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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:41

4blog_-_tourist_sign_540x361.jpgUne scène de crime : la Nouvelle-Orléans



Traduction AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Article du journaliste d'investigation américain Greg Palast, repris par le Morning star, issu de son livre « Vultures picnic » (prix du livre de l'année de la BBC)



C'était il y a dix ans, la Nouvelle-orléans était noyée sous les eaux. De quoi oser mettre Dame Nature sur le rang des accusés. Mme Katrina n'a tué personne dans cette ville. Mais c'était un homicide, avec près de 2 000 morts. Si ce n'est Katrina, qui est responsable ? Qui est à accuser pour l'avalanche d'eau dévastatrice qui a enseveli cette ville ?



Il ne s'agissait pas d'un acte de Dieu. C'était un acte de Chevron, celui d'Exxon, des grandes compagnies pétrolières.



Regardez ces chiffres extraits des statistiques de l'Etat de Louisiane : Conoco 3,3 millions d'acres, Exxon Mobil 2,1 millions d'acrres, Chevron 2,7 millions d'acres, Shell 1,3 million d'acres.



Voici le total des terres humides rognées par ces quatre compagnies en quelques décennies. Si vous n'êtes pas agriculteur, je vous fais la conversion en superficie urbaine – c'est 23 688 km2 (NdT : l'équivalent du territoire de la Slovénie!) qui a fini au fond du Golfe du Mexique.



Voilà ce qui s'est passé. La Nouvelle-Orléans opposait depuis longtemps un grand espace marécageux au Golfe du Mexique. Les ouragans et les tempêtes devaient traverser une forêt de mangrove protectrice de plus de 150 km.



Mais ça, c'était il y a un siècle, Standard Oil – l'ancêtre d'Exxon – a commencé à poser des plate-formes de forage, à acheminer des oléoducs, à aménager des voies de navigation pour les tankers dans ce qui était jadis une douce prairie herbeuse sur le delta.



La plupart de ces magnifiques bayous que vous voyez sur les cartes postales ne sont que les cicatrices, les plaies des travaux dans la prairie qui fut un temps le cœur de l'élevage bovin américain. Les bayous, plein d'alligators et d'écrevisses, ont gagné du terrain tandis que le littoral s'effritait.



Les opérations pétrolières ont rapproché le golfe de la Nouvelle-Orléans, 6 km par an.



Un des chenaux creusés pour le bon plaisir d'Exxon, le canal de la Rivière-Golfe du Mississippi, a été surnommé l' « Autoroute de l'Ouragan » par les experts – bien avant Katrina – qui a invité la tempête à passer les portes de la ville, les digues.



Sans l'holocauste des arbres et de la prairie du aux grandes compagnies pétrolières, « Katrina n'aurait été qu'un ouragan de petite importance », m'a confié le professeur Ivan van Heerden.



Van Heerden, autrefois vice-directeur du Centre sur les ouragans de l'Université d'Etat de Louisiane (LSU), est un des plus grands spécialistes mondiaux des ouragans.



Si seulement ils avaient laissé juste 10 % de ce glacis protecteur, la face des événements aurait changé. Mais ce ne fut pas le cas.



Van Heerden m'a fait faire un tour dans la zone de combat, dans la guerre du pétrole. C'était la 9 ème section basse (Lower ninth ward) de la Nouvelle-Orléans, qui détenait le record de concentration de foyers afro-américains aux Etats-unis. Désormais, il détient un autre record : celui del a concentration de décombres appartenant à des familles afro-américaines.



Nous nous tenions devant une maison, des années après Katrina, avec un « X » peint à la bombe sur le mur et « 1 chien mort », « 1 chat », le nombre 2 et « 9/6 » partiellement recouvert d'une note de saisie.



Le professeur traduit : « 9/6 », cela signifie que les sauveteurs n'ont pu atteindre la maison pendant 8 jours, donc le « 2 » – le couple qui vivait ici – a du nager péniblement avec leurs animaux jusqu'à ce que la montée des eaux les pousse contre le plafond et qu'ils étouffent, leurs cadavres gonflés d'air ont flotté pendant une semaine encore.



En juillet 2005, van Heerden a averti la Chaîne numéro 4 : « D'ici un mois, la ville pourrait se retrouver sous les eaux ».



Un mois après, c'était le cas. Van Heerden a tiré la sonnette d'alarme pendant au moins deux ans, parlant même auprès de la Maison Blanche et George Bush d'une situation d'urgence – avec le golfe se rapprochant, les digues étaient trop courtes de 50 cm.



Mais le corps des ingénieurs de l'armée était occupé avec d'autres rivières – le Tigre et l'Euphrate.



Donc lorsque ces digues ont commencé à céder, la Maison blanche, espérant éviter toute responsabilité fédérale, n'a pas dit au gouverneur de la Louisiane Kathleen Blanco que les digues lâchaient.



Ce lundi soir, le 29 août, avec la tempête contournant la Nouvelle-Orléans, le gouverneur avait arrêté l'évacuation de la ville.



Van Heerden était avec le gouverneur au Centre d'urgence de l'Etat. « A minuit, lundi, la Maison-blanche savait. Personne parmi nous ne savait ». C'est alors que les noyades ont commencé.



Van Heerden était censé garder cela secret. Il ne l'a pas fait. Il m'a dit, face à la caméra – sachant que le flot de dénonciation officielle retomberait sur lui.



On lui a dit de garder le silence, d'ensevelir la vérité. Mais il m'a dit plus, beaucoup plus : « je n'allais pas écouter toutes ces menaces, les laisser me réduire au silence ».



Bien, ils l'ont fait taire. Après avoir rendu public la menace permanente, vitale que constituent les creusement de canaux pour les compagnies pétrolières, LSU (l'université de Louisiane) a fermé son Centre sur les ouragans – vous pouvez imaginer cela ? – et ont viré le prof van Heerden et ses experts associés.



. Le chèque était transmis par un groupe appelé « Terres humides d'Amérique » – qui fait du lobbying pour aller plus loin dans le forage sur les terres humides.C'était juste après que l'université a reçu un chèque de 450 000 € de Chevron



A la place de van Heerden et de ses experts indépendants, le nouveau « Centre sur les terres humides » de la LSU compte des professeurs choisis par un conseil de bureaucrates issus de l'industrie pétrolière.



En 2003, les gens aux Etats-unis ont protesté : « Pas de sang pour le pétrole » en Irak. Il est temps que nous disions : « Pas de sang pour le pétrole », mais en Louisiane.



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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 05:35

rockwell the-problem-we-all-live-withLa ségrégation dans les écoles américaines est plus marquée en 2014 que dans les années 1960, selon une étude de l'UCLA

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les Etats-unis, stade suprême du capitalisme, image terrifiante de ce à quoi peut ressembler notre avenir : des dizaines de millions d'Américains soumis à l'incarcération de masse, aux bons alimentaires pour survivre, à l'absence de couverture santé, à l’endettement insoutenable et la ségrégation encore et toujours.

 

On l'oublie souvent aujourd'hui, mais les Etats-unis présentés comme « bastion de la liberté » par le Président Truman pendant la Guerre froide était un pays qui tolérait l'« apartheid », la « ségrégation » dans les États du Sud.

 

Officiellement, la ségrégation n'a été déclarée inconstitutionelle qu'en 1954 avec l'arrêt de la Cour suprême Brown vs Board of Education.

 

L'idée raciste, faussement tolérante et multi-culturelle, « separate but equal » (être séparés mais égaux) devient « separate is inherenty unequal » (être séparés est en soi inégalitaire).

 

Il a fallu attendre 1964 – et les mobilisations massives du Mouvement pour les droits civiques, soutenu par les communistes –, le « Civil rights act » pour que la ségrégation soit officiellement abolie.

 

Les livres d'histoire s'arrêtent généralement là. Pourtant, ceux qui connaissent le système éducatif américain de l'intérieur sont frappés aujourd'hui de constater la prégnance d'écoles encore fortement ségrégées, sur une base de race et de classe.

 

C'est à partir de cette intuition que deux chercheurs de l'UCLA (Université de Californie-Los Angeles) Gary Orfield et Erica Frankenberg vont mener une étude posant une question qui dérange : les écoles américaines sont-elles plus, ou moins ségrégées que dans les années 1960 ?

 

Le titre de l'étude révèle à la fois une thèse claire mais nuancée : « Brown a 60 ans : de grands progrès, un long recul et un avenir incertain ».

 

Les chercheurs ont adopté un parti heureux, qui étaye et renforce leur enquête : celui de ne pas dissocier la question « raciale » de celle « sociale », donc d'intégrer la dimension de classe, de l'origine socio-économique des élèves à l'étude de la ségrégation.

 

Le constat délivré par les chercheurs de l'UCLA est édifiant, il peut être résumé en quatre points :

 

1 – De la dé-ségrégation dans le Sud à la re-segrégation, une situation pire qu'en 1968 !

 

Pour prouver le succès ou non de la politique de « déségrégation », il faut examiner la situation des élèves noirs dans les États du Sud, héritiers de la ségrégation institutionnelle.

 

Lapalissade, la situation ne pouvait que s'améliorer par rapport à 1954 où 0 % des étudiants, bien entendu, étudiaient dans des écoles à majorité blanche dans le Sud. Le chiffre est encore de 0,1 % en 1960, 2,3 % en 1964, preuve de la vacuité de l'arrêt « Brown vs Board of education ».

 

A partir des années 1960, la situation va grandement s'améliorer : en 1968, 23 % des élèves noirs du Sud assistent à des cours dans des écoles à majorité blanche, un chiffre qui monte à 37 % en 1980, pour atteindre un pic de 43 % en 1988.

 

Depuis, les Etats du sud connaissent un processus de re-ségrégation : la part d'élèves noirs au Sud inscrits dans des écoles à majorité blanche chute à 31 % en 2000, et moins de 23 % en 2011. Les écoles du Sud sont donc autant voire plus ségrégées aujourd'hui qu'en 1968 !

 

2 – Plus de ségrégation raciale partout en 2011 qu'en 1968, sur une base de classe

 

L'échec de la déségrégation peut être étendu à tout le pays. Aujourd'hui, en 2011, la majorité des étudiants blancs, latino et noirs sont enregistrés dans des écoles où la majorité des élèves sont de leur « groupe ethnique ».

 

Aujourd'hui, un étudiant blanc a dans sa classe 73 % de Blancs, 8 % de Noirs, 11 % de Latino. Sur une classe de 25 élèves, cela fait 18 blancs, 2 noirs et 3 latino-américains.

 

Un étudiant noir a, lui, 50 % de camarades de classe noirs, 27 % de Blancs, 17 % de Latino. Sur 25 élèves, cela fait 13 noirs, 7 blancs, 4 latino-américains.

 

Enfin, un étudiant latino-américain compte 57 % d'étudiants latino, 25 % de blancs, 10 % de noirs. Toujours dans une salle de classe de 25 élèves typique pour un étudiant latino, on a 14 latino-américains, 6 blancs et 3 noirs.

 

Ce simple constat numérique permet de constater la persistance d'une forte ségrégation dans les écoles de l'ensemble du pays.

 

A juste titre, les chercheurs évoquent le concept de « double ségrégation » pour expliquer cette résurgence du phénomène ségrégatif : ségrégation sur une base de « race » et sur une base de classe.

 

Les chercheurs rappellent d'abord que 45 % des étudiants américains sont considérés comme pauvres (!), c'est-à-dire devant bénéficier de repas gratuits ou à tarif réduit pour pouvoir manger à leur faim.

 

Ensuite, ils mettent en corrélation concentration raciale et niveau de pauvreté, en mentionnant le fait que les écoles situées dans les quartiers aisés, à majorité blanche sont celles avec les meilleures conditions d'éducation : moyens économiques, enseignants bien formés, entre-soi des élèves au bagage culturel suffisant.

 

Dans les écoles où on a moins de 10 % de Noirs et Latino (un tiers des écoles) : seuls 4 % des étudiants vivent dans des écoles où le taux de pauvreté des enfants est supérieur à 80 %

 

Par contre, dans les écoles où on a plus de 80 % de Noirs et Latino : 75 % des étudiants vivent dans des écoles où le taux de pauvreté est supérieur à 70 %.

 

Ces chiffes se passent de commentaires : la ségrégation de classe et de race est bien prégnante, encore aux Etats-unis.

 

3 – Une ségrégation géographique renforcée dans les villes, notamment du Nord-est :

 

L'étude précise des deux chercheurs de l'UCLA ne s'arrête pas là. Elle fournit d'utiles indicateurs pour mesurer comment cette ségrégation se manifeste sur le territoire, dans les villes, dans les régions.

 

Les métropoles américaines sont ainsi fortement ségrégées, comme nous le savons, entre des centre-villes pauvres, aux services publics de faible qualité, pour les minorités raciales et des banlieues (suburbs) habitées par des populations blanches, aisées, avec des services semi-privatisés.

 

Ainsi, dans les grandes métropoles, en centre-ville, les écoles ont en moyenne : 20 % de Blancs seulement, mais 27 % de Noirs, 41 % de Latino-américains. Elles sont donc composées à 80 % de minorités.

 

Dans les suburbs de ces grandes métropoles : la majorité (50%) des étudiants sont blancs, avec 14 % de Noirs et 25 % de Latino-américains, et une forte minorité d'asiatiques.

 

Pour venir à l'appui de ce raisonnement – sachant que les plus grandes métropoles se trouvent dans le Nord-est du pays –, les chercheurs en viennent à rappeler que si le « Deep south » raciste s'est légèrement déségrégé depuis les années 1950, tout comme le Mid-west, le Nord-est a connu une phénomène de re-ségrégation effective depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

On oublie que le Nord-est, malgré son image libérale, tolérante, multi-raciale était déjà une région marquée par une ségrégation de fait, peut-être plus hypocrite.

 

Ainsi, en 1968, 42 % des élèves noirs se trouvaient dans des écoles à plus de 90 % composées de minorités. En 2011, c'est le cas pour 51 % des élèves noirs.

 

Les Etats qui connaissent le plus fort taux de ségrégation – qu'on peut mesurer par le pourcentage d'élèves noirs dans des écoles avec plus de 90 % de jeunes issus des minorités – sont tous dans le Nord-est : New York (64 %), l'Illinois (61 %), le Maryland (53 %), le New Jersey (48 %), la Pennsylvanie (46 %) devançant désormais la Géorgie, l'Alabama ou le Misssouri.

 

4 – Les Latinos, victime d'une nouvelle ségrégation massive

 

Le grand apport des deux chercheurs est aussi celui de ne pas limiter la question de la déségrégation à la « question noire », révélant qu'il existe désormais tout autant une question latino, alors qu'on compte cinq fois plus d'élèves latino qu'en 1968, ils représentent désormais un quart des étudiants.

 

Or, les Latino-américains connaissent, eux, un processus de « ségrégation » qui atteint des proportions incomparables avec les années 1960 ou même 1980.

 

Entre 1968 et 2011, la part des étudiants latinos se trouvant dans des écoles composées à plus de 90 % de minorités reste stable dans le Nord-est (44 %), augmente dans le Sud (de 33 à 41 %), quadruple dans le Midwest (6 à 26 %), ainsi que dans l'Ouest (11 à 44 %) où se trouvent la majorité des Latino-américains.

 

La Californie, premier État pour le nombre de jeunes latino-américains avec un quart des étudiants de ce groupe, était dans les années 1970 un des États les plus intégrateurs.

 

En 2011, c'est celui qui a le taux d'intégration le plus faible : 7 % des Latino-américains sont dans des écoles à majorité blanche.

 

Le constat que dresse ces chercheurs sur la situation de l'éducation aux États-Unis est terrifiant, il nous éclaire sur la logique de l'école capitaliste, un système éducatif à plusieurs vitesses, qui produit et reproduit la ségrégation sur des bases de race et de classe, surtout.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 05:58

usaflagcapitalism.jpgAux États-Unis, on « ferme les écoles et on ouvre les prisons » : ce pays qui compte plus de prisonniers que de professeurs !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les marches de la colère dans le Missouri après le meurtre d'un jeune noir, la mise à nu de la continuité du « racisme » institutionnalisé aux Etats-unis nous emmène à re-publier ces chiffres effarants sur l'incarcération de masse aux USA comme solution ultime à la question sociale.

 

Le Huffington post (américain) avait révélé il y a un an des chiffres édifiants : en 2011, on comptait aux États-Unis environ 1,5 millions de prisonniers dans les geôles de l'Etat fédéral ou des Etats fédérés. Dans le même temps, le pays ne compte que 1,1 millions de professeurs (du secondaire).

 

2,5 millions de prisonniers, 7 millions sous « surveillance » carcérale ...

 

contre 1 millions de professeurs, 3 millions d'enseignants !

 

Mais ces chiffres sont en réalité largement sous-évalués. Le Bureau of justice statistics estime qu'en 2012, la population carcérale américaine effective s'élève à 2 228 400 prisonniers (dont 744 500 dans les « local jails », les prisons locales), soit près d'1 % de la population américaine.

 

L'office statistique en profite pour rappeler que ce sont en fait 6 937 600 sont sous « surveillance des systèmes carcéraux », en liberté conditionnelle – en réalité un fichage, une surveillance d'une personne sur trente-cinq aux Etats-unis !

 

Au sens très restreint, le Huffington Post avait donc révélé que les Etats-unis comptaient plus de prisonniers que de professeurs du secondaire. Au sens large, ils comptent deux fois plus de personnes dépendentes du système carcéral que les 3,7 millions d'enseignants que compte le pays.

 

Pour comparer, la France compte 840 000 enseignants contre 68 000 prisonniers, un nombre pourtant en augmentation ces dernières années, avec une sur-population chronique dans des prisons aux conditions souvent insalubres.

 

Aux Etats-unis, on « ferme les écoles » et on « ouvre les prisons » !

 

« Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». La formule de Victor Hugo est rituelle pour tout enseignant progressiste, laic, un repère pour mesurer le degré de civilisation d'un pays. Aux Etats-unis, on ferme les écoles et on ouvre les prisons.

 

Entre 1970 et 2010, le nombre de prisonniers a été multiplié par 8, passant de 300 000 à 2,3 millions, le nombre de prisons privés est passé de 0 à 150.

 

Dans le même temps, pour la seule année 2011, 2 000 écoles ont fermé, encadrant 320 000 écoliers.

 

On connaît le cas de la ville de Chicago, troisième système éducatif du pays, mais aussi une ville connu pour son taux record de criminalité. Elle a fermé en 2013 50 de ses écoles, avant tout dans les quartiers défavorisés, habités par les minorités.

 

Autre cas moins connu, Philadelphie. En 2013, la ville a fermé 23 écoles – un dixième de ses établissements – au nom de la crise … tout en ouvrant la plus grande prison de l'Etat, devant cocntenir 5 000 détenus, pour un montant de 400 millions de $.

 

Les États-Unis, un quart de la population carcérale mondiale

 

Dans la lutte idéologique entre puissances mondiales concurrentes, les Etats-unis vont réactiver sans nul doute leur discours de guerre froide de « pays de la liberté », de la « démocratie » face aux « Etats policiers », répressifs, Chine ou Russie.

 

Pourtant, la comparaison internationale sur le taux d'incarcération ne laisse aucune ambiguïté. Bien qu'ils ne rassemblent que 5 % de la population mondiale, les Etats-unis concentrent 25 % de la population carcérale mondiale.

 

Les Etats-unis comptent, en chiffres absolus, plus de prisonniers que la Chine (2,3 millions contre 1,5 millions de prisonniers) pour une population cinq fois inférieure. Si 963 Américains sur 100 000 sont en prison (près de 1 %), le chiffre tombe à 118 pour 100 000 en Chine.

 

Les Etats-unis sont bien sûr numéro un mondiaux pour leur taux d'incarcération. Parmi les pays dits développés, on trouve naturellement à la deuxième place, le grand allié des États-Unis, l’État d’Israël.

 

Même la Russie, qui occupe la deuxième place mondiale, reste loin derrière, avec 870 000 prisonniers, et un peu glorieux 615 prisonniers pour 100 000 habitants.

 

Tout le monde est égal aux États-Unis mais certains semblent plus égaux que les autres. En effet, la population carcérale se compose à 40 % de noirs, 35 % de Blancs et 20 % d'Hispaniques. Pourtant, les Noirs ne représentent que 13 % de la population américaine.

 

La privatisation des prisons américaines : le « cauchemar américain »

 

L'horreur américaine, c'est aussi celle d'une privatisation du pays qui encourage la résolution de la question sociale et raciale par l'emprisonnement de masse.

 

Depuis les années 1980, les lois répressives, sous la tolérance zéro, ont conduit à l'explosion de la population carcérale. C'est le cas notamment des « three strikes laws » rendues célèbres en Californie par le gouverneur-terminator Schwarzenegger.

 

Selon les « three strikes laws », l'accumulation de trois délits – quelles que soient leur nature, gravité, les circonstances – conduit à des peines de prison censées être dissuasives par leur durée.

 

Ainsi, des individus ayant commis des « crimes » comme le vol de clubs de golf ou de bicyclettes ont pu être condamnés à 25 ans de prison. On n'est plus très loin des Misérables !

 

Dernièrement, on a même vu la résurgence des emprisonnements pour dettes impayées. C'est légal dans un tiers des États américains, 5 000 incarcérations ont été actés l'an dernier pour ce motif, le plus souvent pour incapacité à payer les amendes prévues par des lois iniques.

 

Les « prisons pour débiteurs » – renvoyant à l'antique « asservissement pour dettes » – sont officiellement abolies depuis 1833 … au niveau fédéral. Cela laisse aux États fédérés toute liberté pour les légaliser.

 

Le travail en prison atteint également des proportions gigantesques. L'UNICOR, l'organisme public responsable de la main d’œuvre carcérale, emploie 20 % des prisonniers fédéraux (soit 20 000 personnes) dans 109 usines, pour un salaire entre 0,25 et 1,1 $ de l'heure.

 

Les prisonniers américains fournissent désormais 100 % de certains matériels militaires légers comme les casques, les tentes, les gilets pare-balles pour l'armée américaine. C'est aussi le cas de 30 % des casques d'écoute, et 20 % des fournitures de bureau.

 

Les prisons fédérales n'hésitent plus maintenant à offrir la force de travail de leurs prisonniers à des entreprises privées qui sous-traitent notamment leurs centres d'appel. Pour des salaires à 1 $ de l'heure, on descend sans honte en-dessous du minimum de subsistance.

 

Dans le même temps, les prisons, elles, sous-traitent et privatisent leurs services de restauration, leurs soins de santé. La qualité des services exécrable conduit à des désastres sanitaires mais les profits sont maximum pour des entreprises comme Corizon dans la santé ou Aramark dans la restauration. Dépenses publiques, profits privés, business as usual !

 

Ce n'est pas tout, les prisons privées constituent le stade suprême de l'incarcération de masse au nom de la poursuite du profit maximal.

 

On compte désormais 150 centres de détention privées, concentrant officiellement entre 150 et 200 000 détenus, un chiffre en augmentation de 40 % depuis dix ans.

 

Les deux grands groupes – CCA (Corrections corporations of America) et GEO – accumulent des profits records (1,7 milliards de revenus pour chacun en 2013), tout en arrosant largement les politiciens locaux pour bénéficier de juteux contrats (ainsi, 2,5 milliards de $ dépensés en « lobbying » par GEO en dix ans).

 

Le marché des prisons privés « for profit » (lucratives) se développe dans les 37 États qui l'ont légalisé. Des investisseurs privés affluent pour des capitaux à haute rentabilité – quand on sait que les profits de CCA ont été multipliés par six en vingt ans.

 

Les entreprises de Wall Street qui investissent désormais dans les prisons privées sont bien connues : General Electrics, Bank of America, IBM, HP, Macy's, Texas Instruments, etc.

 

Cela aboutit à une logique perverse : certains contrats prévoient que la justice et la police locale doit arrêter, pénaliser et incarcérer toujours plus de citoyens, pour assurer un taux d'occupation de ces prisons privées dépassant les 90 %.

 

Comme toujours quand on privatise, les compagnies privées avaient promis des coûts moindres pour une efficacité supérieure. La réalité dénoncée par tous les rapports publics et associatifs – reconnue même par le Bureau statistique du Ministère de la Justice – c'est celle d'un désastre.

 

Le privé dans les prisons, c'est moins efficace, plus dangereux, criminel : la violence dans les prisons privées se révèle largement supérieure, la condition sanitaire des détenus est dégradée, les coûts de fonctionnement augmentent, tandis que les entreprises privées n'ont pas de compte à rendre aux citoyens américains.

 

Par contre, le développement du travail forcé devient la norme dans les prisons privées, pour tout type d'entreprise jusque dans la construction électronique ou le textile.

 

L' « esclavage aboli » dans la Constitution sauf … pour les délinquants !

 

Pour en finir avec l'hypocrisie capitaliste américaine, un rappel est nécessaire.

 

Le 13 ème amendement à la Constitution américaine a aboli officiellement l'esclavage, en 1865. Il faut rappeler la formulation: « Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime where of the party shall have been duly convicted, shall exist within the United States ».

 

Le « except as a punishment for crime » est capital ici. Crime signifie tant crime que délit en anglais. Il légitime donc l'esclavage ou servitude involontaire en cas de délit, ou de crime reconnu par la justice de ce pays.

 

C'est sur la base de cette disposition que va se perdurer de 1865 aux années 1920 le système de « prêt de prisonniers » (convict lease) des établissements publics aux entreprises privées dans le Sud des Etats-unis, que ce soient dans les plantations, les mines ou la construction de chemins de fer.

 

Ces prisonniers étaient, à plus de 90 % Noirs, bien entendu. C'était tout simplement une perpétuation de l'esclavage sous une autre forme.

 

C'est toujours aujourd'hui au nom de la « liberté d'entreprise », des « libertés des Etats fédérés » que des millions d'Américains sont emprisonnés, contraints au travail forcé dans des workhouses modernes pour 1 $ de l'heure.

 

En 1903, le militant pour l'émancipation de la cause noire W.E.B. Du Bois – qui se rapprochera ensuite du communisme – décrit la situation après 1865 : ségrégation à l'école, État policier traquant la population noire, engrenage fatal du crime pour cette dernière.

 

Il souligne combien « le système policier du sud visait à traquer tous les Noirs, pas seulement les criminels (…) et comment les tribunaux ont été un moyen, après l'abolition de l'esclavage, de réduire à nouveau en esclavage les Noirs ».

 

Du Bois conclut ainsi : « Que peut attendre, au nom de la raison, cette nation d'un peuple peu formé, réduit à des conditions économiques difficiles, sans droits politiques, avec des écoles honteusement déficientes ? Que peut-elle attendre si ce n'est le crime et l'apathie ».

 

 

Cent après, hélas, même si un président « noir » dirige le pays, le pouvoir du capital est intact, la question « sociale » et « raciale » n'est pas plus résolue. Et rien n'a changé dans le fond pour des millions d'Américains privés de la maîtrise de leurs vies.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 06:04

racism-chains-both.jpgSur l'assassinat du jeune afro-américain Mike Brown : les statistiques du racisme ordinaire aux Etats-unis

 

 

Il s'appelait Mike Brown, il pourrait porter un autre nom

 

 

Chronique d'Antonio Santos, pour le journal communiste portugais Avante !

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Brecht mettait en garde sur le fait que dans une période de confusion sanglante, de désordre institué, d'arbitraire planifié, d'humanité déshumanisée, rien ne doit paraître naturel, rien ne doit passer pour immuable. Il faut se méfier du plus trivial et étudier surtout ce qui semble habituel.

 

Ce 9 août était assassiné un jeune afro-américain à Ferguson, dans le Missouri, aux Etats-unis. Non, non ce n'est pas du déjà-vu : j'ai déjà écrit ici sur le sujet, que les lecteurs me pardonnent ces répétitions si gênantes. Seul le nom est différent.

 

Les médias de la classe dominante ne commirent pas la même erreur que moi : ils ont bien perçu que l'histoire était la même depuis toujours et ils ne s'y intéressèrent même plus.

 

Le scénario est toujours le même : un jeune sans armes sur le chemin de la maison. Il est intercepté par la police sans aucune raison. Il finit le corps criblé de balles. Parce qu'il était noir.

 

Contrairement à Trayvon Martin, le nom de Mike Brown ne méritait ni les gros titres ni la une, le public était déjà habitué à cette histoire et, très sincèrement, lassé d'avoir à l'entendre. Il n'y a, en effet, pire habitude que celle à laquelle nous nous sommes déjà habitués.

 

Ceci n'est pas une chronique sur les statistiques

 

Mais il serait pour le moins étrange pour nous communistes, à l'instar des serviteurs du Dieu-argent, d'accepter de ne pas répéter les mots que nous disons depuis toujours, quand la répétition des vieux crimes est toujours aussi choquante.

 

Michael Brown est mort. Et il continuera à mourir avec tant d'autres noms bien plus anonymes tant que nous ne connaîtrons pas leur sort. C'est pour cette raison qu'ils peuvent tuer.

 

Depuis janvier seulement, plus de 400 hommes noires sont morts sous les balles de la police nord-américaine, une statistique considérée comme normale dans le paradigme capitaliste de la démocratie et de la liberté.

 

Mais Michael Brown n'était pas une statistique et cette chronique porte sur lui.

 

Mike avait 18 ans et la semaine prochaine il allait entrer pour la première fois à la fac, un fait que sa mère, en larmes, criait aux policiers : « Vous savez combien il fut difficile pour moi de le garder à l'école jusqu'au bout ? Vous savez combien d'enfants noirs parviennent à rentrer à la fac ? ».

 

La réponse terrible est : moins de 15%, mais nous n'allons pas parler de cela, car Michael Brown n'était pas une statistique.

 

Ce jour-là, Michael Brown rentrait à la maison de sa grand-mère dans une banlieue ouvrière de la ville quand une voiture de patrouille se gare à ses côtés et lui demande de s'arrêter, la routine à Ferguson, où 87,5 % des personnes auxquelles la police demande de s'arrêter sont noirs. Mais comme cette chronique ne porte pas sur des statistiques, avançons.

 

Aujourd'hui, nous savons que Michael n'était suspect d’aucun crime, mais les policiers voulaient quand même le contrôler : un de plus, quand 92,3 % des personnes contrôlées à Ferguson sont noires. On en finit avec cette petite partie statistique dans la chronique.

 

Selon divers témoignages, Michael refusa d'être interrogé et contrôlé. A ce moment-là, un policier a tenté de le pousser à l'intérieur de la voiture, Michael a réussi à se libérer et a couru. Le policier a alors tiré un coup pris qui l'atteint aux côtes.

 

Tout cela se produisit à 14 h, et les différents témoignages concordent sur ce qui a suivi : quand il a reçu ce coup de feu, Michael a levé les bras pour se rendre mais le policier est monté dans la voiture, et à une distance de moins de 10 m, a tiré de nouveau sur Michael Brown. Plus de sept fois.

 

Sur l'identité du policier assassin, nous ne connaissons que la couleur de peau : il était blanc comme 94 % des policiers d'une cité à 67 % noire. Cette chronique ne porte pas sur des statistiques, elle porte sur Michael Brown, mais ce sont les statistiques qui l'ont tué.

 

A fleur de peau

 

A l'heure de la publication de cet article, les commentateurs des grands journaux nord-américains se demandaient indignés, tous en chœur, pourquoi les noirs du Missouri embrasent les rues.

 

Comme nous ne pourrions ici que répéter des statistiques que tout le monde connaît déjà, nous allons faire en sorte de répondre à leur question.

 

Ferguson s'embrase parce que le corps de Michael est resté pendant plusieurs heures au milieu de la route et parce que, quand une veillée s'est formée avec des photographies et des bougies à la main, plus de 200 policiers de choc ont fait irruption, avec des matraques et des fusils à la main.

 

St. Louis s'embrase parce qu'en 2014 des enfants et adolescents noirs ont été assassinés par une police qui méprise leurs vies.

 

Le Missouri s'embrase parce que c'est encore un jeune afro-américain de plus qui est assassiné par ce système inhumain et structurellement raciste, et parce qu'encore les médias s'occupent de criminaliser l'image de la victime.

 

Les Etats-unis s'embrasent car, comme l'écrivait Martin Luther King, quelques semaines avant d'être assassiné : « la révolte est le langage de ceux qui n'ont pas de voix ».

 

 

Une voix accablée de larmes, de tant d'injustice et d'une telle oppression.  

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Etats Unis-Canada
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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 06:08

539cff0da95b9.preview-620.jpgImaginons la France d'après : une grève cheminote aux États-Unis ... stoppée par décret présidentiel d'Obama !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les sondages se multiplient pour questionner le droit de grève, les déclarations se font de plus en plus menaçantes en France contre les cheminots : la France d'après, c'est peut-être de l'autre côté de l'Atlantique qu'on peut l'identifier, comme le montre l'exemple de Philadelphie.

 

Il y a des grèves aux Etats-unis, bien plus qu'on ne l'imagine. Outre les mobilisations massives et inédites des salariés des super-marchés et fast-food l'an dernier, les mouvements locaux impliquant les travailleurs des transport par exemple sont relativement fréquents.

 

Une différence majeure, c'est l'incapacité à dépasser un cadre local, corporatiste, à affronter un appareil légal répressif, à travers une convergence des luttes et l'existence d'organisations nationales sur des positions de classe.

 

Il n'y a pas de fatalité, ce fut le fruit de décennies de casse du mouvement ouvrier américain encore très puissant dans les années 1920-1930, sous le paravent du McCarthysme dans les années 1950, et toujours de la lutte contre l' « ennemi intérieur » communiste sous Reagan après 1980.

 

Le 4 ème réseau ferré urbain des Etats-unis paralysé,

dans une ville de 6 millions d'habitants

 

La grève des cheminots de Philadelphie nous en fournit un exemple, symbolique pour nous, mais symptomatique de la façon dont on peut traiter les mouvements de grève dans un pays occidental où le mouvement ouvrier a été laminé.

 

Philadelphie n'est pas une petite ville de province. La sixième ville des Etats-unis compte près de 6 millions d'habitants, chaque jour 130 000 personnes empruntent ses trains de banlieue, en faisant le 4 ème réseau ferroviaire urbain du pays, derrière ceux de New York, Chicago et Boston.

 

Ces réseaux de train de banlieue sont la dernière survivance du réseau ferroviaire américain complètement démantelé, sous pression des concurrents automobiles et aériens, réduits à des lignes locales partagées entre opérateurs publics et privés.

 

Le spectre de la grève de 108 jours de 1983

 

Ce samedi 14 juin, les salariés de la SEPTA (Southeastern pennsylvanian transport authority) ont décidé de se mettre en grève, 450 mécaniciens et conducteurs de trains répondant à l'appel de la BLET (Confrérie des conducteurs et ingénieurs de train) et de l'IBEW (Confrérie internationale des électriciens).

 

Une mobilisation qui a totalement paralysé le réseau, contraint les 130 000 usagers quotidiens à rester chez eux ou à trouver des alternatives aux 13 lignes reliant Philadelphie à sa banlieue, ou Philadelphie au New Jersey.

 

Un mouvement qui a réveillé le spectre de la grande grève régionale de 1983 qui avait duré 108 jours.

 

Au cœur de la lutte, des revendications salariales constituant le point d'orgue de lutte de cinq ans de tensions autour de l'ancienne convention collective, non-renouvelée depuis 2009 ! Les cheminots réclament 4,5 % d'augmentation annuelle sur trois ans, 1 point de plus que ce que propose la direction de la SEPTA.

 

Le président « démocrate » Obama appelé à la rescousse …

par le gouverneur « républicain » pour stopper la grève !

 

La réaction ne s'est pas fait attendre. Le gouverneur républicain de Pennsylvanie, Tom Corbett, en a appelé directement au président démocrate Obama afin qu'ils brisent la grève.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, Mr.Obama a réveillé un vieil acte législatif : le Railway labor act de 1926.

 

Selon cette loi, le président de la République peut imposer le retour immédiat au travail, le remplacement sur-le-champ de tous ceux qui désirent continuer la grève, ainsi que l'ouverture de négociations pilotées par une commission fédérale interdisant tout mouvement pendant 8 mois.

 

La presse américaine a rapidement fait le parallèle – avec une violence réelle moindre – avec l'utilisation par le président ultra-libéral Ronald Reagan du Taft-Hartley act de 1947 qui lui avait permis en 1981 de licencier 11 000 contrôleurs aériens au nom de l'interdiction de la grève dans les « secteurs économiques stratégiques ».

 

aa-barack-obama-enact-corporate-policy-preserve-status-quoUne grève loin de nous, dans un contexte bien différent mais lourde d'enseignements :

 

elle illustre bien l'attitude brutale du président « démocrate » (exemple pour Hollande) Obama vis-à-vis du mouvement ouvrier, ce qu'il reste au peuple de droit d'intervention dans une démocratie verrouillée par les grands intérêts économiques.

 

Surtout, elle sonne comme un avertissement au moment où se multiplient les appels médiatiques, politiques à arrêter la grève par tous les moyens. Les Etats-unis, miroir de la France d'après, « première oligarchie du monde », avec un peuple ployant sous le joug de l'exploitation capitaliste la plus ouverte.

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