-révolution a rendu le capital encore plus agressif, des acquis populaires qui ont été remportés par la lutte et les sacrifices ont été liquidés ; de nouvelles guerres impérialistes ont éclaté et les rivalités pour la pénétration et le partage des marchés sont devenues plus féroces. Les peuples des pays socialistes furent au cœur de la restauration capitaliste ; leurs niveaux de vie ont régressé pour revenir à ceux de plusieurs décennies en arrière. Les peuples des autres pays capitalistes ont perdu leur soutien, le contre-poids à la barbarie capitaliste.

La crise qui touche actuellement le monde capitaliste conduit au chômage de masse, à la pauvreté et à la misère pour la classe ouvrière, les couches populaires et leurs enfants. Cela prouve, le plus clairement du monde, que le capitalisme est un système pourri et dépassé, qui entrave le progrès de toute l'humanité. Ses efforts pour rester en vie ne visent qu'à sucer le sang de millions de travailleurs.

Les crises lui sont inhérentes, car il s'agit d'un système où la production ne sert pas les travailleurs mais le profit et les intérêts des capitalistes. Par leur sueur et la force de leurs mains ainsi que de leurs cerveaux, les travailleurs du monde entier produisent des biens et d'immenses richesses qui suffiraient à leur assurer ainsi qu'à leurs enfants une vie décente. Cette richesse est confisquée par une poignée de parasites capitalistes qui exigent aujourd'hui des peuples, de façon choquante, des sacrifices afin de sauver la ploutocratie.

La crise capitaliste s'approfondit dans l'UE et dans la zone Euro. Il s'est avéré concrètement que l'UE est une union impérialiste trans-nationale, un « sombre front » du capital contre les peuples. Les rivalités entre groupes monopolistes et pays capitalistes en Europe et à l'échelle internationale s'intensifient. Il est plus que probable que cette concurrence débouchera sur des guerres qui sont dans la nature du capitalisme. Nous ne choisissons pas entre vieux et nouveaux impérialistes, ni entre leurs vieilles et nouvelles coalitions. Nous ne deviendrons pas leur « chair à canon », pour qu'ils puissent se partager les marchés. La lutte pour le renversement du pouvoir des monopoles, de la bourgeoisie dans chaque pays, et quelles que soient les conditions, est un objectif crucial pour chaque jeune homme et jeune femme issus de la classe ouvrière.

Le socialisme est plus actuel et nécessaire que jamais

Cela fait 20 ans désormais que notre génération grandit dans un contexte de déformation de la vérité historique, d'anti-communisme et de mensonges. Par les manuels scolaires, les journaux et la télévision, le capital, les États bourgeois et leurs appareils tentent de ré-écrire l'histoire. Ils calomnient la contribution héroïque de millions de communistes, des pouvoirs ouvriers dans les pays où se construisaient le socialisme mais aussi dans les pays capitalistes pour se libérer du joug de l'exploitation de classe. Ils mènent une offensive massive contre un ennemi qu'ils disent avoir vaincu. C'est une preuve de leurs peurs. Si c'était vraiment la « fin de l'histoire », si le capitalisme était véritablement « invincible », ils ne perdrait pas autant d'énergie à combattre un ennemi qui n'existerait plus.

Ils prétendent que la victoire du capitalisme a démontré l'échec du socialisme. L'histoire a prouvé qu'aucun système socio-économique n'a été établi une fois pour toute. Cela est révélé par l'histoire de la domination du système capitalisme. Le développement des forces productives et le caractère social du travail sont incompatibles avec tout système économique où la minorité impose se domination à la majorité. Le recul, cependant, a un caractère temporaire dans l'évolution sociale. La roue de l'histoire ne s'arrête pas. Notre période est une période de transition du capitalisme au socialisme, et cela ne change pas en raison de la victoire temporaire de la contre-révolution, ou d'un rapport de force défavorable, par ailleurs en train de changer.

La nécessité du socialisme vient de l'intensification des contradictions du système capitaliste lui-même. Elle découle du fait que dans le stade impérialiste du développement capitaliste, caractérisé par la domination des monopoles, les conditions matérielles nécessaires pour une transition vers un système socio-économique supérieur sont entièrement réunies.

Le capitalisme a socialisé la production dans des proportions sans précédent ; il a néanmoins privatisé les profits dégagés par cette production. Les moyens de production, les produits du travail social sont privés, propriété des capitalistes. Cette contradiction est la matrice de tous les mécanismes de crise des sociétés capitalistes modernes : le chômage et la pauvreté qui explosent en période de crise capitaliste.

Cette contradiction nous montre aussi l'issue : l'abolition de la propriété privée des moyens de production, en commençant par les moyens de production concentrés, leur socialisation et leur utilisation planifiée dans la production sociale, pour la satisfaction des besoins sociaux, la planification centralisée de l'économie par le pouvoir révolutionnaire socialiste entre les mains des travailleurs, sous contrôle ouvrier.

Tout ce qui a été écrit dans le sang ne peut être effacé avec de l'encre sale


La classe ouvrière, en particulier les jeunes issus de la classe ouvrière, doivent apprendre des expériences de construction socialiste au 20ème siècle. Ils doivent apprendre de tout ce qu'elles ont apporté au peuple mais aussi tirer les conclusions des raisons qui ont conduit à son renversement.

La vérité c'est qu'en dépit des problèmes, des erreurs, des déviations des principes de construction socialiste, le système socialiste tel qu'il s'est forgé a démontré sa supériorité, les énormes avantages qu'il a garanti dans les vies des travailleurs et des jeunes.

L'abolition des rapports capitalistes de production a libéré l'homme du joug de l'esclavage salarial ; il a ouvert la voie à une production et à un développement scientifique orientés vers la satisfaction des besoins populaires. Ainsi, le droit au travail pour tous était garanti, tout comme l'éducation et la santé publiques et gratuites, la prestation de services abordables par l’État, le logement, l'accès à la création culturelle et intellectuelle.

Du temps libre fut libéré pour les travailleurs afin qu'ils puissent avoir des loisirs et qu'ils puissent participer au pouvoir et à la gestion des unités de production. Un niveau supérieur de démocratie fut mis en place avec la participation représentative des employés au pouvoir et à la gestion de la production, l'opportunité pour eux d'élire et de révoquer des représentants ouvriers au pouvoir.

La Sécurité sociale fut la première des priorités de l’État socialiste. Le pouvoir socialiste a jeté les bases de l'élimination de l'inégalité entre hommes et femmes. Il a garanti concrètement la prise en compte sociale de la maternité ainsi que les soins pour les enfants.

Ce sont des acquis qui ont été garantis il y a plusieurs décennies de cela dans les pays socialistes, et qui semblent désormais être un rêve inaccessible pour les travailleurs et jeunes vivant en monde capitaliste.

L'Union soviétique et le système socialiste mondiale ont constitué le seul véritable contre-poids à l'agressivité impérialiste. Le rôle qu'a joué l'Union soviétique dans la Victoire anti-fasciste des peuples a été décisif. Plus de 20 millions de citoyens ont donné leurs vies pour la patrie socialiste et la Victoire anti-fasciste, près de 10 millions ont été blessés ou handicapés, et il y eut naturellement d'énormes destructions matérielles.

La nouvelle offensive sera victorieuse


La contre-révolution en URSS ne fut pas le fruit d'une intervention militaire impérialiste, mais elle vint plutôt « de l'intérieur et d'en haut ».

Au cours de la construction, des choix erronés ont été faits, les lois de développement du nouveau système ont été violées, de nouvelles mesures ont été mises en place, qui étaient étrangères à l'économie socialiste.

Les contre-révolutions ne changent rien à la nature de la période.

Le 21ème siècle sera le siècle d'une nouvelle émergence d'un mouvement révolutionnaire mondial et d'une nouvelle série de révolutions sociales.

Deux voies s'ouvrent aux peuples : le maintien, avec des sacrifices infinis pour le peuple, du système pourri du pouvoir bourgeois et de la propriété capitaliste ou la lutte pour une rupture révolutionnaire d'avec le capitalisme, pour le pouvoir ouvrier, pour le socialisme et le communisme. Entre les formations socio-économiques capitaliste et socialiste-communiste, il n'y a pas d'autre formation, pas d'autre système. Le pouvoir reviendra soit aux travailleurs soit aux capitalistes.

La construction du soi-disant « socialisme du 21ème siècle » ou du « socialisme démocratique » nie le pouvoir ouvrier, la socialisation des moyens de production et la planification centralisée. Il n'a rien à voir avec le socialisme scientifique. C'est un instrument entre les mains du système afin de manipuler les peuples, de faire obstacle à la lutte de classes.

Les peuples auront le dernier mot !


Les jeunes hommes et jeunes femmes, les jeunes des couches populaires ne doivent rien attendre du vieux système capitaliste, historiquement dépassé, qui se trouve désormais dans son dernier stade impérialiste. Leur avenir d'une vie meilleure, répondant à leurs besoins est lié à leur participation et leur contribution au développement de la lutte de classe, au renversement de la barbarie capitaliste, à la construction d'un nouveau système socialiste.

De grandes luttes de classe nous attendent.

Les révolutions à venir seront celles du Socialisme !



Jeunesse communiste Autrichienne (KJO)
Jeunesse du Parti du travail  de Belgique (COMAC)
Jeunesse communiste Britannique (YCL)
Jeunesse communiste Tchèque (KSM)
Jeunesse communiste Géorgienne (YCL)
Jeunesse communiste allemande (SDAJ)
Jeunesse communiste Grecque (KNE)
Alliance de la jeunesse communiste Hongroise
Mouvement de jeunesse irlandais de Connolly
Jeunesse communiste du Luxembourg
Jeunesse communiste Néerlandaise (CJB)
Jeunesse communiste Norvégienne (UNGKOM)
Jeunesse communiste Polonaise (KMP)
Jeunesse communiste Russe (RKSM-B)
Jeunesse communiste Serbe (SKOJ)
Jeunesse communiste Espagnole (CJC et UJCE)
Jeunesse communiste Suédoise (SKU)
Jeunesse communiste Turque (YTKP)

Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:04
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Stop-the-war-on-iranLe Parti communiste des Etats-unis (CPUSA) appelle à faire échec aux manœuvres bellicistes américano-israéliennes contre l'Iran


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Parti communiste des États-Unis (CPUSA) déplore l'escalade des tensions entre l'Iran d'une part, et Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni d'autre part. Cette escalade représente une menace pour la paix mondiale ; alors que plusieurs éléments irresponsables, comme le candidat Républicain à la présidentielle Newt Gingrich aux Etats-unis et divers membres du gouvernement Israélien parlent de plus en plus ouvertement de frappes sur des installations Iraniennes, ce qui constitueraient sans nul doute des actes de guerre.

Iran vient tout juste de réaliser des exercices navals, comprenant des essais de missiles à longue portée, dans le Golfe persique, et a parlé de la fermeture du détroit d'Ormuz à la navigation si le pays était attaqué. Les États-Unis et Israël ont répondu par leurs propres exercices navals dans la même région (désormais suspendus à l'initiative des États-Unis pour des raisons guère éclaircies à ce jour).

Cela, combiné aux efforts Américains visant à organiser un boycott des achats occidentaux de pétrole Iranien ainsi que des transactions avec la banque centrale Iranienne, supposément en réaction aux nouvelles de progrès dans le raffinage de l'uranium par l'Iran, constitue une importante escalade des tensions. Vient s'ajouter à cela, un nouvel assassinat – le cinquième à ce jour – d'un savant Iranien spécialisé dans le nucléaire, dans les rues de son propre pays, très certainement par des agents Israéliens.

Nous ne sommes pas des admirateurs du régime Iranien actuel qui a réprimé violemment la classe ouvrière et la gauche, y compris notre parti-frère, le Tudeh, et s'est progressivement converti aux politiques économiques néo-libérales qui fait des dégâts aux quatre coins du monde. Cependant, nous faisons le constat que les provocations et ingérences extérieures Israéliennes, Américaines et Britanniques ainsi que d'autres gouvernements n'aideront en rien la masse du peuple Iranien. En effet, les progressistes en Iran, tout en critiquant leur propre gouvernement, se sont explicitement opposés à une telle intervention extérieure, dont le type de sanctions actuellement défendues par les États-Unis et leurs alliés, qui ne ferait que toucher le peuple Iranien tout en rentrant dans le jeu du régime.

En outre, tout incident ou manœuvre irresponsable d'un des deux camps pourrait déclencher un affrontement militaire qui aurait un énorme impact sur l'économie mondiale et en particulier sur les pays les pauvres qui comptent beaucoup sur le pétrole Iranien pour leur propre survie. L'Iran est bien plus grand que l'Irak et bien plus développé que l'Afghanistan, et pour les États-Unis, rentrer en guerre avec l'Iran aurait des conséquences désastreuses pour nous tous. Laisser faire cela serait scandaleux.

Il y a toutes sortes de manœuvres et d'intrigues qui déterminent les contours de la crise actuelle. Ahmadinejad subit les attaques d'éléments encore plus réactionnaires au sein de son pays, menés par le guide religieux ultra-conservateur, Ali Khamenei, alors que les élections législatives approchent. Le gouvernement Israélien est fortement critiqué par une partie importante de ses citoyens pointant des politiques économiques en échec qui ont creusé le fossé entre riches et pauvres. Il y a une lutte féroce entre Iran et Arabie Saoudite. Et bien entendu nous avons notre propre campagne électorale dans ce pays, avec la traditionnelle campagne des Républicains visant à faire passer l'administration Obama comme étant trop « tendre » avec les ennemis du pays. Tous ces éléments contribuent à augmenter le danger d'une dérive vers la guerre.

Le Parti communiste des États-Unis lance un appel à la fin des intrigues et provocations fomentées par les gouvernements et partis politiques Israéliens, Britanniques et Américains. Nous dénonçons la campagne pour des frappes contre l'Iran menée par Israël qui est, faut-il le rappeler, la seule puissance nucléaire de la région. Nous exigeons de l'administration Obama qu'elle retire le porte-avion Stennis et ses autres unités navales, et qu'elle annule, et non juste reporte, les manœuvres militaires conjointes Israélo-Américaines. Nous dénonçons les assassinats de savants Iraniens comme des actes criminels de terrorisme. Nous réaffirmons que seul le peuple Iranien a le droit de décider de type de gouvernement dont leur pays doit se doter, et nous nous opposons aux efforts d'éléments étrangers visant à un « changement de régime ». Nous appelons à la poursuite des négociations comme la seule solution viable pour mettre un frein à l'escalade des tensions dans la région du Golfe.

Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 07:55
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

fernando-hernc3a1ndez-sc3a1nchez-guerra-o-revolucic3b3n-el.jpeg Entretien avec Fernando Hernandez Sanchez, auteur du livre 'Guerre ou révolution. Le PCE dans la guerre civile'

« Le PCE est devenu pendant la guerre le meilleur parti républicain de l'histoire de l'Espagne »

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Mario Amorós / Le Monde Diplomatique (édition espagnole)

« Le PCE fut, sans aucun doute, une des colonnes maîtresses de la mobilisation de masse pour faire face à l'effort de guerre à l'ère de la 'guerre totale'. Il s'est érigé en pilier de l'effort de guerre républicain, contribuant à rendre possible ce qu'aucune autre nation européenne n'avait mis en œuvre avant elle : résister avec les armes à l'imposition du joug fasciste. Il est resté loyal jusqu'à la fin envers le gouvernement Negrin, qui se proposait de mener jusqu'au bout la bataille en sauvegardant la dignité nationale et les vies des combattants engagés. »

Voilà une des conclusions que Fernando Hernández Sánchez (Madrid, 1961), docteur en Histoire contemporaine pour l'UNED, expose dans la dernière partie de Guerre ou Révolution. Le Parti communiste d'Espagne dans la guerre civile (Critica). Fruit d'un travail de plusieurs années, avec un examen rigoureux de la documentation issu de neuf centres d'archives, de la presse de l'époque et d'une vaste littérature citée en 979 notes, ce livre de 574 pages, très bien écrit, met fin à 70 ans de manipulations et de propagande et est déjà l’œuvre de référence sur le sujet qu'il traite. Auteur également du livre sur le dirigeant communiste Jesús Hernández et co-auteur avec Angel Viñas de l'indispensable La Construction de la république. Hernández Sánchez, professeur à l'IES Sefarad de Fuenlabrada (Madrid) arrive à l'heure à notre rendez-vous aux Archives historiques du Parti communiste d'Espagne.

Avec la proclamation de la IInde République, le PCE a retrouvé la légalité, mais est une force marginale. Quelles raisons expliquent sa croissance dans la période suivante ?

C'est une histoire étonnante, le passage d'une position ultra-périphérique dans le système politique à une position centrale dans une période très courte, et cela a beaucoup à voir avec la dynamique de ce moment historique. Sur le plan de la politique communiste, il y eut plusieurs événements déterminants. D'une part, le remplacement en 1932 de l'ancienne direction qui restait attachée à l'idéologie radicale « classe contre classe » et du « social-fascisme », qui était alors la ligne de l'Internationale communiste, par la nouvelle direction de José Diaz, de la Pasionaria, d'Hernandez, d'Uribe... Et, d'autre part, le tournant d'une très grande importance qui se produisit en 1935 avec le VIIème Congrès de l'Internationale communiste et la constitution des fronts populaires. Le PCE a cessé d'être une force symbolique, qui entretenait un discours ultra-radical et idéaliste, pour adopter des positions plus pragmatiques et se rendre plus visible pour la classe ouvrière, surtout à partir de la revendication des événements d'octobre 1934 en Asturies.

Un parti ne conquiert pas seulement un espace politique parce qu'il le mérite, mais aussi parce que d'autres le lui cède. Dans ce cas-ci, le Parti socialiste et Largo Caballero ont renoncé concrètement à se revendiquer de ce qui s'était produit en Asturies, qui fut un exemple de résistance face à ce qui aurait pu être la mise en place d'un totalitarisme par la voie parlementaire, comme cela finit par arriver en Allemagne ou en Autriche. En revanche, le PCE a développé une campagne très intense et efficace d'agitation autour des prisonniers, de leurs familles, des orphelins... ce qui a commencé à en faire une force politique plus visible.

Que fut son rôle dans la naissance du Front populaire, créé pour les élections de février 1936 ?

La formation du Front populaire a bénéficié de ce changement de ligne politique des communistes à l'échelle internationale, mais étant donnée l'influence limitée qu'avait alors le PCE, il reposait essentiellement sur l'alliance des républicains et des socialistes. Dans le cadre de ce pacte, Largo Caballero a vu dans le rapprochement avec les communistes et les autres forces de gauche une façon de faire contre-poids aux traits réformistes que l'aile centriste de son parti et les républicains bourgeois désiraient imprimer au Front populaire. Comme il n'était pas assez fort pour lui apporter un contenu socialisant, l'engagement fondamental du PCE dans ce pacte fut de garantir, par son travail de mobilisation et d'intensification de sa présence, que son contenu réformiste soit mené à bien intégralement.

Dès les premières semaines de la guerre, le Parti communiste, qui avait créé le Cinquième régiment des milices populaires, avait misé sur la formation d'une Armée populaire avec discipline et unité de direction, la mise à niveau de l'industrie de guerre, l'organisation de fer des arrières pour assurer la production et l'approvisionnement...

Voilà peut-être une des clés de sa croissance considérable durant la guerre. Le Parti communiste a compris fort justement, avec le précédent de la Première guerre mondiale, qu'il s'agissait d'une « guerre totale », non d'un conflit classique d'armées contre armées, mais qu'il impliquerait toute la société et mobiliserait tous les secteurs pour atteindre l'objectif de la victoire face à un ennemi qui ne serait enclin à aucun type de négociation. Par conséquent, sa première décision fut de recréer une armée reposant sur une base populaire car il pensait que les milices étaient parfaites pour constituer le noyau dur de la première résistance, mais étaient insuffisantes pour faire face à une armée professionnelle qui comptait par ailleurs sur les unités d'élite de l'époque (la légion, les troupes régulières, les mercenaires marocains) et par la suite sur l'aide de la Légion Condor et des corps d'armée volontaires italiens.

Le PCE a proposé alors de dépasser le plus vite possible l'étape des milices et de mobiliser toute l'économie du pays, avec la création d'une industrie de guerre qui fournirait l'armement et la force matérielle nécessaire pour s'opposer au soulèvement, et logiquement cela supposait d'oublier pour le moment les expériences socialisantes et les collectivisations. Il défendit tout cela, par ailleurs, en mobilisant les ressources qu'il connaissait très bien et qu'il mettait en pratique avec beaucoup d'efficacité, l'agitation et la propagande, avec le mythe de la Révolution bolchévique, qui bénéficiait alors d'un prestige populaire certain.

Le 9 septembre, lors d'un rassemblement devant le Comité provincial de Madrid, Antonio Mije a parlé du « peuple travailleur » comme la base sociale – inter-classiste – que prétendait représenter le PCE. Comment ce discours se concrétisa-t-il dans l'action communiste ?

Le concept est intéressant, car lorsque j'ai analysé la composition sociale du PCE durant cette période, j'en arrive à la conclusion qu'elle était une reproduction, à l'échelle des classes travailleuses, de la société espagnole de la République. Alors, j'ai cherché le dénominateur commun qui pouvait unir toutes ces couches ; à savoir que comparé au concept de révolution prolétarienne, qui aurait mobilisé certaines couches mais en auraient démobilisé d'autres, les concepts employés par le PCE de « révolution démocratique », de « guerre national-révolutionnaire » et de « classes populaires » ou de « classes laborieuses » ont doté l'effort de résistance républicaine d'un dénominateur commun.

Cela s'est articulé autour d'une idéologie populaire de gauche créée par le républicanisme radical dès la fin du XIXème siècle, qui repose fondamentalement sur l'aspiration à des réformes sociales profondes, réformes économiques, éducation populaire, laïcité ou indépendance nationale. C'était une idéologie transversale capable de mobiliser divers secteurs qui partageaient l'idéal anti-fasciste. Cela devint son discours dominant pendant la guerre et ses traits patriotiques se sont même accentués à partir de 1938, lorsque l'idée s'installa de plus en plus selon laquelle nous n'étions pas seulement confrontés à une guerre face à un soulèvement fasciste, mais bien aussi face à une guerre d'occupation de la part des puissances de l'Axe.

Le 4 septembre, Largo Caballero devenait président du Gouvernement et pour la première fois dans l'histoire de l'Espagne (et de l'Occident) se trouvaient dans son cabinet des ministres communistes (Jesús Hernández à la tête de l'Instruction publique et Vicente Uribe à l'Agriculture)...

La première chose à dire, c'est que les communistes sont entrés au Gouvernement contre la volonté de Staline ; la décision a été prise par la direction du PCE en accord avec Largo Caballero et Staline a dû ensuite l'accepter.

Depuis sa position gouvernementale, le PCE a appelé à combattre aussi l'ennemi caché dans les arrières, une affaire bien compliquée...

C'est une question complexe, mais il ne faut pas avoir peur de l'aborder. Le soulèvement civico-militaire lancé par les secteurs ultra-conservateurs a désarticulé l’État républicain. En fait, dans les premiers mois l’État républicain a été pratiquement détruit, car il dût faire sans une bonne partie de l'armée et des forces de police, et logiquement la nécessité d'assurer l'ordre à l'arrière incombait alors à ces forces qui se montraient disposés à combattre d'une manière efficace la présence de l'ennemi.

Ce « nettoyage des arrières », comme on l'appelait à l'époque, fut mené par ces nouvelles forces qui ont contribué à la reconstruction des forces de l'ordre, comme les « milices des arrières », les organisations mêmes du Front populaire qui avaient acquis l'armement nécessaire pour la mener à bien et, il n'y a pas lieu de le nier, il y eut alors des excès, que tout le monde connaît bien. Des excès qui ont fait que ces mois furent ceux où la violence fut la plus concentrée et où s'accumula une répression à la marge des procédures légales, mais on y mit fin dans les premiers mois de l'année 1937 avec la reconstruction de l’État républicain et d'un appareil judiciaire et politique qui put récupérer ses compétences concernant l'ordre public et le monopole de la violence.

Cependant, dans ces premiers mois chaque force politique, rentrant parfois en contradiction avec les autres, a fait son possible pour assurer l'ordre aux arrières. Surtout, il faut prendre en compte un cas particulier, celui de Madrid, une des premières villes bombardées par voie aérienne, vers laquelle convergeaient alors les masses de réfugiés de la vallée du Tage et d'Extrémadure qui emportaient avec eux le récit de ce qui s'était produit derrière l'avancée de la colonne de Yagüe et de Castejón en direction de Tolède [NdT : Les généraux franquistes Yagüe et Castejón ont été auteurs de massacres de masse notamment dans la ville de Badajoz où plus de 4 000 civils auraient été tués par leurs troupes]. Cela a logiquement suscité un sentiment de terreur que l'on a tenté d'exorciser par l'élimination de possibles ennemis incrustés dans les arrières républicains.

Quelle importance a eu la Défense de Madrid (octobre-novembre 1936) pour le prestige du PCE ?

Ce fut un des moments qui se sont constitués comme un pilier fondamental de l'imaginaire communiste concernant la guerre. Le gouvernement s'est délocalisé à Valence, car, entre autres, une bonne partie de ses dirigeants, à commencer par Largo Caballero lui-même, pensait qu'aucune résistance n'était possible à Madrid, puisqu'il s'agit d'une ville qui manque des éléments naturels nécessaires à la défense. Le « miracle de Madrid », comme on le qualifiait alors, la résistance et le coup de frein porté à l'offensive des troupes franquistes contre la capitale fut un des éléments qui a contribué à rehausser le prestige du PCE. Qui plus est, cela se produit dans un moment charnière : les Brigades internationales entraient en scène et les premières avions soviétiques arrivaient, commençant à disputer l'espace aérien de Madrid aux bombardiers qui jusqu'alors avaient réduit la ville en cendres.

Vous analysez également en profondeur le niveau d'affrontement atteint durant les premiers mois de l'année 1937 dans les arrières républicains, qui a culminé dans les « événements de mai » à Barcelone...

Par rapport aux « événements de mai », j'ai tenté de les remettre en perspective, puisqu'il s'agit de faits très graves qui ont laissé une empreinte très profonde dans l'image forgée par la suite de la République en guerre, car ils furent le point culminant de toute période, qui découle des premiers moments de la guerre, de concurrence entre organisations qui aspiraient à imposer leur hégémonie. Ce conflit hégémonique, dont le PCE a pris l'initiative parmi les deux forces historiques du mouvement ouvrier, s'est manifesté fréquemment par des frictions violentes, surtout avec les anarcho-synidcalistes et essentiellement dans certaines régions, comme en Aragon, dans l'arrière-pays Catalan ou même parfois sur le front Madrilène.

Cet affrontement permanent a finalement éclaté en mai 1937, car ce fut le moment où il fallait opérer un choix dans le dilemme classique de la guerre : ou on approfondissait cette décentralisation ce qui supposait, à certains égards, le maintien du contrôle de secteurs-clés de l'économie par certaines organisations, ou alors on coordonnait l'effort de guerre pour diriger toutes les forces dans une seule et même direction, celle de la résistance, ce qui supposait logiquement que chacun renonce à une partie de ses positions pour reconstruire l’État républicain dans son intégralité. Comme les forces qui s'opposaient à cette centralisation avaient les forces potentielles suffisantes pour tenir la confrontation, celle-ci a éclaté.

La campagne de discrédit et la lutte contre le POUM (comprenant l’assassinat d'Andreu Nin par des agents soviétiques) est un des épisodes les plus négatifs de l'action du PCE durant la guerre civile ?

En effet, c'est une tâche, il était absolument absurde de porter de telles accusations... Et qui plus est, le POUM n'était même pas vraiment trotskiste, il avait été désavoué par Trotsky au début de l'année 1936 lorsqu'il a signé le pacte du Front populaire. Mais, en admettant qu'on puisse les qualifier de trotskistes, les accuser de « cinquième colonne du nazisme international » était absolument absurde. Ce fut la lutte typique entre deux secteurs qui étaient « faits de la même matière », qui se connaissaient depuis longtemps, qui avaient combattu pour l'hégémonie au sein même du PCE dans les années 1930 et, après avoir été mis en minorité Maurín, Nin et ceux qui allaient former le POUM, devinrent une force bien gênante en Catalogne pour l'hégémonie du parti communiste catalan, le PSUC.

Le POUM, qui maintenait le feu sacré du cycle révolutionnaire de l'Octobre soviétique, à mon avis, s'est trompé dans sa lecture de la guerre à plusieurs reprises et finit par se mettre lui-même hors sujet. Les événements de Barcelone, concrètement, furent décisifs, il ne les a pas impulsé, il ne les a pas mené, mais il a rejoint une initiative qui partait de secteurs mécontents de la collaboration des anarcho-syndicalistes au gouvernement. Bien qu'il s'agissait d'une erreur, ils ont rejoint l'insurrection, ils l'ont défendu, l'ont soutenu, s'en sont revendiqués. Dans un contexte comme celui de la guerre civile, cela signifiait se situer en point de mire et fournir à ses ennemis des arguments fallacieux, mais qui pouvaient alors apparaître à certains comme vraisemblables, qui alimentaient une entreprise d'affaiblissement de la République qui ne pouvait que bénéficier au camp opposé.

En mai 1937, eut également lieu le remplacement de Largo Caballero par Negrín à la tête du Gouvernement, un fait dont on accuse traditionnellement les communistes d'être à l'origine...

Au printemps 1937, l'image de Largo Caballero commençait à se dégrader à cause des erreurs commises dans la conduite de la guerre, qui avaient mené entre autres à la perte de Málaga, et les communistes ont commencé à prendre la tête d'un mouvement pour le remplacer à la tête du Gouvernement ou, tout du moins, à la tête du Ministère de la Guerre. Largo Caballero était un dirigeant peu flexible, et cela les communistes n'étaient pas les seuls à le dire, c'était le cas également d'Azaña et des républicains eux-mêmes. On a toujours attribué sa chute exclusivement aux communistes mais, même si ils ont joué le rôle de fer de lance, il y eut bien d'autres secteurs impliqués dans l'affaire.

Pourquoi Negrín? Parce que lui posait clairement comme priorité absolue la résistance tant que l'on ne parviendrait pas à passer à l'offensive, ayant en tête la possibilité que se produise une détérioration de la situation européenne qui conduise à une guerre de plus grande ampleur dans la quelle pourrait s'insérer la guerre civile européenne. En attendant, il croyait qu'il fallait mener la politique de guerre avec un puissant effort de centralisation qui dépasse les intérêts particuliers des partis et des syndicats, chose qui n'était pas aussi claire pour Largo Caballero. Et logiquement il y eut ici un rapprochement avec le PCE, mais pas du tout une subordination de Negrín aux communistes; c'est eux qui au contraire suivirent Negrín la plupart du temps.

Vous exprimez également votre accord avec Helen Graham (spécialiste renommée de l'évolution du PSOE pour ce qui est de cette période) en affirmant : « Le PCE devint pendant la guerre le meilleur parti républicain jamais connu dans l'histoire de l'Espagne »...

Le PCE a apporté pour la première fois un militantisme de masses à ce projet et il le fit en outre en le dotant de techniques de propagande d'avant-garde. C'était un parti de masses avec des organisations modernes qui agissaient, se déployaient dans la rue et mobilisaient par l'emploi du cinéma, des affiches, de la presse, de la radio... Il a apporté pour la première fois une base sociale importante à cette idéologie transversale, républicaine, patriotique, radicale, réformatrice... car les partis républicains avaient été des partis de notables, d'intellectuels comme Azaña, Giral ou Martínez Barrio.

Cependant, tout au long de l'année 1938, couvait « un isolement croissant du PCE ». Pour quelles raisons ?

Tout d'abord, lorsque non seulement on ne gagnait pas la guerre, mais que l'on commençait à perdre rapidement du terrain, la base sociale a logiquement vacillé. 1938 fut l'année de la rupture du front républicain : la Catalogne d'une part, et la région centre-sud d'autre part. Ce fut également l'année de la capitulation des démocraties face à Hitler et Mussolini à Munich et, donc, de l'abandon de la perspective selon laquelle la guerre aurait pu s'achever par une négociation dans les intérêts des républicains ou recevoir le soutien des démocraties occidentales. Le PCE, qui maintenait ce discours galvanisateur autour de la guerre, devint cela, le parti de la guerre, et comme les gens croyaient de moins en moins en la victoire, la confiance envers ceux qui défendaient la poursuite de la guerre a commencé se détériorer progressivement.

Par ailleurs, le parti a également commis des erreurs : une confiance en soi excessive en raison de l'explosion de ses effectifs militants l'année précédente, un traitement parfois dédaigneux de ses alliés potentiels, l'exacerbation d'une propagande omnipotente et omniprésente qui le fit apparaître comme une force étouffante et irrésistible... Lorsque dans les autres forces républicains on commença à envisager plus sérieusement la possibilité d'une armistice, celles-ci partirent de la nécessité que, si les deux piliers les plus solides de l'effort de guerre et ceux qui n'accepteraient jamais une capitulation étaient le PCE et Negrín, il fallait se débarrasser des deux et cela conduit à la mise en place d'une coalition de forces et de personnalités qui étaient présentes lors du putsch de Casado en mars 1939.

Pour les forces républicaines, la guerre civile s'est achevée de la pire des manières, non seulement en raison des événements dramatiques de mars 1939, mais aussi du boulet du ressentiment qui a plombé la période d'exil.

Le 22 février, le bureau politique du PCE avait publié un manifeste dans lequel il avertissait : « Le triomphe du fascisme dans notre pays ne sera pas une courte étape transitoire de gouvernement réactionnaire (…) Ce sera la fin de tout ce que les ouvriers ont gagné pendant des décennies d'efforts et de durs combats... »

Sans nul doute. Ce qui est impressionnant quand tu analyses les réactions ce certains des protagonistes de l'époque qui ont soutenu le putsch de Casado fut leur erreur d'appréciation considérable sur la possibilité d'une paix honorable.


Les “tuteurs” de l'Internationale

Guerre ou Révolution. Le Parti communiste d'Espagne dans la guerre civile démonte une bonne partie de la propagande qui sept décennies durant, et avec divers arguments, a diffamé les agissements du PCE entre 1936 et 1939, depuis la bibliographie franquiste jusqu'aux classiques de la littérature trotskiste comme La guerre civile espagnole: Révolution et contre-révolution de Burnett Bolloten. Une des idées-force qui traverse tous ces ouvrages, tout comme le discours de dirigeants socialistes importants en exil comme Indalecio Prieto, fut que le PCE n'était rien d'autre qu'une marionnette manipulée depuis Moscou par Staline à travers les agents de l'Internationale communiste avec l'intention d'instaurer un régime similaire à ceux qui après la Seconde guerre mondiale furent mis en place en Europe de l'Est.

Hernández Sánchez rappelle, tout d'abord, que le Komintern avait toujours envoyé en Espagne des « tuteurs » pour le PCE, qui s'auto-définissait alors comme la « Section espagnole de l'Internationale communiste ». En 1937 arrivèrent deux d'entre eux, le bulgare Stoyan Minev (Stepanov) et l'italien Palmiro Togliatti, dont la mission fondamentale fut, à mon avis, bien différente : « L'Union soviétique n'était pas intéressée par la mise en place du communisme en Espagne, comme l'a affirmé plus tard une certaine propagande ; l'URSS, fondamentalement, souhaitait que la guerre espagnole ne déséquilibre pas le système de sécurité collective européenne qu'il avait mis beaucoup de temps à redessiner et qui reposait sur le maintien d'un pacte avec la France et de fait avec l'Angleterre pour faire obstacle à l'expansionnisme allemand ou, en dernier recours, obliger Hitler à combattre sur deux fronts ».

« La guerre civile – conclut-il – déséquilibrait ce système de sécurité et mettait en danger son rapprochement avec les démocraties occidentales, ce qui fait que le travail fondamental des délégués de l'Internationale fut de maintenir le conflit espagnol dans ce cadre, en évitant les débordements, chose qu'il eut parfois beaucoup de mal à éviter ».

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 20:20
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

 

china-strike.jpgLa montée de la classe ouvrière et l'avenir de la Révolution chinoise

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Par Minqi Li, pour la revue américaine marxiste Monthly Review


En juillet 2009, les travailleurs de Tonghua Steel Compnay à Jilin en Chine ont organisé une manifestation massive contre la privatisation de leur entreprise. Par la suite, à l'été 2010, une vague de grèves s'est répandue sur l'ensemble des provinces côtières. Ces événements peuvent se révéler être un tournant historique. Après des décennies de défaite, de recul et de silence, la classe ouvrière Chinoise ré-emerge désormais comme une nouvelle force sociale et politique.

Comment la montée de la classe ouvrière Chinoise influence l'avenir de la Chine et du monde entier ? La classe capitaliste Chinoise parviendra-t-elle à répondre au défi ouvrier tout en préservant le système capitaliste ? Ou la montée de la classe ouvrière Chinoise mènera-t-elle à une nouvelle révolution socialiste qui pourrait, à son tour, ouvrir la voie à une révolution socialiste mondiale ? Les réponses à ces questions décideront, dans une large mesure, du cours de l'histoire mondiale au XXème siècle.



La défaite de la classe ouvrière et le triomphe du capitalisme chinois



La révolution chinoise de 1949 reposait sur une large mobilisation de l'écrasante majorité de la population Chinoise contre l'exploitation par les propriétaires féodaux locaux, les capitalistes, et les impérialistes étrangers. Avec toutes ses limites historiques, la Chine de l'époque maoïste méritait d'être qualifiée de « socialiste » dans le sens où les rapports de classe en Chine étaient bien plus favorables aux classes laborieuses prolétarisées et non-prolétarisés que ceux qui prédominaient dans un État capitaliste, en particulier dans le contexte d'une périphérie et d'une semi-périphérie.

En dépit des réalisations historiques Maoïstes, la Chine est restée une partie intégrante du système capitaliste mondial et était contrainte d'opérer selon les lois fondamentales régissant la dynamique du système. Le surplus économique s'est trouvé concentré entre les mains de l’État afin d'encourager l'accumulation de capital et l’industrialisation. Cela a, à son tour, créé les conditions matérielles qui ont placé dans une position avantageuse les nouvelles élites bureaucratiques-technocratiques qui ont exigé des privilèges matériels et un pouvoir politique de plus en plus grand. Les nouvelles élites ont trouvé leurs représentants politiques au sein même du Parti communiste, et sont devenues les « compagnons de route capitalistes qui sont sous l'autorité du Parti » (une expression courante en Chine).

Mao Tsé-tsoung et ses camarades révolutionnaires ont tenté d'inverser la tendance vers une restauration capitaliste en lançant directement un appel à la mobilisation des masses de travailleurs, paysans et étudiants. Politiquement inexpérimentés et en manque de repères, les travailleurs et les paysans n'étaient pas prêts à exercer directement le pouvoir économique et politique. Après la mort de Mao en 1976, les compagnons de route capitalistes menés par Deng Xiaoping ont monté un coup d’État contre-révolutionnaire et arrêté les leaders Maoïstes radicaux. En quelques années, Deng Xiaoping avait consolidé son pouvoir politique et la Chine était embarquée sur la voie de la transition capitaliste.

Les réformes économiques ont commencé à la campagne. Les communes populaires ont été démantelées, et l'agriculture privatisée. Au cours des années suivantes, des centaines de millions de travailleurs ruraux sont devenus des travailleurs « excédentaires », rendus disponibles pour l'exploitation par les entreprises capitalistes locales et étrangères.

La privatisation massive a été lancée dans les années 1990. Presque toutes les entreprises publique de taille petite ou moyennes et certaines des grosses entreprises publiques ont été privatisées. La quasi-intégralité d'entre elles furent bradées à des prix artificiellement bas ou tout simplement données.  Parmi les bénéficiaires, des officiels du gouvernement, d'anciens gestionnaires d'entreprises publiques, des capitalistes privés jouant de leurs relations au sein du gouvernement et enfin des entreprises multi-nationales. En fait, une « accumulation primitive » colossale a été réalisée et une nouvelle classe capitaliste s'est formée, fondée sur le pillage massif des biens publics et collectifs. Pendant ce temps, des dizaines de millions de travailleurs du public ont été licenciés et se sont appauvris.

La légitimité de cette nouvelle classe capitaliste a été reconnue par la direction du Parti communiste. Au VIème congrès du Parti (en 2002), la Charte du parti a été révisée. Sous la vieille Charte, le Parti communiste se considérait comme l'avant-garde de la classe ouvrière, représentant les intérêts du prolétariat. Sous la nouvelle Charte, le Parti communiste se déclare représentant des intérêts tant des « grandes masses populaires » que des « forces productives les plus avancées ». Le terme « forces productives les plus avancées » est perçu par beaucoup comme un euphémisme pour la nouvelle classe capitaliste.



La montée de la classe ouvrière Chinoise



La part des emplois non-agricoles dans les emplois totaux en Chine est passée de 31% en 1980 à 50% en 2000, et a augmenté encore jusqu'à atteindre les 60% en 2008. Selon un rapport préparé par l'Académie chinoise de sciences sociales en 2002, près de 80% de la force de travail non-agricole se composait de salariés prolétarisés, tels que des ouvriers d'industrie, des travailleurs des services, des employés et des chômeurs. Étant donné que l'écrasante majorité des travailleurs non-agricoles est composée de travailleurs salariés qui doivent vendre leur force de travail pour gagner leur vie, la croissance rapide des emplois non-agricoles laisse supposer l'existence d'une masse considérable de travailleurs prolétarisés en Chine.

L'accumulation capitaliste rapide Chinoise a reposé sur l'exploitation impitoyable de centaines de millions de travailleurs Chinois. De 1990 à 2005, la part des revenus du travail en Chine, a chuté de 50 à 37% du PIB. Le niveau du salaire du salarié Chinois s'élève à respectivement 5%, 6% et 40% du niveau des salaires américains, sud-coréens et mexicains.

Depuis le début des années 1980, environ 150 millions de travailleurs migrants ont quitté les régions rurales pour celles urbaines afin de trouver du travail. L'exportation Chinoise de produits manufacturés s'est largement appuyée sur l'exploitation de ces travailleurs migrants. Une étude sur les conditions de travail dans le Delta de la rivière des perles (une région qui comprend Guangzhou, Shenzhen et Hong Kong) a révélé que près des deux-tiers des travailleurs travaillaient plus de 8 heures par jour et ne prenaient jamais de week-ends. Certains ouvriers avaient à travailler en continu, jusqu'à seize heures d'affilée. Les managers capitalistes usaient fréquemment de punitions corporelles pour corriger les travailleurs. Près de 200 millions de salariés Chinois travaillent dans des conditions dangereuses. Il y a environ 700 000 blessures graves liées à des accidents du travail en Chine chaque année, coûtant la vie à plus de 100 000 personnes.

Dans le « Manifeste du parti communiste », Marx et Engels affirmaient que la lutte de la classe ouvrière contre les capitalistes suivait plusieurs stades de développement. Dans un premier temps, la lutte était menée par des travailleurs isolés contre les capitalistes qui les exploitaient directement. Avec le développement de l'industrie capitaliste, le nombre de prolétaires augmentait et ceux-ci se trouvaient rassemblés dans des concentrations massives. Les effectifs ouvriers augmentaient et ils commençaient à former des syndicats pour combattre les capitalistes en tant que force collective. La même loi de développement est visible aujourd'hui en Chine. Puisque de plus en plus de travailleurs migrants s'installent dans les villes et se considèrent comme des salariés plutôt que comme des paysans, une nouvelle génération de travailleurs prolétarisés avec une conscience de classe de plus en plus claire émerge.Tant les documents officiels du gouvernement que les médias dominants reconnaissent désormais l'émergence de la « seconde génération de travailleurs migrants ».

Selon la description qu'en font les médias dominants Chinois, il y aurait actuellement près de 100 millions de travailleurs migrants de seconde génération, nés après 1980. Ils ont migré vers les villes tout de suite après la fin de leurs études secondaires, ou de leurs années de collège. La plupart d'entre eux n'a connu aucune expérience dans le domaine agricole. Ils s'identifient plus au monde des villes qu'à celui des campagnes. Comparée à la « première génération », les travailleurs migrants de seconde génération ont tendance à être mieux formés et à avoir des attentes plus élevées en terme d'emploi ; ils revendiquent des meilleurs niveaux de vie matériel et culturel, et sont moins enclins à tolérer des conditions de travail difficiles.

A l'été 2010, des dizaines de grèves ont touché les industries automobile, électronique et textile Chinoises, contraignant les capitalistes à accepter des augmentations de salaire. Les universitaires Chinois officiels sont inquiets de la possibilité que la Chine entre dans une nouvelle phase de grèves intenses qui mettrait un terme au régime économique Chinois reposant sur une main d’œuvre bon marché et menacerait la « stabilité sociale » Chinoise.

Le développement capitaliste même prépare les conditions objectives favorisant la croissance des organisations ouvrières. Après de nombreuses années d'essor, l'armée de réserve massive de main d’œuvre bon marché dans les régions rurales Chinoises a commencé à s'épuiser. La population totale Chinoise en âge de travailler (ceux qui sont entre 15 et 64 ans) devrait atteindre un pic en 2012, avec 970 millions de travailleurs, pour ensuite baisser progressivement jusqu'au chiffre de 940 millions en 2020. La couche des travailleurs les plus jeunes (ceux qui sont entre 19 et 22 ans), parmi lesquels sont recrutés le gros des ouvriers non-qualifiés et mal payés de l'industrie, devrait chuter de 100 millions en 2009 à 50 millions en 2020. La baisse rapide des effectifs des plus jeunes, parmi la population en âge de travailler, pourrait renforcer le pouvoir de négociation des jeunes travailleurs et les encourager à développer des organisations ouvrières plus permanentes.

Tant au Brésil qu'en Corée du sud, à partir des années 1970 et 80, lorsque la part des emplois non-agricoles (comme un indicateur du degré de prolétarisation) a dépassé les 70%, le mouvement ouvrier a émergé comme une force sociale et politique importante. Une évolution similaire se produit en ce moment en Égypte.

La part des emplois non-agricoles en Chine est désormais de 60%. Si la Chine suit sa propre tendance entre 1980 et 2008, avec une augmentation de la part des emplois non-agricoles de 1% par an, alors la part des emplois non-agricoles en Chine devrait dépasser le seuil fatidique des 70% d'ici 2020.

Étant donné que la classe ouvrière est destinée à émerger comme une force politique et sociale majeure d'ici une à deux décennies, la question fondamentale est : quelle direction politique prendra le mouvement ouvrier Chinois ? La politique officielle actuelle du gouvernement Chinois est de construire une prétendue société harmonieuse avec des compromis entre les diverses classes sociales. Des franges des élites dirigeantes Chinois lancent des appels à la « réforme politique » évitant de traiter de front le défi ouvrier, en proposant l'introduction de la démocratie bourgeoise de type occidentale.

La classe capitaliste Chinoise réussira-t-elle à répondre au défi ouvrier tout en maintenant les bases économiques et l'ordre social du système capitaliste ? Ou est-ce que le mouvement ouvrier Chinois parviendra à réaliser une percée historique mondiale, suivra la voie révolutionnaire socialiste, et rompra fondamentalement avec le système social existant ? Les réponses à ces questions dépendent des conditions historiques tant subjectives qu'objectives.



L'héritage socialiste: la classe ouvrière du secteur public



A l'époque Maoïste socialiste, les travailleurs Chinois jouissaient d'un pouvoir en tant que classe et d'une dignité inimaginable pour un salarié moyen dans un État capitaliste (en particulier dans un contexte périphérique et semi-périphérique). Cependant, la classe ouvrière chinoise était jeune et politiquement inexpérimentée. Après la mort de Mao, la classe ouvrière a été privée de toute direction politique et a subi une dérouté catastrophique pendant la période de privatisation massive des années 1990.

Nombre des travailleurs de l'ancien secteur public (connus en Chine sous le nom des « vieux travailleurs ») ont depuis lancé des luttes collectives contre la privatisation et les licenciements massifs. Leurs luttes ont eu un impact non seulement sur les travailleurs licenciés mais aussi sur les travailleurs du public encore sous contrat. Cela a contribué au développement de la conscience de classe avec un certain degré de conscience socialiste parmi une frange particulière de la classe ouvrière prolétarisée Chinoise – le prolétariat du secteur public.

D'après un militant ouvrier Chinois Zhang Yaozu, comparée aux classes ouvrières des autres États capitalistes, la classe ouvrière (du secteur public) Chinoise a développé une « conscience de classe assez aboutie », basée sur son expérience historique unique à la fois pendant la période socialiste et la période capitaliste.

En raison de cette expérience historique, les luttes des travailleurs du secteur public Chinois ne se limitent souvent pas à des revendications économiques immédiates. De nombreux militants ouvriers comprennent que leurs conditions actuelles ne sont pas seulement la conséquence de l'exploitation par des capitalistes pris un par un mais aussi, à un niveau plus fondamental, de la défaite historique de la classe ouvrière dans une vaste guerre de classe qui a mené au triomphe (temporaire) du capitalisme sur le socialisme.

Un leader des travailleurs licenciés, Zhong Qinan, soulignait que sous le socialisme, « les ouvriers étaient les patrons à l'usine, les ouvriers étaient des frères et des sœurs appartenant à la même classe, et des licenciements massifs ne pouvaient pas se produire ; mais après la privatisation, les ouvriers ont été réduits à l'état de 'travailleurs salariés', ils ne sont plus les patrons, voilà la véritable raison derrière les licenciements massifs ». Selon ce leader, la lutte des travailleurs ne devait se limiter à des cas individuels, ni victorieuse avec la satisfaction de revendications particulières. L' « intérêt fondamental » des travailleurs réside dans le rétablissement de la « propriété publique des moyens de production ».

Nombreux sont ceux parmi les travailleurs actuellement employés dans le secteur public qui sont les enfants des « vieux travailleurs » ; ou alors ils ont bénéficié de l'expérience des vieux travailleurs en travaillant avec eux ; ou bien ils vivent dans les mêmes quartiers ouvriers. Ainsi, les travailleurs employés actuellement dans le secteur public ont été influencés par les luttes et l'expérience politique des vieux travailleurs. Cela a été bien illustré par la lutte anti-privatisation des ouvriers de Tonghua Steel en 2009.

Tonghua Steel était une usine sidérurgique d’État à Tonghua, dans la province de Jilin. En 2005, Tonghua Steel fut privatisé. Les biens de l’État, estimés il fut un temps à 10 milliards de dollars, ont été ré-estimés alors à seulement 2 milliards de yuan. Jianlong, une grosse entreprise privée bénéficiant de relations auprès d'officiels haut placés à Pékin, n'a eu en fait qu'à payer 800 millions de yuan pour faire main basse sur l'entreprise. Après la prise de contrôle par Jianlong, 24 000 des 36 000 travailleurs ont été licenciés. Les salaires des travailleurs affectés aux « tâches dangereuses » (avec des taux élevés de blessures liées au travail) ont été réduits des deux-tiers. Les managers ont pu imposer diverses sanctions et punitions arbitraires aux travailleurs.

En 2007, les travailleurs de Tonghua Steel ont commencé à protester. Durant les manifestations, un travailleur de l'époque Maoïste, « Maître Wu », s'est révélé le leader du mouvement. Wu a précisé aux travailleurs que le fond de la question n'avait pas à voir avec un quelconque problème particulier à leur cas, mais portait sur « la ligne politique de privatisation ».

En juillet 2009, les travailleurs ont lancé une grève générale. Lorsque le manager général a menacé de virer tous les travailleurs, les travailleurs furieux ont battu à mort le manager. Bien que le gouverneur de la province et des milliers de policiers armés se trouvaient sur place, aucun n'a osé intervenir. Après ce lynchage, la province de Jilin a été contrainte d'annuler le plan de privatisation.

La victoire des travailleurs de Tonghua Steel fut une source d'inspiration formidable pour les travailleurs aux quatre coins de la Chine. Les travailleurs de plusieurs autres usines sidérurgique ont alors exprimé leurs protestations et contraint les gouvernements locaux à annuler les plans de privatisation. Les militants ouvriers d'autres provinces ont considéré la victoire de Tonghua comme la leur et ont regretté, comme le disaient certains que « trop peu de capitalistes aient été liquidés ».

Après des années de privatisation massive, la part du secteur public dans la production industrielle Chinoise a été réduite à moins de 30%. Néanmoins, le secteur public continue à dominer plusieurs secteurs industriels clés. En 2008,  les entreprises publiques représentaient 59% de la production (en valeur) dans le secteur des mines de charbon et dans son lavage, 96% dans l'extraction du pétrole et du gaz naturel, 72% dans le traitement du pétrole et du charbon, 42% dans la fusion et l'emboutissage des matériaux ferreux (fer et acier), 45% dans la fabrication de matériel de transport, et 92% dans la production et la fourniture de l'énergie et de la chaleur d'origine électrique.

Bien que les travailleurs du secteur public ne représentent aujourd'hui plus que 20% des emplois industriels, ils sont désormais près de 20 millions et concentrés dans les secteurs de l'énergie et de l'industrie lourde qui sont d'une importance stratégique pour l'économie capitaliste Chinoise. Dans la recrudescence à venir de luttes ouvrières en Chine, les travailleurs du public, par leur contrôle de secteurs industriels clés, pourraient exercer une influence économique et politique disproportionnée par rapport à leur poids numérique.

Plus important encore, les travailleurs du secteur public Chinois peuvent profiter de leur expérience politique et historique unique. Avec l'aide des intellectuels socialistes révolutionnaires, les travailleurs du public Chinois peuvent devenir la force directrice de l'ensemble de la classe ouvrière Chinoise et apporter à l'avenir aux mouvements ouvriers Chinois une perspective clairement révolutionnaire et socialiste.



L'illégitimité des fortunes capitalistes Chinoises



Après trois décennies de transition capitaliste, la Chine est passée d'un des pays les plus égalitaires au monde sur le plan économique à un des pays les plus inégalitaires. Selon la Banque mondiale, en 2005, les 10% des ménages les plus riches détenaient 31% du revenu total Chinois, tandis que les 10% les plus pauvres ne détenaient que 2% du revenu total.

Les inégalités en termes de patrimoine sont encore plus scandaleuses. Selon le « Rapport sur la richesse mondiale », 0,4% des familles les plus riches contrôlaient 70% de la richesse nationale en Chine. En 2006, il y avait 3 200 personnes dont les possessions personnelles étaient estimées à plus de 100 millions de yuan (soit 15 millions de $). Parmi ces 3 200 personnes, près de 2 900, soit 90% étaient des enfants de hauts fonctionnaires gouvernements ou de responsables du Parti. Leurs biens cumulés étaient estimés à 20 000 milliards de yuan – soit environ la taille du PIB de la Chine en 2006.

Par les origines de la classe capitaliste Chinoise, une grande part de leur fortune provient du pillage des biens publics et collectifs accumulés durant la période socialiste. Ces fortunes sont très largement été considérées comme illégitimes par la population. Selon une estimation, durant le processus de privatisation et de libéralisation, près de 30 000 milliards de yuan de biens collectifs et publics sont passés entre les mains de capitalistes bénéficiant de relations solides avec le gouvernement. Un rapport récent a révélé qu'en 2008, ce qu'on appelle les « revenus gris » s’élevaient à 5 400 milliards de yuan, soit 18% du PIB de la Chine. Les auteurs du rapport estimaient qu'une très grande partie des « revenus gris » provenaient de la corruption et du pillage des biens publics.

Wen Jiabao, premier ministre Chinois, doit être un des premiers ministres les plus riches au monde. Son fils est le propriétaire d'une des plus grosses entreprises de capital-investissement (private equity). Sa femme s'occupe de l'industrie joaillière Chinoise. On estime que la famille de Wen a accumulé une fortune de 30 milliards de yuan (4,3 milliards de $). Jiang Zemin (ancien Président et secrétaire-général du Parti) posséderait une fortune de 7 milliards de yuan, et Zhu Rongji (ancien premier ministre) aurait une fortune de 5 milliards de yuan.

La corruption généralisée a non seulement sapé sérieusement la légitimité du capitalisme Chinois, mais elle a aussi entamé la capacité de la classe dirigeante à agir dans ses propres intérêts de classe. Sun Liping, sociologue éminent intégré au système, a récemment fait le constat que « la société Chinoise est en train de se décomposer à un rythme accéléré ». Selon Sun, les membres des élites dirigeantes Chinoises sont complètement motivés par leurs intérêts personnels, à court terme, de sorte que personne ne se soucie des intérêts à long-terme du capitalisme Chinois. La corruption est « hors de tout contrôle » et est devenue ingérable.

La prolétarisation de la petite bourgeoisie



Dans les années 1980 et 1990, la petite bourgeoisie (les techniciens et professionnels) a servi de principale base sociale à la politique pro-capitaliste de « réforme et d'ouverture ». Cependant, le creusement rapide des inégalités n'a pas seulement mené à la paupérisation de centaines de millions de travailleurs, mais il a également détruit les « rêves de classe moyenne » de nombreux petits-bourgeois.

Selon les statistiques officielles, environ un quart des étudiants Chinois diplômés dans l'année 2010 étaient au chômage. Parmi les étudiants diplômés l'année précédente, environ 15% restaient au chômage. Ces diplômés qui étaient « embauchés » devaient souvent accepter un salaire guère plus élevé qu'un travailleur migrant non-qualifié. Environ un million de diplômés (ramenés au chiffre des diplômés annuels de 6 millions) appartiendrait au « peuple des fourmis ». C'est-à-dire qu'ils vivent dans des conditions insalubres dans les banlieues des grandes villes Chinoises. La flambée des coûts du logement, des soins de santé et de l'éducation a encore plus remis en cause le statut économique et social de la petite bourgeoisie actuelle et potentielle, les poussant à renoncer à leur aspiration à un niveau de vie de « classe moyenne ».

Un diplômé a posté ses réflexions sur Internet sur sa « vie misérable ». Après des années de travail, il s'avérait qu'il ne pouvait pas se permettre d'acheter un appartement ou de se marier et d'élever un enfant. Le jeune homme se demandait :

« Pourquoi aurais-je besoin d'une petite amie ? Pourquoi aurais-je besoin d'avoir un enfant ? Pourquoi devrais-je me soucier de mes parents ? Changeons notre philosophie. Si nous ne soucions pas de nos parents, ne nous marions pas, n'avons pas d'enfants, n'avons pas besoin d'acheter d'appartements, n'avons pas besoin de prendre le bus, ne tombons jamais malades, n'avons pas de loisirs, ne déjeunons même pas, nous aurons peut-être le secret d'une vie heureuse ! Cette société nous rend fou. Nous ne pouvons même pas satisfaire nos besoins les plus fondamentaux. Avons-nous tort ? Nous voulons juste survivre. »

Alors que de plus en plus de petits-bourgeois connaissent la prolétarisation de leurs conditions économiques et sociales, un nombre croissant de jeunes se radicalisent politiquement.

Dans les années 1990, la gauche politique n'existait pratiquement plus en Chine. Mais durant la première décennie de ce siècle, la gauche Chinoise a connu un développement spectaculaire. Trois sites Web de gauche, Wu You Zhi Xiang (l'Utopie), Le drapeau de Mao Zedong, et le Réseau des travailleurs Chinois, ont acquis une influence nationale. Certains sites Web de l'idéologie dominante, tel que « Renforçons le forum national », un site d'actualité lié au quotidien officiel du Parti, le Quotidien du peuple, ont été dominés par les posts identifiables à des tendances politiques de gauche.

Les 9 septembre et 26 décembre 2010, les travailleurs dans des centaines de villes, et les étudiants dans près de 80 universités et de lycées Chinois ont organisé des rassemblements spontanés de masse pour commémorer Mao Zedong, souvent confrontés à l'opposition et à la répression des pouvoirs locaux. Lors du nouvel an Chinois 2011 (le 9 février), près de 700 000 personnes se sont rendus dans la ville natale de Mao, Shaoshan dans la province de Hunan, pour honorer sa mémoire. Compte tenu du contexte politique actuel en Chine, les commémorations spontanées en hommage à Mao Zedong sont, en fait, devenues des manifestations de masse anti-capitalistes.



Les limites du Capital, c'est le Capital lui-même



Le modèle Chinois d'accumulation de capital s'est appuyé sur tout un ensemble de facteurs historiques bien particuliers : l'exploitation sans merci d'une immense main d’œuvre bon marché ; l'exploitation massive des ressources naturelles et la détérioration de l'environnement qui en découle ; et un modèle de croissance dépendant de l'augmentation des exportations vers les marchés des pays du centre du monde capitaliste. Aucun de ces facteurs n'est viable au-delà du moyen-terme.

Sachant que les économies américaines et européennes sont aux prises avec la stagnation et seront confrontées à des crises potentiellement plus importantes à l'avenir, la Chine ne pourra plus compter sur les exportations pour tirer sa croissance économique. En outre, il est largement admis que le niveau excessivement élevé des investissements en Chine a conduit à des capacités de production massivement excédentaires, et a contribué à alimenter des demandes insoutenables en termes d'énergie et de ressources. La baisse du taux de rentabilité des capitaux pourrait éventuellement conduire à un effondrement des investissements et à une crise économique majeure. Ainsi, l'économie capitaliste Chinoise a besoin de se « ré-équilibrer » en promouvant la consommation intérieure. Mais comment cela peut-il se mettre en place sans entamer les intérêts fondamentaux de la classe capitaliste Chinoise ?

Actuellement, la consommation des ménages représente à peu près 40% du PIB Chinois, les dépenses de l’État 10%, l'excédent commercial 5% et l'investissement 45%. Les revenus des travailleurs salariés et des paysans ruraux s’élèvent à environ 40% du PIB. Ainsi, les revenus de la classe laborieuse correspondent à peu près à la consommation totale des ménages. Si l'investissement public est traité comme un élément du bénéfice capitaliste brut, alors le bénéfice capitaliste brut (ce qui équivaut au PIB moins les salaires et les dépenses de l’État) constitue environ 50% du PIB. Après avoir soustrait l'amortissement du capital fixe, le bénéfice capitaliste net est approximativement de 35% du PIB. Cette marge bénéficiaire capitaliste très élevée (ou encore un taux de plus-value très élevé) est la base politique et économique de l'accumulation rapide de capital en Chine.

2011-06-01li_table1-600x203.jpgDésormais, supposons que la Chine doive rééquilibrer son économie vers une économie tirée par la consommation. Le tableau 1 présente divers scénarios de possibles « ré-équilibrages » du capitalisme Chinois. Chaque scénario correspond à un ensemble de conditions bien particulières nécessaires pour stabiliser l'économie capitaliste (avec un taux de profit stable plutôt que déclinant). Par exemple, si le taux de croissance de la Chine devait chuter à 7% par an, alors pour stabiliser le rapport capital-production, les investissements devraient chuter à 36% du PIB (arrondi à 35% dans le tableau 1). Si on tient compte du fait que les principaux marchés d'exportation de la Chine (les États-Unis et l'Union européenne) stagneront très probablement à l'avenir tandis que les importations d'énergie et de matières premières de la Chine continueront à croître, la balance commerciale Chinoise devrait revenir à l'équilibre. Il s’ensuit que la somme de la consommation des ménages (salaires) et des dépenses publiques doit atteindre les 65% du PIB. Le bénéfice brut doit tomber à 35% du PIB, et le bénéfice net à 20% du PIB.

Donc, dans cet exemple, près de 15% du PIB doit être redistribué des profits capitalistes vers les salaires des travailleurs ou vers les dépenses sociales. Comment une aussi grande redistribution de revenus pourrait être réalisée, même dans les conditions politiques les plus idéales ? Quelle fraction de la classe capitaliste va sacrifier son propre intérêt pour le bien des intérêts collectifs de sa classe ? Étant donné l'origine corrompue et tout à fait illégitime de la fortune capitaliste Chinoise, se pose également la question de comment l'intérêt collectif de la classe capitaliste pourrait être défendu, même si la direction du Parti communiste décide de défendre les intérêts collectifs capitalistes. Par définition, les revenus et la richesse issus de la corruption ne sont pas soumis à l'imposition.

En un sens, le contexte historique actuel diffère radicalement de n'importe quelle autre période dans l'historie capitaliste. Après des siècles d'accumulation capitaliste incessante, le système écologique mondial est sur le point de s'effondrer et l'évolution de la crise écologique mondiale menace de détruire la civilisation humaine au XXIème siècle. En tant que premier consommateur mondial d'énergie et émetteur de dioxyde de carbone, la Chine est désormais au cœur des contradictions écologiques mondiales.

2011-06-01li_chart1-600x434.jpgLa Chine dépend du charbon pour près de 75% de sa consommation d'énergie. De 1979 à 2009, la consommation de charbon de la Chine a crû à un taux annuel moyen de 5,3%, et l'économie Chinoise a crû à un taux annuel moyen de 10% (mais pour la dernière décennie, 1999 à 2009, la consommation de charbon Chinoise s'est accélérée pour atteindre 8,9% par an). Si on extrapole de façon généreuse, le taux de croissance futur de la Chine devrait être celui de la production de charbon, plus 5%. Selon les sources gouvernementales Chinoises, la Chine a des réserves de charbon de près de 190 milliards de tonnes. Le graphique 1 compare la production historique de charbon avec sa production future envisagée, en supposant que le charbon récupérable restant corresponde aux réserves officielles.

On estime que la production de charbon Chinoise devrait atteindre un pic en 2026 avec un niveau de production de 4,7 milliards de tonnes. Le taux de croissance de la production de charbon devrait ralentir pour atteindre 3,5% entre 2009 et 2020 ; 0,4% entre 2020 et 2030 ; - 2,5% entre 2030 et 2040 ; et – 4,8% entre 2040 et 2050. Le taux de croissance économique que cela implique serait de 8,5% pour les années 2010 ; 5,5% pour les années 2020 ; 2,5% pour les années 2030 ; et 0% pour les années 2040.

Donc, d'ici les années 2020, l'économie capitaliste Chinoise devra opérer une redistribution de revenus de l'ordre de 20% du PIB des profits nets vers les salaires pour préserver une économie capitaliste stable (voir tableau 1). D'ici les années 2030, le profit net capitaliste devrait passer sous la barre des 10% du PIB, et il n'y aurait pratiquement plus de marge de manœuvre pour de nouvelles redistributions de revenus.

La crise énergique imminente est juste une des nombreuses contradictions écologiques auxquelles est confrontée la Chine. Selon le rapport « Charting our water future », la Chine devrait avoir un déficit en eau de 25% d'ici 2030, puisque la demande croissante provenant de l'agriculture, de l'industrie et des villes dépasse de loin ses ressources limitées en eau. Si la tendance actuelle en Chine à l'érosion des sols n'est pas corrigée, elle pourrait avoir à supporter un déficit alimentaire de 14 à 18% d'ici 2030-2050. En conséquence du changement climatique et d'un accès à l'eau de plus en plus difficile, la production céréalière de la Chine pourrait baisser de 9 à 18% d'ici les années 2040.



La victoire du prolétariat ?



L'humanité se trouve désormais à un tournant historique. Le fonctionnement du système capitaliste mondial n'aboutira pas seulement à la paupérisation permanente de milliards de personnes ; il mènera de façon quasi certaine à la destruction de la civilisation humaine. Cela soulève cette question historique-mondiale urgente : Sur quelle force l'humanité peut compter pour réaliser la révolution mondiale du XXIème siècle, donc à la fois socialisme et viabilité écologique ?

Marx s'attendait à ce que le prolétariat joue le rôle de fossoyeurs du capitalisme. Dans le cours actuel de l'histoire mondial, les classes capitalistes ont réussi à s'adapter aux défis posés par les classes laborieuses par le biais de réformes sociales limitées. Les classes capitalistes sont parvenues à ce compromis temporaire sur la base de la super-exploitation des classes laborieuses à la périphérie et l'exploitation massive des ressources naturelles mondiales et de l'environnement. Ces deux conditions se sont, désormais, épuisées. Dans la ou les deux décennies à venir, les classes laborieuses prolétarisées peuvent constituer, pour la première fois, la majorité de la population mondiale. Avec un phénomène de prolétarisation massive, les conditions historiques mondiales commencent à être réunies afin que, dans l'esprit de Marx, l'on se dirige vers la victoire du prolétariat et la chute de la bourgeoisie.

Premier producteur industriel et consommateur d'énergie mondial, la Chine est de plus en plus au centre des contradictions du capitalisme. L'analyse qui précède laisse entendre qu'après 2020, les crises économique, sociale, politique et écologique pourraient converger en Chine.

Compte tenu de l'héritage de la révolution Chinoise, les conditions historiques subjectives en Chine pourraient favoriser une solution socialiste révolutionnaire aux contradictions de la Chine. Une classe ouvrière du secteur public qui est sous influence d'une conscience socialiste peut potentiellement prendre le contrôle des secteurs économiques clés en Chine et jouer un rôle dirigeant dans la lutte révolutionnaire à venir. Une grande alliance de classe révolutionnaire peut se forger entre travailleurs du secteur public, travailleurs migrants et la petite-bourgeoisie prolétarisée.

En raison de la position centrale de la Chine dans le système capitaliste mondial, l'importance d'une révolution socialiste victorieuse en Chine ne saurait être trop soulignée. Elle briserait toute la chaîne mondiale capitaliste des marchandises. Elle renverserait le rapport de forces mondial de manière décisive en faveur du prolétariat mondial. Elle ouvrirait la voie à une révolution socialiste mondiale au XXIème siècle, et augmenterait considérablement les chances que la crise mondiale à venir se résolve dans un sens qui soit cohérent avec l'exigence de préservation de la civilisation humaine.

L'Histoire décidera si les prolétariats Chinois et mondial seront à la hauteur de leurs tâches révolutionnaires.

Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 14:55
- Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

UE-barbelésNous ne voulons pas de cette Europe

Par Fausto Sorini, membre du secrétariat du Parti des communistes italiens (PdCI) et responsable du département international du PdCI

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Nous exprimons notre désaccord avec les thèses exprimées par le premier ministre Monti et le président Napolitano, pour qui on sortira de la crise « en renforçant l'unité politique et économique de cette Union européenne ».

L'Europe plus forte qu'ils veulent, c'est l'Europe des accords entre les grands groupes économiques des oligarchies qui ont empêché le référendum en Grèce et les élections anticipées en Italie.

C'est l'Europe qui impose à la BCE de ne pas sauver les États, mais lui permet de sauver les banques.

C'est l'Europe qui appelle « union fiscale » le contrôle des politiques budgétaires, qui impose l'inscription de l'équilibre budgétaire dans la Constitution et met sur le dos des peuples de durs sacrifices.

C'est l'Europe qui a détruit l'économie de la Grèce avec des plans d'austérité anti-populaires et qui continue à mettre en œuvre dans tous les pays en difficulté la même recette inique.

Dans le contexte des rapports de force et de classe actuels dans cette partie du monde, dans le contexte autrement dit de cette UE, dominée par le grand capital multi-national et les oligarchies financières, inféodée à l'OTAN et à l'hégémonie des noyaux dominants de l'impérialisme – tantôt en collaboration, tantôt en compétition avec l'impérialisme américain, dans la même logique réactionnaire – renforcer l'unité politique et économique de cette UE signifie renforcer notre adversaire de classe et les principaux responsables de la politique de guerre (Libye) et du massacre social (plan d'austérité Monti) que notre peuple et notre Pays sont en train de subir.

Il s'agit au contraire de renforcer les éléments étatiques de défense de la souveraineté de la nation et du Parlement contre l'offensive réactionnaire : défense de la souveraineté d'une Italie non-libérale qui redonne un rôle fort à l’État dans l'économie, avec une orientation démocratique et progressiste de la production, dans l'esprit et la lettre de notre Constitution.

Nous ne pensons aucunement à un repli autarcique (qui serait hors de l'histoire à l'ère de la mondialisation) mais à une logique de concertation et de coopération économique, politique et monétaire avec les pays émergents (BRICS) et avec toutes les forces qui dans la région pan-européenne (au sein et en dehors de l'UE) vont dans le sens d'une coopération continentale et mondiale, alternative à celle impérialiste, néo-libérale et euro-atlantique.

Au sein de l'Union européenne, nous œuvrons – avec toutes les forces disponibles et convergentes – pour nous opposer aux hypothèses posées de révision des Traités qui, en abandonnant toute logique de cohésion sociale et de solidarité entre régions fortes et régions faibles, accentuent les inégalités sociales et les asymétries macro-économiques, en faveur d'un directoire des grandes puissances et des grands groupes centré autour de l'Allemagne. Cette logique rend vaine toute participation démocratique des peuples à la construction européenne, réduit encore la souveraineté nationale des pays les plus faibles, et vise à introduire dans le droit – avec des mesures punitives pour les contrevenants – des mesures coercitives et anti-populaires de réduction des déficits étatiques, qui auraient comme conséquence la destruction de tout ce qu'il reste d'un semblant d’État social.

Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 06:35
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

1229533771405zapaccgrandednUn dirigeant fondateur du syndicat des Commissions ouvrières (CC.OO) revient sur la mutation réformiste du syndicat historique de la classe ouvrière espagnole

Intervention de Quim Boix dirigeant fondateur des Commissions ouvrières (CC.OO) au 13ème Congrès de la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP)

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L'histoire glorieuse des CC.OO


Elles naquirent en pleine dictature, en tant qu'organisation clandestine. Elles ont résisté à une dure répression (qui est allé jusqu'à l'assassinat, sans compter les disparus, torturés et prisonniers ou encore les exilés) et ont gagné le respect et le soutien de la majorité des salariés. C'est seulement ainsi que l'on peut expliquer comment nous avons sorti Marcelino Camacho de prison, ainsi que de nombreux autres dirigeants.

Au sein des Commissions ouvrières, il était alors la norme de respecter les accords des assemblées de travailleurs. La démocratie de base a fait la force des CC.OO, en dépit de la répression fasciste.

Correspondent à cette étape, qui dure jusqu'au milieu des années 1980, les grands gains et conquêtes revendicatives pour la classe ouvrière, dans les conditions de travail (conventions collectives), dans la sécurité au travail, la formation syndicale, la sécurité sociale (y compris la santé et les retraites) etc. Des conquêtes qui commencèrent par de grandes luttes, grèves, manifestations et de nombreuses assemblées, dont les résultats étaient, au sommet, respectés par les dirigeants des CC.OO. Les CC.OO se définissaient alors elles-mêmes comme un syndicat de classe, démocratique, indépendant, de base, revendicatif et socio-politique.

Cette glorieuse histoire a commencé à se dégrader lorsque le PCE s'est transformé en un parti euro-communiste et que son secrétaire-général, Santiago Carrillo (aujourd'hui au PSOE, parti social-démocrate qui gère le capitalisme en alternant, en Espagne, avec le PP) est intervenu dans les affaires syndicales, rentrant en conflit avec les aspirations de la base militante des CC.OO.

Un exemple éclairant en est l' « Accord interconfédéral » signé par la direction des CC.OO en 1983. Des assemblées se sont tenues sur tous les lieux de travail, en particulier en Catalogne, pour que les travailleurs décident s'ils jugeaient opportuns de signer le pacte social en question. La grande majorité a dit « Non » à la signature, mais le premier secrétaire des CC.OO en Catalogne, José Luís López Bulla, a voté « Oui » à Madrid (sous pression de la direction du PCE) au moment de la décision étatique sur la signature. Dès lors, a clairement commencé le processus de dégradation du syndicalisme de classe au sein de l’État espagnol.

Les efforts de près de 30 ans de lutte interne pour corriger ces attitudes de capitulation face au système capitaliste n'ont conduit qu'à des expulsions régulières de cadres dirigeants des CC.OO. Ainsi naquirent en Espagne, au cours des dernières décennies, un trop grand nombre d'organisations syndicales de classe (nombre d'entre elles, au niveau de l'entreprise et face aux CC.OO, sont devenues majoritaires), aujourd'hui guère coordonnées entre elles.

La triste réalité de l'actuelle direction des CC.OO


Ceux qui décident aujourd'hui au sein des CC.OO ne sont plus ses adhérents, qui dans leur grande majorité sont encore partisans du syndicalisme de classe, contre le syndicalisme de concertation ou de conciliation avec le patronat. Actuellement, les CC.OO ne se définissent plus comme syndicat de classe, puisqu'ils ont abandonné cette terminologie et utilisent désormais celle d' « agents sociaux » au lieu de parler de classes sociales – autrement dit, elles utilisent (et pas seulement sur cette question) la terminologie du patronat.

Les finances du syndicat  reposent, dans des proportions très élevées (bien supérieures à 70%, avec des variations annuelles), sur des subventions très diverses que les CC.OO reçoivent du patronat et de divers gouvernements (européen, étatique, régional, municipal) et de nombreuses institutions, justifiées par la présence dans diverses réunions des dirigeants syndicaux, le paiement de cours de formation, la contribution des fonds publics (par exemple, les CC.OO reçoivent chaque année plus de 10 millions d'euros du Budget général de l'Etat). La forme encore plus perverse de collecte de fonds par les CC.OO  est cette somme pour chaque travailleur licencié que les entreprises versent aux syndicats qui signent, facilitant les licenciements, les papiers de résiliation de contrat. Cela signifie que plus il y a de licenciements, plus le syndicat ramasse (et pas des petites sommes, des millions au total).

Indépendamment de cela, les CC.OO reçoivent annuellement, pour « les investir » directement en Amérique latine, des centaines de millions d'euros de l'UE (Union européenne), justifiés dans le fond comme des « projets d'aide », également appelés Projets de Solidarité, qui sont employés de bien des manières différentes – cours de formation (avec quel contenu?), publicités dans des publications des syndicats latino-américains (par exemple dans la seconde page du mensuel du PIT-CNT d'Uruguay et dans le Bulletin des femmes de la CGT du Pérou), ou comme aides pour organiser des Congrès ou acheter des locaux pour l'activité syndicale.

Comme preuve de la dégradation des dirigeants des CC.OO, trois exemples :

1)Antonio Gutierrez Vegara, qui a remplacé Marcelino Camacho (qui n'a jamais été corrompu, lui), est passé de secrétaire des CC.OO à député du PSOE et (sauf deux exceptions) a toujours voté toutes les mesures anti-ouvrières adoptées par la social-démocratie ; 2) José María Fidalgo, qui a pris la succession d'Antonio Gutierrez, fut un des signataires (avec 49 grands patrons) du document « Transformer l'Espagne », qui indique les mesures anti-ouvrières que le capitalisme souhaite imposer, et a approuvé la récente campagne du Parti populaire pour prendre le pouvoir (il a soutenu par des déclarations et des photos avec Rato, ancien du FMI, et Rajoy aux Canaries, le 18 septembre 2011 lors d'une rencontre publique de la direction du PP) ; 3) Juan Coscubiela, qui fut pendant 13 ans secrétaire des CC.OO en Catalogne, est passé de secrétaire-général du syndicat à professeur à l'ESADE, université des jésuites où les enfants de la bourgeoisie apprennent leur futur métier de patrons.

Cette réalité de ces dirigeants qui « se font acheter » ne se limite pas à une petite minorité ; hélas la contagion a agi au fil des années touchant la majorité des dirigeants des structures territoriales et fédérales du syndicat. Le cas le plus scandaleux fut celui de Maria-Jesus Paredes, secrétaire-générale de la CONFIA (secteur financier des CC.OO) lorsque Fidalgo était secrétaire-général, qui a touché plusieurs millions pour faciliter la signature des accords sur les Caisses d'Epargne et les Banques. Dans les autres cas, l'entreprise s'est tout simplement servi de la mise à disposition arbitraire des heures syndicales, des promotions de carrière sélectives, des primes ou des congés, et d'autres types d'avantages.

En cohérence avec tout cela, au cours des dernières années, on note de plus en plus d'Accords sociaux signés par les dirigeants des CC.OO, sans aucune consultation des intéressés. Ceux qui ont fait le plus de mal à la classe ouvrière, ce sont les accords étatiques. Le dernier, datant de 2011, marque le recul de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans et l'augmentation du nombre d'années nécessaires au calcul du montant des retraites (celles-ci, en quelques années et avec le soutien des CC.OO, sont passées de 2 à 25 ans, ce qui représente une diminution moyenne de 35% des retraites perçues). Tout cela signé par les directions du syndicat sans consulter ni la base militante ni les travailleurs concernés. Ils ont demandé à être consultés, par plusieurs centaines de lettres et résolutions, que la direction des CC.OO a systématiquement ignoré. Dans le même temps, les CC.OO en collaboration avec l'UGT ont participé aux conseils d'administration des fonds de pension privés, que les dirigeants syndicats suggèrent – lorsqu'ils ne les rendent pas obligatoires par convention, comme à SEAT, pour les travailleurs embauché après 2002, à la place des augmentations automatiques de salaires tous les trois ans – comme complément à leur pension publique misérable. On remarque par ailleurs que SEAT facilite les renouvellements réguliers des voitures particulières des dirigeants syndicaux des CC.OO au sein de l'entreprise.

Pour achever leur soumission au système bourgeois, ils ont laissé sans soutien des milliers de travailleurs licenciés. Le cas le plus douloureux est celui de Telefónica, avec le soutien à des suppressions de milliers de postes de travail (de 75 000 à 36 000 actuellement, parmi lesquels les CC.OO acceptent désormais que l'on en supprime 6 000 de plus). C'est pour cela qu'aujourd'hui les nouveaux syndicats à la Telefonica (AST et COBAS) sont redevenus majoritaires sur les principales concentrations de travailleurs, comme à Madrid et à Barcelone (dans les petites unités dispersées, le patronat contribue à l'existence de délégués des CC.OO). Mais cela ne s'est pas uniquement produit à Telefónica; à SEAT, en 2005, les CC.OO ont signé un accord pour le licenciement de 600 travailleurs sans écouter leur avis.

Pour conclure, il faut souligner que sur les trois dernières années, les CC.OO n'ont convoqué qu'une seule grève générale, le 29 septembre 2010, mais sans volonté de la mener. De la même façon, dans la majorité des manifestations auxquelles elle appelle, son objectif est seulement celui de canaliser la colère des travailleurs contre la bourgeoisie et le gouvernement (sans chercher à gagner des droits), comme le reconnaissent publiquement leurs dirigeants. Juste un exemple : dans la grève générale en question, il y a plus d'un an, les dirigeants du territoire de La Rioja étaient à la tête d'un piquet anti-jaune (sur le marché central MercaRioja). Ils ont négocié avec la police, sur le point de le démonter, pour qu'ils les laissent  prendre des images télévisées d'eux à la tête du piquet, et une fois les images prises les dirigeants ont demandé aux grévistes de démonter le piquet, chose qu'ils ont refusé. Les dirigeants sont alors partis et ont laissé les grévistes se faire tabasser par la police. Hélas, cela ne fait que représenter l'orientation générale donnée par la direction nationale des CC.OO vis-à-vis des piquets de soutien à la grève générale.

Triste réalité de la trahison des dirigeants actuels des CC.OO

Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 09:13
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

90Renforcer l'organisation et l'activité dans les entreprises et sur les lieux de travail


Article de la revue O Militante, revue théorique du PC Portugais, de novembre/décembre 2011

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


1.La situation actuelle implique de grandes attentes, un Parti plus fort est nécessaire et les conditions existent pour le renforcer.

Le Parti communiste portugais est le parti de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, cela découle de sa nature de classe, de ses objectifs et de son projet, à l'importance centrale qu'il donne à l'explication, à l'unité, à l'organisation et à la lutte des travailleurs, qu'il donne à l'organisation et à l'action militante du Parti dans les entreprises et dans les lieux de travail.

C'est un élément essentiel depuis toujours de notre parti, réaffirmé au XVIIIème Congrès et dans la campagne « En avant ! Pour un PCP plus fort ».

2.Dans ce travail, pour une action efficace, il est indispensable de connaître la réalité de l'exploitation, des caractéristiques des entreprises et des lieux de travail, de la situation générale des travailleurs. Juste comme illustration des évolutions et des contours de la réalité actuelle, il est important de prendre en considération des aspects comme la précarité et le chômage, la composition en terme de générations des travailleurs, ou le niveau d'intégration des femmes au monde du travail ou encore la taille des entreprises et le niveau de concentration des travailleurs.

Des chiffres récents, du second trimestre de cette année, évoquent l'existence de près de 2,9 millions de travailleurs avec un CDI, de plus d'1,2 million avec divers contrats précaires et près d'1 million de chômeurs. En prenant en compte que sont intégrés dans les travailleurs en CDI ceux qui exercent des fonctions de direction et occupe les postes les plus élevés dans les entreprises, avec tout ce que cela signifie, ces chiffres révèlent que le nombre de travailleurs sans fonction de direction et occupant des contrats permanents est à peine supérieur à celui des travailleurs sous contrat précaire et des chômeurs. Cela signifie que, dans le développement de l'action du parti, il nous faut trouver des solutions adaptées à une situation où les niveaux de précarité et de chômage sont élevés.

Autre chiffre important, la composition des travailleurs en terme d'âge. Nous parlons des travailleurs portugais et nous nous adressons en particulier aux nouvelles générations de travailleurs, ce qui est correct, mais il est nécessaire d'avoir à l'esprit que lorsque nous parlons de travailleurs, nous sommes en train de parler pour l'essentiel des nouvelles générations. En fait, dans la population active occupée, près de 60% des travailleurs ont moins de 45 ans et 31% moins de 35 ans. Quand nous parlons de travailleurs, nous parlons fondamentalement d'eux, puisque les générations les plus âgées, au-delà de 45 ans, représentent un peu plus de 40% du total de la population employée. Cette réalité croisée avec les événements marquants de ces dernières décennies révèle des mémoires historiques différenciées qu'il nous fait prendre en considération dans nos efforts pour l'organisation, l'unité et la lutte des travailleurs et pour le développement de sa conscience de classe et politique.

Un élément important est aussi la proportion de femmes dans l'ensemble des travailleurs. Le nombre de femmes au travail est à peine inférieur à celui des hommes, et dans d'importants secteurs d'activité et dans de grandes entreprises, elles sont largement majoritaires. Et au-delà de son poids dans l'effectif total des travailleurs, les femmes constituent la majorité des travailleurs qui se syndicalisent. Leur responsabilisation et leur participation est la condition nécessaire au renforcement de l'organisation des travailleurs et au renforcement du Parti.

Un autre élément important, c'est que la grande majorité des travailleurs se trouve dans de petites et moyennes entreprises (PME), ce qui exige, dans l'organisation des membres du Parti, sans cesser de chercher à constituer des cellules entre camarades d'une entreprise, le recours à la constitution de secteurs professionnels ou d'entreprise, ou à des cellules qui intègrent les travailleurs de diverses entreprises.

Cependant, il existe de grandes entreprises avec plusieurs milliers de travailleurs, soit concentrées soit partagées sur de multiples lieux de travail à l'échelle nationale, tout comme il se trouve de grandes concentrations de travailleurs sur un même lieu de travail ou zone, dans certains cas plus de 10 000, où se trouvent des travailleurs de différentes entreprises qui attendent des solutions d'organisation adaptées.

Ce ne sont que quelques exemples d'une réalité que nous devons connaître et continuellement mettre à jour, avec une conscience que les difficultés et les obstacles ne rendent pas les choses impossibles, que c'est dans ces conditions que nous devons agir et organiser, pour résister et avancer, en profitant des potentialités qui s'offrent à nous.

3.La priorité du renforcement de l'organisation et de l'intervention du Parti au côté de la classe ouvrière et des travailleurs, dans les entreprises et les lieux de travail a été inscrite aux conclusions du XVIIIème Congrès et dans la résolution du Comité central « En avant ! Pour un PCP plus fort » du 21 et 22 novembre 2009, fixant des orientations et des objectifs.

Consolider, responsabiliser et augmenter le nombre de cadres, y compris de permanents du Parti, qui prennent la responsabilité de cette tâche, en garantissant l'existence d'un responsable pour chaque entreprise ou secteur prioritaire.

Prêter une attention particulière et diriger nos efforts vers les entreprises qui comptent le plus de travailleurs et/ou d'importance stratégique ; constituer de nouveaux secteurs professionnels et d’entreprise et créer des cellules, en trouvant les formes les plus adaptées à chaque réalité.

Augmenter le nombre de militants organisés dans les entreprises et sur les lieux de travail, à partir de campagnes d'adhésions ciblées sur les travailleurs qui se distinguent, de l'insertion en priorité sur le lieu de travail des nouveaux militants et de la mutation de membres du Parti de moins de 55 ans.

Augmenter la présence du Parti dans les entreprises par l'édition régulière de documents, en particulier dans celles que l'on définit comme prioritaires.

4.C'est dans ce contexte que s'est organisée récemment une réunion nationale des cadres, pour l'échange d'expériences sur le travail du Parti dans les entreprises et sur les lieux de travail.

Une réunion qui a révélé un certain nombre d'expériences importantes de secteurs, de cellules, de travail et d'initiative de la part de nos organisations et militants.

Des expériences sur l'intervention et l'initiative pour développer le travail organisé du Parti, le contact régulier à la porte des entreprises et la manière dont les contacts noués contribuer à enraciner le Parti dans l'entreprise.

Des expériences sur le travail dans les entreprises ou les lieux de travail où se trouve un nombre limité de membres du Parti actifs ; l'action sur des lieux de travail avec une forte précarité et divers statuts contractuels ; la création et le fonctionnement opérationnel de cellules ; les formes d'organisation et de fonctionnement ; la structuration en termes d'organisation, de liens et de contacts dans des situations de divers secteurs, et leurs évolutions.

Des expériences sur les formes de liens avec les travailleurs, la propagande, l'information, l'agitation et la diffusion de la presse du parti, le travail et l'intervention de la JCP et des jeunes communistes et sur le recrutement et l'intégration de nouveaux militants, comme une tâche de la plus grande importance dans l'implantation, l'organisation et l'intervention du Parti.

Se pose la nécessité d'intensifier la prise de décisions à partir des Directions des organisations régionales, et l'implication de toutes les organisations du Parti dans ce travail.

Un travail basé sur l'effort, le dévouement, la créativité, le courage et le militantisme d'un grand nombre de militants du Parti pour construire un parti plus fort dans les entreprises et sur les lieux de travail. Toujours dans l'objectif de renforcer l'unité, l'organisation et la lutte des travailleurs et d'élever leur conscience de classe et politique. Toujours dans l'affirmation de l'idéal et du projet communiste.

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 08:45
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

allemagne pauvreté L'envers du « miracle allemand »: précarité généralisée et intensification de l'exploitation

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L'Allemagne est présentée comme un exemple exceptionnel de croissance économique et de lutte contre le chômage dans le contexte actuel de crise mondiale. En réalité, derrière le « miracle allemand », se trouve la veille recette capitaliste consistant à intensifier l'exploitation que subissent les travailleurs.

Les chiffres qui ont fait la une des gazettes indiquent qu'en 2011 ont été créés en Allemagne 535 000 emplois par rapport à 2010, faisant descendre le taux officiel à 6,8%, selon l'Agence fédérale pour l'emploi, le taux le plus faible depuis la soi-disant réunification.

Dans ce contexte de crise capitaliste mondiale, avec un impact particulier sur le niveau de chômage dans l'espace commun européen, les statistiques ont été présentées comme un élément d'un miracle ou, plus précisément, d'une formule dont, de façon explicite ou déguisée, on suggère l'application dans les autres pays qui cherchent une solution à la situation dans laquelle ils se trouvent.

Des spécialistes renommés (il y a toujours des spécialistes renommés qui commentent ces questions) comme un chercheur à l'Institut pour l'Economie mondiale, avec une analyse de marché digne d'une grande entreprise privée, garantissent que, en dépit de la crise, l'Allemagne continue à s'affirmer comme le moteur économique de l'Europe en raison de sa compétitivité en matière salariale et de sa capacité de diversification de ses exportations, notamment vers la Chine (BBC World, 3 janvier).

En réalité, cette prétendue capacité de dépassement/gestion, de la part du système, de ses propres contradictions, est contestée. La contradiction n'apparaît pas avec la même vigueur, mais elle laisse percevoir que de l'opulence des exploiteurs ne tombent même plus, comme il fut un temps, des miettes pour les exploités.

Selon l'économiste Julia Martínez, les statistiques de l'emploi masquent la réalité de la période que nous vivons. Dans un article publié dans Rebelion, la professeur de l'Université centro-américaine dénonce le fait que la base de ce « miracle » est l' « institutionnalisation et la généralisation de la précarité » présentée sous l'euphémisme de la flexibilisation du marché de l'emploi.

L'ingrédient principal de la recette, en 2011, fut ce qu'on appelle le micro-emploi, c'est-à-dire, la prolifération de contrats temporaires, d'un maximum de 80 heures par mois avec des salaires plafonnés à 400 euros, dénonce-t-elle.

Intensification de l'exploitation

L'an dernier, 7,3 millions de travailleurs se trouvaient dans cette situation, soit 25% de la population active, gagnant, en moyenne, 230 euros de revenus mensuels.

Avec 120 euros par tête au titre de la contribution à la Sécurité sociale ou aux fonds de pension, explique encore Martinez, le patronat est à l'origine d'une brutale dépréciation de la rémunération de la force de travail et s'assure de généreuses exonérations fiscales, prévues par ce type de contrats.

Pour le travailleur, il reste à ses frais la contribution volontaire à la Sécurité sociale ou aux fonds de pension, et des revenus de misère, qui, en Allemagne, sont de plus en plus garantis par les aides familiales et les allocations de l’État.

Pour l’État (l'ensemble des contribuables, dans leur majorité des salariés), il reste des milliers de travailleurs pauvres éligibles aux aides, bien qu'ils aient un emploi. A Berlin, un cinquième de la population dépend des aides de l’État pour survivre.

Dans la pratique, ce sont les fonds publics (à travers les prestations sociales et les cadeaux fiscaux aux entreprises) et l'intensification violente de l'exploitation de la main d’œuvre qui soutiennent le « miracle » allemand, conclut-elle.

Dans ce contexte, ajoute-t-elle dans l'article, il n'est pas surprenant que les indicateurs officiels, se référant également à l'an passé, affirment que les revenus des plus riches aient progressé en Allemagne huit fois plus que ceux des plus pauvres (OCDE) ; que se renforcent les inégalités et la pauvreté (Association d'assistance publique), et que les plus touchés par la précarité – femmes et jeunes – ne trouvent pas dans le micro-emploi l'intégration souhaitée vers des emplois à temps plein avec un salaire décent, mais précisément l'inverse (Ministère des affaires familiales, des personnages âgées, des femmes et de la jeunesse).

 

Source: Avante, organe du PC Portugais

Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 08:58
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

  • : Solidarité Internationale PCF
  • Solidarité Internationale PCF
  • : Le site publie des traductions de déclarations, communiqués, articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.
  • Contact
  • Partager ce blog
  • : Politique
  • Retour à la page d'accueil

Liens

Théorie

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés