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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:22

artiga.jpgSolidarité avec la Jeunesse communiste du Vénézuela dont le siège a été incendié par des milices fascistes !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

On le disait après la mort du commandant Hugo Chavez : 2014 serait l'année de la révolution socialiste, ou d'une terrible réaction de l'oligarchie, de l'impérialisme, n'hésitant pas à user de milices fascistes pour briser le bloc révolutionnaire. Comme toujours, les attaques contre les communistes sont le prélude à une offensive contre-révolutionnaire générale.

 

Après l'assassinat du député révolutionnaire du PSUV Robert Serra, 27 ans, la jeunesse révolutionnaire subit une nouvelle attaque de la part de bandes d'extrême-droite, bien décidée à semer la terreur pour inverser le processus révolutionnaire.

 

Ce mardi 21 octobre, à 2 h 30 du matin, le siège national de la Jeunesse communiste du Vénézuela (JCV) a été victime d'un attentat terroriste qui aurait pu coûté la vie à plusieurs dirigeants et militants de la JC présents dans le local situé à Artigas, dans le quartier d'El Paraiso, à Caracas.

 

Un attentat qui aurait pu coûter la vie à sept personnes

 

Le siège de la JCV a été attaqué par des engins explosifs incendiaires lancés depuis plusieurs points, de façon simultanée, touchant la façade, la salle de réunions. L'incendie a d'abord pris le premier niveau de l'immeuble, à 3 h du matin, laissant des traces importantes de combustion sur la façade.

 

Les camarades de la JC – selon le communiqué officiel du Parti communiste vénézuelien – ont agi « de façon opportune et avec sérénité », contenant l'incendie avant que les pompiers et la Police nationale que ne constate l'état des dégats.

 

L'intervention des Pompiers du District Capitale a sauvé la vie à cinq jeunes communistes, ainsi qu'à deux camarades plus anciens, de 48 et 80 ans.

 

Selon le Bureau politique du Parti communiste du Vénézuela et la Commission exécutive nationale de la JCV – réunis en urgence dans la matinée – il s'agit d'un fait qui s'inscrit « dans le déroulement d'un plan des franges les plus réactionnaires de la droite pour effrayer, démoraliser et frapper les forces du mouvement populaire révolutionnaire. »

 

La Jeunesse communiste du Vénézuela a ajouté que « ce fait s'inscrit dans l'escalade de violence imposée par le fascisme depuis février, executée par des mercenaires et des groupes para-militaires au service de l'extrême-droite pro-impérialiste ».

 

Pour le Bureau politique du PCV, la priorité va à une enquête prompte par les autorités pour « faire la vérité sur les faits ; identifier et punir les responsables matériels et intellectuels ».

 

Les jeunes du PSUV, ouvriers, catholiques progressistes, solidaires avec la JCV

 

Les démonstrations de solidarité se sont multipliées dans les jours suivants.

 

Elles sont venues d'abord des alliés des communistes réunis dans le « Grand pôle patriotique de jeunesse » (GPPJ), mené par la jeunesse du Parti socialiste unifié du Vénézuela (PSUV) d'Hugo Chavez et Nicolas Maduro.

 

Le Grand pôle patriotique de la jeunesse, par la voix de son porte-parole Kariana Garcia, a « exprimé sa solidarité avec la Jeunesse communiste du Vénéuela face à l'attaque terroristesubie par l'organisation de jeunesse communiste », affirmant que « aujourd'hui plus comme jamais, nous marcherons unis pour approfondir la révolution socialiste. »

 

Outre les représentants du Grand pôle patriotique de la jeunesse, de la jeunesse du PSUV, plusieurs autres organisations de masse ont exprimé leur solidarité tels que la Centrale ouvrière des travailleurs et la Jeunesse ouvière catholique.

 

Une initiative a été organisée par l'ensemble des organisations de jeunesse réunies dans le Grand pôle patriotique ce jeudi 23 octobre devant le Bureau du Procureur général pour dénoncer l'attentat terroriste.

 

Le camarade-président Maduro solidaire avec les jeunes communistes

 

La JCV a reçu aussi un soutien de marque, celui du 'camarade' président Nicolas Maduro :

 

« Les premières enquêtes nous confirment qu'il s'agit d'un attentat contre la Jeunesse communiste, contre le PCV. Je condamne cet attentat publiquement, et appelle toutes les forces politiques de ce pays à le condamner, ainsi que ceux qui peuvent, par le terrorisme et la violence, conduire le pays à un climat d'affrontement et de haine qui nous entraîne dans le chaos ».

 

Le président Maduro a salué l'attitude digne et responsable du PCV face à l'attentat, et réaffirmé la vigueur de l'alliance politique qui le lie aux communistes.

 

jcv fascismoLa solidarité doit désormais trouver une expression en France par la plus ferme condamnation de ces tentatives de déstabilisation du processus révolutionnaire au Vénézuela, de l'attaque brutale contre les jeunes communistes, qui reste le premier signal d'une contre-offensive fasciste d'ampleur.

 

C'est dans ce sens que va la lettre de solidarité du secrétaire-général du MJCF (Mouvement de jeunesses communistes français) Nordine Idir exprimant « notre plus chaude et sincère solidarité à votre égard » et concluant que « le fascisme et la contre révolution ne passeront pas. ».

 

Les communistes français, fidèles à leur tradition de solidarité internationale crient haut et fort : solidarité avec nos camarades vénézueliens attaqués ! Le fascisme, la contre-révolution ne passeront pas ! Vive la révolution bolivarienne et socialiste !

 

 

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:10

Robert-Serraj.jpgLes communistes vénézueliens dénoncent l'assassinat du jeune député révolutionnaire Robert Serra



Déclaration du Parti commuiste du Vénézuela



Traduction pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Face au vil assassinat du compatriote Robert Serra, député et cadre du processus révolutionnaire, le Parti communiste du Vénézuela (PCV) exprime sa condamnation la plus catégorique de ce fait abominable qui prive la jeunesse vénézuelienne et tout le peuple qui ont une conscience démocratique, patriotique et révolutionnaire, d'un de ses cadres et militants les plus importants.



Le PCV exprime sa solidarité active et nos condoléances les plus sincères à toute la famille, aux militants du PSUV et à tout le mouvement populaire révolutionnaire, touché par cet acte criminel.



En outre, le PCV attend une réponse ferme et efficace du Parquet, afin de déterminer le mobile de cet assassinat vil et perfide, et de poursuivre l'auteur intellectuel et matériel de ce crime, afin qu'il en paye le prix devant la loi.



Dans ce contexte, le PCV prie tous les militants populaires révolutionnaires à rester vigilants et prêts à la mobilisation nécessaire pour répondre aux provocations des secteurs para-militaires et fascistes, outils au service de l'impérialisme.



En ces moments de douleur qui emplit les démocrates, patriotes et révolutionnaires du Venezuela bolivarien, le PCV porte un message d'espoir et de confiance dans la victoire historique de la classe ouvrière et des travailleurs des villes et des campagnes sur la bourgeoisie oppresseuse et exploiteuse, qui ouvre la perspective de la construction d'une société socialiste.



C'est en continuant la lutte que nous allons vaincre !





Voir aussi la déclaration de la Jeunesse communiste du Vénézuela (JCV) traduite pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/



La Direction nationale de la Jeunesse communiste du Vénézuela (JCV) condamne l'assassinat du jeune dirigeant révolutionnaire et député à l'Assemblée nationale pour le Parti socialiste unifié du Venezuela Robert Serra, perpétré dans la nuit du mercredi 1er octobre à son domicile, dans le quartier La Pastora à Caracas.



L'assassinat de cadres politiques a été un moyen qu'a trouvé l'extrême-droite et le fascisme, en de nombreuses occasions, pour tenter de terroriser et de démobiliser les bases du mouvement révolutionnaire, ce qui chez nous a trouvé sa plus pure expression dans l'explosion des cas d'assassinats de leaders paysans.



En tant que JCV, nous transmettons toute notre solidarité à la famille du jeune dirigeant révolutionnaire, au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et à son organisation de jeunesse.



Robert Serra s'est formé dans les luttes politiques du processus vénézuelien ; il était une figure du mouvement de jeunesse révolutionnaire, une preuve de cela, son engagement dans le syndicalisme étudiant en 2007 ; son travail dans les zones populaires et son élection à l'Assemblée nationale en 2010 à seulement 23 ans.



Sa pratique politique a été toujours guidée par un but : démasquer la nature réactionnaire de la droite pro-impérialiste vénézuelienne.



Nous dénonçons ce crime comme faisant partie du plan de déstabilisation orchestré par l'impérialisme contre le processus de transformation au Venezuela, qui depuis février a pris une tournure plus agressive.



Nous exigeons du Gouvernement national non seulement qu'il fasse la vérité sur cet événement, mais aussi qu'il mette en œuvre une politique concrète pour stopper la progression des organisations fascistes et des groupes para-militaires dans la zone frontalière, les quartiers populaires de Caracas et dans les couches populaires de notre pays.



Nous prions le mouvement populaire révolutionnaire à rester vigilant, organisé et mobilisé, face aux tentatives de plonger le pays dans un scénario de violence et d'ingouvernabilité.



Nous appelons les forces révolutionnaires à la plus large unité de classe et populaire.



La paix ne se conquiert qu'en triomphant du fascisme !

« Pour nos morts, pas une minute de silence, toute une vie de combat ! »





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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 06:10

protesta-en-fedecamaras_001_09032014.jpgAu Venezuela, les communistes prennent d'assaut le siège du patronat pour lutter contre son travail de sabotage de la Révolution



Communiqué du Parti communiste vénézuélien (PCV)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce 3 septembre, le Parti communiste du Vénézuela (PCV) avait appelé – avec un ensemble d'organisations sociales acquises à la révolution – à occuper le siège du patronat national (Fedecamaras) pour protester contre son rôle dans le sabotage de la révolution bolivarienne.



« Les voilà, ceux qui foutent en l'air la nation ! », c'est un des mots d'ordres que plusieurs centaines de manifestants ont scandé dans la manifestation organisée ce 3 septembre au siège de la Fédération des Chambres et Associations de Commerce et de Production du Vénézuela (Fedecamaras), convoquées par le Bloc populaire révolutionnaire de Caracas (BPR), composé de plus de 40 organisations et sociales de la capitale.



Le BPR s'est prononcé aujourd'hui face à la situation économique critique que vit le pays, dénonçant les organisations patronales, regroupées dans la Fedecamaras, pour avoir augmenté artificiellement les prix des produits, contourné systématiquement les lois sur le prix juste par lesquelles l’État vénézuélien cherche à protéger le peuple pour qu'il puisse accéder à certains éléments basiques pour son alimentation.



« Il faut que le peuple ait en tête que Fedecamaras est notre ennemi de classe, elle représente la bourgeoisie, le patronat, les exploiteurs, les intérêts du grand capital, de l'impérialisme exploiteur, des peuples qui a décidé de détruire le processus de libération nationale », pouvait-on lire dans la convocation à la manifestation contre l'organisation patronale.



Pour toutes ces raisons, le BPR et les organisations qui la composent rejettent « catégoriquement la déstabilisation économique mise en place par la Fedecamaras et Consecomercio (NdT : organisatiion patronale pour le secteur tertiaire, notamment commercial) » et les accusent d'être des instruments du plan putschiste orchestré par l'impérialisme états-unien.



Dans la manifestation contre Fedecamaras, le BPR a appelé le peuple à exercer son droit de contrôle et de surveillance, en s'organisant dans des Comités d'usagers pour arrêter la spéculation qui s'exprime dans l'augmentation disproportionnée des prix.



Ils appellent le gouvernement à supplanter la bourgeoisie commerciale et importatrice, en créant une entité étatique qui centralise et contrôle toutes les importations dans le pays, luttant ainsi contre la fuite par millions de dollars à l'extérieur réalisée par le secteur privé du pays.



Le BPR rejette également que les Tables rondes économiques se transforment en un espace de négociation, où la bourgeoisie « apatride et parasitaire » réussirait à obtenir ce qu'elle n'a pas réussi à obtenir ni dans les processus électoraux qu'a vécu le pays ces 15 dernières années, ni « dans les émeutes violentes » (guarimbas) qu'elle a financé, elles qui ont coûté la vie à plus de 40 vénézuéliens, et a détruit les biens du peuple.



Finalement, le Bloc populaire révolutionnaire souligne et insiste sur le fait que : « La paix se conquiert en triomphant du fascisme et du capitalisme ! »



 

Vidéo de la manifestation : https://www.youtube.com/watch?v=PnG5Rtc3ATQ

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 06:38

bp_07142014_002.jpgOn assiste à une « lutte pour une nouvelle répartition de la rente pétrolière »

 

Article du Parti communiste vénézuélien



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le secrétaire-général du Parti communiste, Oscar Figuera, considère qu'il existe de « nouveaux riches parasitaires » qui cherchent à imposer une vision réformiste.



Pour le Parti communiste du Venezuela (PCV), le pays est en plein débat entre réforme et approfondissement de la révolution.



Le secrétaire-général du parti et député, Oscar Figuera, a affirmé que « face à la menace du fascisme et du réformisme », il est urgent d'approfondir les « processus révolutionnaires ».



Le PCV, dans sa conférence de presse, a mis en garde sur la « menace fasciste » et les « courants réformistes » qui ne cherchent pas à approfondir le processus mais qui « tentent de construire des mécanismes de conciliation, des politiques de collaboration » qui font retomber la crise capitaliste sur les épaules des travailleurs.



Il y a, souligne Figuera, une « option réformiste » qui suppose de céder face au capital « indépendamment de la phraséologie révolutionnaire utilisée ».



Et il y a, selon cette analyse, un troisième secteur, celui de la bourgeoisie pro-impérialiste, « associé avec le capital trans-national, qui propose la recomposition de sa domination ».



Une nouvelle lutte pour la répartition de la rente



Le PCV soutient qu'il y a, actuellement, une lutte pour une nouvelle répartition de la rente pétrolière. C'est « la lutte de différentes factions de pouvoir » comme la bourgeoisie et la nouvelle bourgeoisie parasitaire qui « a fait son apparition ».



Pour Figuera, une partie de l'affrontement vient du fait qu'il y a des « groupes économiques puissants qui surgissent, parlant de socialisme, mais qui ne sont pas socialistes », et ils sont engagés dans une lutte pour la distribution de la rente pétrolière.



En ce sens, il considère qu'il y a de « nouveaux riches parasitaires » qui chercheraient à imposer une vision réformiste.



Face à cela, « il est nécessaire de porter une politique ouvrière-populaire » et « une proposition capable d'empêcher que les accords à la table de négociation ne servent les intérêts du capital ».



Il est nécessaire d'avancer vers la « concrétisation d'une rupture réelle dans le mode de production capitaliste », ce qui ne va pas arriver par la « voie graduelle ».



Il estime que d'autres menaces se trouvent dans les critères pour appliquer un « ensemble d'ajustements, de mesures économiques » qui, si elles venaient à être appliquées « impliqueraient une baisse du coût de la force de travail ».



Il a énuméré des questions telle que la « dévaluation possible » et l'endettement.



« Ce n'est pas vrai que l'on puisse jouer sur les deux tableaux », juge Figuera, qui a insisté sur le fait qu'il n'écarte pas que puissent être mises en œuvre des mesures qui toucheront l'emploi, le salaire et le développement productif. Il a également critiqué le fait qu'il n'y ait pas de direction collective.



Le dirigeant a rappelé que son parti a appelé le Congrès national à lancer un processus de débat, de révision des politiques menées et d'auto-critique.



Il a souligné que c'est en 2007 qu'a commencé – à son avis – l'affaiblissement du soutien populaire à l'exécutif qui, s'il n'était pas inversé, pouvait mener à un « recul historique ».



Le porte-parole a clarifié les choses, le parti communiste ne « cherche pas de postes ni de prébendes », car son rôle est d'être une force transformatrice. Le PCV, note-t-il, se maintiendra comme organisation « autonome, critique et de proposition ».



Contradictions capital-travail dans le pays et dans le monde



Le PCV estime que, dans le contexte international, « le développement des contradictions historiques se poursuit », comme celle du capital-travail, des nations et de l'impérialisme.



Selon Figuera, le capitalisme et les puissances impérialistes « sont une menace objective à l'existence de l'humanité », ce en quoi les forces progressistes posent la nécessité de renforcer les organisations révolutionnaires et les gouvernements qui, tout en étant capitalistes, résistent à l'impérialisme, a-t-il résumé.



L'impérialisme « déploie une ligne de recomposition de sa domination », a-t-il averti. C'est dans ce contexte que se situent les événements en Ukraine, en Afrique du nord, au Moyen-orient et « l'agression du sionisme contre les peuples arabes ».



 

L'affrontement capital-travail détermine la lutte des classes à l'échelle nationale et internationale, pointe Figuera, et c'est dans ce cadre que « nous inscrivons le développement actuel du processus vénézuélien », avec des secteurs qui chercheraient à revenir sur les avancées obtenues.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 05:56

PCV psuvVenezuela : crise et/ou tournant dans la construction socialiste. Pour le PCV : la lettre ouverte de l’ex-ministre Jorge Giordani est l’occasion d’ouvrir le débat nécessaire devant le peuple



Introduction et traduction : ML pour Vivelepcf.fr repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le congrès du PSUV, le Parti socialiste unifié du Venezuela, parti au pouvoir, se tient à partir du 27 juin 2014 avec un mois d’avance. La lettre ouverte de l’ancien ministre de la planification économique, Jorge Giordani, limogé le 19 juin par le président Nicola Maduro, pèsera fortement sur le les débats du congrès, dans un contexte politique de crise de la construction socialiste et de progrès des forces revanchardes, réactionnaires voire fascistes.



La crise et le blocage du projet socialiste « bolivarien » sont patents depuis plusieurs années, la maladie puis la mort en 2013 du président Chavez, suivie de l’élection de Maduro.



La baisse vertigineuse de la pauvreté, les progrès considérables de l’accès aux soins, à l’éducation, au logement demeurent. Mais le processus engagé de démocratie participative s’essouffle. L’insécurité ne recule pas, la corruption tendrait à s’étendre. Les objectifs de développement productif, hors secteur pétrolier, répondant aux besoins de la population et garantissant la souveraineté du pays ne sont pas atteints. Au contraire, on assiste à des pénuries de biens de première nécessité ou d’électricité, certes attisées par les opposants au régime mais réelles. L’inflation atteint des niveaux record.



Jorge Giordani dresse ce bilan très critique des évolutions depuis 2007 dans une lettre argumentée et circonstanciée. Il a été presque sans discontinuité ministre depuis la première élection de Chavez en 1999. Défini comme « marxiste » et « orthodoxe » par la presse, il a été notamment un des artisans de la politique de nationalisations, d’expropriation et de redistribution de millions d’hectares de terres et de contrôle strict des changes.



Dans son texte, il pointe durement le président Maduro accusé de manquer de volonté politique et de « leadership ». Il alerte sur la montée de contre-pouvoirs, notamment dans la société pétrolière PdVSA, sur les baisses de recettes anormales du Trésor public, sur l’absence de transparence dans les comptes publics. Il décrit la montée du clientélisme, du bureaucratisme et de la corruption. Il redoute que son limogeage signifie un retour à des mécanismes financiers capitalistes.



Au PSUV, certains déplorent les propos de Giordani, craignent que la réaction les récupère et appellent à faire bloc derrière le président Maduro.



D’autres – et c’est le cas aussi du Parti communiste vénézuélien -, sans partager toutes les analyses de Giordani, y voient l’occasion d’ouvrir un débat national devant le peuple pour reprendre la voie de la construction du socialisme.



Pour certains, ce débat serait salutaire. Pour nous communistes français, très attentifs depuis des années, solidaires, parfois enthousiasmés par la « révolution bolivarienne », il est très instructif.

 

figuera fiscalitéCi-dessous le compte-rendu de la conférence de presse tenue le 23 juin par Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, publié dans le journal du Parti « Tribuna popular ».
La lettre ouverte de Giordani est l’occasion d’ouvrir un débat nécessaire devant le peuple.

 

Oscar Figuera, secrétaire général PCV du Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV) a déclaré que le document publié par l’ancien ministre Jorge Giordani ces derniers jours doit être pris comme une contribution et une occasion d’ouvrir un débat national face au peuple vénézuélien, qui permettra, sur la base de la vérité scientifique, de clarifier la direction prise par le processus bolivarien, ses réussites, ses erreurs et les moyens de progresser dans la perspective du socialisme.


Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a donné ainsi sa position sur le document intitulé «Témoignage et responsabilité face à l’histoire», signé du professeur Jorge Giordani.


« Le Parti communiste du Venezuela ne se joint pas au chœur de ceux qui, unilatéralement et sans analyse, disqualifient les vues du professeur Giordani. C’est la première chose que nous avons à dire », a déclaré Figuera.


« Nous ne nous joignons pas non plus au chœur de ceux qui les prennent pour la vérité intégrale », ajoute le leader communiste.


Le PCV prend ce document comme une contribution nécessaire au débat national. «Nous considérons que c’est une occasion pour discuter de la situation politique, économique, sociale, des instruments du processus politique et social vénézuélien, que c’est une possibilité dont il faut se saisir au lieu de la disqualifier ».


La direction du « Coq rouge » [ surnom du PCV - NdT] a demandé que soient apportées des réponses aux différentes questions et aux faits soulevés par le document de l’ancien ministre, avant de le mettre en accusation.


Figuera a émis une forte critique du contenu du document du professeur Giordani, pointant l’absence d’autocritique de la part d’une figure transcendante des gouvernements (Chavez et Maduro) pendant les 15 années du processus bolivarien.


Un débat national devant le peuple vénézuélien.


Pour le PCV, on peut partager ou ne pas partager telle ou telle des nombreuses affirmations du document.  » A lire le texte du professeur Giordani, nous constatons que la plupart des idées présentées ont déjà été abordées par le Parti communiste au cours des dernières années, du vivant même du président Chavez « , a déclaré Figuera renvoyant à la lecture de Tribuna Popular, le journal du Comité central du Parti. « Vous y trouverez ce qui est notre point de vue sur l’économie, la direction collective, » a-t-il ajouté.


On retrouve dans la lettre, certains éléments qui rentrent dans la liste des propositions émises par le PCV au fil des ans :

  • Une nouvelle politique économique, populaire, révolutionnaire.

  • Une nouvelle politique du travail.

  • La direction collective du processus révolutionnaire.

  • Le développement des forces productives, demande faite au président Chavez et une des demandes principales faites à Nicolas Maduro quand le PCV a décidé de soutenir sa candidature (mars 2013).

  • La participation et le contrôle par les travailleurs et le mouvement populaire des affaires gouvernementales dans tous les domaines.

«Nous tenons à affirmer, dans le débat d’aujourd’hui, la nécessité de développer les forces productives au Venezuela. Mais de quelle façon ? En laissant les mains libres au capital, pour exploiter les travailleurs et extorquer la plus-value ? Ou bien avec la participation des travailleurs dans le cadre d’un processus de contrôle social qui exige l’adoption de la loi spéciale sur les Conseils socialistes de travailleurs, qui reconnaisse le pouvoir politique de la classe ouvrière sur les lieux de travail ?  » a demandé Figuera.


« Voilà les termes du débat. C’est pourquoi nous disons que ce document du professeur Giordani est l’occasion de mettre en discussion un approfondissement du processus politique et social au Venezuela, qui nous permette de rassembler les forces pour avancer vers une transition et une perspective socialistes, une alternative au processus de conciliation et de capitulation devant le grand capital. Voilà les options que nous voulons mettre sur la table. Aujourd’hui, il est nécessaire d’en discuter ouvertement ».


Figuera ajoute: « Aujourd’hui est posée la nécessité que les dirigeants disent aux gens la vérité sur ce qui se passe, et, à partir de cette vérité, ouvrent le grand débat national nécessaire devant le pays pour corriger ce qui doit être corrigé ».


Le PCV a réaffirmé les déclarations et les propositions qu’il a élaborées, dont vous trouverez les détails dans la vidéo de la conférence de presse (lien).


Le PCV a notamment exprimé son inquiétude devant les réactions contre le gouvernement et d’autres milieux suite aux sorties et aux critiques du professeur Giordani : « quand la horde de l’opposition t’applaudit à tout rompre… » en référence au dirigeant communiste allemand, August Bebel, que la bourgeoisie avait applaudi avant un discours au Reichstag (Parlement allemand) au début du siècle dernier et à qui un camarade avait demandé: « Qu’as-tu dit vieux Bebel pour que la canaille t’applaudisse ? ».



Devant les réactions de la horde réactionnaire, Figuera a souligné que le gouvernement doit répondre par un rapprochement de toutes les forces, par « l’ouverture des débats nécessaires à l’action dialectique révolutionnaire ».



Le débat que met en avant le PCV n’est pas un débat qui resterait enfermé entre les quatre murs des forces qui soutiennent le processus, mais « un débat devant le pays, qui permette de définir, grâce à la participation démocratique la plus large du peuple, les grandes lignes de ce que devrait être un développement autonome, indépendant et souverain de la patrie bolivarienne « , a déclaré Figuera.


La vérité scientifique


Le Parti communiste a appelé à une confrontation avec la vérité, définie par Figuera comme « vérité scientifique de la réalité vénézuélienne et avec son état de développement actuel politique, économique et social. »


« Ce qui nécessite de dresser un bilan qui nous permette de mesurer les grandes réalisations sociales et politiques atteintes grâce au processus libérateur national et bolivarien, tel que le président Hugo Rafael Chavez Frias l’a qualifié, et, à partir de cette évaluation, de rechercher aussi où il y a eu des manques, des échecs ou des erreurs », a dit le député Figuera.


Pour Figuera, cela implique d’évaluer combien la direction politique du processus a perdu, ou non, son caractère révolutionnaire. « Celles et ceux qui ont assumé, en 1998 avec le président Chavez, la conduite de ce processus sont-ils restés des acteurs sociaux révolutionnaires? Certains ou certaines d’entre eux se sont-ils enrichis, ont-ils été corrompus? Si oui, peuvent-ils rester à la tête du processus ». Figuera pose la question faisant remarquer que c’est aussi cela qui doit être évalué.


Le PCV a insisté sur le fait que si on veut avancer dans le sens du socialisme, il faut identifier l’acteur historique de ce processus.


« Si on le fait, alors, il n’y a pas à redouter, à être terrorisé, par la création de Conseils socialistes des travailleuses et des travailleurs. L’on crée quantité de comités mais on ne crée pas de comités  de travailleurs ? Pourquoi, si les travailleuses et les travailleurs sont les acteurs historiques de la révolution socialiste ? Si nous nous disons socialistes, pourquoi n’accordons-nous pas de pouvoir à cette classe fondamentale de la société ? Si nous voulons aller vers le socialisme, pourquoi n’édifions-nous pas un autre processus de production, liquidant les mécanismes de direction capitalistes,  » Ordre et contrôle », et construisant la participation collective des travailleurs, des travailleuses, du mouvement populaire et du gouvernement à la direction de ces institutions », a déclaré Figuera.


« Pourquoi, si nous voulons véritablement avancer vers le socialisme, devons-nous continuer à fournir des dollars aux capitalistes qui spéculent avec ces dollars aux dépens du pays et de l’économie nationale», a-t-il ajouté.


« Pourquoi, si nous nous voulons véritablement avancer vers le socialisme, au-delà de la redistribution individuelle des terres que l’État récupère, ne construisons-nous pas de grands projets coopératifs, non pour transformer les grands domaines en toutes petites exploitations, mais pour constituer de grandes entreprises collectives, mettant au centre la participation des travailleurs et des paysans, conscients que la grande production collective peut permettre un grand bond dans le développement national », a-t-il dit encore.


Si nous nous voulons avancer vers le socialisme, nous devons gagner que le processus de distribution des produits nécessaires à notre peuple se développe, non sur la base de critères bureaucratiques, mais sous le contrôle social des Conseils de travailleurs et les Conseils municipaux, en articulation avec l’Etat  » a-t-il souligné.



« Tout est là. C’est le débat que nous mettons en avant « , a conclu Oscar Figuera.

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