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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 07:34

clausura04-580x399.jpgII ème sommet de la Chambre des États latino-américains (CELAC) à la Havane

 

Démonstration de solidarité avec Cuba face aux États-Unis

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce 28 et 29 janvier, le second sommet de la Chambre des Etats latino-américains (CELAC) se réunissait à la Havane : un succès pour Cuba socialiste, un camouflet pour les Etats-unis. Plus que jamais, les Etats latino-américains sont unis face à l'impérialisme nord-américain.

 

Cuba n'est pas seule, Cuba n'est plus isolée. A la Havane, les 31 chefs d'Etats réunis ont signé la « Déclaration de la Havane » en 83 points qui réaffirment la souveraineté des Etats latino-américains, la solidarité avec Cuba ainsi que la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

 

La CELAC a été créée en 2011 comme une alternative à l’Organisation des Etats américains (OEA), créée en 1948, dominée par les États-Unis, excluant depuis 1962 Cuba socialiste. Le 1er sommet de la CELAC s'est tenu à Caracas, en 2011.

 

Les hommages à Cuba et Fidel : d'Evo Morales à Dilma, de Rafael Correa à Ban Ki-Moon !

 

Troica_25-580x435.jpgLa semaine fut l'occasion d'une démonstration de solidarité avec Cuba grandeur nature. D'abord par les visites sollicitées avec le leader de la révolution cubaine, Fidel Castro, par les présidents de Bolivie, d'Equateur, du Brésil, d'Argentine, du Vénézuela, du Mexique ou du Surinam.

 

Ban Ki-Moon, secrétaire-général des Nations unies, a lui-même rencontré Fidel. Les deux se sont rejoints sur la perspective d'un monde de paix, de solidarité, de développement social.

 

Ban Ki-Moon a salué Cuba pour ses résultats en termes d'éducation, de santé, de développement social, soulignant son effort pour faire vivre la solidarité entre les nations ainsi que sa concrétisation des Objectifs du développement pour le Millénaire fixé par l'ONU en 2000.

 

raul-castro-marcha-antorchas-celac5-580x385.jpgLes chefs d'Etat vénézuélien, bolivien, uruguayen et nicaraguayen ont même accompagné Raul Castro à la tête du défilé de plusieurs dizaines de milliers de jeunes cubains lors de la « Marche des torches », hommage annuel au fondateur spirituel de la nation cubaine, José Marti.

 

Dernier acte symbolique, l'hommage rendu à Hugo Chavez – ami fidèle de Cuba – par Raul lors de son introduction repris dans la Déclaration de la Havane (« humaniste inlassable qui a lutté contre l'exclusion, la pauvreté et pour le développement de la région »), concrétisé aussi par l'édification d'un musée en son honneur, visité par l'ensemble des chefs d'Etat.

 

« Déclaration de la Havane » : solidarité avec Cuba et lutte contre l'impérialisme

 

Au-delà des hommages symboliques, la teneur des discours, les résolutions votées, l'impression d'unanimité lors de cette rencontre a marqué un pas nouveau dans l'affirmation du continent aux côtés de Cuba contre les tentatives d'isolement des Etats-unis.

 

Tout d'abord, tous les Etats ont exprimé leur gratitude formelle pour l'excellente organisation du Sommet et tous ont signé la déclaration de soutien à Cuba pour exiger le retrait du blocus américain imposé au mépris du droit international depuis 1962 (point 52 de la Déclaration).

 

De la même façon, la CELAC a demandé le retrait de Cuba de la liste des Etats terroristes selon les Etats-unis (point 41). On se souvient qu'il a fallu attendre 2008 pour que Mandela en soit retiré !

 

La déclaration publique réalisée par René Gonzalez, sous les ovations de la salle, est symptomatique de cet état d'esprit.

 

René est un des cinq Cubains condamné pour « actes terroristes » aux Etats-unis, alors qu'ils tentaient au contraire de déjouer des complots terroristes visant Cuba. René est le premier à avoir été libéré, en 2013.

 

L'essentiel des points soulignés par Raul Castro dans son discours introductif, mis au débat, ont finalement été adoptés dans la « Déclaration de la Havane ».

 

C'est tout d'abord la réaffirmation dans l'article 1 du droit « de chaque peuple à choisir sa forme d'organisation politique et économique », une claire référence à l'attitude américaine par rapport à Cuba.

 

Ensuite, c'est la proclamation de l'Amérique latine comme « Zone de paix » (article 53), l'occasion de rappeler les démarches positives vers la paix entreprises en Colombie entre gouvernement et FARC, sous l'égide de Cuba bien sûr (article 56).

 

L'insistance sur les problématiques sociales : la lutte contre la pauvreté, le travail des enfants, l'exclusion des amérindiens et descendants d'africains, la faim, l'analphabétisme, ainsi que la lutte pour une protection sociale, une santé et une éducation pour tous a été souligné dans plusieurs points de la déclaration.

 

La lutte contre l'impérialisme a également fait l'objet de plusieurs mises au point, d'abord par le rappel de la Résolution 1514 des Nations unies de 1960 pour que l'Amérique latine soit déclarée « territoire libéré de toutes colonies ».

 

Or, ce n'est pas encore le cas. Ce fut l'occasion de réaffirmer l'actualité de la lutte pour l'indépendance de Porto Rico (article 38), pour le retour des Malouines à l'Argentine (article 50) et le retrait des bases américaines dans la région ainsi que la création d'un continent libre de toute arme nucléaire.

 

« Le socialisme est possible, et Cuba en est la meilleure preuve » (Daniel Ortega)

 

Les hommages à Cuba se sont multipliés lors du Sommet, du bolivien Evo Morales et de l'équatorien Rafael Correa saluant le combattant de la révolution Fidel, le président vénézuélien Nicolas Maduro rappelant le lien indéfectible entre son pays et Cuba.

 

Le plus vibrant vient peut-être du compagnon historique, le leader de la révolution sandiniste au Nicaragua, Daniel Ortega : « la CELAC est un rêve, dans ce Cuba socialiste, libre, indépendante, solidaire, grâce à l'héroisme et la résistance d'un peuple. »

 

« Le socialisme est possible, et Cuba en est la meilleure preuve ».

 

Au-delà de ses calculs d'hégémonie régionale, que le Brésil, sixième économie du monde, ait apporté un soutien ouvert à Cuba lors du Sommet, appelé à un renforcement des échanges et demandé un soutien supplémentaire de médecins cubains, est un autre signe fort.

 

Quoi qu'il en soit, que les Etats latino-américains expriment en bloc leur solidarité avec Cuba marque une rupture : ce n'est plus Cuba qui est isolée en Amérique mais bien les États-Unis !

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 06:08

fidel-mandela.jpgRéflexion de Fidel : Mandela est mort, pourquoi occulter la vérité sur l'Apartheid ?



Réflexion de Fidel, 18 décembre 2013



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Peut-être que l'Empire a cru que notre peuple n'honorerait pas sa parole quand, en ces jours incertains du siècle dernier, nous affirmons que même si l'URSS venait à disparaître, Cuba continuerait à lutter.



La Seconde guerre mondiale a éclaté quand, le 1 er septembre 1939, le nazisme envahissait la Pologne et s'abattait comme la foudre sur le peuple héroïque d'URSS, qui donna 27 millions de vies pour sauver l'humanité de cette boucherie brutale qui coûta la vie à plus de 50 millions de personnes.



La guerre est, d'autre part, la seule activité tout au long de l'histoire que le genre humain n'ait jamais été capable d'éviter ; ce qui emmenait Einstein à répondre qu'il ne savait pas à quoi ressemblerait la Troisième guerre mondiale, mais que la quatrième se jouerait à coups de bâtons et de pierres.



Selon les données disponibles pour les deux principales puissances, États-Unis et Russie disposent de plus de 20 000 ogives nucléaires. L'Humanité devait savoir que, trois jours après l'arrivée au pouvoir de J.F.Kennedy aux États-Unis, le 20 janvier 1961, un bombardier B-52 américain, dans un vol de routine, qui transportait deux bombes atomiques avec une capacité destructrice 260 fois supérieure à celle utilisée à Hiroshima, subit un accident qui précipita son crash. Dans de tels cas, des équipements automatiques sophistiqués appliquent des mesures qui empêchent l'explosion des bombes. La première toucha le sol sans problème ; la seconde, sur les quatre mécanismes, trois échouèrent, et le quatrième, dans un état critique, n'a pas fonctionné non plus ; la bombe par pur hasard n'a pas éclaté.



Aucun événement présent ou passé dont je me rappelle ou j'ai entendu parler n'a eu autant d'impact sur l'opinion publique mondiale que la mort de Mandela ; et non pour son opulence mais pour la qualité humaine et la noblesse de ses sentiments et idéaux.



Tout au long de l'histoire, jusqu'à il y a à peu près un siècle et demi de cela avant que les machines et les robots, pour une dépense minimale en énergie, s'occupent de nos modestes tâches, il n'existait aucun des phénomènes qui aujourd'hui touchent l'humanité et régissent la vie de chacun : hommes et femmes, enfants et anciens, jeunes et adultes, agriculteurs et ouvriers, manuels et intellectuels. La tendance dominante est de s'installer dans les villes, où la création d'emplois, les transports et conditions élémentaires de vie, exigent d'énormes investissements au détriment de la production alimentaire et d'autres formes de vie raisonnables.



Trois puissances ont déposé des objets sur la Lune. Le même jour que Nelson Mandela, enveloppé dans le drapeau de son pays, était inhumé dans la cour de l'humble demeure où il est né il y a 95 ans, un module sophistiqué de la République populaire de Chine atterrissait sur le sol de notre Lune. La coïncidence entre les deux faits est pur hasard.



Des millions de scientifiques recherchent des matières et radiations sur la terre et dans l'espace ; on sait ainsi que Titan, un des satellites de Saturne, continent 40 fois plus de pétrole que ce que notre terre en contenait quand on a commencé son exploitation il y a 125 ans de cela, alors qu'au rythme actuel de consommation il sera épuisé dans moins d'un siècle.



Les sentiments fraternels de fraternité profonde entre le peuple cubain et la patrie de Nelson Mandela sont nés d'un fait qui n'a même pas été mentionné, et dont on n'a pas dit un mot pendant toutes ces années ; Mandela car c'était un apôtre de la paix qui ne désirait blesser personne. Cuba, parce qu'il n'a jamais réalisé aucune action à la recherche de gloire ou de prestige.



Quand la révolution a triomphé à Cuba, nous fumes solidaires des colonies portugaises en Afrique, dès les premières années ; les Mouvements de libération sur ce continent mettaient en échec le colonialisme et l'impérialisme, après la Seconde guerre mondiale et la libération de la République populaire chinoise – le pays le plus peuplé du monde – après le triomphe glorieux de la Révolution socialiste russe.



Les révolutions sociales ébranlaient les fondations du vieil ordre des choses. En 1960, on comptait déjà 3 milliards d'habitants. Dans le même temps, grandissait le pouvoir des grandes firmes trans-nationales, presque toutes américaines, dont la monnaie, soutenue par le monopole de l'or et une industrie intacte loin des fronts de bataille, devint maître de l'économie mondiale. Richard Nixon brisa unilatéralement le lien entre sa monnaie et l'or, et les entreprises de son pays partirent à la conquête des principales ressources et matières premières du monde, qu'ils acquirent avec le papier vert.



Jusqu'ici, rien qu'on ne connaisse pas déjà.



Mais pourquoi prétend-on occulter que le régime d'Apartheid, qui a tant fait souffrir l'Afrique et a indigné la majorité des nations du monde, était le fruit de l'Europe coloniale et qu'il devint une puissance nucléaire grâce aux États-Unis et Israël, un pays dont Cuba, qui soutenait les colonies portugaises en Afrique qui luttaient pour leur indépendance, a condamné ouvertement ?



Notre peuple, qui avait été cédé par l'Espagne aux États-Unis après la lutte héroïque qui a duré plus de 30 ans, ne s'est jamais résigné au régime esclavagistes qui lui fut imposé pendant près de 500 ans.



De la Namibie, occupée par l'Afrique du sud, partirent en 1975 les troupes racistes soutenues par des chars légers avec des canons de 90 mm qui pénétrèrent sur plus de 2 000 km jusqu'aux abords de Luanda, où un bataillon des forces spéciales cubaines – aéroportées – et d'autres troupes également cubaines à bord de chars soviétiques qui se trouvaient sur place, sans équipage, purent les contenir. Cela se produisit en novembre 1975, 13 ans avant la bataille de Cuito Cuanavale.



J'ai déjà que nous ne faisions rien en quête de prestige ou de quelque bénéfice. Mais c'est un fait bien réel que Mandela a été un homme intègre, révolutionnaire profond et radicalement socialiste, qui avec un grand stoïcisme a supporté 27 années de confinement solitaire. Je ne cessai jamais d'admirer son honnêteté, sa modestie et son énorme mérite.



Cuba a rempli ses devoirs internationalistes rigoureusement. Il défendait des points-clés et entraînait chaque année des milliers de combattants angolais au maniement des armes. L'URSS fournissait l'armement. Toutefois, à l'époque, nous ne partagions pas l'idée de notre conseiller principal soviétique. Des milliers d'angolais jeunes et bonne santé étaient constamment incorporés dans les unités de l'armée émergente. Le conseiller principal n'était, toutefois, pas un Joukov, un Rokossovski, un Malinovski et tous ces généraux qui firent la gloire de la stratégie militaire soviétique. Son idée fixe était d'envoyer des brigades angolaises avec les meilleures armes sur le territoire où était censé se trouver le gouvernement tribal de Savimbi, un mercenaire au service des Etats-unis et de l'Afrique du sud. C'était comme envoyer les forces qui combattaient à Stalingrad à la frontière de l'Espagne phalangiste qui avait envoyé plus de 100 000 soldats lutter contre l'URSS. Cette année-là, il se produisit une opération de ce type.



L'ennemi perçait les lignes des forces des brigades angolaises, touchées à proximité de l'objectif où elles avaient été envoyées, à 1 500 km de Luanda. Elles étaient chassées par les forces sud-africaines qui prenaient la direction de Cuito Cuanavale, vieille base militaire de l'OTAN, à 100 km de la 1ère brigade de chars cubains.



A ce moment critique, le Président d'Angola sollicita le soutien des troupes cubaines. Le Chef de nos forces au sud, le Général Leopoldo Cintra Frias, nous remit la demande, ce qui était habituel. Notre réponse ferme fut que nous apporterions notre soutien si toutes les forces angolaises sur ce front se mettaient sous commandement cubain, au sud de l'Angola. Tout le monde comprenait que notre demande était un pré-requis pour faire de cette base historique le champ de bataille idéal pour frapper les forces racistes d'Afrique du sud.



En moins de 24 heures, la réponse d'Angola était arrivée, positive.



On décida l'envoi immédiat d'une Brigade de chars cubaine jusqu'au point de ralliement. D'autres se trouvaient sur la même ligne, vers l'Ouest. L'obstacle principal était la boue et l'humidité de la terre pendant la période des pluies, un terrain qu'il fallait inspecter mètre par mètre pour le déminer. A Cuito, fut envoyé également le personnel pour occuper les chars sans équipages, ainsi que les canons qui leur manquaient.



La base était séparée du territoire qui se trouve à l'est par le puissant rapide fleuve Cuito, sur lequel se trouvait un solide pont. L'armée raciste l'attaqua désespérément ; un avion téléguidé bourré d'explosifs réussit à le toucher et à le rendre inutilisable. Les chars angolais en retraite qui purent se déplacer traversèrent le fleuve par un pont plus au Nord. Ceux qui ne se trouvaient pas dans les conditions adéquates furent enterrés, avec leurs armes dirigées vers l'Est ; une bande dense de mines anti-personnelles et anti-chars transformèrent la ligne en un piège mortel de l'autre côté du fleuve. Quand les forces racistes reprirent leur avancée et se heurtèrent à cette muraille, toutes les pièces d'artillerie et les chars des brigades révolutionnaires tirèrent depuis les points localisés dans la zone de Cuito.



Un rôle spécial était réservé auxchasseurs MIG-23 qui, à près de 1 000 km/h et à près de 100 m d'altitude, étaient capables de distinguer si l'artilleur était noir ou blanc, et tirait sans cesse sur ces derniers.



Quand l'ennemi usé et immobilisé dut battre en retraite, les forces révolutionnaires se préparèrent pour l'assaut final.



De nombreuses brigades angolaises et cubaines se déplacèrent à toute vitesse et à bonne distance vers l'Ouest, où se trouvaient les seules grandes allées d'où les sud-africains lançaient leurs actions contre l'Angola. L'aéroport était à près de 300 km de la frontière avec la Namibie, occupée totalement par l'armée de l'Apartheid.



Tandis que les troupes se réorganisaient et se ré-équipaient, il faut décidé en toute urgence de construire une piste d'atterrissage pour les MIG-23. Nos pilotes utilisaient le matériel aérien livré par l'URSS à l'Angola, dont les pilotes n'avaient pas du temps nécessaire pour suivre l'instruction nécessaire. Les pertes furent importantes, parfois occasionnées par nos propres artilleurs. Les sud-africains occupaient toutefois une partie de la route principale qui conduit du bord du plateau angolais en Namibie. Sur les ponts enjambant le puissant fleuve Cunene, entre le sud de l'Angola et le nord de la Namibie, commencèrent entre-temps les tirs de canons de 140 mm, dont la portée dépassait les 40 km. Le problème principal résidait dans le fait que les racistes sud-africains possédaient, selon nos calculs, entre 10 et 12 armes nucléaires. Elles avaient été testées, en mer ou dans les eaux gelées du sud. Le président Ronald Reagan l'avait autorisé, et parmi le matériel livré par Israël on trouvait le dispositif nécessaire pour faire exploser la charge nucléaire. Notre réponse fut d'organiser le personnel dans des groupes de combat de pas plus de 1 000 hommes, qui devaient se déplacer de nuit sur une vaste portion du territoire, et dotés de véhicules blindés anti-aériens.



Les armes nucléaires d'Afrique du sud, selon des rapports fiables, ne pouvaient pas être chargés sur des avions Mirage, elles nécessitaient des bombardiers lourds de type Canberra. Mais en tout cas, la défense anti-aérienne de nos forces disposaient de roquettes qui pouvaient frapper et détruire des objectifs aériens situés à plusieurs dizaines de kilomètres de nos troupes. Additionnellement, un barrage de 80 millions de m3 d'eau situés sur territoire angolais avait été occupé et miné par des combattants cubains et angolais. L'explosion de ce barrage aurait eu un effet équivalent à celui de plusieurs armes nucléaires.



Cependant, une centrale hydro-électrique qui utilisait les forts courants du fleuve Cunene, avant d'arriver à la frontière avec la Namibie, était utilisée par un détachement de l'armée sud-africaine.



Quand sur le nouveau théâtre d'opération les racistes commencèrent à tirer avec des canons de 140 mm, les MIG-23 frappèrent durement ce détachement de soldats blancs, et les survivants abandonnèrent leur poste laissant y compris certaines traces critiques envers leur propre commandement. Telle était la situation quand les forces cubaines et angolaises avancèrent vers les lignes ennemies.



Je savais que Katiuska Blanco, auteur de plusieurs ouvrages historiques se trouvaient sur place, avec d'autres journalistes et reporters. La situation était tendue mais personne ne perdit son calme.



C'est alors que parvinrent les nouvelles que l'ennemi était prêt à négocier. On était parvenu à mettre fin à l'aventure impérialiste et raciste ; sur un continent qui dans 30 ans aura une population supérieure à celle de la Chine et de l'Inde réunies.



Le rôle de la délégation de Cuba, à l'occasion du décès de notre frère et ami Nelson Mandela, sera inoubliable.



Je félicite le camarade Raul pour sa prestation brillante et, en particulier, pour la fermeté et la dignité dont il avait preuve quand il a salué le chef du gouvernement des Etats-unis et il lui dit en anglais : « Monsieur le président, je suis Castro ».



Quand ma santé limita mes capacités physiques, je n'ai pas hésité une seule seconde à exprimer ma préférence sur qui, à mon avis, devait assumer ma responsabilité. Une vie est une minute dans l'histoire des peuples, et je pense que celui qui prend aujourd'hui une telle responsabilité doit avoir l'expérience et l'autorité nécessaire pour faire le bon choix face à un nombre croissant, quasi infini, de variantes.



L'impérialisme aura toujours plusieurs cartes en main pour faire main basse sur notre île, dut-il la dépeupler, la priver de jeunes hommes et jeunes femmes, en lui offrant les miettes des biens et ressources qu'il pille dans le monde.



 

Qu'ils parlent maintenant, les porte-paroles de l'empire, sur comment et pourquoi a surgi l'Apartheid.

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 06:41

mandela-castro-copie-1-copie-1.jpgLa « dette » de Mandela envers Cuba : une contribution décisive à la chute de l’apartheid passée sous silence

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Etats-unis, France, Grande-Bretagne, Israël, que d’hommages hypocrites des complices de l’apartheid. Mandela, lui, était bien conscient de ses vrais amis, constants dans la lutte anti-apartheid : Cuba et la personne de Fidel y occupaient une place privilégiée.

 

Fidel et « Madiba » avaient un sens aigu de l’histoire. Leurs défenses lors des procès politiques dont ils étaient victimes prenaient comme seul verdict celui de l’histoire. « L’histoire jugera », elle a jugé.

 

Le camp qui portait la voix de la justice, de la vérité, de la raison était celui des combattants anti-apartheid. La reconnaissance aujourd’hui unanime du combat de Mandela, l’opprobre jeté sur le régime fasciste d’apartheid en sont la preuve tardive.

 

On oublie pourtant trop vite que dans ce camp ne se trouvaient ni les États-Unis, ni la Grande-Bretagne, ni la France, ni Israël. Au nom de la lutte contre le communisme, ces Etats ont couvert, cautionné, collaboré le régime d’apartheid jusqu’à la fin des années 1980.

 

On oublie trop vite que dans le camp opposé, le seul soutien extérieur indéfectible fut l’Union soviétique, le soutien intérieur inébranlable fut le Parti communiste d’Afrique du sud.

 

On se force à oublier qu’une petite République socialiste des Caraïbes, Cuba, n’a pas hésité à payer le prix fort d’une guerre de libération anti-coloniale en Afrique, sur une terre qui n’était pas la sienne, par pur « désintéressement » comme aimait à le rappeler Mandela.

 

Si seule la vérité est révolutionnaire, il est temps de rétablir certaines vérités.

 

Le choix de la lutte armée : l’inspiration cubaine

 

Derrière l’imagerie d’un Mandela « homme de paix » et « apôtre de la non-violence »,  certains cherchent à gommer le combattant Mandela, concevant la violence ou la non-violence comme des armes tactiques dans un objectif stratégique : la libération anti-coloniale

 

Mandela rappelait dans son autobiographie les débats au début de l’année 1960 au sein de l’ANC. Il fait partie alors de ceux qui défendent le passage de la lutte légale, non-violente, politique à la lutte clandestine, violente et militaire.

 

Laissons le révolutionnaire sud-africain parler :

 

« L’ANC avait fixé lors du procès pour trahison, entre 1956 et 1960, la non-violence comme un principe intangible, quelles que soient les circonstances. Je pensais le contraire : c’était une tactique qui devait être abandonnée quand elle ne marchait plus ».

 

Ainsi, en 1961, Mandela entre dans un débat avec son ami, dirigeant historique du Parti communiste, Moses Katane. Tandis que Katane incite à la prudence face à une décision lourde de conséquences, Mandela pousse pour le passage immédiat à la lutte armée.

 

Mandela se permet même de confier à Katane qu’il est proche de la position attentiste « du PC Cubain sous le règne de Batista », prenant lui exemple sur la position de Fidel. Après un long échange, Katane et Mandela tombent d’accord sur ce choix décisif.

 

Ensemble, ils arrivent au bureau de l’ANC et déjouent les réticences du chef de l’ANC, Alfred Luthuli, partisan résolu de la « non-violence ».

 

En 1961, est fondée la branche armée de l’ANC Umkhonto we Sizwe (« fer de lance de la nation »), sous la direction notamment de son camarade et ami, le communiste Joe Slovo.

 

Mandela rappelle dans son autobiographie avoir été fortement inspiré par les écrits de et sur Fidel et du Che, les échanges avec les dirigeants communistes cubains sur leur organisation clandestine dans la lutte contre Batista.

 

Encore dans l’écriture de son célèbre discours au procès de Rivonia en 1963, qui va le condamner à la détention à perpétuité, il est profondément influencé par le discours mythique de Fidel en 1953 : « L’histoire m’absoudra ». C’est ce que rappellent ses biographes.

 

Un régime raciste protégé par les pays occidentaux … face à la lutte anti-apartheid soutenu par le bloc communiste

 

Le régime d’apartheid a duré de 1948 à 1994. Réprouvé par les autres pays africains, condamné par l’Assemblée des nations unies, qui a permis à ce régime discrédité par son fondement de perdurer 46 ans ?

 

La Grande-Bretagne, les Etats-unis qui ont maintenu des relations étroites avec le régime, commerciales et financières, mais aussi politiques : l’Afrique du sud raciste était un rempart contre le communisme sur le continent africain.

 

En Afrique, le régime a maintenu des relations cordiales avec des dictatures sanguinaires – comme le Zaire de Moubutu ou la Centrafrique de Bokassa –, soutenu des rebellions meurtrières en Angola ou Mozambique, pour faire barrage au mouvement anti-colonial.

 

Les Etats-unis comme la Grande-Bretagne se sont toujours opposé à l’ONU à l’adoption de sanctions économiques contre l’Afrique du sud … alors que les Etats-unis imposaient un blocus injuste contre Cuba, à partir de 1962.

 

Encore à la fin des années 1980, Ronald Reagan et Margaret Thatcher qualifiait Mandela de « terroriste » et soutenait, via leurs services secrets, les aventures du régime d’apartheid. Mandela a été retiré de la liste américaine des terroristes dangereux … en 2008 !

 

Les relations avec Israël méritent aussi attention. La collaboration avec le sionisme n’a pas perturbé plus que cela le « Parti national », anti-sémite et philo-nazi dans les années 1930-40.

 

On peut être anti-sémite et sioniste : Jan Smuts, père de l’apartheid et premier ministre sud-africain en 1948, était l’ami personnel de Chaim Weizmann, premier président d’Israël, Smuts était un partisan acharné du sionisme dès les années 1930 …

 

mais il était aussi vice premier-ministre quand le régime sud-africain fit passer en 1937 l’ « Alien Act » qui limitait l’immigration juive, au plus fort de la répression en Allemagne nazie, au nom de leur « faible capacité d’assimilation » donnant le change aux Afrikaaners ouvertement anti-sémites.

 

Israël et l’Afrique du sud d’apartheid ont développé une relation privilégiée, avec de fortes connexions commerciales et militaires. Le développement de l’arme nucléaire israélienne n’a été possible qu’en étroite coopération avec le régime raciste sud-africain.

 

Face à ce « camp de la honte », seule l’Union soviétique s’est levée comme grande puissance contre le régime d’apartheid. Elle a entraîné en URSS des milliers de cadres de la branche armée de l’ANC, communistes ou nationalistes, pour lutter contre le régime.

 

L’aide cubaine décisive à la lutte anti-coloniale : la bataille d’Angola et le « Stalingrad africain »

 

Seule Cuba socialiste a versé son sang pour la libération du peuple sud-africain.

 

Rappel, en 1975, l’Angola accède à l’indépendance. Trois guérillas se disputent le pouvoir, le MPLA soutenu par les communistes, l’UNITA et le FNLA soutenus notamment par les États-Unis et Israël internationalement, l’Afrique du sud et le Zaïre localement.

 

Sur le terrain, le MPLA l’emporte, le triomphe de la révolution marxiste est imminente. En réaction, l’UNITA et le régime d’apartheid – déterminé à maintenir son joug colonial sur la Namibie voisine –  mènent une opération commune pour déposer le régime progressiste.

 

Cuba envoie 35 000 hommes sur place en 1976 (« l’opération Carlotta ») et repousse l’offensive, sauvant la révolution angolaise.

 

Mandela évoque en 1991 (voir ci-dessous), comment il a pris connaissance de l’aide apportée par Cuba au mouvement de libération angolais :

 

« J’étais en prison lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’aide massive que les forces internationalistes cubaines fournissaient à la population de l’Angola, une aide d’une telle ampleur qu’elle était difficile à croire, lorsque les Angolais ont été soumis en 1975 à une attaque coordonnée de troupes d’Afrique du Sud, du FNLA financé par la CIA, de mercenaires, de l’UNITA, et de troupes zaïroises.


En Afrique, nous sommes habitués à être victimes de pays qui veulent dépecer notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique d’un autre peuple qui se lève pour défendre l’un d’entre nous (…)

 

Pour le peuple cubain, l’internationalisme n’était pas un mot creux, mais quelque chose que nous avons vu mettre en pratique »

 

Dans les années 1980, les États-Unis, Israël apportent une aide massive à la guérilla de l’UNITA – à l’origine soutenue par la Chine – tandis que l’Afrique du sud reprend son offensive en 1981, poussant en 1987 le gouvernement angolais à bout de forces.

 

Cuba mobilise alors 50 000 hommes en défense de l’indépendance de l’Angola. En 1987-1988, se déroule ce que l’on a qualifié de « Stalingrad de l’Afrique », à Cuito-Cuanavale, une bataille acharnée entre troupes cubaines et armée sud-africaine.

 

Le régime de l’apartheid subit une défaite cuisante, se retire d’Angola puis de Namibie – contribuant à la décolonisation de ce pays puis du Zimbabwe, portant un coup politique décisif au régime qui chute six ans après.

 

Laissons encore Mandela parler avec lyrisme, toujours dans son discours de 1991, de l’aide cubaine à la chute du régime d’apartheid :

 

« Votre présence et le renforcement de vos forces lors de la bataille de Cuito Cuanavale fut d’une importance véritablement historique.


La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l’Afrique !

 

L’écrasante défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a offert la possibilité pour l’Angola de connaître la paix et de consolider sa souveraineté !


La défaite de l’armée raciste a permis au peuple en lutte de Namibie de finalement gagner son indépendance !


La défaite décisive des agresseurs de l’apartheid brisa le mythe de l’invincibilité des oppresseurs blancs !


La défaite de l’armée de l’apartheid fut une inspiration pour tous ceux qui luttaient à l’intérieur de l’Afrique du Sud !


Sans la défaite de Cuito Cuanavale nos organisations n’auraient jamais été légalisées !


La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a rendu possible ma présence ici aujourd’hui !


Cuito Cuanavale fut un jalon dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud !


Cuito Cuanavale fut le point tournant dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’apartheid ! »

 

En tout, plus de 400 000 Cubains ont combattu sur le sol angolais, 2 600 y ont laissé la vie.

 

1991 : le premier voyage de Mandela à l’étranger : « nous avons une dette envers Cuba »

 

Quel est le premier pays choisi par Mandela, après sa libération, pour saluer ses amis dans la lutte contre l’apartheid ? Cuba, naturellement.

 

Le 26 juillet 1991 *, il y prononce un discours hautement significatif, un hommage appuyé à « Cuba la révolutionnaire, Cuba l’internationaliste, celle qui a tant fait pour les peuples d’Afrique ».

 

L’hommage de Mandela y est alors appuyé au modèle socialiste cubain : « Nous admirons les acquis de la révolution cubaine dans le domaine de la protection sociale. Nous apprécions la transformation d’un pays d’une arriération imposée à l’alphabétisation universelle. Nous reconnaissons vos progrès dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la science. »

 

Tout comme « Madiba » souligne l’inspiration cubaine et le rôle de bastion anti-impérialiste de Cuba :

 

«Dès les premiers jours la Révolution cubaine a elle-même été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour préserver leur indépendance et souveraineté face à une campagne impérialiste féroce orchestrée pour détruire les avancées impressionnantes réalisées par la Révolution cubaine. »

 

Après avoir rappelé le rôle pionnier du Che Guevara dans la libération des peuples africains, Mandela évoque « le sentiment d’une grande dette envers le peuple cubain » :

 

« Quel autre pays peut se prévaloir de plus d’altruisme que celui dont Cuba a fait preuve dans ses relations avec l’Afrique ?

 

Combien de pays dans le monde bénéficient des travailleurs de la santé ou des éducateurs cubains ?

 

Combien d’entre eux se trouvent en Afrique ?


Quel est le pays qui a sollicité une aide à Cuba et se l’est vu refuser ?


Combien de pays sous la menace de l’impérialisme ou en lutte pour leur libération nationale ont pu compter sur le soutien de Cuba ? »

 

Que rajouter de plus ? Quand Bill Clinton enjoignait Nelson Mandela de lâcher son « vieil ami » Castro, Madiba lui répondit simplement : « On n’abandonne pas ceux qui nous ont aidé dans les heures les plus sombres de notre histoire ».

 

Cette simplicité, ce sens de la justice et de la vérité, cette fidélité, ce sont ces valeurs tant vantées au moment de sa mort que nous aimions chez Mandela.

 

Ce que nos médias ne disent pas, c’est qu’elles ont supposé pour Mandela revendiquer sa « dette » envers Cuba, et ne jamais lâché face aux relectures hypocrites de l’histoire de ceux « qui ne l’ont pas aidé », ceux qui furent les complices de ces bourreaux.

 

 

*Pour le discours de Mandela à La Havane, le 26 juillet, voir la traduction ici, sur le site du Grand Soir, sur laquelle nous nous sommes appuyés dans cet article

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 07:36

salud-cuba.jpgLe « Made in Cuba », c'est la santé : le secteur de la santé, premier poste d'exportation du système socialiste cubain

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Pour une fois, la nouvelle a percé le blocus médiatique français. Elle a certes été largement tronquée, mais elle est significative. Quand des pays comme les États-Unis, Israël ou la France exportent des armes, Cuba exporte ses médecins et ses médicaments.

 

Les médicaments sont le deuxième produit d'exportation cubain après le nickel, avec 600 millions de $. En dix ans, comme le souligne la dépêche de l'AFP reprise dans divers journaux, Cuba est passée de la « pénurie à l'exportation de médicaments ».

 

Le secteur de la santé est incontestablement le principal secteur d'activité cubain, prioritaire pour le gouvernement, ainsi que potentiellement le premier secteur d'exportation loin devant le tourisme, les cigares ou le sucre associés de façon folklorique à l'île.

 

Les chiffres sont controversés – si on y intègre l'aide médicale apportée par les médecins cubains, et les revenus générés par les échanges en nature – mais le secteur pourrait rapporter entre 3 à 6 milliards d'€ par an à Cuba.

 

En dépit de l'embargo américain sur les produits médicaux – soigneusement passé sous silence dans les médias – Cuba produit désormais les deux-tiers des produits consommés sur l'île, 583 des 881 produits disponibles dans le pays.

 

Le système cubain socialisé a permis le miracle dans un tel contexte de garantir à sa population l'accès gratuit à des soins de qualité, d'offrir aux populations du monde entier des soins médicaux en toute solidarité, tout en restant à la pointe de la recherche bio-médicale mondiale.

 

Cuba à la pointe de la recherche médicale mondiale

 

Le succès des exportations cubaines doit beaucoup à la priorité accordée par l'Etat cubain à la recherche dans les bio-technologies, l'industrie pharmaceutique et plus largement dans le secteur de la santé.

 

Ainsi, « BioCubaFarma », créée en 2012 de la fusion de l'entreprise productrice de médicaments et du pôle scientifique de biotechnologie, réunit 38 grandes entreprises et rassemble 20 000 travailleurs, chercheurs et scientifiques pour l'essentiel.

 

Grâce à ce nouveau pôle d'innovation de niveau mondial, Cuba a exporté 50 produits de bio-technologie et de l'industrie pharmaceutique dans une cinquantaine de pays, en 2012.

 

Cuba est à la pointe de la recherche mondiale dans les bio-technologies, en particulier dans la confection de vaccins.

 

En 2008, c'est à Cuba qu'a été élaboré le premier vaccin contre le cancer du poumon, dans le Centre d'immunologie moléculaire (CIM).

 

Le CIM a aussi mis en place un traitement révolutionnaire pour les tumeurs du cerveau, le « nimotuzumab », qui pourrait empêcher la progression de ses tumeurs cancéreuses, en limitant le fractionnement cellulaire.

 

Le scandale sanitaire qui touche l'université de Princeton, aux Etats-unis, nous fait prendre conscience qu'alors que les Etats-unis n'ont toujours pas développé de vaccin contre la méningite type B – faute de volonté politique et de priorité économique – Cuba, si !

 

Le vaccin cubain contre la méningite B, en service depuis vingt ans, est désormais utilisé dans toute l'Amérique latine, et a permis de vacciner près de 55 millions de personnes contre cette maladie potentiellement mortelle.

 

Le dernier médicament cubain contre le diabète, Heberprot-P, est sorti en août et a déjà été acheté par 14 pays, dont les géants émergents chinois et russes. Des projets de vaccins contre la choléra, et diverses formes de cancer, sont toujours à l'étude dans les centres de recherche cubains.

 

On le sait, car cela fait parfois la une des journaux mais Cuba est aussi une destination touristique pridée … des patients européens ou canadiens. 20 000 étaient à Cuba l'an dernier pour bénéficier d'opérations chirurgicales de haute précision en orthopédie, cardiologie ou ophtalmologie.

 

Les médecins cubains, une aide solidaire pour les pays du Tiers-monde

 

Ces prouesses fructueuses, répertoriées dans les articles de presse, ne doivent pas faire oublier que Cuba a toujours fait primer l'aide solidaire sur les profits égoïstes.

 

50 000 Cubains travaillent actuellement dans plus de 70 pays du globe pour soigner, vacciner, opérer les populations parmi les plus pauvres du monde. Cuba accorde aujourd'hui une aide médicale supérieure aux pays du Tiers-monde à celle de tous les pays du G-8 réunis !

 

Quelques exemples :

 

En Afrique, 4 000 professionnels de la santé aident aux campagnes de vaccination de masse. Dans 16 pays d'Afrique, le programme de lutte cubain contre la malaria a été appliqué avec succès. Au Ghana, le taux de mortalité du à la malaria a pu être baissé l'an dernier de 70 %.

 

En Amérique latine, dans un pays comme le Venezuela, l' « Operacion Milagro » a permis de traiter les problèmes de vue de près de 6 millions de Vénézuéliens. Le programme s'étend désormais à 12 autres pays du continent.

 

La mission « Barrio Adentro » au Venezuela, animée par les médecins cubains, a contribué à l'accès de plus en plus généralisé pour les habitants les pauvres du pays à des soins de santé. De 1995 à 2005, par exemple, le taux de mortalité infantile a baissé de 50 %.

 

Même un pays comme le Brésil, sixième puissance économique au monde, a sollicité dernièrement l'aide de 6 000 médecins cubains pour intervenir dans les régions les plus sinistrées du pays. L'OMS classe Cuba à la 39 ème place, le Brésil à la 125 ème.

 

Cuba a également toujours été prêt à apporter une aide aux victimes de catastrophe. C'était le cas d'abord en 1986 pour Tchernobyl, ce fut le cas pour l'ouragan Katrina aux Etats-unis en 2005 (refusée par le gouvernement américain), ou encore lors du tremblement de terre à Haiti, en 2010.

 

Cuba avait alors envoyé à Haïti une brigade d'intervention « Henry Reeve » de 3 000 hommes, installé une trentaine d'hôpitaux de campagne pour assister les sinistrés. Aujourd'hui encore, il reste 500 médecins sur place venant de Cuba, dont la moitié sont des haïtiens formés à Cuba.

 

Car l’École latino-américaine de médecine (ELAM) accueille chaque année de 10 à 15 000 étudiants venant de près de 50 pays, leur offrant une formation de haute qualité en échange d'un hébergement et de frais d'inscription totalement gratuits.

 

Au total, en plus de cinquante ans de la solidarité médicale : 135 000 médecins cubains ont prodigué des soins à près de 100 millions de personnes à travers la planète.

 

La réussite du système socialiste : de meilleurs résultats de santé qu'aux États-Unis … pour beaucoup moins cher !

 

Et pour le peuple cubain, les résultats du système de santé entièrement gratuit donnent le vertige.

 

Chaque année, Cuba forme plus de médecins (10 000) aujourd'hui qu'il n'en comptait au moment de la révolution, 6 000 en 1959. Avec 75 000 médecins et 1 médecin pour 160 habitants, Cuba connaît la plus forte densité de médecins du continent américain.

 

Une espérance de vie supérieure à 78 ans, un taux de mortalité de 4,5 enfants décédés pour 1 000 en font le pays d'Amérique latine avec les meilleurs indices de santé, selon l'OMS, dépassant même régulièrement les États-Unis, pourtant première économie du monde.

 

Aujourd'hui, contrairement à tous les autres pays du Tiers-monde, les problèmes de santé sont ceux de pays développés. Les premières causes de décès restent le cancer et les maladies cardio-vasculaires.

 

A noter que le système cubain, tout en assurant une densité d'offre de santé maximale, est un système bien moins coûteux que celui américain.

 

En 2006 Cuba investissait 350 $ par habitant et par an, soit 7 % du PIB, tandis que les États-Unis dépensaient 6 700 $ par habitant et par an, soit 15 % du PIB, tout en laissant près de 50 millions de ses concitoyens sans couverture santé.

 

Pendant qu'Israel est le quatrième exportateur d'armes mondial (7 milliards de $ en 2013), concurrençant la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, Cuba est un des leaders mondiaux du secteur de la santé : deux conceptions du monde strictement opposées !

 

Plus que jamais, vive Cuba socialiste !

 

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 07:37

1384607518000-AP-Princeton-President.jpgPanique à l'Université de Princeton aux États-Unis face à une épidémie de méningite ... qu'un vaccin cubain pouvait traiter !



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Article publié dans People's World, journal communiste américain



Les étudiants de l'Université de Princeton ont un problème, ils n'en sont pas responsables. Depuis mars, sept d'entre eux ont contracté une méningite due à un micro-organisme à méningocoque de type B. Des vaccins qui marchent contre les microbes causant la plupart des cas de méningite bactérienne sont déjà disponibles aux États-Unis, mais pas un vaccin capable d'empêcher une méningite à méningocoque de type B. La conséquence, c'est que les étudiants de Princeton sont en danger. 55 millions de doses du vaccin de type B ont déjà été administrés dans 15 autres pays, essentiellement en Amérique latine.



Le nom du vaccin est VA-MENGOC-BC, et il vient de Cuba. En raison du blocus économique anti-cubain, les exportations cubaines en direction des Etats-unis sont interdites.



La panique régnant à Princeton a conduit l'Administration américaine pour les médicaments et l'alimentation à autoriser les Centres de contrôle et de prévention des maladies à importer assez de vaccins de type B BEXSERO, développés par l'entreprise suisse Novartis, pour vacciner les 8 000 étudiants de Princeton. BEXSERO est nouveau et vient d'être déclaré prêt à l'usage dans l'Union européenne et en Australie.



La méningite, c'est une inflammation de la membrane enveloppant le cerveau ainsi que de la moelle épinière. Sans traitement de la méningite bactérienne, les dégâts sur les structures cérébrales sont probables et de nombreux survivants restent dans des conditions de handicap terribles. Même avec un traitement, 10 % des personnes infectées meurent. Les mêmes agents bactériens pathogènes peuvent être responsables d'infection de la circulation sanguine potentiellement mortelles. En 2000, les méningites ont causé 171 000 décès dans le monde entier, selon l'OMS.



Des vaccins existent, à usage préventif, contre les trois micro-organismes le plus souvent associés aux méningites bactériennes, la bactérie à méningocoque en faisant partie. Des vaccins sont disponibles aux Etats-unis pour lutter contre les quatre types de méningocoques. Il n'y a pas de vaccins aux Etats-unis contre le cinquième type, la forme de type B. Actuellement, les maladies de type B comptent pour un tiers des cas de méningites aux Etats-unis.



Le système de santé public cubain comprend non seulement des soins curatifs et préventifs mais aussi une industrie et une recherche bio-médicale. En réponse à une épidémie de méningite de type B qui a commencé en 1976, l'Institut Finley de Cuba, dirigé par le Dr. Concepcion Campa, a développé le VA-MENGO-BC, mené des essais, et lancé le vaccin en 1991.



Au plus fort de l'épidémie, l'incidence générale des méningites de type B étaient de 14,4 victimes pour 100 000 personnes. Le taux d'enfants de moins de 6 ans dépassait les 160 pour 100 000. Le taux général d'infection en 1989, avant l'introduction du vaccin, était de 6,5 pour 100 000. Il est tombé à 0,8 pour 100 000 en 1993 et à 0,2 pour 100 000 en 2006. Les observateurs du monde entier s'accordent à dire que la vaccin protège les individus et empêche la maladie de se propager. Les épidémiologistes ont rencontré des succès comparables dans d'autres pays, notamment au Brésil où des millions de personnes ont reçu le vaccin cubain. Les effets indésirables ont été minimes. Conformément à sa conception, le vaccin s'est révélé aussi efficace pour protéger contre les méningites de type C.



Les scientifiques ont éprouvé des difficultés à parvenir à un vaccin de type B utile, essentiellement parce que la matière dans la couche de polysaccharide du micro-organisme utilisée comme anti-gène potentiel était souvent non-reconnue comme matière étrangère par l'hôte humain. Par conséquent, ils ne parvenaient pas à stimuler la production d'anticorps protecteurs. Novartis se gargarise de son vaccin BEXSERO, pour la large gamme de protection de type B qu'il apporte, résultat de quatre nouveaux éléments anti-gènes utilisés dans sa fabrication. Les scientifiques cubains, toutefois, sont heureux de constater que cela ressemble à la protection que leur vaccin offre contre les souches de type B « qui diffèrent de la souche vaccinale ».



Outre les difficultés techniques nécessitant du temps et de l'argent supplémentaire, et de l'absence d'une épidémie à traiter, il n'est pas évident de comprendre pourquoi les Etats-unis n'ont jamais développé un vaccin contre les méningites de type B. Mais pourquoi Cuba l'a fait, cela devient clair quand on écoute l'explication du Dr. Concepcion Campa, elle date de 2007 :



« Cuba a une approche de la recherche qui ne prend pas seulement en compte la santé de la population cubaine mais aussi celle de la population mondiale, en particulier des plus pauvres (…) Dans de nombreux pays, y compris les Etats-unis, des enfants de tous âges meurent de méningite de type B. »



Quand l'intervieweur lui demande : « Quels pays utilisent le vaccin cubain ? Est-il vendu, donné ou échangé ? », Campa lui répond :



 

« Le vaccin a été donné à des pays africains, en Uruguay, où il y a eu une grosse épidémie, et il est utilisé dans des campagnes de vaccination au Brésil, en Colombie et dans d'autres pays. Concernant les ventes de vaccin, nous prenons généralement en considération où le vaccin sera administré. Ce n'est pas la même chose de vendre un vaccin au secteur privé, où cela va coûter les yeux de la tête, et à un système de santé public pour des campagnes de vaccination, ou quand il y a une épidémie (…) les Cubains ont en général un lien très spécifique car partout où il y a de la souffrance, c'est nous qui souffrons également (…) Les pays en voie de développement ont moins de possibilités de soulager cette douleur ».

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