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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:13

1229533771405zapaccgrandednUn dirigeant fondateur du syndicat des Commissions ouvrières (CC.OO) revient sur la mutation réformiste du syndicat historique de la classe ouvrière espagnole

Intervention de Quim Boix dirigeant fondateur des Commissions ouvrières (CC.OO) au 13ème Congrès de la Confédération générale des travailleurs du Pérou (CGTP)

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L'histoire glorieuse des CC.OO


Elles naquirent en pleine dictature, en tant qu'organisation clandestine. Elles ont résisté à une dure répression (qui est allé jusqu'à l'assassinat, sans compter les disparus, torturés et prisonniers ou encore les exilés) et ont gagné le respect et le soutien de la majorité des salariés. C'est seulement ainsi que l'on peut expliquer comment nous avons sorti Marcelino Camacho de prison, ainsi que de nombreux autres dirigeants.

Au sein des Commissions ouvrières, il était alors la norme de respecter les accords des assemblées de travailleurs. La démocratie de base a fait la force des CC.OO, en dépit de la répression fasciste.

Correspondent à cette étape, qui dure jusqu'au milieu des années 1980, les grands gains et conquêtes revendicatives pour la classe ouvrière, dans les conditions de travail (conventions collectives), dans la sécurité au travail, la formation syndicale, la sécurité sociale (y compris la santé et les retraites) etc. Des conquêtes qui commencèrent par de grandes luttes, grèves, manifestations et de nombreuses assemblées, dont les résultats étaient, au sommet, respectés par les dirigeants des CC.OO. Les CC.OO se définissaient alors elles-mêmes comme un syndicat de classe, démocratique, indépendant, de base, revendicatif et socio-politique.

Cette glorieuse histoire a commencé à se dégrader lorsque le PCE s'est transformé en un parti euro-communiste et que son secrétaire-général, Santiago Carrillo (aujourd'hui au PSOE, parti social-démocrate qui gère le capitalisme en alternant, en Espagne, avec le PP) est intervenu dans les affaires syndicales, rentrant en conflit avec les aspirations de la base militante des CC.OO.

Un exemple éclairant en est l' « Accord interconfédéral » signé par la direction des CC.OO en 1983. Des assemblées se sont tenues sur tous les lieux de travail, en particulier en Catalogne, pour que les travailleurs décident s'ils jugeaient opportuns de signer le pacte social en question. La grande majorité a dit « Non » à la signature, mais le premier secrétaire des CC.OO en Catalogne, José Luís López Bulla, a voté « Oui » à Madrid (sous pression de la direction du PCE) au moment de la décision étatique sur la signature. Dès lors, a clairement commencé le processus de dégradation du syndicalisme de classe au sein de l’État espagnol.

Les efforts de près de 30 ans de lutte interne pour corriger ces attitudes de capitulation face au système capitaliste n'ont conduit qu'à des expulsions régulières de cadres dirigeants des CC.OO. Ainsi naquirent en Espagne, au cours des dernières décennies, un trop grand nombre d'organisations syndicales de classe (nombre d'entre elles, au niveau de l'entreprise et face aux CC.OO, sont devenues majoritaires), aujourd'hui guère coordonnées entre elles.

La triste réalité de l'actuelle direction des CC.OO


Ceux qui décident aujourd'hui au sein des CC.OO ne sont plus ses adhérents, qui dans leur grande majorité sont encore partisans du syndicalisme de classe, contre le syndicalisme de concertation ou de conciliation avec le patronat. Actuellement, les CC.OO ne se définissent plus comme syndicat de classe, puisqu'ils ont abandonné cette terminologie et utilisent désormais celle d' « agents sociaux » au lieu de parler de classes sociales – autrement dit, elles utilisent (et pas seulement sur cette question) la terminologie du patronat.

Les finances du syndicat  reposent, dans des proportions très élevées (bien supérieures à 70%, avec des variations annuelles), sur des subventions très diverses que les CC.OO reçoivent du patronat et de divers gouvernements (européen, étatique, régional, municipal) et de nombreuses institutions, justifiées par la présence dans diverses réunions des dirigeants syndicaux, le paiement de cours de formation, la contribution des fonds publics (par exemple, les CC.OO reçoivent chaque année plus de 10 millions d'euros du Budget général de l'Etat). La forme encore plus perverse de collecte de fonds par les CC.OO  est cette somme pour chaque travailleur licencié que les entreprises versent aux syndicats qui signent, facilitant les licenciements, les papiers de résiliation de contrat. Cela signifie que plus il y a de licenciements, plus le syndicat ramasse (et pas des petites sommes, des millions au total).

Indépendamment de cela, les CC.OO reçoivent annuellement, pour « les investir » directement en Amérique latine, des centaines de millions d'euros de l'UE (Union européenne), justifiés dans le fond comme des « projets d'aide », également appelés Projets de Solidarité, qui sont employés de bien des manières différentes – cours de formation (avec quel contenu?), publicités dans des publications des syndicats latino-américains (par exemple dans la seconde page du mensuel du PIT-CNT d'Uruguay et dans le Bulletin des femmes de la CGT du Pérou), ou comme aides pour organiser des Congrès ou acheter des locaux pour l'activité syndicale.

Comme preuve de la dégradation des dirigeants des CC.OO, trois exemples :

1)Antonio Gutierrez Vegara, qui a remplacé Marcelino Camacho (qui n'a jamais été corrompu, lui), est passé de secrétaire des CC.OO à député du PSOE et (sauf deux exceptions) a toujours voté toutes les mesures anti-ouvrières adoptées par la social-démocratie ; 2) José María Fidalgo, qui a pris la succession d'Antonio Gutierrez, fut un des signataires (avec 49 grands patrons) du document « Transformer l'Espagne », qui indique les mesures anti-ouvrières que le capitalisme souhaite imposer, et a approuvé la récente campagne du Parti populaire pour prendre le pouvoir (il a soutenu par des déclarations et des photos avec Rato, ancien du FMI, et Rajoy aux Canaries, le 18 septembre 2011 lors d'une rencontre publique de la direction du PP) ; 3) Juan Coscubiela, qui fut pendant 13 ans secrétaire des CC.OO en Catalogne, est passé de secrétaire-général du syndicat à professeur à l'ESADE, université des jésuites où les enfants de la bourgeoisie apprennent leur futur métier de patrons.

Cette réalité de ces dirigeants qui « se font acheter » ne se limite pas à une petite minorité ; hélas la contagion a agi au fil des années touchant la majorité des dirigeants des structures territoriales et fédérales du syndicat. Le cas le plus scandaleux fut celui de Maria-Jesus Paredes, secrétaire-générale de la CONFIA (secteur financier des CC.OO) lorsque Fidalgo était secrétaire-général, qui a touché plusieurs millions pour faciliter la signature des accords sur les Caisses d'Epargne et les Banques. Dans les autres cas, l'entreprise s'est tout simplement servi de la mise à disposition arbitraire des heures syndicales, des promotions de carrière sélectives, des primes ou des congés, et d'autres types d'avantages.

En cohérence avec tout cela, au cours des dernières années, on note de plus en plus d'Accords sociaux signés par les dirigeants des CC.OO, sans aucune consultation des intéressés. Ceux qui ont fait le plus de mal à la classe ouvrière, ce sont les accords étatiques. Le dernier, datant de 2011, marque le recul de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans et l'augmentation du nombre d'années nécessaires au calcul du montant des retraites (celles-ci, en quelques années et avec le soutien des CC.OO, sont passées de 2 à 25 ans, ce qui représente une diminution moyenne de 35% des retraites perçues). Tout cela signé par les directions du syndicat sans consulter ni la base militante ni les travailleurs concernés. Ils ont demandé à être consultés, par plusieurs centaines de lettres et résolutions, que la direction des CC.OO a systématiquement ignoré. Dans le même temps, les CC.OO en collaboration avec l'UGT ont participé aux conseils d'administration des fonds de pension privés, que les dirigeants syndicats suggèrent – lorsqu'ils ne les rendent pas obligatoires par convention, comme à SEAT, pour les travailleurs embauché après 2002, à la place des augmentations automatiques de salaires tous les trois ans – comme complément à leur pension publique misérable. On remarque par ailleurs que SEAT facilite les renouvellements réguliers des voitures particulières des dirigeants syndicaux des CC.OO au sein de l'entreprise.

Pour achever leur soumission au système bourgeois, ils ont laissé sans soutien des milliers de travailleurs licenciés. Le cas le plus douloureux est celui de Telefónica, avec le soutien à des suppressions de milliers de postes de travail (de 75 000 à 36 000 actuellement, parmi lesquels les CC.OO acceptent désormais que l'on en supprime 6 000 de plus). C'est pour cela qu'aujourd'hui les nouveaux syndicats à la Telefonica (AST et COBAS) sont redevenus majoritaires sur les principales concentrations de travailleurs, comme à Madrid et à Barcelone (dans les petites unités dispersées, le patronat contribue à l'existence de délégués des CC.OO). Mais cela ne s'est pas uniquement produit à Telefónica; à SEAT, en 2005, les CC.OO ont signé un accord pour le licenciement de 600 travailleurs sans écouter leur avis.

Pour conclure, il faut souligner que sur les trois dernières années, les CC.OO n'ont convoqué qu'une seule grève générale, le 29 septembre 2010, mais sans volonté de la mener. De la même façon, dans la majorité des manifestations auxquelles elle appelle, son objectif est seulement celui de canaliser la colère des travailleurs contre la bourgeoisie et le gouvernement (sans chercher à gagner des droits), comme le reconnaissent publiquement leurs dirigeants. Juste un exemple : dans la grève générale en question, il y a plus d'un an, les dirigeants du territoire de La Rioja étaient à la tête d'un piquet anti-jaune (sur le marché central MercaRioja). Ils ont négocié avec la police, sur le point de le démonter, pour qu'ils les laissent  prendre des images télévisées d'eux à la tête du piquet, et une fois les images prises les dirigeants ont demandé aux grévistes de démonter le piquet, chose qu'ils ont refusé. Les dirigeants sont alors partis et ont laissé les grévistes se faire tabasser par la police. Hélas, cela ne fait que représenter l'orientation générale donnée par la direction nationale des CC.OO vis-à-vis des piquets de soutien à la grève générale.

Triste réalité de la trahison des dirigeants actuels des CC.OO

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 07:56

sopa-de-siglasÉchange politique entre le PC de Grèce (KKE) et le PC Espagnol : le KKE expose sa critique des illusions réformistes semées par Izquierda Unida en Espagne

Communiqué de la section des relations internationales du Comité central du KKE


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.overPM-blog.net/

 

Camarades

 

nous lisons votre lettre [voir ici en espagnol]déjà publiée et dans laquelle vous vous demandez sur quoi ce fonde l'analyse portée dans l'article de notre journal « Rizospastis ». L'article soulignait quant aux dernières élections en Grèce : « Izquierda Unida (IU) a trompé les électeurs sur l'illusion d'une 'meilleure gestion' du système capitaliste ».

 

La participation même du Parti communiste d'Espagne (PCE) à la direction du « Parti de la gauche européenne » (PGE) qui, dans ses documents fondateurs, accepte de défendre le « principes de l'UE » et s'appuie sur des positions défendant la gestion du système capitaliste constitue une réponse en soi.

 

Néanmoins, après votre lettre, il est nécessaire pour nous d'exposer publiquement certaines questions fondamentales, juste en faisant une sélection du programme électoral d' « Izquierda Unida » (IU), qui confirme la critique précise portée par l'article, et lui apporte des preuves.

 

Plus particulièrement, le programme d'IU :

 

  • ne mentionne nulle part comme une condition préalable à la libération du peuple le renversement du pouvoir du capital et la construction du socialisme. Au contraire, il nourrit une série d'illusions sur la possibilité d'une issue à la crise favorable au peuple dans le cadre de la voie de développement capitaliste ;

 

L'objectif de « bonne gestion » du système est affiché très clairement à la page 6 du programme : « nous ne renonçons pas à la gestion de l'immédiat ». Stratégiquement, cela est justifié page 18 par la « construction d'un nouveau système productif », mais toujours sur la base des vieux et dépassés rapports de production capitalistes, reposant sur l'exploitation. Page 6, nous ne trouvons pas comme objectif le renversement du capitalisme mais le « dépassement du modèle social, politique, culturel dominé par le néo-libéralisme ». En d'autres termes, l'ensemble de votre démarche identifie comme le problème une forme de gestion capitaliste (néo-libéralisme) et en partage une autre, une gestion prétendument meilleure. Ne tournons pas autour du pot, voilà le cœur du programme d'IU, renvoyant à une gestion social-démocrate.

 

  • Il renvoie l'idée que l’État capitaliste puisse être un rempart pour protéger les droits de la classe ouvrière et du peuple. Ce qui va à l'encontre de la réalité même qui démontre combien l’État capitaliste est un État de classe, au service des monopoles, et encore plus dans un contexte de libéralisation d'un capital qui fait passer de façon énergique des mesures brutales dans les rapports de travail, par rapport aux salaires, qui s'en prend à tous les droits des travailleurs.

 

 

Dans le cadre de cette opération visant à redonner une nouvelle virginité à l’État capitaliste, le programme fait une allusion éclairante à cet égard, page 22 : « nous faisons la proposition d'un État social participatif qui, maintenant une place centrale au secteur public, défende l'intérêt public, l'égalité, la solidarité... ».

 

Dans la même veine : « L’État doit contre-balancer les mécanismes du marché, et pas seulement les corriger ». On entretient l'utopie que l'économie capitaliste, le système capitaliste pourri et son anarchie puissent être maîtrisés, « contre-balancer » et que cela puisse profiter aux travailleurs. Ce mot d'ordre crée sans aucun doute la confusion parmi les travailleurs, constitue un frein à l'activité militante et va dans le sens de l'intégration des forces populaires aux objectifs des forces du capital.

 

Page 7, l'objectif est : « la création d'emplois dans le secteur public, car les entreprises rencontrent en ce moment beaucoup de difficultés à en créer sans aide publique ». Au même moment où la classe ouvrière est poussée dans la pauvreté et la déchéance, le programme d'IU exprime... son inquiétude vis-à-vis des « nombreuses difficultés » que rencontrent les capitalistes. En réalité, il légitime leurs appels à l'aide, leurs demandes d'argent public frais qui agissent comme un instrument pour réduire ou/et supprimer les allocations chômage au nom de l' « aide à l'emploi » qui est un principe de l'UE, et dont IU est un partisan résolu.

 

On ne laisse par ailleurs subsister aucun doute sur les relations salariales en vigueur dans ce type d'emploi puisque le programme déclare, page 7, en usant la terminologie de l'UE et des organisations patronales : « la redistribution et la rationalisation de l'emploi existant ». Pour la classe ouvrière, cela signifie qu'IU donne le feu vert à la flexibilisation des horaires de travail, à la suppression des conventions collectives, à la généralisation des emplois à temps partiel.

 

  • La conception opportuniste et bourgeoise de la crise capitaliste comme étant une crise de la dette est reproduite, mais l'origine de la crise capitaliste réside dans la sur-accumulation de capital. La dette est présentée comme un problème qui doit concerner la classe ouvrière et le peuple, une dette dont ils ne sont pas responsables et que la ploutocratie doit payer.

 

 

Ainsi, il soutient la position trompeuse selon laquelle les peuples auraient quelque chose à gagner à la renégociation de la dette et à l'émission d'obligations de la part de l'UE (page 18). Ne s'agit-il pas ici de « bricolage » gestionnaire au vu de l'impasse dans laquelle se trouve le système capitaliste ? Le peuple grec a cependant une amère expérience des nouveaux prêts qu'on leur demande de payer, comme cela s'est produit avec le célèbre 'rabais' de 50%, tout comme avec les propositions avancées par certains secteurs de la ploutocratie d'émission d'obligations de la part de l'UE.

 

  • Votre programme est résolument tourné vers le soutien de l'UE impérialiste, ennemi du peuple, et abonde de réflexions sur la nécessité de la sauver et de la « corriger », et non de la dissoudre.

 

 

Il parle d'un « changement complet dans le modèle de la construction européenne » (page 17), prend l'engagement de « changer la politique étrangère actuelle (…) de l'UE » sans remettre en question, ne serait-ce qu'un instant cette organisation impérialiste inter-étatique et par ailleurs sans évoquer la nécessité d'un retrait de l'UE.

 

De plus, il légitime complètement les critères du Traité de Maastricht et du Pacte de stabilité, qui constituent un levier dans la mise en œuvre de mesures contraires aux travailleurs, avec la proposition de « reculer la date limite pour la réduction du déficit à 3% d'ici 2016 » (page 18). Il affirme également sa compatibilité avec les critères du grand capital afin de réduire encore le prix de la force de travail.

 

Il affirme que : « l'UE doit acheter la dette publique des Etats-membres et émettre autant d'obligations que nécessaire en vue d'empêcher la spéculation » (page 18). Il alimente la logique selon laquelle l'UE pourrait adopter un visage pro-populaire et proposer une issue à la crise qui serait dans les intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires. Dans le même temps, nous savons tous que l'UE a été constituée par les gouvernements bourgeois afin de défendre les monopoles européens dans la concurrence internationale avec les monopoles américains, russes, japonais et chinois d'une part, et d'autre part afin d'exploiter de façon encore plus intense et coordonnée les travailleurs, défendant le pouvoir bourgeois par tous les moyens possibles, et par de nouveaux appareils politiques et répressifs. Voilà ce qu'est l'UE, une organisation au service des monopoles ! On ne peut la corriger de l'intérieur, car les monopoles constituent sa « cellule » et le pouvoir bourgeois sa « colonne vertébrale » ! La seule perspective positive offerte aux travailleurs est le retrait de tous les pays de cette union, l'instauration du pouvoir populaire qui mènera à la socialisation des principaux moyens de production, à la planification centralisée et au contrôle ouvrier.

 

Seul ce pouvoir peut libérer le peuple de cette énorme dette publique dont il n'est en rien responsable.

 

Votre programme lance un appel à l'UE même afin qu'elle fasse une exception au principe de liberté de mouvement du capital dans le cas des relations entre Etats-membres et paradis fiscaux (page 12). Par conséquent, il ne lutte pas contre la liberté de mouvement du capital dans son ensemble (principe fondamental du Traité de Maastricht défendu par le PGE et sa direction à laquelle participe le PCE) mais demande des exceptions à la règle générale qui continuera à exister indéfiniment et constituera un outil entre les mains du capital pour casser les droits et acquis des travailleurs et du peuple. Une fois de plus, ces propositions visent à la gestion et non au renversement de la barbarie capitaliste.

 

  • Par ailleurs, votre programme idéalise le capitalisme et défend l'idée que le capital et son pouvoir, reposant sur l'exploitation capitaliste, puisse devenir « moral » et « juste ».

 

Comment définir autrement la position suivante (page 51) si ce n'est par le parti-pris d'une « bonne gestion » du capitalisme ? « Dans le cas où serait entamé un processus de privatisations, IU s'engage à lutter contre elles en coopération avec les syndicats et les mouvements sociaux, demandant au moins que cette décision soit adoptée de façon démocratique et transparente avec forte participation des citoyens concernés ». De la même façon, page 81, l'objectif de « mise en conformité des accords commerciaux avec les droits de l'homme ». En d'autres termes, privatisations, accords commerciaux capitalistes mais... avec moralité et transparence, un … capitalisme moral est possible si on suit le programme d'IU et les positions du PGE.

 

Camarades,

 

les éléments ci-dessus ne sont qu'un aperçu du type de positions qui confirment le bien-fondé des critiques avancées par le journal du KKE. Ces positions n'ont aucun lien avec la lutte pour le renversement du pouvoir capitaliste. Au contraire, elles fournissent un alibi au capitalisme, elles nourrissent des illusions et contribuent à le pérenniser et cela, en réalité, à une époque où de plus en plus d'ouvriers, de travailleurs prennent conscience de ses limites et sont à la recherche d'une issue à la barbarie capitaliste.

 

Cette issue ne peut être le « socialisme du 21ème siècle » qui constitue une négation du socialisme scientifique, du pouvoir ouvrier, de la socialisation des moyens de production et de la planification centralisée et représente en réalité un capitalisme humanisé qui est irréalisable.

 

Finalement, dans votre lettre à notre parti, vous affirmez également qu'il est « temps de construire l'unité de la gauche conséquente ». La ligne de gestion social-démocrate d'un capitalisme « humanisé », la négation du socialisme tel qu'il a existé au 20ème siècle sur la base de positions anti-scientifiques, anti-historiques – voilà la base politique idéologique de cette « unité de la gauche ». Ces orientations constituent autant d'obstacles à la lutte de classes, au rassemblement des forces populaires et sociales contre la voie de développement capitaliste. Et ce la produit dans un contexte où la coordination de l'action de la classe ouvrière, des travailleurs indépendants, des petits paysans, des femmes, des jeunes devient impérative en vue du renforcement de l'alliance populaire et de la lutte pour les intérêts des travailleurs, pour le renversement du pouvoir des monopoles.

 

La validité de cette ligne est confirmée par notre expérience, par le développement de la lutte en Grèce où, comme cela est désormais bien connu, 22 grèves générales, d'innombra bles conflits de classe ont été organisés, avec un rôle dirigeant joué par le PAME sur la base du mot d'ordre « sans toi, aucun rouage ne peut tourner, travailleur, tu peux t'en sortir sans les patrons » et en nous concentrant sur l'organisation de la lutte dans les usines, sur les lieux de travail.

 

Camarades,

 

En réponse à votre requête, nous publierons votre lettre et notre réponse dans notre journal « Rizospastis » afin d'informer les travailleurs des positions de chaque pays et de leur permettre de tirer leurs propres conclusions.

 

 

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 06:03

dsk-zapatero.jpgStéphane Hessel, en tournée en Espagne, avoue son admiration pour Zapatero et appelle à voter socialiste aux prochaines élections, drôle de parrain pour les « indignés » espagnols

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le bref séjour promotionnel de Stéphane Hessel en Espagne au début du mois de septembre a prouvé une nouvelle fois le décalage entre le rôle que l'idéologie dominante veut lui faire jouer et le fond de sa pensée politique.



Invité le premier septembre dernier à faire la promotion de son nouveau livre « Engagez-vous ! » à Madrid, Stéphane Hessel a parlé franchement aux journalistes venus interroger le père spirituel des « indignados » espagnols



Et la cohérence politique de ses opinions politiques ne peuvent que faire réfléchir sur la fonction que joue le mouvement des « indignés », et son surprenant inspirateur, dans la canalisation de la colère populaire.



A la question Que doit faire le mouvement des indignés ?, Hessel répond sans ambiguïtés : « Il faut commencer par utiliser les partis les plus démocratiques, les soutenir aux prochaines élections ». Autrement dit, la récupération du mouvement par les partis institutionnels dominants dans une perspective ouvertement électoraliste.



Mais quel est ce « parti démocratique » que l'inspirateur des « indignés » encourage à soutenir en Espagne pour les élections législatives de novembre ?



Après avoir rappelé qu'il est un « sympathisant du Parti socialiste en France », Hessel dévoile son choix de cœur pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de José Luis Zapatero.



Une position qu'il justifie par son admiration pour le premier ministre espagnol actuel : « J'ai beaucoup de sympathie pour José Luis Zapatero (…) j'ai toujours été un admirateur de Zapatero ».



Adhésion plus idéologique que personnelle, puisqu'il soutient ardemment son successeur Alfredo Rubalcaba pour les législatives de novembre : « Je crois que Rubalcaba peut être un autre grand Espagnol ».



Stéphane Hessel soutient donc le « parti le plus démocratique » en Espagne, le Parti socialiste, celui qui vient de faire passer au Parlement, avec les voix de la droite et contre la seule opposition des communistes, un coup d’État constitutionnelqui inscrit dans la Constitution la 'règle d'or' budgétaire.


espana-paro-desempleo-rodriguez-zapatero

Un « parti démocratique » qui impose depuis trente ans une politique  ult ra-libéralequi a mené le peuple Espagnol à la catastrophe actuelle, avec ses 4 millions de chôme u rs et ses 9 millions de pauvres.



José Luis Zapatero, modèle de Stéphane Hessel, a été un pionnier des plans d'austéritéen Europe dès 2008 avec son plan E, de renflouement des banques et des industriels. Depuis trois ans, il coupe dans les salaires, privatise à tour de bras, multiplie les cadeaux aux entreprises tout en pressurent les travailleurs.



705179 stephane-hessel-et-nicolas-hulotRien de surprenant finalement à ce que ce « socialiste » (de droite) qu'est Stéphane Hessel, dont le cœur balançait encore en France entre Nicolas Hulot et Dominique Strauss-Kahn il y a quelques mois de cela (cf Stéphane Hessel et l’indignation, guides par défaut de la révolte sociale ? Inconcevable !), fasse l'éloge en Espagne de l'élève-modèle de l'UE du Capital, le social-libéral Zapatero.



Ce qui est surprenant, c'est cette persistance chez certains, en France comme en Espagne, à chercher dans les écrits de Stéphane Hessel la source d'inspiration d'une ligne de lutte et de rupture avec le système capitaliste.



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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:06

EL GENERALISIMODéclaration du PC Espagnol pour le triste 75ème anniversaire de la proclamation du coup d’État franquiste qui mit à fin à l'expérience démocratique de la Seconde République


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Aujourd'hui, comme en 1936, les pouvoirs économiques exigent la détérioration des conditions de vie des citoyens pour conserver leurs privilèges.



La responsable à la mémoire historique du PCE, Gloria Aguilar a rendu publique, aujourd'hui, une déclaration officielle soulignant que le 18 juillet 1936, il y a soixante-quinze ans, un coup d’État, fruit d'une conspiration soigneusement préparée, mit fin à l'expérience démocratique de la seconde République et déclencha une guerre civile sanglante. Puis vinrent quarante années d'un régime cruel qui ne s'acheva qu'avec la mort du dictateur.



Cela fait trente-deux ans que la Constitution et la Transition espagnole ont officiellement proclamé la liquidation de cette période de l'histoire, mais en dépit de cela des échos de cette époque continuent de se faire entendre. Ils n'ont pas éteint les espoirs de régénération de la vie publique espagnole qu'a suscité le régime républicain. Ils n'ont pas tué les aspirations à la justice sociale qui ont mené des centaines de milliers d'hommes et de femmes à lutter au front pour la République.



Nous n'avons pas voulu ni su soulager les larmes des victimes de la répression. Par ailleurs, face aux souhaits légitimes de revendiquer cette mémoire et d'enterrer les siens dignement exprimés par nombre de familles, nous avons opposé dans un premier temps le silence et le mépris, puis la négligence ; finalement il se peut que nous soyons dans le seul pays démocratique au monde qui condamne des juges qui cherchent à enquêter sur les crimes de la dictature tandis que les bourreaux restent impunis.



Soixante-quinze ans après, il est plus que jamais nécessaire de se servir de cette mémoire historique pour tirer de celle-ci quelques leçons essentielles pour un présent aussi troublé que le notre où les puissants ont de nouveau recours à l' « état de nécessité » pour nier au peuple ses droits et acquis les plus élémentaires.



Il est difficile d'imaginer que les chars de l'armée espagnole puissent de nouveau envahir les rues pour réprimer ses concitoyens. Cependant, cela s'est déjà passé pour d'autres peuples dans le monde et le prétexte fut le même que celui invoqué en 1936 : « l'anarchie », le « désordre », l' « incompétence » des gouvernants légitimement élus, un prétexte qui, comme en 1936, a eu un prix terrible en vies humaines et a induit un terrible recul pour toute l'humanité.



En Espagne, aujourd'hui, comme en 1936, les pouvoirs économiques exigent la détérioration des conditions de vie des citoyens pour conserver leurs privilèges. Ils n'ont pas besoin cette fois de lancer une quelconque guerre civile.



Au nom de la « rigueur », de l' « inévitable » et avec l'aide puissante d'une armée qu'ils appellent « le marché », composée de spéculateurs sans scrupules et de politiciens conciliant vis-à-vis de ses diktats, ils cherchent à réaliser un coup d’État sans effusion de sang mais qui serait fatal aux droits reconnus dans cette Constitution qu'ils louent avec tant de zèle.


L'Histoire ne se répète jamais, mais elle nous laisse quelques enseignements et parmi ceux-ci, peut-être celui du 18 juillet 1936 est un des plus importants : le peuple qui se résigne et ne lutte pas pour ses droits légitimes est victime de l'horreur et de l'oubli. Celui qui lutte pour eux, en dépit des défaites, maintient allumée la flamme de l'égalité et de la justice. Franco a gagné en 1936 mais il n'a pas battu les espagnols. « Le marché » nous combat sur tous les fronts, mais il ne vaincra pas non plus les espagnols et les européens, si nous savons le combattre.



Alors que l'on se remémore les 75 ans du soulèvement militaire que lançait Franco à Melilla, en tant que PCE, son secrétaire-général, José Luis Centella « exige une fois de plus que cesse l'injustice historique qui maintient des milliers de démocrates enterrés et non-identifiés dans des fosses communes contrairement au Dictateur », et il continue en disant « que tandis que la personne qui a déclenché une guerre qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes est enterrée avec tous les honneurs dans un grand mausolée, les victimes continuent d'être enterrées dans les fosses de ce pays ».



Enfin, en tant que PCE on exige justice et réparation par le biais du retrait de la tombe de Franco du Valle de los Caidoset l'élargissement de la loi de Mémoire historique à la juste indemnisation des victimes et de leurs familles.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 06:10

LARA-ZAPATEROLes communistes d'Extrémadure refusent d'apporter leur soutien décisif au gouvernement régional socialiste contre la décision de la direction nationale d'Izquierda Unida

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Cf le dossier spécial: Dossier: Parti communiste contre Izquierda Unida en Espagne

 

 

Les élections locales espagnoles du 22 mai dernier avaient sanctionné lourdement le Parti socialiste, maître d’œuvre de l'austérité, qui perdait 7 points et 1 million 500 000 voix par rapport à 2007.

 

Pire, les socialistes perdaient cinq régions dont la Castille-la-Manche, l'Aragon et les Asturies. Leur dernier espoir restait de conserver l'Extrémadure, dans la perspective unique d'un accord avec Izquierda Unida.

 

 

 

Les remous dans les fédés causés par le double discours de la direction d'IU vis-à-vis du PS

 

 

De son côté, Izquierda Unida (IU) stoppait l'hémorragie continue depuis quinze ans sans décoller, avec 6,13% des voix. Toute l’ambiguïté du vote pour Izquierda Unida, se nourrissant à la marge de la colère envers le PS, résidait dans le double discours de sa direction, vilipendant le PSOE dans ses discours publics tout en pactant encore inconditionnellement avec lui.

 

Dans les fédérations, la stratégie d'effacement du PCE et de subordination au PSOE a causé des remous et de profondes querelles internes.

 

En Asturies, en dépit des chantages et des menaces mises en effet de l'exclusion collective, les communistes décidaient de présenter une liste communiste contre la liste Izquierda Unida, collaborant au gouvernement régional anti-social du PSOE.

 

En Extrémadure, cette dernière solution a longtemps été privilégiée. Soumis à d'intenses pressions nationales, les communistes locaux ont décidé de prendre la tête de la liste d'Izquierda Unida en y mettant un contenu communiste. Sans compromission avec le PSOE et en mettant en avant des objectifs de lutte contre la politique du pouvoir et du capital.

 

 

Les communistes d'Extrémadure, récompensés de leur ligne de lutte, en position de décider

 

 

La ligne incarnée par les communistes d'Extrémadure a trouvé un écho chez les travailleurs de la province. Avec 6,15% des voix, IU progressait sur les résultats de 2007 et obtenait trois sièges à l'Assemblée provinciale. Pendant ce temps, le Parti populaire empochait 32 sièges contre 30 pour le Parti socialiste ouvrier espagnol.

 

Sachant que la majorité absolue était fixée à 33 sièges, la dernière chance pour le PSOE était de parvenir à convaincre les communistes locaux de signer un accord de gouvernement avec les socialistes. Quitte à utiliser son allié objectif, la direction nationale d'Izquierda Unida.

 

Les masquent tombent : la direction d'IU donne ordre de soutenir inconditionnellement le PS pour des « majorités de gauche »

 

Car un vent de panique a soudain pris les directions nationales d'IU et du PCE. Aux discours gauchisants d'avant scrutin succédaient les tractations pragmatiques et les combinaisons politiciennes avec le PS.

 

Déjà, le 12 juin dernier, le secrétaire-général du PCE, José Luis Centella, en accord avec le coordinateur général d'IU Cayo Lara publiait un communiqué surprenant où il annonçait sa volonté ferme de mettre fin aux cas des municipalités et provinces où les communistes locaux refusaient l'alliance avec le PSOE.

 

Il confirmait donc le retour de la politique d'alliances inconditionnelles localement – jamais cessée en réalité – du PCE et d'IU avec le Parti socialiste, qualifiant le parti de l'austérité d' « organisation progressiste et de gauche ».

 

A un an des élections législatives, Izquierda Unida ne pouvait se permettre de mettre en action en Extrémadure les diatribes sans conséquence de sa direction nationale contre la politique du PSOE. Sous peine de perdre nombre de ses fiefs locaux, dépendants du PSOE.

 

Les menaces d'exclusion de Cayo Lara : « Il y aura un avant et un après »

 

Pleinement conscient de cet état de fait, maître dans l'art de la duplicité, le dirigeant d'IU Cayo Lara est venu expliquer le 17 dernier, jour où la direction d'IU Extrémadure débattait de la position à adopter, aux communistes Extrémaduriens ce qu'ils risquaient à défier la décision de la direction nationale d'IU réaffirmée : pas de gouvernement minoritaire PP, entendre alliance inconditionnelle avec le PSOE partout.

 

Comme à l'accoutumée, quand les communistes décident et que leur décision de lutter contre la politique du capital d'où qu'elle vienne ne plaît pas à la direction nationale, les menaces ne sont pas loin.

 

« Il y aura un avant et un après »déclarait alors Cayo Lara aux dirigeants locaux d'IU. « Cela n'affecte pas seulement un territoire mais les fédérations d'IU dans toute l'Espagne. Si IU a répété mille fois que l'on ne facilitera pas de gouvernement PS et qu'en Extrémadure on le fait, alors le projet va à la rupture ».Pour Lara, il s'agit de sauvegarder l'unité du projet IU autour de l'alliance avec le PS.

 

La présidence fédérale de IU réunie ce 17 juin décidait d'attendre le résultat de la consultation locale des militants d'IU, non contraignante, prévue le week-end dernier avant de voter lors du Conseil politique le 19 juin.

 

 

Le PC d'Extrémadure appelle à respecter le vote massif des militants contre l'alliance avec « une force avec un nom de gauche et une politique de droite »

 

 

Pce19De son côté, le Parti communiste d'Extrémadure (PCEx), hégémonique dans l'IU local, exprimait sa position déclarant « que le Parti communiste soutient sans réserve ce qui sortira de la consultation, qui doit se transformer en décision »,mettant en garde contre un désaveu des militants par les directions d'IU.

 

Les communistes d'Extrémadure rappelaient le dilemme d'IU soumis à un choix proche du blanc bonnet et bonnet blanc : « Il n'est assurément pas facile de choisir entre une force de droite et une autre avec un nom de gauche et une pratique politique de droite. L’Extrémadure n'est pas un exemple à imiter pour la gauche après 28 années continues de gouvernements PSOE, 24 d'entre elles avec une majorité absolue. En Extrémadure, on a eu la baisse du salaire des fonctionnaires, la réduction des prestations et des services sociaux, la privatisation des services publics, etc. »

 

« IU n'est pas, ou ne doit pas être, une force subalterne qui se satisfait de négocier des petits gains avec ceux qui sont installés au pouvoir. Cette stratégie est ce qui a mené Izquierda Unida à ne conserver qu'un seul député au Congrès, et à être ignoré des citoyens ».

 

La consultation interne a donné à une écrasante majorité le soutien à l'option de l’abstention des députés d'IU vis-à-vis de l'investiture du gouvernement. Pourtant, le Conseil politique d'IU-Extrémadure n'en a pas moins été houleux. Et si la décision a été finalement prise à la majorité de ne pas soutenir de gouvernement régional socialiste, un seul des trois députés élus s'est déclaré en faveur de cette solution conforme au vote des militants.

 

 

Izquierda Unida vers l'implosion ? La direction tente de maintenir l'unité par la force : des menaces aux sanctions, de la conciliation à l'exclusion

 

 

De son côté, Cayo Lara est passé des équivoques aux menaces ouvertes. Pour lui, la décision souveraine des communistes d'Extrémadure « se situe en dehors de la politique nationale d'IU qui consiste à tirer vers la gauche la politique en Extrémadure et dans toute l'Espagne ».


 

Lara a annoncé que la présidence nationale d'IU allait annoncer les sanctions que prendra la direction d'IU envers les 'renégats' d'Extrémadure. Si Cayo Lara n'osait jusqu'ici pas prononcer le mot d'exclusion, désormais il est à l'ordre du jour mais pas avant « que la décision ne soit prise par les organes correspondants ».

 

Le secrétaire à l'organisation d'IU, Miguel Reneses, a été plus clair. « Si la politique des députés d'Extrémadure se situe en dehors d'IU, si la fédération d'Extrémadure se situe en dehors d'IU, alors elle s'auto-exclura ».

 

Il faut rappeler que c'est sous pression de Cayo Lara et de la direction nationale d'IU que le PCE avait exclu 200 militants et dirigeants communistes Asturiens qui avaient décidé de présenter une liste communiste contre celle d'IU.

 

 

L'hypocrisie de la direction nationale d'Izquierda Unida apparaît au grand jour. Derrière la phraséologie gauchisante anti-PS de Cayo Lara se révèle la subordination fondamentale du projet Izquierda Unida envers le PS, que ce soit sous la forme d'un « pôle de radicalité » à la Julio Anguita ou à la Cayo Lara, ou sous la forme d'un cartel d'élus ouvertement rangé derrière le PSOE, sous la période Gaspar Lllamazares.

 

L'ancienne direction menée par Llamazares, anti-communiste, réformiste et pro-socialiste affiché avait le mérite de l'honnêteté. Cayo Lara et sa nouvelle direction avançaient masqués. Les camarades d'Extrémadure sont en train de les démasquer et de révéler toutes les contradictions du projet de « refondation d'Izquierda Unida ».

 

Depuis 25 ans, les communistes espagnols sont piégés dans le carcan d'Izquierda Unida. Après un feu de paille électoral et une illusoire position d'indépendance vis-à-vis du PS, ils vivent depuis un déclin chronique et une subordination pleine et entière au PS, étouffant un PC qui devrait être le fer de lance des luttes sociales.

 

Plus que jamais le peuple d'Espagne a besoin d'un Parti communiste fort, présent dans les luttes et pas dans les coulisses des combinaisons électorales ! Les communistes espagnols doivent sortir du piège institutionnel d'Izquierda Unida pour retrouver le terrain de la lutte des classes !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Espagne
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