Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 15:35

anagrama partido comunista venezuelaÉlections régionales au Venezuela : les communistes doublent leur score en faisant entendre leur voix dans le camp révolutionnaire

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Après les élections législatives du 7 octobre, les régionales du 16 décembre ont marqué un nouveau triomphe pour les forces révolutionnaires bolivariennes, conduites par le PSUV (Parti du socialisme unifié du Vénézuela) et soutenues par le PCV (Parti communiste du Vénézuela). Pourtant, les communistes n'ont pas tu leurs critiques et n'ont pas hésité à marquer leur indépendance.

 

Selon les chiffres publiés par le Conseil national électoral, la coalition du « Grand pôle patriotique » menée par le PSUV a remporté 56% des voix, ainsi que 20 des 23 États en jeu.

 

Seuls trois régions ont résisté à la marée rouge  : l'Amazone, Lara et Miranda (le deuxième État le plus peuplé du pays) qui restent entre les mains de l'opposition de droite.

 

Les candidats chavistes obtiennent leurs meilleurs scores dans les États du nord et de l'ouest : Sucre (60%), Yaracuy (61%), Apure et Cojedes (63%), Guarico (74%) et enfin Vargas (77%).

 

Pour ce qui est du Parti communiste vénézuélien (PCV), ce scrutin était également un test après le résultat historique obtenu en octobre : plus de 3% des voix, 500 000 votes et un statut consolidé de premier allié du président Chavez dans le processus révolutionnaire.

 

Les 250 000 voix obtenus par le Parti communiste confirment l'embellie. Rapportées à un scrutin où un vénézuelien sur deux ne s'est pas rendu aux urnes, le PCV confirme les 3% remportés lors du scrutin national d'octobre, avec une progression de 80% par rapport aux résultats des régionales de 2008.

 

Dans ce scrutin, le PCV s'est réaffirmé comme un allié fidèle dans le processus révolutionnaire, en soutenant les candidats du bloc révolutionnaire dans 19 des 23 États.

 

En termes électoraux, les résultats sont sans surprise, les scores oscillant dans le cadre de l'alliance PSUV-PCV entre 2 et 3%, montrant à la fois la réalité d'un vote communiste mais aussi les difficultés à se différencier de la puissance hégémonique du PSUV dans le «  Pôle patriotique  ».

 

Toutefois, le PCV a également présenté pour la première fois quatre candidats indépendants, le plus souvent dans le cadre de candidatures unitaires, ouvertes aux mouvements sociaux, dont il a pris la tête, dans les États d'Amazonie, Bolivar, Mérida et Portuguesa.

 

 

Pourquoi des candidats communistes indépendants ?

 

Aucun calcul politicien, électoraliste de la part des communistes. Seulement la constatation de l'incompatibilité entre le programme et l'idéologie communistes et certaines candidatures portées par le PSUV, elle-même manifestation des contradictions internes du processus révolutionnaire.

 

Chacune des candidatures fut motivé par le décalage entre ce que porte le mouvement révolutionnaire bolivarien et la politique concrète de certains gouverneurs.

 

Dans l’État d'Amazone, le parachutage de la ministre Nicia Maldonado a déçu les bases indigènes qui ont préféré élire dans le cadre des Conseils de base, Gregorio Mirabal, député indigène à l'Assemblée nationale, une candidature endossée également par le PCV.

 

Dans les États de Bolivar, Mérida et Portuguesa, la politique droitière, de conciliation avec la « nouvelle bourgeoisie » vénézuélien des gouverneurs du PSUV a alimenté une déception chez les franges les plus combatives de la classe ouvrière, et conduit le PCV à se présenter face au candidat du pouvoir.

 

Un exemple, le cas de Bolivar, où le gouverneur Francisco Rangel Gomez mène une politique droitière mêlant anti-communisme viscéral et politique de répression du mouvement syndical, clientélisme et corruption.

 

Dans une entreprise sidérurgique comme SIDOR, les travailleurs luttent depuis les années 2000 contre les manœuvres de la direction de l'entreprise et de l'exécutif régional visant à casser le syndicalisme de casse, à saboter la gestion démocratique de l'entreprise, et à instaurer des relations de type paternalistes avec le personnel.

 

En 2008, le conflit avait atteint son acmé : entre des travailleurs luttant pour la nationalisation de l'entreprise, et le gouverneur régional soutenant les patrons de l'entreprise pour réprimer le mouvement.

 

Les travailleurs avaient finalement obtenu la nationalisation, promulguée en 2008 par le président Chavez.

 

Ce n'est donc pas un hasard si le candidat communiste a bénéficié du soutien de nombreux comités de travailleurs d'entreprises actuellement en lutte dans l’État  : SIDOR donc (sidérurgie), Ferrominera (mines), VENALUM et ALCASA (Aluminium).

 

La raison d'être du Parti communiste reconnue par les électeurs : entre 5,5 et 14% pour les candidats du PCV

 

Force est de constater que les candidatures portées par le Parti communiste ont su représenter une alternative de gauche, révolutionnaire à la dérive droitière de certains gouverneurs  :

 

Si le candidat Amazonien a récolté 5,5% des voix, les candidats présentés seuls par le Parti communiste ont obtenu 8% dans l’État de Bolivar pour Manuel Arciniega, 10% dans l’État de Mérida pour l'ex-gouverneur Florencio Porras et enfin dans l’État de Portuguesa, Oswaldo Zerpa a recueilli 24,9% des voix dont 14% pour le seul PCV.

 

Sur ces quatre candidatures indépendantes, le PCV a gagné 100 000 voix, des scores inédits depuis que le PCV participe aux élections au sein du camp révolutionnaire.

 

Si la violence verbale des courants droitiers du PSUV a été inouïe, traitant les communistes de «  traîtres  », d' « agents de la droite fasciste  », le PCV a tenu bon et justifié son choix.

 

Carlos Aquino, membre du secrétariat national du PCV a ainsi parlé du vote « communiste comme un vote qualitativement différent, conscient de ce que représente le PCV dans la défense résolue des droits du peuple  ».

 

Aquino a souligné la dénonciation non seulement de la politique de certains gouverneurs PSUV mais aussi de dirigeants d'entreprises publiques qui « s'opposent aux revendications légitimes et justes des travailleurs et développent des politiques violemment anti-syndicales ».

 

Questionné sur la politique d'alliances du Parti, il a rappelé que l'unité « ne se caractérise pas seulement par le nombre d'organisations y prenant part, mais par le fait qu'elle sort d'un processus de construction collective, de débat, d'analyse critique et auto-critique, ce qui passe, si ces espaces d'échange politique n'existent pas, par le droit à monter des alliances alternatives qui reflètent mieux à notre avis l'objectif stratégique d'approfondissement de la révolution. »

 

Selon le PCV, les conditions avancent pour renforcer cette alliance « dans un processus de libération nationale qui ouvre réellement une perspective de conquête du socialisme, mettant le cap vers une société totalement libre et en plein développement  : le communisme. »

 

La conclusion est que le« PCV ne peut pas se contenter de petites alliances électorales, même s'il le voulait, car il est un Parti qui a une idéologie, portée par un militantisme et une politique permanente ».

Partager cet article

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Vénézuela - Révolution bolivarienne
commenter cet article

commentaires

Tom-Meursault 24/12/2012 16:11


La révolution bolivarienne n'est pas prête d'être vaincue. 20 Etats au PSUV, c'est une grande victoire, et Elias Jaua était à deux doigts de vaincre Capriles à Miranda. Cela montre une fois de
plus la détermination des travailleurs venezueliens à en finir avec le capitalisme. Car si c'est les candidats du PSUV ont hérités de la majorité des voix, c'est parce qu'ils sont vus comme les
candidats de Chavez, qui lui-même représente la révolution bolivarienne (cette personnalisation reste un des principaux problèmes de la révolution).
Mais les masses veulent accélerer le processus, et elles ont exercées une pression sur Chavez. Un exemple: le premier candidat pressent dans le Trujillo, Cabezas, a du être démis de sa fonction
par Chavez lui-même tellement il était impopulaire. Il a été remplacé par Rrangel Silva, bien plus proche de la base, et qui a obtenu plus de 80%.
Cette radicalisation est parfaitement illustrée par le succès des candidats du PCV. Ttous ont été soutenus par des organisations de classe (MEP-Tupamaro, CRV, ...). Les deux plus notables sont
Zerpa, qui a même réussi à reléguer l'opposition en 3e place, et surtout Arciniega. San cadidature était obligatoire, le candidat PSUV étant un opportuniste qui a été à l'opposition quelques
heures en avril 2002 lors du coup d'Etat. Arciniega a défendu le contrôle ouvrier, les nationalisation d'industries ainsi que la planification économique.
La bourgeoisie et l'impérialisme tente de détruire la révolution en l'absence de Hugo Chavez, opéré à Cuba. Certains secteurs au sein du PSUV y sont favorables, Cabello défenseurs des
bolibourgeois, par exemple. La présidentielle du 7 octobre avec ses 8 milions de voix à Chavez, et ces 20 Etats doivent inciter les masses à porter un coup fatal aux capitalistes. L'expropriation
des banques, moyens de productions et propriétaires fonciers, ainsi que l'établissement d'un Etat ouvrier, est la voie à suivre.
Vive la révolution latino-américaine !