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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 16:52

manifportugal.jpgAu Portugal, la lutte contre la casse de la fonction publique et l'intensification de l'exploitation ne connaît pas de trève estivale, à l'impulsion de la CGTP

 

Article AC/AJ pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

A l'instar de ce qui se produit en Grèce ou en Espagne, l'offensive coordonnée du gouvernement portugais et de l'UE contre les travailleurs ne connaît pas de trêve.

 

Après l'attaque directe contre les revenus des travailleurs, avec notamment la diminution des salaires des fonctionnaires en moyenne de 5%, une hausse de la TVA de 21 à 23% – couplée à un alignement de l'électricité et de certains biens essentiels sur ce taux plein – il s'agit désormais pour le gouvernement de droite portugais et de l'UE de poursuivre la casse du secteur public et d'intensifier l'exploitation des travailleurs portugais.

 

Parmi les « réformes structurelles » du gouvernement portugais, des modifications du « Code du travail » visant à contourner et vider de leur sens les conventions collectives.

 

Code d'exploitation, privatisations et casse de la fonction publique

 

« Un code d'exploitation », tel qu'il est dénoncé par la CGTP et les communistes, qui prévoit notamment le non-paiement des heures supplémentaires, la mise en place d'un système de « banque d'heures » négocié directement avec le travailleur ou encore l'autorisation des licenciements sans motif valable.

 

Si l'offensive de cet été concerne tous les travailleurs, du public comme du privé, elle touche plus lourdement un secteur public qu'il s'agit désormais de brader, pour les entreprises publiques, ou de démolir, pour la fonction publique.

 

Après la privatisation des très rentables entreprises publiques EDP (Électricité du Portugal) et REN (Réseau électrique national), et la vente des actifs publics à un prix cassé – près de 3 milliards d'euros pour respectivement 25 et 40% des deux entreprises à des investisseurs chinois – ce sont désormais la compagnie aérienne TAP et les Chantiers navals de Viana do Castelo qui sont menacés par cette politique de bradage du patrimoine public.

 

Dans la fonction publique, la réduction des budgets de secteurs-clés comme l’Éducation et la Santé ont des conséquences dramatiques sur la qualité du service et sur les conditions de travail ainsi que statutaires des fonctionnaires et des contractuels concernés.

 

Dans la santé, la baisse du budget de 800 millions d'euros conduit à une détérioration dramatique dans la prestation du service. Le Système national de santé (SNS), acquis de la révolution, qui a fait du Portugal un des pays en pointe en Europe dans le domaine de la santé, est démantelé faute de moyens.

 

Un démantèlement du SNS par ailleurs accompagné par le développement des partenariats public-privé (PPP), et la concession au privé des fonds du système de sécurité sociale des fonctionnaires (ADSE).

 

Conséquences immédiates de cette politique, les listes d'attente s'allongent, les lits manquent tout comme les médicaments. Dans le même temps, les patients paient plus cher pour un service public dégradé. Les déremboursements de médicaments se multiplient et les tickets modérateurs explosent. De 10 à 20 euros (+100%) pour un passage aux urgences entre 2011 et 2012.

 

Payer plus pour être soigné moins bien, la conséquence d'une politique de destruction de la santé publique qui va s'accentuer encore avec les coupes prévues par le gouvernement, et qui laisse aux cliniques privées un espace pour développer leurs activités lucratives.

 

Dans l'éducation, la réduction du budget de 600 millions d'euros en 2012 aura des conséquences similaires. 300 écoles devaient fermer en cette année 2012, avec des regroupements en de grands établissements scolaires, avec également une réforme générale du cursus scolaire qui prévoit la suppression de certaines discipline ou la diminution des heures de classe effectives.

 

La conséquence concrète est l'augmentation du nombre d'élèves par classe, ainsi que la menace de licenciement pesant sur 20 000 enseignants à la rentrée.

 

La lutte ne connaît pas de trêve pour les médecins, les professeurs et les infirmières !

 

Face à cette offensive estivale, les fonctionnaires ont pris le terrain de la lutte.

 

Plusieurs milliers de professeurs ont ainsi encerclé l'Assemblée de la République le 12 juillet dernier, à l'appel de la FENPROF (liée à la CGTP) dénonçant le fait qu'entre 15 et 20 000 enseignants se trouveraient sans classe à la rentrée, en raison des réformes gouvernementales, et donc menacés de se retrouver sans travail.

 

C'est en réalité l'idée même d'une éducation publique, gratuite et de qualité qui est remise en cause pour Mario Nogueira, secrétaire-général de la FENPROF :

 

« Aujourd'hui ce n'est pas seulement la fragilisation de l'école publique, c'est la perversion dans un premier temps et la destruction par la suite. Il y a un premier facteur d'ordre financier, c'est vrai, c'est pour cela qu'ils veulent licencier les professeurs ; mais il y a un facteur d'ordre idéologique qui passe par la réduction de l'accès à l'école publique aux pauvres, ceux qui n'ont pas la liberté d'en choisir une autre, celle des exclus. Une école de seconde catégorie ! »

 

Lutte dans l'éducation, lutte dans la santé également. Notamment celle des infirmiers et infirmières, menée par le Syndicat des infirmiers portugais (SEP) lié à la CGTP, contre le recours à des agences d'intérim pour le recrutement du personnel hospitalier. Une attaque contre le statut et contre les conditions de travail et salariales du personnel, avec un salaire horaire pouvant descendre jusqu'à 3,96 €.

 

Les infirmiers et infirmières de Lisbonne ont notamment monté un « hôpital de la protestation » le 20 juillet dernier pour manifester leur colère face à cette dégradation extrême de leurs conditions et cette mise en concurrence des travailleurs entre eux.

 

Mais c'est paradoxalement du côté des médecins portugais que la lutte a atteint un niveau jamais atteint depuis trente ans. Une grève de deux jours, les 11 et 12 juillet dernier à l'appel des deux syndicats des médecins, la FNAM et le SIM, appuyée par le puissant Ordre des médecins, et suivie à près de 95%.

 

Une grève portant sur une revendication immédiate, le recours à des entreprises privées de travail temporaire pour l'embauche de nouveaux médecins et l'équivalent de 1 700 emplois par an, mais qui s'inscrit dans une défense du SNS contre sa privatisation rampante.

 

Une attaque contre la santé publique ne laissant par ailleurs qu'aux infirmiers et surtout aux médecins portugais de plus en plus que des perspectives de carrière délaissant le public, entre cliniques privées et exil.

 

 

« Intensifier la lutte », la position décisive de la CGTP, syndicat de classe

 

 

Certes, le point de départ de ces luttes part de revendications spécifiques, de mobilisations parfois spontanées, touchant dans le cas des médecins des secteurs fortement marqués par le corporatisme, néanmoins l'existence d'un syndicat de classe majoritaire au Portugal, la CGTP, fortement influencée par le Parti communiste, joue également un rôle dans la construction d'un mouvement d'ampleur.

 

Contrairement aux positions attentistes et de « dialogue social » des ex-syndicats de classe de la CGIL en Italie ou des CC.OO en Espagne, la CGTP-IN au Portugal continue de prôner une ligne de lutte de classe.

 

A la fin du mois de juin, le Conseil national de la CGTP-IN a ainsi annoncé sa décision d'appeler à « l'intensification de la lutte pendant l'été » et à la convocation d'une assemblée plénière des syndicats début juillet qui a permis de fixer les lignes d'action et notamment de décider de l'organisation d'une « Quinzaine de lutte » qui a permis de lier les revendications des travailleurs du public avec celles de ceux du privé.

 

La persistance d'un syndicat de classe au Portugal, lié à un Parti communiste fort et combatif, perturbe sérieusement, comme en Grèce, les plans de la classe dirigeante portugaise et surtout européenne.

 

Forts de leur lutte, les travailleurs portugais ont déjà fait reculer le gouvernement sur plusieurs questions, notamment sur l'augmentation de la journée de travail d'une demi-heure dans le privé.

 

En s'appuyant sur une constitution progressiste, héritée de la révolution d'avril, les travailleurs du public ont obtenu gain de cause devant la Cour constitutionnelle sur la suppression des 13ème et 14ème mois.

 

L'issue du combat est encore incertaine pour les travailleurs portugais, face à l'offensive concertée de leur gouvernement, de l'opposition de façade socialiste et de l'UE. Mais, forts de l'appui de leurs organisations de classe : a luta continua !

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 23:25

654887ea-7447-11e1-97d7-3b2e2e7da35f-493x328Grève générale massivement suivie au Portugal et paralysie du pays à l'appel de la seule CGTP, « déterminée à continuer la lutte pour rompre avec cette politique »



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La lutte s'intensifie au Portugal, semaine après semaine, à l'initiative de la CGTP, premier syndicat du pays, syndicat de classe lié organiquement au Parti communiste portugais. Plus que jamais pourrait-on dire après l'élection à sa tête en janvier dernier au XIIe congrès de la CGTP, d'un membre du Comité central du PCP, Arménio Carlos.



Cette grève générale du 22 mars était préparée depuis des semaines, de « semaines de lutte » en journées d'action, elle devait être à la hauteur de la grève nationale inter-syndicale (CGTP/UGT) du 24 novembre, où 3 millions de travailleurs s'étaient mis en grève, et de la manifestation géante du 24 février, avec 300 000 manifestants dans les rues de Lisbonne à l'appel de la seule CGTP.


 

A l'appel de la seule CGTP, les attentes n'ont pas été déçues pour cette première grève générale de l'année. En ligne de mire, un accord inique signé entre le patronat et le syndicat réformiste, proche du PS, l'UGT. Une réforme du travail qui prévoit entre autres :



  • la dérégulation des licenciements, plus faciles et moins onéreux pour le patron;

  • la flexibilisation des horaires de travail avec l'instauration de la « banque d'heures »;

  • la baisse des salaires réels avec la minoration du paiement des heures supplémentaires;

  • la remise en cause du principe de la négociation collective;



Une adhésion massive dans tous les secteurs, transports et industrie lourde en tête



Les médias bourgeois n'ont pu occulter totalement le succès d'une grève dont les taux d'adhésion sont semblables à la grève du 24 novembre, pourtant convoquée par l'intersyndicale, et qui a paralysé partiellement, et dans certains secteurs, totalement le pays.



C'est le cas dans les transports, où le métro de Lisbonne a été fermé (100% de grévistes), une seule ligne fonctionnait au ralenti à Porto (90% de grévistes). Les tramways de Lisbonne étaient perturbés (50%), tout comme les transports urbains de l'Alentejo et du Ribatejo (70%). Le port de Lisbonne a également été fermé à l'activité, en ce qui concerne les transports de voyageurs.



Dans les services publics, l'adhésion a été massive, 70% aux télécoms ainsi qu'à l'énergie, entre 60 et 80% dans l'éducation nationale. Dans les principaux hôpitaux de la capitale, les services ont fonctionné au ralenti, à Dona Estefania la grève a été suivie par 93% des infirmières et 100% du personnel administratif, à Sao José par 84% des infirmières et 100% du personnel des urgences.



Dans le secteur privé, en dépit des intimidations et du chantage patronal,la grève a été massivement suivie dans les principaux sites industriels du pays: 60% au site Citroen de Setubal, 70% aux chantiers navals de Setubal, 85% à l'usine Parmalat de Palmela, 85% à St-Gobain (Loures) et enfin 100% à l'usine Bosch de Braga.



Pour la CGTP, « la lutte doit continuer », pour l'UGT « il ne faut pas rechercher le conflit pour le conflit »,l'affrontement de deux lignes syndicales au Portugal ?...



Lors de son discours de clôture qui concluait à Lisbonne une des 35 manifestations convoquées dans tout le pays, le sectétaire-général de la CGTP Arménio Carlos a salué le succès de la grève, une étape pour lui dans un mouvement qui se construit progressivement : « Nous ne sommes pas disposés à capituler, et nous allons continuer à lutter ».



Loin de toute perspective de conciliation, le dirigeant syndical communiste a affirmé avec détermination : « L'avenir passe par la rupture avec ces politiques qui sont poursuivies actuellement ».



Le discours tranche avec la position de l'UGT, signataire de l'accord ignominieux avec le gouvernement sur la réforme du marché du travail. Le secrétaire-général de l'UGT, João Proença avait refusé de participer à une « simple grève de contestation ».



« Il s'agit d'une stratégie bien pensée par la direction de la CGTP, ils veulent la lutte pour la lutte, la confrontation pour la confrontation ».


L'UGT reproche donc au CGT d'être un syndicat de lutte de classe, et le secrétaire de l'UGT affiche clairement sa ligne réformiste : « Nous, nous avons un objectif clair, renforcer le dialogue social ».



... Ou l'affrontement de deux lignes à l'échelle européenne ?



Mais est-ce que cet affrontement entre une ligne de lutte de classe et une autre de concertation est réductible au Portugal ?


Au même moment, des réformes du marché du travail sont en cours en Espagne et en Italie. En Espagne, l'UGT et les CC.OO ont jusqu'alors canalisé la colèrepar des manifestations le samedi et le dimanche, en Italie, Susanna Camusso, secrétaire de la CGIL, participait aux négociations avec le gouvernement et le patronat pour corriger la réforme du travail.



Il convient d'avoir en tête la déclaration d'Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières et président de la CES (Confédération européenne des syndicats) après les manifestations du 19 février : « Les syndicats ne cherchent pas l'affrontement, mais bien la rectification de la réforme du travail,et visent à offrir un exutoire aux citoyens, afin qu'ils expriment leur opposition à cette politique de coupes et de licenciements que tente d'imposer le Gouvernement ».Une position étrangement semblable à celle du syndicat UGT au Portugal.



Depuis, sous la pression des bases syndicales, une journée de grève générale a été convoquée en Espagne, le 29 mars, et en Italie. Dans le cœur capitaliste, par contre, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, l'attaque contre les droits sociaux des travailleurs, à une échelle encore inégale, ne rencontre aucune résistancede la part des directions syndicales.



Cette apathie générale du mouvement syndical européen n'est pas un hasard, elle correspond à la ligne européenne promue par la CES, dont la clé peut se trouver dans un texte signé en décembre 2011 par 8 dirigeants syndicalistes européens (de Ignacio Fernandez Toxo à François Chérèque, de Susanna Camusso à Bernard Thibault), un plaidoyer pour l'Europe sociale qui se conclut par un appel à agir « dans un cadre commun européen pour ainsi renforcer le dialogue social ».



Ce n'est pas non plus tout à fait un hasard si les principaux foyers de contestation aujourd'hui en Europe se trouvent au Portugal et en Grèce,deux pays où les Partis communistes sont restés sur des positions de classeet ont conservé un lien organique avec des syndicats de masse comme le PAME et la CGTP.



Au Portugal et en Grèce, la lutte continue, ailleurs elle n'a pas encore commencé.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 16:47

3029La plus grande manifestation de ces trente dernières années au Portugal : 300 000 manifestants à l'appel de la CGTP à Lisbonne contre les nouvelles mesures d'austérité

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    300 000 manifestants sont descendus dans les rues de Lisbonne ce samedi 11 février, à l'appel de la seule CGTP, pour dire Non à une nouvelle déclaration de guerre contre les travailleurs portugais.

    La manifestation, partie de la Place des Restaurateurs vers le Terreiro do Paço, une des plus grandes places d'Europe, est selon le secrétaire de la CGTP, « la plus grande manifestation de ces trois dernières décennies ».

    En ligne de mire des manifestants, les mesures dites d'austérité proposées par le nouveau gouvernement de droite, avec l'accord du PS qui a mis en œuvre les quatre plans d'austérité précédents, et imposées par la « troïka » BCE/Union européenne/FMI.

    Le nouveau gouvernement a déjà fait passé fin 2011 une nouvelle hausse de la TVA, la suppression des treizième et quatorzième mois pour les fonctionnaires, la concession de parts de l’État dans diverses entreprises publiques (électricité, caisse des dépôts) ou encore de nouvelles exonérations de cotisations patronales.
   
    En ce début d'année 2012, il avait fait de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure par jour (soit trois heures par semaine) sa mesure phare. Confronté à une résistance de plus en plus forte dans les entreprises, matérialisée par la grève massivement suivie du 24 novembre, le patronat a reculé sur cette mesure pour mieux avancer sur son agenda de casse sociale.

Objectif de la CGTP : retrait de l'accord inique signé entre le patronat et l'UGT dans le cadre du « dialogue social »

    Si le mot d'ordre général de la manifestation porté par la CGTP était « Non à l'exploitation, aux inégalités et à la paupérisation », le premier syndicat portugais avait fixé un objectif plus concret : obtenir le retrait de l'accord-projet de loi signé en janvier 2012 entre le patronat et le deuxième syndicat portugais d'obédience social-démocrate, l'UGT.

    Accord qui feint un recul patronal sur la hausse du temps du travail pour avancer sur la dérégulation des licenciements, devenus plus faciles et moins onéreux pour le patron, la flexibilisation des horaires de travail avec l'instauration de la « banque d'heures », la baisse des salaires réels avec la minoration du paiement des heures supplémentaires ou encore la remise en cause du principe de la négociation collective.

    Le nouveau secrétaire-général de la CGTP, Arménio Carlos, a appelé à la lutte pour le retrait du projet de loi : « Cet accord récent de concertation sociale est une des plus grandes arnaques du siècle ! Mais cet accord n'a pas force de loi, il nous faut donc le combattre de toutes nos forces pour obtenir son retrait ».

    Le mot d'ordre « A luta continua ! » scandé par les manifestants a trouvé un écho dans la conclusion du discours du dirigeant syndical portugais pour qui la perspective est celle de « la mobilisation générale, pour informer les travailleurs, agir et lutter sur tous les lieux de travail contre ces mesures de recul social et civilisationnel ».

La CGTP et les communistes en première ligne de la lutte contre « le pacte d'agression »

    La nouvelle trahison de l'UGT, syndicat de tradition socialiste qui avait fait passer les plans d'austérité du gouvernement Socrates, n'est pas une surprise mais reste éclairante sur les divergences entre un syndicat réformiste qui privilégie le « dialogue social » et un syndicat de classe comme la CGTP, qui construit la lutte pour mettre en échec les plans d'austérité successifs.

 cartaz12congresso.jpg   Le XIIème Congrès de la CGTP, qui s'est tenu les 27 et 28 janvier dernier a réaffirmé la ligne de lutte que se donne le syndicat pour les semaines à venir :

1) Le choix de la lutte pour mettre en échec les nouvelles mesures d'austérité négociées entre patronat,


2) Unité d'action à la base plutôt qu'accords de sommet ;


3) Alternative politique pour un « Portugal développé et souverain – un travail avec des droits » insistant entre autres sur la rupture avec la politique de l'UE et sur des nationalisations démocratiques ;

    Dans le respect de l'indépendance du premier syndicat portugais, la Conférence a également marqué un nouveau rapprochement entre la CGTP, et son parti historique de référence, le PCP, avec l'élection à la tête de la centrale syndicale d'un dirigeant du Parti communiste, Arménio Carlos, membre du Comité Central du PCP.

    La CGTP a déjà annoncé qu'elle continuerait à construire la mobilisation, avec la poursuite des actions locales coordonnées nationalement dans le cadre de la campagne des « Semaines de lutte », avec la journée européenne du 29 février comme étape d'une mobilisation plus large, construite entreprise par entreprise mais avec une perspective de lutte nationale.

    Selon le secrétaire-général du Parti communiste portugais, Jeronimo de Sousa, la seule voie est aujourd'hui celle de « la lutte de masses : lutte contre l'exploitation, lutte contre ce pacte d'agression, une lutte chargée d'espoir ».

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:39

ng1683962Entretien avec Jeronimo de Sousa, secrétaire-général du PC Portugais

 

« L'alternative naîtra de la lutte de masse »

 

 

 

Traduction AC (extraits) pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



En 2012 entreront en vigueur les mesures inscrites dans le Mémorandum signé par la troïka nationale (PS/PSD/CDS) avec la troïka étrangère (FMI/UE/BCE), que le PCP a désigné dès le départ comme un pacte d'agression. Quelles conséquences peut-on attendre de l'approfondissement de la politique menée ?


Ces mesures, une fois effectives, se traduiront par plus de récession, d'endettement, de chômage et d'injustices. Contrairement à ce que le Gouvernement affirme et annonce, le Pays sera dans une situation pire en 2012 et encore pire en 2013, si on va au bout de la période couverte par le pacte d'agression. Voilà pourquoi nous estimons que la mise en échec de ce pacte constitue un impératif national.

Le gouvernement justifie toutes ces mesures par la nécessité de réduire le déficit et de payer la dette. Dans le cas spécifique des lois sur le travail, quel rapport avec la dette et le déficit ?

Cela n'a rien à voir avec le déficit ni avec la dette, et encore moins avec les problèmes de compétitivité et de productivité de l'économie nationale, qui passent moins par le facteur que par le facteur capital. Ces modifications proposées sur la législation du travail, également prévues dans le pacte d'agression, révèlent crûment la nature de classe de ce Gouvernement et son objectif qui est d'intensifier l'exploitation des travailleurs.

La proposition d'augmenter le nombre d'heures de travail (une demi-heure par jour), tout en étant la plus injuste, ne peut pas être dissocié d'autres qui sont sur la table et qui visent à rendre moins onéreux et plus aisés les licenciements, à s'attaquer aux jours chômés, aux congés, et aux heures supplémentaires et des tentatives de réduire voire de supprimer la négociation collective. De façon très synthétique, nous pouvons dire que le gouvernement veut faire travailler les travailleurs plus tout en gagnant moins et en ayant moins de droits.

Sur l'augmentation des heures de travail, j'attire votre attention sur le fait que le Gouvernement a commencé à hésiter et les confédérations patronales ont fait le bilan. Ils envisagent déjà de laisser tomber la demi-heure en plus et tentent d'atteindre les mêmes objectifs par d'autres moyens, notamment en étendant le travail non-payé.

Sans s'endormir sur nos lauriers, si le recul ne venait à se confirmer, nous pouvons affirmer que ce recul est issu de la lutte, en particulier de la grève générale. Le patronat a compris qu'il allait devoir mener la guerre dans les entreprises et sur les lieux de travail, qu'elle durerait des mois et des années, jusqu'au retour à l'ancien système horaire sans perte de salaire.

La lutte doit continuer ! La manifestation convoquée par la CGTP-IN du 11 février, à Terreiro do Paço, prend une importance extraordinaire, car en dépit des périls qui pèsent sur nous, il est toujours possible de remporter des victoires. Parfois, résister est déjà une victoire.

Il y a ici une contradiction sur laquelle il serait bon de réfléchir. Les économistes et les conseillers du Gouvernement savent que ces mesures ont un caractère récessif, et pourtant ils les adoptent. Comment se justifient cet entêtement dans ces solutions ?

Cela se justifie par la nature de classe de cette politique. La droite et le capital n'ont jamais accepté la concession de parcelles de leur pouvoir, les droits gagnés par les travailleurs, et il considère que le moment est venu pour en finir avec la révolution d'Avril, avec toutes les transformations et tous les acquis, et ils ont déclenché cette offensive. A strictement parler, il ne s'agit pas d'une simple offensive, car, si nous nous rafraîchissons un peu la mémoire, nous constatons que, durant ces trente dernières années, il y a toujours eu une offensive, des réformes successives avec le même discours sur la compétitivité et la productivité, la flexibilisation. Ce sont les mêmes vieilles propositions depuis plus de trente ans.



Rester ou sortir de l'euro ? Il faut faire le bilan de tout ce que le Portugal a perdu avec la monnaie unique



Le PCP fut contre l'adhésion du Portugal à la monnaie unique, mais aujourd'hui de nombreux économistes, et pas eux uniquement, reconnaissent les conséquences négatives de l'adhésion et certains vont même jusqu'à défendre la sortie du Portugal de l'euro. La sortie de l'euro, et même de l'Union européenne, est-elle une hypothèse à prendre en compte ?

En premier lieu, l'expérience a confirmé non seulement notre critique tout comme nos mises en garde et notre analyse par rapport aux conséquences de l'adhésion du pays à la monnaie unique et à l'intégration européenne. Quant à notre sortie ou à notre maintien, le positionnement du parti sur cette question découle des décisions de congrès et notre prochain Congrès, le XIXème, analysera certainement la question et prendra les décisions qui s'imposent.

La crise du capitalisme et de l'Union européenne, les conséquences pour notre pays de ce processus d'intégration, le niveau de destruction de notre appareil productif, le contenu des traités successifs et les décisions du directoire des grandes puissances allant dans le sens de l'ingérence, de l'aliénation de notre souveraineté, sont des processus encore inachevés. Ce sont bien des questions qui nécessitent une réflexion approfondie. Plus qu'une réponse laconique à une question synthétique, telle qu'elle fut formulée, il nous faut bien peser toutes les conséquences.

Tous ces traités et ces décisions dont tu as parlé, ont causé du tort à des pays comme le Portugal au bénéfice des grandes puissances...

Le sentiment que j'ai est que l'Union européenne, en particulier des pays comme l'Allemagne voire la France, nous ont dépecé et maintenant ils sont prêts à nous ronger les os. Particulièrement, si on considère le niveau élevé de destruction de notre agriculture, de notre pêche, de notre industrie, notamment de l'industrie lourde, qui a permis que notre production nationale soit remplacée par des importations. Et cela s'est produit au bénéfice de l'Allemagne, fondamentalement.

Ainsi, la question de la sortie ou non de l'euro et de l'Union européenne même ne doit pas être un acte soudain, mais notre pays doit également ici se placer dans la position du créancier, car – même en n'occultant pas la responsabilité des gouvernements de droite successifs – la monnaie unique fut un désastre pour notre pays. L'approfondissement du débat dans la phase préparatoire au Congrès devra certainement prendre en compte ces deux questions.

Une chaîne de grandes surfaces, pour vendre ses produits, en est revenu à faire la comparaison avec les prix en escudos, car tout le monde estime que le passage à l'euro a conduit à une augmentation brutale des prix. Tu penses qu'il existe une sensibilité à un retour à l'escudo, ou au pouvoir d'achat de l'escudo ?

Il est évident qu'avec l'intégration à l'euro, le Portugal a perdu sa flexibilité monétaire et, dans de nombreux cas, il est pieds et poings liés. Dans un cadre de développement inégal, notamment en comparaison avec les pays de grande capacité productive, les pertes induites par cette intégration sont importantes. Lissées par les aides communautaires qui nous sont parvenues. Par pour tout le monde, seulement pour une poignée.

Cela nous a conduit à une conception terrible : que le Portugal n'avait pas besoin de produire, pas besoin d'agriculture, de pêche ou d'industrie car il se trouvait dans l'Union européenne. Je me rappelle de Cavaco Silva, alors premier-ministre, disant que le Pays n'avait pas besoin de produire car ici, à côté en Espagne, tout était produit.

Voilà d'où vient ce sentiment qui monte souvent, même chez des personnes qui ne maîtrisent pas les politiques monétaires et de change, mais qui voient la réalité et perçoivent que l'intégration dans l'euro fut une corde à laquelle on a voulu nous attacher. En cela, la question de la sortie de l'euro (ou de l'expulsion, comme la question est posée désormais) ne peut être un acte d'acceptation passive. Notre pays doit s'assurer que tant dans une éventuelle sortie que dans son maintien, on fasse le bilan de ce que le Portugal, comme pays, a subi comme diktats associés à l'adhésion à l'euro.

Puisque nous parlons de renforcement du fédéralisme et du directoire des grandes puissances, cela vaut la peine de rappeler que nous avons deux pays de l'Union européenne, l'Italie et la Grèce, avec des gouvernements qui ne sont pas issus des élections et on sait depuis un certain temps que la chancelière allemande a appelé le président italien pour pousser Berlusconi à la démission...

Cela démontre bien que pour le capital, les élections et leurs résultats ne sont bons que lorsqu'ils servent ses objectifs. Et cela pose des questions de démocratie, même au sein d'une démocratie bourgeoise. Ce que nous sommes en train de voir, c'est que le capital, quand ses partis politiques ne le servent pas bien, cherchent des solutions anti-démocratiques, ou tout du moins non issues de la volonté des peuples.

La principale leçon que nous pouvons en tirer, c'est que le capital, pour atteindre ses objectifs, n'a que faire des moyens et ne voit les élections que comme un instrument dans ses intérêts. Autrement dit, il s'en sert et quand elle ne sert plus, il impose d'autres solutions, comme celles imposées en Grèce et en Italie.

 

Ce qui paraît éternel peut être transformé



Le Parti en a appelé à la lutte populaire contre le pacte d'agression et à travailler au développement d'un « vaste mouvement populaire qui fasse converger toutes les couches anti-monopolistes, tous les démocrates et les patriotes » vers cet objectif. C'est cette perspective que le PCP propose aux travailleurs et au peuple ?

Une première réflexion : il est naturel qu'il y ait certaines personnes qui, en partant de la réalité et des complexités de la situation actuelle, aient tendance à sous-estimer les potentialités et à sur-estimer les difficultés, en restant bloqués dans l'idée qu'il n'y a pas d'alternative ou en étant tentés par la fuite en avant.

Nous considérons que ce sera la lutte des travailleurs, en convergence avec les masses populaires et avec d'autres couches anti-monopolistes, qui créeront les conditions de la rupture avec ces politiques de droite et que de cette rupture sortira une politique alternative, patriotique et de gauche et une alternative politique capable de la matérialiser.

Notre proposition ne porte pas de date d'application, elle n'est pas non plus un cadre plaqué sur la réalité, dans la mesure où nous nous trouvons devant un processus socio-politique vivant, dans lequel la conscience, la créativité et la combativité des masses sera toujours le facteur décisif et déterminant. Pour un communiste, le plus important actuellement est de lutter pour triompher du violent pacte d'agression, en ayant toujours en tête qu'une telle lutte est inséparable de l'exigence d'une politique patriotique et de gauche et de la réalisation du programme du PCP d'une démocratie avancée et de notre projet de construction du socialisme au Portugal.

Quand on lance un appel aux « démocrates » et aux « patriotes », cela signifie un appel à l'unité avec le PS ?

Concernant les forces qui peuvent la composer et créer les conditions de cette alternative politique, nous défendons le développement des luttes sociales, la convergence de vastes couches sociales, avec les travailleurs comme moteur de cette lutte.

Quant aux forces politiques, que pouvons-nous dire ? Qu'aujourd'hui le PS est profondément compromis avec les politiques de droite et le pacte d'agression. Mais cela suppose-t-il que de nombreux démocrates et patriotes, électeurs du PS, doivent être laissés à l'écart de ces luttes, si on prend en compte qu'il subissent dans leur chair cette offensive ? Nous considérons que non.

Mais pour ce qui est de la direction du PS, elle est compromise, par choix, dans ce pacte d'agression, comme elle était compromise dans le budget d’État d'où émanent ces mesures, elle ne va pas dans le sens de cette rupture et de changement, de cette politique patriotique et de gauche que nous proposons.

Concentrons-nous désormais sur la « politique patriotique et de gauche » que défend le PCP. Quel est son contenu ?

Le premier contenu, comme je l'ai déjà dit – et j'insiste – c'est que sans rupture, il n'y a pas de changement politique telle que nous le portons. La première question est, donc, notre lutte pour la rupture avec le cap du désastre.

Quant aux objectifs de cette politique patriotique et de gauche, il est fondamental avant tout que notre pays retrouve le chemin de la croissance et du développement, par la mise en avant de notre appareil productif et de notre production nationale, par la mise en valeur de nos richesses nationales à tous les niveaux. En fait, contrairement à ce que beaucoup affirment, le Portugal n'est pas un pays pauvre. Il a de grandes potentialités et des ressources immenses qui peuvent être orientées vers la satisfaction des besoins du peuple et du pays.

Et il faut ensuite une politique qui mise sur l'augmentation des salaires, des retraites et la défense des droits des travailleurs, qui intègre les services publics dans le bien-être des populaires, qui aille dans le sens d'une reprise en main par l’État des entreprises de base et stratégiques, qui affirme clairement un Portugal indépendant et souverain, désireux de coopérer avec tous les peuples et les pays du monde.

Voilà ce qui sous-tend notre proposition de politique patriotique et de gauche.

Comment cette proposition s'insère-t-elle dans les objectifs plus généraux du Parti, d'une démocratie avancée et du socialisme ?

Les communistes portugais ont toujours lié leurs objectifs immédiats à leurs objectifs programmatiques et, en définissant avec rigueur à chaque moment historique l'étape de la révolution, sans jamais séparer de façon schématique et dogmatique les objectifs de chacune des étapes avec ceux des suivantes. Dans nos statuts, je cite que « la lutte pour la défense des acquis de la Révolution d'Avril, pour la mise en œuvre de ses valeurs et pour la démocratie avancée, est partie intégrante de la lutte pour le socialisme. »

Autrement dit, la lutte que nous menons aujourd'hui contre le pacte d'agression, pour une politique patriotique et de gauche, pour un Portugal qui a un avenir, s'insère dans un processus et dans les étapes à parcourir pour atteindre notre objectif commun de construction du socialisme au Portugal.

Est-il possible, en régime capitaliste, d'avoir un gouvernement qui ne soit pas le serviteur, en fait, des intérêts du capitalisme ?

Nous ne devons pas laisser entendre qu'un processus de transformation, un processus révolutionnaire ne peut être un succès que dans le cadre de la construction du socialisme. Sans perdre de vue cet objectif, la question des étapes est posée. Nous n'érigeons aucune « Muraille de Chine » par rapport à la révolution socialiste, mais nous considérons que le plus difficile est de construire et de suivre cette voie, et le plus facile c'est de décider que le livre que l'on écrit ensemble trouvera dans le socialisme son dernier paragraphe.

Pour y parvenir, nous devons avoir cette perspective de construction du socialisme, très complexe et très difficile.

On a déjà eu l'expérience de gouvernements dits de gauche, certains auxquels ont participé des partis communistes, avec des résultats désastreux...

Oui, car évidemment ces gouvernements, trahissant leurs promesses et leurs principes, ont totalement capitulé face au capitalisme. Le comportement des partis socialistes et social-démocrates, particulièrement en Europe, où tous ont capitulé, suppose de dresser un bilan historique et politique. Ils ont entraîné dans ce mouvement certains partis communistes qui n'ont pas réussi à se libérer de cette voie de la conciliation et de la collaboration avec les objectifs du capitalisme.



Renforcer le Parti communiste, une nécessité de notre temps



Le renforcement de l'organisation et de l'action militante du Parti est toujours mis en avant, en parallèle à l'intensification de la lutte de masses, comme condition nécessaire à la promotion des profondes transformations qui s'imposent. Pourquoi est-il si important, dans la période actuelle, d'avoir un Parti communiste fort, combatif et influent ?

Nous pourrions dire que tout au long de cette histoire de 90 années de notre Parti, il fut toujours indispensable aux travailleurs et au peuple portugais. Mais aujourd'hui, si on tient compte de l'offensive, du positionnement et de la nature des partis de droite et de l'implication du PS dans cette offensive, les travailleurs et le peuple portugais ont besoin plus que jamais d'un parti communiste, de ce Parti, plus fort et influent.

Nous pouvons dire que, tout au long de plus de 30 années d'offensive de droite, les travailleurs savent bien tout ce qu'ils ont perdu. Mais, fort heureusement, ils ne sauront jamais ce qu'il n'ont pas perdu grâce aux luttes de ce Parti.

Le PCP étant une force irremplaçable dans le combat et en tant que force de proposition, nous estimons que ce renforcement est une chose très importante. Pas tellement dans l'idée d'avoir un député ou une mairie de plus, mais plutôt d'avoir un Parti à la hauteur des défis qui se posent à lui.

Source : entretien réalisé par Anabela Fino et Gustavo Carneiro pour Avante, quotidien du PC Portugais

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 08:45

90Renforcer l'organisation et l'activité dans les entreprises et sur les lieux de travail


Article de la revue O Militante, revue théorique du PC Portugais, de novembre/décembre 2011

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


1.La situation actuelle implique de grandes attentes, un Parti plus fort est nécessaire et les conditions existent pour le renforcer.

Le Parti communiste portugais est le parti de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, cela découle de sa nature de classe, de ses objectifs et de son projet, à l'importance centrale qu'il donne à l'explication, à l'unité, à l'organisation et à la lutte des travailleurs, qu'il donne à l'organisation et à l'action militante du Parti dans les entreprises et dans les lieux de travail.

C'est un élément essentiel depuis toujours de notre parti, réaffirmé au XVIIIème Congrès et dans la campagne « En avant ! Pour un PCP plus fort ».

2.Dans ce travail, pour une action efficace, il est indispensable de connaître la réalité de l'exploitation, des caractéristiques des entreprises et des lieux de travail, de la situation générale des travailleurs. Juste comme illustration des évolutions et des contours de la réalité actuelle, il est important de prendre en considération des aspects comme la précarité et le chômage, la composition en terme de générations des travailleurs, ou le niveau d'intégration des femmes au monde du travail ou encore la taille des entreprises et le niveau de concentration des travailleurs.

Des chiffres récents, du second trimestre de cette année, évoquent l'existence de près de 2,9 millions de travailleurs avec un CDI, de plus d'1,2 million avec divers contrats précaires et près d'1 million de chômeurs. En prenant en compte que sont intégrés dans les travailleurs en CDI ceux qui exercent des fonctions de direction et occupe les postes les plus élevés dans les entreprises, avec tout ce que cela signifie, ces chiffres révèlent que le nombre de travailleurs sans fonction de direction et occupant des contrats permanents est à peine supérieur à celui des travailleurs sous contrat précaire et des chômeurs. Cela signifie que, dans le développement de l'action du parti, il nous faut trouver des solutions adaptées à une situation où les niveaux de précarité et de chômage sont élevés.

Autre chiffre important, la composition des travailleurs en terme d'âge. Nous parlons des travailleurs portugais et nous nous adressons en particulier aux nouvelles générations de travailleurs, ce qui est correct, mais il est nécessaire d'avoir à l'esprit que lorsque nous parlons de travailleurs, nous sommes en train de parler pour l'essentiel des nouvelles générations. En fait, dans la population active occupée, près de 60% des travailleurs ont moins de 45 ans et 31% moins de 35 ans. Quand nous parlons de travailleurs, nous parlons fondamentalement d'eux, puisque les générations les plus âgées, au-delà de 45 ans, représentent un peu plus de 40% du total de la population employée. Cette réalité croisée avec les événements marquants de ces dernières décennies révèle des mémoires historiques différenciées qu'il nous fait prendre en considération dans nos efforts pour l'organisation, l'unité et la lutte des travailleurs et pour le développement de sa conscience de classe et politique.

Un élément important est aussi la proportion de femmes dans l'ensemble des travailleurs. Le nombre de femmes au travail est à peine inférieur à celui des hommes, et dans d'importants secteurs d'activité et dans de grandes entreprises, elles sont largement majoritaires. Et au-delà de son poids dans l'effectif total des travailleurs, les femmes constituent la majorité des travailleurs qui se syndicalisent. Leur responsabilisation et leur participation est la condition nécessaire au renforcement de l'organisation des travailleurs et au renforcement du Parti.

Un autre élément important, c'est que la grande majorité des travailleurs se trouve dans de petites et moyennes entreprises (PME), ce qui exige, dans l'organisation des membres du Parti, sans cesser de chercher à constituer des cellules entre camarades d'une entreprise, le recours à la constitution de secteurs professionnels ou d'entreprise, ou à des cellules qui intègrent les travailleurs de diverses entreprises.

Cependant, il existe de grandes entreprises avec plusieurs milliers de travailleurs, soit concentrées soit partagées sur de multiples lieux de travail à l'échelle nationale, tout comme il se trouve de grandes concentrations de travailleurs sur un même lieu de travail ou zone, dans certains cas plus de 10 000, où se trouvent des travailleurs de différentes entreprises qui attendent des solutions d'organisation adaptées.

Ce ne sont que quelques exemples d'une réalité que nous devons connaître et continuellement mettre à jour, avec une conscience que les difficultés et les obstacles ne rendent pas les choses impossibles, que c'est dans ces conditions que nous devons agir et organiser, pour résister et avancer, en profitant des potentialités qui s'offrent à nous.

3.La priorité du renforcement de l'organisation et de l'intervention du Parti au côté de la classe ouvrière et des travailleurs, dans les entreprises et les lieux de travail a été inscrite aux conclusions du XVIIIème Congrès et dans la résolution du Comité central « En avant ! Pour un PCP plus fort » du 21 et 22 novembre 2009, fixant des orientations et des objectifs.

Consolider, responsabiliser et augmenter le nombre de cadres, y compris de permanents du Parti, qui prennent la responsabilité de cette tâche, en garantissant l'existence d'un responsable pour chaque entreprise ou secteur prioritaire.

Prêter une attention particulière et diriger nos efforts vers les entreprises qui comptent le plus de travailleurs et/ou d'importance stratégique ; constituer de nouveaux secteurs professionnels et d’entreprise et créer des cellules, en trouvant les formes les plus adaptées à chaque réalité.

Augmenter le nombre de militants organisés dans les entreprises et sur les lieux de travail, à partir de campagnes d'adhésions ciblées sur les travailleurs qui se distinguent, de l'insertion en priorité sur le lieu de travail des nouveaux militants et de la mutation de membres du Parti de moins de 55 ans.

Augmenter la présence du Parti dans les entreprises par l'édition régulière de documents, en particulier dans celles que l'on définit comme prioritaires.

4.C'est dans ce contexte que s'est organisée récemment une réunion nationale des cadres, pour l'échange d'expériences sur le travail du Parti dans les entreprises et sur les lieux de travail.

Une réunion qui a révélé un certain nombre d'expériences importantes de secteurs, de cellules, de travail et d'initiative de la part de nos organisations et militants.

Des expériences sur l'intervention et l'initiative pour développer le travail organisé du Parti, le contact régulier à la porte des entreprises et la manière dont les contacts noués contribuer à enraciner le Parti dans l'entreprise.

Des expériences sur le travail dans les entreprises ou les lieux de travail où se trouve un nombre limité de membres du Parti actifs ; l'action sur des lieux de travail avec une forte précarité et divers statuts contractuels ; la création et le fonctionnement opérationnel de cellules ; les formes d'organisation et de fonctionnement ; la structuration en termes d'organisation, de liens et de contacts dans des situations de divers secteurs, et leurs évolutions.

Des expériences sur les formes de liens avec les travailleurs, la propagande, l'information, l'agitation et la diffusion de la presse du parti, le travail et l'intervention de la JCP et des jeunes communistes et sur le recrutement et l'intégration de nouveaux militants, comme une tâche de la plus grande importance dans l'implantation, l'organisation et l'intervention du Parti.

Se pose la nécessité d'intensifier la prise de décisions à partir des Directions des organisations régionales, et l'implication de toutes les organisations du Parti dans ce travail.

Un travail basé sur l'effort, le dévouement, la créativité, le courage et le militantisme d'un grand nombre de militants du Parti pour construire un parti plus fort dans les entreprises et sur les lieux de travail. Toujours dans l'objectif de renforcer l'unité, l'organisation et la lutte des travailleurs et d'élever leur conscience de classe et politique. Toujours dans l'affirmation de l'idéal et du projet communiste.

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